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HARVARD UNIVERSITY. 




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OF THE 

MUSEUM OF COMPARATIVE ZOÔLOGY. 



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TOME XV 



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BRUXELLES 

P. WEISSENBRUCH, IMPRIMEUR DU ROI 
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SOCIETE MALACOLOGIQUE 



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TOME XV 

(DEUXIÈME SÉRIE, TOME V) 



ANNÉE 1880 



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BRUXELLES 

TYPOGRAPHIE DE M. WEISSENBRÎJCH 

IMPRIMEUR SU ROI 
45, RUE DU POINÇON, 45 



MEMOIRES 



DE LA 




DE. 



BELGIQUE 



TOME XV 

(DEUXIÈME SÉRIE, TOME V) 



ANNÉE 1880 



BRUXELLES 

TYPOGRAPHIE DE M. WEISSENBRUCH 

IMPRIMEUR DU ROI 
45, RUE DU POINÇON, 45 



GLA.NURKS 



DANS 



LA FAUNE MALACOLOGIQUE 



DE 



L'ILE MAURICE 



CATALOGUE DE LA FAMILLE DES MURICIDÉS (WOODWARD) 

PAR 

C. TAPPARONE CANEFRI 

(planches ii-ih) 
— SÉANCE DU 3 AVRIL 1880 — 



FREFACE. 

La richesse surprenante de la faune malacologique de l'île Maurice, 
révélée dernièrement, grâce au beau catalogue de feu E. Liénard , publié par 
sa veuve, avait fait naître en moi le désir très vif d'étudier cette faune 
avec quelque soin, lorsque je me rendis à Florence, chez M me la Mar- 
quise Paulucci, où j'eus l'occasion d'observer une nombreuse collection de 
coquilles envoyée de l'île Maurice par M. Robillard. En examinant atten. 
tivement ces coquilles, je fus très surpris d'y voir un grand nombre 
d'espèces qui ne figuraient pas dans le catalogue de E. Liénard, et qui 
me paraissaient même nouvelles pour la science. Des envois directs ayant 
confirmé mes observations, je me suis convaincu de l'utilité qu'offrirait 
aux malacologistes une révision soignée du catalogue de Liénard, et je me 



S SOCIÉTÉ MALACOI.OG1QUE DE BELGIQUE 

suis décidé à publier le résultat de mes études sur cette faune si riche et 
si variée. 

Les anciens auteurs, tels que Favanne, Martini Lister et Linné, avaient 
déjà connu plusieurs mollusques de l'île Maurice et des autres îles qui 
font partie du groupe de Madagascar. Bernardin de Saint-Pierre, dans 
son Voyage à l'île de France, et Bory de Saiut-Vincent, dans son 
Voyage aux quatre principales villes d'Afrique, donnèrent quelques rensei- 
gnements sur les mollusques de Maurice, mais d'une façon trop vague et 
sans nomenclature scientifique. Ce ne fut que récemment que les natura- 
listes commencèrent à s'occuper de cette faune malacologique avec des 
matériauxauthentiques. 

En 1840, M. H. Dufo ' publia un mémoire fort intéressant sur les mol- 
lusques des îles Seyclielles et des Amirantes, et décrivit même, quoique 
d'une façon sommaire, quelques espèces nouvelles. Malheureusement 
celles-ci, faute de figures, ne sont pas reconnaissables. Cependant une 
foule de détails curieux sur l'organisation, sur les mœurs et le régime 
alimentaire de chaque espèce, résultats d'observations savantes recueillies 
sur place par l'auteur, font de ce catalogue l'un des meilleurs mémoires 
que l"on puisse consulter. 

A peu près à la même époque, M. Victor Sganzin 2 fit imprimer son 
catalogue des mollusques qu'il avait observés pendant son séjour à Mada- 
gascar, à l'île Bourbon (île de la Réunion) et à l'île de France (île Mau- 
rice). Ce catalogue est très bien fait et l'on trouve des observations impor- 
tantes dans les notes qui accompagnent l'indication de chaque espèce. 

En 1863, Deshayes fit connaître d'une façon splendide et assurément 
plus scientifique les mollusques recueillis par M. Maillard à l'île de la 
Réunion. Inutile de parler du mérite de cet excellent ouvrage, connu de 
tout le monde. Depuis lors, MM. G. Newill, H. Crosse et A. Morelet 
ajoutèrent successivement de nouveaux matériaux à la connaissance 
des mollusques terrestres et fluviatiles des îles Maurice, Seyclielles et 
Rodriguez; M. de Man publia, de son côté, la liste des mollusques récoltés 
par MM. Van Dam et Van Pollen à Madagascar et dans ses dépendances. 

M. H. Adams et plusieurs autres auteurs firent paraître dans les publi- 
cations périodiques de France, d'Angleterre et de l'Inde anglaise, un 
grand nombre de descriptions d'espèces nouvelles de l'île Maurice et des 
îles voisines. 



1 H. Dufo, Catalogue des mollusques marins, terrestres et fluviatiles des îles Séchelles 
et Amirantes (Annales des Sciences naturelles, 2 me série, t. XIV). 

2 V. Sganzin, Catalogue des coquilles trouvées aux îles de France, de Bourbon et 
de Madagascar (Mémoires de la Société d'histoire naturelle de Strasbourg, 
t. III, 1840). 



MEMOIRES 9 

Il résulte de cette énumération que les seuls ouvrages d'ensemble spé- 
ciaux sur la faune malacologique de l'île Maurice peuvent se réduire au 
catalogue de M. Sganzin, dont nous avons déjà parlé et qui fait con- 
naître 139 espèces propres à cette île, et au catalogue de Liénard, qui 
nous offre une liste de 881 espèces de mollusques marins, terrestres et 
fluviatiles. 

Malheureusement la mort, qui frappa Liénard avant qu'il eût eu le 
temps de donner le dernier coup d'oeil à son travail, et la précipitation 
avec laquelle dut s'effectuer l'impression, eurent pour résultat regrettable 
qu'un grand nombre d'inexactitudes, de doubles emplois et de noms absolu- 
ment méconnaissables se glissèrent dans son ouvrage qui, malgré ses 
défauts, n'en est pas moins ce que nous possédons de plus complet sur 
ce sujet. Il faut bien avouer que c'est uniquement grâce à ce catalogue 
que le monde savant a pu se faire une idée exacte de la richesse extraor- 
dinaire de la faune malacologique de cette région. 

Le caractère général de la faune de l'île Maurice et de ses dépendances 
est évidemment, pour les espèces marines, le même que celui de la faune 
malacologique de la grande région indo-pacifique des Philippines et 
des Moluques; mais les mollusques terrestres et fluviatiles offrent au 
contraire un caractère spécial, bien prononcé qui se rattache à la faune 
toute particulière de Madagascar. 

Pour le moment, je ne m'occuperai que de la faune marine et exclu- 
sivement de la grande famille des Muricidés (31uricidœ) de Woodward. 
Ce n'est qu'une faible partie du travail que je me propose, avec le temps, 
d'achever. J'espère néanmoins, par le développement donné à la syno- 
nymie, par le soin apporté à la discussion, à la détermination exacte 
ainsi qu'à l'indication de provenance des différentes espèces, par le 
tableau final qui résume toutes les données relatives à leur habitat et 
fournit une idée générale de leur diffusion et de leur distribution géogra- 
phique, faire accueillir avec quelque intérêt par mes collègues cette 
nouvelle publication. 

Turin, 30 mars 1880. 



CATALOGUE 

DE LA FAMILLE DES MURICIDÉS (WOODWÀRD). 



FAM. MURICID.E, Woodmrd. 

Gen. MUREX, Linné. 

Sub gen. Haustellum, Schum. 

MUREX HAUSTELLUM. 

Murex haustellum, Linné, Syst. Nat., 10 e éd., p. 746; 12» éd., p. 1214. 

Aranea denudata, Perry, Conch., pi. 45, fig. 1. 

Haustellum teve, Schumacher, Nouv. SysL, p. 213. 

Murex haustellum, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 159; 2 e éd., t. IX, p. 568. 

— Wood, Ind. Test., 2 e éd., p. 119; pi. 25, fig. 1. 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 10; pi. 13, fig. 1. 

— — Reeve, Conch. Tcon., pi. 13, fig. 95. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd. p. 35; pi. 14, fig. 3. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt., Murex, in Jahrbuch. 1877, p. 148. 

— — Sowerby, Thés. Conch., t. IV, Murex, p. 5, n° 22; pi. 2, fig. 17. 

— — Tryon, Man. of Conch., t. II, p. 83; pi. 13, fig. 137. 

Habitat : Ile Maurice (Reeve, Sowerby). 

Madagascar (Sganzin); mer Rouge (Forskâl, Bonanni) ; Massaua, mer 
Rouge (Jickelï) ; Amboine (Rumph); Chine (Humphreys); Coromandel 
(Martini); Philippines (Cuming); Ceylan (Frauen/eld, Mitchell) ; Indes 
orientales (Sclimeltz). 

Sub gen. Chichoreus, Mont. 
MUREX PALM1FERUS. 

Murex palmiferus, Sowerby, Proc. Zool. Soc. Lond., 1840, p. 142. 

— — Sowerby, Conch. Illustr., n. 43, fig. 104. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 4, fig. 20. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt., Murex, in Jahrbuch. 1877, p. 150, n. 55. 

— — Sowerby, Thés. Conch., I. IV, Murex, p. 18, n. 84; pi. 4, fig. 41. 

— — Tryon, Man. of Conch., t. H, p. 90; pi. 14, fig. 146. 

Habitat : Ile Maurice (Robillard, ex. coll. Paulucci). 



MÉMOIRES \ I 

Australie du Nord (Cuming) ; Port Jackson (Angas) ; mer Rouge 
(Sowerby, Musée de Turin). 

MUREX MICROPHYLLUS. 

Purpura variegata, Martini?, Conch. Cab., t. III, pi. 995-996?. 

— carneola, Bolten, Mus. Boit., l re éd., p. 142. 

Murex microphyllus, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 163; 2 e éd., t. IX, p. 575. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd.; Murex, p. 18; pi. 6,fig. 1-3. 

— — Reeve, Conch. Syst., p. 193; pi. 238, fig. 105. 

— — Sowerby, Conch. III., p. 3, n. 38, fig. 105. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt., Murex, in Jahrbùch. 1877, p. 149, n. 46. 

— — Reeve, Conch. Icon.,\>\. 10, fig. 40. 

— — Sowerby, Thés. Conch., Murex, p. 15. n. 65, pi. 5, fig. 49. 

— — Tryon, Man. of Conch., t. II, p. 89 ; pi. 14, fig. 144. 

Habitat : Ile Maurice (Robillard, ex. coll. Paulucci). 

Seychelles [Pollen et Van Dam) ; îles Tonga et Viti [Schmeltz) ; Ceylan 
(D r Siebold, Hanley); Chine [Sowerby) ; Formose (SwinoJie). 

Si réellement le nom donné par Bolten s'applique à cette espèce, il est 
clair qu'il devrait remplacer le nom donné postérieurement par Lamarck. 
Dans sa collection, M m ° la Marquise Paulucci conserve, avec le type, une 
jolie variété. 

MUREX ADUSTUS. 

Murex ramosus, Linné, Mus. Ulr. p. 228 (partim). 

Purpura scabra, Martyn (ex Môrch, Cat. Conch. Yoldi, l re part., p. 97). 

Murex versicolor, Gmelin (ex Môrch, l.c.). 

Purpura brunnea, Link. (ex Môrch, 1. c). 

Triplex rubicunda, Perry, Conch., pi. 6, fig. 4. 

Murex adustus, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 162; 2 e éd. t. IX, p. 573. 

— — Sowerby, Conch. IUustr., n. 36. 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 38; pi. 33, fig. 1. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 8, fig. 29. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Murex, pi. 13, fig. 5; pi. 15, fig. 5, 6. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt., Murex, in Jahrbùch, p. 149, n. 44. 

— — Sowerby, Thés. Conch., t. IV, Murex, p. 16, n. 69, pi. 4, fig. 42. 
Murex ramosus, Môrch, Cat. Conch. Yoldi, l re part., p. 97. 

Var. «. Maiuscula., ore luteo. 

Murex adustus, Sowerby, 1. c, pi. 4, fig. 43. 

Triplex flavicunda, Perry, Conch., pi. 6, fig. 2. 

Murex adustus, Tryon, Man. of Conch., t. II, p. 90; pi. 15, fig. 149. 

Habitat : Ile Maurice [Robillard, ex. coll. Paulucci). 

Philippines [Cuming, Theobald); baie de Bias, Chine [De Filippi); 



12 SOCIÉTÉ MALÀGOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Ceylan (Ilanley); Nouvelle-Guinée (Rajfray); Nouvelle-Calédonie {Mont- 
rovzier); Nossi-Fally et Nossi-Bé (Pollen et Van Dam); îles de la mer du 
Sud (Schmeltz); Madagascar (Sganzin); Tatiyama et Tsu-Sima, Japon 
(.1. Adams)] O-Sima, Japon (Smith) ; Formose (Swinohe) ; Nouvelle-Hol- 
lande (Preiss ex Menke); Nicobares (Frauenfeld); Java (Frauenfeld). 

N'ayant pas eu les moyens de vérifier de visu la synonymie de cette 
espèce, j'ai adopté le nom le plus généralement connu, celui de Lamarck. 
La variété est aussi commune que le type, mais généralement elle est un 
j mi plus grandi?; à mon avis, la figure 2 de la pi. IV de Perry se rap- 
porte, sans aucun doute, à cette variété du M . adustus. 

MUREX ARGYNA. 

Murex argyna, Meusehen (ex Môrch, Cat. Conch. Yoldi, l re part., p. 97). 

Triplex rosaria, Perry, Conch., pi. 14, fig. 3. 

Murex palmarosae, Lamarck, An. .s. Vert., t. VU, p. 161; 2 e éd., t. IX, p. 573. 

— Schubert et Wagner, Conch. Cab., t. XII, p. 20; pi. 219, fig. 3044-3045. 
Quoy et Gaimard, Voy. de l'Astrolabe, Zool., t. III, p. 533 ; pi. 36, 

fig. 10-12 (avec l'animal). 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 28; pi. 17 et 18, fig. 1 . 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Murex, p. 45; pi. 18, fig. 7-8. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 8, tlg. 30. 

— — Woodwaid, M an. of the Moll., pi. 4, fig. 10. 

— Kobelt, Cal. d. Galt., Murex, in Jahrbttch. 1877, p. 149, n. 40. 

— Sowerby, Thés. Conch.,t. IV, Murex, p. 13, n. 58; pi. 4, fig. 37. 

— — I.iénard, Faune Malac. de l'île Maurice, p. 2. 

Tryon, Man. of Conch., t. II, p. 89; pi. 14, fig.' 140. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard; Robillard, ex. coll. Paulucci). 

Amboine (Valentyn); Ceylan (Reeve, Sowerby, Mitchell); Tonga Tabou 
(Quoy et Gaimard); 'Sonvelle-Gumée(RajF)'ay); Diego Garcia, îles Cbagos 
(Liénard); Moluques (Tjoa-s'ii-l'jong). 

MUREX SAULI/E. 

Murex Saulii, Sowerby, Proc. Zool. Soc. Lond., 1840, p. 141. 

— — Sowerby, Conch. Illuslr., n. 34, fig. 77. 

— — Deshayes, Lamk., An. s. Vert., 2 e éd., t. IX, p. 607. 
Murex Sauliœ, Reeve, Conch. Icon., pi. 8, fig. 31. 

— — Kobelt, Cat. d. Galt., Murex, in Jahrbiich. 1877, p. 149, n. 41. 

— — Sowerby, 77m». Conclu, t. IV, Murex, p. 13, n. 59; pi. 22, fig. 212. 

— — Liénard, Faune Malac. de l'île Maurice, p. 2. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard), 

Diego Garcia, îles Chagos (Liénard); Philippines (Cttming); Moluques 
(Sowerby , Tjoa-sti- Tjo ng) . 



MÉMOIRES 1 3 



MUREX Al-'FINIS. 



Murex affinis, Reeve, Conch. Icon., pi. 35, fig. 182. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Murex, p. 56; pi. 21, fig. 6. 

— — Kobelt, Cal. d. Gatt., Murex, in: Jahrbùch. 1877, p. 149, n. 43. 

_ _ Sowerby, Tlies. Conch., t. IV, Murex, p. 14, n. 60; pi. 5, fig. 45-46; pi. 9, 
fig. 76. 

Habitat : Ile Maurice (Robillard, ex. coll. Paulucci). 
Archipel Indien oriental (Sowerby); océan Pacifique (Mitchell). 

MUREX INCARNATUS. 

Purpura incarnata, Bollen, Mus. Boit., l re éd., p. 142. 

Murex eques frisicus, Martini, Conch. Cab., I. III, p. 308 ; pi. 103, fig. 901 ; pi. 107, 

fig. 1004, 1005. 
Murex inflatus, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 160; 2* éd., t. IX, p. 570. 

— — Sowerby, Conch. Mail., fig. 395. 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 21; pi. 1. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd. Murex, p. 5 ; pi. 1, fig. 1; pi. 2, fig. 2; 

tav. XVI, fig. 1, 2. 

— — Kobelt, Cal. d. Gatt., Murex, in Jahrbùch. 1877, p. 148, n. 38. 

— — Liénard, Faune Malac. de l'île Maurice, p. 2. 
Murex ramosus, Deshayos in Uamk., An. s. Vert., 2 e éd. t. IX, p. 570. 

— — Rceve, Conch. Icon., pi. 1, fig. 3. 

— — Sowerby, Thés. Conch., t. IV, Murex, p. 1 1, n. 49; pi. 8. fig. 69. 
Murex frondosus, Môrch, Cal. Conch. Yoldi, p. 97. 

— — Mus. Godelfroy, Cat. 5, p. 130. 

— — H. et A. Adams, Gen. Mull., t. I, p. 72. 

Murex ramosus, Tryon, Mail, of Conch., t. II, p. 95; pi. 1, fig. 1, 2. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard). 

Indes orientales (Auctores); mer Rouge (Forskàl, Martini, PMlippi, 
Martens); golfe de Suez, mer Rouge (Mac Andrew); Massaua, mer Rouge 
(Issel etBeccari,Jickeli); baie d'Assab (Issel et Beccari); Nouvelle-Zélande 
(Philippi); Amboine, Moluques (Rttmph); Java (PMlippi); golfe Persique 
(Bonanni); île de la Réunion (Maillard); Hong-Kong (Frauenfeld); 
Ceylan (Sowerby); Port-Blair, Andaman (W.-H. Edgcome); Nossi-Bé 
(W . Dennison); Madagascar (Sganzin); îles de la mer du Sud (Schmeltz). 

J'ai adopté, pour cette espèce, le nom proposé par Bolten, et, je crois, 
avec raison. En effet, les noms donnés dans le Muséum, Bolteniannm, 
comme le dit clairement la préface, ont été ceux que ce savant auteur, se 
conformant aux règles de la nomenclature linnéenne, avait adoptés pour les 
espèces de sa collection, à l'étude de laquelle il avait longtemps travaillé 
en vrai naturaliste. Comme le déclare l'éditeur, le catalogue en question, 



U SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE 

n'avait pas seulement pour objet de faire connaître la richesse de la col- 
lection de Bolten pour la vente, mais il avait aussi le but parfaitement 
scientifique de ne pas laisser perdre le fruit des longues études de ce 
consciencieux naturaliste. En conséquence et quoi quel'onendise, les noms 
donnés par Bolten, et corroborés par l'indication des figures du Conchjlien 
Cabinet de Martini et Chemuitz, auxquelles répond toujours une des- 
cription, doivent être regardés comme étant parfaitement réguliers et 
doivent être adoptés par les conchyliologistes. 

Il n'en est pas de même pour les noms génériques de Bolten, puisque 
la diagnose des genres fait toujours défaut; aussi, ces noms devront-ils 
toujours être repoussés par les naturalistes, et, en tous cas, on ne pourra 
régulièrement s'en servir qu'avec le nom et la date des auteurs qui les 
auront relevés après lui. 

La gloire de Lamarck, qui fut le véritable fondateur de la science con- 
chyliologique, ne sera pas notablement amoindrie parce qu'on aura 
changé les noms d'une centaine d'espèces créées par lui. 

M. Morch appelle cette espèce M . frondûsus , Chemn.; ce nom ne saurait 
non plus être adopté, puisque Martini, par le nom de Purpura frondosa, 
ne désigne pas une espèce bien déterminée, mais un groupe d'espèces très 
voisines. 

MUREX FENESTRATUS. 

PI. 3, fig. 11 à 14. 

Murex fenestratus, Chemnitz, Conch. Cab.,l. X, p. 249; pi. 161, fig. 1536-1537. 

Murex colus, var. y, Gmelin, Syst. Nat., éd. 13, p. 3543. 

Murex fenestratus, Lamarck, An. s. Verl.,t. VII, p. 174; 2 e éd., t. IX, p. 597. 

— — Sowerby, Conch. Illustr., n. 78, fig. 41. 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 92; pi. 24, fig. 2. 

— — Kuster, Conch, Cab., 2«éd., Murex, p. 51; pi. 19, fig. 9-10. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 15, fig. 58. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt., Murex, in Jahrbûch. 1877, p. 152, n. 68. 

— — Sowerby, Thés. Conch., t. IV, Murex, p. 32, n. 145. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 2. 

— — Tryon, Mail, of Conch., t. Il, p. 99; pi. 25, fig. 223. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard, Robillard, ex. coll. Paulucci). 

Capul, Philippines (Cuming); mer Rouge (Paetel); Moluques (Tjoa- 
su-Tjong d'après Jousseaume) . 

Cette coquille est très variable dans sa coloration et dans sa taille. Un 
caractère plus constant est celui des fossettes plus ou moins foncées 
entre les varices ; mais ces fossettes ne sont pas toujours en même nombre 
dans les différents individus. C'est pourquoi, comme je l'ai déjà fait 



MÉMOIRES 15 

remarquer autrefois, je pense que c'est à tort que Deshayes et quelques 
autres malacologistes ont voulu distinguer spécifiquement les coquilles 
figurées par MM. Sowerby et Kiener du M. fenestraHs de Chemnitz et 
de Reeve. 

On peut observer, dans la collection de M me la Marquise Paulucci, trois 
magnifiques variétés de cette espèce. La première, plus petite que les 
autres, a le fond blanc, les varices ainsi que le bord de l'ouverture vive- 
ment colorés en rose, et les fossettes en brun foncé; je lui trouve beau- 
coup de ressemblance avec la figure du Thésaurus Gonchyliorum, mais 
elle n'offre point de jaune dans sa coloration. Dans la deuxième variété, 
le rose est remplacé par du brun pâle uniforme sur les varices; le bord 
de la boucbe est blanc et les fossettes sont également colorées en brun 
pâle. Enfin, dans la troisième, au brun pâle se substitue du brun foncé 
et noirâtre, les fossettes sont foncées et la boucbe est blanche. Toutes ces 
variétés proviennent de l'île Maurice. 

Sub gen. Phyllonotus, Swainson. 

MUREX SAXICOLA. 

Murex saxicola, Broderip, Zoological Journal, t. II, p. 201 ; pi. suppl. 11, fig. 3. 
Murex endivia, var. Reeve, Conch. Icon., pi. 7, fig. 27a. 

— — Kobelt, Cal. d. Gatt., Murex, in Jahrbûch. 1877, p. 158. 
Murex saxicola, Sowerby, Thés. Conch., t. IV, p. 33, n. 149; pi. 16, fig. 152. 

Habitat : Ile Maurice (Broderip). 

Philippines (Cuming). 

L'exemplaire décrit par Broderip a été rencontré sur un rocher, dans 
l'intérieur d'une cavité où l'eau ne pouvait entrer que par une ouverture 
très étroite, de sorte qu'il fallut briser la roche pour saisir la coquille. 

Cette espèce diffère du M. endivia, Lnmk, en ce que ses varices sont tou- 
jours plus nombreuses (8 à 9 généralement), et que son dernier tour est 
toujours plus ou moins anguleux supérieurement. Est-ce vraiment une 
espèce, ou doit-on considérer cette coquille comme une variété de l'espèce 
lamarckienne? Nous en avons vu trop peu d'exemplaires pour nous 
prononcer sur cette question . 

Sub gen. Hemalocantha, M'ôrch. 
MUREX ROTA. 

Murex rota, Sowerby, Conch. Bustr.,n. 73, fig. 119. 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 58; pi. 34, fig. 2. 



16 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Murex rota, Reeve, Conch, Iam., pi. 25, fig- 105. 

_ _ Kobelt, Cat. d. Gutt., Murex, va Jahrbiich, 1877, p. 159, n. 119. 

_ _ Sowerby, Thés. Conch., t. IV, Murex, p. 31, n. 140; pi. 15, fig. 140. 

— - Ti von, Mon. Of Conch., t. 11, p. 99 ; pi. '25, fig. 220, 221 . 

Var. a Testa fkondiiîijs varicum pr^longis, minus compressis. 
Hexaplex anatomica, Perry, Conch., pi. 8, fig. 2. 

Habitat : Ile Maurice (Robillard, ex. coll. Paulucci). 

Mer Rouge (Wilke); île Dahlak (Issel et Beccari, Jicheli); Massaua, 
mer Rouge (Jickeli); île Capul, Philippines (Cicming); Moluques (Reeve); 
golfe Persique (Martens). 

L'exemplaire de la collection de M me Paulucci est fort détérioré, mais 
très reconnaissable et la provenance est bien certaine. Nul doute que la 
figure de Perry ne se rapporte à la variété de cette coquille, qui a réelle- 
ment un aspect osseux. 

Sub gen. Pteronotus, Swainson. 

MUREX CUMING1. 

Murex Cumingi, À. Adams, Proc. Zool. Soc. Lond., 1851, p. 270. 
Murex triqueter, var. Sowerby, Thés. Conch., t. IV, pi. 12, fig. 115. 
Murex Cumingi, Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 2. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard, Robillard, ex. coll. Paulucci). 

Quoique la ressemblance de cette espèce avec le M. triqueter, Born, soit 
très grande , je crois pourtant qu'il vaudra mieux séparer ces deux 
formes. En effet, je trouve que le M. Cumingi diffère du M. triqueter : 
1° par sa forme générale ; la coquille me paraît généralement plus grande, 
les tours de la spire sont plus bombés, la spire est plus courte relative- 
ment au dernier tour, l'ouverture est également plus grande et de forme 
ovale-allongée et non arrondie ; 2" par la forme et la texture des varices, 
qui ne sont point saillantes et pas du tout épineuses ; 3° par la coloration, 
qui est assez différente. 

Aucun des exemplaires de l'île Maurice n'offre les caractères du M. tri- 
queter. 

MUREX UNCINARIUS. 

Murex uncinarius, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 166; 2 e éd., I. IX, p. 579. 
Murex capensis, Sowerby, Proc. Zool. Soc. Lond., 1840, p. 143. 

— — Sowerby, Conch. Illustr., n. 53, fig. 76. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 2 n. 5. 



MÉMOIRES 17 

Murex uncinarius, Kiener, Icon. des Coq., p. 115; pi. 6, fig. 2. 
— • — Kuster, Sudafr. MolL, p. 112. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Murex, p. 67 ; pi. 24, fig. 8. 

_ — Kobelt, Cat. d. Gatt., Murex, in Jahrbiich. 1877, p. 161, n. 137. 

_ _ Sowerby, Thés. Conch., t. IV, Murex, p. 26, n. 118; pi. 3, fig. 33. 

— — Liénard, Faune malac. de Vile Maurice, p. 3, n. 18. 

Var. a T. MINOR, GRACILIOR, ALIS UNC1NATIS MAGIS ARCUATIS, ANFRACTUBUS INFERNB 
AD SUTURAM CONTRACTIS. 

Murex mitriformis, Sowerby, Proc. Zool. Soc. Lond., 1840. 

— — Sowerby, Conch. Illustr., n. 52, fig. 32. 
Murex mitrœformis, Kuster, Sudafr. MolL, p. 112. 

— — Sowerby, Thés. Conch., t. IV, Murex, p. 26, n. 117; pi. 3, fig. 32. 
Murex uncinarius, Tryon, Man. of Conch., t. II, p. 88; pi. 40, fig. 521, 523. 

Habitat : Ile Maurice {Liénard). 

Cap de Bonne-Espérance (Sowerby, Kuster). 

Il est étonnant que cette espèce du Cap se rencontre à l'île Maurice; 
pourtant il faut bien qu'elle s'y trouve, puisque Liénard l'indique 
dans son catalogue deux fois sous des noms différents. Ne s'agirait-il 
pas, par hasard, d'une espèce analogue et non encore décrite? 



MUREX BARCLAYI. 

Murex Barclayi, Reeve, Proc. Zool. Soc. Lond., 1857, p. 209 ; pi. 38, fig. 2. 

— — Kobelt, Cat. d. Oatt., Murex, in Jahrbiich. 1877, p. 159, n. 125. 

— — Sowerby, Thés. Conch., t. IV, Murex, p. 10, n. 45; pi. 14, fig. 133. 

— — Tryon, Man. of Conch., t. II, p. 85; pi. 41, fig. 535. 

Habitat : Ilot Brandon, près de l'île Maurice (Barclay). 

Je ne connais cette espèce que par les descriptions et les figures de 
MM. Reeve et Sowerby. 

M. Reeve dit qu'elle a beaucoup de rapports avec le M. trigonulus, 
Lamk. Néanmoins, le développement des varices, la forme trapue de la 
coquille et sa taille beaucoup plus grande me paraissent l'en distinguer 
suffisamment. 

MUREX CLAVUS. 

Martini, Conch. Cab., t. III ; pi. 110, fig. 1031-1032. 
Murex Clavus, Kiener, Icon. des Coq., p. 111; pi. 37, fig. 2. 
Murex uncinarius, Sowerby, Conch. Illustr., n. 57. 
Murex Clavus, Reeve, Conch. Icon., pi. 2, fig. 9. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Murex, p. 97 ; pi. 33, fig. 8. 

— — Kobelt, Cat. d. Oatt., Murex, in Jahrbiich. 1877, p. 160, n. 132. 

1880 2 



18 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Murex Clavus, Sowerby, Tlies. Conch., I. IV, Murex, p. 22, n. 400; pi. 12, fig. 117 

— — Liénard, Faune malac. de l'Ile Maurice, p. 2. 

— Tryon, Mail, of Conch., t. II, p. 87 ; pi. 41, fig. 533, 534. 

Habitat : Ile Maurice ; trouvé sur l'îlot Barclay (Liénard); île Maurice 
(Robillard, ex. coll. Paulucci). 

Ile Masbate, Philippines (Cuming) ; Moluques {Sowerby). 

Cette magnifique espèce paraît assez rare à l'île Maurice; quelques 
exemplaires de taille un peu plus petite sont agréablement teintés de 
rose. 

MUREX PELLUCIDUS. 

Murex trigonularis, Sowerby, Conch. Illustr., p. 56, fig. 107 (non Lamk). 

— pellucidus, Reeve, Conch. Jcon., pi. 14, fig. 54. 

Murex pellucidus, Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Murex, p. 96; pi. 33, fig. 7. 

— — Kobelt, Cal. d. Gatt., Murex, in Jahrbùch, 1877, p. 160, n. 130. 

— — Sowerby, Thés. Conch., t. IV, Murex, p. 23, n. 102; pi. 12, fig. 122. 
Murex pinnatus, var. Tryon, Man. of Conch., t. II, p. 87 ; pi. 41, fig. 530. 

Habitat : Ile Maurice (Robillard, ex. coll. Paulucci). 
Bantayau, Philippines, sur des fonds coralligènes, à la profondeur de 
13 mètres (Cuming) ; île Darnley, détroit de Torrès (Brazier). 



MUREX TRIPTERUS. 

Murex tripterus, Born., Mus. Cœs., p. 291; pi. 10, fig. 18-19. 

— — Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 165 ; 2 e éd., t. IX, p. 578. 
_ _ Wood, Ind. Test., p. 120; pi. 25, fig. 15. 

— — Sowerby, Conch. Illustr., sp. 55, fig. 54. 
Murex trialatus , Kiener, Icon. des Coq., p. 112 ; pi. 31, fig. 2. 
Murex tripterus, Reeve, Conch. SysL, t. II, p. 193; pi. 237, fig. 54. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 14, fig. 55. 

— — Kusler, Conch. Cab., 2 e éd., Murex, p. 98 ; pi. 34, fig. 1. 

— — Kobelt, Cal. d. Gatt., Murex, in Jahrbùch. 1877, p. 160, n. 134. 

— — Sowerby, Thés. Conch., t. iv, Murex, p. 23, n. 103; pi. 12, fig. 121. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 3, n. 17. 

— — Tryon, Man. of Conch., t. II, p. 87; pi. 41, fig. 531 . 

Habitat : Ile Maurice (Liénard-, Robillard, ex. coll. Paulucci). 

Massaua, mer Rouge (Jicheli) ; Java (Born) ; Batavia (Humphreys) ; 
Ticao, Philippines (Cuming); Moluques (Sowerby); Upolu (Schmeltz). 

M me la Marquise Paulucci possède dans sa collection deux exemplaires 
typiques et une belle variété. 



MÉMOIRES 19 



MUREX TRIALATUS. 



Murex trialatus, Sowcrby, Proc.Zool. Soc. Lond., 4840, p. 1 43. 

— — Sowei'by, Conch. Illustr., fig. 33. 

Murex phillopterus, Reevc, Conch. Icon., pi. 46, fig. 63 (nec Lamk.). 

— Sowerby, Thés. Conch., t. IV ; Murex, p. 24, n. 406; pi. 44, fig. 407. 

Murex trialatus, Kobelt, Cal. d. GatL, Murex, in Jahibuch. 4867, p. 464, n. 436. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 3, n. 46. 

_ _ Tryoo, Man. of Conch., t. II, p. 443; pi. 34, fig. 372, 375. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard). 

Côtes N.-O. de l'Amérique (C 'arpenter) ; Moluques (Tjoa-su-Tjong). 

Si je n'avais pas vu moi-même cette coquille dans un riche envoi de 
coquilles des Moluques, où elle ne paraît pas rare, je n'aurais peut-être 
pas donné place dans ce catalogue au M. trialatus. Il est toujours fort 
curieux de voir que cette espèce se rencontre dans des localités aussi diffé- 
rentes, si, toutefois la coquille de Carpenter répond vraiment à l'espèce 
de M. Sowerby 1 . 

MUREX TETRAGONUS. 



Murex tetragonus, Rroderip, Proc. Zool. Soc. Lond., 4832, p. 474. 

— — Sowerby, Conch. Illustr., n. 444, fig. 25, e 36. 

— — Kiener, Icon des Coq., p. 87 ; pi. 5, fig. 4. 

— — Sowerby, Thés. Conch., t. IV, Murex, p. 40, n. 487; pi. 23, fig. 228. 

— — Kobelt, Cal. d. Gatt., Murex, in Jahrbûch. p. 252, n. 261. 

— — Liénard, Faune malac. de l'Ile Maurice, p. 2, n. 45. 
— Tryon, Man. of Conch., t. II, p. 424 ; pi. 36, fig. 424. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard, Somerly, Rolillard). 

Iles Samoa et Viti (Sclimeltz) ; détroit de Torrès (Brazier). 

Cette espèce paraît être assez commune à l'île Maurice : elle est souvent 
très déformée, et, par une anomalie qui n'est pas rare, on la voit tri- 
gone. La figure de cette espèce, donnée par Sowerby dans son Thésaurus, 
ne me semble pas très bonne ; au moins dans aucun de mes nombreux 
exemplaires n'ai-je vu la forme acuminée qui caractérise cette figure. 



1 Dans la collection Paulucci, on voit aussi un jeune Murex qui paraît avoir les plus 
grands rapports avec le M. hemitripterus de Lamarck. N'étant pas bien certain de sa 
détermination, j'ai cru plus prudent de n'en dire qu'un mot dans cette note, et de l'exclure, 
au moins pour le moment , du nombre des Murex de l'île Maurice. 



20 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 



MUKEX BREVICULUS. 

Murex breviculus, Sowcrby, Proc. Zool. Soc. Lond., 1840, p. 146. 

— — Sowcrby, Conch. Tllustr., n. 1 10, p. 37. 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 88; pi. 4, fig. 8. 
Murex tetragonus, var. Keeve, Conch. Icon., pi. 16, fig. 118. 

Murex breviculus, Tryon, Man. of Conch., t. IF, p. 121 ; pi. 36, fig. 425. 

_ _ Sowerby, Thés. Conch., t. IV, Murex, p. 40, n. 188; pi. 23, fig. 229. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 2, n. 4. 

Habitat : Ile Maurice (Lien id,Robillard, coll. Paulucci et la mienne). 

Iles Samoa et Viti (Schmeltz). 

M. Reeve et M. Kobelt regardent cette espèce comme une variété de 
M. tetragonus ; d' 'après moi, et j'en ai vu un grand nombre d'exemplaires, 
l'espèce de Sowerby est bonne, très voisine, mais parfaitement distincte 
de celle de Broderip. Le M. breviculus est très variable, mais ses modi- 
fications et ses anomalies l'éloignent toujours davantage de l'autre espèce, 
aulieudel'en rapprocber. Jamais je ne l'ai vuetrigone,et ses tours parais- 
sent souvent couronnés par des prolongements arqués, partant supérieu- 
rement des varices. 

MUREX PUMILUS. 

Murex pumilus, A. Adams, Proc. Zool. Soc. Lond., 1853, p. 70 (non Kuster). 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt., Murex, in Jahrbiich. 1877, p. 250, n. 241. 

— — Sowerby, Thés. Conch , t. IV, Murex, p. 39, n. 181 ; pi. 21, fig. 200. 

— — Tryon, Man. of Conch., t. II, p. 130 ; pi. 38, fig. 470 (mala). 

Habitat : Ile Maurice (Robillard, coll. Paulucci et la mienne). 

Chine (A. Adams). 

Cette jolie coquille n'est pas rare à l'île Maurice; elle est même assez 
répandue dans les collections, quoiqu'elle soit peu connue. Par la struc- 
ture de ses varices, elle rappelle les deux espèces précédentes, mais sa 
belle couleur orangé-rose uniforme la fait reconnaître tout de suite. 

M. Kuster a décrit, mais après M. Adams, un M. pumilus, qui n'a 
aucun rapport avec celui-ci; il est intermédiaire entre le M. purpuroides, 
Reeve, et le M. semiclausus, Kuster. 

MUREX CROSSEI. 

Murex Crossei, Liénard, Joum. de Conch., 1873, t. XXI, p. 285; 1874, t. XXII, pi. l,fig. 2. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 2, n. 7. 



MÉMOIRES 21 

Latirus gibbus, Pcasc?? ex Newill, Journ. Soc. Beng., 1875, t. II, p. 83. 

Murex Crossei, Kobelt, Cat. d. Gatt., Murex, in Jahrbùch. 1877, p. 249, n. 231. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard; très rare). 

Ceylan {Newill). 

Je ne connais pas cette coquille, et je n'ai jamais pu observer le Latirns 
gibbus, Newill. Il serait pourtant singulier qu'une espèce à columelle 
plissée fût identique avec un Murex ; la figure de Y American Journal of 
Concliology se rapporte certainement à une coquille du groupe des Turbi- 
nellidés, et au contraire, la figure du Journal de Conchyliologie se rapporte 
à un véritable Murex. 

MUREX LIENARDI. 

Murex Lienardi, Crosse, Journ. de Conch., t. XXI, 1873, p. 248; t. XXII, 1874, p. 4; pi. 3, 
iig. 4. 
— — Kobelt, Cat. d. Gatt., Murex, in Jahrbùch. 1877, p. 249, n. 235. 
Coralliophila Barclayana, A. Adams, Proc. Zool. Soc. Lond., 1873, p. 205, pi. 23, fig. 1. 

Habitat : Ile Maurice {Liénard, Robillard, coll. Paulucci et la mienne). 

Ce Murex est bien sûrement la même coquille que M. A. Adams a 
décrite en la considérant à tort, à mon avis, comme une Coralliophila ; 
mais vraiment, je ne peux comprendre comment M. Newill ait pu voir dans 
le M. Lienardi une variété de M. fiscellum. A part la couleur violette de 
l'ouverture, qui est pourtant plus rougeâtre dans notre espèce, je ne 
trouve aucune ressemblance entre ces deux coquilles. 

MUREX DICHROUS, Tapparone Canefri. 
P1.2,fig. 5, 6. 

M. testa fusiformi, auguste umbilicata, pluries varicosa, varicibus plicafor- 
mifois, spiraliter subimbricatolirata et per longitudinem substriata, alba apice 
et sape etiam costis rufo tinctis,basifusca. Spira conica, obtusiuscula. Anfrac- 
tus septeni, super ne compressiusculi demie convexi, cingulis spiralibus aqualibus 
aquidistanlïbus ornati, sutura impressa sejuncti; ultimus dimidiam totius testa 
longitudinem superante, infra suturam obscure et obtusissime subcarinatus, basi 
in caudam modice retrorsum incurvam desinens. Apertura oblonga, angusta, 
labro intus denticutato, columella ad basim granulata, fauce albida. 

Long. n, ,013, lat. m ,006 [exemplar maximum). 

Coquille fusiforme, ombiliquée, à fente ombilicale étroite, avec un 
grand nombre de varices en forme de côtes ou de plis. Toute sa surface 
est ornée de minces cordons spiraux, subsquamuleux, égaux entre eux, 
séparés par des interstices réguliers et à peu près de même largeur. 



22 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

La spire est conique, obtuse au bout. On peut compter sept tours de 
spire, dont les premiers sont comprimés supérieurement, renflés à leur 
base, et paraissent séparés par des sutures assez profondes; le dernier 
tour, plus long que la moitié de la longueur totale de la coquille, est 
légèrement anguleux supérieurement, et se prolonge en un canal médio- 
cre, un peu courbé en arrière. L'ouverture est oblongue, étroite, avec le 
bord droit intérieurement épaissi et crénelé; la base de la columelle e.^t 
garnie de deux petits tubercules. Cette coquille est blanche, teintée de 
brun ou de noir au bout de la spire et souvent aussi sur les côtes; la base 
du dernier tour est largement colorée en brun plus ou moins foncé. 

Habitat: Ile Maurice {Robillard; ex. coll. Paulucci). 

C'est avec le M. Lienardi que cette espèce a la plus grande affinité, et si 
l'étude de l'opercule démontre que c'est parmi les coralliophiles qu'il con- 
vient de placer la coquille de l'illustre directeur du Journal de Conchy- 
liologie, c'est à côté d'elle qu'il faudra ranger mon espèce. 



MUREX RICINULOIDES. 



Murex ricinuloides, Quoy et Gaimard, Voy. de l'Aslr. Zool., t. II, p. 534; pi. 36, fig. 13 à 44. 

— fiscellum, var. Sowerby, Conch. Illustr., fig. 62. 

— decussatus, Reeve, Conch. Icon., pi. 31, fig. 153. 

— ricinuloides, Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Murex, p. 114; pi. 35, fig. 2. 

— — Kobelt, Cal. d. Gatt., Murex, in Jahrbûch. 1877, p. 230, n. 242. 

— fiscellum, Tryon, Man. of Conch., t. II, p. 188. 



Habitat : Ile Maurice {Robillard, coll. Paulucci et la mienne). 

Tonga Tabou {Quoy et Gaimard); île Bohol, Philippines {Cuming); 
Nouvelle Guinée {Beccari). 

Les exemplaires de l'île Maurice répondent exactement à la figure 
donnée dans l'atlas du Voyage de l'Astrolabe, et s'accordent, au contraire, 
très peu avec les figures de Sowerby et de Reeve. Sowerby, dans les 
Conchological Illustrations, considère peut-être avec raison cette espèce 
comme une variété du M. fiscelhim, Reeve; mais, à mon avis, il se trompe 
absolument dans sa monographie du genre Murex du lliesaurus Cou- 
chyliorum, où il dit (dans l'index) que cette coquille est une Pourpre. 

La description de MM. Quoy et Gaimard et la figure qu'ils donnent de 
l'opercule ne laissent point de doute à ce sujet. En effet, ils décrivent 
l'opercule en disant qu'il est un peu pointu, onguiculé, et leur figure 
s'accorde parfaitement avec la description ; il est clair que s'il s'agissait 
d'une Pourpre, l'opercule ne pourrait jamais être onguiculé. 



MÉMOIRES 23 

Sub gen. Muricidea, Swainson. 

MUREX MUNDUS. 

Murex mundus, Recve, Conch. Icon. (errata), pi. 32, fig. 466 (dans le texte, on trouve 
M. exiguus, non Brod., nec Kiener, nec Garrett). 

— — Kobelt, Cat. d. Oatt., Murex, in Jahrbuch., p. 249, n. 237. 

— — Sowerby, Thés. Conch., t. IV, Murex, p. 39, n. 182; pi. 23, fig. 242. 

— — Tryon, Man. of Conch., t. H, p. 121 ; pi. 36, fig. 427. 

Habitat : Ile Maurice (RoMllard, coll. Paulucci). 
Saint-Nicolas, île Zebu, Philippines (Cuming). 

MUREX EURACANTHUS. 

Murex noduliferus, Reeve, Conch. Icon., pi. 31, fig. 150 (non Sowerby). 

— euracanthus, A. Adams, Proc. Zool. Soc. Lond., 1851, p. 268. 

— — Tryon, Man. of Conch., t. II, p. 111 ; pi. 30, fig. 287. 

Habitat : Ile Maurice (RoMllard; coll. Paulucci). 

Nouvelle-Guinée (Raffray) , Philippines (Citming). 

Sowerby, dans son Thésaurus, nous apprend que cette coquille est une 
Pourpre. Sans connaître l'opercule, il est impossible, à mon avis, de se 
prononcer à ce sujet et je pense que, pour le moment, il vaut mieux la 
ranger parmi les Eochers, comme l'a fait M. A. Adams. 

Gen. TRITONIÏÏM. Lmk. 
TRITONIUM TRITONIS, L. 

Murex Tritonis, Linné, Syst. nat., 10 e éd., p. 754; 12 e éd., p. 1222. 

Buccinum variegatum, Fab. Columna Aquat., pi. 53, fig. 4. 

Strombus magnus, Jonsl., Hist. nat. de Exang., pi. 10, fig. 4. 

Lampusia Tritonis, Schumacher, Nouv. Syst., p. 250. 

Triton variegatum, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 178; 2 e éd., t. IX, p. 623 (partim). 

— — ■ Kiener, Icon. des Coq., p. 28, pi. 2. 

— — Woodward, Man. ofthe Moll., pi. 4, fig. 13. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 2, fig. 3 t. 

— — Chenu, Man. de Conch., 1. 1, p. 151, fig. 684. 

— — • Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Triton, p. 173; pi. 48 et 49. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 6, n. 71. 
Triton Tritonis, Môrch, Cat. Conch. Yoldi, part. 1, p. 108. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt., Triton, in Jahrbuch. 1878, p. 242, n 1. 
Tritonium Tritonis, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 102; pi. 11, fig. 1 c. 

Habitat : Ile Maurice {Liénard, Robillard; coll. Paulucci et la mienne). 



U SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Tutuilla, île Samoa (Gould); Aratika, Paumotu (Gould), îles de la mer 
du Sud (Sclimeltz); Nouvelle-Guiuée (Beccari); Madagascar (Sganzin) ; 
Japon (Lisclike); Nouvelle-Zélande (Bieffenbacli) . 

Ile de la Réunion (Maillard) ; mer Rouge (Mac Andrew) ; Japon 
(Lisclike) ; Amboine (Rumpli). 

Sub gen. Simpulum, H. et A . Adams. 
TRITONIUM P1LEARE. 

Murex pilearis, Linné, Syst. nat., 10 e éd., p. 749; 12 e éd., p. 1217. 

_ _ Wood,i?id. Test., p. 122; pi. 26, fig. 35. 
Triton pileare, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 182; 2 e éd., t. IX, p. 630. 
— — Quoy et Gaimard, Voy. deVAstr.,ZooL, t. II, p. 539; pi. 10, fig. 13-14 15 

Lampusia pilearis, Schumacher, Nouv. Syst., p. 250. 
Triton martinianus, d'Orbigny, Moll. de Cuba, p. 162. 

— pileare, Sowcrby, Man., fig. 398. 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 15; pi. 7, fig. 1. 

— pilearis, Recve, Conch. /«m., pi. 7, fig. 23. 

— Kuster, Conch. Cab., 2° éd., Triton, p. 196; pi. 42, fig. 3-4; pi. 56, fig. 4. 

— — Kobelt, Cat. d. Oatt., Triton, in Jahrbûch. 1878, p. 245, n° 8; Conchylienb. 

pi. 9, fig. 4. 
Tritonium pileare, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 103; pi. 2, fig. 1 a, b. 

Habitat : Ile Maurice, très répandu (Liénard, Robillard; coll. Pau- 
lucci et la mienne). 

Mer Rouge (Kiener) ; golfe de Suez, mer Rouge (Mac Andrew) ; Mas- 
saua (Issel et Beccari) ; Port- Western, Nouvelle-Hollande (Quoy et Gai- 
mard); îles Seycbelles (Dufo); Madagascar (Sganzin); Cuba, Sainte-Lucie, 
Martinique, Guadeloupe (d'Orbigny, Schramm) ; Vera-Cruz (Kiener) ; 
Vanikoro (Kiener) ; Nicobares, Sydney, Auckland (Frauenfeld) ; île 
Burias, Philippines (Cuming); Chine (Musée de Turin) ; Formose (Swin- 
froe); Tonga Tabou, Vanikoro (Quoy et Gaimard); Nouvelle-Calédonie 
(Montrouzier) ; Nouvelle-Guinée (Beccari) ; îles Sandwich (Martens) ; 
Samoa, Viti (Grclfe); Barotonga (Garrett). 

Cette coquille, fort commune à l'île Maurice, est de forme très variable 
et j'en connais deux variétés principales et parfaitement distinctes. 

Var. A. Coquille allongée, très variqueuse, à ouverture grande, canal 
long et très courbé en arrière . 

Yar. B. Coquille raccourcie, trapue, tout au plus bivariqueuse, bouche 
fort étroite, canal court, très peu courbé en arrière et presque droit. 
Dans plusieurs exemplaires de cette variété, il n'y a qu'un seul bourrelet 
sur le dernier tour. 



MÉMOIRES 25 



L'épiderme du T. pileare est corné, semi-transparent, disposé par 
bandes longitudinales, garnies à leurs bords d'une frange de poils rigides 
et grossiers. Le nucleus est étroit, cylindrique, allongé et composé de 
cinq tours lisses ; peu d'exemplaires le conservent. 



TRITONIUM AQUATILE. 

Triton aquatilis, Reeve, Proc. Zool. Soc, 4844, p. 114. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 7, fig. 24. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2« éd., Triton, p. 162; pi. 42, fig. 7-8. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 5, n. 2. 
Tritonium apatile, H. et A. Adams, Gen. rec. MolL, t. I, p. 102. 

Habitat : Ilot Barclay, île Maurice {Liénard); île Maurice (Robillard; 
coll. Paulucci et la mienne). 

Golfe d'Akaba, mer Eouge (Lartet); golfe de Suez, mer Rouge (Mac 
Andrew); Massaua, Dalasak, mer Rouge (Issel, Jickeli); Nouvelle-Calé- 
donie {Montrouzier) ; Manila {Montrouzier) ; Nagasaki, Japon (Lischke) ; 
Auckland, Tahiti{Frauenfeld); îles Philippines (Cuming); Nouvelle-Guinée 
(Beccari). 

Comme l'espèce précédente, ce Tritonium est fort répandu à l'île Maurice 
et sa forme est à peu près aussi variable. Cependant les caractères des deux 
espèces paraissent toujours bien tranchés. 

TRITONIUM CHLOROSTOMUM. 

Triton chlorostomum, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 185; 2 e éd., t. IX, p. 636. 

— — Quoy et Gaimard, Voy. de l'Astr., Zool., t. III, p. 541; pi. 40, 

fig. 16-17. 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 19 ; pi. 12, fig. 2. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 8, fig. 25. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Triton, p. 161; pi. 42, fig. 1-2-5-6. 

— — Chenu, Man. de Conch., 1. 1, p. 151, fig. 688. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 5, n. 51. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt., Triton, in Jahrbûch. 1878, p. 245, n° 10. 
Tritonium chlorostomum, H. et A. Adams, Gen. rec. MolL, t. I, p. 102. 

Habitat : Ile Maurice {Quoy et Cfaimard, Liénard, Robillard; coll. Pau- 
lucci et la mienne). 

Mer Rouge {Musée de Turin); Cuba, Antilles {d'Orbigny); Guadeloupe 
[Beau, Scliramm) ; île de la Réunion (Maillard); île Anna, océan Paci- 
fique {Cuming) ; Martinique {Kiener) ; îles Seychelles {Dufo); Nouvelle- 
Calédonie (Montrouzier); Tahiti (Frauenfeld); Nouvelle-Guinée {Raffray); 



26 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

îles de la mer du Sud (Schmellz); Mozambique et îles Mascareignes 
(Martens). 

L'épiderme est très mince dans cette espèce, et môme à peine visible ; 
les cinq tours embryonnaires sont lisses, arrondis, et leur ensemble est 
parfaitement conique et non cylindrique, comme dans le T. pileare. 

TRITONIUM GEMMATUM. 

Triton gemmatus, Rceve, Proc. Zool. Soc. Lonà., 1844, p. 117 (excl. varietate). 

— — Recve, Conch. Icon., pi. 15, fig. 60 a, b (excl. fig. 00 c). 

— — Kuster, Conch. Cab., 2« éd., Triton, p. 220; pi. 61, fig. 8? 

— — Deshayes, Moll. de l'île de la Réunion, p. 113. 

— — Liénard, Faune malac, de l'île Maurice, p. 6, n. 56. 
Tritonium gemmatum, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., I. I, p. 102. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard, Robillard; ma collection). 

Iles Philippines (Guming) ; île de la Réunion (Maillard); îles de la mer 
du Sud (Schmeltz) ; Cape Banks, Botany Bay, Australie (Brazier) ; îles 
Sandwich (Martens) ; îles Chagos et Rodriguez (Liénard) ; île de la Réu- 
nion (MoÀllard). 

Ma détermination n'est pas douteuse : mon exemplaire ayant été 
comparé avec les types mêmes de l'espèce du Musée britannique. A part 
la couleur et la forme plus élancée, on prendrait cette espèce pour une 
jolie variété du T. ruhecula à sculptures plus fines; je ne puis, par consé- 
quent, l'associer avec l'espèce suivante, dont les caractères se rapprochent 
de ceux du T. nodulus. 

TRITONIUM MUNDUM. 

Triton mundum, Gould, Proc. Boston Soc. N. H., 1849, p. 143. 

— — Gould, Rep. Amer. Expl, p. 506 ; pi. 17, fig. 297. 

— — Gould, Ohio Conch. , p. 66. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 6, n. 64. 
Triton gemmatus, var., Reeve, Conch. Icon., pi. 15, fig. 60 (ctantum). 

— — Pease, Amer. Journ. of Conch., t. IV, p. 107. 

Var. «. Testa crassiuscula, spira breviori, magis conica cauda valde abbreviata. 
Triton mauritianum, Tapparone Canefri, Boll. Soc. Malac. Rai., 1876, t. II, p. 243. 

Habitat : Ile Maurice (Robillard, Liénard; coll. Paulucci et la mienne). 

Ile Anna, océan Pacifique (Cuming); Polynésie (Pease); Tutuila, île 
Samoa (Gould) ; île Burias, Philippines (Cuming). 

Cette coquille, d'un polymorphisme extraordinaire, est fort commune à 
l'île Maurice. Si le type a des rapports avec le T. gemmatum, la variété 
s'en éloigne tout à fait ; voilà pourquoi je ne puis accepter l'opinion 



MÉMOIRES 27 

des naturalistes qui regardent le T. mundum, Gould, comme une variété 
du T. gemmaHm, Reeve. C'est à ma variété que l'on pourrait appliquer, à 
la rigueur, l'observation suivante de Gould, oubliée par les auteurs : « TMs 
migJit be regarded as the goitng of Tr. nodulus, hit... » . En effet, au pre- 
mier coup d'oeil, on prendrait aisément cette coquille pour un exemplaire 
jeune de l'espèce en question. La variété paraît très répandue à l'île 
Maurice, et c'est pour ce motif que je l'avais décrite comme étant une 
espèce nouvelle. 

Epiderme corné, jaunâtre, peu écailleux ; tours embryonnaires lisses, 
bombés et irréguliers. 

TRITONIUM RUBECULA. 

Murex rubecula, Linné, Syst. nat., 10 e éd., p. 749; 12 e éd., p. 1218. 

— — Wood, Ind. Test., p. 123; pi. 26, fig. 42. 
Septa scarlatina, Perry, Cench., pi. 14, fig. 2. 

Triton rubecula, Lamarck, An. s. vert., t. VII, p. 188; 2 e éd., t IX, p. 61-0. 

— — Kicner, Icon. des Coq., p. 20; pi. 18, fig. 2. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 9, fig. 29. 

— — Kuster, Conch. Cab., I e éd., Triton, p. 159; pi. 41, fig. 3 à 11. 

— — Chenu, Mon. de Conch., t. I, p. 154, fig. 089. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, \). 6, n. 68 (err. Tr. rubcculalum). 

— — Kob.'lt, Cat. d. Gatt. Triton, in Jahrbùch. 1878, p. 245, n° 9. 
Tritonium rubecula, H. et A. Adanis, Gen. rec. Moll., t. I, p. 102. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard, Robillard; coll. Paulucci,et la mienne). 

Mer Rouge (Forskal, Broccki) ; golfe de Suez (Mac Andrew); île Jubal 
(Mac Andrew); côte d'Afrique (Martini); île Ticao, Philippines (Citming); 
Australie (Sclimeltz); îles Nicobares (Frauenfeld); Nouvelle-Guinée (Raf- 
fray); île Seychelles (Liénard). 

Cette charmante coquille paraît être commune à l'île Maurice, ainsi que 
toutes ses nombreuses variétés. Les exemplaires de ma collection sont 
tantôt de taille relativement grande, tantôt fort petits. 

Quant au coloris, les variétés que j'ai vues sont les suivantes : 

Var. A. Coquille rouge, sanguine, avec des taches et une bande blan- 
che. Reeve, l. c. fig. 29a (5 exempl.). 

Var. B. Coquille de couleur pourpre foncé et presque noirâtre ; les 
taches blanches ont la même disposition que dans la var. A ; pas de 
bande blanche (6 exempl.). 

Var. C. Orangé rougeâtre, avec les interstices des côtes spirales pourpre 
foncé. Reeve, l. c fig. 29 d (6 exempl.). 

Var. B. Orangé testacé, varié de pourpre. Reeve. I. c. fig. 29 b 
(4 exempl.). 



28 SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE 

Var. E. Exemplaires petits, de couleur jaune pâle, avec des taches et 
une bande blanche sur le dernier tour. Wood., Ind. Conch., pi. 26, 
fig. 42 (1 exempl.). 

Var. F. Coquille de taille moyenne, étroite, de couleur testacée, variée 
de brun avec le bout de la spire blanc; les varices et une bande assez 
large testacées. Cette variété s'approche du T. gemmatum (2 exempl.). 

Les individus bien frais sont couverts d'un épiderme velouté et noi- 
râtre. 

Sub gen. Cabestana, A. Adams. 
TRITONIUM LABIOSUM. 

Murex labiosus, Wood, Ind. Test. Suppl., p. 15; pi. 5, fig. 18 (1828). 
Tritonium rutilum, Mcnke, Moll. Nov. Holl. spec, p. 25 (1843). 
Triton labiosus, Reove, Conch. Icon., pi. 14, fig. 52. 

— — Liénard, Faune malac. de Vile Maurice, p. 6, n° 58. 

— — Kobelt, Cat. d. Oatt. Triton, in Jahrbuch. 1878, p. 249, n° 35. 

— — Kuster, Conch. Cab., I e éd. Triton, pi. 37, fig. 3-4. 
Tritonium (Cabestana) labiosum, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 102. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard, Robillard; coll. Paulucci et la mienne). 

Dans le catalogue de Liénard, je vois figurer les T. labiosîim et 
Leroisii ; je crois pourtant que les individus rapportés au T. Loroisii 
ne sont, en réalité, que des variétés de cette espèce qui du reste est fort 
variable, surtout dans sa coloration. En effet, on en voit des exemplaires 
grisâtres, d'autres plus ou moins blanchâtres tachés de brun ; il y en a 
aussi de couleur fauve orangé uniforme ou orné de bandes alterna- 
tivement de cette dernière couleur et de blanc. Les tours embryonnaires, 
fort irréguliers, sont lisses et très souvent verdâtres. 

D'après moi, l'espèce de M. Petit est une espèce purement géographique, 
qui ne diffère pas spécifiquement du T. labiosum, lequel, comme plu- 
sieurs autres Tritonium, se trouve en même temps dans la mer des 
Antilles et dans l'Océan indien l . 

Sub gen. Lotorium. Montfort. 

TRITONIUM RHINOCEROS. 

Cymatium rhinocéros, Bolten, Mus. Boit., p. 129. 
Septa triangularis, Perry, Conch., pi. 14, fig. 6. 

1 Dans le catalogue Liénard, § 54, je trouve indiqué le T. cutaceum, mais je ne crois 
pas que cette coquille méditerranéenne puisse se trouver à l'île Maurice. Peut-être 
s'agit-il d'une espèce voisine non encore décrite. 



MEMOIRES 29 

Murex lotorium, Wood, Ind. Test., p. 122; pi. 26, fig. 34 (non Linné). 

Triton distortum, Lamarck, Encycl. vers, planches; pi. 415, fig. 3. 

Triton lotorium, Lamarck, An. s. vert., t. VII, p. 82; 2 e éd., t. IX, pi. 631 (non Linné.). 

— — Sowerby, Gen. o\ Shells, Triton, fig. 1 (fig. 4 dans le texte). 

— — Sowerby, Conch. Mail., fig. 400. 

— — Kicner, Icon. des Coq., p. 11 ; pi. 9, fig. 1. 

— — Recve, Conch. Icon., pi. 6, fig. 19 b. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Triton, p. 182 ; pi. 10, fig. 3. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 6, n. 61. 

— — Chenu, Man. de Conch., t. I, p. 152, fig. 694. 

— — Kobelt, Cal. d. Gatt. Triton, in Jahrbuch. 1878, p. 250, n° 37. 
Tritonium rhinooeros, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. 1, p. 103. 

Habitat: Ile Maurice {Liénard, Robillard; coll. Paulucci et la mienne). 

Ceylan {Reeve) ; Dahlak, mer Rouge {Jickeli, Schmeltz) ; Chine {Musée 
de Turin). 

Cette coquille est abondante à l'île Maurice, où l'on en trouve des exem- 
plaires magnifiques et même de très grande taille pour l'espèce. L'épi- 
derrne est corné, de couleur brun verdâtre, mais très caduque. 

Sub gen. Ranularia. Schumacher. 
TRITONIUM PYRUM. 

Triton pyrum, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 12. 

— — Kiencr, Icon. des Coq., p. 7; pi. il, iig. 1. 

— — Deshayes, Encycl. méth., t. III, p. 1059, n. 11 ? 

— — Deshayes, Lamarck. An. s. Vert., 2 e éd., t. IX, p. 633 (oxcl. synonymis). 

— — Potiez et Michaud, Cat. de Douai, p. 423. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 10, fig. 33. 

— — Jan, Cat., 5 e éd., p. 338, n. 8507. 

— — Kuster, Conch. Cabinet, 2 e éd., Triton, p. 211 ; pi. 59, fig. 4-5. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 6, n. 67. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt. Triton, in Jahrbuch. 1878, p. 250, n° 39. 
Triton lotorium, Môrch, Cat. Conch. Yoldi, part. l,p. 109. 

Tritonium lotorium, H. et Ad., Gen. rec. Moll., 1. 1, p. 103. 

Habitat : Ile Maurice {Robillard; ma collection). 

Ticao, Philippines {Guming); Ceylan [Hanley); Indes orientales (Môrch). 

Laissant de côté la discussion synonymique, j'ai adopté pour cette es- 
pèce le nom donné par Lamarck, qui lui convient certainement. Dans la 
deuxième édition de l'ouvrage du grand naturaliste, Deshayes, a 
ajouté quelques synonymes qui n'appartiennent pas à cette espèce; j'y 
vois, entre autres, le Murex pyrum de l'Ind. Test, de Wood, p. 123, pi. 26, 
fig. 29, qui n'a aucun rapport avec l'espèce de Lamarck et qui paraît plu- 
tôt se rapporter au Tritonium retusum de Reeve. 



30 SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE 

Dans le troisième volume des vers de l'Encyclopédie, Deshayes dit 
également, en parlant de cette espèce, que sur la parfie supérieure de 
l'ouverture on voit une assez grande tache d'un brun-marron. Le T. py- 
rum de Lamarck a toujours, que je sache, l'ouverture d'un fauve pâle 
uniforme, avec les rides du bord gauche et les dents du bord droit blan- 
châtres, sans aucune tache; il s'agit probablement d'une autre espèce, 
peut-être du T. trilincalum, Reeve, ou mieux encore du T. moritinctum 
du même auteur. 

TRITONIUM SARCOSTOMA. 

Triton sarcostoma, Rccve, Proc. Zool. Soc.Lond., 1844, p. 113. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 7, fig. 21. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd. Triton, p. 236; pi. 65, fig. 5. 

— — Kobelt, Cal. d. Gatt., Triton, in .lahrbûch. 1878, p. 360, n° 43. 
Tritonium sarcostoma, H. et A. Ad., G en. rec. Mail., t. I, p. 103. 

Habitat : Ile Maurice (Robillard; coll. Paulucci et la mienne). 

Ile Ticao, Philippines (Ctiming). 

Cette espèce se rapproche du T. pyrum, mais elle est toujours de la 
moitié plus petite. Je la crois, malgré l'avis de quelques malacologistes, 
une très bonne espèce, mais peu répandue. 

TRITONIUM MORITINCTUM. 

Triton moritinctus, Reeve, Proc. Zool. Soc. Lond., 1814, p. 115. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 13, fig. 49. 

Triton moritinctus, Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Triton, p. 225; pi. 63, fig. 2-3. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 6, n. 63. 
Tritonium moritinclum, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 103. 

Habitat : Ilot Barclay, île Maurice (Liénard); île Maurice, pas rare {Ro- 
hillard; coll. Paulucci et la mienne). 

Philippines (Cuming); Tatij^ama, Japon (A. Adams). 

Cette espèce est caractérisée par la tache noirâtre qu'on remarque tou- 
jours sur la lèvre interne à la partie supérieure de l'ouverture. Cette tache 
est toujours assez profondément placée et interrompue par des rides blan- 
châtres qui la font paraître moins foncée. 

TRITONIUM EXILE. 

Triton clavator, Sowcrby, Gen. o/Shells, Triton, fig. 3. 

— — Reeve, Conch. Sysl., t. II, pi. 247, fig. 3. 

— — Deshayes inLamk, An. s. Vert., 2 e éd., t. IX, p. 635 (partim). 



MÉMOIRES 31 

Triton exilis, Reeve, Proc. Zool. Soc. Lond., 1844, p. 111. 

— — Reeve, Conch. Icon.,\\.h, fig. 11. 

— — Chemu, Man. de Conch., t. I, p. 153, fig. 696. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt. Triton, in Jahrbuch. 1878, p. 363, n° 65. 
Tritonium exile, H. et A. Adams, Gen. Rec. Moll., t. I, p. 103. 

Habitat : Ile Maurice (Robillard; ma collection). 

Saint-Nicholas, île Zebu, Philippines (Cuming); mer Rouge (Issel et 
Beccari); Nouvelle-Guinée (Raffray). 

M. Cuming a péché cette coquille dans les mers des Philippines sur 
des fonds sablonneux, à la profondeur de 18 à 20 mètres. C'est une très 
bonne espèce, très facile à distinguer du T. clavator, avec laquelle elle a 
été souvent confondue ; les exemplaires de l'île Maurice sont parfaite- 
ment typiques. 

TRITONIUM CLAVATOR. 

Murex clavator, Chemnitz, Conch. Cab., t. XI, p. 110 ; pi. 190, fig. 1825 et 1826. 

— — Dillvvyn, Cat., t. II, p. 701, n. 39. 

_ _ Wood, Ind. Test., p, 123; pi. 26, fig. 40. 
Monoplex formosus, Perry, Conch., pi. 3, fig. 5. 
Ranularia longirostra, Schumacher, Nonv. Sysl.,p. 254. 
Triton clavator, Lamarck, An. s. Vert., t. Vil, p. 185. 

— — Kiener, Icon. des Coq.,ç. 4; pi. 10, fig. 2. 

— — Deshayes, Lamk, An. s. Vert., 2 e éd., t. IX, p. 635 (exl. plur. synonymis). 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 3, fig. 1. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd. p. 168 ; pi. 45 (mala). 

— — Liénard, Faune malac* de l'île Maurice, p. 5, n. 53. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt. Triton, in Jahrbuch. 1878, p. 362, n° 62. 
Tritonium clavator, II. et A. Adams, Gen. Rec. Moll., t. I, p. 103. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard, Robillard ; coll. Paulucci). 

Ceylan (Eanley) ; île Burias, Philippines (Cuming) ; Indes orientales 
Mardi); Chine {Kallery, au Musée de Turin). 

Le seul exemplaire authentique de l'île Maurice que je connaisse appar- 
tient à la collection de M me la Marquise Paulucci. Tous les autres, de la 
même provenance, qui ont passé entre mes mains, portant le nom de 
T. clavator, sont des exemplaires de mon T. pachycheylos. 

Cette espèce paraît assez rare à l'île Maurice, tandis que l'autre y est 
assez commune. 

J'ai donné, avec quelques détails, la synonymie de cette espèce, parce 
que celle qu'on trouve dans la deuxième édition des Animaux sans ver- 
tèbres n'est pas exacte et offre plusieurs citations à retrancher. Les figures 
indiquées du Gênera de Sowerby, et du Conchologia systematica de 



32 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Reeve se rapportent au T. exile, comme ces auteurs l'ont reconnu 
eux-mêmes. 

La figure donnée par Kiener est fort médiocre et montre la bouche 
blanche, ce qui est rare dans les individus bien conservés; la figure de 
Kuster est très mauvaise et je ne suis pas bien sûr qu'elle ne se rapporte 
pas aussi au T. exile. 



TRITONIUM PACHYCHEYLOS. 
PL 2, fig. 3, 4. 

Tritonium pachycheylos, Tapparone Canefri, Bollett. Malac. ltal., 1876, t. II, p. 243. 

T. testa clavœformi, spadiceo-aurantio et albo variegata, spiraliter obscure 
fusco-bizonata, varicibus duabus elevatis, aperturali inclusa, fusco intense macu- 
latis, spira parum elata; anfractus octo circa, suturis anguste canaliculatis 
sejuncti, superne angulati, inferne coarctati, spiraliter costati, striis longitudi- 
nalibus Costa decussantïbus ; costœ seriebus plurimis tuberculorum compressorum 
longitudinalibus praedita; interstitia spiraliter crenulato-striata; apertura alba, 
labio labroque crassissimis ; labrum lavigatum obsoletissime corrugatum et den- 
ticulatum; labrum extus varicosum inlus grosse dentatnm dentibus obtusis septe- 
nis ; canalis longus sinuatus suboblique adscendens. 

Long. m , 055 (cum conalï); lat.0°\ 026. 

Habitat : lie Maurice (Robillard ; coll. Paulucci et la mienne). 

Quoique assez abondante à l'île Maurice, il paraît que cette coquille a 
toujours été confondue avec le T. clavator dont pourtant elle diffère 
d'une façon très évidente; elle est en forme de massue, à spire raccourcie, 
de couleur fauve testacé plus ou moins foncé et varié d'un peu de blanc, 
avec deux bandes spirales brunes, parfois assez peu distinctes, qui forment 
des taches très foncées sur les varices au nombre de deux, en y compre- 
nant le bourrelet de la lèvre externe. 

J'ai compté huit tours de spire; les trois apiciaux sont très lisses, comme 
généralement dans les Tritonium; les autres sont anguleux supérieure- 
ment, parcourus spiralement par des cordons assez distants entre eux, 
assez réguliers et ornés de stries longitudinales très rapprochées ; ces 
cordons portent de nombreux tubercules comprimés, disposés de façon à 
simuler des côtes longitudinales. La suture est étroite, mais assez profon- 
dément canaliculée, notamment dans les tours supérieurs. L'ouverture est 
blanche et les bords sont très épais, surtout le bord columellairequi se détache 
tout à fait du dernier tour; la lèvre interne est, en haut et en bas, ornée de 



MÉMOIRES 33 

quelques rugosités peu sensibles; la lèvre externe est extérieurement très- 
variqueuse et intérieurement garnie de sept dents obtuses; le canal 
est assez long, tordu au commencement et ensuite un peu tourné à 
gauche et en arrière. 

Ce triton a des affinités avec le T. exile et avec le T. encausticum, 
mais il ressemble surtout au T. moniliferum (Adams et Eeeve). Dans ce 
dernier, pourtant, la bouche est beaucoup plus arrondie que dans notre 
espèce, où elle est même ovale-allongée. Dans le T. moniliferum, la lèvre 
interne est légèrement épaissie (labro subincrassato); dans le T. pachy- 
cJteylos, elle est excessivement épaissie et tout à fait détachée du dernier 
tour dans les individus adultes. Dans le T. moniliferum, le canal est 
droit et seulement un peu courbé à gauche et en arrière ; dans le T. pachy- 
cheylos, il est toujours plus ou moins tordu près de l'ouverture comme 
dans le T. exile, ce qui le fait paraître sinueux. Enfin, la couleur géné- 
rale de l'espèce d'Adams et Reeve est blanchâtre, avec des taches sur les 
varices; dans notre espèce, au contraire, le fond est de couleur fauve 
rougeâtre, parfois jaunâtre, parfois foncé et même très foncé. 

J'ajouterai encore que la taille de la coquille de l'île Maurice est plus 
grande, puisqu'il y a dans la collection Paulucci un exemplaire long de 
65 inill.; j'ai même observé que les individus non entièrement développés 
et avec la lèvre interne inachevée sont toujours plus grands que l'exem- 
plaire adulte et parfait figuré dans le Voyage dio Samarang. 

J'ai dit plus haut que notre espèce avait quelque rapport avec les 
T. exile et T. encausticum. On pourra cependant la distinguer à première 
vue du T. exile, en observant que la lèvre interne n'offre pas les gros 
plis de cette dernière espèce ; le nombre des tubercules, leur forme com- 
primée et élevée, la lèvre interne libre et détachée du dernier tour et non 
incrustée sur lui feront aisément séparer la coquille de l'île Maurice du 
T. encausticum. 

TRITONIUM TRIPUS. 

Murex tripus, Chemnitz, t. XI, p. 128; pi. 193, fig. 1858-1859. 

Murex fémorale, var. Dillwyn, Cat., t. II, p. 697. 

Triton tripus, Lamarck,^». s. Vert., t. VII, p. 184 ; 2 8 éd., I. IX, p. 634. 

— — Deshayes, Encycl. Vers., I. III, p. 1059. 

— — Kiencr, Icon. des Coq., p. 9, pi. 8, fig. 2. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 5, fig. 16. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt. Triton, in Jahrbuch. 1878, p. 360. 
Tritonium tripus, H. et A. Adams, Gen. Rec. Moll., t. I, p. 103. 
Triton tripus, Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 6, n. 69. 

Habitat : Ilot Barclay, île Maurice (Liénard). 
Chine (Reeve). 

1880 3 



34 SOCIÉTÉ MAJLACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

TIUTONIUM jEGROTUM. 

Triton agrotum, Reeve, Proc. Zool. Soc. Lond., 1844., p. 114. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 12, fig. 42. 

— — Kustcr, Conch. Cab., 2 e éd., Triton, p. 215 ; pi. 60, fig. 5-6. 

— — Liénard, Faune malac de l'Ile Maurice, p. 6, n. 65. 

— — Kobell, Cal. d. Gatt. 2 1 iton, m ahrbûch. 1878, p. 363. 
Tritonium œgrotum, H. et A. Adams, Gen. Rec. Moll., t. I, p. 103. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard, Robillard; ma collection). 

Chine (Reeve). 

Dans une de ses lettres, M. Ed. Smith m'a exprimé l'idée que peut- 
être cette espèce n'est qu'une variété du T. trilineatiim. Il y a effective- 
ment beaucoup de ressemblance entre les deux espèces ; pourtant la taille 
du T. œgrotum est toujours plus petite et la plus grande partie de ses 
caractères est assez constante ; enfin on les trouve dans des localités diffé- 
rentes. Je pense, d'après ces considérations, qu'on doit regarder ces deux 
coquilles comme des espèces distinctes. 

TRITONIUM THERSITES. 

Triton thersites, Reeve, Proc. Zool. Soc. Lond., 1844, p. 115. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 13, fig. 48. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt. Triton, m Jahrbûch. 1878, p. 361. 
Tritonium thersites, H. et A. Adams, Gen. Rec. Moll., t. I, p. 103. 

Habitat. Ile Maurice (Robillard ; collection Paulucci). 
Iles Nicobares (Frauenfeld) . 

TRITONIUM GALLINAGO. 

Triton gallinago, Reeve, Proc. Zool. Soc. Lond., 1844, p. 110. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 2, fig. 5. 

— — Kustcr, Conch. Cab., 2 e éd., Triton, p. 235; pi. 65, fig. 4. 
Tritonium gallinago, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 103. 

Habitat : Ile Maurice (Robillard; collection Paulucci et la mienne). 

Mindanao, Philippines (Cuming); mer Rouge (Jickeli). 

Les exemplaires de l'île Maurice que j'ai vus sont tous beaucoup plus 
petits que l'individu que Reeve a fait dessiner. Plusieurs d'entre eux pour- 
raient constituer une très bonne variété, plus grêle, à spire plus élevée et 
à canal un peu sinueux. Il paraît que cette espèce aime les eaux pro- 
fondes; les exemplaires de M. Cuming ont été pris à la profondeur de 
trente-six mètres. C'est peut-être à cause de cela que je n'en ai pas vu 



MEMOIRES 35 

des individus bien frais et que ceux que je connais ont été tous recueillis 
sur la plage. 

TRITONIUM ELONGATUM. 

Triton elongatus, Reeve, Proc. Zool. Soc, 184i, p. 117. 

— — Rceve, Conch. Icon., pi. 15, fig. 59. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 9 éd. Triton, p. 208; pi. 58, fig. 9. 

— — Kobell, Cat. d. Gatt. Triton, in Jahrbûch. 1878, p. 363. 
Tritonium elongatum, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 103. 

Habitat : Ile Maurice (RoMllard; collection Paulucci et la mienne). 

Iles Philippines (Cuming); portDenison (Schmeltz). 

Il paraît que cette espèce peut atteindre une taille bien plus grande que 
celle de l'individu dessiné dans la Concliologia Iconica. Un exemplaire, 
qu'on m'a vendu sans indication exacte de provenance, ne mesure pas 
moins de 60 mill.; un autre, de l'île Maurice, qui se trouve dans la collec- 
tion de M me la marquise Paulucci, a aussi une taille relativement assez 
grande. 

TRITONIUM NODULUS. 

Purpura nodulus, Martini, Conch. Cab., t. III, p. 362; pi. 112, fig. 1050-1051. 

Murex ranula, Meuschen, ex. Môrch, Cal. Conch. Yoldi., l re part., p. 109. 

Distorsio muricina, Bolten, Mus. Boit. p. 133. 

Triton pyriformis, Conrad? ex. Môrch., I. c. 

Triton tuberosum, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 185; 2 e éd., I. IX, p. 635. 

— — Quoy et Gaimard, Voy. del'Aslr., Zool., t. II, p. 542; pi. 40, fig. 18. 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 12; pi. 14, fig. 2. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 6, n° 70. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt. Triton, in Jahrbûch. 1878, p. 361. 
Tritonium nodulus, H. et A. 'Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 103. 

Var. a nigra, fascia spirali alba in medio ultimo anfractu. 
Gutturnium nudulus, Môrch, Cat. Conch. Yoldi, l re part., p. 109. 
Triton tuberosum, var. Quoy et Gaimard, /. c., pi. 40, fig. 19. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 1, fig. la. • 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 9 éd., Triton, p. 204; pi. 58, fig. 6. 
Triton albocingulatum, Dcshayes, Moll. de la Réunion, p. 113. 

Var. (5. unicolor, gracilior, canali longiusculo. 
Triton Antillarum, d'Orbigny, Moll. de Cuba, Zool., vol. 2, p. 161 ; pi. 23, fig. 20. 

— — Môrch, Cal. Conch. Yoldi., p. 109. 
Triton tuberosus, Reeve, Conch. Icon., pi. 1, fig. \b. 

— — Kuster, l. c, pi. 58, fig. 5. 
Tritonium Antillarum, H. et A. Adams, /. c, p. 103. 

Habitat : Ile Maurice, fort commun (Liénard, RoMllard); collection 
Paulucci et la mienne). 



36 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Mer Rouge [Kiener); îles Seychelles (Dufo); îles des Amis (Quoy et 
Gaimard); Vauikoro (Quoy et Gaimard, var. a); îles Nicobares, Aukland 
et Tahiti (Frauenfeld >; île Bourbon {Maillard); Amboine (Rumph); Coro- 
niandel (Martini) ; île Annaa, océan Pacitique (Cnming); îles Samoa et 
Tahiti (Schmeltz); Uvea(Grafe); Nouvelle-Calédonie (Montrouzier); Mada- 
gascar (Sganzin); Saint-Thomas, Antilles (Caffer, var. a); Cuba, Guade- 
loupe (Ramon de la Sagra, De Condé, Schramm); Lebuka, Fidji (Gould); 
océan Pacifique {Mitchell). 

L'étendue extraordinaire de Yhabitat de cette espèce est un fait très 
remarquable, en raison duquel plusieurs auteurs ont voulu faire de cette 
coquille différentes espèces. 

J'ai eu l'occasion de comparer des exemplaires de ce mollusque, prove- 
nant de Saint-Thomas, dans les Antilles, avec des individus de l'île 
Maurice et franchement, quoi qu'on en dise, je n'ai pu y voir de diffé- 
rence suffisante pour les séparer spécifiquement, ni môme à titre de 
variété. Dans l'une et dans l'autre localité, il y a des exemplaires blancs 
unicolores et des noirs avec bande blanche ; d'autres sont noueux et cou- 
verts d'une quantité de petits tubercules ou très peu noueux; il y en a 
encore de raccourcis et de plus ou moins allongés. Voilà pourquoi je per- 
siste dans ma manière de voir et je crois le T. Antillarum identique 
avec le T. nodulus. Ce sera peut-être une bonne espèce géographique, 
mais non pas une bonne espèce, zoologiquement parlant. 

Ce que je trouve de plus singulier, c'est la différence de coloration des 
animaux figurés par Quoy et Gaimard et par Gould. 

TR1T0NIUM VESPACEUM. 

Triton vespaceum, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 485; 2 e éd., t. IX, p. 636. 

— — Kiener, Icon. des Coquilles, p. 18; pi. 3, fig. 2. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 15, fig. 71. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd. Triton, p. 179; pi. 52, fig. 3. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 7, n° 72. 

— — Kobelt, Cat d. Gatt. Triton, in Jahrbuch. 1878, p. 363. 
Tritonium vespaceum, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 103. 

Habitat : Ile Maurice [Liénard, Roiillard; collection Paulucci et la 
mienne). 

Nouvelle-Guinée (Beccari, Raffray); Nouvelle-Hollande (MenAe). 

Assez commune à File Maurice, cette coquille offre un grand nombre 
de variétés, qui ne sont pas toujours faciles à reconnaître. 



MEMOIRES 37 

TRITONIUM AMICTUM. 

Triton amictus, Reeve, Conch. Icon., pi. 15, fig. 62. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd. Triton, p. 207; pi. 58, fig. 8. 
Tritonium amictum, H. et A. Adams, Gen. rec. Mail., t. F, p. 103. 

Habitat : Ile Maurice (Robillàrd; collection Paulucci). 
Iles Philippines (Cuming). 

TRITONIUM GRACILE. 

Triton gracilis, Reeve, Proc. Zool. Soc. Loiid., 1844, p. 117. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 15, fig. 58. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 6, n° 57. 
Tritonium gracile, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 103. 

Habitat : Ile Maurice {Liénard). 
Iles Philippines (Cuming). 

Sous-genre Lagena, Klein. 

TRITONIUM CLANDESTINUM. 

Murex clandestinus, Chcmnitz, Conch. Cab., t. XI, p. 127; pi. 193, fig. 1856-1857. 

_ _ Wood, Ind. Test., p. 126; pi. 26, fig. 86. 

Buccinum cincticulum, Meuschcn, ex. Môrch, Cal. Conch. Yoldi, p. 110. 
Neptunea doliata, Bolten, Mus. Boit., p. 116. 
Triton clandestinum, Lamarck, An s. Vert., t. VII, p. 187; 2 e éd., t. IX, p. 639. 

— — Sowerby, Gen. ofShells. Triton, fig. 2. 

— — Reeve, Conch. Syst., t. II, p. 197 ; pi. 242, fig. 2. 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 35; pi. 11, fig. 2. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 4, fig. 13. 

— — Chenu, Mon. de Conch., t. I, p. 154, fig. 702. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Triton, p. 184; pi. 52, fig. 5-6. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 5, n° 52. 

— — Kobelt, Cal. d. Gatl. Triton, in Jahrbûcli. 1878, p. 248. 
Tritonium clandestinum, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 104. 
Lagena clandestina, A. Adams, Ann. and Mag. N. H., 1870, t. V, p. 426. 

Habitat : Ile Maurice [Lamarck, Liénard, Robillard; collection Paulucci 
et la mienne). 

Madagascar (Sganzin); Ceylan (Mitchell); îles Galapagos (Cuming); île 
Zebu, Philippines (Cuming); Kino-o-Sima, Japon (A. Adams). 

TRITONIUM ROSTRATUM. 

Dolium rostratum, Martini, Conch. Cab., t. III, p. 408; pi. 118, fig. 1083. 
Buccinum caudatum, Wood, Ind. Test., p. 103; pi. 22, fig. 8. 



38 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Fusus cutaceus, Lamarck, Enc. Méth., planches, pi. 427, fig. 4. 
Cassidaria cingQlata, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 216; 2" éd., t. X, p. 9. 
Triton undosum, Kiener, Icon. des Coq., p. 44; pi. 6, fig. 2. 
Triton cingulatus, Rcevc, Conch. Icon., pi. 11, fig. 35. 

— — Kusler, Conch. Cab., 2 a éd. Triton, p. 189; pi. 54, fig 1-2. 
— Kohclt, CtU. d. Gatl. Triton, in Jahrbûch. 1878, p. 246. 

Triton undosum, Liénard, Faune malac. de. l'île Maurice, p. 7, fig. 73. 
Tritonium rostratum, H. et A. Adams, Gen. Rec. Moll., t. I, p. 104. 
Lagena rostrata, A. Adams, Ann. andMag. N. H., 1870, t. V, p. 426. 

Habitat : Ile Maurice [Liénard). 

Iles Seychelles (Dufo, Liénard) ; Simidsu, Japon (A. Adams) ; golfe de 
Suez, mer Rouge (Mac Andrew); Antilles? (Môrch); île des Nègres, Philip- 
pines (Cuming). 

Je n'ai pas vu cette espèce et je ne fais que l'indiquer d'après le cata- 
logue de M. Liénard. 

Gen. EPIDROMUS, H. et A. Adams. 

EPIDROMUS MACULOSUS. 

Buooinum maculosum, Martini, Conch. Cab., I. IV, p. 100; pi. 132, fig. 1257-1258. 

— vitiliginosum, Mus. Gerves., p. 304. 
Murex maculosus, Gmelin, Syst. Nat., 13 e éd., p. 3548. 

— — Woo-d, Ind. Test., p. 122; pi. 26, fig. 37. 

Triton maculosum, Lamk., Encycl. Vers., planches; pi. 416, fig. 1; pi. 420, fig. 2. 

Colubraria granulata, Schumacher, Nouv. Syst., p. 255. 

Triton maculosum, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 189; 2 e éd., t. IX, p .639. 

— — Kiener. Icon. des Coq., p. 23; pi. 17, fig. 1 . 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 16, fig. 64. 

— — Kusler, Conch. Cab., 2 e éd., Triton, p. 170 ; pi. 41, fig. 1, 2. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 6, n° 62. 

— — Kobcll, Cat. d. Gatt. Triton, in Jahrbûch. 1878, p. 264. 
Tritonium (Epidromus) maculosum, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 103. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard, Robillard; collection Paulucci et la 
mienne). 

Ilot Daedalus et Massaua, mer Rouge (Issel et Jickeli); Amboine 
(Rumph); Ticao, Philippines (Cuming); Guadeloupe (Beau); îles Nicobares 
(Frauen/eld); Madras (Frauenfeld) . 

Cette belle coquille avait déjà été signalée comme provenant de l'île 
Maurice, par les anciens auteurs ; et, il faut bien le dire, c'est là sa patrie. 
Les exemplaires sont parfaitement typiques, et j'en ai vu qui étaient 
longues d'au moins 96 mill. Une belle variété de la collection Paulucci 
est de forme plus élancée et un peu plus étroite. Elle rappelle une forme 
analogue qui vit dans la mer Rouge. 



MÉMOIRES 39 

t 

EPIDROMUS SOWERBYI. 

Murex maculatus, Chemnitz, Conch. Cab., t. X, p. 260; pi. 162, fig. 1552-1553. 
Triton lineatus, Sowerby, Proc. Zool.Soc. Lond., 1833, p. 72 (non Brod.). 
Triton Sowerbyi, Reeve, Conch. Icon., pi. 16, fig. 65. 

— — Chenu, Man. de Conch., t. I, p. 153, fig. 701. 

— — Carpcnter, Rep. Moll. W. Coastof N. America, p. 337. 

— — Tapparone-Canefri, Muricidi del Mar Rosso, p. 36. 

— — Kusler, Conch. Cab., 2 e éd., Triton, p. 171 ; pi. 46, fig. 3-4. 

— — Kobelt, Cal. d. Galt. Triton, in Jahrbiich. 1878, p. 264. 
Tritonium (Epidromus) Sowerbyi, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 103. 

— — — Mac Andrew, Test. Oulf of Suez, p. 6. 

Epidromus Sowerbyi, Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 7, n° 85. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard, Robillard; collection Paulucci). 

Iles Galapagos, océan Pacifique (Cuming); golfe de Suez, mer Rouge 
(Mac Andrew). 

Cette belle espèce n'étant pas encore beaucoup répandue, j'en ai donné 
la synonymie avec quelque étendue. Il est surprenant que Deshayes ne se 
soit pas aperçu que Lamarck, en indiquant la figure du dixième volume 
du Concliylien Cabinet, confondait deux espèces différentes sous le nom de 
T. maculosum. 

EPIDROMUS ORSCURUS. 

Triton obscurus, Reeve, Proc.Zool. Soc. Lond., 1844, p. 117 (non A. Adams). 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 16, fig. 63. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Triton, p. 212; pi. 60, fig. 1-2. 

— — Kobelt, Cat. d. Galt. Triton, in Jahrbuch. 1878, p. 264. 
Tritonium (Epidromus) obscurum, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 103. 
Epidromus obscurus, Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 7, p. 83. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard, Robillard; collection Paulucci et la 
mienne). 

Indes orientales (Lient. Babb, ex Reeve); île de la Réunion (Maillard) ; 
Guadeloupe (Scliramm). 

L'île Maurice est très ricbe en espèces du genre Epidromus et VIS. 
obscurus y atteint assez souvent une taille exceptionnelle. M. Sowerby m'a 
envoyé un Epidromus de Maurice avec le nom de E . ttstacens, Môrch; 
j'avoue que je n'ai su voir aucune différence entre cette coquille et YE. 
obscurus. L'espèce de M. Môrch m'est inconnue et je ne sais si c'est une 
bonne espèce ou quelque espèce purement géographique ; ce que je puis 
assurer, c'est que parmi les exemplaires de YE. obscurus je n'ai jamais 
vu de variété qui puisse raisonnablement être séparée à titre d'espèce. 



40 SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE 



EPIDROMUS CLATHRATUS. 

Buccinum rude, Meuschon? Guallieri, pi. 44, lig. H? 

Triton clathratus, Sowerby, Proc. Zool. Soc. Lond., 1833, p. 71 (non Lk.). 

— — Kecvc, Conch. Icon., pi. 16, (ig. 57fc. 

— Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Triton, p. 213; pi. 60, fig. 3. 

— Kobelt, Cat. d. Galt. Triton, in Jahrbuch. 1878, p. 375. 
Tritonium (Epidromus) clathratum, 11. et A. Adains, Gen. rec. Moll., t. 1, p. 103. 

Habitat : Ile Maurice {Robillard; collection Paulucci). 
Ile Annaa, océan Pacifique (Cîiming). 

EPIDROMUS CUMINGI. 

Triton clathratus, var. Rceve, Conch. Icon., pi. 16, fig. 57a. 

Epidromus Cumingi, Dohrn, Proc. Zool. Soc. Lond., 1861, p. 205; pi. 26, fig. 5. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 7, n° 77. 

— — Kobelt, Cat. d. Galt. Triton, in Jahrbuch. 1878, p. 365. 
Habitat : Ile Maurice {Liénard, Robillard; collection Paulucci). 
Philippines (Guming); île Annaa, océan Pacifique (Guming); île Chagos 

(Liénard). 

EPIDROMUS NITIDULUS. 

Triton nitidulus, Sowerby, Proc. Zool. Soc. Lond., 1833, p. 71. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 17, fig. 70. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Triton, pi. 66, fig. 8. 
Epidromus nitidulus, Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 7, n° 82. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt. Triton, in Jahrbuch. 1878, p. 365. 

Tritonium (Epidromus) nitidulum, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 103. 

Habitat. Ile Maurice (Liénard, Robillard; collection Paulucci et la 
mienne). 

Ile Annaa, océan Pacifique (Cuming); Polynésie (Pease); Upolu (Gràffe); 
Rarotouga (Garrctt); îles Howland (Martens); Nouvelle-Guinée (Raffray). 

Les exemplaires de l'île Maurice que j'ai vus étaient tous plus vivement 
colorés que ceux de la Nouvelle-Guinée; les bourrelets ne se montraient 
pas également placés dans tous les individus et la spire était souvent 
un peu courbée à droite. 

EPIDROMUS CEYLANENSIS. 

Triton ceylonensis, Sowerby, Proc. Zool. Soc. Lond., 1833, p. 71. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 17, fig. 73. 

— Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Triton, pi. 66, fig. 7. 

— — Kobelt, Cat. d. Galt. Triton, in Jahrbuch. 1878, p. 365. 



MÉMOIRES 41 

Tritonium (Epidromus) ceylonense, H. el A. Adams, Gen. rec. MolL, t. I, p. 103. 
Epidromus oeylonensis, Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 7, n° 76. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard, RoMllard; collection Paulucci). 

Ceylan (Reeve); île Annaa, océaD Pacifique (Pease); Polynésie (Pease). 

M. Pease réunit, à titre de variété, cette espèce avec YE. nitidulus; 
cependant la sculpture et la disposition des bourrelets, du moins dans mes 
exemplaires, sont tout à fait différentes. Aussi je pense que l'espèce de 
Reeve doit être conservée. 

EPIDROMUS DISTORTUS. 

Murex distortus, Shubert et Wagner, Suppl. à Chemn. Conch. Cab., I. XII, p. 138; 

pi. 231, fig. 4074-4075. 
Triton distortus, Kiener, Icon. des Coq., p. 25 ; pi. 17, fig. 2. 

— — Deshayes, Lamk. An. s. Vert., 2 e éd., t. IX, p. 645. 

— — Sowerby, Proc. Zool. Soc. Lond., 1833, p. 71. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 16, fig. 66. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Triton, pi. 169; pi. 10, fig. 4-5. 

— — Gould, Rep. Amer. Expl. Expl., p. 240; pi. 17, fig. 294 (animal). 

— — Kobelt, Cat. d. Oalt. Triton, in Jahrbûch. 1878, p. 365. 
Triton (Epidromus) distortus, Morch, Cat. Conch. Yoldi, l re part., p. 107. 

— — — H. et A. Adams, Gen. rec. MolL, t. I, p. 103. 
Epidromus distortus, Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 7, n. 80 . 

Habitat : Ile Maurice. (Liénard, RoMllard; collection Paulucci). 

Ile Annaa, Océan Pacifique (Cuming); îles Hawaiian (Pease); Poly- 
nésie (Pease); Paumotu (Gould); Nouvelle-Guinée (Raffray); île Chagos 
(Liénard). 

Peut-être YE. tortuosus de Reeve n'est-il réellement qu'une variété de 
cette espèce, du reste assez variable. 

EPIDROMUS QU0YI. 

Triton viperinum, Kiener, Icon. des Coq., p. 39; pi. 18, fig. 4 (non Lamarck foss.). 
Triton Quoyi, Reeve, Conch. Icon., pi. 19, fig. 93. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Triton, p. 188; pi. 32, fig. 6-7. 

— — Kobel, Cat. d. Gatt. Triton, in Jahrbûch. 1878, p. 364. 
Tritonium (Epidromus) Quoyi, H. et A. Adams, Gen. rec. MolL, t. I, p. 104. 

Habitat : Ile Maurice (RoMllard; collection Paulucci et la mienne). 

Nouvelle-Hollande (Reeve); golfe de Saint-Vincent et golfe Spencer, 
Australie (Angas); port Denison (Schmeltz). 

Quelques auteurs rangent cette espèce dans le groupe de Simpulum 
(gen. Triton); pourtant la disposition des bourrelets sur les tours de spire 
et surtout le petit nombre des tours embryonnaires doivent lui faire 
prendre place parmi les Epidromus. 



42 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 



EPIDROMUS DECAPITATUS. 

Triton decapitatus, Reovc, Proc. Zool. Soc. Lond., 1844, p. 119. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 18, fig. 119. 

— — Kustcr, Conch. Cab. Triton, p.220; pi. 61, fig. 6. 

— Kobelt, Cat. d. (ialt. Triton, in Jahrbuch. 1878, p. 367. 
Tritonium {Epidromus) decapitatus, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. 1, p. 103. 
Epidromus decapitatus, Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 7, n° 79. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard, Robillard; collection Paulucci). 

Ile Burias, Philippines (Cuming); île Samoa (Graffe); Upolu (Sclmeltz); 
îles Sandwich (Martens); île Art, Nouvelle-Calédonie (Montronzier); îles 
Sandwich (Pease). 

Je ferai pour cette coquille l'observation que j'ai faite à propos de plu- 
sieurs autres espèces; les exemplaires des îles de la Polynésie sont, en 
général, fort petits par rapport à ceux de l'île Maurice. 

EPIDROMUS ANTIQUATUS. 

Triton antiquatus, Hinds, Proc. Zool. Soc. Lond., 1844, p. 21. 

— — Hinds, Voy. ofSulphur, p. 12; pi. 4, fig. 7-8. 

— — ? Reeve, Conch. Icon., pi. 18, fig. 80. 

— Kobelt, Cal. d. Gatt. Triton, in Jahrbuch. 1878, 366. 
Tritonium {Epidromus) antiquatum, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 103. 
Epidromus papillatus, Dunker, ex Mus. Godeffroy, cat. 5, p. 140. 

Habitat : Ile Maurice (Robillard; collection Paulucci et la mienne). 

Nouvelle-Irlande (Hinds); Upolu et Rarotonga (ScJimeltz). 

La figure donnée par la Conchologia iconica fait presque douter que 
l'espèce de Reeve ne soit pas identique avec le triton de M. Hinds. Les 
exemplaires de l'île Maurice sont absolument conformes à la figure du 
Voyage of H.-M.-S. Sulphur. 

EPIDROMUS DECOLLATUS. 

Triton decollatus, Sowerby, Proc. Zool. Soc. Lond., 1833, p. 72. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 18, fig. 82. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Triton, p. 218 ; pi. 61, fig. 4. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt. Triton, in Jahrbuch. 1878, p. 367. 
Tritonium {Epidromus) decollatus, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 103. 
Epidromus decollatus, Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 7, n° 78. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard, Robillard; collection du musée de 
Turin). 

Ile Annaa, océan Pacifique (Cuming); Upolu, Paumotu (Sclimeltz) . 



MÉMOIRES 43 

EPIDROMUS LANCEOLATUS? 

Murex intertextus, Helbling, ex. Menke, Syn. meth. Moll., p. 67. 
Ranella lanceolata, Menke, Syn. meth. Moll., p. 541 (non Phil.). 
Triton lanceolatum, Kiener, Icon. des Coq., p. 27 ; pi. 18, fig. 1 . 

— — Deshayes, Lamarck, An. s. Vert., 2 e éd., t. IX, p. 647. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 18, fig. 79. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt. Triton, in Jahrbûch. 1878, p. 366. 
Tritonium (Epidromus) lanceolatum, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 103. 
Epidromus lanceolatus, Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 7, n° 81. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard). 

Porto -Rico (Menke); Guadeloupe (Schramm); Indes occidentales 
(Reeve); Jamaïque (Sowerby). 

Si plusieurs autres espèces de ce groupe n'avaient pas été trouvées aux 
Antilles en même temps qu'à l'île Maurice, je n'aurais pas indiqué cette 
coquille. Ne l'ayant pas vue moi-même, je ne puis que la mentionner 
d'après les indications de M. Liénard. 

EPIDROMUS SCULPTILIS. 

Triton sculptilis, Reeve, Proc. Zool. Soc. Lond., p. 118. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 18, fig. 76. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt. Triton, in Jahrbûch. 1878, p. 366. 
Epidromus sculptilis, Deshayes, Moll. de la Réunion, p. 113. 
Epidromus sculptilis, Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 7, n° 84. 
Tritonium (Epidromus) sculptile, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 104. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard, Robillard: collection Paulucci et la 
mienne). 

Ile delà Réunion (Maillard); Capul, Philippines (Cuming); Rarotonga 
et Tahiti (ScJimeltz). 

Les exemplaires de l'île Maurice sont souvent très grands pour l'espèce; 
quelques-uns sont dépourvus de bourrelets, et pourraient très bien être 
rangés dans les Tritonidea, plutôt que parmi les Epidromus, comme l'on 
a déjà fait pour YE . bracteatus et comme on sera obligé de faire pour 
plusieurs autres espèces du même groupe l . 



• 1 Dans le catalogue de M. Liénard, je trouve, au n° 86, un Epidromus testatus, Mawe. 
On n'a, que je sache, jamais décrit un Epidromus sous ce nom ; il y a là peut-être une faute 
d'impression, car on aurait facilement pu imprimer testatus, Mawe pour testaceus, Môrch. 
J'ai, en effet, reçu de M. Sowerby une coquille de l'île Maurice avec cette dernière déno- 
mination. 



44 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Sub gen. Phyllocoma, milii. 

TESTA UTRINQUE ATTENUATA, IN MEDIO INFI.ATA, RANE1.MFORMI, VARICIBUS VALDK 

ELEVATIS, FOLIACEIS. 

Coquille régulièrement amincie aux deux bouts, renflée au milieu, se 
rapprochant des Ranella par la forme générale et par la disposition des 
bourrelets. 

EPIDROMUS CONVOLUTUS. 

Triton convolutus, Broderip, Proc. Zool. Soc, 1833, p. 7. 
— i — Hinds, Voy. of Sulphur, p. 11 ; pi. 4, fig. 3-4 (oplima). 

— — Rcovc, Conch. Icon., pi. 19, fig. 92 (aucta). 

— — Kustcr, Conch. Cab., 2 e éd. Triton, p. 217; pi. 61, fig. 3. 

— — Kobelt, Cal. d. Gatl. Triton, in Jahrbûch. 1878, p. 364. 
Tritonium {Epidromus) convolutus, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. 1, p. 103. 
Epidromus convolutus, Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 7, n. 75. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard, Robillard; collection Paulucci et la 
mienne). 

Iles Marquises (Hinds)', Nouvelle-Guinée (Hinds). 

Ce triton, ainsi que YEp. scalariformis doivent sûrement être séparés 
des Epidromus parmi lesquels ils ont été placés jusqu'ici. Il vaudrait 
mieux les ranger b côté des Ranella dans le sous-genre Apollon ou parmi les 
Argobuccinum. C'est pour ce motif que je les ai placés dans une section 
nouvelle, qui, avec la découverte de nouvelles espèces pourra ensuite 
former peut-être un groupe générique. 



Gen. DISTORTRIX, Link. 

DISTORTRIX ANUS. 

Murex Anus, Linné, Syst. nat., 10 e éd., p. 750; 12° éd., p. 1218. 

_ _ Wood, Ind. Test., 2 e éd., p. 123; pi. 26, fig. 45. 
Distortrix Anus, Link, Beschreib. d. Nat. Samm., 3 e part., p. 122. 
Cassis vera, Martini, Conch. Cab., t. Il, p. 81; pi. 41, fig. 403-404. 
Distorta rotunda, Perry, Conch., pi. 10, fig. 2. 
Distorta rugosa, Schumacher, Nouv. Syst., p. 249. 
Triton Anus, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 186; 2 e éd., t. IX, p. 636. 

— — Quoy et Gaimard, Voy. Astr. Zool, t. Il, p. 544; pi. 40, fig. 6 à 10. 

— — Sowerby, Gen. of Shells, Triton, pi. 1, fig. 2. 

— — Sowerby, Conch. Man., fig. 401 . 

— — Reeve, Conch. Syst., p. 198; pi. 44, fig. 2. 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 22; pi. 15, fig. 1. 

— — Reeve, Conch. Icon.,p\. 12, fig. 44. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 5, n. 49. 






MÉMOIRES 45 

Distortio Anus, Môrch., Cal. Conch. Yoldi, l re part., p. 107. 

— — H. et A. Adams, Gen. rec. Moll, t. I, p. 405 ; pi. 41, fig. la, 1b. 
Persona Anus, Chenu, Mail, de Conch., t. I, p. 154, fig. 708. 

_ _ Kobelt, Cal. d. Gatl. Persona, in Jahrbûch. 1878, p. 370, n. 1. 

Habitat : Ile Maurice {Liénard, Robillard; ma collection). 

Golfe d'Akaba, mer Rouge {Arconati); golfe de Suez, mer Rouge {Mac 
Andrew); Amboine {Rumph); Port-Dorey, Nouvelle-Guinée {Quoy et 
Gaimard, Raffray); île Joby, baie de Geelwincb {Beccari); Philippines 
{Cuming); Ceylan {Cuming); îles des Amis {Cuming); île de la Réunion 
{Maillard); Java (Frauenfeld); îles Nicobares {Frauenfeld); Madagas- 
car {Sganzin); îles Seycbelles {Liénard); îles Chagos {Liénard); îles de 
la mer du Sud {ScTimeltz). 

Gen. NASSARIA, Link. 
NASSARIA CARDUUS. 

Triton carduus? Reeve, Proc. Zool. Soc. Lond., 1844, p. 121. 

— — ? Reeve, Conch. Icon., pi. 19, fig. 95. 
Nassaria carduus, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., 1. 1, p. 124. 

Nassaria carduus, Sowerby, Tlies. Conch., t. III, Nassaria, n. 13, p. 87; pi. 220, fig. 14. 
Hindsia carduus, Kobelt, Cat. d. Gatt. Hindsia, in Jahrbûch. 1877, p. 296, n. 3. 
Epidromus carduus, Liénard, Faune malac.de l'île Maurice, p. 7, n. 74. 

Habitat : Ile Maurice {Liénard, Robillard; collection Paulucci et la 
mienne). 

Iles Philippines {Cuming). 

La coquille de l'île Maurice est sans doute la même que celle figurée 
par M. Sowerby dans son Thésaurus conchyliorum ; mais, si je m'en 
rapporte à la figure donnée dans la Conchologia Iconica, ce ne serait pas 
la même espèce que le T. carduus de Reeve. En effet, les deux figures 
ne se ressemblent pas du tout ; peut-être celle du grand ouvrage de 
M. Reeve est-elle mauvaise. 

NASSARIA RETICOSA. 

Epidromus reticosus, A. Adams, Ann. andMag. of Nat. Hist., 1870, t. V, p. 420. 
Nassaria reticosa, Sowerby jun., in litteris. 

Habitat : Ile Maurice {Sowerby; collection Paulucci et la mienne). 

Japon (collection. Cuming). 

Nous regrettons de n'avoir pu donner la figure de cette charmante 
coquille parce qu'elle n'a pas encore été dessinée. Elle appartient au même 
groupe que la N. carduus, mais elle est de moitié plus petite et plus fusi- 
forme ; la sculpture et la coloration en sont tout à fait différentes. 



46 SOCIÉTÉ M\l AGOLOGIQUE DE BELGIQUE 

NASSAKIA EGKEGIA. 

Triton egregius, Rceve, Proc. Zool. Soc. Lond., 1844, p. 419. 

— — Rceve, Conch. Jcon., pi. 18, fig. 78 (mala). 
Epidromis egregius, Ueshaycs, Mail, de Vile delà Réunion, p. 113. 
Nassaria egregia, 11. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 124. 
Hindsia egregia, Kobell, Cal. d. (latt., Hindsia, in Jahrbilch. 1877, p. 276, n. 4. 

Habitat : Ile Maurice (Robillard ; collection Paulucci). 
Masbate, Philippines (Guming); île de la Réunion {Maillard). 

Gen. RANELLA, Lamarck. 
RANELLA CRUMENA. 

Ranella orumena, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 151 ; 2 e éd., t. IX, p. 545. 

— — Sowerby, Conch. Illuslr., Ranella, fig. 9. 

— — Broderip, Zool. Joum., t. II, p. 200; pi. suppl. 2, fig. 2. 
Ranella granulata, Blainville, Mon., pi. 18, fig. 2 (non Lamk.). 
Ranella elegans, Kiener, Icon. des Coq., p. 4; pi. 3, fig. 1. 

Ranella crumena, Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., p. 149; pi. 39a, fig. 3. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 4, fig. 17. 

— — Kobelt, Cal. d. Gatl., Ranella, in Jahibiich. 1876, p. 332, n. 45. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 8, n. 92. 

Habitat. Ile Maurice (Liénard, Robillard; collection Paulucci). 

Manila, Philippines (Cuming); Kurrachee, golfe Persique (Baker); 
Ceylan (D 1 iSiebold); Madras, (Frauenfeld); îles Nicobares (Frauenfeld); 
Madagascar (Sganzin, Robillard). 

Plusieurs auteurs ont adopté pour ce genre le nom de Bursa, établi 
par Bolten ; comme ce naturaliste n'a donné aucune diagnose de son 
genre, le nom qu'il a imposé ne pourrait être adopté. En évitant 
toute discussion sur le nom que les anciens auteurs ont donné à 
cette belle coquille, j'ai adopté le nom de Lamarck, qui lui convient 
sûrement. Nul doute que les anciens auteurs aient connu cette espèce ; 
seulement, ils l'ont généralement regardée comme une variété du Murex 
rana, Linné l . 

1 RANELLA FOLIATA. 

Ranella crumena, Kiener, Icon. des Coq., p. 3 ; pi. 2, fig. 1 (non Lamk.). 

— — Chenu, Man. de Conch., t. I, p. 155, fig. 709. 
Ranella foliata, Broderip, Zool. Journ., t. II, p. 199 ; pi. suppl. 1, fig. 1. 

— — Deshayes, Lamk., An. s. Vert., 2 e éd., t. IX, p. 555 (err. 535). 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 2, fig. 8. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Ranella, p. 154; pi. 19, fig. 1. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt., Ranella, in Jahrbuch. 1876, p. 331, n. 40. 
Bursa foliata, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. 1, p. 105. 

Habitat. Ile Maurice (Mitchell). 

Madras {Mitchell) ; Zanzibar, Mozambique et île Maskari (Martens). 

Quoique cette espèce n'ait pas été positivement signalée comme provenant de l'île Mau- 
rice, si ce n'est par Mitchell, nous avons cru bien faire en lui donnant place dans une 
note de ce catalogue. 






MÉMOIRES 47 



RANELLA ECHINATA. 

Murex rana, var. B., Linné, Syst. Nat., 10 e éd., p. 748. 

Bursa bufonia, Boltcn, Mus. Boit. , p. 129 (non Gmelin). 

Buccinum bufonium muricatum, Chcmnitz, Conch. Cab., t. IV, p. 110; pi. 133, fig. 1274-1276. 

Rana aculeata, Humphreys, C alloués Cat., p. 33, n. 615. 

Gyrineum echinatum, Link, Beschreib. der Nat. Samm., 3 e part., p. 123. 

Murex spinosus, Dillwyn, Cat., t. II, p. 692. 

_ _ Wood, Ind. Test., p. 121 ; pi. 25, fig. 22. 
Biplex spinosa, Perry, Conch., pi. 5, fig. 6. 
Bufonaria spinosa, Schumacher, Nouv. Syst., p. 252. 
Ranella spinosa, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 152 ; 2 e éd., t. IX, p. 545. 

— — Lamarck, Encycl. Vers., pi. 412, fig. 5. 

— — Sowerby, Gen. of Shells, Ranella, fig. 3. 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 7; pi. 5. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 2, fig. 7. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd. Ranella, p. 132; pi. 38, fig. 1-3. 

— — Chenu, Man. de Conch., t. 1 er , p. 155, fig. 711. 

— — Kobelt, Cat. de Gatt., Ranella, in Jahrbiich. 1876, p. 331. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 8, n. 99. 
Ranella echinata, Tapparone-Canefri, Muricidi del Mar Rosso, p. 39. 
Bursa bufonia, H. et A. Adams, Gen. ne. Moll., t. I, p. 105. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard, Koielt, Hennah ex Reeve). 

Mer Rouge (Issel, Mac Andrew, Jicheli, Blanford); Tranquebar 
(Linné); Ceylan (Hennah, Mitchell); Madras (Mitchell); Madagascar 
(Sganzin); Kurrachee, golfe Persique (Baker ex Woodward); île de la 
Réunion (Maillard); Philippines (Mac Andrew). 

Ce que nous avons déjà dit relativement aux noms spécifiques de 
Bolten, nous le répéterons à plus forte raison pour les noms spécifiques 
et génériques donnés très savamment par Link, dans son ouvrage tout 
à fait scientifique. Si nos devanciers n'ont pu connaître le charmant 
ouvrage de Link, parce que l'envie ne l'a pas laissé dans le domaine du 
public, il n'y a pas de raison pour que les savants d'aujourd'hui qui ont 
réussi à le connaître, ne rendent justice à un confrère injustement 
négligé. Comme nous l'avons dit, la gloire de Lamarck ne sera certaine- 
ment pas compromise parce que l'on aura fait passer en synonymies quel- 
ques-unes de ses dénominations. 

Sub gen. Lampas, Schumacher. 

RANELLA LAMPAS. 

Murex Lampas, Linné, Syst. Nat., 10 e éd., p. 748; 12 e éd., p. 1216. 
Buccinum tuberosum, Chemnitz, Conch. Cab., t. IV. p. 83; pi. 128, fig. 1236-1237; pi. 129, 
fig, 1238-1239. 



48 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Lampas hians, Schumacher, Nouv. Syst., p. 252. 

Triton Lampas, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 180; 2« éd., t. IX, p. 625. 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 38; pi. 5, fig. 4. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 9, fig. 30a. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd. Triton, p. 175; pi. 47, fig. 3-4. 

— — Kobelt, Cal. d. Catt., Triton, in Jahrbûch. 1878, p. 362, n. 59. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 6, n. 59. 
Ranella Lampas, Tapparone Canefri, Muricididel Mar Rosso, p. 40. 

— — Liénard, /. c, p. 8, n. 94. 

Bursa (Lampas) hians, II. et A. Adams, Gen. rec. MolL, t. I, p. 106. 

Var. a MINOR, OItE INTENSE RUFO AURANTIACO 

Murex Lampas, Wood, Ind. Test., p. 121 ; pi. 25; fig. 28. 
Biplex tuberculus? Perry, Conch., pi. 4, fig. 3. 
Triton Lampas, Reeve, Conch. Icon., pi. 10, fig. 30/>. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd. Triton, p. 175; pi. 40, fig. 7-8. 
Ranella Lampas, var. a, Tapparone Canefri, /. c. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard, Robillard; collection Paulucci et la 
mienne.) 

Ras Mahomed, golfe d'Akaba, golfe de Suez, mer Rouge (Th. Loeh- 
beche, Arconati, Mac Andrew); Moluques (Rumph); Philippines (Cuming); 
Java (Fraiienfeld); île de la Réunion (Maillard); Kurrachee (M. Baker, 
Woodward); Ceylan (Hanley); îles Uvea, Samoa et Viti (Schmellz), îles 
Seychelles (Dufo); Nouvelle-Calédonie (Montrouzier); Nouvelle-Guinée 
(Raffray). 

La variété a est toujours plus petite, plus vivement colorée, avec 
l'ouverture d'un fauve orangé plus ou moins foncé. Je suis d'avis qu'il 
vaudrait mieux en faire une espèce distincte; en effet, je n'ai jamais 
vu d'exemplaires intermédiaires entre ces deux formes. On pourrait 
l'appeler Ranella (Lampas) callistoma, en faisant allusion à la couleur 
élégante de l'ouverture. 

RANELLA BUFONIA. 

Murex bufonius, Schrôter, Chemnitz, Conclu Cab., t. XI, p. 120; pi. 192, fig. 1845-1846. 

— — Gmelin, Syst. Nat., 13 e éd., p. 3534(partim). 

— — Wood, Ind. Test., 2 e éd., p. 121 ; pi. 25, fig. 26. 
Bursa mammata, Bolten, Mus. Boit., p. 128. 

Ranella bufonia, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 152; 2 e éd., t. IX, p. 547. 

— — Lamarck, Encycl. Vers., pi. 412, fig. 1 . 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. II ; pi. 7, fig. 1. ' 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 5, fig. 23fr. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd. Ranella, p. 124; pi. 37, fig. 1-4. 

— — Gould, Rep. Amer. Expl. Exped., p. 242; pi. 18, fig. 299 (animal). 

— — Kobelt, Cal. d. Galt., Ranella, in Jahrbûch. 1876, p. 327, n. 1 . 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 8, n. 90. 



MÉMOIRES 49 

Lampas Bufo, ftlôrch, Cat. Conch. Yoldi, 1 re part., p. 106. 

Bursa (Lampas) Bufo, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 106. 

Habitat : Ile Maurice (Sganzin, Liénard, Robillard; collection Pau- 
lucci et la mienne). 

Mer Rouge (Kiener); île Gardner, Paumotu (Contliomj) ; île de la Réu- 
nion (Maillard); Madagascar (Sganzin); îles Seychelles (Dufo); île Capul, 
Philippines (Cuming) ; îles Nicobares (Frauenfeld) ; îles Samoa et Viti 
(Gràfe); Rarotonga, îles Cook (Garrett); Fakarawa, Paumotu (Garrett); 
île Kingsmill (Kegeï); îles Marquises (Garrett); Japon (Kobelt). 

Je n'ai observé que des individus typiques avec l'ouverture blanche. 

RANELL4 SIPHONATA. 

Ranella siphonata, Kccve, Proc. Zool. Soc, 18-iî , p. 138. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 7, fig. 38. 

— — Kobelt, Cat. cl. Gatt., Ranella, in Jahrbiich. 1X70, p. 328, n n 7. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 8, n° 10. 
Bursa (Lampas) siphonata, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 106. 

Habitat : lie Maurice (Liénard, Robillard; collection Paulucci et la 
mienne). 

Iles Philippines (Cuming) ; Rarotonga, Tahiti (Garrett); îles Chagos 
(Liénard); îles Art et Balade (Montrouzier). 

Elle est très commune à l'île Maurice, où elle varie beaucoup dans sa 
coloration. J'en ai vu des exemplaires à bouche d'un violet très foncé, et 
en même temps d'autres, à ouverture rosée, violet pâle, et même 
blanche. 

RANELLA TUBEROSISSIMA. 

Ranella tuberosissima, Proc. Zool. Soc. Lond., 1844, p. 139. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 7, fig. 39. 

— — Kusler, Conch. Cab., 2 e éd., Ranella, p. 157; pi. 47, fig. 1-2. 

— — Kobelt, Cal. d. Gatt., Ranella, in Jahrbiich. 1877, p. 327, n° 4. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 9, n° 102. 
Bursa (Lampas) tuberosissima, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 106. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard). 

Iles Philippines (Cuming); Nouvelle-Guinée (Beccari). 

J'indique cette espèce d'après le catalogue de M. Liénard. 

RANELLA CRUENTATA. 

Ranella cruentata, Sowerby jun., Proc. Zool. Soc. Lond., 1841, p. 51. 

— — Sowerby, Conch. llluslr., fig. 5*. 



50 SOCIÉTÉ MALACOLOf.IQUE DE BELGIQUE 

Ranella cruentata, Kusler, Conch. Cab., 2 e éd., Ranella, p, 151 ; pi. 39», fig. 5. 

— — Kiener, Icon. des Cou., pi. 7, fig. 2. 

— — Liénard, Faune tnalac. de l'île Maurice, p. 8, n° 91. 
Bursa (Lampas) cruentata, II. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p 106. 

Var. a. T. CANAL] MAGIS DISTINCTO, MACULA LABIALI ATRO-PURPUR.EA. 

Ranella cruentata, Reeve, Conch. Icon., pi. 5, fig. 20. 

— — Sowerby, Conch. Jllusir.,iïg. 5'. 

— — Kobelt, Cal. d. Gall., Ranella, in Jahrbûch. 1876, p. 330, n° 26. 

— — Chenu, Man. de Conch., 1. 1, p. 155, fig. 716. 

Var. (3. T. macula labiali nulla. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard, Robillard; collection Paulucci et la 
mienne). 

Ticao, Philippines (Cuming); île Viti (Orafe); Chine (Môrch); Raro- 
tong-a (Garrett); îles de la Société (Garrett); îles Paumotu (Garrett); îles 
Marquises (Garrett) ; Nouvelle-Guinée (Raffray) ; Cap Vert? (Reib, ex 
Kobelt). 

Le type et la variété de cette espèce ne paraissent pas rares à l'île Mau- 
rice. Dans le type, on voit parmi les cordons spiraux, sur les côtes longi- 
tudinales, des lignes et des taches rougeâtre très pâle; dans la variété, ces 
taches et ces lignes sont plus ou moins brunes. Tous les exemplaires de 
cette coquille que j'ai vus avaient le bout de la spire cassé et paraissaient 
comme décollés et tronqués; on dirait presque que c'e=t un caractère de 
l'espèce. 

RANELLA BERGERI. 

PI. 2, fig. 1 et 2. 

Ranella Bergeri, Sowerby (in schedis). 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 8, n. 89. 

R. testaovata, tumidiuscula, transursim ?wâoso-costata, sub lente in intersti- 
tiis tenuissime decussatim striata, pallide fulvo-testacea, punctis fusculis Une 
illicvariegata, spira satis elevata, apice acuto. Anfractus 8, ad suturam corru- 
gati, ultimus superne, cœteri infra médium subangulati et grosse uodosi; anfrac- 
tus ultimus magnus, costis spiralïbus et seriebus tribus nodulorum pracipuis, 
superne majoribus, ornata. Columella valde sinuata, fréquenter et irregulariter 
elevato-comigata. Canalis brevis, dextrorsum incurvus; labrum incrassatum, 
intus denticulatum, Apertura rotundato-ovata et superne brevissime canaliculata ; 
faux, columella et labrum intus pallidissime rosea. 

Alt. m ,028 ; lat. m ,020. 

Habitat : Ile Maurice, assez commune (Robillard). 



MEMOIRES 51 

Coquille ovale, assez bombée, avec des côtes spirales fortement noueuses 
et des interstices très finement treillissés de stries longitudinales et trans- 
verses à peine visibles au moyen de la loupe. Elle est formée de buit 
tours, ridés auprès de la suture, le dernier subanguleux supérieurement, 
les autres subanguleux au-dessous du milieu ; le dernier tour est orné de 
côtes spirales et de trois séries principales de tubercules, dont celle de la 
base formée par de petits tubercules disposés comme les grains d'un 
rosaire. La columelle est très excavée, un peu sinueuse, entièrement 
parsemée de rugosités irrégulières ; le canal est court, courbé à droite ; la 
lèvre externe est épaisse et intérieurement striée et denticulée. L'ouverture, 
assez arrondie, se termine supérieurement par un canal très court et peu 
profond ; elle est entièrement d'un blanc rose très pâle, qui s'étend dans 
la gorge. La couleur générale de la coquille est d'un fauve jaunâtre ou 
blanchâtre, plus ou moins foncé, et l'on voit par-ci par-là quelques points 
roux, particulièrement entre les tubercules des côtes. 

L'espèce de Ranella qui, par sa forme et par sa structure, me paraît 
avoir les plus grands rapports avec celle-ci, est le R. cruentata, Sowerby. 

RANELLA PAULUCCIANA. 
PI. 2, fig. 16 et 17. 

Ranella Paulucciana, Tapparone Canefri, Boll. Soc. Malac. liai., t. II, 1876, p. 243. 

R. testa ovata, tumida, crassa, solidissima, alla punctis et maculis parvis 
fuscis irregnlarïbus conspersa, apice obtusiusculo ; atifractus G convexi, superne 
subangulati, grosse nodosi et prope suturas corrugati; anfractus ultimus magnus 
spira dupîo major, costis tribus spiralïbus maximis, tiodlferis et rugoso-granosis, 
nec non minoribus in interstitiis cinclus ; varices crassae, vix obliquae; columella 
valde sinuata fréquenter elevato-punctata et corrugata ; canalis brevis incurvus; 
labrum incrassatum plicatum et denticulatum, denticulis novenis ; apertura 
rotiindato-ovata et superne canali satis prof undo sed brevissimo terminata; faux, 
columella et labrum Icete et intense purpureo-violacea, rugis, punctis deniicu- 
lisque albis. 

Long. m ,030; lat. m ,023. 

Habitat : Ile Maurice (Robillard; collection Paulucci et la mienne). 

Assez abondante à l'île Maurice, cette Ranelle est nouvelle, puisqu'elle 
n'a été ni décrite ni figurée jusqu'ici dans aucun ouvrage; elle est ovale, 
enflée, très épaisse, avec le bout de la spire obtus et plus ou moins cor- 
rodé. La coquille est formée de six tours (les tours embryonnaires exceptés) 
bombés, anguleux supérieurement en raison des gros tubercules dont ils 
sont ornés, rugueux auprès de la suture. Sur le dernier tour, qui est 



52 SOCIÉTÉ MALAGOLOGIQUE DH BELGIQUE 

grand, on voit trois grosses côtes spirales noueuses et irrégulièrement 
tuberculeuses; dans les interstices de ces côtes se déroulent souvent des 
cordons plus ou inoins grands ; les bourrelets se suivent régulièrement, 
sont épais et très peu obliques. La coiumelle est très écbancrée et couverte 
par l'expansion de la lèvre interne, entièrement parsemée de rides et de 
points élevés. Le canal paraît fort court ; il est courbé à droite ; la lèvre 
externe est épaisse, garnie extérieurement d'un gros bourrelet, et inté- 
rieurement de neuf dentelures petites, mais bien marquées. L'ouverture 
est arrondie; elle se termine supérieurement par une gouttière assez pro- 
fonde, mais très courte. La coquille est entièrement de couleur blanchâtre 
parsemée de petites taches et de points bruns plus ou moins foncés; l'ou- 
verture est élégamment colorée d'un violet parfois très foncé et qui sou- 
vent s'étend à l'intérieur de la gorge ; les tubercules, les rides et les den- 
telures sont blanchâtres. 

Cette Ranelle a beaucoup de ressemblance avec le R. rosea, Reeve, 
dont elle se distingue pourtant assez facilement. En effet, sa taille est 
beaucoup plus grande, la coquille beaucoup plus épaisse, et la spire p.us 
élevée ; les bourrelets sont plus forts et presque pas obliques ; enfin, la 
couleur de l'ouverture est très différente. 

Le Bursa Garretti de Schmeltz est peut-être la môme coquille, mais 
cette espèce n'a été jusqu'à présent ni décrite ni figurée. 

RANELLA GRANULARIS. 

Tritonium granulare, Bolten, Mus. Boit., p. 127. 

Biplex rubicola, Pcrry, Conch., pi. 5, fig. 5. 

Ranella granifera, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 153; 2 e éd., t. IX, p. 5*8. 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 16. 

— — Rceve, Conch. Icon., pi. 6, fig. 30. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd. Ranella, p. 143 ; pi. 39a, fig. t. 

— — Woodward, Man. de Conch., pi. 4, fig. 12. 

— — Kobelt, Cal. d. GatL, Ranella, in Jahrbûch. 1876, p. 329, n° 17 . 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 8, n°93. 

Triton graniferum, Quoy et Gaimard, Voy. de l'Astr.,Zool., t. II, p. 548; pi. 40, fig. 21-22. 
Bursa granularis, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., 1. 1, p. 106. 

Var. a. MAJOR, SOLIDIOR, S^EPIUS UMCOLOU, NODUI.ORUM SERIEBUS ALTERNATIM MAJORIBUS . 

Ranella granifera, var. Kiener, Icon. des Coq., p. 16, pi. 11, fig. 2. 
Ranella affinis, Broderip, Proc. Zool. Soc. Lond., 1832, p. 179. 

— — Sowerby, Conch. Illustr., fig. 12. 

— — Rceve, Conch. Icon., pi. 4. fig. 19. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Ranella, p. 142; pi. 38a, fig. 5. 

— — Kobelt, Cal. d. GatL, Ranella, in Jahbùch. 1876, p. 329, n» 18. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 8, n° 93. 
Bursa affinis, II. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 106. 



MEMOIRES 53 

Var. (3. CRASSIOR, noduloso-lirata, anfractubus seriebus duabus tubkrculorum 

MAJORUM ARMATIS. 

Ranella granifera, var. Kiener, Icon. des Coq., p. 17. 
Ranella livida, Reeve, Proc. Zool. Soc. Lond., 1844, p. 438. 

— — Reev .', Conch. Icon., pi. 6, fig. 28. 

— — Kustcr, Conch. Cab., 2 e éd., Ranella, p. 143 ; pi. 38a, fig. 8-9. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt., Ranella, in Jahrbuch. 1876, p. 329, n" 19. 

Habitat : Ile Maurice, pour les trois variétés (Liénard, Robillard ; 
collection Paulucci et la mienne). 

Forme typique (R. granifera, Lk.) : Natal (Krauss); mer Rouge 
(Jiclielï); îles Seychelles (Dufo); Tonga-Tabou (Quoi/ et Gaimard); Tahiti 
(Schmeltz); port Denison (Schmeltz); Nouvelle-Calédonie (Montrouzier); 
Philippines (Cuming); Polynésie (Peasé); îles Ellice et Samoa (Gràffe); 
Rarotonga (Garrett); Mackay River, Port Jackson (Brazier); Madras 
(Mitchell); Port Blair, Andauian (Milchell); Nouvelle-Guinée (D'Albertis, 
Raffray). 

Var. a (R. affmis, Brod.) : mer Rouge (Issel et Beccari, Mac Andrew); 
île Annaa, océan Pacifique (Cuming); Philippines {Cuming); île King- 
smill (Kegeï)\ îles Ellice et Tonga {Griiffe); îles Rarotonga et Paumotu 
(Garelt); Polynésie (Pease); îles Sandwich (Martens); ifap (Kubarï). 

Var. [3 (R. livida, Reeve) : mer Rouge {Musée de Turin); île Annaa, 
océan Pacifique (Curning); Polynésie (Pease). 

Déjà M. Pease, qui avait vu une grande quantité d'exemplaires de 
R. livida et R. affinis, avait remarqué que souvent il n'y avait pas moyen 
de séparer ces deux espèces. J'ai fait moi-même cette remarque en étu- 
diant une importante série d'individus de R. granifera et R. affinis de la 
mer Rouge et des côtes de l'île Maurice. Il s'ensuit que, malgré l'opinion 
de la plus grande partie des naturalistes, je persiste à considérer ces 
trois espèces comme des modifications d'un type unique, le R. granularis. 
Les passages graduels sont innombrables, comme je l'ai déjà fait observer 
dans mon étude sur les Muricidés de la mer Rouge. 

RANELLA SEMIGRANOSA. 

Ranella semigranosa, Lamarck, An. s. Vert., t. Vil, p. 153; 1 K éd., t. IX, p. 548 (non 
Kicncr) . 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. (J, lig. 25. 

— Kusler, Conch. Cab., 2 e éd., Ranella, p. 44S; pi. 39a, lig. 2. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt., Ranella, in Jahrbuch. 1876, p. 329. 

Habitat : Maurice (Robillard ; collection Paulucci et la mienne). 
Natal {A'rauss); île de la Réunion (Maillard); Philippines (Cuming). 



5 I SOCIÉTÉ MAL ACOLOGIQUE DE BELGIQUE 



RANELLA PONDEROSA? 

Ranella ponderosa, Recve, Proc. Zool. Soc. Lond., 1844, p. 137. 

— — Rccvc, Conch. Icon., pi. 3, sp. 44. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Ranella, pi. 37a, fig. 5, 6. 

— Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 8, n. 96. 

— — Kobell, Cat. d. Gatt., Ranella, in Jahibûch. 1876, p. 329. 
Ranella (Lampas) ponderosa, H, et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 106. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard). 

Cap Vert. (Kobelt). 

Je doute fort que cette espèce se trouve à l'île Maurice; tous les exem- 
plaires que j'ai reçus sous ce nom n'étaient que des Ranella affinis très 
grands. 

Sub gen. Apollon, H. et A. Adams. 

RANELLA GYRINUS. 

Murex Gyrinus, Linné, Sysl. Nat., 10 e éd., p. 748; 12 e éd., p. 1216. 

— — Wood, Ind. Test., p. 121; pi. 25, fig. 24. 

Gyrineum verrucosum, Link, Beschreib. d. Nat. Samm., 3 e part., p. 123. 

Biplex variegata, Perry, Conch., pi. 5, fig. 2. 

Ranella ranina, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 154; 2 e éd., t. IX, p. 549. 

— — Lamarck, Encycl. Vers., expl. d. planches; pi. 412, fig. 8. 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 28; pi. 2, fig. 3. 

— — Sowerby, Conch. Man., fig. 393. 

Ranella Gyrinus, Deshayes, Lamk, An. s. Vert., 2 e éd., t. IX, p. 549 (note). 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 8, fig. 49. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Ranella, pi. 11, fig. 3. 

— Gould, Rep. Amer. Expl. Expl., p. 242; pi. 18, fig. 300 (animal). 

— — Chenu, Man. de Conch., t. I, p. 155, fig. 7-14. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt., Ranella, in Jahrbûch. 1876, p. 331, n° 33. 

Habitat : Ile Maurice (RoMllard; collection Paulucci et collection du 
Musée de Turin). 

Port Denison (Dietrich); île Tutuila, Samoa (Gould); îles Viti (Qrdffe, 
Garrett); Philippines (Cuming); Balade (Montrouzier). 

RANELLA OLIVATOR. 

Buccinum Olivator, Meuschen, ex Môrch, Cat. Conch. Yold , l r9 part., p. 106. 

Tritonium Natator, JJolten, Mus. Boit., p. 127. 

Gyrineum Natator, Link, Beschreib. d. Nat. Samm. 3 e part., p. 123. 



MÉMOIRES 55 

Ranella tuberculata, Brodcrip, Proc. Zool. Soc. Lond., 1832, p. 179. 

— — Sowerby, Conch. Illustr., fig. 13. 

— — Kioner, Icon. des Coq., p. 27; pi. 12, fig. 2 

— — Deshayes, Lamk, An. s. Vert., 2° éd., t. IX, p. 555. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 7. fig. 36. 

— — Eydoux et Souleyet, Voy. de la Bonite; Atlas, pi. 44, fig. 24-25 (animal). 
— Kobelt, Cat. d. Gatt., Ranella, in Jahrbuch. 1876, p. 330, n° 24. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 8, n° 101 . 
Bursa ( Apollon) Olivator, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 106. 
Argobuccinum Olivator, A. Adams, Ann. andMag., N. H., 4 e sér., t. V (1870), p. 421. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard). 

Madagascar (Sganzin); mer Rouge (Forskàl); baie d'Annesley (Blan- 
ford); Bombay (Cttming); Malacca (Reeve); îles du Pacifique (Reeve); 
Cbine (Zellebor); Tahiti (Broderip); Manila (Frauenfeld); Hong-Kong 
(Frauenfeld); îles Nicobares (Frauenfeld); Australie occidentale (Die- 
trich); Vazagapatam (MitcfieU); Port Blair (Mitchett). 

L'exemplaire figuré dans l'atlas du voyage de la Bonite n'offre pas de 
bande plus pâle sur le dernier tour. Cette espèce, dont l'habitat paraît très 
étendu, n'est commune nulle part. Je n'en ai jamais vu d'individus de l'île 
Maurice, et je l'y indique seulement d'après le témoignage de M. Liénard ; 
du reste, cette coquille a des caractères trop tranchés pour qu'on puisse 
avoir des doutes sur sa détermination. 

RANELLA PUSILLA. 

Ranella pusilla, Broderip, Proc. Zool. Soc. Lond., 1832, p. 194. 

— — Sowerby, Conch. Illustr., Ranella, fig. 1 . 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 8, fig. 44a et h. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt., Ranella, in Jahrbuch. 1876, p. 330, n" 31. 

— — Pease, Ann. Joum. of Conch., 1868, p. 107. 

— — Kobelt, Cat. de Gatt. Ranella, in Jahrbuch. 1876, p. 330, n° 24. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 8, n. 97. 
Bursa (Apollon) pusilla, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., 1. 1, p. 106. 
Triton laciniatum, Mighels, Proc. Bost. Soc, p. 24 (ex Pease). 

Habitat : Ile Maurice {Liénard, Robillard; collection Paulucci et la 
mienne). 

Ile Lord Hood, océan Pacifique (Broderip) ; Samoa {Grdffe); Tahiti 
(Garrett); mer Rouge (Issel); golfe de Suez (31 ac Andrew); Polynésie 
(Pease); Nouvelle-Guinée (Beccari); île Cumberland (Hanley); île Percy 
(Hanley); Broken Bay, Port Jackson (Brazier;) Philippines (Guming). 

La coquille de l'île Maurice répond assez bien à la figure 44 b de la 
Conclwlogia iconica ; seulement, le bord interne de l'ouverture est toujours 
d'un beau violet, avec le fond blanc. Les denticules de la lèvre externe et 



56 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

les rugosités de la columelle sont blanchâtres ou violet très pâle. Dans 
une jolie variété, l'ouverture est d'un violet très foncé et presque noir. 
Mais la coquille de Reeve et de l'île Maurice est-elle vraiment identique 
avec la coquille du Pacifique décrite par Broderip? Pour moi la chose est 
bien douteuse. Les deux figures données par Sowerby paraissent différer 
sensiblement, et si l'on en juge par la phrase laconique de Broderip, ce serait 
dans la première figure que l'on devrait chercher son type. En effet, il dit : 
« Ran. tenta pyramidata , alba, granulosa; long. 8-12'"; larg. 5-12 m 
poil. » Il est évident que la coquille décrite par le naturaliste anglais 
était entièrement blanche, sinon il aurait dit au moins variegata. Dans 
cette phrase, l'auteur ne dit mot de la teinte violette de l'ouverture, 
qui est pourtant un caractère constant dans le R. pusilla des mers de la 
Polynésie, de la région indienne et des Philippines. Il s'ensuit que proba- 
blement deux ou plusieurs espèces ont été confondues sous la môme déno- 
mination. M. Kobelt, dans son excellent catalogue du genre Ranella, a 
supprimé la section formée par les espèces du groupe du R. pusilla, telles 
que le R. concinna, Dkr. ; sagitta, Kuster; rosea, Reeve ; Gyrinus, L.,etc. ; 
c'est pourtant un groupe bien tranché, qui diffère presque génériquement 
des autres Ranella, et surtout du groupe du R. bufonia. Les coupes de 
M. Adams dans ce genre me paraissent très bien faites, et, sûrement avec 
quelque modification, je pense qu'elles devront être conservées. 



KANELLA ANCEPS. 



Ranella anceps, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 154; 2 e éd., t. IX, p. ! .. '■■'. 
Ranella pyramidalis, Broderip, Proc. Zool. Soc. Lond., 1832, p. 19 i. 

— — Sowerby, Conch. Jllustr., Ranella, fig. 2. 
Ranella anceps, Kiener, Icon. des Coq., p. 36; pi. 4, fig;. 2. 

— — keeve, Conch. Icon., pi. 8, fig. 43. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd. Ranella, p. 155; pi. 39a, fig. 6 et 7. 

— — Chenu, Mon. de Conch, t. I, p. 155, fig. 722. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt. Ranella, in Jahrbûch. 1876, p. 333, n° 51. 

— — Liénard, Faune de l'Ile Maurice, p. 8, n. 88. 
Bursa (Apollon) anceps, H. et A. Adams, Gen. rec. Mail., t. I, p. 106. 

Habitat : Ile Maurice {Liénard, RobiUard; collection Paulucci et la 
mienne). 

Mazatlan (Melkers, ex Menkë); Panama (Cuming) ; Samoa (Griife); 
Kingsmill (Kegel); Rarotonga (Garrett); Port Stepbens (Brazier); Nou- 
velle-Guinée {Brazier). 

On remarquera l'étendue de l'habitat de cette espèce, qui provient en 



MÉMOIRKS 57 

même temps de Panama et de la Nouvelle-Guinée; on observe le même 
cas pour plusieurs Tritonium. 

Gen. PUSUS, Lamarck. 

FUSUS 0BL1TUS. 

Fusus nicobaricus, Kiener, Icon. des Coq. 

Fusus oblitus, Rocve, Conch. Ieon., pi. 7, fig. 2'J. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 3, n. 21. 

— — Sowcrby, Thés. Conch. IV, Fusus, p. 72, pi. 3, fig. 16 et 17. 

Habitat: Ile Maurice (Liènarfc. 
Chine (Reeve). 

Cette espèce et la suivante prennent place ici seulement d'après l'auto- 
rité de M. Liénard ; elle^ne doivent pas être fort communes à l'île Maurice '. 

FUSUS NICOBARICUS. 

Murex nicobaricus, Chemnitz, Conch. Cab., t. X, p. 241; pi. 160, fig. 1523. 
Murex colus, var. Gmelin, SysL Nat., 13 e éd., 3543. 

— — var. 13., Dillwyn, Cal., t. Il, p. 717. 

— — Wood, Ind. Test., p. 125, pi. 26, fig. 71 ? (sec. Desh.). 

— — Perry, Conch., pi. 2, fig. S. 

Fusus nicobaricus, Lamarck, An. s. Vert., t. VU, p. 123. 

— Deshayes, Lk, An. s. Vert., 2 e éd., t. IX, p. 445. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 9, fig 37. 

— — Sowerby, Thés. Conch. IV, Fusus, p. 74, pi. 3, fig. 21. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 3, n° 20. 

Habitat: île Maurice (Liénard). 

La figure de Y Index Testaceologicus de Wood se rapporte, selon ma 
manière de voir, bien mieux au F. oblitus {nicobaricus , Kiener) qu'au vrai 
F. nicobaricus, Chemnitz; le canal est long et délié; la coquille entière 
est plus svelte que dans l'espèce de Chemnitz. Personne ne pourrait sérieu- 
sement soutenir que les deux figures de Wood et de Reeve se rapportent 
à la même espèce. 

FUSUS XANTOCHROUS, Tapparme Canefri. 

PL 3, fig. 1 et 2. 

F. testa minuta, elongato-fusiformi, gracili, lavigata, ver longitudinem cos- 
tala et spiraliter tenui-cingulata, utrinque attenuata, undique aurantiaca, spira 

1 M. Liénard indique dans son catalogue, sous le nom de Fusus tricularia, Kiener, une 
autre espèce de Fuseau qu'il dit très rare à l'île Maurice. Il s'agit ici d'une faute d'impres- 
sion qu'il n'est pas facile de rectifier sans examiner le type de M. Liénard; peut-être a ton 
imprimé F. tricularia au lieu de F. turricula. 



58 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

turrita, acuta. Anfractus novem, convexiusculi, sutura unduïata sejuncti, costis 
decem rotwidatis in anfractu penultimo, 12 in ultimo ad basim evanidis praditi; 
cinguli spirales œquidistantcs , tantwm ad suturant propinquiores. Apertura 
obîonga cumcanali breviusculo, obliquo,spiram haud œquans;columella excavata, 
caiiali obliquo, fauce lœvigata. 
Long. m ,011 1/2; lat. O'«,004. 

Habitat : Ile Maurice (Hobillard, collection Paulucci). 

Ce joli petit Fuseau n'est décrit dans aucun des ouvrages qui me sont 
connus; il est allongé, turriculé, grêle, avec le bout de la spire pointu, 
de couleur orange rougeâtre pâle, uniforme. Sa surface, qui est lisse, 
est ornée de côtes longitudinales arrondies et séparées par des interstices 
très étroits ; en même temps, elle est parcourue par des petits cordons 
transversaux également espacés entre eux, sauf les deux ou trois voisins 
de la suture, dans la partie supérieure des tours, qui sont plus serrés ; ces 
côtes sont au nombre de dix dans l'avant-dernier tour et de douze dans le 
dernier, à la base duquel on les voit s'effacer. L'ouverture est oblongue et 
bien plus courte que la spire, avec la columelle très peu courbée, le canal 
un peu tourné à gauche et en arrière, la gorge lisse et de la même couleur 
que le reste de la coquille. 

Gen. SIPHONALIA, A. Adams. 

SIPH0NAL1A CORRUGATA. 

Pusus corrugatus, Reeve, Conch. Icon., pi. 20, fig. 84. 
Trophon corrugatus, H. et A. Adams, Gen. rec. MolL, t. I, p. 77. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatl., Trophon, injahrbuch. 1879, p. 174, n. 43. 

Trophon muriciformis, Sowcrby, Thés. Conch. IV, Trophon, p. 66, pi. 3, fig. 38. 

Habitat : Ile Maurice (Robillard; collection Paulucci). 

L'exemplaire de la collection Paulucci constitue une variété plus petite, 
à spire légèrement plus élevée ; sur le dernier tour, on voit une bande plus 
pâle. Si, d'après ces caractères, on voulait séparer cette forme spécifique- 
ment, je proposerais pour elle le nom de Siplionalia solenoplwra. 

Gen. TROPHON, Montfort. 

TROPHON FOSSULIFERUS, Tapparone Canefri. 

PI. 3, fig. 5 et 6. 

T. testa minuta, ovato-fusifovmi, pallide fulva fusco irregulariter Une illic 
parce maculata, costis longitudinalibus lamelliformibus et cingulis spiralibus 
crassis decussata, fossulis excavatis, ornaia; spira subturrita, acuta. Anfractus 



MEMOIRES 59 

sex,superne ad suturant crenulatam depressideinde convexiusculi, cing%lis duobus 
spiralïbus in anfractu penultimo, sexin ultimo omati; cinguli ad intersectionem 
costarum crasse nodulosi. Apertura ovata, cum canali parum obliqua spirae 
longitudinem fere œquante. 
Long. m ,011 ]/2; lat. m ,06. 

Habitat: Ile Maurice (Rolillard; collection Paulucci). 

La forme des plis longitudinaux nous fait ranger cette espèce parmi les 
Tropliûn; elle ne serait peut-être pas mal placée parmi les Siphonalia. C'est 
une petite coquille fusiforme et un peu ovale, de couleur testacé pâle avec 
quelques petites taches foncées, disposées irrégulièrement, dont la surface 
est élégamment treillissée par des côtes lamelliformes longitudinales se 
croisant avec de gros cordons transverses. Les petits trous qui résultent de 
cette structure sont assez profonds. La spire est presque turriculée, pointue 
au bout. Les six tours de spire sont séparés par une suture crénelée et 
déprimés supérieurement; ensuite, ils sont assez convexes. Il y a deux 
cordons transverses sur l' avant-dernier tour et six sur le dernier ; ces cor- 
dons, à leur point d'intersection avec les côtes longitudinales, offrent de 
gros nœuds. L'ouverture est ovale et, môme avec le canal, elle n'égale 
qu'à peu près la longueur de la spire. 

Cette espèce a beaucoup de ressemblance avec le Fusus scrobicîtlatus 
de Pbilippi; elle en diffère pourtant par sa forme beaucoup plus étroite, 
par sa spire plus élevée, par ses cordons bien plus gros, très noduleux 
aux points d'intersection avec les côtes. L'ouverture est aussi plus 
courte relativement à la spire. 

Gen. PISANIA, Bivona. 
PISANIA FASCICULATA. 

Buccinum fasciculatum, Rcevc, Conch. Icon., pi. 10, fig, 76. 

— — Dcshayes, Moll. de l'île de la Réunion, p. 129. 

— — Liénard, Faune malac. de Vile Maurice, p. 3, fig. 23. 
Pisania fasciculata, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 83, pi. 9, fig. 3 (animal). 

Habitat: Ile Maurice (Liénard, Robillard; coll. Paulucci). 
Mindanao, Philippines (Cuming) ; île de la Réunion (Maillard); île Art, 
Nouvelle-Calédonie (Montrouzier). 

PISANIA IGNEA. 

Buccinulum Tritonium, Chemnitz, Conch. Cab., t, IV, p. 55. 
Tritonium Buccinulum, Chemnitz, l. c, p. 72; pi. 127, fig. 1217. 
Buccinum igneum, Gmelin, Syst. Nat., 13 e éd., p. 3494. 

— — Wood, Ind. Test., 2<= éd., p. 110; pi. 23, fig. 87. 



60 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE. 

Buccinum flammulatum, Quoy et Gaimard, Voy. de l'Astr., Zool., t. II, p. 420; pi. 30, 

fig. 20-31. 
Buccinum pictum, Reeve, Conch. Jcon., pi. 10, fie;. 7-i (non Dkr.). 
Pisania Buccinulum, H. et A. Adams, (Icn. rec. Mail., t. I, p. 83. 
Pisania buccinula, hase, Am. Jauni, of Conch., 4808, p. 104. 
Pisania ignea, Martens et l.angkavel, Don. Bism., p. 5. 
Pisania Tritoaium, Tapparone Cancfii, Mur. Mur. Rvsso, p. 57. 
Pisania picta, Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 3, n" 24. 

Habitat: Ile Maurice (Robillard ; collection. Paulucci et la mienne). 

Mer Rouge (Jickeli, Ehrembcrg); Suigapore(3fusée de Turin); Upolu, 
Uvea, Rarotonga (Schmellz) ; Tongatabou {Quoy et Gaimard) ; Samoa 
(Gràffe); Polynésie (Pease); Nouvelle Guinée (Quoy et Gaimard). 

Tout bien considéré, ni l'un ni l'autre des noms donnés à cette coquille 
par Cbemnitz n'étant régulier, c'est réellement au nom de Gmelin qu'il faut 
donner la préférence. Les exemplaires de l'ile Maurice sont très beaux et 
paraissent avoir l'ouverture plus régulière que celle de l'individu figuré 
dans la ConcJiologia iconica. Très souvent le bout de la spire est cassé. 
Dans les individus bien conservés, on voit sur les premiers tours des petites 
côtes longitudinales, assez nombreuses, entrecoupées par cinq ou six petits 
cordons spiraux; le bout de la spire est aigu, avec les tours embryonnaires 
lisses; toute la coquille est couverte par un épidémie corné, jaunâtre, très 
mince, qui laisse apercevoir la coloration et les stries de la coquille. 

PISANIA LUCTUOSA 
Pisania luctuosa, Tapparone Canefri, Bollet. délia Soc. Malac. Ital., t. Il, p. 242. 

P. testa ovato-fmiformi, gracili, utrinque attenuata, fusco-purpurascenle 
et allô colore varia, flammulis longiludinalibus irregidaribus magis intensis, et 
fascia aïbïda plus minmve distincla in anj'ractu nltimo omata; spira subtur- 
rita, apice acuto sape truncato. Anfractus 7-8 convexiusculi, suturis distinclis 
sejuncti, prope suturam depressi, spiraliter argute et reguluriter tenui-cingu- 
lati, et minute striati, cingulis œquidistautibus ; anfract%s 3 vel 4 apicales 
nucleum Icevigatum subseque ntes per longitudinem costulati; apertura ovata, 
lœvigata, livida, labro ad marginem creuulato, exlus incrassato; columella 
latiuscula, una cuin canali spira paulo brevior ; fauce intus lavis concavinscula, 
fusca, ad basim alla; canalis longiusculus retrorsum subincurvus. 

Long. 21mill. ; lat, 8 mill. 

Habitat: Ile Maurice (Robillard; collection Paulucci et la mienne). 

Cette coquille est fusiforme, grêle, atténuée aux deux bouts, de couleur 
brun violâtre varié de blanc, avec des tacbes plus foncées et une bande 
blancbe plus ou moins distincte sur le dernier tour. La spire est allongée, 
pointue, souvent cassée au bout ; elle compte 7 tours (rarement 7 1/2 ou 8), 



MÉMOIRES 61 

se développant rapidement et pas très régulièrement, un peu déprimés 
auprès de la suture, du reste assez bombés. Toute la surface de la coquille 
est ornée de fines stries et de petits cordons transverses, régulièrement 
espacés entre eux. Le nuclevs est parfaitement lisse et les 3 ou 4 tours qui 
le suivent sont élégamment treillissés par la rencontre à angle droit de 
fines côtes longitudinales et de stries transverses élevées, assez régulières. 
L'ouverture est ovale, lisse intérieurement, assez large, et avec son 
canal elle atteint presque la longueur de la spire; son bord droit, assez 
courbé, est crénelé à l'intérieur et épaissi extérieurement ; la columelle 
est lisse et excavée ; le canal est bien distinct et tant soit peu recourbé en 
arrière. J'en possède une variété plus pâle. 

Cette espèce a beaucoup de rapport avec le Pisania crenïlabnim de 
H. Adams, et surtout avec le P. Montrouzieri, Crosse, dont pourtant elle 
diffère spécifiquement. D'abord, sa couleur est plus foncée; son bord 
columellaire et surtout son bord externe sont beaucoup moins droits et 
beaucoup plus arqués que dans le P. Montrouzieri, ce qui change l'appa- 
rence et les proportions relatives de l'ouverture, dans les deux espèces. 
Le mode de costulation, vu à la loupe, est très différent dans les deux 
coquilles ; dans mon espèce, les costulations spirales sont bien plus fortes 
et entre elles ne se trouve guère de place que pour une seule costulation 
plus petite ; dans l'espèce de la Nouvelle-Calédonie, au contraire, les costu- 
lations spirales, plus espacées et beaucoup plus faibles, sont séparées entre 
elles par 4 ou 5 linéoles également spirales, très fines, très régulières et 
très nettement visibles à la loupe. 

M. Crosse, à l'obligeante amitié duquel je dois ces détails, m'a égale- 
ment assuré que le P. luctlùosa diffère aussi spécifiquement du P. 
crenilabrum, Adams, dont il conserve un type donné par M. Cuming lui- 
même. 

Gen. POLLIA, Gray. 

POLLIA TRANQUEBARICA. 

Nassa Tranquelarica, Chemnitz, Conch. Cab., t. IV, p. 35; pi. 123, fig. 1146-1147. 
Cantharus globularis, Dollcn, Mus. Boll.,\>. 132. 

— tuberosus, Boltcn, /. c. p. 132. 

Rapana flavescens, Schumacher, Nouv. Syst., p. 3 IL 
Buccinum Tranquebaricum, Gmelin, Syst. Nat., 13 e éd., p. 3i9I. 

— Wood, Ind. Test., p. 111; pi. 23, fig. 101. 

— — Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 268; 2 e éd., t. IX, p. 163. 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 36; pi. 23, fig. 92. 

— — Sowerby, Gen. of Shells, Buccinum, pi. 1, fig. 6. 

— — Roeve, Conch. Icon., pi. 3, fig. 17. 



62 SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE 

Buccinum Tranquebaricum, Chenu, Alan, de Conch., p. 143, fig. 618. 

— — Liénard, Faune malac. de Vile Maurice, p. 3, n° 27. 
Cantharus Tranquebaricus, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 85. 

Habitat: Ile Maurice {Liénard). 

Tranquebar {Martini) ; Indes orientales {Auctores). 

Gen. TRITONIDEA, Swainson. 

TRITONIDEA UNDOSA. 

Buccinum undosum, Linné, Syst. Nat., 10° éd., p. 740; 42 e éd., p. 4203. 

Bassa undosa, Chcmnitz, Conch. Cab., t. IV, p. 24; pi. 422, fig. 4420-4427 et pi. 423, 

fig. 4415-4446. 
Triton undosum, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 489; 2 e éd., t. IX, p. 642. 
Buccinum affine, Gmelin, Syst. Nat., 43 e éd., p. 3490; Chemn., /. c, fig. 4435. 

— — Wood, Ind. Test., p. 440; pi. 23, fig. 98. 
Buccinum undosum, Wood, l. c, pi. 23, fig. 97. 

— — Kicner, Icon. des Coq., p. 39; pi. 42, fig. ib, c (seules). 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 8, fig. 55. 

Buccinum undulosum, Liénard? Faune malac. de l'île Maurice, p. 9, n° 406. 

Cantharus (Tritonidea) undosus, H..et A. Adams, Gen. rec. Moil.,l. I, p. 85; pi. 9, fig. 5et 5c. 

Fusus (Tritonidea) undosus, Chenu, Man. de Conch., t. I, p. 443, fig. 624. 

Habitat : Ile Maurice {Liénard, Robillard, ma collection). 

Iles Cbagos, Seychelles et Rodriguez {Liénard); Cap {Frauenfeld); îles 
Nicobares {Frauenfeld); Tabiti {Frauenfeld); Madagascar {Humphreys); 
Amboine {Rumph); île de la Réunion {Maillard); Détroit de Malacca 
{Cuming); Australie {Cuming, Menke); îles Pbilippines {Cuming); île de 
la Société {Cuming); île Art, Nouvelle-Calédonie {Montrouzier). 

Sans avoir vu le type de M. Liénard, je crois que c'est bien à cette espèce 
qu'on doit rapporter son Buccinum undulosum. 

TRITONIDEA PROTEUS. 

Buccinum Proteus, Reeve, Conch. Icon., sp. 54, var. 

Var. a. TESTA MINOR, SPIRA ELEVATA, ANFRACTUBUS SUB-ANGULATIS; FUSCA, ORE INTUS 

LUTEO LIMBATO. 

Habitat : Ile Maurice {Robillard). 

Ceylan {Reeve); Pbilippines {Cuming); Australie (Reeve); Nouvelle- 
Guinée (D'Albertis et Beccari); Tabiti {Frauenfeld). 

C'est la variété la plus étroite que je connaisse du T. Proteus. Elle est 
longue de 22 et large de 11 mill.; la spire est plus svelte et un peu plus 
élevée. La couleur est noirâtre, un peu plus foncée sur les côtes ; en obser- 
vant avec attention, on voit aussi les vestiges d'une bande spirale plus 
pâle sur le dernier tour. 



MEMOIRES 63 

TRITONIDEA RUBIG1N0SA. 

Buccinum rubiginosum, Reeve, Conch. Icon., pi. 7, fig. 47. 

Cantharus (Tritonidea) rubiginosus, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 85. 

VAR. a. TESTA VENTRICOSIOR, ABBREVIATA. 

Habitat : Ile Maurice (RoMllard; collection Paulucci et la mienne). 

Mer Rouge (3Iac Andrew, Jickely, Blanford); île Viti {Schmeltz) ; For- 
mose (Swinlioe) ; Natal (Krauss). 

Quelques auteurs ont voulu voir dans cette coquille une variété du 
T. Proteus, mais je ne partage pas cette opinion. La taille de cette 
espèce est toujours plus petite, sa couleur est uniforme, sans taches plus 
foncées sur les côtes, et sa nuance est assez caractéristique. Quelques rares 
exemplaires offrent les insterstices des cordons transversaux plus pâles, 
mais jamais on n'en voit avec l'ouverture bordée intérieurement de 
jaune, d'orange et même de rougeâtre, comme dans le T. Proteus. 

TRITONIDEA MARMORATA. 

Buccinum marmoratum, Reeve, Conch. Icon., pi. 12, fig. 95. 

Pisauia iostoma, Gray, in Griff. An. Kini., pi. 23, fig. 4. 

Cantharus (Tritonidea) marmoratum, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 85. 

Cantharus (Tritonidea) iostoma, Mus. God. Cal., V, p. 129. 

Cantharus marmoratus, Liénard, Faune malac. de Vile Maurice, p. 3, fig. 26. 

Habitat : Ile Maurice [Liénard, Robillard ; collection Paulucci et la 
mienne). 

Upolu, Rarotonga (Schmeltz); Ticao, Philippines (Cuming); Natal 
(Krauss) ; Nouvelle-Guinée (Raffray). 

Cette coquille, qui paraît commune à l'île Maurice, est très variable 
dans sa coloration et même dans la sculpture des tours. Une jolie variété 
que je possède a ses tours presque carénés et ses côtes longitudinales plus 
régulières; la bouche est blanche et la coquille entière est blanchâtre 
avec des taches d'un jaune ferrugineux. Rapprochés de la figure de Reeve, 
les exemplaires de l'île Maurice paraissent fort petits, mais en comparaison 
des exemplaires de Rarotonga, ils sont fort développés. Peut-être le nom 
de Gray a-t-il le droit de priorité. 

TRITONIDEA GRACILIS. 

Buccinum gracile, Reeve, Conch. Icon., pi. 12, fig. 96. 

Cantharus (Tritonidea) gracilis, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. 1, p. 85. 

Cantharus gracilis, Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 3, n° 25. 



G4 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Habitat : Ile Maurice {Liénard, Robillard; collection Paulucci et la 
mienne). 

Masbate, Philippines {Cuming). 

J'en ai vu un seul exemplaire typique; tous les autres ont une colora- 
tion bien plus pâle que celle de l'individu figuré dans l'ouvrage de Reeve. 

TRITONIDEA OBLIQUECOSTATA . 

Buocinum obliquecostatum, Reeve, Conch. Icon., pi. 12, fig. 91. 

Cantharus (Tritonidea) obliquecostatus, H. et A. Adanis, Gcn. rec. Mull., t. I, p. 85. 

Habitat : Ile Maurice {Robillard ; collection Paulucci). 
Ticao, Philippines {Cumin g) ; Rarotonga {Schmeltz). 

TRITONIDEA BRACTEATA. 

Triton braoteatus, Hinds, Proc. Zool. Soc. Lond., 1844, p. 21. 

— — Hinds, Voy. of the Sulphur, p. 11 ; pi. 4, fig. 5, 0. 

— — Rceve, Conch. Icon., pi. 18. 
Cantharus bracteatus, Mus. Godeffr. Cat., V, p. 129. 

Tritonium (Epidromus) bracteatus, H. et A. Adams, Gcn. rcc. Moll., t. 1, p. 103, 

Habitat: Ile Maurice {Robillard; collection Paulucci). 
Iles Marquises {Hinds) ; Nouvelle-Irlande {Hinds) ; détroit de Malacca 
{Hinds) ; Capul, Philippines {Cuming); Tahiti {Schmeltz). 

TRITONIDEA EXIMU. 

Triton eximius, Reeve, Proc. Zool. Soc. Lond., 1844, p. 119. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 8, fig. 77. 

— — Liénard, Faune malac. de Vile Maurice, p. 5, n° 55. 
Epidromis eximius, Desh., Moll. de la Réunion, p. 113. 

Tritonium {Epidromus) eximius, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 103. 

Habitat : Ile Maurice {Liénard). 

Ile Lord Hood, océan Pacifique {Cuming); île Capul, Philippines 
{Cuming); île de la Réunion {Maillard). 

Pour moi, cette coquille est un Tritonidea; le défaut de bourrelet sur les 
tours s'oppose à ce qu'on en fasse un Tritonium ou un Epidromus. 

TRITONIDEA PROXIMA, Tapparone Canefri. 

PI. 3, fig. 9 et 10. 

T. testa fusiformi crassiuscula, fuhida, païlido in medio ultimo anfractu 
ballcata, per longitudinem crebre plicalo-costata, et sjpiraliter lirata; spira tur- 



MEMOIRES 65 

rita, acuta. Anfractus 8-9, convexhisculi sutura impressa undulata sejuncti ; 
costa longitudinales in unoquolïbet anfraclu 10 parum elevatœ, rotundata, 
lins spiralibus, super costas nodulosis, aquidistantibus , alternis minoribus in 
interstitiis, sub lente obscure crenulatis decussata; lira suturam inferne subse- 
quens majuscula. Apertura angusta, oblonga, una cum canali spira longiludinem 
non aquans ; columella parum excavala, labio appresso ad marginem valide 
tuberculato; labrum extus late zaricosum, intus inaqualitcr sulcato-dentatum . 
Alt. 0",013, lat. m ,006. 

Habitat : Ile Maurice (Robillard). 

Coquille fusiforme, épaisse, plus ou moins fauve, avec une bande peu 
marquée, plus pâle sur le milieu du dernier tour; sa spire est coDique, 
allongée et pointue. J'ai compté huit à neuf tours de spire, assez bombés 
et séparés par une suture ondulée; la surface de chaque tour offre dix côtes 
longitudinales, arrondies, entrecoupées par des cordons transverses, nodu- 
leux sur les côtes, également espacés, avec une strie plus fine dans chaque 
interstice; ces interstices sont finement crénelés; le cordon immédiatement 
au-dessous delà suture paraît plus grand et plus noueux que les autres. 
L'ouverture est étroite et même avec son canal, du reste assez court, 
elle n'égale pas la longueur de la spire; la columelle n'est pas bien 
courbée, et l'on voit plusieurs tubercules adhérant à la lèvre interne; 
ces tubercules sont relativement assez gros près du bord; la lèvre 
externe est largement épaissie extérieurement et dentelée par des sillons 
qui se terminent près du bord, qui est fort mince. L'ouverture est blanche 
à l'intérieur. 

Cette espèce a une grande ressemblance avec le T. obliquecostata, dont 
elle se distingue à première vue par sa forme générale et sa coloration. Du 
reste, la description détaillée que j'en ai donnée fera mieux ressortir les 
différences. 



TRITONIDEV LEFEVREIANA, Tapparone Canefri. 

PI. 3, fig. 7 et 8. 

T. turrita, per longiludinem costata et creberrime minute striata, spiraliter 
costulata et lirala; albida testaceo irregulariter variegata, spira elevata, acuta. 
Anfractus 7 1/2 parum convexi, superne depressi, in medio subangulati, sutura 
distincta, impressa sejuncti; superficies costis longituâinalibus compressis, parum 
obliquis, ad suturam superne evanidis, et cingulis costulisve spiralibus, ad 
intersectionem costarum acute nodulosis, in anfraclu penultimo binis, ternis in 
ultimo ornata; inlerstitia liris spiralibus, subœqualibus , frequenlibus pradita. 
Apertura albida, oblonga, in canalem sat elongatum contortum et retrorsum 

1880 5 



66 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

incurvo desinens ; cohimella lavigata ; labrum exfus subvaricosum, intus parce 
plicato-dentatum , basi adcanalem suMentatum . 
Alt. m ,011;lat. n ',005. 

Habitat : Ile Maurice {Robillard). 

Au premier abord, on prendrait cette coquille pour un petit Rocher; 
mais en l'examinant de près, on reconnaît parfaitement qu'elle doit se 
placer parmi les 2'ritonidea. Elle est de forme allongée, blanc mêlé de 
brun pâle. Ses tours sont côtelés longitudinalement, et ces côtes sont 
entrecoupées de cordons transverses assez grands, paraissant avoir aux 
points d'intersection des tubercules pointus qui donnent un aspect curieux 
à cette espèce. Ces cordons sont au nombre de deux dans l'avant-dernier 
tour, et de trois dans le dernier. Dans les interstices qui les séparent il y a 
des stries élevées assez nombreuses. L'ouverture est oblongue, blanchâtre; 
le canal assez allongé et courbé en arrière. La columelle est lisse ; la lèvre 
externe, légèrement épaissie extérieurement, montre trois ou quatre den- 
telures à l'intérieur et une dent peu sensible à sa base. 

TR1T0NMEA POLYCHLOROS, Tapparone Canefri. 
PI. 3, fig. 3 et 4. 

T. testa minuta, fusiformi, crassiuscula, per longitudinem costata et spira- 
liter lirata, Irunnea maculis albis irregularibus profuse variegata et in medio 
anfractu ullimo subfasciata; spira turrita, acuta. Anfractus 8-9 convexius- 
culi, sutura impressa sejuncti, ultimus sape in medio subangulatus , costis 
undecim ornatus ; superficies costis longiludmalïbus rotundatis, sinuatis cingu- 
lisque spiralibus crebris, aqualibus, super costas tuberculatis, alternis in inters- 
titiis minoribus, pradita. Apertura oblonga, intus fuscula, in canalem brevius- 
culum, parum incurvum desinens; columella granulata; labrum intus sulcato- 
dentatum, extus angusio-varicosum,. 

Alt. m ,009; lat, 0"\006. 

Habitat : Ile Maurice {Robillard). 

Coquille petite, fusiforme, un peu épaisse, avec un grand nombre de 
côtes longitudinales et de petits cordons transverses. Sa couleur est d'un 
brun plus ou moins foncé avec des taches, parfois très larges, d'un blanc 
pur, surtout sur le dernier tour, où elle forme aussi une bande assez peu 
remarquable; la spire est de forme conique, allongée, pointue au bout ; 
elle se compose de huit à neuf tours, bombés, dont le dernier est souvent 
un peu anguleux au milieu. Ses tours sont garnis de côtes longitudinales 
arrondies et l'on en voit onze sur le dernier tour. Les stries, ou mieux, les 
cordons transverses sont nombreux et paraissent noduleux à leur point 






MEMOIRES 67 

d'intersection avec les côtes. Dans les interstices, on voit ordinairement 
une strie élevée plus mince. L'ouverture est brune, variée de blanc, et se 
termine en un canal assez court, peu courbé ; la columelle, comme dans 
beaucoup des espèces congénères, est granuleuse, et la lèvre externe est sil- 
lonnée par des stries qui la font paraître dentée au bord interne; elle offre 
extérieurement un large épaississement. 

Gen. PASCIOLARIA, Lamarck. 

FASCIOLARIA TRAPEZIUM. 

Murex Trapezium, Linné, Syst. nat., 10 e éd., p. 1224. 

Wood, Ind. Test., p. 129; pi. 27, 6g. 112. 
Murex lineata, Pcrry, Conch., pi. 34, fig. 3. 

Fusus Trapezium, Quoy et Gaimard, Voy. de VAslr., Zool., t. II, p. 511 . 
Fascioîaria Trapezium, Lamarck, An. s. vert., t. VII, p. 119; 2 e éd., t. IX, p. 433. 

— — Lamarck, Encycl. Vers, (planches), pi. 431, fig. 3. 

— — Sowerby, Conch. Man., fig. 386. 

— — Kiener, Icon . des Coq., p. 8; pi. 6. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 7, fig. 16 

— — Kobcli, in Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Fascioîaria, p. 131 ; p. 10, 

fig. 1 et 2. 

— — Kobelt, Cat. d. G att., Fascioîaria, in Jahrbùch. 1875, p. 362, n° 3. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 14, n° 197. 

Habitat : Ile Maurice {Quoy et Gaimard, Liénard, Robillard, ma col- 
lection). 

Mer Rouge Bonanni, Jickeli, (Nikolas); Chine (Humphreys); Amboine 
(Rumph) ; Antilles (Môrcli); île Formose (Swinhoe); îlesSeychelles(Z>w/o); 
Rahia, Brésil (d'Orbigny); île de la Réunion (Maillard); Philippines 
(Guming) ;îles Nicobares (Frauenfeld); îles Auckland (Frauenfeld); Mada- 
gascar (Sganzin); Java (Frauenfeld) ; île Mascareignes (i/ ariens); Poly- 
nésie (Martens). 

FASCIOLARIA FILAMENTOSA. 

Fusus filamentosus, Martini, Conch. Cab., t. III, p. 158; pi. 140, fig. 131C-1311. 

— — Quoy et Gaimard, Voy. del'Astr. Zool.,i.\\, p. 508; pi. 33, fig. 1,2 et 3. 

Murex Trapezium, Perry, Conch., pi. 1, fig. 3 (non pi. 54, fig. 4). 
Murex Trapezium, var. Dillwyn, Cat., t. II, p. 735. 
Neptuuea cincta, Link, ex. Môrch, Cat. Conch. Yoldi, l re part., p. 101 . 
Fascioîaria filamentosa, Lamarck, An. s. vert., t. VII, p. 120; 2 e éd., t. IX, p. 434. 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 11 ; pi. 8, fig. 2. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 11, fig. 4. 

— — Kobelt, in Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Fascioîaria, p. 136; pi. 24, 

fig. 1. 



68 SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE 

Fasciolaria fil&mentosa, Koboli, Cat. i. Oatt., Fasciolaria, Jahrbflch. , p. 363, n n 6. 

— — Chenu, Mon. de Conch., i. I, p. 179, fig. 8 ( J6. 

— — 11. et A. Adams, Gen.rec. MoU., t. I, p. loO. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 14, n° 175. 

Habitat : Ile Maurice [Liénard). 

Mer Rouge [Kiener); Moluques [Rumph); îles Vanikoro et Tikopia 
[Quoy et Gaimard); Ceylan [Cuming); île de la Réunion [Maillard); 
Philippines [Cuming); îles Nicobares [Fraiien/eld) ; îles Seychelles [Dufo). 

Deshayes regarde la figure 4 de la planche 54 de la Conchyliologie de 
Perry comme se rapportant à cette espèce. C'est une erreur, à mon avis, 
la figure 3 de la l r0 planche du même ouvrage étant celle qui représente 
le F. filamentosa. 

Les exemplaires de l'île Maurice sont identiques à ceux que j'ai vus 
de la mer Rouge; seulement, dans la première localité, c'est la variété qui 
est plus commune, tandis que dans l'autre on rencontre plus fréquem- 
ment le type. 

FASCIOLARIA PRINCEPS? 

Fasciolaria aurantiaca, Sowerby, Gen. of Shell s (non Lamk). 
Fasciolaria princeps, Sowerby, Tank. Cat., Append., p. 16. 

— — Reeve, Conch. Syst., t. II, p. 184, pi. 321. 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 6; pi. 12-13. 

— — Deshayes, Lamarck, An. s. Vert., 2 e éd., t. IX, p. 43S. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 1, sp. 3. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Fasciolaria, p. 110; pi. 13, fig. i, 

pi. 31, fig. 1. 

— — Kobell, Cat. d. Gatt., Fasciolaria, in Jahrbûch. p. 363, n° 9. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 14, n° 176. 

Habitat: Ilot Barcly, île Maurice [Liénard). 

Pérou [Cuming); côtes ouest du Mexique [Deppe); Mazatlan [Menke). 

La coquille indiquée par M. Liénard est-elle vraiment le F. princeps, 
ou bien ne s'agirait-il pas d'une nouvelle espèce? La présence de l'espèce 
péruvienne me paraît peu probable à l'île Maurice ; pourtant la chose 
n'est pas impossible. En tout cas, il paraît bien certain qu'on trouve à l'île 
Maurice une Fasciolaire géante, sinon identique, au moins très ressem- 
blante à l'espèce de l'Amérique méridionale. Du reste, des faits très 
étranges ont été signalés relativement à la distribution des mollusques. 

Gen. PERISTERNIA, Môrch. 

PER1STERNIA NASSATULA. 

Turbinella nassatula, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 110; 2 e éd., I. IX, p. 388. 

— Wagner, Conch. Cab., t. XII, p. 104; pi. 227, fig. 4025-4926. 



MEMOIRES 69 

Turbinella nassatula, Quoy et Gaimard, Voy. de l'Astr., Zool., t. II, p. 515; pi. 35, 
fig. 17 à 19. 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 42; pi. 11, fig. 2. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 9, fig. 45. 

— — Chenu, Man. de Conch., t. I, pi. 181, fig. 910. 

— — Kobelt, in Kusler, Conch. Cab., 2 e éd., Turbinella, p. 17; pi. 5, 

fig. 10-11 ; et p. 108, pi. 26, fig. 2-3. 
— Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 15, n° 184. 
Peristernia nassatula, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 153; pi. 16, fig. 5 et 5a. 

— — Kobelt, Cal. d. Oatt., Turbinella, in Jahrbûch. 1876, p. 25, n° 6. 

Habitat : Ile Maurice [Liénard, Bobillarcl; collection Paulucci et la 
mienne). 

Iles Seychelles [Dufo, Liénard) ; mer ~Rox\gQ[Rîippel); Nouvelle-Guinée 
[Quoy et Gaimard, Raffray)\ Nouvelle-Calédonie [Montrouzier) ; Upolu 
et Rarotonga {ScJimeltz) ; îles Nicobares [Frauenfeld) ; Java [Frauenfeld); 
Philippines (Cuming); île de la Réunion [Maillard). 

Cette espèce est très variable dans sa forme, dans sa coloration et dans 
sa taille. Les exemplaires de l'île Maurice que j'ai observés ont tous une 
bande très peu marquée sur le dernier tour et appartiennent au type 
dessiné par MM. H. et A. Adams dans leur Gênera. Il paraît que l'île 
Maurice en offre plusieurs variétés. 

PERISTERNIA DESHAYESII. 

Turbinella Deshayesii, Kobelt, in Kusler, Conch. Cab., 2 e éd., Turbinella, p. 109; pi. 26, 

fig. 4-5. 
Peristernia Deshayesii, Kobelt, Cat. de Gatt., Turbinella, in Jahrbûch. p. 26, n n 8. 

Habitat : Ile Maurice (musée Godeffroy, Kobelt). 

PERISTERNIA MICROSTOMA. 

Turbinella microstoma, Kooelt, in Kustcr, Conch. Cab., 2 e édit. Turbinella, p. 111 ; pi. 26, 

fig. 8-9. 
Peristernia microstoma, Kobelt, Cat. d. Gatt., Turbinella, in Jahrbûch. p. 26, n° 10. 

Habitat : Ile Maurice (musée Godeffroy, Kobelt). 



PERISTERNIA LIRATA. 

Turbinella gemmata, var. Reeve, Conch. Icon., pi. 12, fig. 61 (non Hombr. cl Jaq.) 
Latirus liratus, Pease, Amer. Journ. of Conch., t. IV, p. 152 (non Turbinella lirala, Reeve). 
Turbinella lirata, Kobelt, in Kustcr, Conch. Cab., 2 e éd., Turbinella, p. 78; pi. 20, 

%• 6-7. 
Plicatella lirata, Kobelt, Cat. d. Gatt., Turbinella, in Jahrbûch. 1876, p. 23, n° 42. 



70 SOCIÉTÉ MALACOLOUIQUE DE BELGIQUE 

Habitat : Ile Maurice. 

Iles Marquises (Pease). 

Les exemplaires de l'île Maurice sont très grands pour l'espèce et vive- 
ment colorés, mais ils ne diffèrent en rien de ce que je possède des îles 
Marquises. 

PERISTERNIA WAGNERI. 

Turbinella craticulata, Shubert et Wagner, Conck. Cab., t. XII, p. 103; pi. 227, fig. 4023- 

402 t. 
Turbinella Wagneri, Crulon, Verzeiclm., p. 71 . 
Purpura bucciniformis, Kiener, Icon. des Coq., p. 40; pi. 8, fig. 19. 
Turbinella crenulata, Recvc, Conch. Icon., pi. 4, fig. 24 (non Kiener). 

— — Jay, Cat., 4 e éd., p. 317. 

Peristernia crenulata, Môrch, Cat. Conch. Yoldi, l rc part., p. 99. 

— — H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 153. 

— — Mus. Godeffroy, Cat. V, p. 128. 

Turbinella "Wagneri, Kûstcr, Conch. Cab., 2 e éd. Turbinella, p. 16; pi. 5, fig. 8. 
Plicatella "Wagneri, Kobelt, Cat. d. Galt., Turbinella, in Jahrbuch. 1876, p. 23, n° 41 (la 

planche de Kiennr exceptée). 
Peristernia "Wagneri, Tapparone Cancfri, Journ. de Conch., 1879, p. 322. 

Var. Samoensis. 
Turbinella "Wagneri, var. Samoensis, Kobelt, in Kiïster, l. c, p. 113; pi. 26, fig. 14-15. 

— — — Kobelt, in Jahrbuch., I. c.,p. 23. 

Habitat : Ile Maurice, pas rare (Robillaril; collection Paulucci et la 
mienne) . 

Iles Philippines (Cuming) ; Upolu et Rarotonga {Schmeltz) ; îles Samoa 
{Kobelt); Polynésie {Kobelt). 

La variété plus petite est fort commune à l'île Maurice, mais on trouve 
aussi avec elle des exemplaires d'une taille plus grande. La coloration et 
les autres caractères se conservent toujours typiques ; seulement, les indi- 
vidus sont tantôt plus fusiformes, tantôt plus trapus, comme on voit dans 
la figure de la ConcTiologia iconica. 

PERISTERNIA CAROLINE. 

Voluta Pragaria, Wood, Ind. Test., suppl., fig. 27 ? 
Turbinella Carolinae, Kiener, Icon. des Coq., pi. 18, fig. 1 . 

— — Kobelt, in Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Turbinella, p. 50; pi. 9, 

fig. 9-10. 
Plicatella Car olinae, Kobelt, Cat. d. Gatt., Turbinella, in Jahrbuch. p. 23, n° 39. 
Ricinula bella, Rcevc, Conch. Icon., pi. 3, fig. 15. 
Peristernia bella, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 153. 

— — Mus. Godeffroy, Cal. V, p. 128. 
Engina bella, Pease, Amer. Journ. of Conch., 1868, p. 123. 
Peristernia Carolinae, Tapparon: Canefri, Journ. de Conch., 1879, p. 323. 



MÉMOIRES 71 

Habitat: Ile Maurice [Robillard; collection Paulucci et la mienne). 

Ile Capul, Philippines (Cuming) ; îles Phœnix et Boston (Schmeltz) ; 
Polynésie (Pease). 

Si la figure de l'Index Testaceologicus se rapporte réellement à cette 
espèce, c'est encore le nom de Wood qu'il faudra donner définitivement 
à cette coquille; pourtant la chose ne me paraît pas bien certaine. L'espèce 
de Wood semble avoir l'ouverture foncée et plus ou moins violacée ; dans 
notre coquille, la bouche est toujours d'un rose très pâle et presque 
blanche. J'ajouterai que la coloration générale paraît entièrement plus 
sombre dans la figure de Wood. Voilà pourquoi, pour le moment, je m'en 
tiens au nom donné par Kiener. 



PERISTERNIA PAULUCCL-E. 
PI. 2. fig. 14 et 15. 
Peristemia Paulucciae, Tapparone Caiiefri, in Journ. de Conch., t. XIX, 1879, p. 323. 

P. testa ovato-fusiformi, utrinque attenuata, longitudinaliter costata, spira- 
Hier pluri-cingulata et tenuilirata, faillie fusco-rubella, cingulis fuscis, basi 
pallidiore ; spira conica, acuta, aperlurœ longitudinem aquante, apice plus mi- 
nusve roseo. Anfractus 8 tel 8 1/2, convexiusculi, regulariter crescentes, striis 
inconspicuis per longitudinem exarati, sutura profunda sejuncti; costœ longitu- 
dinales subobliqua, rotundatœ, 10 circa; cinguli spirales inaquales, in inter- 
slitiis liris argutis, subdistantibus ornati. Apertura oblonga; columella superne 
excavata, callosa, basi tuberculis tribus, et plicis duodus validiusculis pr édita: 
cauda brevis, modice retrorsum incurva ; labruvi extus incrassatum, intus den- 
tatum ; color aperturœ lœte et intense roseus, fauce denticulisque albis. 

Long. m ,028; lat. m ,015. 

Habitat : Ile Maurice (Robillard); Aden (Marie). 

VAR. a. MINOR, PALLIDIOR, COSTIS ANGUSTIORIBUS, IN ANFRACTU ULTIMO SUBOBSOLETIS . 

Coquille du môme groupe que la précédente espèce. Elle est ovale, 
oblongue, fusiforme, rétrécie aux deux bouts. Sur toute la surface, 
s'élèvent de larges côtes longitudinales, en même temps que de nombreux 
cordons transverses, alternant avec des stries élevées. Sa spire, aussi 
longue que l'ouverture, est régulièrement conique et pointue au sommet. 
Tous les tours de la coquille, au nombre de 8 à 8 1/2, ornés de fines stries 
longitudinales très oblitérées, sont assez bombés et réunis par une suture 
profonde qui paraît parfois presque canaliculée. On y observe 10 côtes, 
larges, arrondies et peu saillantes dans le dernier tour. Les cordons 
transverses qui croisent ces côtes sont inégaux entre eux ; les stries des 



72 SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE 

interstices sont assez distantes et assez saillantes. La forme de l'ouverture 
est oblongue, tant soit peu quadrangulaire; la columelle, excavée supé- 
rieurement, a de petits tubercules près du bord et deux plis bien marqués 
à sa base ; le bord droit est épaissi en dehors et il est muni, à l'intérieur, 
de plusieurs denticulationa égales et également distantes, celle du haut 
exceptée. Le canal est court et un peu recourbé en arrière. La coloration 
de cette coquille offre, sur un fond d'un blanc sale, plus ou moins brunâtre, 
des cordons élevés d'une coloration brun foncé; la base est plus pâle et le 
sommet est plus ou moins lavé de rose. La columelle et le bord droit sont 
vivement colorés en rose foncé, tandis que la gorge, les dentelures et les 
petits tubercules sont blancs. 

Cette coquille offre une variété plus petite et d'une coloration unifor- 
mément plus claire. 

Au premier abord, on prendrait cette espèce pour une variété de 
P. elegans ; mais les deux coquilles n'ont, en réalité, d'autre rapport que 
cette ressemblance apparente. Dans le P. elegans, la coquille est très 
lisse, très atténuée aux deux bouts; la couleur est jaune avec les interstices 
des cordons transverses d'un brun rougeâtre. Chez le P. Paultccciœ, au 
contraire, la coquille est striée, plus grande, plus trapue, avec un canal 
plus court; les cordons transverses sont bruns et les interstices blan- 
châtres. 

PERISTERNIA KOBELTIANA. 

PL 3, fig. 17 et 18. 

Turbinella Zealandica, A. Ad.? Kobelt, in Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Turbinella, p. 108; 

pi. 28, fig. U-15. 
Plicatella Zealandica, Kobelt, Cat. d. Gatt., Turbinella, in Jahrbûch. 1870. 
Peristernia Kobeltiana, Tapparonc Canefri, Journ. de Conch., 1879, p. 320. 

Habitat : Ile Maurice [Robillanl) . 

Gen. SCOLYMUS, Swainson. 

SCOLYMUS TURBINELLUS. 

Murex Turbinellus, Linné, Syst. Nat., 10 e éd., p. 750; 
Voluta Turbinellus, Linné, Syst. Nat., 12 e éd., p. 1195. 

— — Wood, Ind. Test., p. 100; pi. 21, fig. 155. 

— — Chemnitz, Conch. Cab., t. XI, p. 26; pi. 179, fig. 1725-1726. 
Volutella nigra, Peny, Conch., pi. 20, fig. 1 . 

Turbinella corrigera, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 105; 2 e éd., t. IX, p. 380. 
Turbinella variolaris, Lamarck, l. c, p. 110 (Junior). 



MÉMOIRES 73 

Turbinella corrigera, Quoy et Gaimard, Voy. de VAstr., Zool., l. Il, p. 518; pi. 35, 
fig. 24-26. 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 42; pi. 1, fig. 1. 

— — Kuster, Conclu Cab., 2 e éd. Turbinella, p. 6 ; pi. 1, fig. 4; pi. 2, 

fig. 3-4; et p. 38, pi. 9, fig. 4 (T. variolaris). 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 8, fig. 40. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt., Turbinella, in Jahrbùch. 1876, p. 1, n° 10. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 15, n° 181 . 

— — Gould,.Kc^. Exped., p. 237; pi. 17, fig. 290. 
Turbinella {Cynodonta) cornigera, Woodward, Mail. Trad., p. 227; pi. 5, fig. 3. 
Vasum cornigerum, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 156; pi. 17, fig. \a, b, c. 
Scolymus Turbinellus, Chenu, Man. de Conch., 1. 1, p. 184, fig. 923. 

Habitat: Ile Maurice [Liénard). 

Mer Bouge (Issel, Mac Andrew, Jickeli);ïle des Chiens, Paumotu (Gould); 
île Vanikoro (Quoy et Gaimard) ; Moluques (Cuming) ; île de la Réunion 
(Maillard); îles Seychelles (Dufo) ; Nossy-Bé et Nossy-Faly, Seychelles 
(Pollen et Van Dam); île Chagos (Liénard); île Formose (Swinlioe); Nou- 
velle-Guinée (Beccari, Raffray) ; île Radock (sir W. Denison) ; Mozam- 
bique, îlesMascareignes (Martens); Ceyl an (Hanley); Polynésie (Martens)- 

Cette coquille est très variable ; elle est souvent déformée et presque 
toujours couverte par des incrustations calcaires épaisses et difficiles à 
enlever. Plusieurs auteurs ont donné la figure de l'animal, et, chose 
curieuse, ces figures diffèrent considérablement entre elles, paraissent 
presque se rapporter à plusieurs espèces plutôt qu'à une seule et unique 
coquille. C'est un point à éclaircir dans l'histoire naturelle de ce groupe. 

Gen. LEUC0Z0NIA, Gray. 
LEUCOZONIA NIGELLA. 

Chemnitz, Conch. Cab., t. IV, p. 39; pi. 124, fig. 1160-1161. 

Buccimun ocellatum, Gmelin, Syst. Nat., 13 e éd., p. 3488. 

— — Dillwyn, Cat., t. II, p. 62i. 

— — Wood, Ind. Test., p. 110; pi. 23, fig. 89. 

Turbinella ocellata, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 110; 2 e éd., t. IX, p. 380. 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 41 ; pi. 21, fig. 4. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Turbinella, p. 37 ; pi. 10, fig. 8-9. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 8, fig. 38. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt., Turbinella, in Jahrbùch. 1876, p. 18, n° 8. 

— — Liénard, Faune malac. de Vile Maurice, p. 15, n° 188. 
Leucozonia Nigella, Môrch, Cat. Conch. Yoldi, l re part., p. 100. 

— — H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 15'k 

Habitat : lie Maurice (Liénard). 

Indes occidentales (Poulsen); Guadeloupe (Schramm). 



74 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

C'est vraiment digne de remarque qu'il y ait, parmi les anciens genres 
de Lamarck Triton et Turhinella, plusieurs espèces communes aux Indes 

orientales et aux Indes occidentales. 

Sub. Gen. Lagena, Schumacher. 

LEUCOZONIA SMARAGDULUS. 

Buccinum smaragdulus, Linné, Sijsl. Nat., 10 e éd., p. 739; 12 e éd., p. 4203. 
Buccinum rusticum, Gmelin, Syst. Nat., 13 e éd., p. 3486. 

— — Wood., Ind. Test., p. 108; pi. 23, fig. 66. 
Turbinella rustica, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 107. 

— Quoy et Gaimard, Voy. dei Astr.,Zool., t. II, p. 513; pi. 35, fig. 20-23. 

— — Kicnor, Icon. des Coq., p. 39 ; pi. 19, fig. 1. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 15, n° 189. 
Lagena crassa, Schumacher, Nouv. Syst., p. 240. 

Turbinella smaragdulus, Deshayes ; Lamarck, An. s. Vert., 2 e éd., t. IX, p. 383. 

— — Rcevc, Conch. Icon., pi. 3, fig. 18. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Turbinella, p. 42; pi. 10, fig. 6-7. 
LatyTus (Leu cozonia) rusticus, Chenu, Man. de Conch., t. I, p. 102, fig. 914. 
Leucozonia smaragdulus, Kobelt, Cat. d. Gatt., Turbinella, in Jahrbùch. 1876, p. 19, n° 10. 

— — H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 154; pi. 16, fig. 6. 

Habitat : Ile Maurice [Liénard). 

Mindanao, Philippines [Guming); Samoa [Schmeltz) ; Viti [Schmeltz); 
port Denison [Schmeltz); Tranquebar [Martini); Madagascar [Robillard, 
Sganzin); îles Seychelles [Dufo) ; Nouvelle-Guinée [Quoy et Gaimard). 

Gen. PLICATELLA, Swainson. 

PLICATELLA POLYGONA. 

Pusus brevis truneatus polygonus, Chemnitz, Conch. Cab., t. IV, p. 156; pi. 140, fig. 1306- 

1307; pi. 141, fig. 1314-1315. 
Murex polygonus, Gmelin, Syst. Nat., 13 e éd., p. 3555. 

— — Wood, Ind. Test., p. 129; pi. 27, fig. 113. 

Pusus polygonus, Encycl. Melh. Vers., Expl. des Planches; pi. 423, t. I. 

— Quoy et Gaimard, Voy. de VAstr., Zool., t. II, p. 110; pi. 35, fig. 12-13. 
Murex lignarius, Perry, Conch., pi. 1, fig. 2. 

Turbinella polygona, Lamarck, An. s. vert., t. VII, p. 108; 2 e éd., t. IX, pi. 385. 

— — • Kiener, Icon. des Coq., p. 23; pi. 13, fig. 2. 

— — Reeve, Conch. Tison., -pi. 1, fig. 1. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., p. 20; pi. 7, fig. 1 ; et p. 67, pi. 17, 

fig. 1-2-3. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 15, n° 167. 
Lattyrus polygonus, Morch, Cal. Conch. Yoldi, l ie part., p. 100. 

Latirus (Plicatella) polygonus, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., I. I, p. 153. 
Plicatella polygona, Kobelt, Cal. d. Gatt., Turbinella, in Jahrbiich. 1876, p. 19, n° 1. 



MÉMOIRES 75 

Habitat : Ile Maurice (Liénard, RoUllard, Martini, Sganzin ; col- 
lection Paulucci et la mienne). 

Mer Rouge (Broccîii, Mac Andrew, Jickeli) ; Tonga Tabou, île des Amis 
(Quoi/ et Gaymard) ; îles Seycbelles (Dufo) ; île de la Réunion (Maillard) 
îles Philippines (Cuming) ; Cuba (Ramon de la Sagra) ; Brésil (Fontaine) 
Pulo Condor, Cochinchine (M. Micliau) ; Upolu, Rarotonga (Schmeltz) 
Java (Frauenfeld); îles Mascareignes (RoUllard); Tatiyama, Japon 
(A. Adams). 

Tous les exemplaires de l'île Maurice que j'ai vus étaient de petite taille 
et très vivement colorés; on dirait que c'est d'après eux qu'a été dessinée 
la figure de cette espèce, donnée par Perry. Cette espèce peut atteindre 
des proportions relativement assez grandes; un exemplaire magnifique, 
qui m'a été envoyé par M. Sowerby, n'a pas moins de 102 mill. de longueur 
et 43 mill. de largeur. 

PL1CATELU BARCLAYI. 

Turbinella Barclayi, Reeve, Coneh. Icon., pi. 4, fig. 20. 

Turbinella polygona, var. Kobclt, in Kuster Conch. Cab., 2 e éd., Turbinella, p. 68, pi. 17, 
fig. 7. 
— — Kobclt, Cal. d.Galt., Turbinella, in Jahrbuch. 1876, p. 19. 

Habitat : Ile Maurice (Barclay, RoUllard; collection Paulucci). 

Iles Viti (Schmeltz). 

Si l'on veut réunir cette espèce au P. polygona, comme l'a fait 
M. Kobelt.il faudra y joindre aussi le P. Candelabrum;\ un et l'autre ayant 
avec la susdite espèce la plus grande ressemblance. Néanmoins, je crois 
que les trois formes, quoique très voisines, doivent être séparées spécifi- 
quement. La couleur uniforme, les rugosités de la columelle, la forme 
générale même me paraissent assez différentes pour autoriser à distinguer 
le P. Barclayi du P. polygona l . 



1 Parmi les Turbinella du catalogue dj M. Liénard, on trouve enregistrée l'espèce sui- 
vante, fort rare et de provenance inconnue, que je n'ai jamais rencontrée parmi les 
coquilles de l'île Maurice, et dont la dénomination me paraît encore douteuse. Ne 
s'agirait-il pas, par hasard, du Turbinella Barclayi? 

PLICATELLA CARINIFERA. 

Fusus cariniferus, Encycl. Meth. Vers., Expl. d. planches ; pi. 423, fig. 3. 
Turbinella carinifera, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 108; 2 e éd., t. IV, p. 385. 

— — Anton, Verzeichn., p. 71. 

— — Kiener, Incon. des Coq., p. 23; pi. 3, fig. 1. 

— — Reeve, Conch. Incon., pi. 3, fig. 14. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2« éd., p. 40; pi. 9, fig. 7. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt. Turbinella. in Jahrbuch. 1876, p. 20, n° 8. 

— — Liénard, Faune rnalac. de Vile Maurice, p. 15, n° 179. 
Habitat : Ile Maurice?? (Liénard). 

Je n'ai cru devoir rappeler cette espèce dans cette note pour compléter les renseigne- 
ments sur la faune malacologique de l'île Maurice. 



76 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Gen. LATIRUS, Montfort. 

LATIRUS CRATICULATUS. 

Murex craticulatus, Gmelin, Sysl. Nat,., 12 e éd., p. 3554. 

— — Wood, Ind. Test., p. 129; pi. 27, fig. 121. 
Voluta craticulata, Gmelin, Syst. Nut., 13 e éd. , p. 3464. 

Fasciolaria craticulata, Encycl. Meth., Vers. Expl. d. planches; pi. 429, fig. 3. 
Turbinella craticulata, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 109; 2 e éd., t. IX, p. 586. 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 31 ; pi. 19, fig. 2. 

— — Reeve, Conch. Icon., t. II, fig. 7. 

— — Kustcr, Conch. Cab., 2 éd., Turbinella. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 21, pi. 5, fig. 5. 
Latirus craticulatus, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 152. 

— — Chenu, Man. d. Conch., t. 7, p. 181, fig. 909. 

Plicatella craticulata, Kobcll, Cat. d. Oatl., Turbinella, in Jahrbùch. p. 22, n° 35. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard, Robillard; collection Paulucci et la 
mienne). 

Mer Rouge (Kiener, collection Pactel); île de la Réunion (Maillard); 
île Masbate, Philippines (Guming); Upolu et Rarotonga (Schmeltz); Nou- 
velle-Guinée (Raffray). 

LATIRUS SUBFUSCUS. 

Fusus subfuscus, Chemnitz, Conch. Cab., t. IV, p. 161 ; pi. 141, fig. 1317-1318. 

Voluta turrita, Gmelin, Syst. Nat., 13 e éd. , p. 3456. 

Murex Vexillum, Gmelin, l. c, p. 3558. 

Murex lineatus, Wood, Ind. Test., p. 128, pi. 27, fig. 108. 

Turbinella lineata, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 109. 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 32; pi. 18, fig. 2. 
Turbinella turrita, Deshayes, Lamk, An. s. Vert., 2° éd.. t. IX, p. 387. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. 11, fig. 57. 

Turbinella lineata, Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Turbinella, p. 18; pi. 6, fig. 4-5. 

Turbinella turrita, Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 15, n° 190. 

Turbinella taeniata, Deshayes, Voy. Laborde, p. 66; pi. 65, fig. 7-8 (pullus). 

Latirus turritus, II. et Ad., Gen. rec. Moll., t. I, p. 152; pi. 16, fig. 4. 

Latirus subfuscus, Tapparone Canefri, Mur. Mar Rosso, p. 50. 

Plicatella turrita, Kobelt, Cat. d. Gatt., Turbinella, in Jahrbùch. 1875, p. 22, n° 36. 

Habitat : Ile Maurice (Liénard, Robillard; collection Paulucci et la 
mienne). 

Mer Rouge (Mac Andrew, Jickeli, Arconatï) ; Nouvelle-Hollande 
(Kiener) ; Port Dorey, Nouvelle-Guinée (Quoi/ et Gaimard, Raffray); îles 
Seychelles (Dufo); îles des Amis (Quoy et Gaimard); île de la Réunion 
(Maillard) ; île Masbate, Philippines (Cuming); Upolu (Schmeltz). 

Comme je l'ai déjà fait remarquer dans mon mémoire sur les Muricidés 



MEMOIRES 77 

de la mer Rouge l , le véritable nom de cette espèce doit être celui que 
j'ai adopté. Les exemplaires de l'île Maurice sont très beaux. 

LATIRUS ROBILLARDI. 
PI. 2, fig. 14 et 15. 
Latirus Robillardi, Tapparone Canefri, Joiim. d. Conch., 1879, p. 318. 

L. tes'a elongato-fusiformi, lavigata, conspicue nodosa, epidermide fusca 
tenuissimaque induta, et sub epidermide alla, lineis distantibus fusculis, valde 
oibsoletis et sub lente obscure impresso-punclatis ornata; spira turrita, acumi- 
nata, ad apicem rubella,i aperturœ et cauda longitudinem œquante; cauda elon- 
gala, extus spir aliter bicingulata, ad bassin peculiariter contorla. Anfractus 
9 sutura undulata sejuncti, superne impressi, medio tuberculis magnis, elevalis 
rolundalis praditi ; lubercula in unoquolilet anfractu sex. Aperlura ovata, intus 
lavigata; columella superne excavata; inferne oblique et minute quadriplicala, 
in canalem elongatum, basi truncalum desinens; labrum sim- plex; cauda elon- 
gata cingulos duos spirales, distantes asperos gerens; cingulus basalis majusculus 
inferne sulcum late excavatum ostendens. Color faucis et columellœ pallide ame- 
thystinus. 

Alt. m ,051;lat. m ,021. 

Habitat: Ile Maurice (Robillard). 

Coquille fusiforme, lisse, revêtue d'un épiderme tenace, très mince 
de couleur brun grisâtre pâle. Le test, dépouillé de son épiderme, est 
blanchâtre, avec des lignes transverses, assez espacées, de couleur brune, 
très peu marquées et présentant quelques points enfoncés. La spire est 
aussi longue que l'ouverture et le canal pris ensemble; elle e^t acuminée 
et teintée de rouge à l'extrémité. Sur le canal, qui est allongé, se 
trouvent extérieurement deux côtes spirales, très espacées entre elles ; et 
le canal, du côté interne, paraît recourbé d'une façon singulière. Dans ce 
Latirus on peut observer neuf tours de spire avec une suture largement 
ondulée; déprimés à la partie supérieure, ils portent sur la partie médiane 
une série de tubercules qui, surtout dans les derniers tours, sont très 
gros, arrondis et fort saillants ; il y eu a six sur chaque tour. L'ouverture 
est ovale, lisse à l'intérieur; elle se prolonge, à sa base, en un canal 
long et étroit; la lèvre extérieure est simple; la columelle est épaisse et 
cylindrique; elle présente, à sa base, quatre petits plis obliques. Toute 
l'ouverture, ainsi que le canal qui la termine, est d'une couleur violette 
très pâle. 

Cette belle coquille est intermédiaire entre le Latirus nodatus et le 
L. lanceolatus. Pourtant, par sa forme générale, elle se rapproche davan- 

1 Studio monografico sopra i Muricidii del Mar Rosso de C. Tapparone Canefri 
Genova, 1873. 



78 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

tage du L. nodalus, avec lequel on l'a peut-être confondue. Elle en diffère 
cependant par sa taille plus petite, par la forme toute parficulière de la 
base de son canal ; par les côtes de la surface extérieure de ce dernier; par 
le nombre et la forme des plis de la columelle; par la couleur du test et 
surtout par la coloration de sou ouverture, qui rappelle la bouche du 
L. lanceolatits. 

C'est à cette espèce, je pen?e, que doit se rapporter le Turbinella nodosa? 
du catalogue de M. Liénard. 

LATIRUS MACULATUS. 

Turbinella maculata, Reevc, Conch. Icon., pi. 13, fig. 70. 

Kobclt, in Kuoter, Conch. Cab., 2° éd., Turbinella, p. 93; pi. 22, 
fig. 20-21. 

— — . Kobclt, Cat. d. GatL, Turbinella, in Jahrbttch. 1875, p. 24, n° 54. 

Habitat : Ile Maurice (Robillard ; collection Paulucci et la mienne; 
K obéit). 

Aucune des figures que je connais de cette espèce n'est satisfaisante. 
En général cette coquille est de couleur fauve pâle uniforme, avec les 
cordons transverses blanchâtres ; ce n'est que rarement qu'elle offre la 
surface nuagée de taches irrégulières plus foncées et blanchâtres. Évi- 
demment le nom qui lui a été donné par M. Reeve n'a pas été, cette fois, 
des mieux choisis. 

LATIRUS GRACILIS? 

Turbinella gracilis, Reeve, Conch. Icon., pi. 10, fig. 54. 

— — Kobelt, in Kustcr, Conch. Cab., 2 e éd., Turbinella, p. 81 ; pi. 19, 

fig. 6-7. 

— — Kobclt, Cat. d. GatL, Turbinella, inJahrbûch. 1876, p. 21. 

— — Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 15, fig. 182. 

Habitat : Ile Maurice [Liénard). 

J'indique cette espèce d'après M. Liénard. Les exemplaires que j'ai reçus 
et qui portaient ce nom étaient des L. maculalus, Reeve, très développés. 

LATIRUS AUREOCINCTUS. 

Turbinella aureccincta, Sowerby, Proc. Zool. Soc. Lond., 1875, p. 129; pi. 24, fig. 3. 

— — Kobelt, in Kusler, Conch. Cab., 2 e éd., Turbinella, p. 155. 
Turbinella Noumeensis, Liénard, Faune malac. de l'île Maurice, p. 15, n. 186. 

Habitat : Ile Maurice [Sowerby, Robillard). 



MEMOIRES 79 

Cette jolie coquille appartient au même groupe que le L. Nou- 
meensis Crosse , avec lequel elle a été probablement confondue par 
M. Liénard. Les deux espèces sont pourtant très distinctes sous tous les 
rapports. En effet, dans le L. aureocinctus, le fond de la coquille est d'un 
noir plus ou moins foncé, sur lequel se détacbent en jaune des cordons 
transverses nombreux (dix dans le dernier tour et le plus souvent quatre 
dans les autres), très réguliers, distants et également espacés, alternant 
chacun avec une strie élevée très mince et de couleur blanche ou jaunâtre. 
Dans le L. Noumeensis, au contraire, la couleur fondamentale est grise et 
les cordons transverses jaunes sont peu nombreux (cinq au plus dans le 
dernier tour et deux sur les autres) et rapprochés entre eux. La surface 
du L. aureocinctus est à peu près lisse; celle du L. Noumeensis est chargée 
de cordons très rapprochés et grossièrement granuleux, surtout dans la 
partie supérieure des tours, auprès de la surture. La columelle du 
L. aureocinctus, a trois plis et celle du L. Noumeensis, deux seulement. 
Enfin, dans l'espèce de la Nouvelle-Calédonie, la taille est de moitié plus 
petite que dans la coquille de l'île Maurice. J'ai donné ces détails parce 
que j'ai observé que plusieurs naturalistes semblent vouloir réunir ces 
deux espèces, qui n'ont de commun que la forme générale et l'ornementa- 
tion formée des cordons transverses de couleur jaune. 

LATIRUS CAROTIANUS. Tapparone Canefri. 

PI. 3, fig. 15 et 16. 

Turbinella ustulata, Kobelt, in Kuster, Conch. Cab., 2 e éd., Turbinella, p. 87; pi. 22, fig. 4-5. 
— — Kobelt, Cat. d. Gatt., Turbinella, in Jahrbiich. 1876, p. 24. 

Habitat : Ile Maurice [Robillard). 

L'espèce de l'île Maurice est sûrement la môme que celle décrite dans la 
monographie des Turbinelles par M. Kobelt, sous le nom de T. ustulata, 
laquelle est tout à fait différente du véritable T. ustulata, Reeve. 
Comme ladite coquille n'est décrite nulle part, si ce n'est dans la mono- 
graphie précitée avec un nom qui ne lui convient pas, il m'a fallu lui 
donner un nom nouveau. Je l'ai dédié à un jeune naturaliste italien, à 
qui nous sommes redevables de la découverte de plusieurs espèces nou- 
velles pour la faune terrestre et fiuviatile d'Italie. 

LATIRUS C0NC1NNUS, Tapparone Canefri. 

PI. 2, fig. 10 et 11. 

L. testa fnsiformi-turrita, umbilicata, crassiuscula, per longitudiuem costata 
et striata, spiraliter crebre granoso-lirata; albescente fascia fuscula in, medio 



80 SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE 

ultimo anfractu rnacidisque fuhis irregulariter variegata ; spira turrita, apice 
acuto. Aiifractus novcm in medio subcarinuti sutura crenulata sejuncti, super ne 
ad sv.turam depressi, deinde convexlusculi, costis octonis parurn elevatis, lirisquc 
spiralibus aquidistandibus tubercuîatus rninoribus intervenientibus undique exa- 
rata; lira duo ad basim ullimi anfractus sape maiores. Apertura alba, ovala, 
parva fauce lirata, i/i canalem breviusculum, angustum, rostrorsum ntodice 
incurzum desinens; columella biplicata, labrum intus crenulatum. 
Long. m ,038 ; lat. m ,011. 

Habitat : Ile Maurice [Robillard). 

Cette belle coquille se rapproche beaucoup du L. maculatus, par sa 
forme générale et par son genre de sculpture. Cependant, sa taille est 
toujours plus petite, et sa forme plus étroite, plus élancée. Les cordons 
transverses sont toujours beaucoup plus granuleux, à cause des stries 
longitudinales en partie oblitérées de la surface. Sa coloration est tout à 
fait différente; au milieu du dernier tour, on voit toujours une bande 
brune irrégulièrement interrompue, plus ou moins foncée; la base en est 
aussi le plus souvent brunâtre. L'ouverture est assez petite et la lèvre 
externe n'offre pas à sa base, près du canal, cette espèce de dent qu'on 
voit dans le L. maculatus. Il paraît que cette coquille est assez commune 
à l'île Maurice. 



APPENDICE. 

Depuis la présentation de mon mémoire à la Société Malacologique, il 
s'est écoulé un certain temps, pendant lequel a paru un ouvrage très 
important sur la faune marine des îles Maurice et Seychelles l , et dans 
lequel l'étude des Mollusques a été confiée au professeur Edouard von 
Martens. En parcourant le travail de l'illustre et savant malacologiste 
allemand, j'ai trouvé plusieurs espèces à joindre à mon catalogue, et je 
m'empresse d'en donner ici la liste, en y ajoutant quelques observations 
qui, je suppose, pourront intéresser mes collègues. 

MUREX TRIBULUS. 

Murex Tribulus , Linné, Sysl. Nat., éd., t. XII, p. 1214 (exl. varielatibus). 

— — Deshayes, in Lamk, An. s. Vert., t. IX, p. 564 1 . 

— — Môrch, Cal. Conch. Yoldi, t. I, p. 98. 

1 Môbius, Beitràge zur Meeresfauna der Insel Mauritius und der Seyehellen-Mollusken 
bearbeitet von Prof. E. v. Martens (1881). 



MEMOIRES 81 

Murex Tribulus, Reeve, Conch. Icon., pi. XX, fig. 82. 

— — H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 72. 

— — Kobelt, Cal. d. Galt. Murex, in Jahrbuch. 1878, p. 144. 

— — Sowcrby, Thés. Conch.,t. IV. Murex, p. 2; pi. 1, fig. 3. 

— — Tryon, Man. of Conch., t. II, p. 77 ; pi. 9, fig. 107. 

Murex crassispina, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 157 ; 2 e éd., t. IX, p. 564. 

— — Martcns, Beitr. z. Meeresfauna Maurit. u. Seych., p. 231 . 
Murex temispina, Kiener, Icon. des Coq., pi. 8 et 9 (non Lamk). 

Habitat : Ile Maurice (Marient, d'après Bernardin de Saint- Pierre). 

Je suis surpris qu'après Bernardin de Saint-Pierre, personne n'ait plus 
vu cette espèce parmi les envois de coquilles de l'île Maurice; elle doit 
du moins s'y trouver fort rarement. 

Les auteurs ont fait une grande confusion dans l'appréciation des 
Rochers de ce groupe intéressant. M. Kiener donne une très bonne figure 
de cette espèce avec le nom de M. temispina; en même temps, il donne le 
nom de M. crassispina au M. scolopax Dillwyn, espèce qui du reste avait 
été confondue par Lamarck lui-même avec sou véritable M. crassispina. 

Sub gen. Ranularia, Schum. 
TRITONIUM SINENSE. 

Triton Sinensis, Reeve, Proc. Zool. Soc. 1844, p. 113. 

— — Reeve, Conch. Icon., pi. VI, fig. 18. 

— — Kuster, Conch. Cab., pi. 60, fig. 5 et 6. 

Tritonium (Outturnium) Sinense, H. et A. Adams, Gen. rec. Moll., t. I, p. 103. 
Triton (Outturnium) Sinensis, Kobelt, Cat. d. Gatt. Triton, in Jahrbuch. 1878, p. 360. 
Tritonium (Cymatium) Sinense, Mai'tens, Beitr. z. Meeresfauna Mauritius u. Seych., p. 266. 

Habitat : Ile Maurice (Mobius, ex Martens). 

Chine (Cuming, Kallery dans le musée de Turin) ; Hong-Kong 
(Frauenfeld) . 

Sub gen. Cabestana, A. Adams. 

TRITONIUM D0LAR1UM. 

Murex Dolarium, Linné, Syst. Nat., éd., t. XII, p. 1223. 
— — Wood, Ind. Test.,]). 128; pi. 27, fig. 106. 

TritonD olarium, Lamarck, An. s. Vert., t. VII, p. 189; 2 e édit., t. IX, p. 641. 

— — Lamarck, Encycl. Melh. Vers, planches, pi. 422, fig. 1. 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 41; pi. 15, fig. 31. 
Triton Dolarius, Reeve, Conch. Icon., pi. XIV, fig. 56. 

— — Kuster, Conch. Cab., 2° éd., Triton, pi. 65; fig. 2 et 3. 

— — Chenu, Man. de Conclu, 1. 1, p. 152, fig. 692. 

1880 6 



>S2 SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE 

Tritonium (Cabestana) Dolarium, II. et A. Adams, Gen. Rec. Moll., t. I, p. 102. 

— — Kobelt, Cal. d. Gatt. Triton, in Jahrbûch. 1S7H, p. 2i8. 

Tritonium (Dolarium) Dolarium, Mai tens, Beilr. z. Meercsfauna Muurilius u. Seych., p. 266 

Habitat : Ile Maurice ? [Martens). 

Je pense, avec M. Martens, que cette coquille est la môme que celle 
indiquée clans le catalogue de M. Liénard sous le nom de T. cutaceum, 
espèce méditerranéenne qui ne vit pas assurément à l'île Maurice. 

Sub gen. Lampas, If. et A. Adams. 
RANELLA CUMINGIANA. 

Ranella Cumiugiana, Dunker, Proc. Zool. Soc. Loni., 1862, p. 238. 

— — Dunker, Novit. Conch., p. 59 ; pi. XIX, fig. 7 et 8 . 

— — Kobelt, Cal. de Galt. Ranella, in Jahrbûch. 1876, p. 329. 

— — Martens, Beilr. z. Meeresfauna Mauritius u. Seych., p. 268. 

Habitat : Ile Maurice, Fouquet (Mohius, ex Martens). 

Nouvelle-Calédonie [Dunker) ; mer Rouge [Musée de Berlin). 

Peut-être cette espèce n'est-elle autre qu'une variété du R. affinis, 
Reeve, espèce très polymorphe : je ne la connais pas et je n'ai vu 
parmi les coquilles de Maurice aucune espèce qui lui ressemble. 

RANELLA GRAYANA. 

Ranella Grayana, Dunker, Proc. Zool. Soc. Lond., 1862, p. 238. 

— — Dunker, Novit. Conch., p. 58; pi. XIX, fig. 5 et 6. 

— — Kobelt, Cal. d. Galt. Ranella, in Jahrbûch. 1876, p. 327. 

— — Martens, Beilr. z. Meeresfauna Mauritius u. Seych., p. 268. 

Habitat : Ile Maurice [Martens). 

Mer Rouge (Dunker). 

Sous le nom de R. Grayana, M. Martens me paraît avoir voulu désigner 
une coquille très répandue à l'île Maurice, que M. Sowerby envoie h ses 
correspondants sous le nom de R. Bergeri. Je ne connais l'espèce de Dun- 
ker que par la description et la figure des Novitates Conclwlogica, et 
j'avoue franchement que, si toutefois cette figure et cette description 
sont exactes, je suis persuadé que les deux espèces diffèrent spécifiquemeut 
entre elles. D'abord, dans le R. Bergeri, la spire est plus élancée et plus 
allongée par rapport au dernier tour; la description des ornements de la 
surface du R. Grayana ne lui convient que fort peu. Son ouverture 
n'est pas blanche, mais plus ou moins teintée de rose; elle est plus petite, 
plus arrondie et moins évasée que dans l'espèce de Dunker ; le canal de la 
partie supérieure de l'ouverture est très court, à peine accentué et relati- 
vement large, comme dans le R. rosea, Reeve, tandis qu'il est tubuleux, 



MÉMOIRES 83 

long et étroit dans la figure de la R. Grayana, de façon qu'en regardant 
la coquille par le dos, il fait saillie sur la partie postérieure de l'ouverture 
auprès de la suture. Enfin le canal de la base est fortement tourné à droite 
dans le R. Bergeri, tandis qu'il est droit et presque tourné à gauche dan* 
la figure du R. Grayana. 

Il s'ensuit que si réellement la coquille signalée par M. Martens est la 
même que le R. Bergeri, Sowerby (in schedis), c'est ce dernier nom 
qu'elle doit garder. 

DISTORTRIX CANCELLINA. 

Cassis vera (altéra), Martini, Conch. Cab., t. II, p. 85; pi. 41, fig. 405406. 
Murex cancellinus, Boissy, Buffon, Suites Moll., t. IV, p. 56 (1805). 
Distortrix reticulata, Link, Beschr. d. Nat. Samm., p. 122 (1807). 
Distorta acuta, Perry, Conch., pi. X, fig. 1. 
Murax Mulus, Dillwyn, Cat., t. II, p. 704. 

_ _ Wood, Ind. test. , p. 123; pi. 26, fig. 46. 
Triton clathratum, Lamarck, An. s. Vert,, t. VII, p. 186. 

— — Kiener, Icon. des Coq., p. 21 ; pi. 14, fig. 1 . 
Triton cancellinus, Reevc, Conch. Icon., pi. 12, fig. 45. 
Distorsio reticularis, Môrch, Cat. Conch. Yoldi, t. I, p. 107. 
Distorsio reticulata. j fl ^ A A Qm ^ {< ^ 
Distorsio cancellina. ) 

Persona cancellina, Dlanford, Observ. on Geol. and Zool. of Abijssinia, p. 463. 

— — Kobelt, Cat. d. Gatt. Persona, in Jahrbûch. 1878, p. 370. 
Persona clathrata, Chenu, Man. de Conch., t. I, p. 154, fig. 707. 

Tritonium (Persona) reticulare, Martens, Beitr. z. MeeresfaunaMauriliusu. Seych.,^. 267. 

Habitat : Fauquef, île Maurice (Mobius, ex Martens). 

Massaua, mer Rouge (Jickeli); baie d'Annesley, mer Rouge (Blan- 
forcl); côtes d'Hitoé (Rumph): Chine et Amérique méridionale [Kiener)\ 
Antilles (3fôrch); Ceylan (Cvmivg); Philippines [Cuming); Nouvelle- 
Calédonie (iïfontrouzier); Hong-Kong (Frauenfeld) . 

M. Môrch et M. Martens ont adopté pour cette coquille le nom de 
T. reticulare en la rapportant au Murex reticularis, Linné, espèce fort 
douteuse, qui doit disparaître de la nomenclature. 

Afin d'éviter toute confusion, j'ai adopté pour cette espèce le nom qui 
lui appartient positivement et qui est le plus ancien qu'elle ait reçu, celui 
de D. cancellinus. 

TR1TONIDEA CROCATA. 

Buccinum crocatum, Reeve, Conch. Icon., pi. 12, fig. 97. 

Pisania crocata, Martens, Beitr. z. Meeresfauna Mauritius u. Seych., p. 240. 

Habitat : Ile Maurice? (Martens, d'après Robillard). 
Iles Philippines (Cuming). 



84 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Cette espèce paraît douteuse, si pourtant ce n'est pas une variété de 
T. gracilis, espèce, du reste, assez variable. 

TRITONIDEA PUNCTICULATA. 

Buccinum seriale? Deshayes, in Laborde, Voy. dans l'Arabie, pi. 145, fig. 32-34 (1830). 

Triton digitalis? Keeve, Proc. Zool. Soc. 484i, p. 420; Conclu Icon., pi. 49, fig. 86. 

Tritonidea puncticulata, Dunker, Malak. Blall. 48G2, p. Ai. 

Pollia puncticulata, lssel, Malac. del mar Rosso, p. 439. 

Tusus puncticulatus, Pactel, Moll. Syst. et Cal., p. 27. 

Pisania puncticulata, Martens, Bcilr. z. Meeresfauna Maurilius u. Seych., p. 241. 

Habitat : Ile Maurice (RoUllard, ex Martens). 

Mer Rouge (Dunker); îles delà mer du Sud (Schmeltz). 

Il est probable que cette coquille est la même que celle que M. Reeve a 
décrite sous le nom de Triton digitalis, au moins à en juger par les échan- 
tillons de ce dernier que j'ai reçus de M. Sowerby. Le Buccinum seriale 
Desbayes de la mer Rouge se rapporte aussi probablement à cette espèce 
ou bien à YEpidromus Iracteatus Hinds. 

TRITONIDEA N^EVOSA. 

Pisania proxima, Martens, Beitr. z. Meeresfauna Maurilius u. Seych., p. 240, pi. 20, fig. 8 
Habitat : Ile Maurice (RoUllard, ex Martens). 

TRITONIDEA AMPHODON. 
Pisania amphodon, Martens, Beitr. z. Meeresfauna Mauritius u. Seych., p. 240, pi. 20, fig. 9. 

Habitat : Ile Maurice (RoMllard, ex Martens). 

Cette coquille est la même que celle que j'ai décrite sous le nom de 
T. proxima; le nom donné par M. Martens ayant paru avant le mien, il 
doit avoir la préférence. 

M. Martens, à la page 246 de son intéressant mémoire, décrit un Plicatella [Peristernia) 
Bonasia des îles Seychelles,que je possède également de l'île Maurice; mais cette coquille, 
dont l'auteur donne aussi une excellente figure (pi. 20, fig. 6), est sans le moindre doute 
une Ricinule ou, si l'on aime mieux, une Colombelle de la section Euzina, et non pas 
un Peristernia. Il s'ensuit qu'elle ne peut prendre place dans ce travail. 



TABLEAU 



DE LA 



DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE 



DE LA 



FAMILLE DES MURICIDÉS 



DE 



ï-'ILE: MAURICE 



86 



SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE 



NOMS DES ESPÈCES. 


Province 
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— palmiferus, Sow 

— microphyllus, Lk 

— argyna, Meusclien 

— affinis, Reeve 

— incarnatus, Boltcn 

— fenestratus, Chemn 

— uncinarius, Lk. . . . 

— tetragonus, Brod 


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NOMS DES ESPÈCES. 



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PROVINCE 



Murex Crosaei, Liénard. . 

— Lienardi, Crosse . 

— dichrous, Tapp. Can. 

— ricinuloides, Q. et G. 

— mundus, Ueeve. . 

— euraeanthus A. Ad. 
Tritonium Tritonis, L. 

pileare, L. . 

— aquatile, Reeve . 

— chlorostomum, L. 

— gemmatum, Reeve . 

— mundum, Gould. . 

— labiosum Wooil. 

— rubecula, L. 

— Rhinocéros, Boltm . 

— pyrum, Lk . . . 

— sarcostoma, Reeve. 

— moritinctum, Reeve. 

— exile, Sow . 

— Clavator, Chemn. . 

— paehycheylos, Tapp. Can 

— Sinense, Reeve . 



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SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 



NOMS DES ESPÈCES. 



Province 
africaine 

australe. 



PROVINCE 



Tritonium Tripu3, Chemn . 

— aegrotum, Rceve. . 

— thersites, Reeve. . 

— gallinago, Reeve. . 

— elongatum, Reeve . 

— nodulus, Martini. . 

— veapaceum, Lk. 

— amictnm, Reeve. 

— gracile, Reeve. . . 

— clandestinum, Chemn 

— rostratum, Martini . 
Epidromas maculosus, Martini. 

— Sowerbyi, Reeve. . 

— obscurua, Reeve. . 

— clatnratus, Sow. 

— Cumingi, Dohrn. . 

— nitidulus, Sow . 

— Ceylanensia, Sow . 

— distortus, Schub. et Wag 

— Quoyi, Reeve. . 

— deeapitatus, Reeve. 

— antiquatua, HinJs . 



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MEMOIRES 



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NOMS DES ESPÈCES. 



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Epidromus decollatua, Sow. 

— lanceolatus, Menke 

— sculptilis, Reeve. 

— convolutus, Brod. 
Distortrix Anus, L. . 

— cancellina, Roissy. 
Nassaria Carduus, Sow. . 

— reticosa, A. Ad. . 

— egregia, Reeve. . 
Ranella emmena, Lk. 

— echinata, Humphrey. 

— Lampas, L . . . 

— bufonia, Scbroter. . 

— Cumingiana, Dkr. . 

— Grayana, Dkr. 

— siphonata, Reeve. . 

— tuberosissima, Reeve 

— cruentata, Sow. 

— Bergeri, Sow. mss. 

— Faulucciana, Tapp. Can 

— granularis, Bolten . 

— var. affinis, Brod. 



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Ranella granularis, var. livida, Reeve 

— semigranoaa, Lk. 

— ponderoaa? Reeve. 

— Gyrinns, L. . 

— Olivator, Meuschen 

— pusil]a, Brod. . 

— Ancepa, Lk. 
Fusua oblitus, Reeve. 

— Nicobaricua, Chemn. 

— xantochrous, Tapp. Can 
Siphonalia corrugata, Reeve. 
Trophon fossuliferus Tapp . Can 
Pisania fascieulata, Reeve . 

— ignea, Gm. . 

— luctuosa, Tapp. Can. 
Pollia Tranquebarica, Chcmn. 
Tritonidea undosa, L. . 

— Proteus, Reeve. 

— rubiginosa, Reeve 

— marmorata, Reeve 

— gracilis, Reeve . 

— oblique-costata, Reeve 



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Tritonidea bracteata, Hinds. . 

— eximia, Rceve 

— polychloros, Tapp. Can . 

— crocata, Dkr 

— puncticulata, Dkr. 

— nœvosa, Martens. . 

— amphodon, Marions. . 

— Lefevreiana, Tapp. Can. . 
Fasciolaria Trapezium, L 

— filamentosa, Martini . 

— princeps? Sow. 
Peristernia nassatula, Lk 

— Deshayesii, Kobelt. 

— microstoma, Kobelt. 

— lirata, Pease 

— Wagneri, Schub. et Wag. . 

— Carolinae, Kiener. . 

— Paulucciae, Tapp. Can. 

— Kobeltiana, Tapp. Can. 

Scolymus Turbinellus, L 

Lencozonia Nigella, Chcmn. . . 

— smaragdulus, L. . 






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98 



SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 



NOMS DES ESPÈCES. 



Province 
africaine 

australe. 



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S'a 



PROVINCE 



Plicatella polygona, Gm . 

— Barelayi, Reevc 
Latirus eraticulatus, Gm . 

— subfuscus, Cliemn . 

— Robillardi, Tapp. Ca: 

— maculatus, Reeve. 

— gracilis? Reeve. 

— aureocinctus, Sow. 

— Carotianus, Tapp. Can, 

— coneinnus, Tapp. Can. 



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MÉMOIRES 



99 



INDO-PACIFIQUE. 



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PROVINCE 
japonaise 



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NOTE 

SUR DES 

PTÉROPODES DU GENRE SPIRIALIS 

DÉCOUVERTS DANS LE BASSIN DE PARIS 

PAR 

A. WATELET ET TEC. LEFÉVKE 



(planche V.) 



- SEANCE DU NOVEMBRE 1880. — 



Cuvier a donné le nom de Ptéropodes à un petit groupe de mollusques 
pélagiens dont l'existence entière se passe dans la haute mer et dont 
l'organisation est appropriée à ce milieu. 

Les Ptéropodes ont été étudiés par un grand nombre de naturalistes : 
Blainville, Lamarck, Milne Edwards, Rang et Souleyet s'en sont occupés. 

Tandis que les uns les excluent des Gastropodes, d'autres, au contraire, 
les considèrent comme un type dégradé de ceux-ci. Deshayes en fait un 
embranchement latéral des Gastropodes et Woodward en forme une classe 
distincte entre les Gastropodes et les Brachiopodes, tout en reconnaissant 
que par leur structure extérieure ils se rapprochent plutôt des premiers, 
dont ils sont cependant de beaucoup inférieurs. 

S'il faut avec Deshayes admettre certains genres, douteux pour Wood- 
ward, ces petits organismes seraient très anciens, puisque les genres Theca 
et Conuïaria sont signalés dans les terrains silurien et permien. 

On ne connaît relativement qu'un petit nombre de Ptéropodes dans les 
terrains tertiaires ; l'on en trouve cependant de fort belles espèces dans 
certaines couches des terrains pliocènes de l'Italie. 

L'annonce de la découverte, faite par l'un de nous, de Ptéropodes dans 
le bassin de Paris, a soulevé dans le principe des observations préven- 
tives, mais à la Sorbonne, après des comparaisons attentives, le fait a été 
reconnu sans conteste. 



MÉMOIRES 101 

On sait que Deshayes a décrit une espèce de l'un des genres de Ptéro- 
podes de forme conique, mais aucun de forme hélicoïde n'avait encore 
été signalé à l'état fossile. Nous en connaissons maintenant plusieurs 
espèces qui se répartissent dans les principaux étages du bassin parisien. 

L'on a prétendu que nos Ptéropodes sont des Planorbes ; nous répon- 
drons par les observations suivantes : 

Tous les Planorbes sont dextres, ainsi que l'a prouvé Deshayes, quoiqu'il 
en ait cependant cité un individu sénestre; mais c'est là une exception, 
comme il a également mentionné un fusus tourné h gauche. 

Toutes nos espèces et tous nos échantillons de Ptéropodes sont sénestres. 

L'ouverture des Planorbes est presque constamment plus large que 
haute ou tout au moins presque circulaire; tous nos Ptéropodes ont une 
bouche anguleuse inférieurement. Cette forme de l'ouverture semble 
nécessitée par les organes de locomotion. 

Toutes nos espèces ont été trouvées dans des couches marines ; toutes 
aussi ont été découvertes en vidant de grosses coquilles marines. 

Tous nos exemplaires sont de très petite taille ; quoique cette observa- 
tion n'implique cependant rien relativement au genre auquel appar- 
tiennent nos spécimens, cette circonstance est cependant utile à noter. 

Les Ptéropodes hélicoïdes sont peu nombreux à l'état vivant et aucun, 
jusqu'à ce jour, n'a été, pensons-nous, cité à l'état fossile. 

L'on a donné bien des noms à ce genre, nous adapterons celui de 
Spirialis. 

Nous ne pouvons terminer ces quelques mots sans remercier notre 
honorable collègue M. A. Rutot, qui a bien voulu dessiner les échantillons 
figurés sur la planche jointe à ce travail. 

spirialis parisiensis, Wat. et Lef. 

(PI. V, fig. 3, a, b, c.) 

Localité : Essômes. 
Gisement : Calcaire grossier. 

Cette curieuse coquille a beaucoup d'analogie avec une espèce rapportée 
par M. Vélain de l'île Saint-Paul, mais elle offre des caractères spécifiques 
particuliers qui la distinguent de celle à laquelle nous la comparons. 
Ce ptéropode est de petite taille et son test est tellement fragile qu'on ne 
peut l'obtenir que dans le sable que contiennent les grosses espèces. 
Cette espèce est sénestre, un peu globuleuse et composée de trois ou 
quatre tours arrondis, dont le dernier cylindracé compose presque toute 
la coquille. La surface supérieure montre une petite spire plane dont le 
sommet n'est point proéminent et dont les tours sont réunis par une suture 



102 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

linéaire et peu profonde. La surface inférieure est percée d'un ombilic 
assez grand et profond. 

Toute la surface est absolument lisse et brillante. L'ouverture, longitu- 
dinalement modifiée par une légère saillie de l'avant-dernier tour, est 
anguleuse particulièrement dans la partie inférieure ; elle est plus longue 
que toute la coquille. Cette forme nous semble déterminée par les organes 
de locomotion. 

Nous avons trouvé dans l'intérieur d'une coquille plusieurs échantillons, 
qui sont les seuls connus. 

Longueur delà coquille, 1 1/2 mill.; largeur, 2 mill. 

spirialis mercinensis, Wat. et Lef. 
(PL V, fig. 2, a, b, c.) 

Localité : Mercin. 
Gisement : Sables inférieurs. 

Cette coquille est plus petite que la précédente et s'en distingue avec 
facilité. Elle est, comme ses congénères connues jusqu'à présent dans le 
bassin de Paris, sénestre et planorbiforme. 

Ce n'est que par analogie avec la précédente espèce, dont la nature ne 
peut laisser aucun doute, que nous avons rapporté celle-ci aux Ptéro- 
podes. 

La spire, composée d'un très petit nombre de tours, est un peu creuse à 
la façon des Planorbes ; les tours s'accroissent très lentement et le dernier 
occupe presque toute la coquille; ils sont réunis par une suture simple et 
sont cylindracés. 

La surface est entièrement lisse et brillante, comme nos deux autres 
espèces; la surface inférieure porte un ombilic qui laisse voir une grande 
partie des tours. 

L'ouverture, plus longue que large et légèrement anguleuse, est un peu 
oblique relativement à l'axe et plus haute que la coquille. 

Cette petite coquille est extrêmement rare; après de nombreuses 
recherches dans les fossiles de Mercin, nous n'avons réuni que 6 échan- 
tillons. 

Longueur de la coquille, 1 mill.; largeur, 1 1/2 mill. 

spirialis subanguostus, Wat. et Lef. 

(PL V, fig. \,a,b,c.) 

Localité : Mercin. 
Gisement : Sables inférieurs. 

Cette coquille se distingue facilement de la précédente par l'ensemble 



MEM01BËS 103 

de ses caractères; elle est relativement plus large par rapport à la hauteur. 
Elle est sénestre et très surbaissée, ce qui, à la première impression, la fait 
ressembler à un petit planorbe. 

La spire, composée de 3 ou 4 tours réunis par une suture simple et 
superficielle, n'est nullement saillante. Les premiers tours s'accroissent 
lentement et le dernier compose à lui seul presque toute la coquille ; il est 
subanguleux à la partie supérieure et arrondi dans le reste de sa surface, 
qui porte d'assez gros plis sur la région voisine de l'ouverture. 

Le reste de la surface est lisse et brillant. Sa partie inférieure est 
modifiée par un ombilic large et assez profond. 

L'ouverture, un peu plus longue que large, est triangulaire, le sommet 
est placé à la partie inférieure. Elle est plus haute que la coquille. 

L'échantillon figuré est le seul que nous connaissions. 

Longueur de la coquille, 1 1/2 mill.; largeur, 2 1/2 mill. 



LA 

OCIETE MAIACQLOGIQUE 



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L'EXPOSITION NATIONALE 

DE 1880 



NOTICE HISTORIQUE 



SUR LA 



SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

! 863- 1880 



Dans la séance du 6 novembre 1880, la Société malacologique, sur la 
proposition de M. Fr. Roffiaen, a décidé de publier, en tête du compte 
rendu de la part prise par ses membres à l'exposition nationale de 
1880, une notice historique rappelant la fondation de la Société et son 
développement jusqu'à ce jour. 

Cette tâche revenait à son Secrétaire, Jules Colbeau, qui n'a pu 
l'accomplir. La Société malacologique, on ne l'ignore pas, est l'œuvre de 
Colbeau ; il en eût retracé les débuts avec une précision de souvenirs que 
l'on essayerait en vain d'atteindre aujourd'hui ; il eût tempéré l'aridité de 
cette analyse avec la finesse remplie de bonhomie qu'il possédait à un si 
haut degré; il aurait été en droit de la montrer, avec fierté, parvenue au 
rang honorable qu'elle occupe parmi les sociétés similaires. 

Sans nous dissimuler les difficultés de notre entreprise, nous allons 
essayer de satisfaire au vote précité de la Société. 

L'existence de Colbeau avait fini par s'identifier avec celle de la Société 
malacologique, et c'est, hélas ! dans la biographie de notre regretté Secré- 
taire, écrite par M. Fr. Roffiaen avec l'émotion puisée dans de longues 
années de souvenirs intimes, qu'il faut chercher les premiers renseigne- 
ments sur notre Association. 

La première idée de la fondation d'une société malacologique en 
Belgique remonte à 1862. 

Vers cette époque, plusieurs naturalistes se réunissaient fréquemment 
chez Colbeau, pour causer de leurs études de prédilection. Ils s'occu- 



108 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

paient d'entomologie et de malacologie. Pour la première de ces branches 
existait un centre de réunion, un lien entre les amateurs : c'était la Société 
entomologique fondée à Bruxelles en 1855 ; mais pour la seconde, il n'en 
était pas de même; aussi ne tardèrent-ils pas à décider la création d'une 
société ayant pour but l'étude des mollusques. 

A l'aide des quinze volumes d'Annales publiés de 1863 à 1880, nous 
tâcherons de suivre la Société dans son développement progressif. 

T. I. —Années 1863-1864-1865. 

La première séance de la Société eut lieu le 1 er janvier 1863. C'est à 
cette date qu'elle fut régulièrement constituée. Les sept membres présents 
arrêtèrent les bases du règlement et se constituèrent en commission pour 
élaborer des statuts complets et pour porter, par voie de circulaire, les 
résolutionsqu'ils avaient prises à la connaissance des personnes s'occupant 
de malacologie. Nous donnerons ici les noms de ces premiers fondateurs 
de la Société; ils méritent d'être cités avec reconnaissance. C'étaient 
MM. Henri Lambotte, qui fut président de la commission provisoire, 
Firmin de Malzine, vice-président, capitaine Al. Seghers, J.-L. Weyers, 
E. Fologne, Fr. Roffiaen et Jules Colbeau, secrétaire. 

Le 6 avril 1863, la Société tint sa deuxième séance au Jardin zoolo- 
gique. Elle y vota les statuts qui nous régissent encore aujourd'hui. 
Dans un coup d'oeil historique sur son passé, il ne sera pas hors de propos 
de rappeler les principales dispositions de ce règlement dont on ne peut 
que constater la simplicité et la sagesse. 

Il est divisé en quatre chapitres formant une série de quinze articles. 
Le chapitre I définit principalement le but de la Société et stipule qu'elle 
entend la malacologie « dans son acception la plus étendue embrassant 
tous les animaux inférieurs, mollusques et radiaires, etc., soit vivants 
soit fossiles » . Il arrête que le siège social est à Bruxelles, règle les con- 
ditions où la dissolution peut être prononcée et stipule qu'aucune modi- 
fication ne peut être apportée à ce chapitre des statuts. 

Le chapitre II traite des membres de la Société, qui se divisent en 
membres effectifs, honoraires et correspondants, en nombre illimité. Ce 
chapitre fixe encore les limites dans lesquelles le chiffre de la cotisation 
peut varier et établit les droits des diverses catégories de membres. 

Le chapitre III est consacré aux dispositions relatives aux assemblées 
ordinaires et extraordinaires ainsi qu'à leur ordre du jour. On sait que 
la Société se réunit actuellement une fois par mois et que la réunion du 
mois de juillet est consacrée à l'assemblée générale. Le chapitre III de 
nos statuts nous permet de constater la seule dérogation qui ait été faite 
au règlement primitif. Elle consiste en ce que l'assemblée générale, 



MÉMOIRES 109 

d'abord fixée au 1 er juillet, a été reportée à la date de la séance men- 
suelle de juillet; cette dernière séance a été supprimée. Dire qu'après 
dix-sept ans d'exercice c'est tout ce que l'on a trouvé à modifier à notre 
règlement, n'est-ce pas en faire le meilleur éloge? 

Le chapitre IV concerne l'administration de la Société et détermine 
les attributions du conseil, qui se compose d'un président et de six mem- 
bres et choisit chaque année dans son sein un vice-président, un tré- 
sorier et un secrétaire. La principale disposition stipule que le président 
est nommé pour deux ans et n'est pas immédiatement rééligible, tandis 
que les membres, désignés également pour deux ans, peuvent être 
immédiatement réélus. 

Constatons l'heureuse influence de ce règlement sur la prospérité de 
la Société. La facilité de l'admission, l'égalité des droits de tous, la 
grande latitude laissée aux travailleurs relativement à leurs communi- 
cations, la modicité de la cotisation enfin, constituent de précieux avan- 
tages et assurent un recrutement continuel de nouveaux membres que 
des allures plus académiques tiendraient peut-être éloignés. 

A cette même séance du 6 avril, la Société avait entendu un éloquent 
discours de son président, Henri Lambotte, sur l'importance des sciences 
naturelles et le rôle utile et civilisateur des sociétés scientifiques. Elle 
avait aussi reçu plusieurs dons de livres, qui formèrent le noyau de sa 
riche bibliothèque. Mais ces deux séances, consacrées principalement à 
son organisation, ne constituaient en réalité qu'une période provisoire. 

L'assemblée générale du 1 er juillet 1863 marque la fin de cette première 
période ; aussi cette date fut-elle considérée comme le commencement 
effectif de l'année sociale. En raison de cette circonstance, le volume des 
Bulletins finit chaque année avec la séance de décembre et les annales ne 
contiennent pas de travaux présentés après cette date, tandis que les 
cotisations sont perçues du 1 er juillet d'une année à la même date de 
l'année suivante. 

S'inspirant de sentiments de bienveillance et de confraternité, les 
sept premiers membres fondateurs avaient décidé de reconnaître le 
titre de fondateurs aux personnes qui adhéreraient à la Société jusqu'à 
l'assemblée générale. A cette date, la nouvelle Association comptait 
vingt et un membres. C'étaient MM. Auguste Bellynck, Eugène Charlier, 
Charles Cocheteux, Jules Colbeau, Firmin de Malzine, comte Maurice 
de Robiano, baron Philippe de Ryckholt, baron Edmond de Selys-Long- 
champs, Jules d'Udekem, Gustave Dewalque, Félix Eloin, Égide Fologne, 
Louis Geelhand de Merxem, Henri Lambotte, l'abbé Michot, François 
Roffiaen, Adrien Rosart, Alexandre Seghers, Armand Thielens, Albert 
Toilliez et Joseph Weyers. 



i\0 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

En cette séance, la Société, représentée par neuf de ses membres, choisit 
pour son premier président Henri Lambotte, président de la commission 
provisoire. Les autres membres, dont les attributions furent fixées lors de 
la séance suivante, étaient MM. de Malzine, vice-président, Jules Colbeau, 
secrétaire et chargé des fonctions de trésorier et de conservateur, Weyers, 
chargé des fonctions de bibliothécaire, Fologne, Seghers et Rofîîaen. 

Le siège de la Société fut aussi définitivement établi au Jardin zoolo- 
gique, où un local lui fut concédé gratuitement, en échange du droit pour 
le public admis au Jardin zoologique de visiter ses collections. 

Ainsi constituée, la Société marcha tranquillement de l'avant. Le 
15 juillet, elle vota la première admission d'un membre effectif, 
M. J. Rothschild, membre de la Société géologique de France, à Paris, 
lequel d'ailleurs ne resta parmi nous que jusqu'au 7 mai 1865. Elle y vota 
aussi la nomination de deux membres honoraires, MM. Le Boeuf et Funck, 
directeurs du Jardin Zoologique de Bruxelles, « pour reconnaître d'une 
manière éclatante les services éminents qu'ils ont rendus à la Société à 
propos de son installation au Jardin Zoologique. » 

C'est de cette séance que date en réalité l'existence de la Société Malaco- 
logique ; avec elle commence une série non interrompue de communi- 
cations de tout genre, de valeur diverse, ainsi que d'étendue, se répar- 
tissant d'après ce double caractère dans le recueil des mémoires ou 
dans le bulletin des séances. Nous ne pouvons nous engager dans le 
compte rendu détaillé de toutes ces communications. Faudrait-il rappeler 
le temps où les séances étaient en partie occupées par la lecture d'articles 
de journaux qui constituèrent le premier fonds de la bibliothèque et que 
l'on a conservés avec le respect dû aux anciens souvenirs? Faudrait-il 
parler de ces réunions auxquelles assistaient trois, quatre ou cinq membres, 
dont le procès-verbal enregistre la conversation ? Nous ne le pensons 
point, tout en constatant l'intérêt qu'il y aurait à coordonner rigoureu- 
sement des matériaux de travail auquel leur isolement seul enlève parfois 
la plus grande partie de leur valeur. 

En relisant les procès-verbaux des séances, on est toutefois frappé d'une 
chose, c'est de la progression constante suivie par la Société : ses membres 
travaillent ; ils font des excursions et en rendent compte ; les collections 
commencent à s'organiser ; la bibliothèque s'accroît à chaque séance. 

Ceci dit, nous enregistrerons, sans insister, les principaux faits qu'il 
nous a paru intéressant de relever parce qu'ils marquent réellement une 
étape accomplie, un résultat réalisé. 

On trouvera d'ailleurs la mention des sujets traités dans les séances de 
la Société dans les chapitres spéciaux que nous leur avons consacrés. 

Le 21 octobre, « M, le capitaine Seghers propose d'envoyer régulière- 



MÉMOIRES lit 

ment aux membres le bulletin des séances de la Société ; il veut bien se 
charger de faire imprimer les premiers, sans frais de composition, pour la 
Société. » C'était évidemment avoir le sentiment de ce qui convenait, 
mais il ne paraît pas qu'il ait été possible d'y avoir immédiatement égard. 

Le 18 novembre, H. Lambotte « parle des avantages qu'il y aurait pour 
les membres de la Société à faire collectivement des excursions malaco- 
logiques dans le pays » . Nous n'insisterons pas sur l'utilité du système 
des excursions scientifiques. Simplement malacologiques au début, ou 
paléontologiques comme on le voit par la liste des localités recomman- 
dées par Lambotte, elles ne tardent pas à devenir également géologiques 
et à réunir un nombre de plus en plus grand de participants, membres 
de la Société ou étrangers à elle. On voit généralement ces derniers 
solliciter bientôt leur admission parmi nous. 

L'initiative de Lambotte était des plus heureuses à tous les points de 
vue, et la Société y donna suite en décidant qu'uue première excursion 
aurait lieu le 22 novembre suivant aux environs de Saint-Gilles, Uccle 
et Forest. 

Nous avons consacré un chapitre spécial aux excursions de la Société 
et nous nous permettrons d'y renvoyer le lecteur. 

Le 3 avril 1864, Colbeau donne lecture de la description et montre 
la figure d'une espèce fossile de la famille des Vermets qu'il nomme 
Siplionium ingens. L'impression de cette note est décidée dans les Annales 
de la Société. Ce fut le premier travail présenté pour ce recueil. 

Le 5 juin 1864, nous notons l'examen du dessin du diplôme pour le3 
membres, exécuté par M. Fologne et la nomination du premier membre 
correspondant, qui fut M. Ch. Lallemant, pharmacien à Alger. 

Au 1 er juillet 1864, le président, dans son rapport, constate l'augmen- 
tation du nombre des membres effectifs qui de vingt et un était monté à 
trente. Il y avait, de plus, deux membres honoraires et, comme nous venons 
de le voir, un membre correspondant. Le conseil avait jugé, en présence 
de certaines demandes de présentation, que « pour donner plus de prix à 
ces marques de distinction, il convenait de n'accorder ces titres qu'aux 
personnes qui auraient rendu quelque service à la Société naissante, ou 
qui envisageraient le titre de correspondant comme l'engagement d'une 
participation sérieuse à notre œuvre » . Sage mesure dont l'application est 
parfois difficile, mais que l'on se félicite toujours d'observer rigoureu- 
sement. 

En constatant la vitalité dont la Société avait fait preuve, le président 
rend hommage à la détermination prise par certains membres d'exposer 
une partie importante de leurs collections daus le local de la Société, afin 



H 2 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

d'éveiller l'intérêt du public. Ces félicitations, adressées principalement 
à MM. Colbeau et Seghers, étaient d'autant plus justement méritées qu'à 
cette époque les collections de l'État n'étaient pas accessibles et qu'il était, 
par suite, impossible de se faire une idée des ricbesses de la nature dans 
ses productions malacologiques. 

La situation de la Société était prospère ; mais elle ne publiait pas encore 
de bulletins faute d'argent, ni d'annales faute de travaux suffisants. Les 
statuts seuls étaient imprimés. En conséquence, elle avait peu de notoriété 
à l'étranger et ses relations avec les autres Sociétés scientifiques étaient 
fort restreintes. 

Le 7 août 1864, nous trouvons la mention d'un subside de 500 francs 
accordé par le Ministre de l'Intérieur pour aider à couvrir les frais de 
premier établissement de la Société. 

Les procès-verbaux des séances suivantes renferment des détails sur 
les recbercbes, les excursions, les travaux personnels des membres de la 
Société. Nous les rappellerons dans la seconde partie de ce Mémoire, où 
ils seront classés par ordre de matières. 

Le 11 juin 1865, la Société, sur la proposition de Colbeau, reconnaît 
aux membres le droit d'introduire aux séances mensuelles, en les présentant 
au président, une ou deux personnes étrangères à la Société. 

Le 1 er juillet 1865, l'état de choses relatif aux publications n'avait pas 
encore changé ; le rapport le constate. En lisant ce document, on s'aper- 
çoit que l'année 1865 fut à peu près nulle pour la Société : pas de publi- 
cations, pas de travaux, et avec cela un boni s'élevant seulement à 
81 fr. 72 c. Pour ne point se décourager, il fallait toute la foi que Colbeau 
avait dans son œuvre. 

En cette même séance, les deux années de présidence de M. Lambotte 
avant pris fin, M. Adan, qui s'occupait spécialement de micrographie, fut 
porté par les suffrages de ses collègues à la présidence de la Société. 

Le procès-verbal du 6 août 1865 donne les noms des autres membres 
du conseil. C'étaient MM. Lambotte, vice-président; Colbeau, secrétaire- 
trésorier; Weyers, bibliothécaire; comte de Robiano, Fologne et Seghers, 
membres. C'est encore dans ce procès-verbal que nous rencontrons la 
mention d'une demande adressée au gouvernement à l'effet d'obtenir un 
subside destiné à organiser une exposition publique d'animaux inver- 
tébrés. 

Le 3 septembre on a la certitude de voir accorder le subside désiré. 
L'assemblée s'occupe de l'exposition projetée et décide qu'elle aura lieu 
dans le courant de l'été 1866. L'exposition comprendra tous les ani- 
maux invertébrés, la rédaction du programme devant être arrêtée de 



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ANNALES 



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TOME XV 

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ANNEE 1880 



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P. WEISSENBRUCH, IMPRIMEUR DU ROI 

45, RUE DU POINÇON, 45 










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JUN 8 1893 

MÉMOIRES H3 

commun accord avec la Société Royale de Zoologie et la Société ento- 
mologique. 

Enfin, à la date du 1 er octobre 1865, est mentionné l'avis qu'un 
subside de 500 francs est accordé par le Ministre de l'intérieur pour 
aider la Société à organiser une exposition malacologique. Celle-ci 
devient dès lors le grand objectif de la Société. Le 5 novembre, un local 
lui est assuré par la Société de Zoologie. 

Le procès-verbal de la séance de décembre 1865 clôture le premier 
volume des Annales. A cette époque et après trois années d'existence, la 
bibliothèque de la Société comprenait quarante-quatre ouvrages ou tirés 
à part; les collections, dont il est plus difficile de se rendre compte, 
étaient groupées sous neuf numéros pour les espèces fossiles, au nombre 
d'au delà de 300, et sous douze numéros pour les espèces vivantes, au 
nombre d'environ 800. Il y avait deux membres honoraires, vingt-neuf 
membres effectifs et neuf correspondants. Trois membres avaient donné 
leur démission; trois autres, MM. d'Udekem, Mendel et Toilliez, étaient 
décédés. 

Les travaux imprimés dans le recueil des Mémoires furent : 

I. Description cVune espèce fossile de la famille des Vermets Siplionium 
ingens, par Jules Colbeau. — Avec planche. (Séance du 3 avril 18(34) ; 

II. Notes conchi/liologiques par le D r A. Senoner, traduites de l'italien 
par Fr. Rofriaen. (Séances du 3 septembre et du 5 novembre 1865) ; 

III. Excursions et découvertes malacologiques faites en quelques loca- 
lités de la Belgique pendant les années 1860-1865, par Jules Colbeau. — 
Avec planche coloriée. (Séance du 3 décembre 1865.) 

T. II. — Années 1866-1867. 

Le deuxième volume des Annales commence par le compte rendu de la 
séance du 7 janvier 1866. Le capitaine Seghers, toujours soucieux de ce 
qui peut contribuer au développement de la Société, propose d'envoyer à 
chaque membre, sous forme de bulletin-circulaire, le résumé des séances 
mensuelles, extrait des procès-verbaux; mais malgré son adoption, cette 
proposition n'eut pas encore de suite, bien que l'urgence de publier fût 
reconnue par tous les membres. Cette séance, l'une des plus remplies 
dont les procès-verbaux aient conservé le souvenir et dans laquelle plu- 
sieurs mémoires intéressants furent acceptés pour le recueil des Annales, 
semble avoir absorbé toute l'activité des sociétaires. Les réunions suivantes 
offrirent relativement peu d'intérêt. Deux questions paraissent avoir pré- 
occupé la Société vers cette époque : celle des aquariums et celle des 
mollusques alimentaires. La première fut l'objet de communications 
diverses, celle entre autres du capitaine Seghers (4 mars 1866), et donna 

1880 8 



1U SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

lieu à la publication d'un mémoire par M. Miller; la seconde, mentionnée 
nombre de fois au procès- verbal, aboutit, après l'annonce de la rédac- 
tion d'un rapport, à une très courte communication de M. Rosart, puis 
fut déclarée ajournée (2 décembre 1866). C'est l'un des meilleurs exem- 
ples que l'on puisse donner de la nécessité pour une Société de ne pas 
se bâter de mettre des sujets d'étude à l'ordre du jour, et de l'inutilité 
de les maintenir au programme lorsque les travaux promis tardent à être 
remis. 

Entretemps, une circulaire annonçant l'exposition avait été distribuée 
le 15 mars aux membres de la Société ainsi qu'à ceux de la Société ento- 
mologique. Le procès-verbal de la séance du 5 mai contient l'annonce de 
nombreuses promesses de participation. Il donne d'autre part de curieux 
détails sur une excursion faite le 18 mars à Rouge-Cloître par J. Colbeau 
et relatifs principalement à l'bibernation des mollusques. 

L'exposition de 1866, qui eut la plus beureuse influence sur l'avenir 
de la Société, n'a guère laissé de traces dans ses publications. C'est à 
peine si on pourrait en indiquer les étapes à l'aide de ces documents. 
Colbeau avait cependant réuni des notes destinées à un compte rendu 
détaillé, mais ce travail fut bientôt abandonné; il n'a jamais vu le jour, 
malgré la décision prise à cet égard en la séance du 1 er juillet. Quoi qu'il 
en soit, ces notes à peine ébauchées font apprécier l'importance des col- 
lections formées par les membres de la Société beaucoup mieux que ne 
le permet le catalogue môme de l'exposition, énumération faite à la bâte 
et trop sommairement des trésors réunis au Jardin zoologique. 

Il n'y aurait guère moyen de reprendre aujourd'hui, d'une manière 
pratique, l'idée de Colbeau. Comment mettre à exécution, après plus 
de 14 ans, un projet qu'il a paru impossible de réaliser lorsque les maté- 
riaux à décrire se trouvaient tous rassemblés? On peut toutefois constater 
que l'exposition avait réuni une quarantaine d'adhérents et que les objets 
étaient groupés sous 75 numéros dont chacun correspondait généralement 
à une véritable collection. Ainsi, d'après les notes de Colbeau, le contingent 
de M. Fologne (n° 19) comportait 23 cadres contenant plus de 3,000 mi- 
crolépidoptères de Belgique ; celui de M. Weyers (n° 63) consistait en 
20 cadres contenant plus de 1,500 buprestides, parmi lesquels beaucoup 
d'espèces nouvelles. 

Sans insister sur la partie entomologique de l'exposition, nous note- 
rons quatre dessins originaux, à l'aquarelle, de planches du Gênera, des 
coléoptères de Lacordaire par M. Migneau, de Paris, et une aquarelle 
de M. T. Deyrolle, de Paris, représentant un magnifique lépidoptère 
nouveau, de la famille des bombycides, envoyés trop tard pour figurer 
au catalogue. 



MÉMOIRES h \ 5 

En ce qui concerne la malacologie, l'exposition n'était pas moins 
brillante qu'au point de vue de l'entomologie. Colbeau avait exposé (n° 3) 
une « collection générale des mollusques vivants » . Voici textuellement 
les quelques lignes qu'il y consacre dans ses notes : « Envirou 5,000 es- 
pèces de coquilles vivantes choisies parmi les plus remarquables de la 
collection générale ; il serait difficile de citer les plus rares et les plus 
précieuses; plusieurs sont inédites ainsi qu'un grand nombre de variétés: 
types nombreux reçus directement de divers auteurs. La collection 
exposée compte plus de 10,000 individus. Le genre Hélix est représenté 
par environ 1,000 espèces, Bulimus 500, Cylindrella 100,Conus, Cyprœa, 
Oliva, Patella, chacun par 100; Murex, Mitra, Tellina, Pecten, chacun 
par 50, etc., etc. 

« Chaque espèce et variété est disposée dans une boîte carrée de carton 
blanc de grandeur variable, à bordure rouge, avec étiquette à encadrement 
rouge : un grand nombre de petites espèces sont, de plus, collées sur 
carton blanc. » 

Il avait encore exposé, sous la mention de « céphalopodes fossiles » 
(n° 4), 50 espèces de bélemnites et 150 d'ammonites, provenant pour la 
plupart de collections de divers auteurs et accompagnées d'étiquettes de 
leur main. 

M. Dubreuil, de Montpellier, avait envoyé un tableau contenant une 
série de 20 préparations anatomiques du genre Hélix, travail des plus 
remarquables, exécuté d'après un procédé propre à l'auteur et avec une 
exactitude ne laissant rien à désirer. 

Le capitaine Le Hon avait exposé des ptéropodes et des brachiopodes 
d'espèces vivantes de la Méditerranée, les uns fixés encore aux roches où 
ils ont vécu, les autres montés sur supports et disposés de façon à 
montrer l'intérieur des valves entrouvertes. Le môme savant avait encore 
envoyé une collection d'ammonites de grande taille, appartenant à divers 
étages géologiques, mais restées indéterminées. Colbeau fait remarquer à 
ce propos combien le manque d'ouvrages scientifiques dans les biblio- 
thèques publiques de Bruxelles arrêtait continuellement à cette époque les 
recherches des naturalistes. 

La collection générale des mollusques exposée par M. Roffiaen (n° 40) 
était disposée avec le goût qui caractérise les oeuvres de cet artiste. Aimant 
les sites éclairés et sachant distribuer la lumière dans ses tableaux, M. Rof- 
fiaen parvient, tout en soignant le détail, à ne pas nuire à l'effet de l'en- 
semble. L'arrangement et le choix de ses collections témoignent de la 
préoccupation constante qui guide son pinceau. Aussi les collections de 
M. Roffiaen sont-elles remarquables par la beauté des échantillons et par 
leur brillante disposition. Elles sont contenues dans des caisses garnies de 



110 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

maroquin rouge dans lesquelles chaque espèce occupe une case en carton 
blanc largement bordée de rouge pour les espèces vivantes et de noir pour 
les espèces fossiles. Ces mêmes couleurs encadrent encore les étiquettes, 
qui sont de papier rose pour les espèces terrestres, jaune paille pour les 
fluviatiles et azuré pour les marines. 

Trente-cinq de ces caisses contenaient environ mille espèces. 
L'envoi de M. Rosart (n° 42) consistait en une collection d'espèces du 
genre Ostrca, au nombre d'environ cinquante, avec l'animal des diffé- 
rentes variétés de YOstrea edulis modelé en cire. Cette collection curieuse 
montrait les grandes différences qui existent entre les variétés d'huîtres 
livrées à la consommation en Belgique. 

Sous le n° 47, M. Sauveur exposait 20 boîtes contenant environ 
2,000 coquilles à'Heliz nemoralis, claesées d'après un système particulier, 
basé sur le plus ou moins de largeur des bandes et leur plus ou moins 
d'écartement. L'exposant ayant fait connaître plus tard ce système dans 
les Mémoires de la Société malacologique, il serait inutile de s'y arrêter 
ici. Colbeau signale dans ses notes l'intérêt que présentaient plusieurs de 
ces coquilles au point de vue de la coloration. 

Le capitaine Seghers avait envoyé (n° 52) une collection de coquilles 
et de polypiers fossiles des systèmes bruxellien et laekenien des environs 
de Bruxelles. On y remarquait le bon état de conservation de plusieurs 
grandes espèces, et la présence de Nautilus Burtini avec leur test, ce qui 
est extrêmement rare daDS le terrain bruxellien. 

Sous le n° 53, le capitaine Seghers avait encore exposé un choix de 
polypiers d'espèces vivantes élégamment montés sur socles. 

M. Franz Seghers exposait des ammonites représentées par de beaux 
et grands exemplaires et une série « d'empreintes * obtenues à l'aide 
des « moules » de fossiles bruxelliens que l'on ne recueille guère que dans 
cette condition. D'après les notes de Colbeau, ces «empreintes» , en terre à 
modeler, étaient très bien réussies et d'un fort bel aspect. Certaines 
d'entre elles auraient pu être prises pour les coquilles mêmes. 

M. Shireff, de Lindenhouse, Limington (Hampshire), avait envoyé une 
cinquantaine d'espèces de Barton avec quelques-unes de Roy don 
(Angleterre), représentées par de beaux exemplaires dont il fit gracieu- 
sement don plus tard à la Société (6 janvier 1867). 

Le contingent de la Société malacologique môme comprenait 1,500 et 
non 1,300 espèces, comme le porte le catalogue, représentées par environ 
5,500 individus. 

Les principales de ces collections étaient : 
Une collection de coquilles terrestres et fluviatiles de Belgique. 
— — de diverses provinces de l'Autriche. 



MEMOIRES 117 

Une collection de coquilles de la mer Adriatique. 

— — fossiles des Apennins. 

— — — du bassin de Vienne. 

— — ■ — de Basele et de Boom. 

— — — deBracquegnies. 

— — et polypiers des divers terrains de la Bel- 

gique. 

L'envoi de M. Thielens se composait de fossiles du Calvados, remar- 
quables par leur taille et leur belle conservation. 

M. Weyers avait exposé, outre la magnifique collection entomologique 
dont il a été question plus haut, une série d'environ 200 espèces ou 
variétés de fossiles des argiles rupeliennes et des sables des environs 
d'Anvers. On y remarquait les fossiles trouvés à Edeghem, et que l'on 
n'avait pas encore eu l'occasion de voir exposés à cette époque. 

Il nous a semblé utile de rappeler le souvenir des richesses réunies au 
Jardin zoologique et de donner, même dans un intérêt purement rétros- 
pectif, cette amplification du catalogue. On peut juger ainsi des efforts 
que les membres de la Société malacolcgique avaient faits pour répandre 
le goût de leur science favorite. 

Bien des lacunes existaient dans ces diverses collections et de nom- 
breux terrains n'y étaient représentés par aucun fossile; mais l'ensemble 
témoignait hautement du courage des travailleurs et de la vitalité du 
groupe qui avait constitué la Société malacolcgique. L'exposition était 
un succès. M. Adau, président de la Société, le constate, toutefois, d'une 
manière beaucoup trop sommaire, dans le rapport annuel du 1 er juil- 
let 1866. Les résultats qui vinrent couronner les efforts de Colbeau et de 
ses collaborateurs ne sont pas encore nettement marqués dan3 ce docu- 
ment. La Société comptait alors 32 membres effectifs, ou seulement un 
de plus que l'année précédente. Quant aux publications, elles n'étaient 
pas commencées; la situation financière était bonne. La seule décision 
importante prise dans cette assemblée fut de publier des Annales, 
comprenant des Mémoires et des Bulletins. Les années 1863, 1864, 
1865 devaient former un volume, et l'année 1867 devait être comprise 
dans le tome II des Annales, si l'année 1866 était insuffisante pour consti- 
tuer un volume à elle seule. 

Le procès-verbal de la séance du 5 août 1866 mentionne l'envoi d'un 
certain nombre d'espèces terrestres d'Algérie, fait par M. Lallemant, 
pour en tenter l'acclimatation dans le pays. C'étaient les Hélix lacteci, 
II. candidissima, H. pyramidata, II. variabilis, II. cespiium, II. pi- 
sana, Bulimus decollatus, B. acutus, Acïialina, folliculus. 

L'exposition était à peine fermée que l'invasion du choléra interrompit 



118 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

les travaux des membres de la Société et la frappa cruellement dans la 
personne de l'un des plus dévoués d'entre eux, le capitaine Seghers, qui 
fut enlevé en quelques heures. 

Rien de particulier au point de vue scientifique n'est inséré aux 
procès-verbaux des dernières séances de l'année 1866. Il est même à 
observer que les trois publications qui figurent cette année dans le recueil 
des Mémoires furent présentées en une séance, celle du 7 janvier 1866. 

Ces travaux sont intitulés : 

I. Rapport sur les coquilles du dépôt tu face de Marche-les-Damcs, par 
Jules Colbeau ; 

II. Acclimatation constatée des Hélix vermiculata et candidissima dans 
le nord de la France, par Ch. Lallemant; 

III. Considérations sur l'établissement des aquariums , par Henry Miller. 
— Avec une planche teintée, dessinée par M. Fologne. 

Le procès-verbal de la séance du 3 mars 1867 contient des renseigne- 
ments, fournis par M. Lecomte, sur les mollusques des environs de Gratz. 
Dans celui du 7 avril est enfin mentionnée la distribution d'une partie du 
tome II des Annales de la Société, qui fut envoyée aux membres effectifs 
et aux membres honoraires. Quant aux Bulletins, ils furent distribués aux 
membres correspondants ainsi qu'aux trois Sociétés suivantes : entomo- 
logique de Belgique, de climatologie algérienne et des sciences naturelles 
du grand-duché de Luxembourg. 

Colbeau lit en la même séance une note intéressante sur des parasites 
de mollusques. M. Rosart parle d'une espèce de parasites de l'éperlan. 
M. Lambotfe fait une communication relative à son travail sur l'organisa- 
tion comparée des centres nerveux dans les mollusques, les articulés et les 
vertébrés. Le résumé succinct qui figure au procès-verbal est tout ce qu'il 
en a publié; c'est un simple sommaire. 

Le 5 mai, M. Eoffiaen soumet à l'as-emblée des instruments qu'il a fait 
confectionner pour extraire les mollusques de leur coquille ('), et parle du 
cocldearium dans lequel il se propose d'élever les variétés remarquables 
de nos Hélix. Colbeau, de son côté, attire l'attention des collectionneurs 
sur des pièces trop généralement négligées, telles que les granulations 
des arions, les limacelles des limaces, les opercules, les osselets des clau- 
silies, les dards des hélices, les épiphragmes, les mâchoires cornées, les 
œufs, etc. 

A l'assemblée générale du 1 er juillet 1867, le président, M. Adan, con- 
state l'accroissement notable des collections et de la bibliothèque, résultat 
dû à l'exposition organisée l'année précédente et à la publication des 

(') Voir séance du 6 décembre 1808. 



MEMOIRES 149 

Annales qui avaient fait connaître la Société à l'étranger. Cependant, à 
cette date, la première partie seule du tome II avait paru. Quant au 
tome I, rien n'en était encore publié. Le nombre des membres effectifs 
s'était maintenu à 32. 

L'activité scientifique se manifeste néanmoins à cette séance d'une 
manière un peu plus accentuée, par le dépôt de manuscrits de M. Du- 
breuil, par des lectures de travaux inédits et de correspondances intéres- 
santes, ainsi que par l'exhibition de pièces curieuses (Hélix liortensis scala- 
riforme). 

A la même date, le comte Maurice de Robiano fut élu président, en 
remplacement de M. Adan, arrivé au terme de son mandat. Le conseil 
de la Société fut alors composé de MM. Adan, vice-président ; Col- 
beau, secrétaire-trésorier; Weyers, bibliothécaire; Rosart et Lambotte, 
membres. 

Le procès-verbal de la séance du 7 juillet contient le compte rendu de 
l'excursion faite par la Société aux environs de Vielsalm, avec les mem- 
bres de la Société entomologique. La liste des mollusques recueillis s'élève 
à 38 espèces, mais elle ne se borne point à une sèche énumération de 
noms. Par les soins de Colbeau, elle est accompagnée de détails sur la 
station des espèces, d'observations critiques et de renseignements, qui en 
font une sorte de monographie locale intéressante. 

Le 4 août, M. Dewalque adresse une note sur l'emploi avantageux de 
l'acide phénique comme antiputride pour conserver les mollusques dans 
un état permettant facilement leur étude ultérieure, condition essentielle 
pour les malacologistes. 

Le 6 octobre, M. Roffiaen donne, en son nom et en celui de M. Timmer- 
mans, lecture d'un rapport détaillé sur le travail de M. Sauveur, intitulé : 
Du classement des variétés de l'Hélix nemoralis, L., et de /'Hélix hor- 
tensis, Mull., d'après l'observation des bandes de la coquille. Les conclu- 
sions des rapporteurs et le vote de l'assemblée consacrent une décision, 
prise déjà antérieurement en principe, d'admettre dans les Annales des 
travaux de savants étrangers à la Société. M. Roffiaen communique 
ensuite une petite liste de coquilles recueillies à Diepenbeek, et Colbeau 
fait part de la découverte d'un gisement de Succinées et d'Hélix subfos- 
siles sur les hauteurs de Schaerbeek, près de la chaussée de Louvain, vers 
le Kattepoel. 

Cette dernière communication n'est pas dénuée d'intérêt, surtout au 
point de vue géologique. Après quelques détails sur la couche fossilifère, 
il dit qu'elle repose sur le bruxellien et qu'elle est recouverte par du limon 
hesbayen; celui-ci, d'après M. Lambotte, serait remanié. Colbeau ajoute 
qu'il ne se croit pas autorisé à émettre une opinion sur l'âge et sur la 



120 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

formation du dépôt àsuccinées; « peut-être », fait-il remarquer, a appar- 
tient-il aux anciennes alluvions du système moderne, et doit-il sa forma- 
tion à des courants résultant de longues et fortes pluies » . Des deux espèces 
de succinées qu'il a recueillies, Colbeau en suppose une nouvelle et lui 
donne le nom de Succinca antiqua. Il la décrit et ajoute qu'elle semble 
tenir le milieu entre la S. ohlcvga, Drap., et la S.pvtris, L. 

Dans les procès-verbaux des dernières réunions de la Société en 1867, 
on trouve, pour la séance du 3 novembre : d'abord une lettre très 
flatteuse de M. Desbayes, qui venait d'être nommé membre honoraire 
le 1 er juillet; puis la mention du dépôt du second fascicule du tome II 
des Bulletins (pp. xli-lxxxviii), et enfin l'annonce de la découverte d'une 
nouvelle espèce à'Hirudo, faite par M. Le Comte dans les montagnes des 
environs de Léoben (Styrie). Le procès-verbal de la séance du 1 er décembre 
nous apprend que cette espèce a été décrite par AL Frauenfeld sous le nom 
à'Hirado Lecomtei. 

L'année 1867 marque d'une façon sensible la marche ascension- 
nelle de la Société. Ce résultat favorable, juste récompense du travail 
et du zèle de ses fondateurs, est constaté d'une manière très claire par 
l'accioissement des collections (1,053 numéros) et de la bibliothèque. Le 
tome II des Annales, qui se rapporte aux années 1866 et 1667, fait men- 
tion de 93 ouvrages reçus la plupart daus le courant de cette dernière 
année. 

Les travaux insérés dans le recueil des Mémoires étaient les suivants : 

I. Observations sur les époques d'hibernation et cV accouplement de 
quelques mollusques terrestres en Belgique, par Jules Colbeau. (Séances 
des 3 mars, 7 avril et 6 mai 1867) ; 

IL Note relative à une collection de coquilles exposée au calais du 
Champ-de-Mars , par la commission des Colonies françaises, par 
E. Dubreuil. (Séance du 2 juin 1867); 

III. Description de trois coquilles fossiles nouvelles, par F. de Malzine. 
— Avec une planche teintée. (Séance du 2 juin 1867); 

IV. Description d'une nouvelle espèce d'Hélix, par E. Dubreuil. — 
Avec une planche coloriée. (Séance du 1 er juillet 1867); 

V. Notice sur les mollusques comestibles et les coquilles utiles delà 
mer Adriatique, principalement en ce qui concerne les espèces des côtes 
de l'istrie, de la Dalmatie et des lagunes de Venue, par le D r A . Senoner. 
Traduit de l'allemand par Armand Thielens. (Séance du 4 août 1867); 

VI. Du classement des variétés de £'Helix nemoralis, L., et de THelix 
hortensis, Mull., d'après l'observation des bandes de la coquille, par Jules 
Sauveur. — Avec trois planches. (Séance du 4 août 1867.) 



MEMOIRES 121 

T. III. — Année 1868. 

L'année 1868 s'ouvre sous les meilleurs auspices : le dépôt, en la 
féance du 5 jauvier, de la fin du tome II des Annales et des Bulletins, 
encore publiée en décembre 1867. Les efforts de nos prédécesseurs com- 
mencent à être appréciés à leur valeur. Les maîtres les plus illustres les 
encouragent. Après Desbayes, le D r L. Pfeiffer remercie pour sa nomi- 
nation de membre bonoraire et s'exprime dans les termes les plus élogieux. 
Dans la séance du 1" mars 1868, M. Funck donne lecture d'une notice 
sur le EwpUctella aspergUlum, curieuse espèce d'épongé des mers des îles 
Philippines, véritable merveille de délicatesse qui restera toujours l'un 
des plus beaux ornements des musées d'histoire naturelle. Il en dépose en 
même temps, au nom de M. Ch. Jamracb, un fort bel échantillon pour les 
collections de la Société. 

Vers cette époque, le Ministère de l'intérieur accorde un nouvel encou- 
ragement à la Société en souscrivant à 30 exemplaires de ses Annales; la 
mention en figure au procès-verbal de la séance du 5 avril. Cet appui 
gouvernemental, d'ailleurs si nécessaire à toutes les sociétés scientifiques, 
développe le zèle des membres de la Société malacologique, et les procès- 
verbaux des séan es suivantes en donnent la preuve. Sans négliger les 
espèces fossiles, leur attention se tourne surtout vers les mollusques 
vivants, terrestres, fiuviatiles ou marins, sur leurs conditions d'existence, 
leur habitat, leurs variations. 

Dans cet ordre de recherches, il faut citer (5 avril 1868) la note de 
M. Lauzweert sur les bancs d'huîtres devant Ostende et la liste des mol- 
lusques marins, nouveaux pour la faune belge, recueillis en 1866 sur la 
plage d'Ostende par MM. Colbeau et Lauzweert. A la séance du 3 mai, 
Colbeau fait la proposition de confier à M. Eoffiaen, qui doit se rendre en 
Suisse, la mission de nouer des relations avec les sociétés scientifiques 
de ce pays. Le système de délégation inauguré alors par la Société et 
qu'elle met en pratique quand un de ses membres se rend à l'étranger, 
a donné, comme on le sait, les meilleurs résultats. 

Le procès-verbal de la séance du 3 mai 1868 contient le rapport de 
M. Staes sur les excursions faites à Forest les 9 et 14 avril, dans la pro- 
priété de M. Mosselman, le long du canal de Charleroi et dans les marais 
voisins, sur le territoire de la commune de Saint-Gilles. 

Le parc de M. Mosselman passe pour la seule localité du Brabant où le 
Cyclostoma elegans se trouve en abondance l . M. Staes y découvrit aussi 
deux exemplaires de YHehao obvofata, Mull., espèce considérée comme 
vivant, uniquement sur les terrains calcaires 2 . 

1 Procès-verbaux des séances du 6 décembre 1863, p. XLI, et du 5 avril 1868, p. XXI. 

2 Voir le procès-verbal de la séance du 7 octobre 1869, p. LXVI. 



122 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Le procès-verbal donne encore la traduction par M. Le Comte d'une 
notice de M. G. von Frauenfeld sur une Hirudo nouvelle dont il a déjà 
été question dans le bulletin de la Société ' et pour laquelle l'auteur 
crée le nouveau genre Xerobdella. 

A la séance du 7 juin fut transmise une demande faite par la Ligue de 
l'enseignement en vue d'obtenir le concours de la Société pour l'organisa- 
tion de la partie malacologique de son Musée populaire. Cette demande, 
conforme au but que la Société se proposait elle-même, fut accueillie, 
comme on le voit dans le procès-verbal de l'assemblée générale du 1 er juil- 
let, avec une sympathie générale pour laquelle M. Buis, secrétaire, fit 
parvenir les remerciements de la Ligue. 

Notons également pour la séance du 7 juin la traduction par M. Le Comte 
d'une notice de M. Senoner intitulée : De la spongiculture et de la pêche 
aux éponges dans la mer Adriatique. 

L'assemblée générale du 1 er juillet 1868 fut présidée par M. Lambotte 
en l'absence du président et du vice-président. Le rapport constate que la 
Société comptait à ce moment 65 membres dont 5 honoraires, 23 corres- 
pondants et 37 effectifs, et qu'elle se trouvait en relations d'échanges avec 
35 académies, sociétés ou journaux scientifiques. Au^si la bibliothèque 
s'était-elle notablement accrue dans le courant de l'année sociale. La 
distribution du tome II des Annales avait contribué à ce résultat. La 
publication du tome I était toujours en retard, mais le tiré à part des 
Bulletins de ce volume fut déposé en la même séance. 

Plusieurs résolutions importantes furent prises h cette date. D'abord 
on décida, sur la proposition du trésorier, l'établissement d'une Commis- 
sion des comptes, composée de trois membres chargés d'examiner les 
comptes et l'inventaire de la Société, avec mission de communiquer leurs 
observations au Conseil et à l'Assemblée générale annuelle. Le vote désigna 
MM. Seghers, Staes et Timmermans. Puis, sur la proposition de Colbeau, 
il fut admis en principe que chaque année une excursion malacologique 
serait faite par la Société. 

Diverses autres propositions ne purent être prises immédiatement en 
considération, et la discussion en fut remise à une Assemblée ultérieure. 
C'étaient, de la part de M. Le Comte, la proposition de recevoir des membres 
à vie, libérés de toute cotisation en versant une somme une fois payée, 
et, de la part de M. le comte de Robiano et de M. Van Volxem, une propo- 
sition tendant à changer l'époque de l'Assemblée générale. 

Le 5 juillet, Colbeau fait connaître les résultats de l'excursion qui 
avait eu lieu à Arlon du 30 mai au 2 juin. Suivant son habitude, il avait 

1 Séances des 3 novembre et 1 er décembre 1867. 



MÉMOIRES 123 

enrichi la liste des mollusques recueillis d'observations et de notes qui 
donnent une valeur constante à ces documents. A son exemple (2 août 
] P88), M. de Malzine communique des renseignements sur les mollusques 
recueillis par lui à Blankenberghe, et M. Dautzenberg fait part de la 
découverte de plusieurs exemplaires de Dreissena Cochleata, Kickx, dans 
le canal de Charleroi, à Bruxelles. 

Fondées dans le but de propager le goût delà science et d'en favoriser 
le développement, la plupart des Sociétés scientifiques rassemblent des 
collections et forment des bibliothèques. Et cependant, combien y a-t-il 
de travailleurs qui profitent des richesses mises à leur disposition, 
richesses que les grands dépôts publics ne possèdent pas toujours et que 
les particuliers, assez portés à spécialiser, n'ont généralement pas l'occa- 
sion de réunir? Colbeau dut probablement être frappé de la grande quan- 
tité de documents qui restaient ainsi inutiles pour les chercheurs. Aussi 
émit-il, le 6 novembre 1868, le vœu que le Bulletin bibliographique des 
Annales contienne l'analyse des ouvrages reçus dans le courant de l'année. 
Cette mesure éminemment utile reçut l'approbation unanime de l'Assem- 
blée; mais, en notre qualité d'historien véridique, il nous faut ajouter que 
ce vote ne fut suivi d'aucun commencement d'exécution. 

En la même séance, Colbeau soumit à la Société diverses coquilles 
offrant des particularités plus ou moins intéressantes. C'étaient : 

1° Des valves de YAstarte Basteroti, Lajonk., inverses, c'est-à-dire 
avec les dents de la charnière interverties, celles qui se trouvent ordinaire- 
ment sur la valve droite étant sur la valve gauche, et vice versa. Colbeau 
en avait recueilli six exemplaires au milieu d'environ deux cents qui 
provenaient du crag rouge de Borsbeek ; 

2° Des individus du Fiisus fasciolaroides, Nyst, transpercés à la 
columelle; 

3° Un exemplaire à' Hélix nemoralis, L., subfossile, avec perforation; 

4° Des coquilles univalves, Nassa reticuïata, L., Natica monilifera, 
Lamk., Natica intida, Donov., prolongées d'une façon singulière et 
provenant de la plage d'Ostende. 

Colbeau était un collectionneur passionné, mais un collectionneur 
intelligent. 11 savait fort bien que, pour soutenir une Société scientifique, 
il faut des travailleurs, et que l'on ne devient travailleur qu'après avoir 
réuni des matériaux dont la description et l'étude offrent d'autant plus 
d'attrait que la jouissance du possesseur est doublée de la satisfaction 
d'avoir recueilli les objets soi-même. 

Mieux que personne il savait combien il importe de propager le goût 
des collections afin d'éveiller celui des recherches scientifiques. En favo- 
risant le goût de3 excursions, il parvenait à ce double résultat de servir 



*2i SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

la science en même temps qu'il assurait des recrues à la Société malacolo- 
gique, à laquelle il se dévouait. Avec la générosité ordinaire de son carac- 
tère, il communiqua, le 4 octobre 1868, une liste d'espèces de mollusques 
avec indication des points où on pouvait les recueillir aux environs de 
Namur et de Rouge-Cloître. 

Le 8 novembre 1868 eut enfin lieu le dépôt du tome I des Annales de 
la Société, ce qui mettait un terme à une situation anormale et fâcheuse. 
Le volume fut distribué aux membres ayant acquitté la cotisation 
pour Tune des trois premières années d'existence de la Société. Dans la 
même réunion, Colbeau fit un rapport verbal sur l'excursion effectuée 
le 11 octobre à Lessines et déposa la liste des espèces recueillies à Les- 
sines même et à Tapignies. Le bulletin contient aussi d'autres rensei- 
gnements dus à M. Le Comte et à Colbeau sur la faune malacologique de 
ces mêmes localités. 

De son côté, M. Rofîîaen fait connaître les résultats de son voyage en 
Suisse et dépose pour les Annales une liste générale des espèces qu'il 
a recueillies; M. de Robiano parle du peu de succès de ses recher- 
ches malacologiques à Gastein; enfin, M. Funck annonce à l'Assemblée 
que le projet d'établir un aquarium au Jardin zoologique ne tardera pas 
à aboutir, la plus grande partie des fonds étant souscrite dès cette époque. 

Le 6 décembre 1838, dernière séance de l'année et date extrême pour la 
remise des travaux qui doivent figurer au volume des Annales, furent 
déposés des mémoires de M. Lallemant, de M. Lanzweert et de Colbeau. 
Le procès-verbal contient une note intéressante de M. Roûaaen relative- 
ment à quelques essais tentés par lui sur des Hélix, mais restés infruc- 
tueux, dans le but de leur faire prendre la forme scalaire en les contra- 
riant dans l'accroissement de leur coquille. On y trouve aussi la traduc- 
tion par M. Weyers d'une notice de M. le D r James Lewis, de 
Mohawk (N.-Y.), intitulée : Instructions pour recueillir et collectionner les 
copcilles terrestres et d'eau douce. M. Weyers eut la bonne idée de com- 
pléter ce travail très pratique : il y joignit une note, accompagnée de 
figures, relative au « Vide-Heîix » de M. Rofïiaen (voir séance du 
5 mai 1867, p. LîV), et la fit suivre de renseignements puisés dans l'ou- 
vrage de Lowell Reeve : Lcind and freshwater mollusks of tïie Britisli 
Isles, et applicables aux espèces recueillies en Belgique. Notons encore 
diverses observations de coquilles subfossiles à Papignies et à Rebaix 
(vallée de la Dendre), et de coquilles dans le limon hesbayen, à 10 mè- 
tres de profondeur, à Waremme, qui donnèrent lieu à des communica- 
tions de M. Le Comte et de M. de Selys-Longchamps. 

Le procès-verbal de cette séance du 6 décembre ne compte pas moins 
de 31 pages d'impression. 



MÉMOIRES 125 

Le recueil des Mémoires contient les travaux suivants : 

I. Notes conchyliologiques , par le D r Ad. Senoner, traduites de l'italien 
par Armand Thielens. (Séance du 5 avril 1868.) 

IL Malacologie des environs d'Alger, par Ch. Lallemant. (Séances du 
1 er décembre 1867 et du 6 décembre 1868.) 

III. Mollusques terrestres et (luvialiles recueillis en Suisse, par Fran- 
çois Roffiaen. — Avec une planche. (Séance du 8 décembre 1868.) 

IV. Liste générale des -mollusques vivants de la Belgique, dressée 
d'après les documents publiés par les auteurs, par Jules Colbeau. — 
Avec trois planches. (Séance du 6 décembre 1868.) 

V. Liste de zoophytes et de mollusques inférieurs {tuniciers et bryo- 
zoaires) du littoral belge, par Edouard Lanzweert. (Séance du 6 décembre 
1868.) 

T. IV. — Année 1869. 

Dans l'assemblée générale du 1 er juillet 1868, il avait été décidé que la 
Société malacolcgique visiterait les environs de Nieuport et, au mois de 
décembre suivant, la date de cette excursion avait été fixée aux jours de 
Pâques, 28 et 29 mars 1869. Une communication de M. Le Comte, à la 
première séance de Tannée 1869, concernant les dragues employées par 
M. S. Brusina et par M. le D r 0. Schmidt, vint fort à propos mettre à la 
portée des membres de la Société des moyens d'un emploi facile pour 
récolter des coquilles à de faibles profondeurs. Deux figures insérées dans 
le texte représentent ces appareils. 

Ce n'est pas tout de réunir des matériaux, il faut encore procéder à 
l'arrangement rationnel des objets recueillis. Chacun de nous, peut-on 
dire, adopte à cet effet un système particulier, pour lequel il faut avoir 
égard à des considérations multiples de dépense et d'emplacement. Il y 
aurait certainement intérêt à connaître les moyens mis en œuvre pour 
surmonter les difficultés matérielles et réaliser sous ce rapport le but à 
atteindre. 

L'exemple de M. Staes, qui donna lecture, le 7 février, d'une notice sur 
le mode de fixation des coquilles en collection, est bon à suivre et appelle 
un travail qui prendrait utilement place dans nos Annales. 

Au procès-verbal de la séance du 7 mars, nous trouvons une traduction 
due à M. Thielens de notes malacologiques de M. le D r Senoner, relatives 
aux recherches de M. le professeur Strobel dans la République Argentine. 
Outre la description de deux espèces nouvelles, Hélix Cuyana, Str., et 
Vaginulus Bonariensis, Str., nous y relevons des détails sur les mollus- 
ques acclimatés à Buenos-Ayres et leurs modifications. 

M. Le Bœuf, directeur général de la Société royale de zoologie, étant 
décédé, une notice biographique, extraite en grande partie du journal 



126 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

V Indépendance belge, fut lue par M. Rosartà la séance du 4 avril 1869 et 
insérée au procès-verbal. 

Entretemps, l'excursion à Nieuport avait été faite et M. Staes, chargé 
de rédiger le rapport, donnalecture de ce document à la séance du 2 mai. 
M. Staes y fait ressortir tout l'intérêt qui s'attache à l'exploration des 
environs de Nieuport et jette un coup d'oeil rapide sur les trois zones que 
l'on peut y distinguer : la mer et la plage, les dunes et la plaine cultivée. 
Il rappelle que le but de l'excursion était non seulement de récolter des 
matériaux d'étude, mais encore de visiter deux établissements industriels 
se rattachant à l'objet des études de la Société : l'établissement d'ostréi- 
culture et les fours à calciner les coquilles. Rarement événement répondit 
plus mal aux prévisions. Le premier point du programme, la visite de l'huî- 
trière de Nieuport, fut pour les excursionnistes une désillusion complète. 
L'huîtrière avait été transformée en une vaste garenne. Quelques détails 
historiques, dans lesquels entre M. Staes sur l'ostréiculture et sur 
l'entreprise tentée par la Société de pisciculture, sont peu connus et on les 
lira avec intérêt. D'ailleurs, le temps contraria beaucoup les excursion- 
nistes. Toute tentative de dragage fut impossible, et les explorations 
faites à Oost-Duynlcerke, Coxyde, Westende, Lombartzyde, donnèrent peu 
de résultats. Le 30 avril, une partie des membres retourna à Ostende. Les 
autres se rendirent à La Panne, où le littoral présente les mêmes carac- 
tères qu'à Nieuport, avec cette différence que les coquilles marines y sont 
jetées sur la plage en plus grande abondance que partout ailleurs en 
Belgique. M. Staes rappelle à ce propos les tentatives de M. Bortier en 
vue « d'utiliser l'immense dépôt coquillier de La Panne pour l'amendement 
des terres, en substituant les coquilles calcinées aux différents calcaires 
employés jusqu'alors » . M. Staes analyse le travail de M. Bortier, édité 
en 1853 et intitulé: Des coquilles marines employées pour l'amendement 
des terres. L'auteur expose tous les avantages qu'il y aurait à procéder 
en Belgique comme on l'avait fait en France et en Angleterre dans des 
conditions analogues, mais le succès ne vint pas couronner les efforts de 
M. Bortier, et les fours à calciner n'existaient plus. On ne peut que con- 
stater à cet égard, comme pour l'huîtrière de Nieuport, combien nombre 
d'entreprises, dont l'opinion publique s'occupe un moment, échouent 
complètement sans que les spécialistes, qui auraient intérêt à se 
renseigner sur leurs vicissitudes et sur la raison d'être de celles-ci, en 
aient connaissance l . 

1 M. de Malzine avait donné, à la séance du 18 novembre 1863, « quelques détails sur les 
hultrières artificielles créées dans les fossés de Nieuport par la Société de pisciculture et 
sur les résultats obtenus jusqu'à ce jour », mais le procès-verbal n'en fait pas plus ample 
mention. 






MÉMOIRES 127 

Une liste des mollusques recueillis pendant l'excursion termine le 
compte rendu de M. Staes. Ce document nous a paru de nature à être 
rappelé d'une manière particulière a l'attention des membres de la Société. 
Il montre combien une exploration du littoral, tentée dans un moment 
favorable, offrirait d'attraits par les nombreux sujets d'étude qu'elle 
comporte. 

Le reste de la séance du 2 mai 1869 fut consacré h la discussion des 
sujets suivants : 

Procédés employés pour la conservation des mollusques (MM. Van den 
Broeck, Van Volxem et Lambotte) ; 

Abondance de YUnio margaritifer, dans le ruisseau de Poix *, contras- 
tant avec la rareté des coquilles dans les régions dépourvues de rocbes 
calcaires (baron de Selys-Longcharnps et H. Lambotte). 

Colbeau communique ensuite une liste de coquilles recueillies par 
M. Le Comte à Lessines, et présentant quelques particularités au point 
de vue delà coloration et de la forme (taille, difformités...). M. de Malzine 
présente une valve d'Ostrea du Tourtia de Bellignies, offrant un cas de 
perforation. M. de Malzine l'attribue à des mollusques lithophages, bien 
qu'il n'en connaisse pas dans ce terrain. D'autres membres y voient sim- 
plement un résultat de l'érosion des eaux. 

Le procès-verbal de la séance du 6 juin 1869 contient l'annonce de la 
mort de M. Pb. Vander Maelen, directeur de l'établissement géographique, 
et le vote, sur la proposition de M. de Robiano, d'une motion de regrets 
à l'occasion de cet événement. La manière bienveillante dont tous les 
hommes de science étaient accueillis chez M. Vander Maelen et l'obligeance 
avec laquelle il mettait à leur disposition sa bibliothèque et ses collections 
d'histoire naturelle firent un devoir à l'assemblée de s'associer aux senti- 
ments exprimés par M. de Robiano, bien que M. Vander Maelen ne fût 
point membre de la Société malacologique. 

Le procès-verbal contient également une notice de M. Dubreuil inti- 
tulée : Description à" une Hydrobie nouvelle, Hydrobia Paladilhi, E. Du- 
breuil. Trois figures au trait, insérées dans le texte, accompagnent ce 
travail. 

On y trouve encore une liste rédigée par Colbeau de mollusques 
recueillis à Lanaeken, pendant une excursion faite les 16 et 17 mai avec 
la Société Entomologique et l'annonce delà découverte faite par M. Van den 
Broeck, aux environs de Bruxelles, de deux variétés nouvelles pour notre 
faune, le Planorbis rotundatus, var. septemgyratus, et le Planorbis cor- 
neîis, var. albinos. 

L'assemblée générale du 1 er juillet 1869 fut présidée par M. Lambotte, 

1 Voir 19 août 1863. 



128 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

en l'absence du président et du vice-président. Le rapport constate que 
le nombre des membres s'élève à 68, dont 4 honoraires, 39 effectifs et 
25 correspondants; 42 sociétés scientifiques échangent régulièrement 
leurs publications, 10 sociétés sont en relations avec la nôtre à d'autres 
points de vue, notamment la Société de l'Aquarium du Jardin zoologique, 
dont le directeur, M. Funck, avait mis le bassin à la disposition de nos 
collègues pour leurs études. La bibliothèque et surtout les collections se 
sont accrues dans des proportions considérables ; l'emplacement commence 
à leur faire défaut. 

En ce qui concerne les publications, les Mémoires du tome III étaient 
imprimés, ainsi qu'une partie des Bulletins. Le premier mémoire du 
tome IV (1869) était aussi imprimé à cette date. 

Les recettes de l'année 1868-1869 se montaient à 2,440 fr. 30 c. ; les 
dépenses, à 2,291.90 ; les dettes étaient d'environ 1,000 francs. 

En cette réunion, la date de l'assemblée générale fut maintenue au 
1 er juillet et la séance ordinaire de ce mois, trop rapprochée de l'assem- 
blée générale, fut supprimée. 

Sur la proposition de la commission des comptes, une nouvelle commis- 
sion fut nommée pour procéder à l'arrangement des collections. 
MM. RofBaen, Staes et Van den Broeck en furent élus membres. 
Sur la proposition de MM. Colbeau et Staes, on choisit ensuite Mariem- 
bourg comme but de l'excursion de la Société. 

L'assemblée avait encore h procéder à l'élection de son président pour 
les années 1869-1870 et 1870-1871, en remplacement de M. le comte de 
Robiano, non rééligible. Les suffrages se portèrent unanimement sur 
Colbeau. Ce vote nécessita la nomination de quatre membres du Conseil, 
de sorte que celui-ci fut composé de la manière suivante l : 

Président, J. Colbeau; vice-président, comte de Robiano; secrétaire, 
M. Staes; trésorier, M. Fologne ; bibliothécaire, M. Weyers; membres, 
MM. Lambotte et Miller. 

Le procès-verbal de la séance du 5 août ne contient que l'annonce de 
la découverte faite par M. Rofïïaen, à Hastière, de X Hélix arhustorum, L., 
espèce peu répandue dans le pays, et celle du résultat de quelques explo- 
rations de M. Van den Broeck. Pour la séance du 2 septembre, nous notons 
le dépôt du tome III des Annales et du tome III des Bulletins de la 
Société ; l'exhibition d'un magnifique exemplaire de Planorbis compla- 
natus, L., recueilli à Saint-Gilles par M. Van den Broeck 2 , enfin, la men- 
tion d'une délégation donnée à M. Staes, qui était sur le point d'entre- 
prendre un voyage dans le midi de la France. 

1 Voir séance du 5 août 1869. 

2 Voir pi. 2, fig. 1. 



MÉMOIRES 129 

Le procès-verbal de la séance du 7 octobre 1869 contient deux docu- 
ments intéressants. 

En premier lieu vient le Compte renïu de l'excursion de la Société 
Malacologique à Mariembourg et à Chimag, les 12 et 13 septembre 1869, 
par Jules Colbeau. Contrariée par le mauvais temps, l'excursion ne réunit 
que MM. Le Comte, Weyers, Roffiaen et Colbeau. L'exploration du grand 
étang- de Roly ne put se faire, mais le compte rendu donne la liste des 
espèces observées aux environs de Mariembourg et celle des espèces 
recueillies pendant le trajet de Chimay à Virelles, avec quelques détails 
sur la faune du parc de Chimay et de l'étang de Virelles. Renonçant à 
l'exploration des environs de Couvin, les excursionnistes revinrent par la 
vallée de la Meuse. Colbeau recueillit à Hastière une Hélix fruticuvi , 
Mull., sénestre; M. Le Comte, un Bulimus Mcnlicanus, Pfr., vivant et 
M. Roffiaen plusieurs Zonites voisins du Z . glaber, Stud., espèce non 
encore citée pour le pays. 

Une petite liste de coquilles récoltées près de la gare d'Ottignies 
termine ce compte rendu. 

Vient ensuite au procès- verbal la Liste des mollusques terrestres et flu- 
matiles rencontrés dans l'île de Wiglit pendant l'été de 1869, par Théophile 
Le Comte. C'est une énumération de trente-sept espèces, avec indication 
de localité et détails relatifs à l'habitat, à la coloration, etc., etc., 
En la môme séance, M. Van den Broeck présente une nouvelle variété 
à'Arion rufus qu'il distingue sous le nom de fasciatus (*) et Colbeau, de 
son côté, montre « plusieurs exemplaires subfossiles de Hélix obvoluta, 
recueillis à Schaerbeet par M. le D r C. Max, entre la couche végétale et 
le sable ». Colbeau rappelle à cette occasion que cette espèce, « que l'on 
ne rencontre plus vivante aux environs de Bruxelles a été découverte dans 
les mômes conditions à Forest par M. Staes, lors d'une excursion faite par 
la Société ( 2 ) » . 

On trouve encore dans le procès-verbal de la séance du 4 novem- 
bre, une Notice sur la faune malacozoologique de la Courtaude, par M. le 
pasteur J.-H. Kawall, de Poussen (Courlande), qui valut à l'auteur le titre 
de membre correspondant. 

A propos de cette communication, la Société décide « que les observa- 
tions des rapporteurs seront communiquées aux auteurs et pourront être 
publiées en renvoi, en même temps que le travail ou insérées simplement 
dans le procès-verbal de la séance ». On ne peut, à notre avis qu'approu- 
ver une telle décision ; car, à moins de conclure simplement à l'impres- 
sion, les rapports confiés à ceux des membres de la Société qui se sont le 

(') Voir pi. 2, fig\ 3. 

y-) Voir séance du 3 mai 1868. 

1S80 9 



<30 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

plus occupés du sujet soumis à leur examen contiennent des observations 
utiles. Souvent on y trouve des renseignements inédits qu'il serait 
fâcheux de laisser perdre. 

La notice de M. Kawall donne la liste des mollusques fluviatiles et ter- 
restres de la Courlande et de la Livonie, précédée de quelques détails sur 
ces contrées et accompagnée de renseignements bibliographiques, d'obser- 
vations sur les coquilles, principalement sur le Dreissena polymorpha, 
Pallas, ainsi que d'une liste des espèces citées qui se retrouvent dans la 
partie boréale de l'Asie, en Sibérie et daus le voisinage du fleuve Amour. 

En la même séance, SI. Weyers donne lecture de la traduction d'un nou- 
veau travail du D' James Lewis, faisant suite à celui qui est inséré dans - 
le tome III des Bulletins de la Société. (Décembre 1867, p. LXXXIV.j 
Intitulé comme le premier article : Instructions pour recueillir les mol- 
lusques terrestres et fluviatiles, ce travail est accompagné de figures 
représentant les outils les plus nécessaires au chercheur. Il est enrichi 
de notes et d'observations dues au traducteur et de conseils pour 
nettoyer et conserver les coquilles. Deux annexes y sont jointes. Dans 
l'une, V>. Weyers fait connaître la recette de la liqueur dont se sert 
M. Van den Broeck pour conserver en collection les mollusques nus, tels 
que les Avion, Limax, etc. ; dans l'autre, il indique le moyen employé par 
M. Ralph Tate pour arriver au même résultat. 

M. Craven montre dans la même séance une Hélix vivante,^, ligulata, 
qu'il avait rapportée de Madras au mois de février et qu'il promet de 
décrire pour les Annales. 

La question de local, question vitale pour toutes les institutions scienti- 
fiques non officielles, fut examinée dans la séance du 2 décembre. Jusqu'à 
ce moment, la Société avait occupé le rez-de-chaussée de l'ancienne maison 
de campagne située au milieu du parc du Jardin zoologique. Mais dans la 
séance précitée M. Funck, directeur du Jardin, demanda l'autorisation de 
disposer de la salle des séances pendant les mois de décembre et de jan- 
vier ('). Cette demande fut naturellement accordée. Toutefois, M. Funck, 
reconnaissant les inconvénients que le nouvel état de choses allait créer, 
proposa à la Société de transférer son siège à l'étage du local où elle 
était installée. La proposition ayant été adoptée par l'assemblée, il fut 
convenu que les démarches nécessaires seraient faites pour en obtenir la 
réalisation. 

Le procès-verbal contient encore une note de M. Van den Broeck inti- 
tulée : Mollusques découverts en quelques localités de la Belgique pendant 
Vannée 1869. C'est le résultat de recherches suivies daus certaines loca- 

(') Où trouvera dans le procès-verbal de la séance du l cr juillet 1863 les détails relatifs à 
l'accord conclu entre las deux Sociétés. 



MÉMOIRES 131 

lités, sommaires dans d'autres. Notons : pour Anvers, Limnœa auricula- 
ria, L., albinos, seule espèce citée; — pour Lierre, 29 espèces, parmi 
lesquelles Limnœa limosa, L., albinos; Bytliinia vitrea, Drap., nouvelle 
pour la faune belge, représentée par la variété bulimoidea, Mich. ; Palu- 
dina contecta, Millet, var. minor,- — pour Bruxelles et ses environs, 
11 espèces, parmi lesquelles PJiysa acuta, Drap., dont plusieurs exem- 
plaires pris vivant sdans le canal de Charleroi ('). Cette espèce n'avait 
été signalée jusqu'alors que par M. de Malzine, d'après des coquilles 
vides recueillies sur la plage de Blankenberghe ; Planorbis complana- 
tus, L., scalaire etsénestre ( 2 ) ; Physa fontinalis , L., var. curta; — pour 
l'abbaye de Villers, 19 espèces, parmi lesquelles Hélix Mspida? var. albi- 
nos ; — pour Beloeil, Arion ru fus, L., avec la var. fasciaius; — pour 
Dinant, 5 espèces, parmi lesquelles une Hélix hortensis, Mull., à spire 
planorbique. 

Le procès-verbal contient enfin un travail de M. de Malzine intitulé : 
Résultats d'une excursion faite à Ostende les 6 et 7 novembre 1869, par 
MM. Alfred Craven et F. de Malzine. C'est une liste de 22 mollusques 
acépbales, de 33 mollusques cépbalés marins, fluviatiles et terrestres, et de 
8 échinodermes et radiaires, auxquels il faut ajouter une valve de Lutraria 
flliptica, espèce que M. de Malzine n'avait pas encore rencontrée sur nos 
côtes, et un Cardium, dont il dit n'avoir pu découvrir aucune figure et 
qu'il dédie sous le nom de G. Craveni à son compagnon d'exploratiou. 

En résumé, et nonobstant l'insuccès de deux excursions organisées par 
la Société, l'année 1869 se signale par la persistance des membres tant 
anciens que nouveaux à explorer le pays, aussi bien sur le littoral que 
dans l'intérieur des terres. Les Bulletins permettent de constater des 
recherches systématiques et témoignent du soin que les explorateurs 
apportent à la conservation de leurs récoltes. 

Dans le cours de cette année, 113 publications diverses, volumes de 
tous formats, tirés-à-part ou simplement recueils de statuts, ont pris place 
dans la bibliothèque de la Société. Les dons consistent en plus de 
4,800 échantillons inscrits au registre sous 1,100 numéros (2917-4016). 
La liste des membres honoraires contient 4 noms ; celle des membres cor- 
respondants, 29 ; les membres effectifs étaient au nombre de 43. Trois 
membres étaient décédés : le comte Maurice de Robiano, sénateur, mem- 
bre fondateur et ancien président de la Société; M. Le Bœuf, directeur 
général de la Société royale de zoologie, membre honoraire (1863-1869), 
et M. Zelebor, conservateur du Musée impérial et royal de zoologie de 
Vienne, membre correspondant (1867-1869). 

(') Voir procès-verbal de la séance du 7 avril 1870. 
(*) Voir planche 2, fig. 1. 



132 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Les travaux suivants figurent dans le recueil des Mémoires : 

I. Catalogue des mollusques du Spitzberg recueillis par le D' H. Kroyer 
pendant le voyage de la corvette la Recherche, en juin 1838, par le 
D r C.-A.-L. Môrch. (Séance du 3 janvier 1860.) 

II. Notice sur les Acinetina et en particulier sur J'Acineta mystacina, 
Ehr., par Henry Miller. — Avec une planche. (Séance du 2 mai 1869.) 

III. Monographie des Campylœa de la Dalmatie et de la Croatie, par 
Spiridion Brusina, traduit de l'italien, sur l'original, par Théophile 
Le Comte. (Séance du 6 juin 1869.) 

IV. Observations malacologiques , par Ernest Van den Broeck. — Avec 
une planche. (Séance du 4 novembre 1869.) 

V. Observations sur J'Helix ligulata, Fér. de Madras, par Alfred-E. 
Craven. — Avec une planche. (Séance du 2 décembre 1869.) 

Tome V. — Année 1870. 

Le procès-verbal de la première séance de l'année 1870 contient l'an- 
nonce du décès du comte M. de Robiano, vice-président de la Société. Une 
assemblée générale extraordinaire, convoquée le 3 février 1870, nomme 
en son remplacement comme membre du conseil M. Th. Le Comte, et le 
conseil désigne ensuite H. Lambotte comme vice-président pour la fin de 
l'année sociale 1869-1870. 

Le 7 avril, M. Van den Broeck communique la découverte qu'il vient de 
faire d'un assez grand nombre de Physa acuta dans le canal de Charleroi. 
M. Le Comte et M. Timmermans font part de leurs remarques sur les 
mollusques qu'ils ont pu observer à cette date. M. Cogels attire l'atten- 
tion des membres de la Société sur les travaux en cours d'exécution aux 
nouveaux bassins d'Anvers dans le « crag gris (') », et signale la décou- 
verte d'une espèce nouvelle pour la faune belge, le Conus Noœ, Broc ( 2 ). 
Enfin, Colbeau communique une lettre de M. Lanzweert, annonçant 
l'acclimatation de la Patella vulgata sur la côte d'Ostende, où il la cultive 
depuis environ deux ans. 

Le procès-verbal de la séance du 5 mai enregistre la démission donnée 
par M. de Malzine.àla suite de contestations survenues à l'occasion d'un 
travail de ce naturaliste relatif à deux Cardium nouveaux. 

Les rapporteurs nommés par la Société, MM. Le Comte et Lanzweert, 
ayant relevé certaines contradictions entre la description des espèces et 

(') Cette couche a reçu depuis lors le nom de « sable à Isocardia cor ». 

( 2 ) Cette espèce provient des sables à Pectunculus pilosus et non du « crag gris » 
actuellement sable à Isocardia cor, comme l'indique le procés-verbal. Avec le système de 
publication immédiate de procès-verbaux provisoires, ces erreurs sont devenues impos- 
sibles. 



MEMOIRES 133 

les figures, M. de Malzine avait déjà retiré ce travail dans le cours de la 
séance du 7 avril. 

La Société, de son côté, renonça à la publication de la Description 
d'une Volute nouvelle de la Chine, Voluta Cravkni, dont l'impression 
avait été décidée sur le rapport de MM. Briart et Cornet. La notice 
biographique de M. de Robiano, ancien président de la Société, confiée à 
MM. de Malzine et Baudouin de Jonghe, ne vit pas non plus le jour à la 
suite de cet incident. 

Le procès-verbal de cette séance renseigne de nombreuses excursions 
faites individuellement par les membres de la Société. 

Voici les noms des localités visitées et ceux des explorateurs, ainsi que 
les principales particularités mentionnées : 

Nieuport et Ostende : MM. Van den Broeck, Bauwens et Roffiaen. 

Anvers : MM. Van den Broeck, Cogels et Purves. Ancylus lacustris 
fixé sur l'élytre d'un hyménoptère {Naucoris cimicoïdes) (')• Coquilles sub- 
fossiles : un Cylostoma elegans et plusieurs Neritina jîuviatilis ( 2 ). 

Calmptbout : M. Weyets. 

Anderlecht (canal de Charleroi) : M. Van den Broeck. Physa fontinalis , 
abondante. 

Saint-Gilles (hauteurs, vers la chaussée d'Alsemberg) : M. Van den 
Broeck. Limon avec coquilles subfossiles. 

Namur : M. Roffiaen. Une Hélix hispida'! alhinos et de forme variée, 
tantôt très élevée, tantôt aplatie. 

M. Roffiaen communique ensuite qu'il a trouvé au Mont Saint-Bernard, 
à environ 9,500 pieds d'élévation, dans les racines d'une espèce de 
arenaria, de nombreux exemplaires d'Hélix pulchella ne différant pas de 
ceux rencontrés dans la plaine. L'Hélix costala généralement regardée 
comme type de l'espèce y faisait défaut. La Vitrina pellucida, Mûll, avait 
été trouvée dans les mômes racines par M. Roffiaen, en 1868, au Riffel- 
berg, à 9,000 pieds d'élévation. 

Le 2 juin 1870, M. Bauwens fait part de ses observations sur une 
ponte de Cyclas ; M. Timmermans fait voir des variétés rares des Hélix 
nemoralis et hortensis, recueillies aux environs de Bruxelles, et M. Van den 
Broeck annonce la découverte de YAzeca tridens {Bulimns Menkeanus) 
dans la vallée de l'Orneau, près de Moustiers. 



(') Dans le grand fossé de la citadelle du Nord, à Austruweel. 

( 2 ) D'après Je procès-verbal, ces coquilles se seraient trouvées dans une couche de 
« limon » moderne. C'est une erreur. Elles proviennent d'une couche de sable avec gra- 
vier coquillier. M. Van den Broeck en indique la position dans son mémoire intitulé : 
Excursions, découvertes et explorations malacologiques faites en Belgique pendant 
l'année 1870. Ann. Soc. Malac. de Belgique, t. V. 



134 SOCIÉTÉ MALAGOLOGIQUE DE BELGIQUE 

MM. Colbeau, Roffiaen et Lambotte ont trouvé Physa acuia en grande 
quantité dans le canal de Charleroi, près de Veewyde. 

Entretemps, la direction de la Société royale de zoologie avait accordé à 
la Société les salles situées à l'étage du bâtiment dont elle occupait le rez- 
de-chaussée. Le nouveau local fut inauguré lors de l'assemblée générale 
du 1 er juillet. 

D'après le rapport du Président lu dans cette séance, le nombre des 
membres était de 79, dont 4 honoraires, 29 correspondants et 46 effectifs. 
L'année précédente, ce dernier chiffre n'était que de 39. 

La Société était en relation avec 68 sociétés correspondantes, se répar- 
tissant par pays de la manière suivante : 14 en Belgique, 13 en Alle- 
magne, 10 en Suisse, 8 en Autriche, 6 en France, 6 en Italie, 5 en Russie, 
4 aux États-Unis, 1 en Danemark, 1 en Hollande. 

Le rapport constate que le départ de M. Funck, directeur de la Société 
de l'Aquarium, a malheureusement empêché de réaliser le projet d'utiliser 
les bassins de cet établissement pour les études de la Société Malacolo- 
gique. 

Pendant l'année 1869-1870, la bibliothèque s'est accrue de plus de 
200 ouvrages, et M. Staes a fait très généreusement don à la Société de 
sa collection entière de coquilles (3,000 espèces représentées par plus de 
15,000 exemplaires, contenus dans 150 caisses). 

Dès les premières séances, les membres avaient adopté l'usage de don- 
ner leur portrait à la Société. On trouvera en note du document dont nous 
nous occupons la liste des portraits contenus dans l'album. 

Le nombre des membres avant fréquenté les séances s'était beaucoup 
accru dans le courant de l'année sociale, et le président avait attribué ce 
résultat à un changement apporté aux jours et aux heures des séances. 
Celles-ci, au lieu de se tenir le premier dimanche de chaque mois, à deux 
heures, avaient été fixées au premier jeudi, à deux heures, pour la période 
d'hiver (octobre à mars), et à six heures pour la période d'été (avril à sep- 
tembre). En 1870, l'assemblée changea de nouveau cet état de choses et 
décida que les séances auraient lieu pour la période d'hiver, le premier 
dimanche de chaque mois, à deux heures, et pour la période d'été, le 
premier jeudi de chaque mois, à six heures. L'assemblée générale resta 
fixée au 1 "'juillet, à midi, mais la séance mensuelle de juillet fut supprimée 
pour cette année. 

Enfin, Heyst fut choisi comme but de l'excursion annuelle et la réunion 
fixée au 2 octobre. 

On se souviendra qu'une proposition d'autoriser les membres absents à 
voter par billet cacheté, avait été faite à l'assemblée de 1869 ; le Conseil 
reconnut des inconvénients à ce système et l'assemblée générale de 1870 
se rallia à cette manière de voir. 



MÉMOIRES 135 

Un point plus délicat à traiter se trouvait encore à l'ordre du jour. 
Des difficultés étant survenues avec un ancien membre, relativement à 
la propriété de manuscrits présentés à la Société, le Conseil, tout en 
maintenant pour la Société le droit de conserver ces documents, prit l'avis 
de l'assemblée générale. Le résultat de la discussion fut que les manus- 
crits originaux seraient remis à leur auteur, après qu'une copie conforme 
en aurait été prise pour la garantie de la Société et des rapporteurs. 
L'assemblée décida de plus, pour éviter le retour de pareilles contesta- 
tions, que l'article 14 des statuts devait être interprété en ce sens que, 
tout objet présenté à la Société et accepté par elle, lui est acquis en toute 
propriété. 

Elle nomma ensuite, à l'unanimité et par acclamation, M. Staes, mem- 
bre honoraire avec droits de membre eftvcîif, en reconnaissance du don 
qu'il avait fait à la Société. Le diplôme de membre honoraire fut égale- 
ment décerné à M. Hammelrath, directeur du Jardin zoologique de 
Bruxelles, pour services rendus à l'occasion du transfert du local. 

En la séance du 4 août, la Société reçut l'avis qu'un subside de 
] ,000 francs lui était accordé sur le budget de l'intérieur. 

H. Lambotte donna lecture de l'introduction de son mémoire intitulé : 
Le système nerveux des mollusques comparé à celui des articulés et des 
vertébrés {*) . Plusieurs membres firent part ensuite du résultat de leurs 
explorations, M. Craven communiquant la liste des mollusques observés 
par lui le 5 juin à Hastière-Lavaux et M. Weyers celle de mollusques 
recueillis dans la vallée de l'Amblève à Aywaille. M. Purves énuméra les 
espèces de Roumont (Luxembourg), et M. Van den Broeck celles des 
environs de Lokeren et d'Exaerde. Pour cette dernière localité, il cite un 
exemplaire de forme cératoïde du Planoriis complanatus. 

Le l« r septembre, le Secrétaire effectue le dépôt du tome IV, 1869, des 
Annales et des Bulletins. MM. Van den Broeck et Craven anuoncent la 
découverte de X Hélix aculeata à Auderghem. 

La date de la réunion d'octobre concordant avec celle qui avait été 
choisie pour l'excursion annuelle, la séance de ce mois se tint à Heyst- 
sur-Mer, à dix heures du soir. 

Le procès-verbal, très court, apprend que le baron de Rotsaert avait 
mis fort obligeamment une embarcation munie d'une drague à la disposi- 
tion des membres de la Société. Mais, à juger par la rédaction de ce 
documentées résultats de la journée ne furent guère satisfaisants. M. Van 
Volxem fut même d'avis que « la Société devait à l'avenir porter princi- 

(i) Ce travail ne devait pas voir le jour. Il fut censé déposé en la séance du 4 décembre 
et des commissaires furent même nommés à cette date, mais l'auteur n'effectua pas la 
remise de son manuscrit. 



13G SOCIÉTÉ MALACOLOGÏQUE DE BELGIQUE 

paiement ses recherches vers les espèces fossiles et choisir pour lieu 
de ses excursions des localités connues ». M. Mourlon se prononça de la 
même façon. 

Le 6 novembre, M. Cogels adresse à la Société la copie de deux docu- 
ments relatifs à la faune malacologique de nos régions, savoir : 1° « Liste 
des mollusques que l'on trouve dans la mer du Nord et principalement 
autour de l'île de Norderney, en Est-Frise, ainsi que dans cette île, par 
M. Van Halem, d'Aurich, travail inséré dans les Annales générales des 
sciences physiques, par MM. Bory de Saint-Vincent, Drapiez et Van 
Mons, tome VI, 1821, p. 372 et 2" une liste des mollusques delà province 
de Liège extraite des Recherches sur la statistique physique, agricole et 
médicale de la province de Liège, par Richard Courtois, 2 vol. in-8°, Ver- 
viers, 1828. Voir tome II, pp. 145-147. Ce dernier document est repro- 
duit dans le procès-verbal de la séance. 

M. Van den Broeck expose le résultat de ses dernières excursions à 
l'abbaye de Villers, à Rochefort, à Marche et à Roumont. Il présente le 
dessin d'un Arion qu'il croit nouveau et celui de l'animal d'une Hélix 
lapicida trouvée à Villers et offrant un cas fort rare de tératologie, le 
dédoublement du nerf du tentacule gauche. Il signale, au nom de 
M. Purves, quelques espèces des environs de Roumont et cite YUnio mar- 
garitifer, vivant dans l'Ourthe. Les individus contenant des perles « se 
pochent seulement aux endroits où le courant de la rivière est rapide ». 

MM. Pire et Roffiaen font connaître qu'ils ont recueilli en grande 
abondance, à Evere, la Vertigo edentula, Drap., dans des prairies humides 
plantées d'arbres. 

Le 4 décembre, le Président annonce que la commission des collections 
a terminé le catalogue de quelques familles, notamment des Operculés 
terrestres, des Auriculacés, etc. Il fait en outre savoir que o MM. Van 
den Broeck et Bauwens, ainsi que M. Collin, ont bien voulu se charger 
de faire le relevé des articles malacologiques contenus dans les publica- 
tions adressées à la Société pour être inséré dans le bulletin bibliogra- 
phique de nos Annales ». Il ne fut pas donné suite à cette idée, qu'il eût 
été désirable de voir mettre à exécution. 

Le procès-verbal contient encore une notice de M. Purves intitulée : 
Observations sur la faune malacologique de Roumont (Ardennes belges). 
Après quelques considérations préliminaires, relatives notamment à 
l'influence de la nature du sol sur la composition du test des mollusques, 
l'auteur donne une liste de 51 espèces recueillies par lui. On y trouve 
des détails intéressants ; l'existence de la Vitrina diaphana en Belgique y 
est établie d'une manière certaine. M. Purves attribue à deux espèces 
d'insectes carnassiers, Procrustes coriaceus et Carabus aureo-nitens la 



MEMOIRES 137 

destruction de coquilles & Hélix nemoralis trouvées vides et avec les pre- 
miers tours enlevés, sous une grosse pierre. 

Un travail de M. Craven figure au même procès-verbal. Il est intitulé : 
Mollusques terrestres et fiumatiles recueillis en Stiisse. (Supplément au 
travail de M. Fr. Roffiaen, publié dans les Annales de la Société, tome III, 
page 65.) C'est une liste de 16 espèces, ajoutant 6 espèces et 2 variétés 
à celles citées par M. Roffiaen. 

En cette séance du 4 décembre, M. Le Comte communique une Lista 
supplémentaire des mollusques terrestres et jtumatiles recueillis aux envi- 
rons de Lessines. Il y énumère 38 espèces avec indication de localité et 
détails sur les coquilles et sur l'habitat des mollusques. 

Citaut le Bulimus obscums, Mùll., var., il ajoute « Plusieurs exem- 
plaires trouvés sur une haie, ont la bouche rose (roseolabiatus) et pour- 
raient peut-être former une variété. i< Parmi les curiosités mentionnées 
dans cette liste, on remarque encore un exemplaire de Limax arboruvi 
« appartenant à une variété jaunâtre (*) » , une Limncea limosa, figurée 
dans le texte ,à spire un peu scalariforme et à bouche arrondie; plusieurs 
exemplaires de PlanorUs complanatus, L., ayant la fin du dernier tour 
tendant à se détacher et l'ouverture descendante. 

Recommandant ensuite les environs de Tournai pour une excursion 
malacologique,M.Le Comte énumère 32 espèces ou variétés de mollusques 
recueillies à Templeuve par lui et par M. Fontaine en une couple d'heures. 
On remarque une Clausilia nigricans, Jeffr., « var. très allongée (elon- 
gata) » et une Hélix nemoralis « un peu scalariforme, c'est-à-dire à 
sutures très profondes » . 

M. Miller montre des coquilles de très petite taille trouvées dans un 
limon accompagnant de l'asphalte provenant de l'île de la Trinité. Colbeau 
communique, de la part de M. le major Le Lion, les desdns de deux 
coquilles scalariformes, une Limnœa stagnalis et une Hélix lapicida que 
l'assemblée décide de faire figurer dans les Annales ( 2 ). 

La liste des ouvrages reçus pendant l'année 1870 comprend 150 arti- 
cles. Le bulletin des collections enregistre le don exceptionnel dû. à la 
générosité de M. Staes et l'envoi de diverses séries de coquilles indigènes 
ou étrangères d'espèces vivantes ou fossiles. 

La liste des membres renseigne 6 membres honoraires, 29 correspon- 
dants et 48 membres effectifs. Elle fait aussi mention de deux membres 
démissionnaires. 



(») Voir séance du 3 décembre 1871 (p. LXVI). 

(2) Ces coquilles sont mentionnées dans le travail de M. Van den Broeck inséré dans le 
recueil des Mémoires de la môme année et sont figurées sur la pi. 2, fi g. 1 et fig. 3. 



138 SOCIÉTÉ MAL\COLOGlQUE DE BELGIQUE 

Les travaux insérés dans le recueil des Mémoires sont : 

I. Description de deux espèces de coquilles fossiles du système laeke- 
nien, par le major H. Le Hon ('). — Avec une planche. (Séance du 4 dé- 
cembre 1870). 

II. Excursions, découvertes et observations inalacologiques faites en 
Belgique pendant Vannée 1870, par Ernest Van den Broeck. — Avec une 
planche. (Séance du 4 décembre 1870.) 

Tome VI.— Année 1871. 

Autant les communications sont abondantes dans les séances des 
derniers mois de l'année, autant elles se font rares d'habitude jusqu'à ce 
que le retour de la belle saison vienne favoriser les excursions et les 
recherches. Les procès-verbaux des séances des premiers mois de l'année 
1871 offrent assez peu d'intérêt au point de vue scientifique. Le 8janvier, 
on décide de joindre au Bulletin la liste des Sociétés correspondantes et de 
comprendre dans le Bulletin bibliographique le relevé des articles mala- 
cologiques contenus dans les publications reçues pendant le courant de 
l'année. 

Sur la proposition de ses Commissaires, la Société vote l'insertion au 
procès-verbal de la séance du 4 décembre 1870 des travaux qui lui 
avaient été adressés à cette date. MM. Pire et Miller parlent ensuite des 
études et recherches qu'ils projettent; M. Mourlon informe l'assemblée 
que le Musée royal d'histoire naturelle possède de nombreux échantillons 
de polypiers et surtout de foraminifères, mais qu'il n'est pas encore en 
mesure de livrer ces collections aux naturalistes. 

Le 5 février, le Président annonce que la commission des collections a 
terminé le classement des mollusques terrestres et fiuviatiles vivants de 
Belgique, ainsi que celui des fossiles quaternaires du pays. 

L'assemblée entend ensuite la lecture de divers rapports ; M. Mourlon 
parle de la méthode à suivre pour l'étude des espèces fossiles et particu- 
lièrement des polypiers et des foraminifères; M. Van Volxem montre une 
espèce remarquable de Cythérée indéterminée, du système landenien de 
Chercq, près de Tournai. 

Le 5 mars, M. Le Comte donne lecture d'une « Notice sur un dépôt 
moderne de coquilles terrestres etjîuviatiles dans la vallée de la Dendre » , 
dont l'impression est votée au tome VI des Mémoires. 

Le 6 avril, M. Van den Broeck entretient l'assemblée de ses observa- 
tions sur la natation des mollusques pulmonés fiuviatiles. Contrairement 

(') A la suite de ce travail se trouve le rapport de M. Nyst, commissaire. (Voir séances 
des 5 février et 5 mars 1871.) 



MÉMOIRES 430 

à l'opinion généralement admise qui fait « considérer ce mouvement de 
translation comme la résultante des divers mouvements de dilatation et 
de contraction des tentacules, du chaperon et de la queue » , M. Van den 
Broeck dit premièrement que l'on ne remarque chez le mollusque nageant 
à la surface aucune action mécanique des organes en question, et secon- 
dement que les mollusques terrestres, qui ont ces organes « aussi déve- 
loppés et plus mobiles même que les mollusques fluviatiles, ne peuvent 
cependant pas nager de la même façon que ceux-ci ». Il montre alors 
que le mouvement de translation est uniquement dû « à l'action de Yepi- 
thelium cillaire vibratile » . Il décrit les moyens employés par le mollusque 
pour nager, fait remarquer que les mollusques terrestres ne peuvent nager, 
puisqu'ils ne présentent pas à'epithelium ciliaire, et termine en insistant 
sur ce fait que les Succinées, « les seuls mollusques terrestres pouvant 
nager à la surface, sont aussi les seuls chez lesquels il a trouvé un appareil 
ciliaire particulier analogue à celui des puhnonés fluviatiles. » 

MM. Pire et Nyst parlent ensuite du gisement d'Aeitre, et M. Nyst 
communique que la direction du Musée royal d'histoire naturelle met à 
la disposition des membres toutes les collections de cet établissement dont 
la mise en ordre est terminée. 

Le 4 mai, M. Van den Broeck rend compte d'une excursion, faite le 
10 avril précédent, avec M. Rofriaen à l'abbaye d'Aulne et à Landelies. 
Par suite de la rigueur de la saison, les mollusques n'étaient pas encore 
tous en mouvement. Parmi les espèces trouvées à Landelies, il cite un 
Limax agrestis, L., fournissant « un fil de mucus assez long, et auquel 
il se trouvait suspendu pour opérer sa descente » . Il attire ensuite l'at- 
tention sur les observations auxquelles donnera lieu la faune d'un ancien 
bras de la Sambre séparé de la rivière et fermé de toutes parts, où il a 
constaté la présence de YAncylus fluviatilis, de la Neritina jticviatilis et 
de YAnodonta complanaùa, espèces qui sont particulières aux eaux cou- 
rantes. 

M. Van den Broeck ajoute quelques remarques à la liste des espèces 
recueillies dans les ruines de l'abbaye. Il signale comme nouveau pour 
la faune belge, YArion leucophœus , Normand, dont Moquin, h tort 
selon M. Van den Broeck, fait une variété de Y A. fuscus, Mùll. ; plu- 
sieurs exemplaires de Zonites cellarius pourvus d'un épiphragme mince 
et membraneux, mais complet; Hélix depilata? Pfr., avec la var. albinos 
(II. Villersii, de Malz.); Clausilia parvula, Stud., la seule parmi les 
espèces rencontrées qui soit particulière à la région calcaire. 

La description d'une variété de Limax maximus, L., voisine de la 
variété nebulosus, Dum. et Mort., non encore rencontrée daus la pays, ter- 
mine ce travail. 



140 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Le 1 er juin 1871, M. Pire fait voir plusieurs exemplaires de Bythinia 
tiridis? Poir., provenant de Forest (Liège), et une limnœa stagnait s, L., 
var. laenstris, Stud., de Herstal; M. Vincent montre des fossiles bru xel- 
liens de conservation magnifique, entre autres le Cer/thyum Passyi, 
Desh., espèce nouvelle pour le pays. 

M. Van den Broeck donne des détails sur une excursion faite le 13 mai 
à Jette et à Ganshoreu. Il cite parmi ses captures : Arion leucopliœus, 
Norm., dans le bois du Laerdbeek-Bosch ; Limax parvuhs, Norm., à 
Jette, nouveau pour le pays; Limnœa limosa, L., à spire très allongée, 
dans une petite mare sur les hauteurs de Jette. Le 21 mai, il a recueilli 
dans le canal de Charleroi, à Saint-Gilles, près de Bruxelles, une quan- 
tité de Cyclas lacustris, Mùll., espèce que Kickx avait été seul jusque-là 
à signaler pour le Brabant. Pliysa acuta avait disparu des endroits où 
l'année précédente elle était extrêmement abondante. M. Van den Broeck 
attire ensuite l'attention sur la forme d'un grand nombre d'exemplaires 
de Physafoutinalis, L., ayant pris l'aspect de la var. aplexoides, J. Colb. 
Cette variation coïncide avec l'introduction de Pli. amta et ne se présente 
point dans les marais situés le long du canal et dans lesquels cette der- 
nière espèce n'a point encore pénétré. 

A l'assemblée générale du 1 er juillet 1871 fut effectué le dépôt du 
tome V (1870) des Annales. Le rapport du Président constate la situation 
favorable de la Société. Le nombre total des membres est de 67 (6 hono- 
raires, 29 correspondants, 52 effectifs). Le nouveau local est aménagé 
et meublé; 18 nouvelles Sociétés sont entrées en relation avec nous. 
Colbeau touche incidemment à des questions soulevées par quelques 
membres : une nouvelle exposition et un congrès. Le nombre total des 
institutions correspondantes s'élève à 95, dont 22 en Belgique, 13 en 
Allemagne, 10 en Suisse, 9 en Autriche, 8 en Italie, 8 en Russie, 7 aux 
Etats-Unis, 6 en France, 5 en Hollande, 3 en Suède, 2 en Danemark, 
1 en Angleterre, 1 dans le Luxembourg. 

Le rapport signale l'accroissement notable de la bibliothèque et celui 
des demandes de livres en prêt, l'accroissement des collections et leur 
classement. 

En quittant la présidence, Colbeau put constater avec satisfaction 
combien la Société progressait et il attribua cette situation à l'excel- 
lence des principes qui avaient présidé à sa fondation. 

Parmi les questions h l'ordre du jour, il faut signaler le choix de la 
localité pour l'excursion annuelle. La discussion eut cette année une 
importance très grande pour la Société, parce qu'on y trouve le germe 
du changement de direction qui affecta ses études. M. RofRaen recom- 
mandait la vallée de la Lesse, où l'on venait de découvrir, à Cbaleux, de? 



MEMOIRES 141 

espèces rares pour notre pays. — M. Seghers préférait des localités à 
gisements fossilifères. — Colbeau proposait Quiévrain et le bois d'Angre, 
ainsi que ses environs, riches en espèces vivantes et en fossiles. — 
M. Thielens engageait vivement ses confrères à choisir Folx-les- 
Caves, Orp-le-Grand, Grand-Hallez, etc. Après quelques explications, 
MM. Colbeau et Roffiaen retirent leurs propositions et l'assemblée décide 
unanimement que l'excursion aura lieu à Orp-le-Grand et dans ses envi- 
rons, à la date du 3 septembre. 

A partir de ce moment, la paléontologie acquit la suprématie sur la 
malacologie proprement dite dans le sein de la Société, et elle y intro- 
duisit les études géologiques auxquelles l'absence de centre de réunion 
pour les géologues contribua dans une large mesure à donner un droit 
de cité qui s'y est maintenu. 

La séance du 1 er juillet 1871 est encore remarquable à un autre point 
de vue. Il n'y fut pas fait de communications scientifiques. Le Conseil y 
annonça la réception de quelques membres et M. Thielens y parla de 
permis de circulation sur les travaux d'Anvers, mais à part ces deux 
points, on ne s'occupa que d'affaires. 

Aux élections qui terminèrent la séance, M. Nyst fut élu président 
pour les années 1871-1872 et 1872-1873. MM. Colbeau , Miller et 
Van den Broeck furent nommés membres du Conseil, et MM. Roffiaen, 
Seghers et Tiramermans, membres de la Commission des comptes. 

Le procès-verbal de la séance du 6 août nous donne la composition du 
bureau: président, M. Nyst; vice-président, M. Le Comte; secrétaire, 
M. Colbeau; trésorier, M. Fologne; bibliothécaire, M. Van den Broeck; 
membres, MM. Miller et Weyers. 

M. Van den Broeck lit ensuite un Rapport sur l'excursion faite par 
quelques membres de la Société les 28 et 29 mai 1871, à Sluys-Kill, Sehaete 
et Exaeràe. Cette région ayant déjà été explorée en 1872, il renvoie à 
ce qui s'en trouve dit au tome IV de nos Mémoires pour tout ce qui con- 
cerne la nature du terrain. 

Il signale cependant d'une manière spéciale la grande crique saumâtre 
de Canisvliet, entre Westdorpe et Selzaete, — les grands marais d'Exaerde, 
où certaines coquilles, telles que Limnœa stagnalis, Ancylus lacustris, 
Bythinia tentaculala et B. LeacJrii présentent une coloration très pâle et 
presque translucide. M. Van den Broeck dit y avoir recueilli encore plu- 
sieurs Planorbis complanatus , albinos et une Hydrobie, YHydrobia vitrea, 
Drap., var hdimoidea rare en Belgique. Il décrit ensuite la localité de 
Sluys-Kill et le chenal ou ancien bras de l'Escaut qui s'étend depuis cette 
dernière localité jusqu'au fleuve. Il signale l'aspect caractéristique du 
Cardium edule avec côtes couvertes d'aspérités rapprochées et saillantes 



1.2 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE Uli BELGIQUE 

au point de devenir parfois spiniforraes, particularité qu'il attribue à la 
tranquillité des eaux. M. Van den Broeck donne quelques détails rapides 
sur la faune des flaques d'eau situées le long du chenal et mentionne la 
découverte qu'il y a faite de nombreux individus de Cœcum, glabrum, Mtg., 
qui n'avaient encore été recueillis que par Colbeau, à Nieuport; d'un 
mollusque ptéropode, Cleodora spinifera, Rang, qu'il ne renseigne néan- 
moins que sous toutes réserves, de même qu'un brachiopode paraissant 
appartenir au genre Terebratula. Il parle également en détail de la 
découverte de nombreux foraminifères vivants dans le chenal et termine 
son travail par la liste générale des espèces recueillies pendant l'excursion. 
On y remarque : Limax parvulus, Norm., espèce presque, inconnue aupa- 
ravant et que l'on retrouve de tous côtés; Zonites alliarius? Miller, espèce 
inscrite avec doute au catalogue des espèces belges; M. Van den Broeck 
récapitule ce que l'on connaît des deux Zonites découverts antérieurement 
à Roumont et à Bruxelles, et rapportés à cette espèce; Hélix hispida, L., 
var. conoïdea, v. d. Br., de forme très élevée, conoïde ; Clausilia nîgricans, 
Jeffr., et Cl. biplicata, Leach, représentées chacune par un exemplaire 
mort; le genre n'était pas encore signalé dans la région maritime ni 
même dans la région saumâtre; Planorbis complanatus, L., var. albinos; 
P.rotundatus, Poir., caréné et avec péristome très épaissi ; PI. rotundalits, 
Poir., var. albinos; Phi/sa acula, Drap.; Ph. 7iypnorum,L., présentant une 
coloration rougeâtre très intense, variété mbra, v.d. Br. ; Ph. hypnorum, 
L., individu ayant la base delà columelle fortement échancrée; Limnœa 
liwiosa, L., var. ampullacea, Rossm., et crassa, Gassies, nouvelles pour la 
faune belge ; Hydrobia vitrea, Drap., var. hdimoidea, Mich., qui n'avait 
encore été trouvée qu'une fois en Belgique, à Lierre; Byfhinia tentaculata, 
L.,dont quelques exemplaires presque blancs; Neritinajluviatilis, L., var. 
typica, J. Colb., exemplaires morts, mais dont on a de la peine à s'ex- 
pliquer la présence; Pisidium obtusale, Lamk., var. tîtmidum, J. Colb. ; 
M. Van den Broeck fait remarquer que cette variété est très nettement ca« 
ractérisée et qu'elle s'éloigne du type plus que la plupart des espèces de 
Pisidium ne diffèrent entre elles. 

M. Weyers rend ensuite compte d'une excursion à la baraque Michel. 
La seule espèce de mollusque rencontrée est Y A non subfuscus, Drap. ; — 
M. Van den Broeck énumère quelques espèces recueillies àChaudfontaineet 
dans les fonds de Forest près de Liège; — M. Le Comte mentionne Y Hélix 
rolundaia, Mùll., var. alba, Moq., comme n'étant pas rare en certains 
points des environs de Lessines et Colbeau cite comme indication de loca- 
lité une douzaine d'espèces de la Lys, à Gand. 

Divers membres parlent ensuite du Bulimus acicula, dont ou trouve 
presque toujours les individus morts. Cette espèce a été rencontrée vivante 



MEMOIRES U3 

à Yvoir par M. Roffiaen ; à Namur, par M. Nyst; à Vienne, par M. Le 
Comte et à Schaerbeek (une seule fois) par Colbeau. M. Nyst annonce 
encore la découverte due à M. Henné de plusieurs valves de Pandora 
wœquivahis, L. (P. rostrata, Lamk) « dans le crag d'Anvers » , où on ne 
l'avait pas encore observée. 

Enfin, nous trouvons au procès-verbal que « sur la proposition de 
MM. Nyst et Van den Broeck, appuyée par la plupart des membres, 
l'assemblée charge le Conseil de prendre des mesures afin de pouvoir faire 
paraître mensuellement le bulletin des séances de la Société, à partir de 
janvier 1872 ». 

Rien n'est plus utile, plus nécessaire même pour le travailleur que de 
voir publier sans retard le résultat de ses recherches. Les dépenses qu'une 
Société s'impose de ce chef sont amplement compensées par la multiplicité 
des publications que ce système lui assure ; aussi pour le justifier, si cela 
était nécessaire, suffirait-il de comparer les sociétés qui publient immé- 
diatement, leurs bulletins avec celles qui en diffèrent l'impression. D'un 
côté la vie, parfois exubérante, c'est vrai; de l'autre un triste état 
d'anémie, les plus grandes difficultés à se soutenir. 

La séance du 3 septembre se tint à Orp-le-Grand, localité choisie pour 
l'excursion annuelle. Aucune communication n'y est faite et nous pou- 
vons mms borner à mentionner que M. Thielens y fut choisi pour faire le 
rapport sur l'excursion qu'il s'était chargé d'organiser. 

Le 1 er octobre, M. Pire montre une série de Planorbis complamtus , L., 
scaîariformes, provenant de Magnée près de Chaudfontaine et promet de 
rédiger un travail sur ce sujet. 

M. Roffiaen donne une liste de coquilles qu'il a recueillies dans le cou- 
rant de l'année à Hastière, à Bouillon et dans le parc de Chimay et qu'il 
ne croit pas avoir été encore citées pour ces localités. 

Le 5 novembre, le Conseil communique à l'assemblée le résultat de 
l'étude de la question relative à la publication mensuelle du bulletin des 
séances. Ce bulletin paraîtra à partir du mois de janvier 1872. Il sera 
adressé à tous les membres, ainsi qu'aux Sociétés correspondantes et rem- 
placera pour les membres correspondants le tiré à part des bulletins, 
publication qui devient ainsi inutile et dont la suppression compensera à 
peu près la dépense nouvelle. 

L'assemblée vote ensuite l'impression de divers travaux pour les 
Annales et M. Nyst montre un volumineux album de dessins originaux 
parfaitement exécutés, provenant de M. le comte Duchastel et représen- 
tant des coquilles fossiles de la craie de Ciply et d'Autreppe. M. Nyst dit 
qu'il se propose de les publier par monographies de genres, dans les 
Annales de la Société. 



144 SOCIETE MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Comme d'habitude le procès-verbal de la séance de décembre est très 
fourni. M. Van denBroeck donne lecture en cette séance de Quelques mots 
sur les Planorbis complanalus scalaires de Magnée. Il attribue leur défor- 
mation et la propagation de la forme scalaire, à la présence, à la 
surface de la mare, d'une couche végétale remarquablement épaisse, 
principalement composée de Lemna. Toute modification tendant à 
diminuer le diamètre de la coquille constituera une variation favorable 
aux individus qui en seront affectés et aura les plus grandes chances de 
se reproduire par hérédité dans leur descendance. M. Van den Broeck 
compte d'ailleurs développer cette idée dans un travail qu'il présentera 
ultérieurement ( x ). 

M. Le Comte fait ensuite diverses communications. Désirant compléter 
les renseignements donnés par lui à diverses reprises ( 2 ), il lit d'abord 
une Petite notice sur Lessines et ses environs. Après des détails relatifs à 
la situation de cette ville, à son sol et à son industrie, il décrit le système 
hydrographique de la région constitué par la Dendre et ses affluents et 
il donne ensuite une Deuxième liste supplémentaire des Mollusques terres- 
ires et Jlv.vialiles recueillis aux environs de Lessines. C'est une énuméra- 
tion de 18 espèces avec indication de localités et accompagnée de détails 
sur la coloration de; mollusques et sur la forme des coquilles. M. Le Comte 
décrit une variété subrvfus de Limax arborum déjà indiquée par lui au 
mois de décembre 1870 ; il signale les curieuses déviations de certains 
Planorbis vortex, L., dont il a recueilli un exemplaire à spire élevée et 
une vingtaine d'exemplaires à ppire remarquablement concave , puis 
celles présentée.-; {nu- deux exemplaires de Planorbis rotundatus, Poir. Le 
premier, après trois tours de spire réguliers, se replie sur lui-même et fait 
trois autres tours qui passent sous les précédents de sorte que la coquille 
représente ainsi deux planorbes collés l'un sur l'autre. Le second offre à 
peu près la môme anomalie. Il mentionne encore le Pisidium rosemn, 
Scholtz, nouveau pour la faune et décrit cinq variétés de Cyclas rimcola, 
Leach, sous les noms àenucleus, cinerca, citrinella, limbataet radiata. La 
var. micleus de la Cyclas rivicola est « analogue, dit-il, à la var. nucleus 
de la Cyclas cornea. » 

M. Le Comte donne ensuite lecture de la relation d'une excursion faite 
par plusieurs membres de la Société à Longchamps, près deWaremme, à 
la suite d'une invitation de M. le baron de Selys Longchamps. On y trouve 
d'intéressants détails sur les collections réunies par M. de Selys et une 
liste des Mollusques vivants observés à Longchamps, pi es de Waremme, le 

(') Voir le bulletin des séances du 7 janvier et du 3 mars 1872. 

( 2 ) Voir Annales Soc. Malac.de Belgique, t. III, 1868, p. LXXI; t. IV, 1SG9, p. XXXIX; 
t. V. 1870, p. LV. 



MEMOIRES il'ô 

22 octobre 1871. Toutes les espèces citées proviennent du parc du château 
que traverse la rivière du Geer. Il nous faut noter un exemplaire de 
Planorbis albus, Mùll., dont le dernier tour se prolonge en tube droit sur 
une longueur d'environ 3 millimètres, puis s'incline un peu pour se 
rapprocher des tours précédents et se termine en s'évasant comme un 
pavillon de cor de chasse. Cette curieuse anomalie est représentée dans 
le texte par deux figures avec la légende : Planorbis albus monstrosus. 

De plus, M. Le Comte donne en note la description d'un filet dont il se 
sert pour la pêche des mollusques et dont le cercle est fait d'une lame de 
fer amincie et tranchante d'uu côté, ce qui permet de couper les plantes 
aquatiques. Une figure jointe à la note montre un fragment de cette 
lame dans ses dimensions réelles. 

A la fin du procès-verbal, on trouve quelques détails sur une question 
dont M. Thielens avait déjà occupé la Société à plusieurs reprises, celle 
de l'échange des doubles de la collection. M. Thielens voulait voir établir 
un comptoir d'échange comme celui de la Société Malacozoologique alle- 
mande de Francfort. « Après quelques explications, l'assemblée est d'avis 
que les échanges des doubles de la collection ne doivent se faire, en règle 
générale, qu'aux réunions mensuelles de la Société et avec l'approbation 
de celle-ci, après que la commission des collections aura émis son avis 
sur les échanges proposés; les échanges pourront se faire aussi bien 
contre argent, etc., que contre coquilles, afin que les membres qui n'ont 
pas de doubles à offrir puissent, comme les autres, profiter des avantages 
de la mesure. » 

Les documents insérés à la fin du volume témoignent du développement 
constant de la bibliothèque et des collections. La liste des membres donne 
les noms de 6 membres honoraires, de 28 correspondants et de 57 membres 
effectifs, auxquels il faut ajouter ceux d'un membre effectif démission- 
naire et d'un membre décédé : Victor Pecchioli, de Seltignano, près de 
Florence, élu correspondant en 1864. 

Voici les titres des travaux insérés dans le tome VI du recueil des Mé- 
moires : 

I. Notice sur un dépôt moderne de coquilles terrestres et fluviatiles 
dans la vallée de la Dendre, par Théophile Le Comte. (Séance du 5 mars 
1871.) 

IL Podophrya mobilis (Nob), espèce nouvelle appartenant à l'ordre des 
Suceurs {Robin), par Henry J. Miller. — Avec une planche. (Séance du 
6 août 1871.) 

. III. Notice sur les coquilles de la tourbe de Uccle-lez-Bruxelles , par 
Edouard Grégoire. (Séance du 6 août 1871.) 

IV. Recherches malacologiques. — Notice sur le Planorbis complana- 

l&SO 10 



U6 SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE 

tus {forme scalaire), par Louis Pire. — Avec deux planches coloriées 
(Séance du 5 novembre 1871.) 

V. Note sur le gîte fossilifère d' A élire (Flandre orientale), ynr H. Nyst 
et M. Mourlon. (Séance du 5 novembre 1871.) 

VI. Relation de l'excursion faite par la Société Malacologique de Bel- 
gique d Orp-le-Grnnd, Folx-les-Caves, Wansin et autres localités voisines, 
par Armand Thielens. (Séance du 5 novembre 1871.) 

VII. Faune maestrichtienne.— Description d'une serpule fossile nou- 
velle (Serpula Thielensi), provenant de Folx-les-Caves, près de Jodoigne 
(Brabanl), par H. Nyst. — Avec 4 figures. PL IV, parlim. (Séance du 
3 décembre 1871.) 

VIII.-Fatme w.aeslrichtienne. — Description d'une huître fossile nouvel le 
(Ostrea podopsidea) de la craie de Ciply, de Folx-les-Caves et de Wansin, 
par H. Nyst. — Avec 4 fig. PL IV, parlim. (Séance du 3 décembre 1871.) 

IX. Tableau synoptique et synonymique des espèces vivantes et fossiles 
du genre Scalaria décrites par les auteurs, avec l'indication des pays de 
provenance, ainsi que des dépôts dans lesquels les espèces fossiles ont été 
recueillies, pur H. Nyst. — Avec une planche. (Séance du 3 décembre 1871.) 

Tome VIL — Année 1872. 

Le 7 janvier, le Secrétaire dépose la liste des doubles des collections 
malacologiques classées de la Société. En la même séance, le D r Senoner, 
de Vienne, membre correspondant, est nommé membre honoraire. 

M. Pire donne lecture d'une Liste des Mollusques terrestres etjîuviatiles 
recueillis aux environs de Magnée et dans diverses localités de la province de 
Liège. C'est le résultat de ses propres recherches et de celles de MM. l'abbé 
Strail, curé de Magnée, Lucien de Koninck, Colbeau, Roffiaen et Van den 
Broeck. On y remarque une Hélix nemoralis, scalaire, trouvée à Glons 
par M. de Koninck ( 1 ). 

Le bulletin contient ensuite un travail annoncé par M. Van den Broeck 
à la séance de décembre 1871 et intitulé : Considérations sur les dévia- 
tions scalariformes présentées par les Planorbis complanatus de la mare de 
Magnée. M. Van den Broeck rappelle les circonstances de l'intéressante 
découverte due à M. Pire (*) et insiste, comme il l'avait déjà fait dans sa 
première communication, sur la présence de l'épaisse couche végétale qui 
recouvrait la surface de la mare et qui n'avait pas moins de 20 à 30 centi- 
mètres. Sauf quelques rares Cyclas caliculata et un seul exemplaire de 
Limnœa truncatula, le Planorbis complanatus est la seule espèce de mol- 
lusques qui ait été trouvée dans la mare et elle y était représentée par de 

(') Figurée dans le Bulletin de la séance du 4 février 1&72, p. XXVI. 
(*) Voir Annales, T. VI, pp. 23-28, PI. 2 et 3. 



MEMOIRES 1 47 

très nombreux individus. Plus de deux mille exemplaires scalaires, sans 
compter les exemplaires plus ou moins modifiés de forme, y ont été recueil- 
lis. Il y en avait de tous les âges, mais il faut remarquer qu'il n'y en 
avait pas de grande taille et qu'ils appartiennent sans exception à une 
var. minor. 

M. Van den Broeck fait observer que, parmi les plus petits exemplaires 
et parmi ceux de moyenne taille, la plus grande partie de ceux qui 
semblent normaux au premier abord ont les premiers tours de spire un 
peu saillants et clans un autre plan que les suivants. Ils laissent souvent 
aussi au milieu de lacoquilleun espace vide fermé par les tours précédents. 
Parmi les plus grands échantillons non scalaires, il s'en trouve beaucoup 
qui ont une partie du dernier tour de spire détachée et relevée. 

En se basant sur ces données, on peut voir que deux causes bien diffé- 
rentes concourent actuellement au développement et à la propagation de 
la forme scalaire : « l'une tout interne, l'autre ayant pris son origine 
clans l'action des circonstances extérieures ». Parmi les coquilles de la 
dernière génération, un très grand nombre d'exemplaires sont scalaires 
et les autres, qui sont revenus à la forme normale, présentent au début de 
leur croissance des déviations bien marquées, de sorte que « dans la 
génération entière, la scalarité a été amenée par transmission hérédi- 
taire » . L'autre cause réside dans la présence de la couche de Lemna et est 
attestée par la déformation des coquilles adultes dont les premiers tours 
étaient normaux. M. Van den Broeck expose que toute modification qui 
diminuait le diamètre de la coquille et qui facilitait aux Planorbes la 
locomotion au milieu des Lemna, constituait pour eux une variation avan- 
tageuse et conséquemment destinée à se fixer et à se propager rapidement. 
D'autre part, les Planorbes ayant conservé le type normal, rencontrant 
beaucoup de difficultés pour venir respirer au milieu de l'épais radeau 
végétal qui couvrait la mare, ont dû. non moins rapidement diminuer de 
nombre. « Ces trois causes, l'hérédité, l'influence directe et la sélection 
ou « survivance du plus apte » travaillant de concert et agissant sans 
cesse ont, sauf les inévitables cas d'atavisme, modifié les Planorbes de 
Magnée et arriveront graduellement à en changer totalement la forme au 
point d'en faire une race à part, bien différente du type et destinée à rem- 
placer celui-ci. » 

Au point de vue de l'action directe de la couche de Lemna sur l'orig-ine 
des déviations scalaires, M. Van den Broeck fait remarquer qu'elle ne peut 
s'exercer en dehors du temps où ces plantes se présentent abondamment 
à la surface de l'eau, et il trouve la confirmation de son opinion dans 
l'examen de certains échantillons figurés par M. Pire et qui présentent des 
preuves d'une alternative de cette influence et de la croissance normale. 



148 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

M. Van den Broeck ne veut cependant pas conclure que si les Planorbes 
n'étaient pas devenus scalaires ils auraient dû disparaître de la mare de 
Magnée. Des modifications affectant dans une certaine mesure leur appa- 
reil respiratoire auraient pu se produire. Toutefois, « ne constituant pas 
un progrès, mais plutôt un recul dans l'évolution de l'espèce, elles ne 
pourraient se maintenir que pour autant que les conditions particulières 
qui l'auraient forcément amenée, continueraient à subsister ». Bien qu'il 
attribue la scalarité des Planorbes à l'influence de la couche de Lemna, il 
ne faut pas en déduire, dit-il, que cette scalarité soit le corollaire obligé 
de la grande abondance de ces plantes. 

Quoi qu'il en soit, il croit que l'on peut considérer les Planorbes à forme 
scalaire de Magnée « comme une véritable espèce naissante susceptible, 
au bout d'un certain temps, de se propager et de s'étendre au dehors de 
son aire actuelle ». L'auteur se propose de montrer qu'à un point de vue 
général la forme turriculée ou scalaire constitue pour les Planorbes un 
progrès véritable, un avancement incontestable dans la série. « Cela 
prouvé, on comprendra clairement, dit-il, que l'action de la couche de 
Lemna dans la mare a tout simplement consisté à devancer les effets du 
temps, et l'on aura vu ainsi, une fois de plus, que la forme allongée ou 
scalaire constitue pour les Planorbes un progrès, non seulement au point 
de vue particulier qui nous occupe, mais aussi en général et par rapport 
à l'évolution de l'espèce dans le temps. » 

A la fin de cette séance, M. Nyst émet le vœu de voir décrire, dans les 
Annales de la Société, les nombreuses coquilles fossiles du pays qui se 
trouvent encore inédites dans les collections. M. Nyst voudrait que ces 
descriptions fussent précédées d'indications systématiques dont il donne 
une formule ('). 

Cette proposition est approuvée, mais il est stipulé, sur la demande de 
Colbeau, que toute liberté est laissée aux auteurs pour la forme de leurs 
travaux. 

Le 4 février, l'assemblée décide d'envoyer la collection complète des 
Annales à l'Académie des sciences de Chicago, qui réclame le concours 
des associations scientifiques pour l'aider à réparer les pertes subies 
lors de l'incendie de la ville au mois d'octobre 1871. 

Nous notons ensuite l'annonce de la mort de M. le major Le Hon, sur 
lequel M. Nyst est prié de donner une notice biographique; puis nous 
trouvons au procès-verbal diverses communications scientifiques. 

M. Van den Broeck donne une petite liste de coquilles provenant du 



(') Voir les descriptions de fossiles publiées par M. Nyst, dans le t. VI des 
Mémoires. 



MÉMOIRES 149 

Hainaut qui se trouvent dans les collections du jardin zoologique d'Anvers. 

M. Le Comte montre des exemplaires des variétés de Cyclas rivicola, 
Leach, qu'il a décrites au mois de décembre 1871, et un certain nombre 
Y Hélix nemoralis, jaunes, à bandes transparentes jaunes, à péristome 
îlanc jaunâtre et sans tache brunâtre à la gorge. Cette variété qu'il 
propose de désigner sous le nom de pallida, est abondante à Lessines et 
se trouve encore, mais plus rarement, à Louvain, à Charleroi et à Wavre 
ïinsi qu'en Allemagne, en Hongrie et en Dalmatie. 

M. Nyst fait voir l'exemplaire scalariforme à! Hélix nemoralis cité par 
VI. Pire, et dont une figure est jointe au Bulletin. M. Miller soumet plu- 
sieurs dessins d'un foraminifère du terrain laekenien de Saint-Gilles, que 
jaleotti et M. Nyst ont pris pour un Spirorbis elegans, Defr., mais qui 
loit rentrer dans le genre Placopsilina d'Orb., et dans le genre Lituola, 
2!arpenter. 

Une discussion sur le moyen de faire des rectifications aux Bulletins 
mensuels des séances avant leur reproduction dans le volume des Annales 
jccupe la séance du 3 mars. On décide, sur la proposition de M. Koflaaen, 
jue pour éviter la confusion résultant de l'emploi du même nom de Bulle- 
lins, la publication mensuelle de la Société portera pour titre : «c Procès- 
ïerbaux des séances de la Société Malacologique de Belgique » et que le 
nom de « Bulletins des séances » sera réservé à ces mêmes procès-verbaux 
publiés dans les Annales, après modification, s'il y a lieu, et adoption par 
la Société. 

M. Collin donne ensuite une liste de 25 espèces de coquilles recueillies 
dans du sable provenant du Eupel, près de Boom, vers son confluent 
avec l'Escaut. La Cyclas solida, Normand, qui n'était pas rare dans ce 
sable, n'est connue que de quelques localités en Europe et seulement des 
mvirons de Tournai pour la Belgique. M. Collin signale aussi la très 
grande variabilité de forme des Pisidium amnicum qu'il a recueillis ('). 

M. Van den Broeck lit une Note supplémentaire aux considéra- 
tions sur les démâtions scalariformes des Planorbis complanatus de 
la mare de Magnée. Il cite, à ce propos, divers faits semblables 
i celui de Magnée, rapportés par MM. Carpenter, Ralph Tate et 
Woodward et tous relatifs au Planorbis complanatus . Il rappelle les 
observations de M. Le Comte sur les Planorbis complanatus et sur les PI. 
cortex singulièrement déformés et celles qui ont été faites en Allemagne 
i% en Suisse sur le PI. albus var. deformis. Au lieu de se présenter en cas 
Isolés, le phénomène se manifeste sur de nombreux échantillons à la fois. 
Plutôt que de regarder la scalarité chez les Planorbes comme une anomalie, 

(') Voir séance du 6 octobre 1872. 



150 SOCIÉTÉ MALACOLOGÏQUE DE BELGIQUE 

ne faudrait-il pas y voir les premiers essais d'an commencement de per- 
fectibilité ou de progrès dans révolution de ce genre? On reconnaît cht>z 
beaucoup de mollusques une tendance à l'allongement de la spire, 
tandis qu'il n'existe que peu d'exemples de coquilles dont la spire s'est 
surbaissée, et aucun exemple de coquille turriculée devenue planorbi- 
forme. M. Van den Broeck relate ensuite ses observations sur les Pla- 
norbes rapportés par lui de Magnée. Ayant mis une grande quantité de 
Lemna dans une cuve remplie d'eau, il se trouvait avoir reproduit, mais 
en les exagérant, les conditions particulières de la mare. Un très grand 
nombre de coquilles scalaires vinrent à la surface ; il en vint aussi de 
non scalaires de petite taille en abondance, mais fort peu de grande 
taille. Ayant enlevé les Lemna au bout de huit jours, M. Van den Broeck 
trouva sous la couche de ces plantes un grand nombre de Planorbes non 
scalaires de grande taille et au fond de la cuve plus d'un millier d'exem- 
plaires normaux, grands et moyens, qui n'avaient pu traverser la couche 
végétale et étaient morts étouffés. L'avantage de la scalarité pour les 
Planorbes se trouvait ainsi démontré expérimentalement. 

M. Van den Broeck parle ensuite de l'extension de l'habitat de la PJiysa 
acîita, Drap., qui ne se trouvait autrefois que dans les régions méridio- 
nales du continent et ne dépassait pas le centre de la France. Il signale 
un article consacré, en 1861, à son apparition en Angleterre par M. Alf. 
Merle Norman (*). M. Van den Broeck rappelle les circonstances de sa 
découverte en Belgique et fait remarquer que les exemplaires trouvés en 
Angleterre présentent, comme ceux de la Belgique, certaines différences 
avec le type, leur taille étant moindre et le test moins épais. Il revient, 
à ce propos, sur son observation relative an changement de forme de la 
Pliysa fontinalis , coïncidant avec l'apparition de la Pli. acuta dans les 
eaux où habite la première espèce ( 2 ). 

Le bulletin de la séance du 3 mars contient encore une notice de 
M. H. Kawall sur La pêche des perles en Linonie. C'est un résumé de 
passages de divers ouvrages consacrés à cette industrie, que les paysans 
de la Livonie pratiquent depuis environ trois siècles. Jadis, plus de 
40 cours d'eau nourrissaient la Margaritana margaritifera, Retz., dont 
l'animal produit la perle, mais actuellement, l'avidité du gain a exercé 
son influence destructive sur la pêche des perles. 

Les ouvrages analysés par l'auteur sont : 

Denys Fabricius, Scriplores rerum Livonicarum, 1612; 

Mylius, Memorabilia Saxoniœ subterraneœ ( 3 ); 

(') Ann. and Mag. of Nat. Hist., t. VII. 

(2) Séance du l« r juin 1871. 

( 3 ) Pars II, Leipzig, 1718. 



MÉMOIRES 151 

Gabriel Rzaczynski, Historia naturalis curiosa Regni Poloniœ, Magni 
Ducatus Lithuaniœ. . . Sandomirse, 1721 ; 

Zeze, Considérations stir les lièvres blancs en Livonie, 1749 (avec 
appendice consacré à la pêche des perles dans cette province); 

Kelch, Chronique de Livonie. Revel, 1695; 

Hupel, Nouvelles lopographipies de Livonie et d'Estonie, 1774 ; 

Fischer, Essai d'une histoire naturelle de Livonie. Leipsick, 1778; 

Burger, Journal Radouga, Padyra. Reval, 1832; 

Journal hebdomadaire Das Juland. Dorpat, 1856. 

Les détails rapportés ont trait à l'habitat des coquilles, à l'origine des 
perles, à leur couleur, leur dimension, la manière de les récolter, le trafic 
auquel elles donnent lieu, etc. 

Un coup d'oeil rapide sur les autres gouvernements de la Russie où. 
l'on trouve des rivières et des ruisseaux fournissant des perles, termine 
cet article, avec renvoi aux ouvrages suivants : 

Gnldenstedt, Voyage en Russie et aux provinces du Caucase de 1768 à 
1774, publié par Pallas ; 

Lovetzky, Notice sur les perles du gouvernement de ViatTta (Bull. Soc. 
Imp. des Nat. de Moscou, 1830); 

Gazette de Riga, 1869, n" 252. 

Enfin, pour l'Allemagne, l'auteur cite l'ouvrage de Th. von Hessling, 
Die Perlmuschel und ihre Perlen, publié en 1859. 

La Société royale Linnéenne de Bruxelles, qui se proposait d'ouvrir un 
concours malacologique lors de son exposition annuelle de 1872, s'était 
adressée à la Société pour qu'elle en rédigeât le programme. 

L'assemblée, réunie le 7 avril, s'accorda pour émettre l'avis que les 
trois médailles offertes par la Société royale Linnéenne fussent attribuées 
« à la plus belle collection de mollusques utiles et de mollusques nuisibles 
à l'agriculture et à l'horticulture » . 

A la même séance du 7 avril, M. Collin montre le dessin de deux Lim- 
nées présentant des anomalies et trouvées dans les étangs d'Ixelles. Dans 
le premier cas, la coquille est « normale quant à la forme, mais la cou- 
leur en est d'un rouge carmin aux trois derniers tours de spire et le reste 
a même une teinte rosée; l'animal en est d'un jaune brillant ou pour 
mieux dire d'un jaune d'or. Il en a recueilli trois exemplaires. » 

Dans le second cas, la coquille est renfiée, l'ouverture est presque ronde 
et la columelle porte deux plis fortement accentués. 

M. Van den Broeck rend compte d'une excursion faite avec M. Collin 
le 10 mars à Jette et daus les bois dits Poel-Bosch et Laerdbeek- Bosch ; 
il signale que presque tous les mollusques sont déjà en mouvement. 
Parmi les grandes espèces d'Hélix, la première qui se réveille est, suivant 



152 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

lui, YHelixnemoralis. Viennent ensuite Hélix Jtortensis, Hélix incao'nata, 
Hélix aspersa et en6n Hélix pomatia. Dans les fonds du Poel-Bosch, 
MM. Van den Broeck et Collin ont recueilli en abondance Helixincarnata, 
Mùll., var. albinos, Mke, dont on n'avait encore trouvé qu'un exem- 
plaire en Belgique, à Rouge-Cloître; ils ont aussi retrouvé YArion leuco- 
pliœus, Norm., dans le Laerdbeek-Bosch, seule station présumée de cette 
espèce aux environs de Bruxelles. 

M. Van den Broeck rend également compte d'une excursion effectuée le 
31 mars avec M. de Bullemont, aux environs de Quiévrain et au bois 
d'Angre. Clatcsilia plicatula a été trouvée à Baisieux,dans le bois du Duit, 
et avec un aspect un peu différent dans le bois d'Angre. Cette espèce 
n'avait été rencontrée en Belgique qu'à Salm-Château. En fait d'espèces 
remarquables, le bois d'Angre a encore fourni : Arion leucophœus, Norm., 
représenté par des exemplaires plus beaux que ceux des environs 
de Bruxelles; Zonites cellariu s, dont un exemplaire avec animal d'un blanc 
de lait pur, ayant la partie extérieure du manteau blancbe avec de grandes 
tacbes rousses très serrées) Clausilia laminata, Turt. , différentes de celles 
de Bruxelles et de la vallée de la Meuse. 

M. Van den Broeck expose ensuite qu'il a acquis la conviction que 
YArion leucopliœus , Norm., est bien une espèce distincte et non une 
simple variété de l'A fuscus, Mûll. 

A la séance du 5 mai 1872, M. Le Comte parle d'une excursion faite à 
Folx-les-Caves, où il a recueilli Retecam clatliraia, d'Orb., et une espèce 
remarquable de spongiaire rappelant la forme de Fluslra foliacea, non 
citées dans le rapport de M. Thielens. (Annales, t. VI, 187L) 

Colbeau a trouvé dans le limon hesbayen à Dieghem, sur le plateau de 
Loo, plusieurs espèces de coquilles terrestres dont la réunion dénote une 
localité sècbe plutôt qu'humide. Nous signalerons, entre autres, Hélix 
nemoralis, dont plusieurs individus de forme globuleuse, à bouche petite 
et à péristome épais et arrondi, et Hélix ericetornm, qui ne se retrouve 
plus vivante autour de Bruxelles. 

MM. Collin et Miller font connaître qu'ils ont encore eu l'occasion de 
recueillir des Limnées avec animal de couleur jaune d'or. M. Collin a 
trouvé, en outre, deux individus de Limnœa limosa présentant la même 
anomalie de coloration. Il signale ensuite un cas de tératologie d'une 
L. stagnalis, chez laquelle il a observé, à la partie supérieure de chaque 
tentacule, un petit lobe s'écartant à angle droit et formant dédoublement 
de cet organe. 

M. Van den Broeck montre deux échantillons à'Hydrobia viridis, Poir., 
provenant de Dieghem et qui lui paraissent différer de ceux des Ardennes. 

M. Nyst a observé que Y Amphipeplea glutinosa ne se rencontre guère 



MÉMOIRES 4 53 

qu'aux mois de mars et d'avril ou que du moins, à cette époque de l'an- 
née, elle est le plus abondante et atteint sa plus grande taille. Cette 
observation a été faite également par M. le D r Jousseaume en ce qui con- 
cerne les environs de Paris ; MM. Le Comte et Van den Broeck la con- 
firment pour Lessines et Bruxelles. 

Colbeau ajoute que le genre Vitrina, qui semble représenter le genre 
Ampliipeplea parmi nos mollusques terrestres, se rencontre également 
chez nous plus communément vers l'hiver qu'en toute autre saison. 

Quelque temps avant cette séance, l'Académie royale des Sciences, des 
Lettres et des Beaux-Arts de Belgique avait invité la Société à se faire 
représenter à son jubilé centenaire les 28 et 29 mai 1872. Colbeau, 
désigné comme délégué, rend compte, des solenuités qui ont eu lieu à 
cette occasion. Le procès-verbal contient ensuite la mention d'un vœu 
exprimépar l'assemblée, sur la demande de MM. Van den Broeck et Collin, 
tendant à solliciter de l'État un subside en vue d'acquérir des meubles 
pour les collections et pour la bibliothèque. Diverses propositions de 
MM. Miller, Roffîaen, Desguin et Denis sont réservées pour l'assemblée 
générale. 

M. Collin annonce la découverte faite par M. de Bullemont, aux envi- 
rons d'Aerschot, de sept exemplaires deLimnœa stagwalis, var. sinistrorsa, 
parmi une trentaine d'individus recueillis au hasard. De même que les 
exemplaires normaux, ils sont adultes, mais d'une taille en dessous de la 
moyenne (30 millimètres environ). 

M. Collin dit ensuite que la coloration jaune des Limnées dont il a 
déjà entretenu la Société se reproduit par hérédité. Il a observé dans une 
même ponte des individus de couleur jaune et d'autres de couleur nor- 
male. 

M. Van den Broeck lit une note sur une excursion faite aux environs 
d'Hastière, le 19 mai et les jours suivants. Parmi les espèces citées, on 
remarque : Zonites glaber, Stud., spécial à Hastière pour la Belgique ; 
Arion leucophœus; comme espèces nouvelles pour la localité: Arion 
rufus, avec ses variétés ater et ruber; A. subfuscus, Mùll. ; Limax 
agreslis, L. ; L. maximus, var. tulgaris. 

M. Van den Broeck signale encore : Hélix ericetorum avec plusieurs 
variétés; Pupa umbilicata, Clausilia biplicata; un Limax, voisin du 
L. parvulus, Norm. ; Hélix arbustorum; enfin, plusieurs exemplaires 
& Hélix depilata?, que M. Van den Broeck désigne sous le nom de rosea et 
qui sont caractérisés par une coloration d'un brun rosé. Ces exemplaires 
s'éloignent encore du type de Y Hélix depilata par divers détails. 

Deux exemplaires vivants du Bulimus Menkeanus ont été trouvés dans 
la vallée de l'Hermeton ; enfin, derrière le village d'Hastière, M. Van den 



154 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUR DE BELGIQUE 

Broeck a recueilli Claiisilia laminata, une Hélix lapicida et une Hélix 
obvohila, toutes albinos. Si l'on tient compte des Hélix rotundata albinos 
trouvées l'année précédente et des Hélix Jiortensis à bandes transparentes, 
particularitéqui peut être regardée comme un cas d'albinisme, on constate 
qu'un groupe de cinq espèces, réunies en un même point, a présenté des 
cas d'albinisme. L'albinisme n'avait pas encore été constaté pour Y Hélix 
obrolvta; sans être blanc, le mollusque de l'exemplaire recueilli était 
aussi plus pôle que dans le type. 

Le rapport de M. Nyst, président, lu dans l'assemblée générale du 
2 juillet 1872, constate la progression régulière suivie par la Société. Le 
nombre des membres s'élève à 100, dont 7 honoraires, 30 correspondants 
et 63 effectifs ; ce dernier nombre n'était que de 52 l'année précédente. 
M. Nyst, après avoir payé un juste tribut d'éloge à la mémoire du major 
Le Hon, passe en revue les principaux faits qui ont marqué dans Tannée 
sociale. La classification des collections s'effectue, mais très lentement; 
cependant les catalogues des familles suivantes sont achevés : Auricu- 
lidae, Otinidaa, Cyclopkoridœ, Helicinidse, Truncatellidae, Assiminiidae. 
Le comptoir d'échange n'a pas encore pu être organisé. La situation 
financière est bonne. Plusieurs membres voyagent à l'étranger : M. Craven 
est à Madras; M. Purves explore l'île d'Antigoa; M. Le Comte est en 
Styrie; M. Van Volxem vient de partir pour le Brésil. 

Le trésorier communique ensuite les comples de l'exercice 1871-72, 
qui se sont élevés en recettes au chiffre de 1 ,747 fr. 22 c. , et en dépenses 
à celui de 1,578 fr. 41 c. L'assemblée fixe le prix de l'abonnement au 
recueil des procès-verbaux à 2 fr. 50 c, cbaque procès- verbal sera 
payé 25 centimes. Le prix des Annales est fixé de nouveau à 15 francs 
pour chacun des six premiers volumes, avec remise d'un tiers pour les 
membres de la Société. L'assemblée décide aussi « que les membres auront 
la faculté d'acquérir, à moitié prix, pour une fois seulement, la collection 
complète des volumes publiés avant l'année de leur réception » . 

Après une discussion où furent proposés, comme but de l'excursion 
annuelle : l'Eifel et les environs de Gerolstein, par M. Thielens; Boulogne, 
par M. Van den Broeck; le Limbourg, avec les gîtes de Klein-Spauwen, 
Vliermael et Tongres, par M. Nyst; les terrains tertiaires, par M. Mourlon, 
Virton, indiqué subsidiairement par MM. Weyers et Thielens, obtint la 
préférence, et le 15 septembre fut choisi pour la date de l'excursion. 

L'assemblée décida ensuite, sur la proposition de MM. Desguin et 
Denis, que le premier et le troisième mardi de chaque mois les membres 
de la Société seraient appelés à travailler au classement des collections, et 
sur la proposition de MM. Eoffiaen et Miller, que « les propositions impor- 
tantes, sujettes à discussion, devront être présentées par écrit aux séances 
de la Société ». 



MÉMOIRES 155 

La séance se termine par la nomination de MM. Fologne, Roffiaen et 
Weyers comme membres du Conseil et par celle de MM. de Bullemont, 
Segbers et Timmermans comme membres de la Commission des comptes. 

Dans une assemblée générale extraordinaire qui se tint le 4 août, 
l'article 10 des statuts fut modifié de la manière suivante : « Les membres 
de la Société se réunissent de plein droit en assemblée générale annuelle, 
le premier dimanche de juillet, à 2 heures, au local de la Société. » Le 
premier paragraphe de l'article 11 des statuts fut à son tour modifié 
comme suit : « Les membres de la Société se réunissent chaque mois, 
sauf au mois de juillet, en assemblée ordinaire mensuelle. » 

Le 4 août, on trouve la mention d'une dépêche par laquelle le Ministre 
de l'Intérieur exprime ses regrets de ne pouvoir accorder le subside 
extraordinaire demandé par la Société pour l'aider dans son installation. 

M. Vincent donne lecture d'un travail intitulé : Préliminaire d'une 
notice sur les fossiles de l'assise supérieure du système ypresien. Cette 
assise, dont la faune n'était que très peu connue auparavant, a fourni à 
M. Vincent une cinquantaine d'espèces, dont il donne la liste, et qui se 
répartissent dans deux zones fossilifères. M. Vincent donne à la supé- 
rieure le nom de zone à Turrilella édita, et à l'inférieure, celui de zone à 
É 'chinodermes . 

Divers membres communiquent ensuite le résultat de leurs travaux ou 
de leurs recherches. 

M. Nysta rencontré, parmi les Terebratula grandis, Sow., du a crag 
corallifère d'Anvers », un certain nombre d'exemplaires ayant conservé 
leurs apophyses intactes; de plus, il a découvert, dans l'une d'elles, un 
spougiaire perforé par des Saxicaves. 

M. Van den Broeck a trouvé sur notre littoral des Brachiopodes vivants 
de très petite taille, peut-être de petits individus de Terebratula capsula, 
Jeffr. 

M. Van den Broeck annonce que, par suite de l'enlèvement des 
Lemna de la mare de Magnée, les observations sur les Planorbes scalaires 
devront être interrompues. Ces Planorbes y sont devenus très rares ; on 
en trouve cependant encore de jeunes individus. 

M. de Bullemont a de nouveau recueilli à Aerschot une vingtaine de 
Limnœa stagnalls sénestres, parmi lesquelles il y en a de très petites, pou- 
vant appartenir à une seconde génération. 

M. Weyers indique comme particulièrement riche en fossiles devoniens 
la montagne isolée du Hohlberg, près de Cerolstein. 

Le 1 er septembre, M. Collin annonce qu'il possède dans son aquarium 
des Limnées sénestres provenant de la ponte d'un des exemplaires sénestres 
recueillis à Aerschot. Colbeau a obtenu chez lui toute une éclosion 



156 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

à'Helix incavnata, albinos, provenant d'un individu affecté lui-môme 
d'albinisme. 

Le 6 octobre, M. Nillson, professeur à Lund, est élu membre hono- 
raire, sur la demande de MM. Nyst et Roffiaen. 

M. Vincent montre le moulage d'un Fusits serratus, espèce nouvelle 
pour la faune belge, trouvé aux environs de Bruxelles, dans des grès 
coquilliers bruxelliens. 

M. Collin donne lecture d'une Note sur quelques variétés rencontrées 
cTiez le Pisidium amnicum, Mull. M. Collin, après avoir fait remarquer 
combien la variabilité des coquilles et celle de leur coloration ont poussé 
les naturalistes à multiplier les espèces et les variétés, dit qu'il serait 
peut-être bon, avant d'établir des variétés dans une espèce, d'en réunir de 
nombreux échantillons « de diverses localités pour observer si le climat, 
la situation topographique et hydrographique » n'ont pas une grande 
influence sur la diversité des formes et des couleurs d'une même espèce. 
Toutefois, pour les Pisidium dont il s'occupe, le cas est différent, puis- 
qu'ils proviennent sans exception du Rupel près de Boom ( x ). Les 
différences qu'ils présentent résultent peut-être de l'influence du courant, 
qui varie suivant les places et n'est pas au milieu du lit de la rivière ce 
qu'il est sur les bords. 

M. Collin donne alors la description, accompagnée de figures, des7 formes 
les mieux caractérisées qu'il a observées, au milieu de beaucoup d'autres, 
dans l'espèce dont il s'occupe. L'une d'elles est la forme type de l'espèce. 
M. Collin ne donne pas de nom aux 6 autres; mais il fait remarquer que 
la forme type paraît être remplacée chez elles par une forme plus équilaté- 
rale qui, « du moins dans les circonstances où ces coquilles ont été trou- 
vées, semble indiquer une perfection de la coquille » . 

Colbeau communique la liste des Mollusques observés aux environs de 
Virton. Cette liste ne contient pas de nouveautés pour le pays, mais elle 
fait connaître pour la plupart des espèces de nouvelles localités. Il esta 
remarquer que toutes les espèces citées, au nombre de 28, ont été recueil- 
lies sur les terrains jurassiques et appartiennent au bassin de la Meuse. 
Colbeau renseigne, comme toujours, les particularités relatives à la sta- 
tion, à la forme et à la coloration des mollusques, notamment pour les 
Avion, Limax, Succinea, Hélix et Limnœa. 

M. Pire montre un Planovbis complanatus, vermétiforme, long de 
5 millimètres, provenant de la mare de Magnée. Une figure grossie six fois 
de cette curieuse coquille est insérée dans le texte. Quant aux Planorbes 
scalaires, depuis les chasses multipliées dont ils ont été l'objet, ils 

(') Voir séance du 3 mars 1872. 






MÉMOIRES \ol 

sont devenus extrêmement rares, ce qui interrompt, comme on l'a fait 
observer précédemment, les recherches et les études commencées sur ces 
coquilles. 

M. Nyst annonce la découverte à Nil-Saint- Vincent d'un gîte fossilifère 
tertiaire, renfermant le Fusus subcarinatus Lk. var. G., Desh. ainsi que 
le Murex tricarinatus que l'on n'avait pas encore, à sa connaissance, 
recueillis en Belgique. 

M. Craven fait voir le journal de notes qu'il a tenu pendant son voyage 
aux Indes et promet un travail sur le genre Gheletropis ('). 

M. Purves donne quelques détails sur son voyage aux Antilles. Il a 
surtout exploré l'île d'Antigoa, très curieuse à étudier, malgré sa faible 
superficie. Le sol de l'île montre des alternances de formations volca- 
niques, de roches argileuses stratifiées et de dépôts calcaires. Entre ces 
deux dernières couches existent des c bancs d'une roche de silex » , conte- 
nant en abondance des coquilles terrestres et fluviatiles avec des espèces 
d'eau saumâtre et de nombreux foraminifères. On y trouve aussi du bois, 
parfois des souches enti res ou des morceaux énormes. Bois et coquilles, 
tout est silicifié. M. Purves fait voir un échantillon de « silex montrant à 
découvert l'intérieur d'une des coquilles silicifiées et présentant l'animal 
lui-même converti en silex : certains détails de l'organisation sont, à cause 
de la transparence de la roche, admirablement visibles et nettement 
caractérisés. Presque toutes les espèces et la plupart des genres de 
coquilles qui se trouvent ainsi passées à l'état de silex sont aujourd'hui 
éteints dans l'île » . En fait d'espèces vivantes, Y Hélix formosa est parti- 
culière à l'île d'Antigoa, ainsi qu'à l'île de Barbuda, située à huit lieues de 
distance. Cette Hélix composait avec six autres coquilles tout ce qu'on 
connaissait précédemment de la faune malacologique d'Antigoa. Les 
espèces recueillies par M. Purves se rapportent aux genres suivants : 
Succinea, 3 espèces; Hélix, 1; Bulimus, 8; Stenogyra, 1; Pupa, 3; Pla- 
norbis, 5 ; P7iysa,4; Auricula, 3; Cislula, 2; Truncatella, 4; Paludina, 2 ; 
Preissena, 1; Gyclas, 1; mais ce n'est là qu'une évaluation approximative. 

La faune d'Antigoa se rapproche plus de celle de l'Amérique du Sud 
que de celle de l'Amérique du Nord. M. Purves termine en donnant quel- 
ques détails sur les relations scientifiques peu nombreuses qu'il a eu 
l'occasion de se créer pendant son voyage. 

Le 3 novembre, M. Thielens donne lecture de la traduction d'un travail 
de M. le D r Wiechmann, membre correspondant de la Société, intitulé : 
Expériences sur les causes de la destruction de la coquille des Liinnsea 
stagnalis, L. 

(') Voir le recueil des Mémoires pour l'année 1877 (T. XII, 2 e série, T. II) et le procès- 
verbal de la séance du 4 février 1883. 



158 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DIÎ BELGIQUE 

La pointe de la spire manque souvent aux Limnées que l'on trouve au 
Lord des étangs et leur lèvre est souvent endommagée; parfois aussi, on 
rencontre des individus vivants dont la coquille est couverte d'érosions 
irrégulières et semble percée de trous. M. Wiechmann s'est assuré que 
ces érosions, généralement attribuées, dit-il, en partie à l'acide carbo- 
nique des eaux, en partie à l'action d'algues ou d'animaux parasites, pro- 
viennent de ce que les Limnées s'enlèvent les unes aux autres le calcaire 
dont elles ont besoin pour leur existence. M. Wiechmann décrit les expé- 
riences qu'il a faites à ce sujet dans sa propriété de Kadow à partir du 
23 février 1871. Ace moment, bien que la glace n'eût pas encore disparu, 
les Limnées rampaient sur les tiges des plantes de l'année précédente. Au 
bout de dix-huit jours, de nombreux exemplaires mis dans un canal 
fermé aux extrémités avaient leurs coquilles fortement endommagées, 
souvent même perforées. 

D'après M. Wiechmann, ce n'est qu'au premier printemps que ces ani- 
maux recherchent ainsi le calcaire. Le D r Kobelt semble, dit il, avoir 
été sur la vraie voie quand il émet, dans son ouvrage intitulé : Fauna der 
A T assauiscïier Mollusken, l'opinion que ces blessures pourraient bien être 
faites par les mollusques eux-mêmes; mais un peu plus loin, il les 
attribue à l'influence chimique de l'acide carbonique contenu dans les 
eaux des montagnes. M. Wiechmann, sans nier cette influence chimique, 
déclare qu'elle doit être entièrement écartée dans ses expériences. Il ter- 
mine en signalant qu'il a également remarqué des cicatrices sur la coquille 
des Limnœa palustris, mais c'étaient des érosions petites, irrégulières, 
très serrées les unes contre les autres et donnant au test une apparence 
pointillée très différente des îarg'es échancrures du test des Limnœa sta- 
gnalis. Il a aussi observé de jeunes Limnœa ovata rongeant des coquilles 
vides et exécutant ce travail avec une grande rapidité. 

Colbeau fait remarquer que les expériences du docteur Wiechmann 
viennent confirmer des observations du même genre consignées par 
M. P. Fischer dans sa Note sur V érosion du têt chez les coquilles flwoiaMles 
unkahes. Colbeau croit que les érosions des coquilles doivent provenir de 
diverses causes : action des mollusques eux-mêmes : action de l'acide 
carbonique des eaux : action des algues et des animaux parasites; mais 
ces causes n'agissent pas de la même manière et doivent produire des 
érosions différentes, permettant de déterminer leur origine. 

M. Van den Broeck fait remarquer que la cause de l'érosion des coquilles 
était déjà connue, bien qu'aucune expérimentation directe n'en eût peut- 
être été faite jusqu'à présent. Lm-même avait constaté cette particularité 
et l'avait signalée dans les Annales de la Société à propos de Limnœa 
peregra recueillies à Roumont. Il diffère d'avis avec M. le docteur 



MEMOIHES 159 

Wiechmann sur l'action de l'eau daus les expériences de celui-ci, mais il 
recounaît que cette action a pu être très faible et même presque nulle 
dans les circonstances particulières où les expériences ont été faites. 

M. Van den Broock conteste également que les Limnées n'opèrent ces 
érosions qu'au printemps, car c'est au mois de septembre qu'il a fait ses 
observations à Roumont. 

M. Purves appuie les observations de M. Van den Broeck relatives à 
l'action de l'eau sur les coquilles. Il cite à ce propos les profondes érosions 
qui s'observeut sur les coquilles acéphalées dans les rivières des Ardennes 
et notamment sur les coquilles de YUnio erassus. 11 s'accorde à croire avec 
M. Wiechmann, que c'est surtout au printemps que les Limnées opèrent 
leurs érosions. A cette époque de l'année, il a fréquemment vu les Limnaa 
peregra se réunir en plus grand nombre pour s'enlever mutuellement le 
calcaire. 

M. Thielens parle ensuite de son Voyage dans VEifel, et donne une 
Liste des fossiles dévoniens et des mollusques vivants recueillis en juin et 
juillet 1872 à Gérolstein, Pelm, Priim, Refrath, Paffrath, Bensberg et 
Casselbourg. 

Bien que ses recherches aient été fort limitées par le temps dont il 
disposait, M. Thielens est parvenu à réunir 3 crustacés, 10 céphalopodes 
tentaculifères, 15 mollusques gastéropodes, 6 mollusques lamellibranches 
(1 orthoconque sinupalléale, 4 orthoconques intégropaliéales, 1 pleuro- 
conque), 55 brachiopodes, 12 crinoides et 41 anthozoaires. Il a recueilli, 
en outre, 19 espèces de mollusques vivants dans les ruines du château de 
Casselbourg, près de Pelm. 

M. Vincent lit ensuite une note sur Un Belosepia et un Cerithium 
nouveaux pour la Faune bruxellienne. Ces fossiles, Belosepia Defrancii, 
Desh., et Cerithium globulosum, Desh., ont été découverts au hameau 
de Roodebeke sous Woluwe-Saint-Lambert. Dans cette localité, les sables 
blancs bruxelliens contiennent à la superficie « un banc de fossiles 
assez bien conservés, mais très fragiles, parmi lesquels se trouvent 
disséminés des grès renfermant des quantités de fossiles à l'état de silice 
et d'une conservation souvent remarquable ». Le Belosepia provient de 
la couche de coquilles ; le Cerithium a été extrait d'un grès. 

A la séance du 1 er décembre, M. Thieleus donne lecture de notes extraites 
d'une lettre de M. le D r Senoner.et relatives à la lépartitiou dans les îles 
Sandwich des divers genres qui composent le groupe des Achatinella, 
d'après les travaux de M. John Gulick (Mittheihmgen der Naturforscher , 
n° 142). M. Senoner reproduit la subdivision des Achalinella suivant cet 
auteur et cite de curieuses particularités sur l'habitat de certaines espèces. 
11 signale ensuite l'apparition d'un travail de J.-L. Neugeburen sur les 



160 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Crisiellaria et les Robulina du miocène marin de Lapugy, en Transyl- 
vanie (Archiv. des Vereinesfar Siebenbiirg . Landeskwnde , Hermannsladt, 
1872), et donne quelques détails sur le résultat des recherches de 
l'auteur. 

M. Malaise rappelle qu'il a été l'un des premiers à signaler le gîte de 
fossiles bruxelliens de Nil-Saint-Vincent (Blamont et Trois-Fontaines), 
dont M. Nvst a parlé à la séance d'octobre. Il y a recueilli une centaine 
d'espèces. 

M. Thielens a découvert à Folx-les-Caves, dans la couche supérieure 
du tuffeau, quatre espèces nouvelles pour la faune de cette localité. Ce 
sont : Spondyhis sp. ? CypJiosoma Milleri, Desm., Apiocrinussp.? Tragos 
globularis, Phil. 

M. Weyers attire l'attention sur une regrettable anomalie dans le service 
des postes belges. Tandis que de nombreux naturalistes reçoivent des 
Pays-Bas, d'Angleterre, de France, de Prusse, d'Espagne et de Portugal 
des objets d'histoire naturelle dans les conditions d'expédition si avanta- 
geuses réservées aux échantillons, il n'est pas un seul d'entre eux qui ait 
pu obtenir des bureaux de poste belges l'expédition d'objets identiques en 
destination des mêmes pays. Il engage la Société à s'adresser au ministre 
des travaux publics pour obtenir que les objets d'histoire naturelle pré- 
sentés aux bureaux de poste dans les conditions déterminées par les 
transport des échantillons, soient acceptés tant pour l'intérieur que pour 
les pays avec lesquels nous avons des conventions. Bien que tous les 
membres n'aient pas rencontré les mêmes difficultés pour leurs envois, 
l'assemblée, constatant que les instructions ministérielles ne sont pas inter- 
prétées d'une manière uniforme, adopte la proposition de M. Weyers. 

Les documents habituels terminent le volume. A la suite de la liste 
des membres se trouve la mention du décès du major Le lion et de 
de celui M. Loumyer, l'un des plus anciens membres effectifs de la 
Société. 

Le recueil des Annales contient les travaux suivants : 

I. Les faunes bruxellienne et laekenienne de Dieghem, par G. Vincent. 
— Avec une coupe géologique dans le texte et une planche. (Séance du 
2 juin 1872.) 

II. Les foraminifères vivants et fossiles de la Belgique, par Henry 
J. Miller et Ernest Van den Broeck. — Introduction. — Avec deux 
tableaux. (Séance du 6 octobre 1872.) 

III. Note sur la faune laekenienne (') deLaeken,de Jette et de Wemmel, 
par G. Vincent et Th. Lefèvre. — Avec deux coupes géologiques dans le 
texte et deux planches. A la fin de ce travail se trouve une Note sur le 

(') Actuellement wemmelienne. 



MÉMOIRES 161 

parallélisme des couches tertiaires de Wemmel et de Cassel. (Séance du 
3 novembre 1872.) 

IV. Sur la Limnsea stagnalis, Linné, et sur les variétés observées en 
Belgique, par G. Collin. — Avec une planche en partie coloriée. (Séance 
du 1 er décembre 1872.) 

V. Excursion annuelle de la Société malacologique de Belgique. Rap- 
port sur l'excursion dans les environs de Virton, du 15 au 17 septem- 
bre 1872, par C. Malaise. (Séance du 1 er décembre 1872.) 

Tome VIII. — Année 1873. 

La séance du 5 janvier 1873 est en partie consacrée à des questions 
d'ordre intérieur, pétitions, tirage des procès-verbaux, que l'on fixe à 
350 exemplaires, adoption d'une proposition du Conseil tendant à faire 
procéder par vote secret, dès que ce mode sera réclamé par trois 
membres, etc. 

M. Lefèvre dépose deux coupes géologiques à insérer dans le travail 
qu'il a présenté avec M. Vincent sur la faune laekenienne supérieure (') 
des environs de Bruxelles et donne lecture d'une note sur le parallélisme 
des couches laekeniennes comparées à celles de Cassel, à joindre au même 
travail. 

M. Mourlon, n'ayant pas entendu la lecture du Mémoire de MM. Vin- 
cent et Lefèvre, déclare ne pouvoir en prendre la responsabilité. 
MM. de Koninck et Nyst font remarquer que, dans tous les cas, c'est 
l'auteur qui reste responsable de son opinion. Les Membres assistant 
à l'assemblée ajoutent que si des opiuions contraires se trouvent en pré- 
sence, les Annales de la Société sont ouvertes à la discussion. 

M. Vincent communique une note sur Deux Gastéropodes nouveaux 
pour la faune bruxellienne, savoir : Pleurotoma clavicularis, Desh. var. B 
et Voluta athleta, trouvés l'un et l'autre à Uccle, dans le banc coquillier 
à Rostellaria ampla et à Venus saberycinoicles. 

M. Van den Broeck fait ensuite part de ses Observations au sujet d'un 
Entozoaire des Limaces. Il signale un article de M. A. Barthélémy (*) 
sur un ver nematoïde vivant en parasite dans l'œuf du Limax griseus, 
Mùll. (Z. maximus, L.). Le développement de l'entozoaire est, suivant 
M. Barthélémy, en rapport direct avec celui de l'embryon du mollusque, 
qui est détruit par le ver quand celui-ci arrive à son maximum de crois- 
sance. Le point important est que les petits vers sont introduits dans les 
œufs pendant que ceux-ci sont en cours de formation. 

(•) Voir tome VII des Annales. Lire : faune wemmelienne. 

( 2 ) Comptes rendus, 24 janvier 1859, p. 230. Analyse dans the AnnalsandMag. ofNat. 
Hist., 3° série, vol. III, p. 515 (n» 18, juin 1859). 

1880 U 



«62 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

M. Van den Broeck rappelle, à ce propos, une observation qu'il a faite (') 
et qui est plus concluante encore en ce qu'il a constaté la présence de 
a l'entozoaire non seulement à l'intérieur de l'œuf, mais encore à l'inté- 
rieur de l'embryon lui-même ». La vésicule vitellaire, qui est l'organe 
où l'entozoaire a été observé par M. Van den Broeck, « est absorbée peu 
à peu dans l'intérieur du corps de l'embryon et finit par former le foie, 
ainsi que l'estomac et les intestins, c'est-à-dire précisément les organes où 
l'on rencontre les entozoaires des mollusques adultes ». 

Si M. Barthélémy a toujours trouvé les entozoaires dans l'œuf, il est 
fort possible que ces vers percent les embryons pour se procurer la nourri- 
ture qui leur est nécessaire et occasionnent ainsi la mort de ces derniers. 

M. Collin lit une Notice sur Us coquilles recueillies dans les allumons de 
la Senne. A la suite des crues de la rivière, MM. Van den Broeck 
et Collin ont réuni, à la fin de décembre, cinquante-sept espèces ou 
variétés de mollusques terrestres et fiuviatiles. Ils signalent les variations 
de Limnaa truncatula et une variété de Vahata piscinalis à bouche plus 
grande que dans le type. 

Colbeau annonce la découverte, due à M. Thielens, de dix espèces nou- 
velles pour la faune de la couche supérieure du dépôt maestrichtien de 
Folx-les-Caves. Ce sont : Hetepora crassa, Hag., If. dichotoma, Goldf., 
Manon periza, Goldf., Jdmonea clathrata, Goldf., Inversaria tubiporacea, 
Hag., Siphonia tubulifera, Goldf., Ccriopora theloidea, Goldf., TrocTios- 
milia Faujasi, Edw. et Haime, Thecidmm vermiculare, Davids. 

A la séance du 2 février, la Société reçoit communication d'un arrêté 
royal lui accordant le subside de 1,000 francs qu'elle avait sollicité pour 
l'entretien de sa bibliothèque et de ses collections malacologiques. 

M. Nyst rend compte de l'examen qu'il a fait des fossiles trouvés par 
M. Desguin dans le terrain miocène, près d'Antopol, en Volhynie. Cette 
liste comprend treize espèces, parmi lesquelles M. Nyst signale avec doute 
Ancylus co?npressus, espèce des sables « diestiens » d'Anvers ( 2 ) et une 
Tapes, T. gregaria, Homes, à laquelle il pense qu'il conviendra de resti- 
tuer le nom de Tapes (Venus) tricuspis, qui lui a été donné par Eichwald, 
en 1829. 

Dix espèces vivantes ont aussi été rapportées par M. Desguin, qui les 
a recueillies dans la propriété de M. Wenceslas Roulikowski, àGorodnitza. 
M. Nyst communique une note de Colbeau relative à un exemplaire dif- 
forme de l'une de ces espèces, YAnodonta complanata, Ziegl., qui présente 
les particularités suivantes : « Il est renflé et un peu cylindrique et le côté 
antérieur (c'est-à-dire celui vers lequel penchent les sommets) est 

0) Ann. Soc. Malac. de Belg., t. V, 1870, p. 15. 
( 2 ) Sables à Pectunculus pilosus. 



MÉMOIRES 163 

presque aussi allongé que le postérieur. » La coquille est bâillante en 
divers endroits du bord inférieur et surtout du bord postérieur. « A l'in- 
térieur, les valves sont irrégulièrement plissées aux approches du bord 
inférieur, qui est déchiqueté par les extrémités des plis ; l'impression 
musculaire postérieure est de beaucoup plus profonde que l'antérieure, 
à l'inverse de ce qui existe normalement. C'est une espèce de sinistrorsité 
chez les bivalves; la position des impressions musculaires est intervertie, 
ou bien, si l'on préfère, les sommets sont penchés en arrière au lieu 
de l'être en avant. » 

M. De^guin a généreusement distribué ses récoltes entre le Musée 
royal d'histoire naturelle et la Société malacologique. 

M. Miller ayant étudié la structure des Nummulites de Laekeu prove- 
nant des bancs bien connus sous le nom de couches à N. Heberti, a été 
fort surpris de ne leur trouver aucun des caractères de cette espèce. Ces 
Nummulites se rapportent à la Nummulites planulata var. A, minor [ l ) 
et celle-ci s'éloignerait du type d'une distance plus grande que celle de 
simple variété. De plus, M. Van den Broeck a reconnu, dit M. Miller, 
que le banc de Nummulites de Dieghem ( 2 ), que l'on croyait constitué par 
les N. variolaria, l'est principalement de N. Heberti. 

M. Nyst explique la confusion qui règne au sujet de ces Nummulites. 
Elle provient de ce qu'il a reçu de M. d'Archiac, en 1852, sous le nom 
àeN. Heberti, des Nummulites des couches supérieures du laekenien ( 3 ), 
de Laeken et de Jette, qu'il lui avait communiquées sur sa demande. Il y 
avaitlà une erreur, et c'est avec étonnement qu'il a vu à Paris cette espèce 
étiquetée dans la collection de M. Hébert sous le nom de N. planulata, 
minor, d'après la détermination de M. d'Archiac lui-même. 

M. Van den Broeck complète le3 explications précédentes. Une erreur 
d'étiquette de la part de M. d'Archiac dans l'envoi des fossiles de M. Nyst 
est le point de départ de l'appellation fautive en usage en Belgique. 
Quant à la véritable N. variolaria, M. d'Archiac cite pour les environs de 
Bruxelles la var. minor, mais M. Van den Broeck n'a pas encore eu l'occa- 
sion de vérifier cette détermination. Il ne partage pas l'opinion de MM. d'Ar- 
chiac et Haime, que la var. minor de la N. planulata est, sauf la taille, iden- 
tique au type. Si l'on considère que la N. planulata type forme l'immense 
banc nummulitique de la partie supérieure de l'ypresien et manque 
dans le bruxellien, on admettra qu'il y a des raisons pour croire que la 
nummulite du laekenien ( 4 ) rapportée à cette espèce en est bien distincte. 
Des détails de structure semblent justifier aussi cette manière de voir. 

(') Nummulites wemmelensis, de la Harpe et Van den Broeck . 
( 2 ) Appartenant au système laekenien. 
(*) Actuellement wemmelien. 
( 4 ) Idem. 



Itii SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

M. Purves donne une esquisse stratigraphique de l'île d'Antigoa, 
Après avoir développé les renseignements communiqués par lui précédem- 
ment ('), il émet l'opinion que certaines couches qu'il a observées se rap- 
portent respectivement au miocène, à la fin du pliocène et au quaternaire. 

M. Lefèvre annonce que M. Ortlieb s'est prononcé en faveur des con- 
clusions de la note sur la faune laekenienne supérieure ( 2 ) des environs 
de Bruxelles, dont il est l'auteur avec M. Vincent. Rappelant les réserves 
émises par M. Mourlon, il espère voir surgir la discussion scientifique 
dans un avenir prochain. 

Pour la séance du 2 mars, on trouve la mention d'un envoi de coquilles 
(trente-cinq espèces) du sud-est de l'Europe, dû à la générosité de M. le 
docteur Heynemann, membre correspondant de la Société. Ces coquilles 
proviennent des récoltes du naturaliste Stentz, que Rossmâssler cite avec 
éloge dans ses écrits. Elles offrent toute garantie quant à la provenance 
et sont accompagnées des étiquettes originales de Stentz. 

M. Vincent présente à la Société deux coquilles mentionnées dans la 
liste des fossiles de l'assise inférieure du système rupelien ( 3 ) : une Voluta 
Rathieri, Hébert, et deux valves de Pectimculus fossilis, Gmelin(<), 
qu'il a trouvées, à Basele, dans l'étage supérieur de la deuxième division 
du système rupelien. M. Vincent pense qu'il faudra les regarder comme 
deux témoins de pluo en faveur des conclusions émises par Lyell sur la 
contemporanéité de ce dépôt avec l'étage supérieur de la première division 
du même système. 

M. Lefèvre ajoute que la Voluta Rathieri vient également d'être décou- 
verte dans le tongrien inférieur à Grimmertingen, près de Vliermael. 

M. Van den Broeck annonce l'addition pour la faune des Nummulites 
belges d'une nouvelle variété de la TV^ planulata, la var. B, d'Arcbiac et 
Haime, qui a été recueillie par M. Vincent dans l'ypresien supérieur, à 
Saint-Josse-ten-Noode. 

M. Vincent montre quelques exemplaires de cette variété remarquables 
par leur taille. 

M. Van den Broeck fait observer que la var. A, de cette espèce ayant 
été désignée sous le nom de var. A, minor, on pourrait, afin de maintenir 
l'uniformité de la nomenclature, appeler celle-ci var. B, major. Une taille 
plus grande semble caractériser d'une façon constante cette variété B. 
Toutefois, M. Van den Broeck n'est pas partisan de l'emploi de lettres 
isolées pour la désignation des variétés. 

(!) Voir séance du 6 octobre 1872. 

( 8 ) Wemmelienne. 

( 3 ) Voir G. Dewalque, Prodrome oVune descr. gèol, de la Belgique. 

(*) M.Vinceûtnousinformequeces coquilles se rapportent au Pectimculus obovatus, Lk. 



MÉMOIRES 1 65 

M. Miller, prenant pour exemple les Nummulites planulata, minor, 
de Laeken, rappelle le peu de valeur des caractères basés sur la grandeur 
de la loge centrale, sur la hauteur des loges et sur leur nombre dans les 
divers tours de spire des Nummulites. 

L'assemblée s'occupe ensuite de l'emploi le plus avantageux à faire des 
cartes destinées à indiquer les stations de chaque espèce de mollusques 
terrestres et fluviatiles du pays. La direction du Musée royal d'histoire 
naturelle avait mis un certain nombre de ces cartes à la disposition des 
membres de la Société. 

A la séance du 6 avril, M. Le Comte donne lecture V Observations sur la 
spongiculture dans la mer Adriatique ('), qu'il a extraites d'une lettre de 
M. Buchich,de Lesina(Dalmatie). Ellesont rapport à la culture artificielle 
des éponges et signalent les difficultés rencontrées dans ce genre d'exploi- 
tation par suite de l'avidité des pêcheurs et des ravages des tarêts. 

M. Lefèvre fait connaître la découverte de Deux Lamellibranches 
nouveaux pour la faune du système tongrien, étage inférieur, savoir • 
Panopœa ffoni? (P. intermedia, Desh.) et Solecurtus Deshayesi, Desm 
trouvés à Vliermael, par M. le comte G. de Looz. 

De plus, M. de Looz a trouvé à Neerepen, dans l'étage supérieur du 
tongnen, la R os tellaria planai Berg., qui n'était encore renseignée que 
pour 1 étage inférieur de ce système dans le pays. 

M. Le Comte annonceque X Hélix (Campylœa) Stenomplala, Mke. , dont 
habitat est. indiqué comme douteux par M. Brusina ( s ), a été trouvée 
par Zelebor au point le plus élevé de la route postale de Gospic vers 
Zengg. 

Le procès-verbal contient encore les renseignements suivants ■ 

M. Roffiaen a retiré des sables blancs de Rouge-Cloître, appartenant au 

bruxelhen inférieur, des Nérites, coquilles d'un genre qui n'avait encore 

été cité qu avec doute pour les environs de Bruxelles. 
M. Vincent a recueilli dans le laekenien (3) de Wemmel un Polypier 

nouveau pour la faune de la localité YAstma Mstrix, ainsi qu'une 

lomatella sulcala, espèce rencontrée, jusqu'à ce jour, seulement dans le 

fu'uxellien. 

M. Van den Broeck, trouvant un peu petit le format des cartes géogra- 
phiques déposées à la dernière séance, en soumet un plus grand à 
1 examen de l'assemblée. 

A la séance du 4 mai, M. Vincent lit une note sur une excursion qu'il 
a taite à Orp-le-Grand avec MM. Purves, Eutot, Van den Broeck, Roffiaen 

(') Voir Annales, t. III, 1868, p. XXXV. 

( 2 ) Ann. Soc. Malac. de Belg., t. IV, 1869, p. 51. 
' ■' Actuellement wemmelien. 



ICO SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

et Vincent fils. Les sables heersiens y présentent deux lits fossilifères sur 
lesquels M. Vincent donne quelques détails, complétés par une liste des 
fossiles recueillis et qui consistent principalement en dents de poissons. 

M. Vincent ajoute que son 61s et lui viennent de trouver dans l'étage 
supérieur du système ypresien des environs de Bruxelles des fossiles d'une 
grande importance. Ce sont: Nautilus centralis, Sow., N. regalis, Sow., 
Panopœa intermedia, Sow., Pholadomya virgula et Modiola simplex. 

Le Secrétaire effectue le dépôt du tome VI (1871) des Annales de la 
Société en la séance, du 1 er juin 1873. 

En cette même séance, M. Collin fait connaître les résultats d'une excur- 
sion effectuée àTervueren par la Société Linnéenne, le 11 mai. Au point 
de vue malacologique, la récolte a été presque nulle, mais elle a donné lieu 
à des observations présentant quelque intérêt, bien qu'elles ne soient pas 
nouvelles, sur la distribution des mollusques dans la forêt de Soignes. A 
la lisière du bois, on connaît quelques points comme Rouge-Cloitre, où les 
mollusques sont abondants, mais à mesure qu'on s'éloigne de cette limite, 
les coquilles disparaissent. C'est exceptionnellement que Ton en rencontre 
au milieu de la forêt et dans les bautes futaies. De même, les mares et les 
ruisseaux sont généralement très pauvres en mollusques fiuviatiles. 

M. Miller présente ensuite un instrument qu'il a confectionné et qui 
permet d'examiner au microscope un objet sur toutes ses faces, sans qu'il 
soit besoin d'y toucber (*). 

M. Van den Broeck donne des détails sur les recherches de M. Craven 
aux Indes. M. Craven a particulièrement étudié les Cheletropis et le jeune 
âge des coquilles du genre Janthina. M. Van den Broeck cite le fait 
intéressant de la capture opérée à plusieurs reprises de foraminifères 
vivants, à la surface de la mer, en plein Océan, parmi lesquels il s'en 
trouve du genre Globigerina qui caractérisent habituellement les grandes 
profondeurs. Enfin les démarches de M. Craven ont eu pour résultat 
de mettre la Société en relation avec d'importantes associations étran- 
gères. 

Le rapport de M. Nyst, président, lu à l'assemblée du 6 juillet 1873, 
constate l'accroissement du nombre des membres pendant l'année sociale 
1872-1873. La Société a reçu 29 membres effectifs; elle a nommé 
1 membre honoraire et 2 membres correspondants. Par contre, elle a perdu 
6 membres effectifs, ce qui porte le nombre de ces derniers à 86. Les 
séances mensuelles ont été très suivies. — Quelques réunions extraordi- 
naires ont eu lieu pour procéder à l'arrangement des collections et de la 
bibliothèque. — Le rapport rappelle les excursions de la Société, ses rela- 

(') Voir séance du 3 août 1873. 



MÉMOIRES 4 67 

tions avec les sociétés similaires et avec la Société Royale Linnéenne, qui 
a décerné à M. Thielens la médaille de vermeil pour le concours malaco- 
logique institué à l'intention de la Société. — Le tome VII des Annales est 
presque terminé. — Le tome VIII est également à l'impression. — M. Njst 
parle ensuite du catalogue de la bibliothèque, qu'il devient nécessaire de 
dresser, — du relevé des articles malacologiques entrepris par MM. Van 
den Broeek et CoIHd, qui ont déjà mis en partie leur projet à exécution, — 
de l'augmentation des collections, — des propositions et des demandes 
d'échange, — de l'album des portraits, etc. Il termine en constatant la 
bonne situation financière de la Société. 

Le trésorier expose que les recettes se sont élevées pendant l'exercice 
1872-1873 à fr. 2,872.38 et les dépenses au chiffre de fr. 2,212.56. 

Sur la proposition de M. Cornet, l'assemblée choisit ensuite Couvin 
pour but de l'excursion annuelle et fixe la date de celle-ci au 7 sep- 
tembre, jour de l'assemblée mensuelle, qui se tiendra, en conséquence, à 
Couvin. 

Les environs de Quiévrain et d'Angre avaient été proposés par Colbeau 
et ceux de Bouillon par M. Malaise. 

M. Le Comte appelle l'attention de l'assemblée sur les témoignages de 
reconnaissance donnés par diverses sociétés à certains de leurs membres 
qui leur ont rendu des services exceptionnels. Il fait ressortir le dévoue- 
ment dont Colbeau, le principal fondateur delà Société, ne cesse de faire 
preuve dans l'accomplissement de ses fonctions de secrétaire et propose 
qu'à l'occasion de l'anniversaire décennal d'existence de la Société, le titre 
de secrétaire perpétuel lui soit conféré. 

Colbeau, tout en exprimant sa reconnaissance pour l'accueil sympa- 
thique fait à cette proposition, cherche à dissuader les membres d'y don- 
ner suite. 

Il n'y parvient cependant pas; mais, sur l'observation que la proposition 
de M. Le Comte doit entraîner une modification des statuts, on décide 
qu'elle fera l'objet d'une convocation spéciale de la Société en assemblée 
générale. 

La discussion d'une proposition de M. Van den Broeek, relative aux 
tirés à part des travaux publiés par la Société, est remise à une séance 
ultérieure. 

Les élections terminèrent la séance du 6 juillet. 

M. Dewalque fut appelé à la présidence pour les années 1873-1874 
et 1874-1875. MM. Van den Broeek, Colbeau et Miller furent réélus 
membres du Conseil pour la môme période; MM. Timmermans, Seghers 
et de Bullemont constituèrent la commission des comptes pour l'année 
sociale 1873-1874. 



168 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Le bureau fut composé de la manière suivante (') : Président, M. De- 
calque; vice-président, M. Weyers; secrétaire, J. Colbeau; trésorier, 
M. Fologne; bibliothécaire, M. Van den Broeck; membres, MM. Miller 
et Roffiaen. 

L'assemblée générale extraordinaire, convoquée à la suite de la propo- 
sition de M. Le Comte, eut lieu le 3 août 1873. Colbeau y protesta par une 
lettre remplie de cordialité, mais très ferme, contre toute atteinte portée, 
même à titre exceptionnel, aux statuts de la Société. 

L'assemblée respecta son désir. M. Le Comte, modifiant alors sa pre- 
mière proposition, en développa une seconde tendant à décerner à Col- 
beau le titre de membre honoraire, tout en lui conservant les droits de 
membre effectif. Cette proposition rallia tous les suffrages. Afin que Col- 
beau pût conserver un souvenir durable des sentiments de sympathie qui 
venaient de lui être exprimés, l'assemblée décida, sur la proposition de 
M. Van den Broeck, qu'il lui serait offert un album contenant les por- 
traits de tous les membres de la Société. Voulant, en outre, affirmer le 
caractère d'unanimité qui avait caractérisé son vote, et sur lequel 
M. de Selys Longchamps avait insisté, elle affecta à l'achat de cet album 
une somme de 100 francs prélevée sur l'avoir social. 

La discussion d'une proposition de M. Van den Broeck concernant les 
tirés à part fut ensuite remise à la séance d'octobre. 

L'ordre du jour étant épuisé, MM. Nyst et Roffiaen se rendirent, sur 
l'invitation du Président, auprès de Colbeau, pour l'inviter à reprendre 
place au milieu des membres. 

L'allocution de M. Dewalque à Colbeau atteste l'estime que la Société 
avait vouée à son secrétaire et l'hommage légitime qu'elle rendait à 
son abnégation de tous les moments, ainsi qu'à la cordialité de son carac- 
tère. Colbeau répondit en termes émus. Heureux de se voir entouré 
de la sympathie générale, confiant dans l'avenir de la Société, il cher- 
cha à se défendre d'avoir une part aussi grande au résultat obtenu. Et chez 
lui la modestie n'était point ce sentiment auquel obéissent certaines per- 
sonnes qui se dérobent à la louange dans l'espoir de l'entendre redoubler ; 
il était sincère quand il disait n'avoir accompli que son devoir. De même, 
les éloges qui lui avaient été décernés par le Président étaient l'expres- 
sion vraie des sentiments de reconnaissance que tous avaient pour lui. 

La séance mensuelle ordinaire suivit l'assemblée générale. 

M. Miller y donna la description de son Instrument pour faciliter le 
maniement, sous le microscope, des Foraminifères et autres objets de même 
taille ( 2 J. Destiné surtout à faciliter l'examen de la forme générale que pré- 

(i) Voir le procès-verbal de la séance du 3 août. 
( 2 ) Voir séance du l« r juin 1873. 



MÉMOIRES \ 69 

sente l'aspect périphéro-latéral, cet instrument consiste en un fil de lai- 
ton, coudé dans sa partie médiane, de manière à entourer de trois côtés 
une mince lame de verre qui doit être recouverte en partie de papier noir, 
pour empêcher le reflet. Le tout est ajusté dans une boîte peinte en noir 
qui sert de support aux extrémités du fil de laiton et dont le fond contient 
une petite plaque de verre destinée à l'éclairer. « Veut-on maintenant 
comparer simultanément, dit M. Miller, une vingtaine d'individus de 
même genre, Nodosaria, par exemple, on les dispose parallèlement les 
uns aux autres sur la lame avec leur ouverture dépassant tant soit peu le 
tranchant de la lame; on porte ensuite la boîte sous le microscope et un 
quart de tour de l'axe de rotation redresse toutes les Nodosaria à la fois 
comme une file de soldats, et l'inspection, comme la comparaison, se fait 
avec toute la facilité désirable.» 

La note de M. Miller est accompagnée de deux figures sur bois insérées 
dans le texte. 

M. Thielens communique ensuite une Liste supplémentaire aux fos- 
siles recueillis par lui en Eifel ( 1 ). En tenant compte des espèces non 
déterminées, nous y trouvons vingt-trois espèces pour le devonien moyen 
de Gerolstein et huit espèces pour le devonien inférieur de Stattfeld. 

Le procès-verbal contient encore un travail étendu, intitulé : Liste des 
Mollusques recueillis pendant une excursion faite, du 19 au 24 juillet 1873, 
aux environs d'Arlon et de Virton, par M. E. Van den Broeck. 

M. Van den Broeck fait précéder l'exposé de ses recherches de considé- 
rations sur les zones malacologiques qui subdivisent la région jurassique 
dont il s'occupe presque exclusivement. Il n'a pu faire, en effet, qu'une 
seule excursion dans la région ardennaise, correspondant aux terrains 
désignés par Dumont sous le nom d'ardennais et de rhénan. 

La région jurassique ou de la Lorraine offre ceci d'intéressant, dit 
M. Van den Broeck, que les terrains triasique, liasique et oolithique qui 
en forment le sol n'ont pas d'autres représentants en Belgique, de sorte 
qu'ils constituent une région fort bien caractérisée, appartenant presque 
exclusivement au bassin de la Meuse, ayant un sol assez accidenté et situé 
en moyenne à une altitude de 350 à 400 mètres. Il en expose les carac- 
tères orographiques et constate l'analogie, non seulement pour l'aspect, 
mais aussi pour la faune et la flore, de certaines plaines arides et sablon- 
neuses couvertes de bruyères et de marécages avec les plaines de la Cam- 
pine. Il rapporte l'observation, due à M. Crépin, que malgré sa situation 
au sud de la région calcareuse (vallée delà Meuse et vallées y aboutissant), 
elle nourrit moins de plantes méridionales que celle-ci. 

f 1 ) Annales, tome VII, 1872. Bull. pp. CIX et suiv. 



170 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

M. Van den Broeck a remarqué que la plupart des espèces récoltées par 
lui dans la région jurassique, et surtout celles de la région calcareuse, pré- 
sentent une spire très raccourcie, et « doivent naturellement se rapporter 
soit à la forme minor, soit à une variété quelconque caractérisée par sa 
petite taille » . Avec les individus ainsi modifiés, peut-être par une influence 
climatérique générale, M. Van den Broeck a recueilli « des formes 
intermédiaires et d'autres formes se rapportant au type » . De savants 
observateurs, tels que Stabile, Dumont et Mortillet, ont d'ailleurs constaté 
que chez les mollusques « les formes les plus petites, les plus globuleuses 
ou à spire plus resserrée sont propres aux contrées septentrionales 
comme aux parties froides et découvertes des régions montagneuses ». 

M. Van den Broeck constate la tendance à la forme minor ou à un rac- 
courcissement de la spire chez les espèces suivantes : Hélix obvoluta, 
Mûll., Succinea putris, L., S. oblonga, Drap., var. himilis, Drouet, 
Bulimus obscurus, Mùll., B. subcylindricus , L., var. exigmis, Menk., 
Clausilia laminata, Turton, C. parvula, Stud., var. minima, Hartm., 
G. nigricans, Jeffreys, Limnœa peregra, Mûll., L. limosa, L., L. trunca- 
tula> Mûll., var. ventricosa, Moq.-Tand. 

Il rappelle à ce propos que Colbeau a fait les mêmes observations, mais 
sans les généraliser, pour Succinea oblonga. Drap. (Virton), Bulimus 
subcylindricus , L., var. exiguus (Arlon), Clausilia parvula, Studer, var. 
minima, Hartm. (Arlon), Carycldum minimum, Mûll., var. curtum, 
J. Colb. (Arlon), Limnaa peregra, Mùll., var. minor, J. Colb. 

De même, Y Hélix liortensis est fort répandue dans la région jurassique, 
tandis que YHelix nemoralis, dont elle peut être considérée comme une 
var. minor, y est localisée et toujours rare. De même encore, YHelix Sau- 
veuri peut être regardée comme une « forme minor de YH. nemoralis, 
caractéristique de la partie froide et montagneuse du pays » . 

Chose remarquable, pas un mollusque operculé n'a été découvert dans 
toute la contrée. L'Hydrobia viridis, si commune dans les cours d'eau de 
l'Ardenne, y fait aussi défaut. 

Les zones botaniques établies par M. Malaise dans la région juras- 
sique correspondent aux trois zones malacologiques dont M. Van den 
Broeck croit devoir signaler l'existence dans cette région, savoir : 1° la 
zone calcaire; 2° la zone argilo-marneuse ; 3° la zone sableuse. 

La zone calcaire est limitée au sud par la frontière de France et se com- 
pose de deux massifs de calcaire bajocien de Longwy, l'un s'étendant de 
Lamorteau h Ruette, l'autre situé au nord de la ville de Longwy. Cette 
zone est caractérisée par Hélix obvoluta et Bulimus Menkeamis, qui, 
rares partout ailleurs, s'y montrent fort abondants. 

La zone argilo-marneuse est constituée par des couches appartenant 



MÉMOIRES 171 

au Trias et aux parties supérieure et inférieure du Lias. Sa faune présente 
un mélange de la faune des plaines et de celle des régions montagneuses. 
Les mollusques fluviatiles y sont plus abondants que les terrestres. 

La zone sableuse comprend les divisions géologiques connues sous 
le nom de Grès de Martinsart, Grès de Luxembourg et Grès de Virton. Il 
est possible qu'on ne doive la considérer que comme une simple subdivision 
de la précédente. Elle correspond aux plaines basses voisines de la Haute- 
Bernois et aux plateaux qui forment la ligne de faîte entre la vallée de la 
Bernois et celles de la Vire et du Ton. 

Parmi les espèces recueillies dans la région jurassique, on remarque : 
Vitrina major* , Fér . , Succinea putris, L., var. curta J. Colb., exemplaires 
rares, à spire très courte, S. elegans, Risso, dont un exemplaire exception- 
nellement grand, atteignant 21 millimètres de hauteur, Zonites crystal- 
linus*, Mùll., Hélix arbustorum* (un exemplaire), Bulimus obscurus, 
Mûll., var. curtus V. d. Br., variété établie par M. Van den Broeck pour 
des coquilles n'atteignant que 7 à 7 1/2 millimètres, B. Menkeanus* , 
Pfeiff. (en même temps nouveau pour le Luxembourg), Clausilia lami- 
nata, Mont., de coloration généralement assez pâle, un peu rosée; une 
partie des exemplaires appartient à la var. minor ; Cl. laminata, var. 
albinos (3 ex.), Cl. nigricans, var. minor, V. d. Br., variété bien carac- 
térisée par son aspect fusiforme, très renflée au milieu et atteignant tout 
au plus 9 millimètres, Pupa perversa', L., P. doliolum*, Brug., Limnaa 
limosa, dont les exemplaires récoltés à Virton ont la coquille très 
épaisse, Ancylus fluviatilis, dont un exemplaire recueilli à Habay (') 
(région de l'Ardenne) atteint 11 millimètres de grand diamètre sur 8 de 
largeur et 4 de hauteur; les exemplaires recueillis dans le Ton, à Ethe, 
sont très grands; on pourrait peut-être les rapporter à une variété major, 
enfin Unio batavus* et Unio margaritifer*. M. Van den Broeck ne cite la 
dernière espèce qu'avec doute, sur l'assurance qui lui a été donnée que l'on 
cherchait des perles dans les « moules » du ruisseau de la Mellier. 

L'énumération que nous venons de faire renseigne avec un astérisque 
les espèces nouvelles pour la faune de la région jurassique. 

M. Rofîîaen rend compte d'une excursion effectuée dans la vallée de 
TOurthe, où il a récolté une trentaine d'espèces dont il donne la liste. 
Une partie des Neritina fluviatilis qu'il a recueillies se rapportent très 
probablement, dit-il, à la N. leodica, Charlier, qui ne peut être séparée de 
la N. fluviatilis. 

M. Mourlon parle ensuite des dépôts crétacés traversés lors du fonce- 
ment du puits n° 1 de la Compagnie houillère du Viernoy, au nord 

(') Le texte ne dit pas s'il s'agit de Habay-la-Neuve ou de Habay-la-Vieille. 



<72 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DR BELGIQUE 

d'Anderlues, et signale les fossiles rencontrés à divers niveaux dans ces 
travaux. 

M. Vincent communique une lettre de M. Rutot, « annonçant la décou- 
verte dans l'argile des Polders, aux environs d'Ostende, de nombreux 
échantillons de Diatomées » qu'accompagnait une grande quantité d'exem- 
plaires d'une petite Paludine. 

Colbeau annonce, de la part de M. Lallemand, la reproduction, à 
Alger, d'une espèce à' Ampullaria propre au Nil. 

M. Mourlon fait ressortir tout l'intérêt que présente, pour l'étude des 
dépôts scaldisiens d'Anvers, le mémoire de M. Prestwich : Sur la struc- 
ture des coudes au crag de Norfolk et de Sufolh, avec quelques observations 
sur leurs restes organiques, et demande si la Société serait disposée à 
donner place dans ses publications à une traduction de ce travail. 

Nous ne pouvons mieux faire que de transcrire ici le passage dans 
lequel Colbeau rend compte de la résolution qui fut prise à ce sujet : 
« Après diverses observations présentées par plusieurs membres, l'assem- 
blée est d'avis qu'en principe, les Annales ne doivent renfermer que des 
travaux originaux; cependant, comme certaines traductions peuvent 
offrir une grande utilité, comme, par exemple, celle de l'ouvrage cité par 
M. Mourlon, l'assemblée pense que celle-ci pourrait être exceptionnelle- 
ment insérée dans les Bulletins de la Société. » 

M. Lefèvre rappelle les réserves dont sa note sur le parallélisme des 
couches laekeniennes (*) avec celles de Cassel a été l'objet de la part de 
M. Mourlon. Il désirerait voir discuter la question. M. Mourlon déclare 
qu'il a poursuivi ses études sur ces terrains, mais que le moment ne lui 
semble pas venu de développer le résultat de ses recherches. 

La séance du 7 septembre se tient à Couvin. 

M. Malaise y donne lecture d'une Note sur la description du terrain 
silurien du centre de la Belgique. Dans cette note, M. Malaise analyse le 
travail étendu dont il est l'auteur et qui se trouve inséré dans les Mémoires 
couronnés de l'Académie royale de Belgique ( 2 ). Pour en donner une idée 
entièrement satisfaisante, il nous faudrait reproduire l'analyse présentée 
par M. Malaise. Nous nous bornerons à rappeler que l'auteur divise le 
massif du Brabant, qui est le plus développé et considéré comme le plus 
complet, en quatre assises qui sont, à partir de la base : 

I. Assise de Blanmont, ou des quartzites inférieurs. 

II. Assise de Tubize, ou des quartzites et des phyllades aimantifères. 

III. Assise d'Oisquercq, ou des phyllades bigarrés et graphiteux. 

IV. Assise de Gembloux, ou desphyllades quartzifères à Calymene incerta. 

(!) Wemmeliennes. 
( J ) Bruxelles, 1873. 



MÉMOIRES <-3 

Pour plus de facilité, le massif silurien du Brabant a été divisé en huit 
sous-massifs ou massifs secondaires, savoir les sous-massifs : 1° de Hal; 
2° de la Dyle; 3° de Gembloux; 4° de Jodoigne; 5° d'Hambraine; 6° de 
Landenne ; 7° de la Méhaigne; 8° de Hozémont. 

Un seul niveau fossilifère a été rencontré. Il renferme les espèces carac- 
téristiques de la faune silurienne seconde et se trouve à la partie supé- 
rieure du terrain silurien du centre de la Belgique. Les caractères de ce 
terrain le rapprochent du silurien de la & zone paléozoïque du Nord » . 

Dans le massif de Sambre-et-Meuse, M. Malaise a retrouvé la plupart 
des espèces du Brabant. « Cependant, dit- il, on y voit des Polypiers et 
certains genres de la faune troisième » . Il ajoute qu'en Belgique comme 
en Angleterre, « il y a des associations d'espèces qui, en Bohême, appar- 
tiennent exclusivement à la faune seconde ou à la faune troisième >> . 

La seconde partie du mémoire est consacrée à la description de cin- 
quante-trois espèces nouvelles. M. Malaise en donne la liste, en indiquant 
les massifs dans lesquels elles se présentent. 

Le procès-verbal contient ensuite la mention de vœux exprimés par 
divers membres : 

Les membres de la Société malacologique devraient être admis à se pro- 
curer, moyennant un prix à fixer, des exemplaires des tirés à part des 
mémoires relatifs à la malacologie publiés par l'Académie de Belgique et 
par les sociétés correspondantes de la Société malacologique. 

M. Thielens voudrait que les échantillons intéressants ou douteux 
recueillis pendant les excursions fussent exhibés aux membres réunis, au 
retour de chaque journée. Les rapports sur les excursions seraient ainsi 
facilités de beaucoup. 

MM. Colbeau et Van den Broeck proposent à l'assemblée d'émettre 
le vœu que les membres prenant part aux excursions réservent des échan- 
tillons qu'ils ont recueillis pour les collections de la Société. 

Ces propositions étant formulées dans un intérêt général, l'assemblée 
n'hésite pas à leur donner son approbation. 

M. Thielens signale ensuite, comme particulièrement intéressant pour 
la paléontologie belge, le Mémoire sur des dents de poissons du terrain 
bruaellien, par M. le D r Winkler, qui en a généreusement offert un exem- 
plaire à la Société. 

A la séance du 5 octobre, M. Van den Broeck communique une Liste 
des mollusques recueillis aux environs de Tongres et de Hasselt les 18 et 
19 mai 1873. Le Limbourg se divise en deux zones malacologiques 
bien distinctes, sans compter la bande alluviale qui constitue le sol de la 
vallée de la Meuse. Faisant usage des termes employés par Colbeau Q) 

( l ) Excursions et découvertes malacologiques, Annales, t. I. 



174 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

pour les divisions malacologiques, M. Van den Broeck range toute la 
partie au nord du Demer dans la région sablonneuse et spécialement dans 
la zone de la Campine, et la partie située au sud de la rivière dans la région 
limoneuse ou région des plaines. Toutes les localités explorées par M. Van 
den Broeck font partie de cette dernière région. 

Le but principal de son travail est de démontrer l'identité, au point de 
vue malacologique, de la région des plaines limoneuses avec celle des 
plaines sablo-limoneuses du Brabant. Ces dernières constituent une région 
distincte dans la carte agricole de la Belgique publiée par M. Malaise, et 
M. Van den Broeck reconnaît, d'ailleurs, toute la valeur de cette distinc- 
tion au point de vue de l'agriculture. En l'absence de toute carte malacolo- 
gique du pays, la carte agricole publiée par M. Malaise pouvait en tenir 
lieu, d'autant plus que les divisions agricoles établies par M. Malaise con- 
cordent assez exactement avec les régions et les zones malacologiques. 
M. Van den Broeck se propose d'exposer ultérieurement ces rapports plus 
en détail; peut-être même joindra-t-il une carte au travail qu'il projette. 
Il termine sa notice par l'énumération des trente-cinq espèces recueillies 
par Colbeau et par lui-même. 

On y remarque un Arion rufiis, L., variété niger, nouvelle pour notre 
faune et dont l'animal est complètement noir, sauf le pied, qui est blanc; 
Arion mf us, var. DraparnaudA, Moq.-Tand., nouveau pour la faune de 
la Belgique, et Arion ru/us, var. nigrescens, Mill., variété nouvelle pour 
la faune; Relia ericetorum, trouvée en un seul point, à Tongres, sur une 
côte couverte de débris des anciennes fortifications. C'est la seule de toutes 
les espèces citées qui appartienne à la faune de la région calcareuse et 
qui ne réside pas dans nos plaines moyennes. M. Van den Broeck consi- 
dère sa présence, « soit comme accidentelle et provenant d'une introduc- 
tion artificielle, soit comme l'indice d'une des dernières colonies de la 
faune de la région calcareuse »; Phjsa fontinalis, L., dont quelques 
exemplaires à spire très allongée et peu obtuse, mais que leur forme glo- 
buleuse rapporte à la var. aplexoides, J. Colb. 

M. Van den Broeck, abordant ensuite un sujet dont il a déjà été 
plusieurs fois question dans les séances de la Société, « développe sa pro- 
position d'accorder aux auteurs des communications insérées aux Bul- 
letins les mêmes avantages qu'aux auteurs des travaux publiés dans les 
Mémoires ». Plusieurs membres prennent part à la discussion. Colbeau 
combat la proposition pour des raisons financières; la Société aurait à 
supporter, du chef de la publication de ces tirés à part, des dépenses con- 
sidérables. — Il suffit qu'elle donne aux auteurs la composition ayant servi 
à l'impression du Bulletin. — La publication rapide de celui-ci compense 
certainement pour eux le minime avantage d'obtenir gratis 25 exemplaires 
de leur travail. 



MÉMOIRES 475 

Modifiant alors sa première proposition, M. Van den Broeck « demande 
que la Société reconnaisse expressément aux auteurs de toute communi- 
cation le droit de pouvoir en faire des tirés à part à leurs frais dans les 
conditions indiquées par M. Colbeau ». Il demande encore que le prix des 
tirés à part soit fixé une fois pour toutes et qu'ils portent une double pagi- 
nation, celle qui leur est propre et celle du volume dont ils sont extraits. 

L'assemblée adopte ces diverses propositions. 

Passant à un autre ordre d'idées, M. Van den Broeck croit que les cor- 
rections faites après la première épreuve doivent être portées en compte 
aux auteurs. D'après M. Weyers, tout remaniement, toutes corrections 
autres que les corrections typographiques doivent être aux frais des 
auteurs. 

M. de Borre voudrait que le Conseil exigeât des auteurs une copie 
entièrement achevée de leurs travaux destinés aux Annales. 

L'assemblée adopte la manière de voir de MM. Weyers et de Borre. 

Le procès-verbal contient ensuite en annexe une liste de vingt-trois 
espèces recueillies par M. RofBaen dans la vallée de l'Ourthe et servant 
de supplément à celle qu'il a donnée le 3 août, puis une Notice sur Us 
mollusques comestibles, particulièrement de l'Italie et de la Sicile, par 
A. Senoner, traduite de l'allemand par A. Thielens. Ce travail fait suite 
à la Notice sur les mollusques comestibles et les coquilles utiles de la mer 
Adriatique, publiée par le même auteur dans le tome II des Mémoires de 
la Société malacologique (1866-1867). 

Il est basé sur les recherches du D r Kobelt, publiées dans le Zoologische 
Qarten, de Francfort, livraison de juin 1873. 

Nous devons nous borner à une énumération de noms d'espèces sans 
entrer dans aucun détail, et nous supprimerons même toutes les indica- 
tions de provenance, sauf celles qui accompagnent des noms locaux. Les 
espèces citées sont : 

i 

Hélix cincta, Mûll.; H. aspersa, Mûll.; H. vermicnlata, Mûll.; H. pi" 
sana, Mûll.; H. lucorum, L.; H. ligata, Mûll.; H. variabilis, Drap.; 
H. nalicoïdes, Drap, (la Topaduta) ; H. Mazzulii, Jan ; H. pisana, 
Mûll.; — Murex brandaris, L. ; M. trunculus, L.; — Euthria cornea, L.; 

— Natica JosepMna, Risso; N. millepunctata, Lamk. ; — Pholas dactylus, 
L.; — Solen siliqua, L. (Cannolichie, Naples) ; S. vagina, L.; — Sole- 
curtus strig Hiatus , L.; — Mactra stultorum, L.; M. Helmcea, Chemn., 
M. Pauluccia, Ar. et Ben.; — Psammobia vespetrina, Chem. ; — Tel- 
lina nitida, Poli; T. planata, L.; — Donax trunculus, L.; D. nenusta, 
Poli; D. semistriata, Poli; — Tapes lœta, Poli; T.decussata,L.; T.aurea, 
Gmel. ; — Vernis nerrucosa, L. (Tartufe delmare, Naples) ; V. gallina,L.; 

— Cytherea clione, L. (Fusolare, Naples) ; —Artemis exoleta, L.; — Car- 



176 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

diiim edule, L.; C. tuberctdalum, L.; — Mytilus edulis, L. (Cozze- 
neue, Tarente) ; — Modiola barbota, L. (Cozzepelose) ; — Lithodomiis 
UtJiophagus, L. ; — Arca Noa, L.; A. barbata, L. ; — Pecten Jacobœiis, 
L. ; P. varins, L. ; P. glabcr, L.; — Spondylus gœderopus, L. ; — Ostrea 
edulis, L. (Ostrichedi Taranto, Ostriche del Castello, Naples). 

En la séance du 2 novembre la Société, reçoit l'annonce du décès 
de H. Lambotte, son ancien président, et de celui du chevalier von 
Frauenfeld, membre correspondant. 

M. Le Comte montre diverses espèces rares de mollusques terrestres 
vivants des Pyrénées et M. Van den Broeck annonce qu'il a trouvé au 
Kiel, près d'Anvers, un exemplaire de la Scalaria Wcyersi, dont on ne 
connaissait qu'un individu, provenant d'Edeghem. 11 a recueilli cette 
coquille « dans le sable diestien ( x ), au-dessus de la couche à Panopées et 
immédiatement en-dessous d'une couche roulée ( 2 ) dont les fossiles appar- 
tiennent au crag gris ». Ces détails, qui indiquent très clairement le 
niveau dont provient le fossile, montrent combien la géologie des environs 
d'Anvers était encore peu connue à ce moment. Ils ont une valeur histo- 
rique à ce point de vue qui nous engage à les rapporter. 

M. Mourlon fait remarquer, au sujet de cette communication , que l'exem- 
plaire de Scalaria Weyersi trouvé par M. Van den Broeck provient d'une 
« zone toute spéciale de l'assise diestienne, celle des « sables d'Edeghem» . 
Il décrit ensuite les caractères minéralogiques et paléontologiques de 
cette zone où la Panopœa Memrdi, particulièrement abondante, se 
trouve toujours dans la position verticale. Les gastéropodes sont rares, 
mais M. Vincent en a recueilli un certain nombre « au-dessus de la 
couche à Panopœa proprement dite, sur la paroi occidentale du grand 
fossé » . Poursuivant sa description, M. Mourlon dit que « la zone 
d'Edeghem est surmontée au Bas-Kiel par la couche des sables verts 
qui y termine l'assise diestienne et varie en épaisseur de à plus de 
2 mètres, par suite du ravinement plus ou moins prononcé que lui ont fait 
éprouver les dépôts campiniens qui la recouvrent » . Dans ces derniers, il 
signale des coquilles fluviatiles et des graviers à divers niveaux, avec un 
amas de coquilles tertiaires roulées ou triturées à la base ( 3 ) . Il recommande, 
enfin.de rechercher si c'est de la couche de coquilles brisées de la base du 
campinien que proviennent en tout ou en partie les ossements que l'on a 
recueillis du mammouth, du rhinocéros, du renne, du sanglier, du cerf, du 
bœuf, etc. 

M. Mourlon demande encore si l'on ne pourrait réserver une place dans 
les Bulletins pour des résumés d'ouvrages scientifiques. Il expose les 

( l ) Ce niveau fait encore partie des sables à Panopœa Menardi. 
(*) Quaternaire fluviatile de MM. van Ertborn et Cogels. 
'( 3 ) Idem. 



MÉMOIRES 177 

avantages de ce système. M. Vau den Broeck désirerait également le voir 
adopter, mais il objecte que « cela ferait presque double emploi avec 
le bulletin bibliographique, qui doit lui-même donner ces résumés à partir 
du prochain volume des Annales » . Colbeau croit inutile de prendre une 
mesure particulière à ce sujet, « chaque membre étant libre de présenter 
en séance, comme communications personnelles, tels ou tels résumés 
d'ouvrages malacologiques, lesquels peuvent être publiés dans les procès- 
verbaux si la Société le décide » . 

A la date du 7 décembre 1873, Colbeau effectue le dépôt du tome VII 
(1872) des Annales et communique, de la part de M. Van Horen, 
une liste de Polyjners nouveaux du terrain devonien de Belgique. C'est 
simplement une énumération de dix espèces qui n'avaient pas encore été 
rencontrées dans le pays. 

Le procès-verbal fait ensuite mention de la communication, par M. Van 
den Broeck, de remarques sur « quelques anomalies qu'il a observées chez 
le Pecten tigerinus, Mùll., fossile du terrain diestien des environs 
d'Anvers ». Il est regrettable que ce document ne les reproduise pas, 
l'auteur, qui se proposait de traiter ultérieurement ce sujet plus en détail, 
ayant renoncé à ce projet. 

Avant de lever la séance, le Président, M. Dewalque, s'adressant à Col- 
beau, retrace ses titres à la reconnaissance de la Société malacologique. 

Il rappelle qu'à la dernière assemblée générale, la Société, après l'avoir 
proclamé membre honoraire, a décidé de lui offrir un témoignage spé- 
cial de sa gratitude. Il ajoute que cette décision n'a pu recevoir une 
exécution immédiate, autant par la difficulté de réunir les portraits des 
membres, dont plusieurs résident loin du pays, qu'en raison des délais néces- 
saires pour la confection de l'album destiné à contenir ces portraits. Mais 
aujourd'hui, M. Dewalque est heureux de remettre à Colbeau ce gage de 
l'estime et de la sympathie de tous ses confrères. 

Enrecevantl'albumdesmainsdu Président, Colbeau répond qu'il ne sau- 
rait exprimer ses remerciements comme il voudrait le faire. Il regarde ce 
souvenir moins comme une récompense de ce qu'il a fait, que comme un 
encouragement et un engagement pour l'avenir. Il est fier d'avoir coopéré 
à la fondation de la Société, mais il ne l'a pas fondée seul et il rappelle 
avec bonheur les noms de ceux qui l'y ont aidé, MM. Fologne, Roffiaeu et 
Weyers. 

Aujourd'hui que Colbeau n'est plus, c'est pour nous un devoir de 
rappeler qu'il a tenu au delà de ses promesses, car c'est seulement 
vaincu et anéanti par la souffrance qu'il a cessé de s'occuper de la Société 
malacologique. Il s'y est consacré avec un dévouement que, sans crainte 
d'exagération, on peut déclarer exceptionnel . 

12 



178 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Le tome VIII des Annales se termine, comme d'habitude, par l'énumé- 
ration des nombreux ouvrages reçus dans le courant de l'année, par le 
bulletin des collections malacologiques et par la liste des membres. 

Le recueil des Mémoires contient les travaux suivants : 

I. Matériaux pour servir à la faune laekenienne des environs de 
Bruxelles, par G. Vincent. (Séance du 5 janvier 1873.) 

II. Faune paniselienne ('). Description de deux coquilles fossiles du 
terrain éocène de Belgique (Leda Corneti et Arca Briarti), par H. 
Nyst. — Planche I, fig. 1 a, b, c. — 2 a, b. (Séance du 4 mai 1873.) 

III. Faune laekenienne ( 2 ). Description d'une coquille fossile du 
terrain éocène de Belgique (Cyprina Roffiaeni), par H. Nyst. — Planche I, 
fîg. 3, a, b, c. (Séance du 4 mai 1873.) 

IV. Compte rendu de l'excursion faite aux environs de Ciply par la 
Société malacologique de Belgique, le20 avril 1873, par MM. F.-L. Cornet 
et A. Briart. (Séance du 3 août 1873.) 

V. Liste des Bryozoaires du poudingue de Ciply, par A. Houzeau de 
Lehaie. (Séance du 3 août 1873.) 

VI. Compte rendu de géologie stratigraphique de l'excursion de la 
Société malacologique de Belgique dans le Limbourg belge, les 18 et 
19 mai 1873, par J. Ortlieb et G. Dollfus. — Avec une coupe géologique 
dans le texte et une planche coloriée. (Séance du 3 août 1873.) 

VIL Rapport au point de vue palèontologique de l'excursion entreprise 
les 18 et 19 août 1873, aux environs de Tongres, par les membres de la 
Société malacologique de Belgique, par A. Rutot. (Séance du 3 août 1873.) 

VIII. Quelques observations sur le Hyalaea tridentata, Lamarck, par 
Alfred Craven. — Avec une planche coloriée. (Séance du 7 décembre 1873.) 

IX. Une anomalie observée chez le Pecten corneus, Sow., par Th. Le- 
fèvre. — Avec une planche. (Séance du 7 décembre 1873.) 

X. Rapport sur l'excursion de la Société malacologique de Belgique à 
Couvin {partie palèontologique), par G. Dewalque. (Séance du 7 décem- 
bre 1873.) 

XI. Liste des mollusques terrestres et fuviatiles vivants observés pen- 
dant l'excursion delà Société malacologique de Belgique à Couvin, les 
7, 8 et 9 septembre 1873, par Jules Colbeau. (Séance du 7 décembre 1873.) 

XII. Observations sur le classement des couches tertiaires moyennesdans 
le Limbourg belge, à propos du Mémoire de MM. Ortlieb et Dollfus 
intitulé : Compte rendu de géologie stratigraphique de l'excursion de la 
Société malacologique de Belgique dans le Limbourg belge, les 18 et 19 mai 
1873, par Michel Mourlon. (Séance du 7 décembre 1873.) 

En tête du volume, est insérée une intéressante biographie de Henri 
Lambotte, due à M. Hector Denis. Ce travail est accompagné d'un por- 

(') Lire ypresienne. 
( 2 ) Lire wemmelienne 



MÉMOIRES H9 

trait photographié destiné à rappeler les traits de celui qui fut le premier 
président de la Société malacologique et l'un des principaux collabora- 
teurs de Colbeau pour sa fondation. 

Tome IX. — Année 1874. 

En 1873, l'élément géologique commence à envahir les publications de 
la Société malacologique ; en 1874, il y règne dune façon presque absolue. 
A la séance du 11 janvier, la Société entend la lecture du rapport de 
M. Van den Broeck sur la traduction par M. Mourlon du mémoire de 
M. Prestwich : On tlie structure ofthe Crag-beds of Suffoll and Norfolk 
mifh some observations on tîieir organic remains. 

Elle en décide l'impression et vote des remerciements à M. Prestwich, 
qui a bien voulu revoir la traduction de son travail, ainsi qu'à la Société 
géologique de Londres, qui a gracieusement mis à la disposition de la 
Société malacologique les bois des figures iusérées dans le texte. 

L'assemblée décide, de plus, que les traductions publiées par la Société 
feront l'objet d'une publication spéciale pour conserver aux Annales leur 
caractère de ne renfermer que des mémoires originaux. 

M. Mourlon donne ensuite lecture du rapport de M. Nyst et du sien 
propre sur le mémoire de M. Cogels, intitulé : Observations géologiques et 
paléontologistes sur les différents dépôts rencontrés à Anvers lors du 
creusement des nouveaux bassins, présenté à la séance du 7 décembre 
1873. Les conclusions de ce travail, qui introduisait des modifications 
nécessaires dans les divisions géologiques adoptées à cette époque et dans 
leur nomenclature, furent l'objet de quelques réserves de la part des rap- 
porteurs. 

Leur exactitude fut cependant démontrée plus tard à plusieurs reprises 
et les caractères empruntés à la couleur des sédiments ne tardèrent pas à 
être unanimement reconnus sans valeur. M. Cogels, s'appuyant unique- 
ment sur les caractères fauuiques, nomma les couches étudiées par lui 
Sable à Isocardia cor et Sable à Troplon antiquum ou Fusus con- 
trarius ( l ). 

La géologie des environs d'Anvers occupe, peut-on dire, toute la 
séance du 11 janvier 1874 : 

M.Vincent lit une Note sur les dépôts post-pliocènes du Kiel près 
d Anvers qu'il a pu étudier sur une longueur de plusieurs centaines de 
mètres. Il y distingue deux divisions nettement tranchées : 

(') l M. Nyst, après avoir attiré l'attention sur les listes de fossiles dressées par 
M. Logels, rien tint aucun compte dans son mémoire sur la conchyliologie du terrain 

h I n °f ^î ? !f. ien PUbUé daQS l6S AQaaleS du Musée de Bruxelles, à une époque où le 
Dieu fondé des divisions établies par legéologue anversois était reconnu de tout le monde 



180 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQDE DE BELGIQUE 

A. Zone inférieure composée de trois couches distinctes, savoir : 1" le 
banc de coquilles tertiaires brisées, contenant des coquilles fluviatiles et 
terrestres; 2° une couche de sable gris verdâtre un peu argileux; 3° un 
dépôt de limon grisâtre avec coquilles fluviatiles, débris de végétaux et 
restes de coléoptères. 

B. Zone supérieure constituée par des sables sans fossiles ayant à la 
base un niveau de petits cailloux roulés auxquels se trouvent parfois 
mêlés des restes de fossiles brisés. Elle présente parfois de minces strates 
argileuses, sauf vers le haut, où le sable est toujours rougeâtre. 

Les recherches de M. Vincent l'ont mis à même de pouvoir certifier que 
les ossements dont M. Mourlon a parlé dans sa note proviennent, au 
moins pour la plus grande partie d'entre eux, de la base de la zone A ( 1 ). 

M. Cogels lit ensuite une Note sur un gisement de Tèrébratules aux 
environs d'Anvers. C'est la description d'une coupe géologique prise aux 
fortifications d'Anvers, non loin de la porte de Borsbeek, près du saillant 
n° 7. M. Cogels s'occupe principalement de la couche dite du sable vert, 
comprise entre l'amas tertiaire de coquilles brisées et les sables noirs à 
Pectunculus pilosus. Il signale les fossiles qu'il y a recueillis et dit 
qu'au point où il a levé sa coupe, on trouve, immédiatement au-dessus 
du sable vert, un mince lit d'une roche durcie contenant des Bryo- 
zoaires. Il expose le résultat de ses recherches sur la position géologique 
de ces blocs à Bryozoaires, ainsi que des concrétions qui les accompa- 
gnent ( 2 ), et mentionne les fossiles qu'il a trouvés à ce niveau. 
Des détails sur les couches observées près de la porte Léopold terminent 
cette note. M. Cogels conclut que l'apparition de la Terebratula 
grandis aux environs d'Anvers remonte à l'époque diestienne, comme 
le capitaine Dejardin l'a marqué sur la coupe qu'il a publiée en 1862. 
M. Cogels insiste sur ce point, parce que les Tèrébratules signalées par 
M. Nyst, à Wommelghem, paraissent se trouver dans le scaldisien ( 3 ). 

M. Mourlon attire l'attention sur la communication précédente. « Elle 
nous fournit la preuve, dit-il, que la couche à Terebratula grandis ainsi 
que le lit mince à Bryozoaires et à Lingula Dtcmortieri se trouvent bien 
dans le sable vert diestien de M. Dejardin. » La Terebratula grandis ayant 
été également signalée, avec les débris organiques qui l'accompagnent, 

(') Ou a vu que M. Mourlon rangeait tous ces dépôts dans le campinien. M. Vincent 
s'abstient de les classerdansune divison adoptée. MM. van Ertborn et Cogels ont reconnu 
plus tard que la zone B, seule, appartient au campinien. La zone A fait partie de leur 
division du quaternaire fluviatile. 

( 2 ) M. Cogelsa constaté, depuis, que la couche de coquilles brisées observée dans la pro- 
priété de M 1 " van Havre, à Deurne, est quaternaire. C'est même une couche type du qua- 
ternaire inférieur de MM. van Ertborn et Cogels. 

( 3 ) Voir séances des 1 er février, 1 er mars et 12 avril 1874. 



MEMOIRES 181 

dans les sables gris scaldisiens aux environs d'Anvers ('), M. Mourlon 
ajoute qu'il « reste à se demander si le « sable vert » est bien diestien, 
comme cela est généralement admis, et si le.? débris organiques précités se 
rencontrent bien à deux niveaux géologiques aussi différents». M. Mour- 
lon fait remarquer à ce propos que le niveau supérieur appartient au plio- 
cène, tandis que le niveau inférieur est rapporté par divers auteurs au 
miocène supérieur ou Falunien. 

M. Dewalque dit qu'il « a été amené à placer dans le diestien le gîte à 
Térébratules rencontré à l'enceinte près de Deurne. Les sables noirs kLin- 
gula Dumortieri lui ont paru appartenir au même système » . Toutefois, 
M. Dewalque ne donne cette dernière indication qu'avec certaines 
réserves. 

M. Van den Broeck désirerait recevoir des échantillons authentiques du 
sable vert pour examiner les Foraminifères qu'ils pourraient contenir. 
M. Mourlon donne à M. Van den Broeck l'assurance qu'il trouvera au 
Musée tous les documents nécessaires pour cette étude. 

M. Mourlon voudrait que les rapports lus en séance fussent toujours 
publiés. Colbeau croit préférable de laisser les assemblées mensuelles libres 
de prendre chaque fois, à cet égard, la décision qui leur semble préfé- 
rable. L'avis de M. Mourlon fut cependant adopté en fait, car tous les 
rapports lus en cette séance furent imprimés et, sauf pour des cas excep- 
tionnels, il en a toujours été de môme depuis lors. 

A la séance du 1 er février, M. Collin lit une Notice sur les Mollusques 
des Vosges en complément à l'ouvrage de M. Puton ( 2 ). 

Ce dernier auteur divise les Vosges en trois régions bien distinctes : 
1° la région granitique renfermant toute la partie des hautes montagnes ; 
2° la région calcaire occupant les parties les plus planes ; 3° la région des 
grès comprise entre les deux premières. 

M. Collin n'a parcouru qu'une petite partie de la région granitique. Il 
en décrit les caractères et termine en donnant la liste des espèces qu'il 
a recueillies. Il y joiut ses observations et les compare à celles de 
M. Puton. M. Collin a trouvé : Hélix Sauneuri, à plus de 1,000 mètres 
d'altitude dans les montagnes près de Saint-Maurice ; Limnœa auricu- 
laria, L., dans la Moselle, sur des pierres, au milieu du courant, un peu 
en-dessous d'une cascade; les coquilles étaient de petits taille et avaient le 
« test rongé par les eaux » ; L. j>eregra, qui n'a pas été rencontrée au-des- 
sus de 700 mètres d'altitude. M. Collin dit encore qu'il a appris, de 
M. Puton fils, que la Limnœa Vosgesiana, Puton, a été reconnue par 

(*) Bull. Acad., 2» série, t. XII, p. 201. 
. ( 2 ) Essai sur les Mollusques terrestres et fluviatiles des Vosges, par Ernest Puton. 
Épinal, 1847. 



182 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

ce naturaliste, après la publication de son livre, comme une variété de la 
L. palnstris. 

Après cette communication, M. Collin donne la Description d'une variété 
de la Limnœa limosa, Linné. Il la dédie sous le nom de var. Broecki 
à M. E. Van den Broeck. 

M. Mourlon présente ensuite ses Observations sur la position du Pani- 
seliendans la série Éocène à propos d'un travail récent de M. Ed. Hébert^). 

M. Hébert propose de réunir en un seul groupe l'3 r presien supérieur et 
le paniselien. La disparition du terme ypresien supérieur lui paraît un 
progrès. Il rappelle, d'ailleurs, qu'une telle réunion a été faite et que la 
correspondance de cet ensemble aux sables de Cuise a été établie en 1855 
par M. Prestwicb. M. Hébert ne serait pas revenu sur cette question, 
s'il ne voyait beaucoup d'indécision parmi les géologues belges, dont 
quelques-uns, dit-il, placent le système paniselien dans l'éocène moyen, 
à la base du calcaire grossier. 

M. Mourlon, passant en revue les auteurs qui ont écrit sur les terrains 
tertiaires inférieurs, ne trouve que MM. Ortlieb et Chellonneix qui aient 
réuni le paniselien à l'ypresien supérieur pour le ranger dans l'étage 
éocène inférieur. Dumont eu premier lieu, puis d'Omalius, M. Dewalque 
et M. Mourlon lui-même ont classé le paniselien dans l'éocène moyen. 
Seulement M. Mourlon ne partage pas l'opinion de M. Dewalque, 
lequel n'accorde pas assez d'importance au paniselien pour en former 
un système spécial. Il y admet, au contraire, deux zones distinctes : 
celle des Psammites du mont Panisel ou paniselien proprement dit et 
celle de YArgilite de Morlanwelz à Leda Oorneti, qui s'observe à l'est de 
Mons. Les caractères paléontologiques et minéralogiques de ces zones 
étant différents, on pourrait se demander à laquelle des deux font 
allusion les auteurs qui proposent de supprimer le paniselien et de le 
réunir à l'ypresien supérieur. Dans l'état actuel des connaissances, 
M. Mourlon voit plus de raisons pour réunir la zone de Morlanwelz à 
l'ypresien supérieur que pour supprimer ce dernier terme. Elle renferme 
des fossiles propres à l'éocène inférieur, tandis que la zone du mont 
Panisel présente une faune qui se confond pour ainsi dire avec celle du 
bruxellien (éocène moyen). 

M. Hébert place la limite de l'éocène inférieur au-dessus des couches du 
mont Panisel qui renferment laJVummîdites planulata, fossile caractéris- 
tique des sables de Cuise; M. Mourlon n'a rencontré dans le paniselien pro- 
prement dit que des nummulites indéterminables. Quant aux N.planulata 
du mont Panisel, elles se trouvent dans l'ypresien et non dans le panise- 

(') Comparaison de l'éocène inférieur de la Belgique et de l'Angleterre avec celui du bas- 
sin de Paris. Annales des sciences géologiques, t. IV, n os 3-6, 1873. 



MÉMOIRES 183 

lien. La distribution de la N. planulata dans les couches est d'ailleurs 
variable en Belgique. Si, aux environs de Bruxelles, elle ne passe pas de 
l'ypresien (éocène inférieur) dans le bruxellien (éocène moyen), il n'en est 
pas moins vrai, fait observer M. Mourlon, qu'à Bellecourt ( l ) elle se pré- 
sente dans des sables ayant tous les caractères minéralogiques de cette 
dernière formation, mais renfermant une faune ypresienne. M. Mourlon 
conclut que les données paléontologiques invoquées par M. Hébert sont 
sujettes à controverse et insuffisantes pour modifier les idées générale- 
ment admises au sujet de la position du paniselien dans la série éocène. 

M. Cogels donne lecture d'une Seconde note sur le gisement de la 
Terebraiula grandis, avec quelques observations à ce sujet. M. Cogels s'est 
attaché à résoudre la question posée par M. Mourlon à la suite de sa com- 
munication faite au mois de janvier. M. Mourlon, ayant rappelé que la 
Terebraiula grandis a été trouvée dans les sables gris scaldisiens aux envi- 
rons d'Anvers, se demandait si le sable vert où M. Cogels avait observé 
les Térébratules dont il décrivait le gisement était bien diestien et si, 
comme conséquence, ces fossiles se trouvaient réellement à deux niveaux 
géologiques différents. 

M. Cogels, récapitulant les détails publiés par M. Nyst sur le gisement 
de Térébratules de Wommelghem, démontre que la position de ces fossiles 
relativement aux blocs calcaires à faune scaldisienne doit les faire consi- 
dérer comme n'étant pas en place et comme pouvant, dès lors, se trouver 
dans le scaldisien. 

Il prouve que la couche nommée par M. Dejardin base du crag gris 
correspond à la couche qui sépare parfois l'amas de coquilles brisées 
d'avec les blocs calcaires à Bryozoaires, et dans laquelle il a observé, 
en même temps que des coquilles scaldisiennes bien conservées ou brisées, 
des fossiles diestiens, tels que des Térébratules, provenant évidemment par 
remaniement du sable vert sous-jacent. 

M. Cogels passe ensuite en revue les principaux gisements rapportés 
au crag gris. Il montre qu'en certains points ce crag correspond à la for- 
mation qu'il a nommée sable à Isocardia cor; en d'autres, à la couche qui 
recouvre le sable vert ; en d'autres encore, à des formations voisines 
des dépôts quaternaires du Kiel. On a même pris les sables d'Edeghem 
pour le crag gris. M. Cogels ne pense pas que sa communication du 
11 janvier puisse fournir la preuve que le lit mince à Bryozoaires 
observé près de la porte de Borsbeek ( 2 ) se trouve dans « le sable vert 
diestien » de M. Dejardin. Les Bryozoaires et les blocs calcaires sont 
postérieurs au dépôt du sable vert; mais, en de certains points, du sable 

(•) Arrondissement de Charleroi. 
( 2 ) Aux fortifications d'Anvers. 



184 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

et des fossiles de la formation sous-jacente ont été amenés au-dessus d'eux. 

a La distance qui sépare le dépôt du sable vert de la formation des blocs 
est attestée, dit M. Cogels, par la faune même de ces blocs, qui contiennent 
beaucoup de fossiles scaldisiens qu'on ne trouve pas avec les Térébratules 
dans la coucbe de sable vert, couche, quel que soit le nom qu'on lui donne, 
sur laquelle ils reposent; tandis que la substance calcaire qui se déposait à 
la surface de ce même sable vert pouvait facilement envelopper des coquilles 
déjà fossiles que le moindre affouillement suffisait pour mettre à nu. » 

Il considère la couche de sable vert comme une couche de pas- 
sage et dit qu'il n'y aurait pas lieu de s'étonner si elle fournissait un jour 
« le trait d'union paléontologique entre les sables noirs à Pectunculus et 
les sables à Isocardia cor ». Sans vouloir discuter à la Société malacolo- 
gique une question purement géologique, M. Cogels déclare qu'il partage 
l'opinion de ceux qui considèrent le sable vert comme diestien. 

M. Van den Broeck communique les résultats de l'examen qu'il a fait 
d'échantillons de « sables verts » provenant de la partie supérieure de 
cette couche ou zone à Térébratules. Ces échantillons ne se rapportant pas 
entièrement à la couche typique des « sables verts de Dejardin », M. Van 
den Broeck prévient que les résultats obtenus par l'étude des Foramini- 
fères ne permettent pas une conclusion définitive. Il a reconnu la pré- 
sence d'espèces diestiennes qui passent du miocène dans le pliocène et 
d'espèces scaldisiennes qu'il n'a pas encore rencontrées dans les sables 
miocènes d'Anvers. Il est vrai, ajoute-t-il, qu'il n'a encore étudié à ce point 
de vue spécial que certains horizons de ces derniers sables. 

M. Mourlon revient sur les précédentes communications de M. Cogels 
et sur celle de M. Van den Broeck. Chargé avec M. Nyst de classer au 
Musée les collections de fossiles provenant des travaux militaires d'An- 
vers, il n'a pas toujours été en mesure de le faire avec toute la précision 
désirable, par suite de l'absence de documents suffisants. En se basant sur 
les renseignements publiés à l'époque des travaux d'Anvers et que 
M. Cogels vient d'analyser, il a été amené à placer dans le scaldisien les 
Térébratules en question. Signalant la différence de coloration présentée 
par les fossiles duMusée,il dit que les coquilles colorées en gris proviennent 
de Deurne (*), que d'autres renfermant un sable foncé proviennent de 
Mortsel, mais que les coquilles colorées en jaune ne portent aucune indi- 
cation spéciale de provenance. Toutefois, ces dernières sont identiques à 
celles qui ont été recueillies récemment près du saillant n° 7, au point où 
M. Dejardin les indique, sur sa coupe n° 1, dans sa couche du sable vert. 



(!) Partout où l'on trouve Deurne comme indication de provenance pour des fossiles 
recueillis à l'époque des travaux de fortification d'Anvers, il faut lire Borgerhout. 



MEMOIRES 485 

M. Mourlon se demande, dès lors, ce qu'est le « sable vert » que 
M. Dejardin rapporte à la partie supérieure du diestien et qu'il dit se 
trouver « entre le sable noir diestien (d 8 ) et le sable argileux scaldi- 
sien (s 2 ) ( x ), lequel serait, à son tour, surmonté du sable campinien 
diluvien (c) » . 

PourM. Mourlon, l'amas coquillier qui surmonte les sables à Térébratules 
n'est pas scaldisien. Bien que l'on n'y ait pas trouvé d'ossements de mam- 
mifères d'espèces éteintes, M. Mourlon est porté à admettre qu'il repré- 
sente la base du terrain quaternaire. « Cet amas ne présente pas seule- 
ment, en effet, les mêmes caractères que celui du Kiel, mais est, en 
outre, surmonté des mêmes couches argilo-sableuses et graveleuses, qui 
constituent les deux zones post-tertiaires de cette partie de la Basse- 
Belgique. » La couche à Térébratules se trouve donc immédiatement en 
contact avec le dépôt quaternaire. Il recherche alors, par l'examen des 
caractères minéralogiques, paléontologiques et stratigraphiques, quels 
sont ses rapports avec le sable noir sous-jacent : 

1° Au point de mie minéralogiqîie, M. Mourlon constate la différence du 
sable vert et du sable noir diestien. 

2° Au point de vue paléontologique, le sable vert renferme une faune 
qui le rapproche beaucoup plus du scaldisien que du diestien. 

M. Mourlon cite à l'appui de sa manière de voir l'opinion de M. Nyst, 
qui dit que la Terebratula grandis se trouve en Belgique dans le « sable 
gris » et dans le « sable jaune » . Il mentionne aussi les gisements de ce 
fossile à l'étranger et son absence « dans le diestien » à Edeghem et au 
Kiel ( 2 ). 

Enfin les Lingula Dumortieri ( 3 ), les Bryozoaires, etc., établissent 
la nature scaldisienne et pliocène de sa faune. 

3° Au point de vue stratigraphigue, « la nature graveleuse et caillou- 
teuse de la couche à Térébratules indique bien un changement notable dans 
le régime des eaux», de telle sorte qu'elle représente bien la base du 
système scaldisien (pliocène). 

M. Mourlon est porté à croire que M. Dejardin a confondu sous le nom 
de sable vert des sables appartenant à des systèmes différents. C'est ainsi 
que M. Mourlon range dans le diestien « les sables qui au Kiel séparent, 
en quelques points seulement, la zone diestienne d'Edeghem de l'amas 
coquillier quaternaire » et qui ne ressemblent en rien au sable vert à 

(') M. Mourlon fait erreur. L'amas coquillier ou sable argileux scaldisien est désigné 
par M. Dejardin par la notation S .' . 

( s ) C'est seulement en 1877 que M. Cogels a démontré que ces gisement» n'appartenaient 
pas au diestien. 

( 3 ) A la séance du 11 janvier 1874, M. Dewalque avait cependant annoncé la présence 
de ce fossile dans les « sables noirs ». 



186 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Térébratules. De même, après avoir signalé le passage où M. Dejardin dit 
n'avoir trouvé des coquilles dans le sable vert qu'en un point situé près 
du canal d'Hérenthals, où il y avait de grandes quantités iïOstrea d'une 
espèce indéterminée, M. Mourlon établit que cette Ostrea est YO. cocJdear, 
Poli (0. navicularis, Br.). Il exprime l'opinion que si M. Dejardin a 
indiqué sur sa coupe Y Ostrea namcularis comme se trouvant dans la 
môme couche que les Térébratules, cela doit provenir d'une erreur résul- 
tant d'une fausse assimilation de la couche à Ostrea du fort d'Héren- 
thals (') avec celle à Térébratules de l'enceinte. Le sable de ces deux 
couches diffère essentiellement, mais M. Dejardin, « trompé par la teinte 
verte plus ou moins intense de ces différentes couches » , les aura rappor- 
tées «au même horizon géologique, alors que les unes sont scaldisiennes, 
comme j'ai tâché, dit M. Mourlon, de le démontrer pour la couche à Téré- 
bratules, et les autres diestiennes, comme le témoignent les sables à Ostrea 
cocMear » . 

A la suite de cette communication, M.Cogels fait remarquer que, d'après 
M. Mourlon, les sables verts se présentent, suivant les localités, avec des 
caractères assez différents ( 2 ). M. Mourlon a cité leKiel. D'après M. Cogels, 
les sables glauconifères de couleur foncée qui s'observent au-dessus de la 
zone à Panopées des sables d'Edeghem lui ont semblé devoir être non le 
sable vert, mais la partie inférieure des sables noirs. Cette manière de 
voir est conforme à celle que M. Mourlon a exprimée lui-même en disant ( 3 ) 
que les sables d'Edeghem « semblent former une assise un peu plus 
ancienne que celle des sables noirs qui la recouvrent» .C'est de cette façon 
que M. Cogels s'explique les différences de caractères minéralogiques 
signalées par M. Mourlon. 

Le 1 er mars, M. Mourlon revient sur les considérations présentées par 
M. Cogels au sujet du gisement de la Terebratula grandis et qui avaient 
déjà donné lieu de sa part à des observations insérées au procès-verbal 
de la séance précédente. L'erreur de M. Cogels provient de ce qu'il consi- 
dère la couche des sables verts à Térébratules comme diestienne, alors 
qu'elle est, au contraire, scaldisienne, comme M. Mourlon s'est attaché 
à le démontrer. Par suite de cela, M. Cogels ayant « cherché à s'ex- 
pliquer comment ces brachiopodes pouvaient se rencontrer à des niveaux 
aussi différents, puisque leur présence a été constatée dans les sables gris 
et jaunes scaldisiens » , a invoqué « des remaniements qui se seraient exer- 
cés au commencement de la période scaldisienne » . M. Mourlon n'admet 

( 1 ) La lunette d'Hérenthals est actuellement le parc d'Anvers. 

( 2 ) L'observation de M. Cogels se rapporte à la communication verbale de M. Mourlon 
et non à la rédaction insérée au procès-verbal. 

( 3 ) Patria belgica, t. I, p . 174. 



MÉMOIRES 187 

pas l'existence de ces remaniements. La présence de Térébratules et autres 
bivalves ayant leurs deux valves réunies et celle de séries presque com- 
plètes de vertèbres de dauphins « semblent écarter, au contraire, toute idée 
de remaniement dans la couche des sables gris à Térébratules » . D'ail- 
leurs, si la couche des sables verts à Térébratules est diestienne, il ne faut 
pas être surpris de rencontrer ce fossile à deux niveaux différent", puisque 
la Terebratula grandis « n'a pas été signalée seulement dans les sables gris 
scaldisiens deDeurneet deWommelghem.mais aussi dans les sables rap- 
portés au diestien qui couronnent la colline du Pellenberg, près de Lou- 
vain ('). » 

M. Mourlon ne saurait partager les doutes de M. Cogels sur la justesse 
des observations de M. Dejardin au sujet du « crag gris ». Il ne peut 
admettre avec M. Cogels que l'on considère le crag gris de Wommelghem 
comme une couche de passage. « Il faudrait pour cela non des fossiles 
remaniés, mais bien plutôt un mélange de fossiles diestiens et scaldisiens 
in situ.-» Il faudrait aussi « rechercher les rapports stratigraphiques exis- 
tant entre ce crag et la couche des sables verts à Térébratules qui s'observe 
à l'enceinte, près la porte de Borsbeek, tout à fait en contact avec le sable 
noir à Pectunculus pilosus, c'est-à-dire avec le diestien incontestable ( 2 ) 
des environs d'Anvers ». Toutefois, M. Mourlon n'est pas éloigné de croire 
que l'on ait, à Anvers, « dans les différentes couches de sables verts, le pas- 
sage du diestien au scaldisien, c'est-à-dire du miocène supérieur au plio- 
cène » ; mais avant d'affirmer que ces dépôts se suivent « sans que l'on 
puisse constater de lacune entre eux » , il faut des observations plus nom- 
breuses et plus précises sur leurs faunes. M. Mourlon termine en disant 
que si M. Dejardin a rapporté par erreur au « crag gris » l'amas coquil- 
lier situé à l'enceinte entre les caponnières 6-7 et 7-8, alors qu'il constitue 
la base du quaternaire ou diluvium, comme il l'a démontré à la dernière 
séance, ce serait une erreur plus grande encore que de le regarder comme 
formant une couche de passage. Attribuant cette opinion à M. Cogels, il 
dit que « c'est probablement pour s'être mépris sur la véritable nature de 
cet amas coquillier que M. Cogels s'est cru autorisé à séparer le lit mince à 
Bryozoaires de la couche des sables verts à Térébratules, alors que ce lit 
mince se trouve à la partie supérieure de cette couche avec des Lin- 
gules, etc., et pour ainsi dire au contact des cailloux et autres débris roulés 
de l'amas coquillier quaternaire » . 

M. Cogels expose les raisons qui lui font maintenir sa manière de voir. 
Il répondra plus amplement à la prochaine séance. 

M. Van den Broeck dépose sur le bureau un tableau qu'il vient de faire 

(') Voir page 191, note 2. 

( J ) Le sable à Pectunculus pilosus n'a été séparé du diestien que plus tard, en 1877. 



188 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

imprimer des mollusques terrestres et fluviatiles de Belgique. Ce tableau, 
« présentant l'énumération complète des mollusques rencontrés dans le 
pays, est destiné à recevoir des annotations détaillées sur la fannule mala- 
cologique de l'une des nombreuses localités belges déjà explorées à ce 
point de vue ». De cette façon, l'on pourra distinguer d'un coup d'oeil la 
distribution géographique de certains groupes de mollusques. 

M. VandenBroeck se propose de faire la récapitulation de tous les ren- 
seignements publiés jusqu'alors en vue d'une étude synthétique dont il fera 
connaître les résultats dans un travail qu'il présentera à la Société vers la 
fin de l'année. Il fait appel dans ce but à l'obligeance de ses collègues et 
espère qu'ils voudront bien lui communiquer leurs notes et leurs obser- 
vations. 

M. Mourlon annonce que l'on vient de découvrir, au sud de Maestricht, 
à Canne ( l ), un gigantesque tronc d'arbre fossile, dans le tufeau crétacé. 

M. Collin dit qu'il a retrouvé, à Forest, dans le parc de la maison 
de campagne de M. Mosselman, la Clausilia parvula, Stud., tout à fait 
localisée dans cet endroit aux environs de Bruxelles et dont M. Roffiaen 
n'avait découvert qu'un exemplaire quelques années auparavant ( 2 ). 

Colbeau rappelle que M. Grégoire en a récolté plusieurs exemplaires 
dans la même localité. Il ajoute que M. Grégoire a recueilli, sous les 
pierres des ruines du château de Beersel, une cinquantaine d'Ifelix 
rotundata, Mûll., se rapportant à la variété albina. 

Le 12 avril, la Société s'occupe de diverses questions soulevées à l'occa- 
sion delà présentation de travaux en langues étrangères, de la reproduc- 
tion d'articles publiés par d'autres sociétés scientifiques, etc. 

M. Cogels donne lecture d'un travail intitulé Nouvelle note sur le gise- 
ment de la Terebratula grandis. Réponse aux observations de 
M. Mourlon. Dans ce travail, M. Cogels reprend l'examen de tous les 
arguments opposés par M. Mourlon à sa manière de voir. Il n'admet pas 
que l'on puisse conclure de la variété des sables contenus dans les Téré- 
bratules qu'elles doivent provenir « sinon de terrains entièrement 
différents, au moins de couches fort dissemblables ». C'est toujours le 
sable vert qui s'y trouve contenu soit pur, « soit altéré, soit mélangé de 
calcaire ou d'argile ». M. Cogels a employé, pour les circonstances parti- 
culières dans lesquelles s'est effectué ce mélange, l'expression de remanie- 
ments, que M. Mourlon a critiquée sans tenir compte des explications 
données à ce sujet. M. Cogels n'admet pas que le caractère de la colora- 
tion des coquilles et surtout le fait de contenir « un sable tantôt rougeâtre 
et ferrugineux, le plus souvent jaunâtre » puissent servir à faire recon- 

0) Arrondissement de Tongres . 

( 2 ) Voir Bulletin des séances du 6 décembre 1863 et des 5 avril et 3 mai 1868. 






MÉMOIRES 489 

naître leur provenance. Il cite, à ce propos, l'exemple du sable à Ostrea, 
cocJilear qu'il a vu « quelquefois altéré au point de prendre une teinte d'un 
brun rouge bien prononcée » et conclut que le sable rougeâtre et ferru- 
gineux contenu dans les Térébratules dont parle M. Mourlon « n'est donc 
autre chose que du sable glauconifère décomposé comme il arrive souvent 
aux vrais sables diestiens ». Ces Térébratules proviennent, par consé- 
quent, d'une couche de sable vert diestien pur, c'est-à-dire d'un niveau 
auquel n'a pu avoir lieu le moindre mélange d'argile ou de calcaire. 

M. Mourlon a trouvé les Térébratules de couleur jaune de la collection 
du Musée accompagnées d'une quantité de Bryozoaires, de Polypiers et de 
Pecten danicus. Il ne peut entrer dans l'intention de M. Cogels de con- 
tester l'exactitude de ce renseignement, mais n'ayant pas constaté la 
même chose dans le gisement qu'il a observé, il considère ces Bryozoaires 
« comme s'étant développés à côté de coquilles déjà fossiles que le 
moindre affouillement suffisait à mettre à nu ». M. Cogels rectifie ensuite 
certains renseignements donnés par M. Mourlon sur les Térébratules de 
Deurne (') et expose que ce dernier gisement présente un cas semblable 
à ceux dont il s'est déjà occupé. Pourquoi les Térébratules n'y seraient- 
elles pas remaniées? Un fossile plus ancien y a bien été recueilli. 
M. Cogels n'admet pas que la détermination de l'âge de l'amas coquil- 
lier puisse servir à déterminer celui du sable vert. Il fait voir que 
M. Mourlon, qui rapporte l'amas coquillier au quaternaire, se trompe en 
disant que « la couche à Térébratules se trouve immédiatement en contact 
avec ce dépôt quaternaire » . Elle en est, au contraire, séparée en ce point 
«au moins par le lit de Bryozoaires et il est important, dit M. Cogels, de 
se souvenir qu'au niveau des Bryozoaires et en contact avec eux, on voit 
un grand nombre de concrétions roulées et d'ossements brisés » . Incidem- 
ment, il fait remarquer que si la base du terrain quaternaire se trouve 
représentée ici, ce n'est pas par la couche de coquilles brisées qui sur- 
monte en ce point le sable vert, mais plutôt par une autre couche dont il a 
parlé précédemment et qui, à première vue, se rapproche davantage des 
couches quaternaires du Kiel. 

M. Cogels, tout en reconnaissant une certaine différence minéralogique 
entre le sable graveleux verdâtre de la couche à Térébratules, scaldisienne 
suivant M. Mourlon ( 2 ), et le sable noir ainsi que le sable à Ostrea, montre 
que les caractères minéralogiques invoqués par M. Mourlon, pour les 
séparer, sont peu propres à justifier cette distinction. L'écrasement 
des grains de glauconie n'est pas spécial au sable de la couche à Ostrea. 
cochlear. 

(') Lire Borgerhout. 

( 2 ) M. Mourlon a fait plus tard de cette couche son sable graveleux à Hétérocètes, qu'il 
a rangé dans le diestien, en 1881, Géologie de la Belgique, tome second. 



190 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

« Il ne faut pas oublier non plus, ajoute M. Cogels, les altérations de 
la glauconie qui feraient parfois croire à l'existence de zones distiuctes 
si on ne pouvait s'assurer que ce sont là des accidents locaux. » En admet- 
tant même que les Térébratules se trouvent uniquement dans le sable 
vert au milieu du sable graveleux, il serait encore facile de se convaincre 
par l'examen du terrain que, minéralogiquement, en bien des points, 
« entre les sables dont M. Mourlon signale la nature diverse, le passage 
est tellement insensible qu'on ne saurait où placer la séparation entre 
la partie inférieure diestienne et la partie supérieure scaldisienne, d'après 
M. Mourlon, de la couche en question » . 

M. Mourlon met en avant, au point de vue paléontologique, l'autorité 
de M. Nyst pour admettre la présence de la Térébratule dans le sable gris 
et dans le sable jaune. M. Cogels rappelle d'abord que, dans les notices 
publiées par M. Nyst à l'époque de la découverte des gisements de Téré- 
bratules, il n'est pas question de « sable jaune » . C'est seulement plus 
tard que cette provenance a été citée par M. Nyst sans plus ample 
indication. 

Demandant ensuite ce que représentent ces sables, M. Cogels s'exprime 
comme suit : « Chaque fois qu'il s'agit d'une ancienne observation, et 
je me permettrai de dire ici ma pensée tout entière, on rencontre un des 
noms de crag ou sable noir, ou sable inférieur, crag ou sable gris, ou 
crag moyen, crag ou sable jaune ou rouge, ou crag supérieur; mais, 
excepté pour le a crag noir», on ne sait, le plus souvent, rien du niveau 
auquel se rapportent les gisements dont il est question, car le soi-disant 
crag gris peut être quelquefois quaternaire et le crag rouge ne pas appar- 
tenir au crag supérieur, mais à une division plus ancienne. 

« On transportait ainsi dans le crag rouge ou supérieur la faune de 
gisements où le crag gris ou moyen était altéré et devenu rouge, tandis 
qu'on descendait dans le crag gris des fossiles du crag supérieur qui se 
trouvaient dans des sables non altérés. La réunion des deux couches était 
le résultat fatal auquel ce système devait tôt ou tard conduire. De même, 
en se plaçant, pour un autre niveau, au point de vue absolu de la présence 
de certains fossiles dans une couche, on est arrivé à un résultat analogue, 
c'est-à-dire qu'on a réuni au crag gris les sables verts où ces fossiles sont 
en place. » 

En dehors de toute application spéciale à la discussion de l'âge du gise- 
ment des Térébratules, les lignes que M. Cogels consacre à l'examen de 
cette question ont une importance capitale au point de vue de l'étude 
géologique des environs d'Anvers. Inséré dans une polémique, ce pas- 
sage, qui donnait la clef des difficultés rencontrées dans l'étude des forma- 
tions géologiques des environs d'Anvers, s'y trouve comme perdu et 



MÉMOIRES 191 

mérite d'être mis plus en évidence. Sa publication est antérieure, en effet, 
aux observations qui passent généralement pour les premières applications 
que l'on ait faites de latbéorie des altérations à la stratigraphie. Le travail 
présenté par ce géologue en décembre 1873, sur les terrains rencontrés 
aux travaux des bassins d'Anvers, était rédigé d'après les mêmes principes. 

M. Cogels montre ensuite que les « sables gris (Nyst) » dont parle 
M. Mourlon, et qui servent à ce dernier pour rattacher au système scaldi- 
sien la couche à Térébratules, sont précisément ces mêmes sables à Té- 
rébratules dont l'âge est en discussion. La Terebmlula grandis n'est pas 
spéciale non plus au terrain pliocène. Les- renseignements publiés par 
M. Davidson (') le prouvent. 

M. Cogels citera encore la Térébratule comme se trouvant dans le 
diestien aux environs de Louvain ( 2 ), ainsi qu'au Bolderberg dans les 
mêmes sables ( 3 ), et en Angleterre dans les sables ferrugineux du Kent 
regardés par Lyell comme pouvant être plus anciens que le crag 
corallin ( 4 ). 

Ce n'est pas à un niveau unique, comme il voulait l'établir dans sa 
première note, ni à deux niveaux, comme il tend à l'admettre dans sa 
seconde note, que M. Mourlon devrait supposer l'existence de la Terébra- 
tula grandis, mais bien à trois niveaux différents, c'est-à-dire dans le 
sable vert, dans le sable gris et dans le sable rouge. Or, le « sable gris, 
Nyst », cité par M. Mourlon, comprend, en réalité, le sable vert de 
M. Dejardin et ne correspond en aucune façon au vrai crag gris d'Anvers 
ou sable à Isocardia cor. Dans ce dernier sable, ou les coquilles étaient 
si bien conservées aux bassins d'Anvers, M. Cogels n'a trouvé qu'une 
valve de Térébratule, et dans le crag supérieur ( 5 ) de cette même localité, 
ainsi que dans celui d'Austruweel, il n'en a pas trouvé une seule. 

M. Mourlon dit que les Bryozoaires qui forment un lit mince à la partie 
supérieure du sable vert ont été rencontrés également en différents points 
dans le sable gris. M. Cogels répond que lui aussi a toujours considéré 

(') On the tertiary Brachiopoda of Belgium. Qeological Magazine, April 1874. 

Ce Mémoire a été traduit par M. Lefèvre et publié par la Société malacologique en 1874. 

( 2 ) « J'avais appuyé sur ce fait, dit M. Cogels, en répondant verbalement en notre der- 
nière séance aux arguments de M. Mourlon, et je suis étonné de le trouver consigné dans 
sa note imprimée alors qu'il n'en était pas fait mention dans la lecture que nous avons 
entendue. Cette objection de ma part eût été sans raison si M. Mourlon, à ce moment, fût 
convenu de la chose.» Ce passage doit être cité ici, parce qu'il montre que M. Cogels s'est, 
le premier, exactement rendu compte de l'importance de la Terebratula grandis pour éta- 
blir la concordance des formations géologiques des environs d'Anvers avec les couches 
types du système diestien. 

( 3 ) Découverte due à M. Bosquet. Voir Staring, de Bodemvan Nederland, t. II, p. 166. 

( 4 ) Eléments de géologie, par Sir Charles Lyell, 6 e éd. Trad. franc. T. I, p. 376. 
( 8 ) Sables à Trophon antiquum (Fusus contrarius). 



192 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

ces Bryozoaires comme scaldisiens ; mais, d'après M. Mourlon, les Térébra- 
tules et les Bryozoaires sont contemporains, tandis que les observations 
de M. Cogels lui ont démontré le contraire. Près de la porte de Borsbeek, 
la couche de Bryozoaires est supérieure aux Térébratules. A l'intérieur 
des Térébatules recueillies dans le sable vert, il n'y a pas de Bryozoaires. 
« Comment se fait-il, demande M. Cogels, si les Bryozoaires et autres 
fossiles de cette époque sont contemporains des Térébratules, qu'avec les 
Térébratules restées entières, on ne retrouve pas, sous les Bryozoaires et 
les blocs, tous ces fossiles, Bryozoaires et autres, qui se trouvent avec 
elles dans certains gisements où, d'après M. Mourlon, elles seraient en 
place quoique brisées et où, d'après moi, dit M. Cogels, elles ont été 
apportées par les eaux et déjà fossiles à ce moment? » En tout cas, l'intro- 
duction des Térébratules dans la faune des environs d'Anvers est bien 
antérieure à celles des Bryozoaires. Les Térébratules ne se trouvent en 
place que dans la partie du «sable gris (Nyst)» qui correspond au sable 
vert diestien. L'erreur de M. Mourlon est d'avoir pris ces sables gris pour 
le crag gris. 

M. Cogels s'occupe ensuite des remaniements que M. Mourlon conteste. 
Il en démontre la réalité à l'aide de la présence de cailloux, d'ossements 
et de concrétions diverses qui se trouvent au-dessus des Térébratules, à la 
surface du sable vert. L'arrivée de ces débris est antérieure à la formation 
des blocs calcaires formés d'une roche tendre et friable que l'on trouve 
encore remplis de coquilles lithophages et recouverts de balanes. L'irré- 
gularité de la couche de sable vert prouve, de plus, que cette couche a 
été dénudée avant l'arrivée des concrétions. 

Quoi qu'il en soit, c'est à la surface de la couche du sable vert que 
vivaient les Bryozoaires, au milieu des débris de la période précédente et 
des ossements des cétacés contemporains. « Pendant la période de calme 
nécessaire pour la formation des blocs calcaires, la moindre recrudescence 
des courants produit des effets qui varient suivant l'intensité du phéno- 
mène. S'il se produit faiblement, les sables verts sont déplacés et les 
Térébratules qu'ils renferment, mises ainsi à découvert, sont empâtées 
ensuite dans le dépôt calcaire; si le courant est un peu plus fort, elles sont 
brisées et jetées au niveau des Bryozoaires avec lesquels elles sont aussi 
quelquefois enveloppées dans les blocs. » 

C'est le résultat de cette action des courants que M. Cogels a nommé 
des remaniements. M. Mourlon lui attribue à tort l'opinion qu'ils auraient 
eu lieu au commencement de l'époque scaldisienne. M. Cogels n'a rien 
précisé à cet égard. M. Mourlon, au contraire, a dit ( l ) que, vers le bas, les 
sables scaldisiens renferment parfois des cailloux roulés et des amas de 

(') Patria belgica, p. 175. 



MÉMOIRES 193 

coquilles brisées. M. Cogels a surtout nommé ces formations couches de 
passage, parce que, suivant la place encore incertaine des Bryozoaires, 
par rapport aux sables à Isocardia cor ou vrai crag gris d'Anvers, elles 
peuvent fort bien constituer le passage entre la couche à Bryozoaires et 
le crag gris ou entre ce dernier et le crag supérieur. N'ayant pas regardé 
comme une couche de passage l'amas coquillier (s l ) situé près de la porte 
de Borsbeek, mais bien les couches rapportées au crag gris (s 2 ), il n'a 
pu se méprendre sur la nature de cet amas, comme le lui reproche 
M. Mourlon ('). Les débris roulés de la base de lamas coquillier ne peu- 
vent être confondus au point de vue géologique avec ceux qui se trouvent 
à côté des blocs calcaires ou en dessous, puisqu'il existe souvent entre 
ces formations une couche intermédiaire. 

M. Cogels analyse ensuite le passage consacré par M. Mourlon au 
gisement de YOstrea cochlear et aux conséquences qu'il en tire pour l'âge 
de la couche à Térébratules. M. Cogels fait voir qu'il existe entre ces 
deux couches un passage insensible et donne une coupe prise près de la 
porte de Borsbeek en un point où YOstrea cochlear se trouve avec de 
nombreux Turlinolia. 

Il rappelle que M. Nyst dit, dans une de ses notices, qu'il n'a pas encore 
bien pu déterminer l'âge de la couche à Polypiers et Bryozoaires d'Anvers, 
mais qu'il espère y parvenir sous peu et acquérir la certitude qu'elle 
occupe, comme à Kesseloo ( 2 ), où il n'a pu recueillir en 1851, avec 
M. Lyell, que des moules de polypiers rapportés avec doute au genre Tur- 
binolia, un horizon plus bas que celui de la Térébratule. 

Pour M. Nyst, les TurUnolia et les Bryozoaires trouvés dans un même 
gisement semblent donc appartenir à un même niveau. M. Cogels ayant 
effectivement rencontré de ces TurUnolia au milieu des Bryozoaires et 
avec quelques valves isolées (YOslrea cochlear invoque la présence 
de ces fossiles pour établir que les Térébratules qui proviennent d'un 
niveau moins ancien que les TîirUnolia et les Ostrea précitées ont pu â 
plus forte raison être amenées, à la suite de dénudations, au niveau 
des Bryozoaires. 

Il reste, en conséquence, prouvé, dit M. Cogels : 
« 1° Que certaines couches désignées sous le nom de sables gris com- 
prennent le sable vert à Térébratules et le lit à Bryozoaires ; 

2° Que la zone où les Térébratules sont restées entières et en place se 
rattache au système diestien ; 

(') M. Mourlon a reproduit inexactement, p. XLVIII, la notation de M. Dejardin. 
La notation (s *) s'applique non à l'amas coquillier mais à des lambeaux de sable gris 
trop faiblement représentés pour être figurés sur la coupe n° 1 de cet auteur. 

(2) Près de Louvain. 

1880 13 



194 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

3° Qu'au-dessus des Térébratules existe une ligne de débris roulés avec 
indices de dénudation ; 

4° Que les Bryozoaires sont postérieurs à l'arrivée des débris roulés et 
qu'ainsi, à la porte de Borsbeek, les Térébratules et les Bryozoaires 
appartiennent à deux systèmes différents; 

5° Que les courants ont ensuite opéré un mélange de fossiles; 

6° Que la Térébratule n'ayant pas été trouvée dans les sables à Iso- 
cardia cor ou crag gris d'Anvers, elle n'a, par conséquent, pas été rencon- 
trée en place à plusieurs niveaux, mais à un seul qui est diestien et non 
pas scaldisien » . 

M. Van den Broeck donne lecture d'une note relative au travail 
de M. Davidson : On the Tertiary Brachiopoda of Belghim. Il signale 
spécialement les considérations émises par l'auteur au sujet d'une Cranie 
provenant des couches éocènes de Diegbem, près de Bruxelles. Cette 
Cranie, dont la valve dorsale libre est seule connue, est généralement 
désignée sous le nom de Cranta variaMUs. M. Davidson rappelle qu'il l'a 
rapportée par erreur en 1852 à la C. Hoeoiinghausi, Micbelotti, puis, que 
dans la suite, les naturalistes belges, supposant qu'une coquille décrite par 
Galeotti sous le nom dePileopsis variaMUs était la valve attachée de cette 
Cranie, la désignèrent sous le nom de Crania variaMUs. M. Davidson 
ayant reconnu que la coquille décrite par Galeotti est peut-être un Hip- 
ponyx, mais n'est assurément pas une Crauie, et s'étant assuré de plus 
qu'elle ne se rapporte pas à la C. Hoeningliausi, propose le nom de 
C. Nysti pour la coquille de Dieghem. M. Davidson entre dans de 
curieux et intéressants détails, dont M. Van den Broeck rend compte, sur 
la structure de la coquille des brachiopodes, qui ne permet pas de la con- 
fondre avec d'autres coquilles. 

Colbeau communique ensuite une petite liste de mollusques découverts 
par M. Weyers sur le territoire de la commune de Calmpthout (versant 
nord-est, appartenant au bassin de la basse Meuse) et M. Van den Broeck 
dit quelques mots d'une excursion effectuée à Quiévrain et aux environs. 
Il y a trouvé Clansilia ventricosa, Drap., type, espèce nouvelle pour la 
faune du bois d'Angre et de nombreuses C. plicatula, espèce très rare 
dans le reste du pays. 

Le procès-verbal de la séance du 3 mai contient le Rapport sur la tra- 
duction faite par M. Ernest Van den Broeck d'un travail de M. Henry 
B. Brady, F. L. S., F. Q. S. « On a true carboni/orous Nummulite* ( l ). 
M. Miller, auteur de ce rapport, dit que le travail de M. Brady traite 
d'une vraie Nummulite carbonifère découverte dans des débris de roches 

(') Inséré dans Aimais and Magazine ofnatural History. 



MÉMOIRES 195 

calcaires de Belgique envoyés par M. Van den Broeckà ce savant qui donne 
à cette Nummulite le nom de Nummulina pristina. M. Brady « ne trouve 
pas la moindre différence zoologique entre cet organisme paléozoïque et 
la Nummulites variolaria comparativement moderne. Il ne peut ad- 
mettre que ce soit là une simple coïncidence, et il demande, dit M. Miller, 
s'il ne faut pas plutôt y voir un exemple curieux de la persistance, à tra- 
vers d'innombrables siècles, de caractères essentiels d'une espèce, pendant 
que des modifications du type montrent, sous des circonstances favorables, 
un développement extraordinaire en dimensions, complexité de structure 
et importance géologique ?» Il fait voir, à l'aide de quelques cbiffres, 
l'énorme accroissement de dimension que des individus de cette espèce 
ont pu atteindre. « Le diamètre de la Nummulina pristina, l'ancêtre 
présumé de toutes les Nummulites connues est de 1/30 de pouce, tandis 
que les plus grandes ont, à l'époque tertiaire, atteint un diamètre de 
4 1/2 pouces ( 1 ). » La variation des caractères essentiels des Nummu- 
lites par suite des conditions extérieures n'a pas été moins remarquable. 
Tous les caractères sur lesquels les systématistes ont basé leurs nom- 
breuses espèces en ont été affectés. Et pourtant, fait observer M. Miller, 
« si la question posée par M. Brady devait recevoir une réponse affir- 
mative, il faudrait admettre que toutes ces variations, quelques grandes 
qu'elles soient, sont parfaitement compatibles avec l'unité de l'espèce » . 
MM. Carpenter, Parker et Rupert Jones sont arrivés à la même conclu- 
sion. D'après ces auteurs (*), « quoiqu'il soit utile d'employer la nomen- 
clature binaire pour distinguer les variétés les plus importantes des Num- 
mulites récentes et fossiles, cependant pour les buts de la zoologie 
philosophique, Nummulina peut être reconnue comme un genre qui n'a 
qu'une seule espèce » . 

La fin du rapport de M. Miller fait saisir toute l'importance du travail 
de M. Brady et légitime, à tous égards, la publication par la Société 
d'une traduction de ce mémoire. « La découverte de M. Brady fait que les 
Nummulites offrent peut-être le seul cas en zoologie où il est donné au 
paléontologue d'assister, pour ainsi dire, à la naissance d'une espèce, de 
la suivre dans toutes ses modifications ascendantes, puis d'être témoin de 
son décroissement jusqu'à extinction presque complète, et, tenant dans ses 
mains les deux extrémités parfaitement semblables de cette longue filia- 
tion, il peut aisément embrasser le tout et prononcer avec une logique 
rigoureuse que tous les individus de cette immense chaîne ne sont que des 
variétés d'une seule et même espèce. » 

M. Cogels donne ensuite lecture d'un travail intitulé : Note sur un 

(1) Nummulites complanata, de l'Ile de Candie. 

( 2 ) Carpenter, Introd. à V étude des Foraminifères, p. 284. 



196 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

gisement d'Ostrea cocMear aux environs d'Anvers. Cette note complète, 
surtout au poiut de vue de la description des couches inférieures, les 
détails précédemment donnés par M. Cogels. La coupe qu'il décrit a été 
levée près de la porte Léopold. Elle présente, de haut en bas, le campiuien, 
■ — l'amas coquillier ('), — une couche de sable argileux ferrugineux avec 
coquilles brisées ou entières, — le lit de Bryozoaires avec blocs calcaires, 
— le sable glauconifère avec nombreux Peclen Daniciis et P. Caillaudi. 
Les Térébratules s'y présentent en amas. Quand elles sont brisées, elles se 
trouvent accompagnées de concrétions, d'ossements brisés et d'abon- 
dantes coquilles scaldisiennes, qui sont très rares lorsque les coquilles sont 
restées entières. — Enfin un sable foncé, contenant quelques graviers et des 
restes de fossiles décomposés ou représentés par des moules. A la partie 
inférieure de la couche, les sables étaient moins altérés et les fossiles en 
meilleur état. C'est à ce niveau que se trouve le banc de Pétoncles. 
M. Cogels énumère les espèces qu'il a recueillies et insiste sur l'abondance 
de YOstrea coclilear en un point très voisin de celui qu'il vient de décrire et 
dont il donne également la coupe. Il signale encore la présence à ce 
niveau de YAncillaria obsoleta, des Pecten Caillaudi, Duroelzi et Bruni- 
meli, de coquilles du genre Hinnites, de Panopœa Menardi, dans la 
position verticale, de très nombreux Turbinolia, de dents de Carc/ia- 
rodon et d' OxyrrMna . C'est à ce même niveau que se trouve en place le 
Carcharodon, qui se présente encore dans le sable verdâtre à graviers 
des fortifications. Comme il manque dans les sables à Isocardia, 
on doit en conclure que « les nombreuses dents trouvées dans la couche 
de coquilles brisées n'ont pu arriver dans ces gisements qu'à la suite 
d'importantes dénudations » . 

Il y avait aussi, dans le banc des Pétoncles, des concrétions calcaires 
grisâtres de forme irrégulière en si grande abondance qu'on eût pu les 
croire plus nombreuses que les coquilles. Comme elles enveloppaient 
souvent celles-ci, il faut admettre qu'elles se sont formées sur place, a Je 
suis porté à croire, dit M. Cogels, que ce sont ces concrétions qui, après 
avoir été reprises par des courants à la suite de dénudations et roulées, 
forment ces concrétions cylindriques qui se trouvent le plus souvent au 
niveau des blocs, mais que j'ai vues au-dessous d'eux au même emplace- 
ment. » 

M. Van den Broeck communique une note sur Deux espèces nou- 
velles des Faluns de Cabane, près Dax, par MM. de Folin et Bérillon. 
Ces coquilles sont Cœcum fibraHm et Meioceras Cabanensis. Les auteurs, 
se conformant à un usage qu'il serait désirable de voir généralement 

(') Sables à Fusas contrarius. 



MÉMOIRES 197 

adopter par les naturalistes, ajoutent à la description accompagnée de 
remarques, qu'ils en donnent en français, une diagnose latine. 

Colbeau signale l'omission de Cranta Adani dans le Mémoire de 
M. Davidson sur les Brachiopodes des terrains tertiaires de Belgique. 
Cette espèce trouvée à Saint-Gilles, près de Bruxelles, a été décrite dans 
nos Annales par M. de Malzine. La coquille connue sous le nom de Cranta 
narialilis et que M. Davidson dit être une espèce nouvelle se rapporte 
peut-être à celle-ci et, dans ce cas, elle devra prendre le nom que M. de 
Malzine lui a donné. Peut-être encore est-ce une espèce distincte et alors 
il faudra l'ajouter à la liste donnée par M. Davidson. En tout cas, le nom 
de Cranta Adani doit subsister. 

M. Miller demande que la Société nomme des commissaires non 
seulement pour apprécier l'exactitude des traductions qui lui sont présen- 
tées, mais aussi pour statuer sur leur opportunité et éviter ainsi, dans 
certains cas, aux traducteurs un travail inutile. L'assemblée se montre 
favorable à cette manière de voir. 

M. Cogels annonce que des circonstances imprévues, dont il fait part 
à l'assemblée, le mettent dans l'impossibilité de continuer ses études sur 
les gisements de Térébratules. 

Le 7 juin, le secrétaire effectue le dépôt du tome VIII (1873) des 
Annales. 

La séance de ce jour est occupée presque en entier par une discussion rela- 
tive à l'âge du système diestien. Répondant à une demande de M. Van den 
Broeck,M. Dewalque expose que, malgré l'avis contraire émis par M. Nyst 
et par M. Mourlon, il considère le diestien comme pliocène. Les forma- 
tions regardées comme miocènes avec lesquelles ce système présente des 
analogies de faune sont-elles bien miocènes? M. Dewalque s'attacherait 
surtout aux considérations stratigraphiques pour résoudre la question. 
La direction du rivage des formations diestiennes est tout autre que celle 
des formations tertiaires plus anciennes. En outre, on trouve à la base du 
diestien un dépôt plus ou moins puissant de galets ou de gravier, suivant 
Téloignement du rivage. « C'est là incontestablement, comme l'a dit 
Duinont, fait remarquer M. Dewalque, l'interruption physique la plus 
marquée qui s'observe dans notre terrain tertiaire; et il est beaucoup plus 
naturel de la rapporter à la séparation du miocène et du pliocène qu'à celle 
de l'oligocène supérieur et du miocène proprement dit. » 

M. Van den Broeck reconnaît toute l'importance de ces données strati- 
grapbiques. Il rappelle que les arguments paléontologiques, qui servent 
à délimiter le miocène, tels que la présence de certains genres qui semblent 
avoir di-paru des dépôts tertiaires supérieurs, pouvaient être invoqués en 
faveur des dépôts inférieurs d'Anvers et surtout de ceux de l'horizon un 



198 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

peu plus ancien d'Edeghem. S'il a été « porté à admettre l'opinion qui tend 
à considérer les dépôts inférieurs d'Anvers comme se rattachant à une 
division du miocène supérieur » , c'est parce qu'il a reconnu dans la faune 
des sables noirs un très grand nombre d'espèces observées dans le bassin 
miocène de Vienne. Toutefois, il ne peut méconnaître l'analogie très 
grande également, qui relie la faune des Foraminifères de nos sables 
diestiens à celle du crag d'Angleterre (Pliocène). A ce propos, il fait 
remarquer que, « se trouvant sous l'idée préconçue delà nature miocène du 
sable noir, il avait été assez étonné de voir que la faune des Foramini- 
fères des sables diestiens en question se reliait étroitement à celle du 
crag gris à Bryozoaires, qui appartient au système scaldisien » , c'est-à- 
dire incontestablement au pliocène. Les affinités constatées entre la faune 
des Foraminifères des sables diestiens et celle du crag à Bryozoaires ne 
permettant pas de placer l'une de ces formations dans le miocène et l'autre 
dans le pliocène — d'autre part, la discussion relative au classement des 
couches tertiaires d'Anvers ayant montré l'existence de certaines couches 
de passage entre les sables diestiens et les sables scaldisiens, — M. Van 
den Broeck croit que l'opinion exprimée par M. Dewalque lève toute 
difficulté. 

Il dit encore que ses recherches l'ont conduit à attacher plus d'impor- 
tance qu'on ne le fait généralement ^à la distinction comme terme séparé 
dans la série, de la division du crag jaune ou crag supérieur d'Anvers. 
« Si entre les trois niveaux, sables diestiens, crag à Bryozoaires et sables 
jaunes, il y avait une délimitation de quelque importance à établir, ce 
serait entre les deux termes supérieurs qu'elle devrait se placer, plutôt 
qu'entre les deux termes inférieurs, comme on l'a fait jusqu'ici en réunis- 
sant le crag à Bryozoaires et les sables jaunes supérieurs dans un même 
système : le Scaldisien, distinct des sables inférieurs. » Il cite à l'appui de 
sa manière de voir les observations qu'il a faites sur la faune des Forami- 
nifères de ces horizons et termine en mettant l'observateur en garde contre 
des dépôts altérés que l'on a désignés sous le nom de crag jaune mais 
qui appartiennent « malgré leur coloration rougeâtre au crag gris, et 
qu'il faut avoir soin de ne pas confondre avec ces sables jaunes supérieurs, 
dont la faune est complètement distincte et si bien caractérisée » . 

M. Cogels insiste sur la distinction rappelée par M. Van den Broeck, 
du miocène et du pliocène, basée sur la proportion des espèces encore 
vivantes. La présence des genres Conus et Ancillaria à Edeghem suffit à 
Sir Ch. Lyell pour lui faire classer ce gisement dans le miocène. Lyell 
nomme le Bolderberg une vraie formation miocène supérieure. Il igno- 
rait l'existence des genres précités dans le sable noir, mais si les raisons 
invoquées par lui sont valables pour Edeghem, elles doivent également 



MÉMOIRES 199 

l'être pour ce dernier. Il considère aussi les sables d'Edeghem comme offrant 
des indications nombreuses d'une plus haute antiquité que les sables noirs. 
M. Cogels expose les raisons qui l'engagent à partager cette manière de voir. 
De trop grandes différences minéralogiques et paléontologiques séparent 
ces formations pour qu'on puisse les regarder comme contemporaines ; 
mais, d'autre part « comme leurs rapports sont cependant trop grands pour 
les séparer d'une manière absolue, il faudra conclure, me semble-t-il, dit 
M. Cogels, que le dépôt des sables d'Edeghem a eu lieu au commencement 
ou au milieu d'une période qui s'est terminée par le dépôt des sables noirs 
et la formation de la couche de Pétoncles. Je dis au milieu, parce qu'il 
ne faut pas oublier la couche fossilifère du Bolderberg, qui paraît plus 
aucienne que les sables d'Edeghem. » 

L'assemblée générale annuelle eut lieu le 5 juillet. 

Le rapport de M. Dewalque, président, expose la situation de la 
Société et retrace ses travaux pendant l'année sociale 1873-1874. En 1873, 
la Société comptait 86 membres effectifs. Elle en compte maintenant 100, 
malgré un certain nombre de démissions. M. Dewalque rappelle la nomi- 
nation de Colbeau comme membre honoraire, donne la liste des portraits 
reçus pour l'album et passe en revue les publications, les excursions, les 
relations de la Société avec les autres associations scientifiques, les 
archives, la bibliothèque, les collections. A tous les égards, la situation 
est satisfaisante, mais on ne peut en dire autant de l'état financier. 

Le trésorier expose ensuite que les recettes se sont élevées à 
fr. 3,824.48 et les dépenses à fr. 3,614.71. Les prévisions sont de 
fr. 3,907.18 pour les recettes et de fr. 4,446.80 pour les dépenses. 

Une proposition de fixer à 10 francs le droit d'entrée pour les membres 
correspondants est ensuite adoptée par la majorité de l'assemblée; ce 
droit sera acquitté par les présentateurs. 

L'assemblée décide aussi que les nouvelles publications de la Société 
«traductions et reproductions» ne seront pas délivrées gratis, mais cédées 
à un prix à déterminer d'après l'importance des travaux. Admettant l'ob- 
servation de plusieurs membres que les exclusions doivent se faire dans le 
pays, la Société ne croit pas pouvoir accepter une invitation de M. Gos- 
selet, qui l'a engagée à faire coïncider son excursion avec la réunion 
de l'Association française pour l'avancement des sciences. La date de 
l'excursion annuelle est fixée au 27 septembre 1874. Pour le choix de la 
localité, MM. Thielens et Weyers proposent Hasselt et le Bolderberg; 
M. De la Fontaine, Arlon ; Colbeau, Quiévrain et le bois d'Angre ; M. Le 
Comte, Tournai et Templeuve. Au vote, Colbeau se rallie à la proposition 
de M. Le Comte, qui est adoptée à la majorité des voix. Deux questions 
portées à Tordre du jour font ensuite l'objet de longues discussions; ce 



200 SOCIÉTÉ MALÀCOLOGIQUE DE BELGIQUE 

sont : 1° le « choix de la carte de Belgique destinée à porter les annotations 
sur les stations de nos mollusques vivants, terrestres et fluviatiles » . La 
décision à prendre est ajournée ; 2° les « traductions et reproductions de 
travaux malacologiques à publier par la ociété » . Après une discussion 
prolongée sur la compétence de l'assemblée mensuelle pour la décision de la 
création d'un nouveau recueil de publications, l'assemblée ratifie les déci- 
sions prises à ce jour. Il est décidé que l'on publiera, à l'avenir, les travaux 
de ce genre isolément et que les auteurs des traductions, etc., ne pour- 
ront en faire l'objet d'un tirage supplémentaire, mais qu'ils seront auto- 
risés à se procurer un certain nombre d'exemplaires à prix réduit. Chacun 
des membres recevra un exemplaire avec un grand rabais et pourra 
en acquérir davantage au prix de librairie. 

Colbeau fait ensuite, en son nom et au nom de M. Rofîîaen, la motion 
suivante : a Nous avons l'honneur de proposer à la Société d'émettre 
le vœu de voir se former une Fédération des sociétés scientifiques de Bel- 
gique, dans le but d'examiner ensemble les questions d'intérêt général 
concernant les progrès des sciences et la diffusion des connaissances scien- 
tifiques dans le pays... » Il explique son but en quelques mots et se 
déclare prêt à développer sa proposition, qui est appuyée. L'importance 
de cette proposition engage plusieurs membres à demander sa remise à 
une prochaine séance. Il est décidé que la question sera portée à l'ordre du 
jour de la séance du 2 août. MM. Fologne, Roffiaen et Weyers sont 
ensuite réélus membres du Conseil pour les années 1874-1875 et 1875- 
1876. MM. de Bullemont, Seghers et Timmermans sont de même réélus 
membres de la Commission des comptes pour l'année 1874-1875. 

Le 2 août, la Société aborde la discussion de la question relative à la 
fondation d'une Fédération des sociétés scientifiques. Colbeau cite 
l'exemple de l'Allemagne, de la France et de la Suisse, qui ont organisé 
des associations de ce genre. La Belgique elle-même en possède une pour 
les sociétés d'horticulture. Ces associations, dit-il, sont diversement 
organisées. « Selon les auteurs de la proposition, le seul principe qui 
puisse présider chez nous à l'organisation d'une fédération scientifique 
ne peut être qu'un principe qui laisse une entière liberté d'action chez 
elle à toute société fédérée et qui les met toutes sur le même pied de par- 
faite égalité dans la Fédération. Quant à ce dernier point, l'un des moyens 
pratiques les plus propres à consacrer cette égalité et la liberté qui en 
découle serait de créer la Fédération sans siège fixe. Mais c'est déjà une 
des questions qui doivent être résolues par les sociétés elles-mêmes adhé- 
rant au principe. » 

Colbeau et M. RofEaen se bornent à proposer à la Société malacologiqne 
d'émettre le vœu de voir se former une Fédération des sociétés scienti- 



MÉMOIRES 201 

fques de Belgique, et comme mesure pratique : 1" d'envoyer le procès- 
verbal de la séance à toutes les sociétés scientifiques du pays avec prière 
de faire connaître leur opinion sur le projet de fédération ; 2° de convo- 
quer « aussitôt que possible les sociétés adhérant au principe de la Fédé- 
ration, afin de débattre ensemble dans cette première session les questions 
d'organisation de cette fédération » . 

Dans la discussion qui suit cette proposition, M. Gosselet fait briève- 
ment l'historique des institutions françaises ayant à peu près le même 
but : le Congrès scientifique qui existe depuis quarante ans, le Congrès des 
sociétés savantes qui se réunit tous les ans à la Sorbonne, Y Association 
française pour V avancement des sciences. 

M. Dewalque expose l'organisation de diverses associations de même 
genre, entre autres de Y Association des naturalistes et médecins alle- 
mands; il parle aussi de la Fédération des sociétés d'horticulture de Bel- 
gique. A son avis, la Fédération projetée ne doit comprendre que les 
sociétés s'occupant directement de l'étude des sciences naturelles. 

Colbeau se demande a si le principe d'égalité en même temps que de 
liberté qui doit présider à la formation de la Fédération » pourrait s'ap- 
pliquer en toutes circonstances et convenir aux corps scientifiques dépen- 
dant directement soit de l'État soit d'un autre pouvoir. Dans son idée, la 
Fédération doit réunir toutes les sociétés libres, s'occupant soit directe- 
ment, soit d'une manière accessoire de l'étude des sciences naturelles. 
Toutefois, il est indispensable de consulter à cet égard les corps savants du 
pays avec lesquels la Société malacologique se trouve en relation. 

Après discussion, on convient de ne pas poser de conditions préalables 
d'organisation. Par les soins du Conseil, les sociétés scientifiques seront 
invitées à se faire représenter à la réunion où seront adoptées les bases de 
la Fédération projetée. 

Le procès-verbal de la séance du 6 septembre contient quelques ren- 
seignements sur le projet de Fédération des sociétés scientifiques. La 
Société entomologique et la Société paléontologique et archéologique de 
Charleroi l'ont adopté en principe. La dernière appuie sur les points sui- 
vants : « !• La Fédération sera exclusivement scientifique et ne s'occupera 
que des questions d'intérêt général ; 2° elle devra consacrer le principe de 
parfaite égalité et d'indépendance de chaque société, de façon que l'on 
n'ait à redouter aucune tentative de centralisation. » 

M. Miller donne lecture d'uu Rapport sur une excursion faite à Sluys- 
Kill, le 21 août 181 i. Bien qu'il ait porté ses recherches dans la direction 
de l'embouchure du chenal plus loin que précédemment, M. Miller n'a 
pas fait la récolte qu'il espérait. Il constate, dans la faune des Foramini- 
fères de Sluys-Kill, un changement considérable portant surtout sur le 



202 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

nombre d'individus contenus dans chaque prise de sable. « Cette diminu- 
tion s'est faite principalement aux dépens des genres Polystomella et 
Nonionina qui, à eux seuls, formaient autrefois les neuf dixièmes de la 
faune entière. » M. Miller n'a plus trouvé « que quelques exemplaires 
isolés de Lagena clavata, à'Entosolenia marginala et sulcata. La belle 
Polymorphina lactea, var. oblonga, si commune autrefois, a presque dis- 
paru, ainsi que Miliolina seminulwni, var. oblonga, qui était non moins 
abondante. » M. Miller se demande quelle est la cause de cette dévasta- 
tion? Il fait préalablement remarquer que la faune de la plage de Sluys- 
Kill se compose de deux groupes de Foraminifères distincts par l'habitat : 
1° les genres à coquille libre tels que Polystomella, Nonionina, Milio- 
lina, etc., qui vivent sur le fond sablo-limoneux du chenal; 2° les genres 
à coquille fixe Truncatidina, Planorbulina, etc., qui ne peuvent vivre sur 
la plage où ils ne trouvent aucun objet pour se fixer et dont l'habitat 
« doit donc se trouver dans la zone à Laminaires ou à hautes herbes, sur 
le littoral, non loin de nos côtes, peut-être même à l'embouchure de 
l'Escaut. Les coquilles de ce dernier groupe étant même plus nombreuses 
qu'autrefois, M. Miller conclut que la cause du dégât doit exister sur la 
plage même. Il la trouve dans la présence d'un nombre prodigieux de 
jeunes Hyàrobia ulvœ. Il en a ôté près de 300 d'une poignée de sable et, 
après cela, il en restait encore en nombre considérable. L'Hydrobie n'avale 
pas les coquilles des Foraminifères, mais elle parvient à eu extraire le 
contenu, à ce que pense M. Miller. Il a vu une Hydrobie rouler une Textn- 
laria dans la bouche puis la rejeter, et cette coquille ainsi rejetée être 
immédiatement saisie par une deuxième Hydrobie, puis par une troisième 
et ainsi de suite. 

M. Miller a cependant rapporté plusieurs espèces ou variétés de Fora- 
minifères nouvelles pour la faune; il en suppose plusieurs inédites. 
M. Van den Broeck et lui s'occuperont de leur étude. 

M. Miller finit sa communication par le récit de l'épisode qui a 
terminé son excursion et dont il a été victime ainsi que M. Roels, qui 
l'accompagnait. Ayant procédé à leurs recherches aquatiques à pieds 
nus, pendant environ sept heures, ces messieurs éprouvèrent aux jambes 
une sensation de brûlure qu'ils prirent d'abord pour l'effet de la réaction, 
mais qui devint bientôt très douloureuse et qui les obligea à garder la 
maison pendant huit jours. M. Roels, ayant plongé le bras droit jusqu'au 
coude dans une flaque d'eau traversée par un fort courant, eut l'épiderme 
détruit jusqu'au point qui avait été mouillé. Les conditions apparentes 
de l'eau étaient les mêmes que lors des excursions précédentes. Celle du 
21 août a été un peu plus longue ; elle a été poussée plus loin dans le chenal, 
de sorte que l'eau était un peu plus salée — il y avait un peu plus de vent. 



MEMOIRES 203 

Eu tout cas, il n'y avait nulle part d'eau stagnante. Sans parvenir à s'ex- 
pliquer cet accident, M. Miller tient à le signaler à ses confrères. 

Colbeau annonce, de la part de M. Timmermans, la découverte aux 
environs de Bruxelles de deux variétés très rares de X Hélix nemoralis, la 
var. 18 du tableau (bandes 1, 2, 3, 4, soudées, bande 5 absente) et la 
var. 73 (bandes 1 et 2 soudées, les autres absentes). Cette dernière variété 
n'avait jamais encore été recueillie. 

M. Desguin doune quelques détails sur les recherches qu'il a faites en 
Portugal. « Il a déposé toutes ses récoltes en mains de M. Nyst, à la con- 
dition que celui-ci en remette le tiers à la Société. » Il dit aussi 
quelques mots des relations qu'il a nouées avec MM. Gassies et Benoit, 
de Bordeaux. 

L'assemblée remercie M. Desguin et décide qu'une délégation lui sera 
donnée pour représenter la Société malacologique auprès des sociétés 
savantes du Portugal. 

Au procès-verbal de la séance du 4 octobre, figure la mention de l'adhé- 
sion au projet de Fédération donnée par la Société phytologique et 
roicrographique de Belgique, à Anvers. 

L'assemblée entend la lecture par M. Van den Broeck de son Rapport 
sur un Mémoire de M. G. F. Matthew intitulé : Notes on tlie Ifolluscà of 
tlie Post-Pleiocene Formation in Acadia {Notes sur les mollusques de la 
formation post-pliocène en Acadie). Le travail de M. Matthew a pour but 
de faire connaître les dépôts post-tertiaires de la Nouvelle-Ecosse et du 
Nouveau-Brunswick, et leur faune malacologique. M. Van den Broeck en 
donne une analyse et s'arrête à discuter quelques points qui lui paraissent 
mériter attention. Bien qu'il soit exact comme le fait remarquer 
M. Matthew, que les terrains post-pliocènes de l'Acadie n'ont été l'objet 
d'aucun travail spécial, M. Van den Broeck renseigne quelques pages 
consacrées à l'étude sommaire de cette région et dont M. Matthew ne fait 
pas mention. On les trouve dans un ouvrage du D'' Dawson, intitulé : 
Notes on tlie post-pleiocene geology of Canada, Montréal, 1871. M. Van 
den Broeck signale en môme temps l'omission faite par M. Matthew d'un 
dépôt indiqué, par M. Dawson, dans l'ouvrage précité, comme consti- 
tuant un horizon distinct dans les dépôts post-pliocènes de l'Acadie. 

M. Van den Broeck rapporte que, d'après M. Matthew, deux opinions 
sont en présence pour expliquer la formation du Boulder clay de l'Acadie. 
Le D' Dawson l'attribue à des glaces flottantes, le D r Packart à un 
« immense glacier continental recouvrant toute la partie septentrionale et 
moyenne de l'Amérique du Nord. » 

M. Matthew, qui, dans un Mémoire précédent, publié dans le tome VI 
du Ganadian Naltwalist, a invoqué la théorie du D r Packart pour expli- 



204 SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE 

quer certains phénomènes de striation observés dans la partie méridio- 
nale du Nouveau-Brunswick, énonce simplement dans le mémoire actuel 
les deux opinions qui se trouvent en présence en en laissant de côté la 
discussion. Toutefois, dans son tableau synoptique, il adopte ouvertement 
l'opinion du D r Dawson. 

M. Van den Broeck développe les raisons qui militent en faveur de cette 
manière de voir. Il expose ensuite la succession des couches, fait quel- 
ques observations critiques au sujet des figures d'une espèce de Cryptodon 
et termine son rapport en donnant des détails sur le dépôt signalé par 
M. Dawson et omis par M. Matthew. « C'est un dépôt Tourbeux durci, 
contenant des débris de conifères et de végétaux terrestres » que M. Daw- 
son « a observé sous le Boulder-Clay et qui, d'après lui, représenterait 
la surface d'un continent précédant le dépôt du Boulder-Clay. » M. Van 
den Broeck suppose que si M. Matthew n'en fait pas mention, « c'est 
parce que, au lieu d'en faire un horizon défini, précédant immédiatement 
le Boulder-Clay, il considère plutôt ce dépôt comme une immense lacune 
dans la sédimentation, représentant peut-être plusieurs époques comprises 
entre la période paléozoïque, dont les couches se montrent immédiate- 
ment en dessous, et la période post-tertiaire, dont les sédiments recou- 
vrent ce dépôt terrestre ». 

M. Van den Broeck conclut à l'impression du travail avec remercie- 
ments à l'auteur ; mais, dans la crainte d'une dépense trop considérable et 
du consentement de M. Matthew, il propose de ne pas reproduire la carte 
géologique qui s'y trouve jointe. L'assemblée adopte ces propositions. Elle 
vote ensuite l'impression de la traduction faite par M. Lefèvre du 
Mémoire de M. Davidson Sur les BracMopodes tertiaires de Belgique. 
M. Rofïiaen, tout en votant l'impression de cette traduction, voudrait 
que les ressources de la Société fussent plutôt employées à la publication 
de travaux originaux. 

M. Collin lit une note intitulée : Liste des mollusques trouvés dans 
diverses localités du Hainaut. Il donne d'abord une Liste des mollusques 
de Givry, Harmignies, Spiennes, Hâtai/, Bouveroy, comprenant cin- 
quante-quatre espèces ou variétés. La liste des mollusques recueillis dans 
la Trouille, dans les Monliaux, vallée attenante au village de Rouveroy, 
lui a été communiquée par M. Dejardin, bourgmestre de Harmignies. Il la 
fait suivre d'une petite liste de huit espèces récoltées à Piéton-Carnières, 
par J. Colbeau, pendant l'excursion des Sociétés géologiques de France et 
de Belgique, puis de la liste des Mollusques recueillis à Brquelinnes, 
Merbes-le-CMteau, la Buissière, dans laquelle on remarque la mention 
de la découverte dans la Sambre de Paludina Segliersi, J. Colb., variété 
de la Paludina contecta, Millet, et celle deCyclas solida, Normand, dans la 



MÉMOIRES 205 

Sambre, à Merbes-le-Château. Cette dernière espèce n'avait encore été 
mentionnée que du Rupel, pour la Belgique (*). 

Il termine son travail par la Liste des Mollusques subfossiles trouvés 
dans une couche marneuse à Harmignies. Ce sont : Hélix rotundata, Mûll. ; 
H. costata, Mùll.; H. pulchella, Mûll.; LT. nemoralis,L.; H. pomatia, 
L.; H. Mspida, L.; H. unifasciata, Poiret; H. ericetorum, Mùll.; 
H. obvoluta, Mùll.; Glausilia nigricans, Jeffr. ; Cl. laminata, Turton; 
Pupa muscorum, L.; Succinea putris, L.; /S", elegans, Risso ; S. oblonga, 
Drap.; Bulimus obscurus, Mùll.; B. acicula, Mùll.; Cyclostoma elegans. 

M. Roffiaen cite ensuite les mollusques vivants qu'il a recueillis, au mois 
de septembre, à Beaufort, dans le Grand-Duché de Luxembourg-. Nous 
mentionnerons Pisidium cazertanum,tvou-vè au pied de mousses humides 
dans un endroit élevé. M. Roffiaen donne également les noms de quelques 
espèces qu'il a récoltées en passant à Trêves et à Luxembourg. 

Le procès-verbal de la séance du 1 er novembre contient d'intéressants 
détails sur le projet de Fédération. Nous les reproduisons ici. « La Société 
entomologique de Belgique approuve les intentions qui ont porté la 
Société malacologique à proposer une fédération entre les sociétés scien- 
tifiques de Belgique, mais désire, avant de discuter la question chez elle, 
que la Société malacologique lui fasse connaître son projet pour réaliser 
le but pratique de la Fédération. 

« La Fédération des sociétés d'horticulture de Belgique adhère avec 
empressement à la proposition de former une fédération entre les sociétés 
scientifiques belges et communique ses statuts et règlements. 

« L'Académie royale des sciences de Belgique approuve hautement 
l'idée qui a conduit la Société malacologique à proposer la création d'une 
fédération des sociétés scientifiques du pays. Elle a été au regret de ne 
pouvoir l'accueillir, étant une institution dépendante de l'Etat et ne 
pouvant, à ce titre, entrer dans une fédération de sociétés libres. » 

M. Van den Broeck donne lecture d'un Rapport sur une excursion faite 
le 16 juillet 1874 au Bolderberg, près de Hasselt ( 2 ). Il expose tout 
l'intérêt que présentent l'étude du dépôt fossilifère qui s'y trouve localisé 
et celle des sables qui ont servi de type à Dumont pour son système bol- 
derien. M. Van den Broeck fait remarquer, au sujet du premier dépôt, que 
pendant longtemps les géologues les plus autorisés n'ont pu se trouver 
d'accord ; au sujet du second, il donnera une esquisse de la disposition 
des couches de la colline, parce que l'interprétation qu'il aura à présenter 
relativement aux sables bolderiens diffère sensiblement de ce qui a tou- 

W Séance du 4 février 1872. Bull. T. VIL, p. XXX. 

( 2 ) Ce Rapport n'a paru qu'en abrégé dans les Procès- verbaux mensuels, pp. CLXXV- 
CLXXXIY. Il occupe dans les Bulletins les pp. CLXI-CLXXXX. 



206 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

jours été admis ; enfin il rappelle que, pour la faune malacologique des 
environs de Hasselt, on ne connaissait tout au plus qu'une douzaine 
d'espèces. 

Colbeau et M. Van den Broeck ayant exploré de grand matin les envi- 
rons du boulevard et du canal ont trouvé huit espèces de mollusques ter- 
restres, parmi lesquels Arion ru/us représenté par une variété foncée se 
rapprochant de la var. ater, et six espèces de mollusques fluviatiles, parmi 
lesquelles Dreissena polymorplia à peine représentée par quelques valves 
isolées, alors que cette espèce était autrefois extrêmement abondante 
dans le canal. 

Dans les fossés des prairies, vingt-trois espèces ont été récoltées. Le 
Zonites striatulus, Gray, diffère assez du type vivant dans les 
Ardennes. « Il appartient à cette variété plus lisse des plaines basses, que 
j'ai déjà mentionnée à plusieurs reprises, dit M. Van den Broeck, et dont 
la description sera donnée ultérieurement. » Des exemplaires de Limmcea 
truncalula, Mûll., et de Planorbis rotundatus, Poiret recueillis dans de 
petits fossés restés humides quoique privés d'eau, se sont montrés 
« pourvus d'un épiphragme formé d'une mucosité miroitante et irisée, 
analogue au faux épiphragme que sécrètent, en-dehors du temps d'hiber- 
nation, certains mollusques terrestres ». 

M. Van den Broeck aborde ensuite le compte rendu de l'excursion 
géologique au Bolderberg, que M. Geraets eut l'obligeance de diriger. Il 
fait à cette occasion l'éloge de la description de la célèbre colline publiée 
par M. Geraets (}), tout en prévenant qu'il ne saurait partager l'opinion 
de ce zélé naturaliste qui la regarde comme le résultat d'une éruption 
geyserienne, et il annonce le prochain envoi à la Société malacologique 
d'un travail détaillé et complet sur le Bolderberg que M. Van der Capelle 
destine à nos Annales ( 2 ). M. Van den Broeck décrit l'aspect du pays dont 
l'aridité contraste avec la fertilité des plaines limoneuses du Brabant. Le 
genre Clausilia y manque.de même que dans les zones littorale et saumâtre 
des Flandres et de la province d'Anvers. L'Hélix nemoralis y semble fort 
rare. Au village de Bolderberg, les excursionnistes recueillent seize espèces 
de mollusques terrestres et fluviatiles. Ils commencent ensuite leur excur- 
sion géologique en suivant le sentier qui se présente à gauche de la 
grande route un peu au-delà de l'église, et se dirigent vers la partie de 
la colline nommée le Kaeleberg, où M. Geraets leur indique à mi-côte un 
gisement contenant des fossiles brisés ou roulés en abondance. 



(') Etude sur le Bolderberg et sa faune fossile. (Extrait du Bulletin de la Société de» 
Mélophiles de Hasselt.) 
( 2 ) Il est à regretter que ce projet n'ait pas été mis à exécution. 



MEMOIRES 207 

M. Van den Broeck jette un coup d'œil sur l'ensemble des dépôts 
qui constituent la colline. 

Le pied du Bolderberg est recouvert de même que le sous-sol de la 
contrée environnante par le sable quaternaire campinien qui repose, 
d'après la carte de Dumont, sur l'argile rupelienne. (Oligocène moyen.) 

« Au Bolderberg, dit M. Van den Broeck, l'argile rupelienne est immé- 
diatement surmontée par le sable bolderien proprement dit. Celui-ci com- 
mencerait, paraît-il, par un petit lit de cailloux roulés. » M. Van den 
Broeck rapporte qu'il n'a pu observer cette base, puis il décrit la coucbe 
sableuse elle-même, qui constitue à elle seule le système bolderien en Bel- 
gique. Il y constate une absence complète de fossiles ; il n'y a même trouvé 
aucune trace de foraminifères. Ces particularités l'engagent à se demander 
« si ce dépôt sableux, si peu caractérisé à tous égards, peut réellement 
être considéré comme le représentant d'un système distinct dans la série 
tertiaire ». Il ne le pense pas et croit « qu'il serait beaucoup plus logique 
de faire disparaître le terme de « système bolderien » et de considérer ce 
banc sableux comme un dépôt terminant la série rupelienne » . M. Van 
den Broeck étudie soigneusement les rapports du sable bolderien avec les 
dépôts supérieurs ou diestiens. Le sable bolderien a été remanié et lavé 
par les flots de la mer diestienne et ses éléments constitutifs se trouvent 
confondus avec ceux des sables diestiens à la base de ceux-ci. Il a été 
raviné et sa surface « parfois durcie est surmontée d'un conglomérat 
formé de galets de silex noir, de graviers, de débris de coquilles roulées 
et usées, etc. » 

Ces galets de silex noir « se montrent surtout vers le haut de la couche 
fossilifère et sont très constants à ce niveau : ils forment même sur tout le 
pourtour de la colline, une espèce de ceinture, qui est l'indice certain de 
la présence des fossiles et l'indice de la base des sables diestiens » . 

M. Van den Broeck partage l'opinion de Dumont et de M. Dewalque sur 
la valeur de la démarcation stratigraphique que ce ravinement atteste et 
qui dénote « entre les dépôts oligocènes et ce représentant le plus inférieur 
de la série pliocène une immense lacune dans la sédimentation, représen- 
tant toute la durée des dépôts miocènes » . M. Van den Broeck n'admet 
pas qu'on puisse les « rapporter à aucune autre époque intermédiaire 
pendant la durée de la lacune miocène, puisque celle-ci, indiquant un 
continent ou tout au moins une élévation du sol en cet endroit, exclut 
nécessairement toute idée d'un dépôt marin quelconque » . 

M. Van den Broeck allègue que « non seulement aux environs, mais 
encore à de grandes distances, il n'existe absolument aucune trace de cette 
prétendue mer miocène, alors que les sables bolderiens seuls seraient 
considérés comme appartenant à cet horizon. 



208 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

« Supposer une dénudation totale et complète de ces dépôts à l'exclu- 
sion précisément des bancs sableux et non fossilifères qui constituent le 
sable bolderien serait déjà bien hasardé, môme dans les cas où quelques 
faits sembleraient s'accorder avec cette manière de voir. » Peut-on admettre 
qu'une telle dénudation se serait opérée sans qu'on ne « retrouve, sous 
forme de couches roulées ou remaniées, les sédiments et les débris fossili- 
fères de cette mer miocène? » 

o Or, la base de la grande démarcation stratigraphique, qui en Bel- 
gique sépare si nettement la série pliocène des autres dépôts tertiaires, ne 
nous montrant rien de semblable, c'est-à-dire ni sédiments ni fossiles 
miocènes remaniés, et ne contenant au contraire que des débris oligo- 
cènes tels que des fossiles remaniés de l'argile rupelienne, etc., il en 
résulte que l'opinion d'une lacune miocène continentale se trouve parfai- 
tement justifiée, et par conséquent que le sable bolderien ne peut se 
rapporter à cette période. » 

Il ne reste donc qu'à le rapprocher de la série inférieure ou rupelienne. 
Des considérations géogéniques confirment M. Van den Broeck dans cette 
manière de voir. « En effet, la discontinuité des dépôts en Belgique, pen- 
dant la période miocène, n'ayant pu être occasionnée que par un exhaus- 
sement du sol, nous devons trouver dans les dépôts immédiatement anté- 
rieurs ou rupeliens, les preuves de l'élévation progressive qui, soit par un 
mouvement brusque, soit par gradation insensible, finit par amener 
l'émergence de ces dépôts. » Leur distribution géographique est encore un 
indice certain de l'élévation du sol. De la manière dont M. Van den Broeck 
interprète les faits, « le sable bolderien représenterait donc un rivage 
qui, reculant graduellement avec la mer rupelienne, aurait successive- 
ment recouvert des dépôts de plus en plus profonds au fur et à mesure de 
l'exhaussement du sol qui amena leur émergence » Le sable bolderien 
devient ainsi « comme le représentant delà plage rupelienne... (') » 

« Et le petit lit de cailloux roulés qui, d'après Dumont, se trouverait 
à la base du sable bolderien, ne vient-il pas également affirmer son carac- 
tère absolument littoral ? » demande M. Van den Broeck. 

De plus, les lignites du Rhin, dont Dumont faisait son étage supérieur, 
ont, depuis, été placés par les géologues allemands à un niveau apparte- 
nant également à la série oligocène. M. Van den Broeck trouve qu'en 
tout cas, l'opinion qu'il vient exprimer est plus logique que de faire « d'un 
banc sableux, peu étendu et absolument privé de fossiles, le type d'un 
système distinct dans la série tertiaire » . 

M. Van den Broeck ne donne pas la liste des fossiles recueillis pendant 

(') M. Van den Broeck a abandonné plus tard cette manière de voir. 



MEMOIRES 209 

l'excursion pour ne pas faire double emploi avec celle qui est insérée dans 
le Prodrome d'une description géologique de la Belgique, par M. Dewalque. 
« Il est bien entendu, ajoute-t-il, que toutes les listes publiées sur la faune 
du Bolderberg, doivent se rapporter à la faune du du système diestien (*) 
et non à celle du système bolderien. » M. Van den Broeck fait remarquer 
qu'au lieu de présenter, comme on le croyait, a un caractère spécial qui 
l'aurait fait se rapprocher des faluns du sud-ouest de la France (Miocène 
supérieur) » , cette faune, mieux étudiée, a décelé « ses relations ou plutôt 
son analogie avec la faune des sables diestiens d'Anvers (Pliocène infé- 
rieur) » ( 2 ). Les différences résultent des conditions de la sédimentation. 
« A Anvers, les sables diestiens se sont déposés sous une certaine pro- 
fondeur et dans une eau calme exempte de courants ou de causes quel- 
conques de remaniements... Au Bolderberg, au contraire... il s'agit... 
d'un vrai cordon littoral indiquant, par son aspect et les ravinements qu'il 
a causés, un violent mouvement des eaux. » C'est à peine si deux ou 
trois espèces recueillies au Bolderberg ne l'ont pas été à Anvers. Les lois 
de la distribution géographique expliquent ces différences. 

« Actuellement, dit l'auteur, on se trouve généralement d'accord pour 
considérer le dépôt fossilifère du Bolderberg comme appartenant au sys- 
tème diestien, mais c'est à tort qu'on a voulu le considérer comme formant 
la base même de ce système. 

« En effet, les coquilles du Bolderberg constituant un dépôt littoral 
n'ont pu être roulées et jetées sur la plage dont cette colline est un des 
vestiges qu'après avoir vécu dans les sédiments d'une mer diestienne 
préexistente. » 

Les sables diestiens ( 3 ) qui se présentent au-dessus du banc fossilifère 
« ne ressemblent en rien à ceux des environs d'Anvers. On les trouve 
toujours à un niveau plus élevé que ces derniers dans une quantité de 
localités environnantes » . M. Van den Broeck les cite comme particu- 
lièrement développés aux environs de Louvain, de Diest, de Hasselt et 
comme occupant le sommet des collines des environs de Bruxelles. 

« Quelques lambeaux que l'on retrouve dans les Flandres et sur les hau- 
teurs de Renaix, de Cassel, jusqu'en Angleterre même, montrent que la 
mer diestienne, à sédiments fossilifères très fins ( 4 ), que l'on observe aux 
environs d'Anvers, a dû être entourée, le long des parois du bassin qui la 
contenait, par une large ceinture de sables grossiers littoraux » . L'alté- 

(!) A cette époque, on comprenait encore dans le système diestien les sables à Panopœa 
Menardi et les sables à Pectunculus pilosus qui sont miocènes. 

( 2 ) Voir la note précédente. 

( 3 ) Il s'agit ici des vrais sables diestiens. 

( 4 ) Sables à Panopœa Menardi. Voir note 1 . 

1880 14 



210 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

ration de ces sables et leur caractère littoral expliquent aisément l'absence 
de fossiles à ce niveau. 

M. Van den Broeck décrit ensuite la coupe du chemin creux de Vi ver- 
selle, où il remarque que le lit de cailloux et de fossiles semble parfois se 
dédoubler. La coloration de la couche de sable diestien qui surmonte ce 
banc et dans laquelle des « grains noirs, verts, blancs et jaunes appa- 
raissent à la fois dans une proportion à peu près égale» résulte d'un simple 
phénomène d'altération ; « les deux premières teintes sont produites par 
les grains purs ou altérés de la glauconie, les deux autres par les grains 
de quartz purs ou colorés superficiellement par suite de la décomposition 
de cette glauconie » . 

L'exploration géologique étant terminée, les excursionnistes visitent 
encore la partie si pittoresque de la colline où se trouve l'ermitage. 
M. Van den Broeck note en ce point l'existence d'un gîte fossilifère moins 
riche que les précédents. Une Eelix nemoralis et un Zonites cellariits 
ont été recueillis dans cette partie du Bolderberg. 

Au retour vers Hasselt, Colbeau et M. Van den Broeck explorent quel- 
ques fossés à Stokroy et y récoltent rapidement vingt-cinq espèces ou 
variétés de mollusques. Le Rooster-Beek, affluent du Demer, leur fournit 
sept espèce-. M. Van den Broeck donne ensuite une petite liste de qua- 
torze espèces de coquilles recueillies aux environs de Hasselt par M. Geraets. 

La faune de cette région présente un certain nombre d'operculés 
attestant qu'elle n'a pas encore pris le caractère qu'elle possède plus loin 
dans la Campine, où les operculés manquent complètement. D'ailleurs, 
les mollusques fluviatiles sont toujours moins localisés que les espèces 
terrestres. L'introduction de la Physa acuta en Belgique en est une 
preuve. 

Quelques mots sur l'arbre fossile trouvé à Canne (*) terminent ce Rap- 
port auquel nous avons consacré une analyse détaillée justifiée par son 
importance au point de vue de l'histoire des connaissances relatives à nos 
terrains tertiaires. 

M. Roffiaen, qui préside la séance du 1 er novembre, expose l'état de la 
question de la Fédération des sociétés scientifiques. Nous en avons retracé 
successivement les étapes dans l'analyse des procès-verbaux précédents. 
Il donne ensuite lecture du projet de statuts élaboré par le Conseil de 
la Société malacologique. Ce document est précédé d'un Exposé des 
motifs dans lequel sont rappelés les avantages dont on poursuit la réali- 
sation. Quant au projet même des statuts, nous en transcrivons ci-dessous 
les principales dispositions. 

(!) Voir séance du l or mars 1874. Bulletin, pp. LX-LXI. 



MEMOIRES 211 

Ce projet, fort simple, se compose de dix articles. Le premier définit 
le but de la Fédération, qui est de « resserrer les liens entre les sociétés 
belges qui s'occupent de l'étude de l'histoire naturelle, d'examiner les ques- 
tions d'intérêt général concernant les progrès des sciences et de rechercher 
et appliquer les moyens les plus propres à répandre les connaissances 
scientifiques dans le pays, enfin de faire connaître les progrès accom- 
plis ». 

L'article 2 traite des conditions requises pour l'admission des sociétés. 
Les articles 3 et 4 stipulent que la Fédération n'a pas de siège fixe et 
règlent les conditions de réunion. Ils déterminent aussi la composition du 
bureau. La Fédération a pour président, secrétaire général et trésorier, 
les président, secrétaire et trésorier de la société chargée de l'organisation 
de la session, pour vice-présidents et secrétaires, les présidents et secré- 
taires de la société ayant organisé la session précédente, ainsi que ceux 
de la société appelée à diriger la session suivante. 

L'article 5 règle l'ordre du jour des sessions : 

« Ouverture de la session par le président. — Correspondance. — 
Rapport du président de la session précédente. — Rapport de chaque 
société fédérée sur ses travaux depuis la dernière session. — Formation 
des sections. — Discussion des questions poi'tées à l'ordre du jour de la 
session. — Propositions et communications du bureau, des sociétés fédé- 
rées, des sections et des membres. — Fixation de l'ordre du jour de la 
session suivante. — Désignation de la ville et de l'époque où se tiendra la 
seconde session après la session présente, et de la société qui l'organisera. 
— Résumé des travaux de la session par le président. — Remise des 
pouvoirs au président pour la session suivante, lequel lève la séance et 
déclare la session close. » 

Les articles 6 et 7 traitent de la situation des sociétés dans la Fédéra- 
tion, de leurs droits, des contributions à percevoir pour couvrir les frais, 
ainsi que des ressources qui peuvent être mises à la disposition de la Fédé- 
ration. 

L'article 8 stipule les conditions de retrait des sociétés. L'article 9 porte 
que « la Fédération ne peut être dissoute que du consentement unanime 
des sociétés qui la composent. En cas de dissolution, chacune conserve 
les archives, etc., de la Fédération déposées chez elle ». Enfin l'article 10 
traite des conditions requises pour la modification des statuts. 

A la séunce du 6 décembre, la Société géologique de Belgique, la 
Société libre d'émulation de Liège et la Ligue de l'enseignement euvoient 
leur adhésion au projet de Fédération. 

Colbeau lit son Rapport sur l'excursion faite par la Société malacolo- 
gique de Belgique, à Tournai, les 26 et 27 septembre 1874. On sait com- 



212 SOCIÉTÉ 3IALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

bien les couches carbonifères de Tournai sont riches en fossiles. Quant 
à la faune malacologique locale, on ne connaissait que les espèces 
citées par MM. Le Comte et Fontaine dans nos Annales (*), et de ce 
côté on avait donc presque tout l'attrait de la nouveauté. Bien que 
tout eût été prévu de manière à donner ample satisfaction aux paléon- 
tologistes et aux malacologistes, l'excursion fut peu suivie. Elle ne 
réunit que MM. Bouyet, J. Colbeau, de Bullemont, Denis, Fontaine, 
Plateau et Thielens. Le temps fut défavorable et obligea même à 
renoncer à une partie du programme de l'excursion ; enfin, de MM. Fon- 
taine et Le Comte, qui avaient été chargés de l'organiser, le premier ne put 
y participer que pendant une journée et le second ne put y assister pour 
cause de maladie. Ces circonstances suggèrent à Colbeau des réflexions 
très justes sur la préparation des excursions de la Société, la discussion 
des projets, la fixation de l'itinéraire, la nécessité de posséder des cartes, etc. 
La première journée fut consacrée à Templeuve. En quittant Tournai, les 
excursionnistes ne trouvent des mollusques vivants qu'au faubourg de 
Maire, au village de Froyennes et dans les prairies et le bois en appro- 
chant de Templeuve. Colbeau fait remarquer que le genre Limnœa t si 
abondant presque partout, ne montre que deux espèces représentées par 
un très petit nombre d'exemplaires. 

Le deuxième jour, les excursionnistes se rendent à Antoingetse dirigent 
vers les carrières du Coucou, situées à Vaulx-lez-Tournai, où ils se pro- 
curent de nombreux fossiles carbonifères, grâce à l'obligeance de M.Wat- 
tecant. Ils explorent ensuite les carrières de Crève-Cœur, au sud d'Antoing, 
qui leur paraissent plus riches en fossiles que les précédentes. Dans les 
unes comme dans les autres, ils recueillent de nombreux mollusques 
vivants. 

Bien que la différence des terrains influe sur la faune, Colbeau réunit 
dans une seule liste les espèces récoltées pendant ces deux journées. 
Trente-quatre espèces de mollusques vivants y sont énumérées, plus une 
variété que Colbeau croit nouvelle. Dix-huit de ces espèces sont nouvelles 
pour les environs de Tournai, mais Colbeau ne les distingue pas des 
autres dans sa liste. Un exemplaire de Clausilia nigricans, trouvé dans 
une carrière abandonnée contre la route de Vaulx, près d'Antoing, a le 
dernier tour détaché et prolongé en tube libre à peu près dans l'axe de la 
coquille. Certains exemplaires de Hélix fasciolata, recueillis dans les car- 
rières de Crève-Cœur, se montrent déprimés, de coloration blanche, n 'ayant 
souvent qu'une bande étroite, nettement dessinée, comme chez le type de 
Hélix unifasciata, Poiret. Colbeau décrit cette variété sous le nom de var. 

(!) Tome V, 1870, p. 59. 



MÉMOIRES 213 

Bouyeti, en la dédiant à M. le major Bouyet, auteur de la découverte des 
premiers échantillons. 

M. Deby donne lecture d'une Note sur l'alimentation des moules (Mytilus 
edulis). En étudiant la faune microscopique de l'argile des Polders, si 
riche en diatomées, M. Deby s'est occupé de la recherche des espèces qui 
vivent encore sur nos côtes et dans le delta de l'Escaut. Le hasard 
l'a conduit à examiner le contenu de l'estomac des moules que l'on vend 
dans les rues de Bruxelles. Il y a découvert un nombre si considérable 
de diatomées que l'on ne peut douter, dit-il, que ces petits organismes ne 
constituent une bonne partie de l'alimentation des Mytilus de nos côtes; 
dans le nombre, il y en avait beaucoup de rares. « Mélangées avec ces 
diatomées vivantes, se trouvaient de nombreuses spicules d'épongés souvent 
brisées, des grains de sable fin et quelques détritus d'algues marines. De 
plus, j'y ai rencontré, dit M. Deby, un grand nombre de fragments de 
diatomées qui me paraissent provenir du limon ou du fond même des 
localités habitées par ces moules, et dont la plupart se retrouvent à l'état 
fossile dans l'argile marneuse des Polders.» L'estomac "de quatre Mytïliis, 
ayant été bouilli dans de l'acide nitro-muriatique pour en séparer la 
matière organique, a fourni trente-sept espèces de diatomées marines ou 
d'eau saumâtre. Encore plusieurs espèces de Navicula et de Coscinodiscus 
restent-elles à déterminer. M. Deby mentionne dans sa liste cette particu- 
larité <\\\q Hyalodiscus stelliyer, Bailey, « qui abonde également dans l'ar- 
gile des Polders à l'état fossile, en magnifiques exemplaires, n'a jamais été 
rencontré jusqu'ici qu'en Floride, aux États-Unis, par feu M. Bailey. Je 
signale donc, pour la première fois, en Europe, dit-il, cette espèce très 
intéressante et bien caractérisée. » 

M. Bauwens lit ensuite une Note sur un dépôt coquillifère trouvé sous la 
tourbe à Koelelberg . Il donne la coupe d'un puits creusé dans la rue 
Schmitz, ancienne rue de la Fabrique, vis-à-vis des « étangs noirs » de 
Molenbeek-Saint-Jean, qui diminuent tous les jours par suite des emprises 
effectuées pour l'agrandissement de Bruxelles. Voici cette coupe en 
résumé : Remblai 2 m 70. —Terreau compact submergé, avec détritus de 
végétaux et branches d'arbres que l'on pouvait suivre jusqu'à leur souche ; 
probablement un taillis de Corylus anellana entre les branches desquels 
est venu se déposer le terreau. Êp. 2 m 90. — Vient ensuite une couche de 
m 30, remplie de nombreuses concrétions calcaires de différentes formes, 
renfermant de petits morceaux de bois. M. Bauwens compare ses obser- 
vations avec celles que M. Grégoire a communiquées dans sa notice sur 
les coquilles de la tourbe d'Uccle ( 1 ), localité située également dans la 

(') Annales, tome VI (1871), p. 19. 



214 SOCIÉTÉ MALÂCOLOGIQUE DE BELGIQUE 

vallée de la Senne. M. Bauwens n'a trouvé de coquilles que sous la couche 
de terreau et immédiatement au-dessus de la couche que les ouvriers 
appellent la terre bleue. Cette dernière est « une espèce de terre plastique 
très sablonneuse, mélangée de points calcaires blancs, à reflet bleuâtre au 
sortir du puits, mais devenant plutôt verdâtre et dure, quoique cependant 
friable, lorsqu'elle a été exposée à l'air » . La couche fossilifère, explorée 
sur une surface circulaire d'environ l m 50 de diamètre, a fourni, outre 
un tibia de jeune porc et des débris de cloportes, vingt-trois espèces de 
mollusques, plus un Zonites, qui est peut-être une variété du Z> niti- 
dulus, et un exemplaire incomplet de Vertigo. 

M. Bauwens n'a pas rencontré à Koekelberg Cyclostoma elegans si 
abondant à Uccle. Hélix obvohita, H. fruticum, H. arbustorum et Glau- 
siîia ventricosa, qui ne vivent plus aux environs de Bruxelles, Hélix rude- 
rata, H. lamellata, Acmefusca, qui ne vivent plus dans le pays, n'y ont 
pas été rencontrées non plus. En revanche, il a trouvé Clausilia plicatula, 
qui ne vit plus à Bruxelles, et Limnœa palustris, non citées d'Uccle par 
M. Grégoire. 

M. Collin communique la Description d'une nouvelle espèce de Limnœa 
du Brésil. Il la dédie, sous le nom de L. Lambottei, à feu H. Lambotte 
qui en avait reçu de M. Chevrand, membre correspondant de la Société 
malacologique, une dizaine d'exemplaires recueillis à Cantagallo, au 
Brésil. 

M. Craven parle de son voyage aux Indes et en Australie. 11 a rencontré 
des Cheletropis jusqu'à une distance de 700 milles des côtes et pense que 
le genre doit être maintenu. Il en a recueilli treize espèces. 

M. Lefèvre annonce ensuite la découverte faite àWemmel d'Un Gastéro- 
pode nouveau pour la faune laekenienne supérieure ( l ), le Fusus subsca- 
larinus, d'Orb., et celle d'Un Lamellibranche nouveau pour la faune 
laekenienne inférieure ( 2 ), la Teïlina rostralis, Lk. Cette espèce, qui vient 
d'être trouvée à Forest, dans la zone à Nummulites variolaria ( 3 ), 
n'était connue chez nous que dans la zone inférieure de Wemmel ( 4 ). 

M. Lefèvre montre encore un exemplaire de Panopœa Heberti, Bosq., 
dont le bon état de conservation confirme la détermination qu'il n'avait 
émise qu'avec doute dans son travail sur la faune laekenienne ( 5 ) de 
Wemmel. 

M. Senoner annonce la découverte de Dreissena polymorplia dans le 



(!) Wemmelienne. 

( 2 ) Wemmelienne. 

( 3 ) Gravier base du wemmelien. 

( 4 ) Sable de Wemmel. 

( 5 ) Wemmelienne. 



MÉMOIRES 215 

Danube. On suppose qu'elle a pu arriver jusqu'à Vienne par le canal du 
Mein au Danube. La communication de M. Senoûer fournit quelques ren- 
seignements sur l'extension de l'habitat de cette espèce. 

M. Van den Broeck a reçu de M. Ortlieb une lettre l'informant que ce 
géologue et M. Dollfus partagent la manière de voir qu'il a exposée relati- 
vement à l'interprétation des couches du Bolderberg. Dans leur rapport 
sur une excursion géologique dans le Limbourg belge (*), MM. Ortlieb et 
Dollfus renseignaient déjà « comme dépôt de dunes de l'horizon rupelien 
des sables qu'ils ont, à cette occasion, désignés sous le nom de sables 
du Rupel. Cette indication se trouve exprimée comme suit : 

Dunes. Littoral. Mer profonde. 

Sables du Eupel ( 2 ). Argile à nucules. Argile de Boom. 

La création, à cette occasion, du terme nouveau sables du Rupel qui, 
dans le texte, ne se trouve accompagnée d'aucune explication, ne m'aurait 
pas permis, dit M. Van den Broeck, d'y reconnaître le sable bolderien sans 
la lettre explicative de M. Ortlieb ». M. Van den Broeck souhaite, avec 
M. Ortlieb, de voir remplacer par la dénomination de sable du Rupel 
« celle de sable bolderien, qui implique assez inutilement l'idée du sys- 
tème distinct que ce dépôt sableux avait servi à édifier » . M. Van den 
Broeck ajoute que M. Dollfus, dans ses Principes de géologie transformiste, 
publiés en 1874, a indiqué pour le sable bolderien les mêmes relations 
avec la série inférieure que lui-même a établies dans son rapport. S'il 
est, de son côté, arrivé au même résultat que ses confrères, il reconnaît 
que l'idée fondamentale de la réunion du bolderien au rupelien avait déjà 
été exprimée par eux dans les conditions et sous la forme rappelée plus 
haut ( 3 ). 

A la suite du bulletin de la séance de décembre 1874, fîgmre un docu- 
ment qui n'a pas été inséré dans le recueil des procès-verbaux. C'est le 
rapport de M. Thielens sur le Voyage en Italie et en France, mai- 
juin 4874, qu'il a fait à l'occasion du Congrès botanique de Florence. On 
n'en trouve ici que la première partie, relative à l'Italie. M. Thielens décrit 
rapidement les riches collections de la marquise Panlucci, auxquelles 
il a consacré une notice spéciale ( 4 ), puis les collections du Musée royal 
d'histoire naturelle de Florence, où il retrouve des fossiles carboni- 
fères et des fossiles dévoniens donnés par lui, celles du musée de Pise. 
qu'il a seulement eu le temps de parcourir, enfin le musée de géologie 

(') Annales, tome VIII, 1873. 

( 2 ) Les auteurs disent p. 54 « Sables du Rupel? ». 

( 3 ) Cette communication ne figure pas dans le recueil des Procès -verbaux mensuels 
des séances. 

( 4 ) Description de la collection de la marquise Paulucci. Tirlemont, 1874. 



216 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

et de paléontologie de Bologne, si riche en objets précieux décrits par 
M. Capellini. 

Des environs de Florence et de Pise, M.Thielens rapporte des mollusques 
d'espèces vivantes dont il donne la liste, de même que celle de quelques 
espèces de mollusques comestibles qu'il a vus exposés en vente à Naples. 

Le bulletin bibliographique inséré à la fin du volume atteste un 
accroissement considérable de la bibliothèque. La liste des membres effec- 
tifs porte 109 noms. Les membres démissionnaires sont au nombre de six. 
Deux membres effectifs sont décédés dans le courant de l'année sociale : 
MM. Jordao Luiz da Gama et Albert Tarlier, qui avaient été reçus l'un 
et l'autre dans le courant de l'année 1873. 

Le recueil des Mémoires contient les travaux suivants : 

I. Observations géologiques et palèontologiques sur les différents 
dépôts rencontrés à Anvers, lors du creusement des nouveaux bassins, 
par Paul Cogels. (Séances du 7 décembre 1873 et du 11 janvier 1874) (')• 

II. Notes sur les mollusques de la formation post-pliocène de VAcadie, 
par G. -F. Matthew, traduction du manuscrit anglais par Armand Thielens. 
— Avec une planche. (Séance du 12 avril 1874.) 

III. Faune laekenienne ( 2 ). Description de trois espèces nouvelles 
provenant de Wemmel (Calyptrœa sulcata, Voluta rugosa, Littorina 
lamellosa), par G. Vincent. — Avec une planche. (Séances des 11 janvier, 
7 juin et 1 er novembre 1874.) 

IV. Note sur la découverte de deux spongiaires ayant provoqué la 
formation des grès fistuleux et des tubulations sableuses de l'étage bruxel- 
lien des environs de Bruxelles, par A. Rutot. — Avec une planche sur 
fond teinté. (Séance du 1 er novembre 1874.) 

V. Note sur les dépôts paniseliens d'Anderlecht, par G. Vincent. — 
Avec une coupe géologique dans le texte. (Séance du 1 er novembre 1874.) 

En annexe aux publications de la Société malacologique pour l'an- 
née 1874, figure Y Esquisse géologique et palèontologique des dépôts plio- 
cènes des environs d'Anvers par M. E. Van den Broeck. 

Ce travail présenté à la séance du 6 décembre 1874 et sur lequel 
les commissaires nommés par la Société lurent leurs rapports à la 
séance du 5 mars 1876 fut publié séparément, par suite des additions 
qui y furent apportées par l'auteur et qui retardèrent considérablement 
la distribution du tome IX des Annales. Il parut en deux fascicules, le 
premier comprenant les pages 1-101 au mois de décembre 1876 et le 
second au mois de juillet 1878. 

( 1 ) Le 11 janvier 1874, M. Cogels effectua le dépôt de la seconde partie de ce mémoire, 
exclusivement consacrée à la géogénie, mais plus tard il renonça à la publier. 

( 2 ) Wemmelienne. 



MÉMOIRES 217 

Tome X. — Année 1875. 

Le tome IX des Annales témoigne de la suprématie acquise, dans le 
sein de la Société, par les études paléontologiques et géologiques. Des 
questions de géologie pure s'y traitent même. Les fondateurs de la Société 
publient peu de chose et Colbeau, de plus en plus absorbé par ses fonc- 
tions de secrétaire, n'écrit plus que de loin en loin un rapport de moins 
en moins étendu. D'autre part les membres plus jeunes, que l'on pouvait 
s'attendre à voir persévérer dans la voie de la malacologie qu'ils avaient 
d'abord suivie, et non sans succès, abandonnent également celle-ci. 
On aurait pu croire que, par suite de la retraite de certaines personnes 
appelées par leurs fonctions à s'occuper spécialement de paléontologie ou 
de géologie, l'étude des espèces vivantes aurait repris le dessus, mais il 
n'en fut rien. Les grands travaux exécutés aux environs d'Anvers pro- 
curaient des facilités d'étudier le sol et les richesses qu'il contient, dont 
les naturalistes soucieux de ne point laisser perdre de pareilles occasions 
devaient s'empresser de profiter. On croyait le courant des études 
détourné temporairement de la malacologie pour se porter vers la géo- 
logie et la paléontologie. C'était une erreur. Un coup d'oeil jeté sur 
les volumes qu'il nous reste à analyser montre l'exactitude de notre 
appréciation. 

Le procès-verbal de la séance du 3 janvier 1875 contient des détails 
sur les préliminaires d'organisation de la Fédération. La Société royale de 
botanique de Belgique, sur la proposition de son Conseil administratif, 
repousse le projet, comme ne pouvant lui être utile. La Société paléonto- 
logique et archéologique de Charleroi et la Société belge de microscopie 
adhèrent au principe de la Fédération. La Société libre d'émulation de 
Liège informe que ses délégués se rendront à l'assemblée où seront discutés 
les statuts. 

Le Secrétaire annonce que la réunion des délégués est fixée au 10 jan- 
vier. M. le D r Crocq fait valoir les considérations qui militent en faveur 
du projet formé par la Société malacologique. L'assemblée désigne comme 
délégués de la Société auprès de la Fédération des sociétés scientifiques 
du pays, MM. Colbeau, Crocq, Denis, Dewalque et RofSaen. 

Le 7 février, diverses sociétés font part de la résolution qu'elles ont 
prise de s'abstenir au moins provisoirement de participer à la Fédération. 

M. Lefèvre fait remarquer que, daus son travail sur les Brachiopodes 
tertiaires de Belgique, M. Davidson (') a signalé comme présentant une 
grande analogie avec certaines espèces crétacées deux espèces de Bra- 

( l ) Voir séance du 5 septembre 1875. 



218 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

chiopodes provenant de l'assise landenienne de Chercq, près de Tournai, 
dont il ne s'est pas occupé spécialement, faute de données suffisantes 
sur l'âge du dépôt où elles ont été recueillies. L'une d'elles, une Térébra- 
tule, a été dédiée depuis à M. Ortlieb par feu Bayan ; l'autre, une Téré- 
bratuline, a été décrite par H. Nyst sous le nom de T. Woodi. 

M. Lefèvre donne à cette occasion, les renseignements suivants : Les 
deux Brachiopodes en question ont été trouvés, par M. Potier, dans le 
landenien inférieur, et non dans les dièves de la craie qui sont en dessons. 

M. Ortlieb, présent à l'excursion où ces fossiles ont été découverts, les 
considère comme ayant vécu à l'époque landenienne et comme bien en 
place dans le tuffeau. MM. Briart et Rutot, consultés par M. Lefèvre, 
croient plutôt à leur présence dans le landenien par suite d'un remanie- 
ment du terrain crétacé sous-jacent. 

M. Lefèvre parle ensuite du compte rendu publié par la Revue scienti- 
tiqxie des travaux de la section de géologie au congrès de l'Association 
française pour l'avancement des sciences, tenu à Lille en 1874. Entre 
autres excursions, les membres assistant à cette session se sont rendus à 
Cassel. De l'avis de plusieurs géologues français, la couche à Turritella 
édita de Cassel devrait peut-être prendre le nom de Zone d'Aeltre. 
M. Lefèvre ne peut que se rallier à cette opinion, qui permettrait de 
réserver exclusivement à la zone fossilifère supérieure du système 
ypresien des environs de Bruxelles la dénomination de Zone à Turri- 
telles qui lui a été imposée en 1874 par M. G. Vincent. Il fait remarquer 
ensuite que les sables verts sans fossiles, bruxelliens et laekeniens, qui 
semblent avoir raviné les couches sous-jacentes, ne forment pas une zone 
spéciale, mais sont le résultat d'une altération chimique, comme MM. De- 
walque et Van den Broeck l'ont démontré à la Société géologique de 
Belgique. Relativement à l'argile glauconifère, M. Lefèvre rectifie une 
erreur deM. Nyst, qui a considéré certaines espèces comme caractéristiques 
des horizons les plus élevés (') du laekenien supérieur de Jette et de 
Wemmel. Ces espèces, parmi lesquelles M. Lefèvre cite Cardium 
Edwardsi ( 2 ), Pecten Eoni, P. corneus, Tellina plagia ( 3 ), Turritella 
Irevis, ont été retrouvées par cet observateur dans la zone à Ditrupa 
strangulata et à Orbitolites complanata, qui forme la base du système 
laekenien. 

M. Lefèvre fait encore observer que l'on attribue à tort à M. Nyst l'iden- 
tification des fossiles de Cassel avec ceux de Jette et de Wemmel. M. Nyst 
les a rapportés aux sables du calcaire grossier et probablement au laeke- 

(') Devenus le système wemmelien. 
( 2 ) Cardium semigranulatum, 
(») Tellina filosa. 



MÉMOIRES 219 

m'en. Le parallélisme de l'argile glauconifère de Cassel et de la «zone 
supérieure de Weinmel » a été établi par MM. Vincent et Lefèvre. 

Colbeau rend compte de l'assemblée des délégués des sociétés ayant 
adbéré au principe de la Fédération. Neuf sociétés s'y trouvaient 
représentées. Le projet de statuts a été modifié dans quelques-unes de ses 
dispositions. Le cercle de la Fédération a été élargi en appelant à y 
entrer toutes les associations belges s'occupant de sciences naturelles et 
autres. Une seconde réunion, où seront convoqués les délégués de ces 
dernières, aura lieu vers Pâques. 

M. Lefèvre communique une note sur Une nouvelle espèce de la faune 
laehenienne supérieure ( l ), le Fusus conjunctus, découvert à Wemmel, 
dans les sables de Laeken ( 2 ) ou zone inférieure. 

M. Vincent annonce qu'il a découvert la valve droite du Pectennitididus 
qu'il a décrit d'après la valve gaucbe seulement. 

Le 7 mars, la question de la Fédération se trouve à l'ordre du jour. 
L'assemblée adhère définitivement à la Fédération proposée; elle maintient 
ses délégués et leur donne plein pouvoir pour la réunion suivante. 

Au procès-verbal de la séance du 4 avril, se trouve annoncé que l'abon- 
nement de l'État aux Annales de la Société est porté à 750 francs, afin de 
la mettre à même de poursuivre ses publications. 

M. Lefèvre montre un Ceratites nodosus, dont le dernier tour présente 
une anomalie qui paraît être le résultat d'un fort courant d'eau sur cette 
partie du fossile. 

M. Cornet parle de questions d'intérêt général à soumettre àla première 
session de la Fédération des sociétés scientifiques, notamment de la diffi- 
culté que l'on a de se procurer des travaux fort importants pour l'bistoire 
naturelle, par suite du tirage relativement restreint qui en a été fait. 

M. Cornet regrette que les mémoires de l'Académie soient tirés à part 
à si petit nombre. Un tirage plus considérable permettrait, en outre, d'en 
réduire le prix. Une nouvelle édition de certains travaux relatifs à la faune 
belge lui semble désirable. Les membres des sociétés fédérées devraient 
pouvoir se procurer à prix réduit les travaux de ces sociétés. 

D'autres questions sont aussi abordées dans cette séance : envoi de la 
collection complète des Annales à la Société géologique de Belgique ; 
nécessité d'assurer les collections, etc. 

Le 9 mai, Colbeau fait part des résolutions prises à la réunion des 
délégués des sociétés scientifiques qui s'est tenue le 2 mai. Douze sociétés 
étaient représentées à cette assemblée. Il a été décidé qu'une première 
session préparatoire de la Fédération aurait lieu cette année après les 

( 1 ) Wemmelienne. 

( 2 ) Dénommés aujourd'hui sables de Wemmel. 



220 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

vacances de septembre. Le choix de la ville où elle se tiendra a été laissé 
au bureau provisoire. 

M. Lefèvre annonce qu'il vient de rencontrer, à Laeken, le limon hes- 
bayen inférieur ou ergeron. 

Le 6 juin, le Secrétaire effectue le dépôt du tome I er des Traductions 
et Reproductions publiées par la Société. Le prix en est fixé, pour les 
membres, à 3 francs pour un premier exemplaire, à 4 francs pour les exem- 
plaires suivants et à 6 francs pour le public. 

M. Lefèvre lit une Note sur la présence de ï ergeron fossilifère dans les 
environs de Bruxelles. Après avoir cité les travaux de MM. Grégoire (*), 
J. Colbeau ( 2 ) et Bauwens ( 3 ), il jette un coup d'oeil sur la classification 
des couches quaternaires de la moyenne Belgique qui reposent aux envi- 
rons de Bruxelles, sur des dépôts tertiaires tels que le diestien, le 
laekenien, le bruxellien, le paniselien et même l'ypresien. Il expose les 
opinions de MM. Dewalque, Cornet, Briart et Houzeau et rappelle que 
Colbeau ( 4 ) a trouvé, à Dieghem, dans le limon supérieur, toute une 
petite faune. 

Le limon inférieur, qui fait le sujet de la communication de M. Lefèvre, 
a fourni en grande abondance Snccinea oMonga, Hélix hispida et Pupa 
muscorum. Il provient d'un puits creusé dans une briqueterie située entre 
la rue de la Cave et la voie ferrée de la ligne d'Alost. Il est gris, sableux, 
présente de minces lits de stratification ondulés et fait effervescence dans 
les acides. La teinte grisâtre est due à l'influence de dépôts tertiaires 
appartenant probablement au système ypresien. D'après les renseigne- 
ments obtenus par M. Lefèvre, le puits a atteint la profondeur de 
13 mètres. Il a traversé deux dépôts bien distincts : 9 mètres de limon 
supérieur et 4 mètres de limon inférieur. La surface du sol se trouve en ce 
point à la cote 28. M. Lefèvre s'occupe ensuite des détails relatifs à la 
faune du limon donnés par MM. Cornet et Briart dans les deux éditions de 
leur rapport sur les fouilles de Spiennes. Il ajoute que le Bulimus ventri- 
cosus cité par M. Mourlon comme accompagnant Succinea oblonga, etc., 
appartient à la faune méditerranéenne et n'a jamais été recueilli en Bel- 
gique. « Quoique l'on puisse, dans les environs de Bruxelles, rapporter à 
l'ergeron différentes couches quaternaires inférieures au limon « hes- 
bayen » , M. Lefèvre a voulu communiquer son observation à la Société, 
parce qu'il n'a ja:nais rencontré de dépôt semblable à celui qu'il vient de 
faire connaître. 

0) Annales, t. VI, 1871, p. 19. 

(2) Annales, t. II, 1866-1867, et t. VII, 1872, séance du 5 mai. 

( a ) Séance du 6 décembre 1874. 

(<) Séance du 5 mai 1872. 



MEMOIRES 221 

M. Dewalque fait remarquer, au sujet Je la note lue par M. Lefèvre, 
«que l'ergeron constitue la plus grande partie du limon besbayen des 
pays plats, par conséquent des environs de Bruxelles. L'échantillon pré- 
senté n'est pas un type, mais il renferme en mélange beaucoup d'argile, 
qui le colore en gris bleu et qui semble annoncer le voisinage de l'argile 
ypresienne » . 

M. Roffiaen donne une petite liste de mollusques recueillis par M. Hec- 
tor Roffiaen, à Gand, sur les bords de l'Escaut, dans les fossés, le long de 
la route de Destelberghe, et àWondelghem,sur les bords du canal de Ter- 
neuzen. 

Le Secrétaire montre, de la part de M. Seghers, quelques débris de fos- 
siles roulés, trouvés à Genck (Limbourg), dans le sable campinien, dans 
une tranchée près de la station. Ce sont des articulations de diverses 
Encrines, des débris d'Oursins, des Polypiers, des morceaux de 
Serpula (S. T7iieïensi?lSys,t), une Rbyncbonelle et un fragment d'Ammo- 
nite. « Il lui a paru que ces fossiles appartenaient au carbonifère, au 
jurassique et au crétacé, mais il y a lieu de les examiner plus attentive- 
ment, et peut-être même proviennent-ils tous du crétacé des environs de 
Maastricht » . 

M. Van den Broeck rend compte de l'excursion faite à Anvers par la 
Faculté des sciences de Lille, sous la direction de M. Gosselet. Les travaux 
du Kiel ont été visités de même que les environs de la porte de Borsbeek, 
les travaux des bassins et les talus de la citadelle du Nord à Austruweel. 
M. Van den Broeck a observé, en ce dernier point, dans le «cragrouge»( 1 ), 
une faune intéressante de foraminifères. Il a constaté la présence dans la 
vase de l'Escaut, à Austruweel, d'une faune extrêmement riche en forami- 
uifères vivants, qui contraste avec la pauvreté de celle des sables grossiers 
du littoral. La découverte la plus importante, dit M. Van den Broeck, est 
celle d'une faune riche et variée de foraminifères dans certaines couches de 
l'argile de Boom ou rupelienne de Tamise ( s ), et qui se rapporte à celle des 
argiles oligocènes des environs de Berlin. M. Van den Broeck promet de 
la décrire à la suite de son travail sur Anvers. Il explique le retard de la 
publication de ce dernier travail par la quantité de matériaux nouveaux 
qui sont venus s'ajouter aux données primitivement acquises et dont il 
aurait été regrettable de ne pas faire profiter le mémoire. M. Van den 
Broeck se propose également de porter de deux à six le nombre des planches 
qui l'accompagnent, et pour éviter de trop grandes dépenses à la Société, 
il interviendra dans les frais supplémentaires. 

M. Cornet annonce que les fouilles ne dureront plus longtemps dans le 

(') Sables à Trophon antiquum (Fusus contrarius). 
( 2 ) Il ne peut être question ici que de Steendorp. 



ii2 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

calcaire de Mons. Le nombre des espèces fossiles connues s'est presque 
doublé. Plusieurs Oursins, que M. Cotteau a reconnus comme étant des 
espèces à faciès crétacé, y ont été découverts. 

L'assemblée générale a lieu le 4 juillet. Le rapport de M. Dewalque, 
président, rend compte des travaux de la Société pendant l'année sociale 
1874-1875. Au mois de juillet 1874, la Société se composait de cent 
et onze membres effectifs. La mort en a enlevé deux. Un troisième a 
donné sa démission. Quatorze membres nouveaux ont été élus, de sorte 
que le nombre des membres effectifs est actuellement de cent et vingt- 
deux. 

M. Issel a été élu membre correspondant. MM. Davidson, D. Forbes et 
Michaux ont été élus membres honoraires. Plus de vingt sociétés sont 
entrées, cette année, en relations d'échange de publications avec nous. 
M. Dewalque donne, en outre, des détails sur les relations de la Société 
malacologique avec d'autres sociétés similaires, sur les concours ouverts 
aux expositions par les sections scientifiques, sur les voyages des membres 
de la Société, etc. 

On trouve ensuite un chapitre pour les séances, pour les collections, 
pour la bibliothèque, dont le service devient très laborieux et pour laquelle 
il faudra probablement instituer une commission et nommer un conser- 
vateur, enfin, pour l'album, qui renferme cent et deux portraits. 

Au chapitre des publications, on voit que « le tome IX des Annales 
est achevé, sauf les planches et le mémoire que MM. Van den Broeck 
et Miller nous ont promis et pour lequel l'abondance des nouveaux 
matériaux a nécessité un retard » . La partie qui a paru sera envoyée aux 
membres qui en adresseront la demande au Secrétariat. L'impression du 
tome Xest commencée. Le volume de 1876 sera le onzième. Il commen- 
cera une nouvelle série pour laquelle uu changement de caractères et de 
justification diminuera les frais d'impression tout en permettant 
d'imprimer plus de texte sur une feuille de même format. Enfin, le pre- 
mier volume de la série des traductions est publié, aiusi que deux 
mémoires qui font partie du second volume. 

Au chapitre des Finances, M. Dewalque mentionne l'augmentation de 
l'abonnement de l'État à nos Annales, porté de 450 francs à 750 francs. 
Le budget prévoyait un déficit de fr. 539.62, mais les sommes allouées 
pour certains articles ont dû être dépassées, notamment celle qui était 
destinée à l'impression du tome IX. L'augmentation du subside permet de 
clôturer avec un déficit qui dépasse de bien peu la somme prévue. Il faut 
toutefois remarquer que la plus grande partie des frais occasionnés par 
la publication du volume de traductions ne sera imputée que sur le budget 
suivant. La situation financière est donc loin d'être prospère. Il faut 



MÉMOIRES 223 

songer à rétablir l'équilibre du budget. Ou pourrait tirer meilleur parti de 
la vente des Annales; mais, pour le moment, il n'y a pas d'autre res- 
source que d'augmenter la cotisation. 

M. Dewalque termine son rapport par quelques considérations sur la 
Fédération des sociétés scientifiques de Belgique. Il en retrace l'historique 
et coûstate que « la Fédération est appelée à réunir toutes les sociétés 
savantes du pays, dans le sens le plus étendu, à l'exception des deux aca- 
démies, qui, notamment par leur organisation, occupent un rang à part» . 

C'est avec regret qu'il ajoute « que l'appel du bureau provisoire n'a 
pas bien été entendu partout. Si les sociétés médicales ou pharmaceu- 
tiques se montrent, en général, favorables au projet de fédération, il n'en 
est pas de même pour les sociétés historiques ou littéraires, qui, jusqu'à 
présent, se tiennent généralement sur la réserve » . 

M. Dewalque trouve la raison de cette indifférence « surtout dans la 
connaissance imparfaite que l'on a de notre but, malgré des circulaires 
bien explicites ». Lui-même n'y était pas très favorable dans le 
principe. Il a changé d'avis depuis. Bien des personnes disent qu'elles 
n'hésiteraient pas si nous avions organisé une Association pour l'avance- 
ment des sciences, mais en définitive « notre Fédération n'est absolument 
autre chose qu'une Association pour l'avancement des sciences, avec cet 
avantage qu'elle est orgauisée par des sociétés et non par des individus » . 
C'est un avantage qui garantit plus de stabilité et qui permet « d'inscrire 
en tête de nos réunions le compte rendu des travaux de chaque société 
fédérée pendant l'année écoulée. De la sorte, la Fédération publiera 
chaque année un compte rendu de plus en plus complet du mouvement 
des idées scientifiques dans le pays ». L'article 1 er des statuts fait bien 
ressortir toute l'influence que la nouvelle institution est appelée à exercer 
sur la diffusion de la science en Belgique. 

Le Trésorier expose les comptes de la Société pour l'exercice 1874- 
1875 s'élevant, en recetîes à la somme de fr. 3,137.38, et en dépenses 
à la somme de 2,970.21. Il présente ensuite le projet de budget pour 
l'exercice 1875-1876, prévoyant en recettes fr. 3,937.72, et en dépenses 
fr. 4,256. 

Dans la discussion de ce projet, Colbeau propose de changer le carac- 
tère d'impression des Annales h partir du tome XI, qui commence une 
nouvelle série. D'après ses calculs, il en résultera une économie de plu- 
sieurs centaines de francs. 

L'assemblée s'en réfère à la décision que le Conseil prendra à cet 
égard. 

Colbeau propose encore « de ne plus reproduire les procès-verbaux 
mensuels sous le titre de Bulletins des séances, dans les volumes 



224 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

à' Annales. Les procès-verbaux distribués mensuellement les remplace- 
raient dans chaque volume; l'économie, de ce chef, serait encore, pense- 
t— il, de plusieurs centaines de francs ». L'assemblée renvoie l'étude de 
la question au Conseil, en le chargeant de présenter ses conclusions k 
l'assemblée mensuelle de novembre, qui pourra décider ('). 

M. Dewalque demande que l'on porte au budget une certaine somme 
pour l'entretien de la bibliothèque et des collections. Cette proposition 
est adoptée. 

La cotisation pour l'année sociale 1875-1876 est ensuite élevée à 
20 francs. 

Par suite de la majoration de la cotisation et du poste joint aux 
dépenses pour la bibliothèque et les collections, le budget se trouve 
porté en recettes et en dépenses à la somme de fr. 4,552.72. Après dis- 
cussion, ce projet est adopté à l'unanimité. 

Sur la proposition de Colbeau, l'excursion annuelle de la Société aura 
lieu à Namur, le 1 er août, et la séance mensuelle s'y tiendra à cette 
date. 

Les élections terminent la séance. M. Crocq est élu président pour les 
années 1875-1876 et 1876-1877. 

MM. Colbeau, Roffiaen et Denis sont élus membres du Conseil, et 
MM. de Bullemont, Seghers et Lefèvre membres de la commission des 
comptes. 

Le procès-verbal de la séance du 1 er août donne la composition du 
Conseil, qui est constitué de la manière suivante : Président, M. Crocq; 
vice-président, M. Roffiaen; secrétaire, J. Colbeau; trésorier, M. Fologne; 
bibliothécaire, M. Van den Broeck; membres, MM. Denis et Weyers. 

La séance du 1 er août se tient à Namur, sous la présidence de M. Ber- 
chem. 

M. Houzeau voudrait voir joindre, aux circulaires annonçant nos 
excursions, la liste des ouvrages relatifs aux contrées à explorer, comme 
le fait la Société géologique de France. 

A l'ordre du jour, se trouvent les questions relatives à la Fédération 
des sociétés scientifiques. La Société malacologique, ayant été priée de 
faire savoir si elle pourrait organiser l'un des prochains congrès, est 
d'avis que la première session doit avoir lieu dans une ville autre que 
Bruxelles, afin d'éviter toute apparence de centralisation. Cependant, s'il 
n'eu peut être autrement, elle se chargera de l'organisation de la ses- 
sion provisoire de cette année ou de l'une des sessions de 1876 ou 
de 1877. 

(•) Voir séance du 5 décembre. 



MÉMOIRES 225 

Diverses questions sont ensuite proposées par M. Van den Broeck et par 
M. Plateau pour être soumises aux délibérations de la première session 
de la Fédération. On décide qu'elles resteront à l'ordre du jour de la 
prochaine séance de la Société. 

M. Malaise fait une communication Sur quelques fossiles du diluvium. 
Il annonce la découverte due à M. Nagant d'une Nérinée jurassique 
silicifiée dans le dépôt caillouteux du Vossen-Berg (Rothem), en Cam- 
pine. M. Malaise a vu jadis des Ammonites silicifiées dans le diluvium 
d'Aix-la-Chapelle et il y a deux ans, un polypier du genre Isastrea dans 
le diluvium de la terrasse moyenne de Jambes-lez-Namur. Le jour même 
de la séance, il a trouvé avec J. Colbeau, dans ce dernier dépôt, des 
fossiles d'origine jurassique, comme tous les précédents. Tout ce qui 
a rapport au gisement et à l'origine des fossiles quaternaires pourra 
fournir plus tard des indications sur la direction des courants qui ont 
produit ces dépôts. 

Le Secrétaire fait connaître, au nom de M. Roffiaen, quelques espèces à 
ajouter à celles qu'il a citées le 6 juin. Elles ont été recueillies, comme les 
précédentes, par M. Hector Roffiaen et proviennent de Gandmême; des 
bords de l'Escaut, dans cette ville ; des bords du canal de raccordement 
entre le canal de Bruxelles et le canal de Terneuzen à Gand ; enfin du 
bois de Melle, près de Gand. M. Roffiaen signale parmi ces espèces Physa 
acuta, Cyclas solida, peu répandues ou plus ou moins localisées en 
Belgique, et Clausilia nigricans, nouvelle pour la faune de la basse 
Belgique. 

M. Van den Broeck montre plusieurs belles préparations de Foramini- 
fères du carbonifère de Belgique, trouvés par M. Brady, dans des matériaux 
qu'il lui a envoyés. Ce sont : Endothym crassa, Brady; Vahulina Palœo- 
trocJws, Ehreinb.; Textularia gibbosa, d'Orb.; Saccamina Carteri, Brady, 
du calcaire de Visé, et Nummulina pristina, Brady, du calcaire de 
Namur. Toutes sont nouvelles pour le pays. 

Le 5 septembre, le Secrétaire communique les renseignements qu'il a pu 
se procurer sur l'incendie qui a dévasté la salle des séances de la Société, 
le 29 août précédent. Le mobilier est presque perdu; la bibliothèque a 
souffert, ainsi que les collections. Il y a lieu d'espérer que des arrange- 
ments seront pris à l'amiable avec la Société royale de zoologie pour que 
la Société malacologique rentre dans la plus grande partie de ses 
pertes. L'assemblée vote des remerciements aux personnes qui ont 
contribué à éteindre l'incendie et décide qu'une lettre sera adressée à 
celles qui se sont particulièrement dévouées lors du sauvetage de la 
bibliothèque. 
M. Tournouër adresse les observations suivantes à l'occasion de la publi- 

1880 15 



226 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

cation par la Société du mémoire de M. Davidson sur les Brachiopodes 
tertiaires de la Belgique : 

1° 11 a reçu de M. de Bouille communication d'une espèce nummuli- 
tique de Crama voisine de G. Adani, mais qui s'en distingue cependant 
par divers caractères bien tranchés. Il a donné à cette espèce, qui provient 
de la zone à Eupatagus ornatus du Port-des-Pêcheurs, à Biarritz, le nom 
de Cranta Btarritzensis. Elle prend sa place stratigraphique entre la 
Cranta eocœnica, de Raincourt, nouvellement découverte dans le calcaire 
grossier de Chauny (éocène parisien) et la Cranta abnormis, Defr., du 
calcaire à Astéries (tongrien ou oligocène moyen de Bordeaux). 

2° Il possède encore une valve inférieure de Cranie provenant des faluns 
de Saint-Paul de Dax (couches supérieures de l'étage des faluns de Bazas 
ou étage aquitanien de M. Mayer). M. Tournouër lui a donné le nom de 
C. Aquitanensis . 

3° Il a reçu des faluns de l'Anjou et du falun synchronique des environs 
de Rennes en Bretagne, une petite Rhynchonelle qui semble commune 
dans ces dépôts, riches d'ailleurs en Tereiratula grandis? {T. perforata, 
Defr.), TJiecidea testtidinaria et Argiope Napolitana. Il l'avait inscrite 
sous le nom de Rhjnchonella miocenica, mais il est d'accord avec 
M. Dollfus, qui l'a trouvée récemment dans le miocène du Cotentin, pour 
la rapporter, provisoirement du moins, à la Rhynchondla Nysti, du « crag 
de Belgique», dont M. Davidson vient de publier la description. 

Enfin, une Rhynchonelle est signalée par M. Bleicher dans le terrain 
miocène supérieur de la province d'Oran, en Algérie. 

M. Lefèvre annonce ensuite que M. Tournouër se propose d'adresser à 
la Société malacologique une communication plus détaillée sur le même 
sujet; il pourra envoyer aussi quelques monographies de genres des 
faluns de la Touraine. 

M. Lefèvre donne lecture d'une lettre de M. Davidson, dans laquelle le 
savant paléontologiste exprime sa satisfaction de ce que l'attention ait été 
attirée sur l'âge du dépôt de Chercq, près Tournai ('), où ont été décou- 
vertes la T. Woodi et la Térébratuline que M. Nyst lui a communiquées. 
Suivant toutes probabilités elles proviennent de l'assise landenienne. 
Dans son mémoire, M. Davidson n'a pu que marquer l'incertitude qu'il 
éprouvait sur cette question. 

M.Thielens appelle l'attention sur les avantages que la Société retirerait 
d'une exposition de Mollusques. Cette question est reportée à l'ordre du 
jour de la séance suivante ( 2 ). 

(») Séance du 7 février 1875. 

( 2 ) La proposition de M. Thielens fut ajournée. Elle fut reprise le 2 juin 1878 par 
M. Van den Broeck et développée à l'assemblée générale du 7 juillet de la même année. 



MEMOIRES 227 

A la séance du 3 octobre, M. Desguin informe l'assemblée qu'il n'a pas 
eu l'occasion de mettre la Société en relation avec les sociétés scientifiques 
du Portugal. Il a recueilli un certain nombre de coquilles qu'il a remises 
à M. Nyst, conservateur au musée royal d'histoire naturelle. Un tiers de 
ses récoltes sera réservé pour la Société malacologique. 

L'assemblée, remerciant M. Desguin, lui continue sa délégation auprès 
des sociétés scientifiques du Portugal. 

A la demande de M. Van den Broeck, la Société proposera à la Fédéra- 
tion de faire les démarches nécessaires pour que la Bibliothèque royale de 
Bruxelles soit ouverte le soir. 

M. Roffiaen montre diverses coquilles recueillies au mois de septembre 
par M. Hector Roffiaen, à Waulsort, près de Dinant. « Parmi elles, se 
trouve un exemplaire sénestre de Hélix Hispida, L., anomalie qui n'a 
pas encore été observée en Belgique pour cette espèce. Il s'y trouve aussi 
quelques individus de cette même Hélice, recueillis morts, parsemés de 
perforations et recouverts d'un encroûtement : ils semblent provenir d'un 
dépôt de tuf, mais il ne sait s'il existe en cet endroit des dépôts de cette 
nature. » 

M. Collinlit une note intitulée : Observations malacologiques faites 
dans une partie des Vosges, en complément à la note du 4 et février 487 A. 
M. Collin a trouvé quelques espèces qu'il n'a pas rencontrées dans son 
premier voyage, mais qui sont mentionnées dans l'ouvrage de Puton. 
Ses observations ont surtout porté sur les mœurs des mollusques. La liste 
qu'il donne est accompagnée de remarques sur l'altitude à laquelle on ren- 
contre les Zonites et certaines espèces d'Hélix et de Clausilies. Notons 
encore les observations ou découvertes relatives aux espèces suivantes : 
Vitrina diaphana, recueillie dans les prairies, à Bussang,est nouvelle pour 
la faune des Vosges ; Succinea putris, dont un exemplaire avec animal 
d'un beau rouge carmin ; Hélix nemoralis a disparu des localités où pré- 
cédemment elle était aussi commune que YHelix liortensis; une Hélix 
hortensis a le test strié aussi profondément que chez YHelix austriaca; 
Clausilia parvula citée par Puton n'a pu être retrouvée; Clausilia Rol- 
pliii, Gray , trouvée à Neuf-Bois-Saint-Maurice, est nouvelle pour la faune 
des Vosges ; PlanorMs alhis a disparu du lac de Sternsee Limnea limosa 
qui présente cette particularité que les exemplaires de l'Alsace diffèrent 
de ceux des affluents de la Moselle; Limnea peregr a, Drap., var. Lillipu- 
tiana, .T. Colb., a disparu des auges sur les Ewaux et s'y trouve rempla- 
cée par L. Truncatîda. 

M. Collin donne ensuite une liste des coquilles récoltées à Plombières et 
à Frizon, localités non citées par Puton et dont la première fait encore 
partie de la région granitique, tandis que la seconde est déjà comprise 



228 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

dans la région calcaire. Il fait remarquer, à ce propos, que XHelix 
pomatia, recueillie à Frizon, est plus trochoïde que les exemplaires de la 
région granitique. 

A la séance du 7 novembre, le Président informe la Société de la mort 
de M. Deshayes, membre honoraire, décédé le 9 juin, et de celle de 
M. C. Van Volxem, membre effectif, décédé le 21 octobre 1875. Il 
exprime tous les regrets que leur perte laissera parmi les membres de la 
Société. 

L'assemblée reçoit ensuite communication des négociations entamées 
avec la Société royale de zoologie relativement à l'incendie de la salle des 
séances, désastre qui s'est produit immédiatement après le dépôt dans 
cette salle de 125 kilogrammes de poudre destinée à un feu d'artifice. 

La question du nouveau local n'étant pas encore décidée, le Président 
s'est adressé à l'Université de Bruxelles, qui mettra à notre disposition la 
salle académique pour la réunion du congrès de la Fédération des sociétés 
scientifiques, de l'organisation duquel la Société malacologique a été 
invitée à se charger. 

M. Van den Broeck donne lecture d'une Note sur la présence de l'argile 
oligocène sous les salles pliocènes (*) du Kiel, près d'Anvers. M. Van den 
Broeck fait remarquer que le Kiel est le seul point des environs d'Anvers 
où l'on ait rencontré des sables contenant une faune que l'on croyait 
caractéristique des sables d'Edeghem, et il ajoute que ces sables se pro- 
longent cependant jusque sur l'autre rive de l'Escaut, à Burght, où leur 
présence a été signalée par M. Mourlon. 

M. Van den Broeck a réuni, dans un travail sur la géologie d'Anvers ( 2 ), 
sous le nom de Zone à Panopœa Menardi, les sables d'Edeghem et ceux du 
Kiel, qu'il range dans sa division des Sables inférieurs d'Anvers. Il a cons- 
taté que ces sables reposent, au Kiel comme à Edeghem, sur l'argile de 
Boom. Au fond du fossé, on voit affleurer un banc de Septaria dont la sur- 
face est corrodée, usée et perforée par l'action combinée des eaux et des 
mollusques lithophages.«Des Pholades, d'une espèce encore indéterminée, 
croyons-nous, occupaient, dit-il, certaines cavités de la pierre et s'y 
trouvaient parfaitement en place avec leurs valves réunies ; des Saxicaves 
et d'autres mollusques encore les accompagnaient. » M. Van den Broeck 
rappelle que MM. Dewalque et Nyst ont constaté la présence de mollusques 
perforants identiques à ceux du Kiel et dans les mêmes conditions à 
Edeghem. Au Kiel, « à la base des sables à Panopées devenus très argi- 

(') L'âge des sables à Panopœa Menardi, a été très discuté. Ils sont actuellement 
regardés comme miocènes. 

( 2 ) Dans l'Esquisse géologique et paléontologigue des environs d'Anvers, publiée en 
1876-1878. 



MÉMOIRES 229 

leux, s'observaient de petits cailloux et une grande abondance de graviers 
noirs ». Selon M.. Cogels, qui faisait des observations identiques à 
celles de MM. Rutot et Van den Broeck en même temps que ces géologues, 
« on trouverait aussi dans l'argile de Boom des perforations, probablement 
dues à des annélides et se montrant remplies du sable glauconieux noi- 
râtre à Panopées » . 

Suivant M. Van den Broeck, « il résulte des observations qui précèdent 
qu'une lacune dans la sédimentation sépare l'argile de Boom des sables 
pliocènes (') qui reposent au-dessus. C'est cette lacune qui représente en 
Belgique toute la durée de la période miocène proprement dite (ou du 
miocène supérieur de certains auteurs) j. M. Van den Broeck voit, dans 
toutes les particularités du contact des sables à Panopées et de l'argile 
oligocène, une preuve du « retour des eaux coïncidant avec le commence- 
ment de la période pliocène ». La dépression du sol, « faible d'abord, ainsi 
que le démontre la présenca des Annélides et celle des Pbolades, mol- 
lusques exclusivement littoraux, s'accentua ensuite et permit aux sables 
inférieurs d'Anvers de se déposer dans une profondeur que le faciès de la 
faune indique avoir été de 50 à 1 00 mètres environ » . 

Après une discussion à laquelle prennent part MM. Crocq, Denis, 
Bauwens, Cornet, De la Fontaine, Van den Broeck et Colbeau, l'assemblée 
adopte une proposition tendant à demander « à la Fédération de faire les 
démarches nécessaires pour obtenir que tous les établissements publics 
scientifiques soient ouverts aux heures les plus convenables pour le public 
scientifique, et spécialement que les bibliothèques et musées de l'État 
soient ouverts le soir aux travailleurs » . 

Le procès-verbal de la séance du 5 décembre fournit des renseignements 
sur les négociations entamées avec la Société royale de zoologie relati- 
vement à l'incendie de la salle des séances. Il donne aussi quelques 
détails sur la session provisoire de la Fédération des sociétés scientifiques 
qui s'est tenue à Bruxelles le 28 novembre. Les sociétés présentes ont 
unanimement désigné la Société malacologique pour organiser le congrès 
de 1876. Le président fait appel au concours de tous pour aider à la 
bonne organisation de ce congrès. 

A la suite du Bulletin des séances, figurent, à titre d'annexés, divers 
documents non insérés dans les procès-verbaux. On trouve d'abord 
la seconde partie, consacrée à la France, du Voyage en Italie et en 
France, mai-juin 487a, par Armand Thielens, dont la première partie est 
insérée à la suite du Bulletin des séances de l'année 1874; puis des 
Notes sur une excursion scientifique en, Suisse, — août- septembre 4875, — 

(') Voir la note 1 de la page précédente. 



230 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

rapport présenté à la Société malacologique de Belgique par Ernest Van 
den Broeck. 

Nous jetterons un rapide coup d'oeil sur l'un et l'autre travail. 

M. Thielens décrit en premier lieu les collections de M. Fr. Lacroix, 
pharmacien à Mâcon, relatives à cette ville et à ses environs. Il énumère, à 
cette occasion, les couches géologiques de la région. Dans la notice 
consacrée à la partie conchyliologique, il insère la liste des Mollusques 
terrestres et Jluviatiles des environs de Mâcon, s'élevant à cinquante- 
deux espèces. On y remarque la mention d'une Hélix pomatia, sénestre. Il 
termine par des renseignements sur la partie minéralogique de la col- 
lection, sur l'herbier, sur les autographes des botanistes recueillis par 
M. Lacroix, puis sur les collections archéologiques et numismatiques de 
M. Lacroix, père. 

M. Thielens dit ensuite quelques mots d'une excursion qu'il a faite à 
Solutré et passe à la description du Musée d'histoire naturelle de Mâcon. 
M. Arcelin, bien connu par ses travaux sur les fouilles de Solutré, en 
est le directeur ; aussi les antiquités préhistoriques forment-elles l'une 
des séries les plus complètes du Musée. Celui-ci s'est enrichi, depuis le 
voyage de M. Thielens, d'une précieuse collection de coquilles formée par 
le capitaine Michaud et dont il sera encore question plus loin. 

A Villefranche, M. Thielens visite les collections botaniques de 
M. Ad. Méhu, dont l'herbier mérite une mention spéciale. Il se compose 
de 300 énormes cartons, renfermant 10,000 espèces représentées à peu 
près par 120,000 échantillons. 

La description du Muséum d'histoire naturelle de Lyon vient ensuite. 
M. Thielens esquisse l'histoire de cet établissement qui se trouve au Palais 
des Arts et consacre au Muséum même une longue notice. Il passe 
successivement en revue les collections de minéralogie, — de roches, — 
de géologie et de paléontologie, à propos desquelles il donne le tableau 
adopté pour la classification des terrains tertiaires dans les galeries du 
Muséum, — puis les collections préhistoriques, — celles de conchylio- 
logie et de zoologie. 

Il termine par la mention des collections du capitaine Michaud, dont la 
plus importante a été donnée au Muséum d'histoire naturelle en 1866 et 
dont la seconde, formée des doubles delà collection précédente, a été offerte 
à l'Académie de Mâcon avec tout ce que M. Michaud a pu se procurer 
depuis cette époque. 

Pour les collections de Paris, M. Thielens se borne à la description 
de celles qu'il a visitées à son retour d'Italie et qui sont au nombre de 
deux. 

Dans celle de l'École des mines, nous remarquons, au point de vue 



MEMOIRES 231 

spécial de la Belgique, des fossiles décrits par M. de Koninck dans son 
premier travail et des fossiles du tourtia provenant du comte Duchastel, 
qui les avait envoyés à Deshayes. Toute la collection de l'École des 
mines est classée zoologiquement c'est-à-dire sans avoir égard à l'âge 
des fossiles. Le nombre des tiroirs est approximativement de 2,000 et, 
comme il faut tenir compte des échantillons exposés dans les vitrines, on 
n'exagérera pas en évaluant le nombre des fossiles réunis à un million 
d'exemplaires. 

La collection de M. André Eck attire spécialement l'attention de 
M. Thielens, qui cite les divers terrains dont ce géologue a réuni la 
faune. Ce sont : le Conglomérat de Cernay, terrain nouveau signalé par 
M. Eck et M. Aumônier, et qui est postérieur aux sables de Bracheux ou 
de Châlons-sur-Vesle, mais antérieur à la partie supérieure des marnes 
lacustres supérieures — puis les marnes lacustres de Rilly-la-3fontagne, 
— les sables de Bracheux, — les argiles plastiques, — les terrains de 
Sinceny, — les sables de Cuise — la glauconie de la Montagne de Reims, — 
le calcaire grossier, — les sables de Beauchamps, — le calcaire lacustre de 
Cramant, près d'Épernay, — le calcaire de Saint-Ouen, — le calcaire de 
Ludes, — le calcaire pisolitMque du mont Aimé. 

M. Thielens énumère ensuite les séries de fossiles animaux et végétaux 
et celles de roches possédées par M. Eck, et termine ses notes de voyage 
parla description succincte de la collection de M. J.Ortlieb, de Croix, près 
Roubaix. 

Dans cette dernière M. Thielens signale d'abord <i une collection de 
coquilles vivantes classée par faune (faune des plages sableuses de la mer 
du Nord, faune des plages sableuses de l'Océan, faune des plages sableuses 
de la Méditerranée, faune vivant sur des fonds vaseux, faune des côtes 
rocheuses, etc., etc.) » , puis les collections de fossiles. Parmi celles-ci, on 
remarque une collection de fossiles du bassin anglo-flamand, principal 
objet des études de M. Ortlieb depuis plus de dix ans. M. Ortlieb a réuni 
aussi les roches et les minéraux de la région étudiée par lui, ainsi que les 
fossiles tertiaires mentionnés dans le compte rendu d'une excursion dans 
le Limbourg (') et ceux des bassins de la Seine, de la Loire et de la 
Gironde, à titre de comparaison. Il possède encore deux cents échantillons 
de sables appartenant au bassin tertiaire belge, une collection spéciale de 
roches de l'Alsace et une importante collection de modèles de cristaux. 

Un autre travail, également consacré à des souvenirs de voyage, est 
inséré à la suite de celui de M. Thielens. Il est intitulé : Notes sur une 
excursion scientifique en Suisse — août- septembre 1875. — Rapport pré- 

(') Annales de la Société malacologique, tome VIII, 1873. 



232 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

sente à la Société malacologique de Belgique par Ernest Van den Broeck 
— Séance du 5 décembre 1815. M. Van den Broeck y donne la relation 
détaillée du voyage des membres du groupe belge de la Société géologique 
de France qui se sont rendus à la session de Genève et de Chamonix. Il 
s'attache surtout à traduire les impressions qu'il a ressenties en présence 
du caractère grandiose de la nature en Suisse, et, laissant au compte rendu 
officiel le soin de faire connaître les résultats purement scientifiques des 
séances, il préfère esquisser la physionomie toute spéciale et si attrayante 
qui a caractérisé la session de 1875. 

Après avoir rappelé les travaux du comité d'organisation et payé un 
juste tribut de reconnaissance à ses membres, ainsi qu'aux géologues 
suisses, pour l'accueil cordial que les géologues étrangers ont rencontré 
auprès d'eux, M. Van den Broeck passe en revue les principaux sujets 
d'étude qui s'offrent aux voyageurs. En première ligne, il cite les glaciers 
avec les phénomènes qui les accompagnent; puis les formations, telles 
que l'oxfordien, le corallien, etc., etc., qui manquent en Belgique, ou 
bien qui sont représentées en Suisse par des roches devant au méta- 
morphisme un faciès différent de celui qu'elles présentent chez nous. 
Tous ces phénomènes sont, pour M. Van den Broeck, l'occasion 
d'observations intéressantes, mais consacrées presque exclusivement, cela 
se conçoit, au caractère lithologique des roches. De semblables terrains 
ne peuvent donner lieu à des observations paléontologiques fréquentes. 
Un seul gisement a fourni des fossiles en abondance aux explorateurs, 
c'est le gisement classique de la Perte-du -Rhône à sept ou huit lieues de 
Genève. 

Nous notons ensuite des détails sur la Société suisse de paléontologie 
et sur ses publications, sur la formation connue sous le nom de Flysch, 
parfois épaisse de 2,000 mètres et contenant des empreintes rapportées 
à des plantes marines, enfin sur le banc à Orbitolina de la Perte- 
du-Rhône. Ces fossiles désignés à tort, suivant la remarque de M. Van 
den Broeck, sous le nom d' Orbitolites sur la carte-programme distribuée 
aux excursionnistes, lui fournissent l'occasion de passer rapidement en 
revue ce que Deluc, Rutimeyer, Kauffmann, Heer, Rupert Jones, Kubler 
et Zwingli ont écrit sur les Foraminifères suisses. 

Abordant alors l'objet principal de son rapport, M. Van den Broeck 
retrace les étapes parcourues par le groupe belge depuis Berne jusqu'à 
Genève, par Fribourg et Lausanne. Il rappelle les principaux épisodes 
des excursions faites aux Voirons et au Salève,les curiosités de la science 
et de l'industrie vues à Genève et à Bellegarde et les érosions de la Val- 
serine, près de cette dernière localité; il décrit les sites de Bellegarde et de 
la Perte-du-Rhône, et cite les quarante-six espèces qu'il en a rapportées 



MÉMOIRES 233 

et dont trente s'observent également dans le gault de Folkestone. 
Après avoir donné d'intéressants détails comparatifs sur ces deux 
formations, il rend compte de l'excursion de la Société géologique 
à Chamonix. Il décrit l'itinéraire suivi par la Société géologique, 
relate les excursions au Brévent et au Montanvert, note les espèces 
trouvées par-ci par-là le long de la route et renvoie pour tout ce qui con- 
cerne la faune malacologique de la vallée, aux travaux de M. V. Payot. 
De Chamonix, les excursionnistes vont à Vernayaz et recueillent quelques 
beaux échantillons minéralogiques. Ils observent avec intérêt des roches 
éocènes curieusement contournées et élevées à une altitude qui contraste 
avec l'allure de ces formations en Belgique, où elles ne se sont pas 
élevées au delà d'une centaine de mètres au-dessus du niveau de la 
mer. 

A Martigny, une séance d'adieu réunit les membres de la session. 
M. Van den Broeck ne cesse toutefois pas à ce moment la relation de son 
voyage. Il nous montre le groupe des géologues belges remontant la 
vallée du Rhône, explorant la vallée de la Dala, faisant l'ascension de la 
Gemmi, puis il parle du lac de Daube, de la vallée de Schwartzbach 
explorée à la hâte, et décrit la route qui mène à Interlaken par Kander- 
steg, Spietz et le lac de Thoune. Les voyageurs se rendent ensuite à 
Meyringen, et de là à Lucerne, par la route du Brunig. Les musées visités 
au retour ne font pas l'objet d'un rapport spécial de la part de M. Van 
den Broeck, qui s'est plutôt attaché au côté pittoresque du voyage. Au 
point de vue scientifique, M. Van den Broeck introduit dans une liste des 
mollusques vivants recueillis pendant l'excursion, les observations mala- 
cologiques qu'il lui a été donné de faire. Cette liste comprend cinquante 
espèces et quatre variétés. On remarque, parmi ces dernières, Hélix 
arbustorun, L., var. trochoidalis , décrite par M. Roffiaen (') d'après des 
exemplaires recueillis à Andeer et que M. Van den Broeck a retrouvée au 
Prarion, au-dessus de la vallée de Chamonix, et la vox.flavescens, Moq., 
icterica, Roffiaen , recueillie à Louèches-les-Bains, au passage de la Gemmi 
et dans la vallée du Schwartzbach. 

Un bulletin bibliographique très étendu, une énumération des dons 
reçus pendant l'année 1875 comprenant environ 400 espèces représen- 
tées par plus de 1,300 échantillons et les listes des membres terminent le 
tome X des Annales. On trouve dans ces dernières les noms de 11 mem- 
bres honoraires, de 34 correspondants, de 106 membres effectifs et ceux 
de 2 membres décédés, Deshayes, membre honoraire depuis l'année 1867, 
et Camille Van Volxem, membre effectif reçu en 1868. Les membres 
démissionnaires ou considérés comme tels sont au nombre de huit. 



(') Annales, t. III, 1868, p. 69. 



234 SOCIÉTÉ MALAGOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Le recueil des Mémoires contient les travaux suivants : 

I. Note sur quelques fossiles recueillis dans le diluvium des environs 
de Ton grès, par A. Rutot, ingénieur au chemin de fer de l'État. — Avec 
une planche. (Séance du 7 février 1875.) 

II. Deux anomalies de coquilles marines (Strombus luhuanus, L., et 
Turbinella napus, Lk.), par Jules De la Fontaine. — Avec une planche. 
(Séance du 7 mars 1875.) 

III. Note sur la faune bruxellienne des environs de Bruxelles, par 
G. Vincent. (Séance du 7 mars 1875.) 

IV. Note sur les alluvions de la Trouille dans les environs de Mons, 
par A. Houzeau de Lehaie. (Séance du 4 avril 1875.) 

V. Qu'est-ce qu'un Brachiopode? par Th. Davidson, F. R. S., F. G. S., 
V. P. P. S., Mémoire inédit traduit de l'anglais, par Th. Lefèvre. — 
Avec un grand tableau et quatre planches. (Séance du 9 mai 1875.) 

VI. Note sur quelques Scalaires éocènes des environs de Bruxelles, par 
G. Vincent. — Avec une planche. (Séance du 5 septembre 1875.) 

VII. Excursion de la Société malacologique de Belgique à Namur, 
{mollusques vivants), par F. Plateau. (Séance du 3 octobre 1875.) 

VIII. Relation au point de vue palèontologique de l'excursion entre- 
prise les 1 er et 2 août 1875, aux environs de Namur, par les membres de 
la Société malacologique, par A. Rutot. (Séance du 3 octobre 1875.) 

IX. Notice sur les sables inférieurs du Soissonnais et sur leurs équi- 
valents, par A. Watelet. — Avec une planche. (Séance du 3 octobre 1875.) 

X. Notes sur trois coquilles fossiles du terrain laekenien des environs 
de Bruxelles. (Pecten nilidulus, G.Vincent, Pleurotoma Heberti, Nvst et 
Le Hon, Triton fusiforme, G. Vincent) ( , ), par G. Vincent. — Avec une 
planche. (Séances du 7 mars et du 3 octobre 1875.) 

Tome XL — Année 1876. 

Dans la correspondance lue à la séance du 9 janvier, se trouvent 
mentionnées deux lettres, l'une informant la Société que le conseil général 
delà Société royale de zoologie de Bruxelles a admis les demandes con- 
cernant les indemnités à payer à la Société malacologique pour l'in- 
cendie qui a éclaté dans la salle de ses séances; l'autre émanant de M. de 
Cossigny, qui expose, à l'occasion de ce même incendie, les raisons pour 
lesquelles selon lui, les sociétés particulières doivent s'abstenir de former 
des collections. 

Le Conseil communique la résolution qu'il a prise de faire brocher et 
distribuer sans plus tarder la partie terminée du tome IX des Annales. 
L'assemblée ratifie ensuite la convention faite avec la Société zoolo- 

(') M. Vincent nous informe que Pleurotoma Heberti et Triton fusiforme proviennent 
des sables wemmeliens. 



MÉMOIRES 235 

gique à l'occasion de l'incendie dont il a été question plus haut. Cette con- 
vention stipule les conditions suivantes : « Cession d'un nouveau local 
dans le grand bâtiment du jardin aux mêmes conditions que l'ancien; 
réparation de notre mobilier aux frais de la Société zoologique ; indem- 
nité de mille francs, payable dans le courant de cette année 1876, pour les 
dégâts occasionnés à notre bibliothèque et à nos collections. » 

L'organisation du congrès de la Fédération des sociétés scientifiques 
était aussi à l'ordre du jour de la séance. Après discussion, on décide de 
nommer, à la séance de février, une commission spéciale pour s'occuper, 
avec le Conseil, de tout ce qui concerne cet objet. 

Une troisième question à l'ordre du jour était la suppression de la 
reproduction des procès-verbaux mensuels dans le volume ^'Annales, sous 
le titre de Bulletin des séances. Le Président annonce que la majorité du 
Conseil s'est prononcée pour le maintien du système actuellement suivi. 
M. Lefèvre combat ce système pour des raisons d'économie. M. Van den 
Broeck le défend, au contraire. L'assemblée se montrant très divisée sur 
cette question, la décision à prendre est remise à la séance de février. 

Colbeau donne lecture d'une lettre de M. Giard annonçant la décou- 
verte qu'il a faite, au mois de septembre, à Ostende, d'une espèce du genre 
Sagitta, nouveau pour la faune belge, et celle de deux Nudibranches 
assez peu répandus, Œolis elegans, Aid. et Hanc, et Œolis aurantiaca, 
Aid. et Hanc, qu'il a trouvées en abondance parmi les Tubulaires. 
M. Giard a rencontré de jeunes Œolis de la dernière espèce et à 
pu étudier leur développement. Il les a observés à l'époque où ils ont 
perdu la coquille embryonnaire et où cependant ils n'ont pas encore pris 
la forme adulte. Ces états sont très difficiles à obtenir, selon M. Giard, qui 
pense que l'on n'en a jamais figuré ni décrit. « Des jeunes embryons que 
j'ai observés, dit-il, avaient une tête volumineuse, des tentacules rudi- 
mentaires au nombre de deux seulement, deux paires de papilles dorsales ; 
leur aspect général rappelle celui des Nudibranches les plus inférieurs, 
Pontolimax et Embletorria, par exemple. » 

Colbeau communique encore une lettre de M. Gloyne attirant l'atten- 
tion sur des travaux à insérer dans le recueil des Traductions et Reproduc- 
tions, publication qui lui paraît utile. M. Gloyne désirerait aussi voir 
publier une table générale des dix volumes, comprenant la première 
série des Annales. 

A la séance du 6 février, le Secrétaire effectue le dépôt de la partie 
terminée du tome IX (1874) ('). 

Le Président donne connaissance du projet de convention à passer avec 

( l ) Esquisse géologique et paléontologique des dépôts pliocènes des environs d'Anvers 
(pages 1-101). 



236 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

M lu Weissenbruch pour l'impression des Annales et des Procès- Verbaux de 

la Société à partir du tome XL 

Le Secrétaire lit le rapport de M. Roffiaen sur la traduction faite par 

M. Lefèvre du mémoire inédit de M. Davidson : What is a Brachiopod? 

Ce travail très important, accompagné de quatre planches lithographiées 

par M. Davidson lui-même et d'un grand tableau exposant la distribution 

dans le temps de plus de cent vingt genres de Brachiopodes, sera publié 

dans le recueil des Mémoires de la Société. 
A l'ordre du jour de la séance, se trouvait la reproduction des procès- 

verbatix mensuels dans les Annales. M. Lefèvre, comme il l'a déjà dit 

dans une séance précédente, est opposé à cette reproduction, à cause des 

frais qu'elle entraîne. 

L'accroissement des publications, l'état financier delà Société et le peu 

d'utilité de la réédition des documents rendent leur suppression désirable. 

On ne relit pas les bulletins réimprimés dans les Annales. M. Lefèvre 

combat les arguments produits en faveur du système suivi par la Société. 

Il croit que l'économie à réaliser mérite d'être prise en considération. Le 
procès- verbal, il est vrai, devra être lu en épreuve et corrigé en séance ou 
envoyé aux personnes qui ont pris la parole. Quant aux corrections faites 
par l'auteur dans la réédition qui paraît dans le volume, M. Lefèvre n'en 
a jamais été partisan. Un travail lu en séance est acquis à la Société. On ne 
peut admettre que les membres correspondants qui ne reçoivent que le 
procès- verbal aient une version différente de celle qui est adoptée pour le 
volume. 

M. Van den Broeck défend le maintien de la réimpression du Bulletin 
des séances. On ne peut renoncer aux avantages de la publication immé- 
diate des procès- verbaux. Le système proposé donnerait lieu à de grands 
retards ou bien à des blancs nombreux et considérables dans le volume 
définitif. 

Après discussion, l'assemblée décide que, vu les nouvelles conditions 
d'impression, les procès-verbaux seront encore reproduits cette année à 
titre d'essai. 

L'assemblée décide encore que c'est au Conseil qu'appartient la nomi- 
nation de comités pour l'organisation de la prochaine session de la Fédé- 
ration des sociétés scientifiques. 

Colbeau montre une remarquable variété de Buccinum undatum 
recueillie sur la plage d'Ostende, par M. Lanzweert, et fort voisine de la 
variété acuminata, Jeffrey s, si ce n'est elle-même. 

M. Van den Broeck annonce la distribution du premier volume du 
Geological Record (pour l'année 1874) et recommande cette utile 
publication. 



MEMOIRES 237 

A la séance du 5 mars, le Président fait part à l'assemblée de la mort 
de M. Gustave Collin. M. Van den Broeck se charge d'écrire la notice 
biographique de notre regretté confrère. 

Lecture est ensuite donnée des rapports sur la partie déposée du mémoire 
de MM. Van den Broeck et Miller : les Foraminifères des couches pliocènes 
des environs d'Anvers. 

M. Dewalque constate le mérite du mémoire, mais le trouve étranger 
aux études de la Société. L'auteur étant assuré de le voir accueillir par 
diverses sociétés scientifiques entre lesquelles il a le choix, M. Dewalque 
conclut à ce qu'il ne soit pas publié par la Société malacologique. 

M. Rutot fait un éloge sans réserve du travail de M. Van den Broeck et 
lui attribue, comme innovateur, un mérite dont on se rendra compte avec 
plus d'exactitude dans l'ouvrage même. 

M. Cogels donne une analyse du mémoire de M. Van den Broeck en 
exposant les raisons pour lesquelles il ne peut se rallier à certaines 
conclusions de l'auteur. 

M. Van den Broeck, partageant l'opinion de M. Cogels sur la sépara- 
tion, nécessitée par la différence faunique, des sables à Trophon et des 
sables à Isocardia cor, fait des premiers ses sables supérieurs d'Anvers et 
range les seconds avec les sables à Bryozoaires et les gisements à Térébra- 
tules dans sa division dessables moyens. Les sables à Pectunculus pilosus et 
les sables à Panopœa Menardi sont réunis sous le nom de sables inférieurs. 
M. Van den Broeck s'attache particulièrement au caractère minéra- 
logique des sédiments pour retrouver la position des dépôts dans le bassin 
de la mer pliocène. Son travail est en grande partie géologique. Passer 
ici en revue le rapport de M. Cogels serait faire double emploi avec l'ana- 
lyse du mémoire de M. Van den Broeck, qui trouve sa place dans la 
seconde partie du présent travail. Nous ne pouvons que signaler certaines 
objections aux opinions défendues par M. Van den Broeck, parce que nous 
n'aurons pas l'occasion d'y revenir plus loin. 

Voici les principales réserves formulées par M. Cogels : 

L'emploi des dénominations de supérieur, moyen et inférieur pour les di- 
visions établies dans les sables d'Anvers a l'inconvénient de rappeler celles 
que l'on a appliquées aux dépôts fossilifères des environs de cette ville 
réunis sous le nom de crag et amènera de la confusion, puisque les sables 
moyens de M. Van den Broeck ne correspondent pas à l'ancien crag moyen. 

Les sables à Panopœa Menardi et les sables à Pectunculus pilosus n'ont 
pas été contemporains pendant un certain temps, comme le pense 
M. Van den Broeck, et leurs différences ne peuvent s'expliquer parles con- 
ditions de sédimentation. «Si les caractères qui distinguent ces zones, dit 
M. Cogels, sont dus effectivement à des différences dans les conditions 



238 SOCIÉTÉ MÀLACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

de dépôt et non à des différences d'âge, il faudra que la faune de la zone 
littorale du Kiel offre moins de rapports avec celle de la zone à Panopéees 
ou des eaux les plus profondes qu'avec celle de la zone à Pétoncles, 
dépôt formé plus près du rivage. » M. Cogels attire particulièrement sur 
ce point l'attention de MM. Miller et Van den Broeck pour leurs recher- 
ches ultérieures. 

De même, lorsque M. Van den Broeck explique la localisation des verté- 
brés dans le sable à Pétoncles par les conditions dans lesquelles s'est 
effectué ce dépôt, M. Cogels fait remarquer que, dans la supposition de 
l'existence de deux zones contemporaines, on ne se rend pas compte de la 
très grande rareté des ossements dans la zone des sables à Panopées, séparée 
de celle à Pétoncles par une distance minime, zone à Panopées à la base 
de laquelle existe, à Edeghem et au Kiel, « une zone littorale, c'est-à-dire 
présentant toutes les conditions sur lesquelles s'appuie l'auteur pour 
expliquer l'accumulation de.-, ossements dans le sable à Pétoncles » . 

M. Van den Broeck considère les deux zones qui constituent ses sables 
moyens comme contemporaines.il pense que les espèces devertébrés rencon- 
trées dans l'une se retrouveront dans l'autre. M. Cogels ne le pense pas et 
doute surtout pour quelques grandes espèces de poissons. Il revient très 
brièvement sur les détails qu'il a donnés au sujet des gisements de 
Terebratula grandis qu'il n'interprète pas comme M. Van den Broeck. 
Il ne peut admettre le synchronisme des dépôts défendu par ce dernier. 
Il ne saurait notamment concilier l'existence d'un dépôt de plage à la 
porte de Borsbeek avec celle d'une mer profonde tout près de là, à Deurne, 
ni l'existence simultanée dans cette localité des sables à Bryozoaires et des 
sables à Isocardia cor, dépôts bathymétriques différents. « Les mouve- 
ments du sol, cause du changement des anciens niveaux, se seraient 
produits, dit M. Cogels, avec une amplitude trop considérable sur 
une aire trop restreinte pour ne pas laisser quelque doute sur la con- 
temporanéité de ces diverses formations, quelque ingénieuses, nous le 
reconnaissons, dit-il, que soient les explications données par l'auteur à ce 
sujet. » 

Les renseignements nouveaux publiés par M. Van den Broeck engagent 
M. Cogels à ne plus nier d'une manière absolue l'association des Térébra- 
tules et des Bryozoaires à un niveau plus récent que le sable vert; toute- 
fois, il ne le fait pas sans réserves et notamment sans insister sur la possi- 
bilité du remaniement de ces Térébratules. 

Enfin, sans revenir sur les idées qu'il a eu l'occasion d'exprimer au 
sujet de l'âge de certaines formations fossilifères des environs d'Anvers, 
M. Cogels laisse entendre qu'il ne partage pas l'opinion de M. Van den 
Broeck sur l'extension à donner à la formation pliocène. 



MEMOIRES 239 

Comme M. Rutot,il est d'ailleurs partisan de l'impression du travail par 
la Société malacologique. 

Après ces lectures, M. Van den Broeck expose les raisons qui l'ont 
engagé à donner autant de développement à la partie géologique de son 
travail et la juge indispensable à l'intelligence des résultats exposés dans 
la deuxième partie. Il fait remarquer que quelques-uns des chiffres du 
pourcentage des espèces des sables moyens et des sables supérieurs cités 
par M. Cogels dans son rapport pourront encore être modifiés. 

L'assemblée, consultée, vote l'impression du travail de M. Van den Broeck 
dans les Mémoires de la Société. 

M. Vincent donne ensuite lecture de son rapport sur le mémoire de 
M. Rutot : Description de la faune de l'oligocène inférieur de la Belgique. 
Outre la partie descriptive, ce travail contient une partie théorique dans 
laquelle «M. Rutot expose une nomenclature qu'il a imaginée et dont le 
but est de permettre aux géologues de posséder des listes complètes et 
exactes, renseignant les variétés des espèces qui, se montrant dans plu- 
sieurs couches successives, prennent néanmoins des formes différentes et 
constantes pour un même horizon et le caractérisent à l'égal d'espèces 
distinctes » . 

M. Vincent se déclare partisan de la méthode préconisée par M. Rutot 
et propose l'impression de son travail dans les Mémoires, résolution en 
faveur de laquelle l'assemblée se prononce. Colbeau fait cependant ses 
réserves sur le système de nomenclature de l'auteur. 

M. Deby demande si la Société regarde les Diatomées comme rentrant 
dans le cadre de ses études. Dans l'affirmative, il présentera un travail 
sur ce sujet. Après discussion, l'assemblée admet la présentation du 
travail de M. Deby et en vote l'impression dans les Mémoires ('). 

A la séance du 2 avril, M. Lefèvre donne lecture d'un court rapport sur 
le travail de M. Rutot, relatif à la faune de l'oligocène supérieur belge. 
M. Lefèvre n'est pas partisan de la publication de monographies par la 
Société, comme le voudrait M. Rutot. Il fait également ses réserves sur la 
méthode de dénomination proposée, mais il se joint aux autres commis- 
saires pour proposer l'impression du travail. 

M. Lefèvre présente ensuite, au nom de M. Davidson, un catalogue des 
ouvrages traitant des Brachiopodes, destiné à faire suite au mémoire 
qu'il a en cours de publication dans les Annales de la Société. L'assemblée 
se montre favorable à ce projet. Toutefois, MM. Dewalque et Cogels atti- 
rent l'attention de l'auteur et celle de la Société sur l'extension que pren- 
dra le travail, s'il faut y comprendre tous les ouvrages traitant indirecte- 
ment ou accessoirement des Brachiopodes. 

0) Note sur l'argile des Polders, etc. 



240 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

A l'ordre du jour se trouve portée l'organisation de la Fédération des 
sociétés scientifiques et spécialement le choix des questions que les 
sociétés désirent voir soumises aux travaux des sections. 

Les propositions suivantes sont adoptées : 

« Serait-il utile de posséder en Belgique, dans une des villes du littoral, 
un établissement approprié à toutes les études concernant nos côtes, et 
quels seraient les meilleurs moyens de réaliser ce projet? 

« Quel est le rôle des mollusques dans la nature? 

a Examiner quelles sont les zones de notre pays, au point de vue de 
l'étude de la malacologie? » 

Ces propositions ont respectivement pour auteurs MM. Lefèvre, Colbeau 
et Dewalque. Il est entendu que les membres qui ont proposé une question 
devront commencer la discussion en présentant un rapport qu'ils auront 
rédigé à cet effet. Les questions générales posées par la Société seront 
traitées par un membre désigné par elle. 

Le 7 mai, le Conseil propose de porter à cinq cents exemplaires le tirage 
des Annales, à partir du tome I er de la seconde série. 

M. Van den Broeck donne lecture de la notice nécrologique sur Gustave 
Collin, dont il s'est chargé conformément au désir exprimé à la dernière 
séance. G. Collin, né à Bruxelles, le 3 avril 1853, et mort en cette 
ville, le 22 février 1876, se destinait à la pharmacie. Possédé de 
bonne heure d'un goût très vif pour l'histoire naturelle, il consacra à des 
recherches malacologiques tout le temps que lui laissaient ses études et 
plus tard les exigences de ses devoirs professionnels. Divers séjours dans 
les Vosges, rendus nécessaires pour le soin de sa santé, furent mis à profit 
par le jeune naturaliste pour recueillir des matériaux d'étude et faire des 
observations intéressantes qu'il communiqua à la Société malacologique. 
Le genre Limnœa, surtout fut étudié à fond par lui. Les diverses notices 
qu'il rédigea sont toutes insérées dans les Annales de la Société malaco- 
logique, à laquelle, reconnaissant de l'accueil qu'il y avait reçu et 
que lui méritait, outre son mérite comme naturaliste, un fort heureux 
caractère, il laissa ses collections et ses manuscrits. 

L'assemblée nomme, en qualité de délégués auprès de la Fédération des 
sociétés scientifiques pour le congrès de 1876, outre les membres du 
bureau, MM. Denis, Lefèvre et Van den Broeck. 

M. Lefèvre parle de listes critiques qui, convenablement coordonnées, 
peuvent, à son avis, remplacer les monographies, toujours dispendieuses, 
dans le cas où la majorité des espèces mentionnées sont déjà décrites dans 
des ouvrages spéciaux. M. Lefèvre consacre à chaque espèce de son 
catalogue un feuillet séparé, dont le cadre peut être imprimé et qui est 
divisé horizontalement en trois parties : le tiers supérieur indique, à 



MÉMOIRES 241 

gauche, la classification de l'espèce; à droite, les noms des principaux 
auteurs qui s'en sont occupés; enfin, au centre, se trouve le dessin ou la 
figure de la coquille. « Le second tiers du tableau est divisé verticalement 
en autant départies que l'on connaît de bassins synchrones; chacune 
de ces parties est divisée en autant de colonnes qu'il existe de couches ou 
de zones fossilifères dans le bassin auquel elles se rapportent. 

« Le dernier tiers, qui n'est, en somme, que le prolongement des divisions 
indiquées ci- dessus, est réservé exclusivement aux localités qui pourront 
être complétées par les personnes qui examineront le manuscrit. » 

M. Lefèvre espère que la revision de ces feuillets faite par les personnes 
qui s'occupent des fossiles cités permettra de réunir facilement les don- 
nées nécessaires pour la rédaction de listes définitives. 

A la séance du 4 juin, M. Lefèvre propose d'ajouter aux questions sou- 
mises aux délibérations du congrès des sociétés scientifiques la question 
suivante : Serait-il avantageux de décerner en prix, dans les établisse- 
ments d'instruction, les publications des sociétés scientifiques de Bel- 
gique? 

M. Lefèvre dépose ensuite, au nom de M. Watelet, une note accom- 
pagnée d'un dessin : 

« Nouveau genre de mollusque. Nom proposé : Hydrateredo. 

« Ce genre diffère des Teredo en ce que le tube est dichotome ou bien 
en ce qu'il présente en tête plusieurs renflements pour loger plusieurs 
coquilles. » 

M. Lefèvre ne partage pas l'opinion de M. Watelet. Il pense que les 
renflements proviennent d'un temps d'arrêt dans l'accroissement. Les 
bifurcations que présentent certains tubes montrent que l'animal, forcé 
de changer la direction de sa coquille, a rétrogradé et abandonné sa galerie 
pour se frayer un nouveau passage. L'échantillon figuré doit représenter 
une espèce nouvelle du genre Teredo, du moins pour la faune des sables 
inférieurs de Cuise-la-Motte. 

M. Roflîaen communique une nouvelle liste de vingt et une espèces ou 
variétés de mollusques recueillies par M. Hector Roffiaen, aux environs de 
Gand ( l ). 

Le rapport du Président lu à l'assemblée générale du 2 juillet rend 
compte de la marche de la Société et de ses travaux pendant l'année 
sociale 1875-1876. Il traite successivement des articles suivants : 

Nombre des membres. — Le nombre des membres effectifs a diminué 
et n'est plus que de cent et trois ; trois membres effectifs sont décédés ; 
quatre ont été rayés du tableau pour cause d'absence prolongée de nou- 
velles. 

(') Voir séances des 6 juin et 1« août 1875. 

1880 16 



243 SOCIÉTÉ MALACOLOGIGUE DE BELGIQUE 

Album des portraits. — Relations avec les sociétés scientifiques. — 
Distinctions obtenues par des membres à diverses expositions pour des 
collections de mollusques et de végétaux fossiles. — Séances de la 
Société. 

Collections. — Le rapport attire l'attention d'abord sur le legs de la col- 
lection Collin, renfermant au moins 10,000 coquilles et comprenant une 
série très remarquable d'espèces du genre Limnœa, puis sur les dégâts 
occasionnés par l'incendie de la salle des séances. Les pertes consistent 
surtout en coquilles d'apparat ayant une valeur vénale. Les collections 
scientiBques ont moins souffert, mais le classement est interrompu et il y 
a un grand travail à effectuer pour nettoyer tout ce qui a été détérioré. 
La bibliothèque a considérablement souffert. L'indemnité allouée n'attein- 
dra pas le chiffre des dégâts. 

Publications. — La première partie du tome IX (1874) est seule 
publiée. Le tome X (1875) n'est pas acbevé. 

Quelques renseignements sur le budget et sur la Fédération terminent 
le rapport du Président. 

Le Trésorier expose ensuite l'état financier de la Société. Le projet de 
budget, prévoyant en recettes 5,936 fr. 87 c. et en dépenses 6,926 fr. 26 c, 
est adopté. Le chiffre de la cotisation est maintenu à 20 francs. 

L'excursion annuelle aura lieu le 17 septembre, à Quiévrain et au bois 
d'Angre, localités proposées par M. Van den Broeck. Colbeau avait d'abord 
proposé Anvers et M. Van den Broeck, Folkestone (Angleterre). 

Après une discussion sur le congrès de la Fédération des sociétés scien- 
tifiques l'assemblée décide de laisser plein pouvoir aux délégués de la 
Société pour tout ce qui concerne cette question. 

MM. Fologne et Van den Broeck sont élus membres du Conseil pour les 
années 1876-1877 et 1877-1878. MM. Rutot et Lefèvre ayant obtenu au 
ballottage la parité des suffrages, M. Rutot est élu par bénéfice d'âge. 

MM. de Bullemont, Lefèvre et Seghers sont élus membres de la com- 
mission des comptes pour l'année 1876-1877. 

Au procès-verbal de la séance du 6 août 1876 est insérée l'annonce d'un 
subside extraordinaire de 2,000 francs accordé par le ministre de l'inté- 
rieur à la Société, en raison des circonstances exceptionnelles dans les- 
quelles elle se trouve. 

Le même document donne les noms des membres du conseil de la 
Société. On y trouve ceux de MM. Van den Broeck et Rutot, élus à la 
dernière assemblée générale. M. Rutot remplira les fonctions de biblio- 
thécaire. 

Le Secrétaire communique une lettre de la direction de la Société royale 
de zoologie demandant de surseoir à l'exécution de la convention conclue 






MÉMOIRES 243 

avec la Société pour son installation dans le nouveau local qui lui a été 
concédé. 

Une simple mention du congrès de la Fédération, qui s'est tenu les 
16, 17 et 18 juillet, figure au procès-verbal. Le compte rendu de la séance 
du 6 août a ceci de particulier qu'il est l'un des seuls où ne soit insérée 
aucune communication scientifique. Il en est de même pour celui de la 
séance du 3 septembre, qui ne contient que l'annonce du décès du 
D r Breyer, membre effectif de la Société, et un mot sur l'organisation de 
l'excursion annuelle. Le manque d'intérêt de ces réunions découragea 
probablement les membres, car, à la séance du 1 er octobre, Colbeau se 
trouva seul avec M. É. Colbeau. M. Bruynen, directeur du Jardin zoolo- 
gique de Bruxelles, assista à cette séance exceptionnelle dans nos annales, 
mais qui l'emporta sur les précédentes en ce qu'elle ne fut point nulle au 
point de vue scientifique. M. É. Colbeau y lut un travail sur les Mol- 
lusques terrestres et fiuviatiles vivants du canton de Walcourt. Il y donne 
le résultat de ses recherches et de celles que J. Colbeau, son père, a com- 
muniquées à la Société malacologique. Avec l'aide de ce dernier, les 
indications de localités ont été rendues plus précises. La liste de M. Col- 
beau comprend les genres suivants : Arion, 1 espèce; Limax, 2 espèces; 
Succinea, 3 espèces et 1 variété; Zonites, 1 espèce; Hélix, 11 espèces 
et 1 variété ; Bulimus, 2 espèces ; Clausilia, 3 espèces ; Pupa, 2 espèces ; 
Planorbis, 2 espèces; Pliysa, 1 espèce; Limnœa, 3 espèces et 1 variété; 
Ancyhcs, 1 espèce et 1 variété; BytMnia, 1 espèce; Nerita, 1 espèce; 
Anodonta, 1 espèce; Unio, 1 espèce et 1 variété; Pisidium, 2 espèces; 
Cyclas, 1 espèce. 

M. É. Colbeau renseigne avec soin la provenance et l'habitat et, quand 
il en a l'occasion, les particularités concernant la taille, la coloration ou 
la forme des coquilles citées par lui. Il mentionne, entre autres, des Hélix 
unifasciata entièrement blanches, une Clausilia nigricans portant deux 
petits plis sur la columelle, entre les plis ordinaires, et un autre exem- 
plaire de la même espèce ayant les stries de la coquille entièrement 
effacées ou usées et ressemblant tout à fait à la Clausilia parvula. 

Le 5 novembre, M. Rutot lit son Rapport sur l'excursion annuelle de 
la Société malacologique (17 septembre 1876). 

L'itinéraire adopté portait l'exploration delà tranchée de Hainin, située 
à égale distance des stations de Boussu et de Thulin. M. Rutot donne une 
coupe relevée dans le quaternaire et le landenien, à 400 mètres de Boussu, 
puis il décrit la tranchée de Hainin, intéressante au point de vue géolo- 
gique, parce que c'est seulement en ce point que le calcaire de Mons et les 
marnes noires qui le surmontent se présentent à découvert. Cette dernière 
formation, épaisse d'environ 5 mètres, ne contient pas de fossiles, mais « a 



244 SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE 

pu être identifiée par MM. Cornet et Briart avec des roches analogues, ren- 
fermant des coquilles d'eau douce, notamment des physes, et rencontrées 
dans plusieurs sondages aux environs de Mons » . Dans la seconde partie 
de la tranchée, se présente le calcaire de Mons avec les apparences d'une 
roche ressemblant à un tel point à certains tufeaux maestrichtiens, que 
Dumont lui-même s'y était trompé. Plus loin, ce calcaire est remplacé 
dans la tranchée par de la craie blanche. « La ligne de séparation est 
très nette et son inclinaison par rapport à l'horizontale est considérable. 
Au contact, la craie est durcie et jaunie. » M. Rutot ne partage pas l'opi- 
nion des géologues qui admettent un ravinement violent de la craie par 
le calcaire de Mons et de celui-ci par les argiles noires. Il préfère voir 
dans la disposition des roches le résultat de failles. Une liste de mollusques 
d'espèces vivantes récoltées dans la tranchée complète ce compte rendu. 

A Thulin, les excursionnistes prennent le train pour Quiévrain. Après 
avoir traversé ce village, ils passent à côté du bois de Dhuy, puis par le 
village de Baisieux et prennent la route d'Angre. Chemin faisant, ils 
recueillent quelques coquilles et, avant d'arriver à Angre, s'arrêtent au 
gîte classique landenien situé le long de la route d'Audregnies. 

M. Rutot donne la liste des espèces découvertes pendant l'exploration 
et déterminées par M. Vincent. Malheureusement, les recherches furent 
interrompues, au bout d'une heure, par le mauvais temps. 

Elles eurent cependant un résultat inattendu. M. Emile Vincent, en 
examinant des blocs siliceux que les cultivateurs rejettent, le long des 
chemins, près du gîte fossilifère, y trouva une Nummulites lœvigata. 
Jusqu'à ce moment, on ne savait rien de la provenance de ces blocs, si ce 
n'est que, comme M. Briart l'a fait remarquer, ils semblent, à cause des 
fossiles qu'ils renferment, provenir de la destruction d'une assise tertiaire. 
Grâce à la découverte de M. Ë. Vincent, on peut actuellement affirmer, 
dit M. Rutot, « que cette roche appartient à l'éocène moyen et correspond 
au dépôt nummulitique développé dans le nord de la France, déjà dispersé 
une première fois lors du commencement de l'époque laekenienne et dont 
les débris ont formé, aux environs de Bruxelles, la ligne de démarcation 
bien connue sous le nom de couche roulée à Nummulites lœvigata et 
scabra. 

« Les phénomènes diluviens ont achevé l'œuvre de destruction com- 
mencée longtemps auparavant par la mer laekenienne et ont jonché le 
sol des fragments roulés des parties dures qui avaient peut-être résisté 
lors de la première dénudation (*). » 

(*) M. Rutot renvoie le lecteur au mémoire de M. Gosselet : De Vextension des couches à 
Nummulites lsevigata, dans le nord de la France. — Bull. Soc. géol. de France ; 3 e série, 
t. II. 



MÉMOIRES 245 

En passant sous le viaduc du chemin de fer, près d'Élouges, les excur- 
sionnistes observent encore un affleurement de glauconielandenienne fossi- 
lifère. Les malacologistes recueillent, près de la même localité, des exem- 
plaires d' Hélix fasciolata à bandes bien colorées et àeCœcilianella acicula, 
puis, rentrés à Mons, décident, à cause du mauvais temps, de renoncer à l'ex- 
cursion du lendemain. MM. Van den Broeck et Rutot, étant seuls restés, se 
rendent, aux exploitations de poudingue de la Malogne et à Ciply, où ils 
récoltent une assez bonne collection de fossiles. 

A la suite de cette lecture, M. Vincent montre des moulages de fossiles 
intéressants, recueillis à Angre, et M. Lefèvre cite quelques espèces non 
mentionnées par M. Rutot et qu'il a découvertes, telles que Pyrula 
SmitJdi, une Cassidaire, des Tritons et des Pleurotomes, des débris de 
bois avec Teredo et enfin une espèce de poisson, le Lamna elegans, qui 
n'était pas connue dans le landenien du Hainaut. 

Colbeau communique ensuite une liste des coquilles trouvées par 
M. Élie Gaucher, près de Schaffouse et de Constance. Il y joint des obser- 
vations relatives aux espèces suivantes : Hélix arbustorum, H. nemoralis, 
H. sylvatica, H. hortensis, H.fruticum, H. ericetorum. 

A la séance du 3 décembre, le Conseil donne communication de la cor- 
respondance échangée avec le comité de liquidation de la Société royale de 
zoologie de Bruxelles, au sujet des droits de la Société malacologique, et le 
Secrétaire effectue le dépôt du premier fascicule de la deuxième partie du 
tome IX des Annales, contenant le commencement de Y Esquisse géologique 
et paléontologique des dépôts pliocènes des environs d'Anvers, par M. Van 
den Broeck (*). 

L'assemblée entend ensuite la lecture du Rapport de M . Lefèvre sur le 
travail de M. Rutot: Description de la Rostellaria robusta. 

M. Lefèvre fait remarquer que M. Rutot attribue à tort à Brander la 
description de la Rostellaria ampla, qui est de Solander. Il critique le des- 
sin de la planche jointe au mémoire, où le caractère de largeur de l'aile 
n'est pas suffisamment indiqué, de même que divers autres détails men- 
tionnés dans le texte. Les passages relatifs à la détermination des moules 
de Rostellaires lui donnent l'occasion de dire que la coquille du laekenien 
supérieur ( 2 ) de Wemmel, rapportée par M. Vincent et par lui-même à la 
Rostellaria colnmbaria, devra probablement en être disting-uée. 

Il ajoute quelques renseignements à ceux donnés par M. Rutot sur le 
gisement des Rostellaires et discute les caractères qui servent à l'auteur pour 
établir sa nouvelle espèce. On rencontre bien rarement des Rostellaria 
robusta où l'expansion du bord droit est aussi marquée que le dit M. Rutot. 

( 1 ) Pages 1-101. 

( 2 ) Wemmelien. 



246 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

En revanche, ces coquilles présentent un bon nombre de caractères com- 
muns avec la Rostellaria ampla. M. Lefèvre ne voit pas de raisons pour 
les séparer de cette dernière. Il se joint néanmoins à M. Vincent, premier 
commissaire, pour demander l'insertion du travail de M. Rutotdans les 
Annales de la Société. 

En annexe au Bulletin des séances, figure un rapport intitulé : Excur- 
sions malacologiques à Valenciennes, Soissons et Paris (septembre 1876), 
par Th. Lefèvre. Afin d'éviter tout double emploi, M. Lefèvre ne parle ni 
des collections de l'École des mines ni de celles de M. A. Eck, dont 
M. Thielens s'est occupé dans le travail qu'il a publié dans le tome X des 
Annales. A la suite de l'excursion de la Société malacologique à Angre et 
à Quiévrain, M. Lefèvre s'est rendu à Valenciennes. Il y a visité le musée 
fondé en 1836 et situé dans le local dit «des Académies» . On y voit la col- 
lection du géologue français De la Noue, contenant trois mille espèces de 
coquilles vivantes, et riche surtout en espèces fossiles, dont un grand 
nombre a été déterminé par MM. d'Orbigny, de Koninck, Bayle, Hébert, 
de Verneuil, Davidson, Deshayes, l'abbé Levesque, le capitaine Michaud 
et Michelin. 

M. Lefèvre décrit ensuite la collection de M. Watelet, de Soissons, qui 
se compose de fossiles de presque tous les étages de l'éocène moyen du 
bassin de Paris, depuis les marnes à Physes de Rilly jusqu'aux sables 
moyens inclusivement. 

Il se borne à indiquer les richesses recueillies par M. Watelet dans 
les sables inférieurs et dont le catalogue de mollusques publié par ce 
géologue dans son Recueil de mémoires sur le bassin de Paris donne une 
idée. Pour plus de détails, M. Lefèvre renvoie au travail de M. Watelet 
publié par la Société malacologique (*). Il ne peut cependant s'abstenir de 
signaler la collection des plantes provenant des grès de Belleu, grès dont 
sont pavées les rues de Soissons, puis la collection des fossiles de l'horizon 
de Bracheux et celle des coquilles lacustres des marnes de Rilly. 

Dans la collection des fossiles du calcaire grossier,M. Lefèvre remarque 
de belles dents de Lophiodon parisiense, de beaux spécimens de JVau- 
tilus, un exemplaire magnifique de Ceritliium giganteum, des plantes, des 
Foraminifères inédits pour le bassin de Paris ; enfin, dans la collection des 
fossiles des sables moyens il signale, sans en donner les noms, des Cyprœa 
et des Rostellaria. 

M. Watelet possède aussi des collections anthropologiques remarquables 
dont lt- s éléments ont été recueillis à Saint- Acheul et à Cœuvres, localité 
qu'il a fait connaître dans sa publication intitulée : l'Age de la pierre et 

(') Notice sur les sables inférieurs du Soissonnais et sur leurs équivalents, par A. Wa- 
telet. — Annales, tome X, 1875. Avec une planche. 



MÉMOIRES 247 

les sépultures de l'âge du bronze. Tous ces objets sont disposés d'après la 
classification de M. de Mortillet. M. Lefèvre entre ensuite dans quelques 
détails sur une excursion faite avec M. Watelet à Laversine, où il a trouvé 
un Solen inédit et récolté des fossiles en abondance. Une excursion effectuée 
à Vaubuin, dans le but de visiter une cendrière ou exploitation de lignite, 
ne donna pas les résultats attendus, par suite de l'abandon des travaux. 

Après quelques mots sur le musée de Soissons, M. Lefèvre signale, 
dans la collection de M. Eck, à Paris, une carte géologique de Reims 
exécutée en relief au 80,000°, par notre coufrère, avec la collaboration de 
M. le D r Lemoine et de M. Aumônier. Cette carte comprend tout l'arron- 
dissement de Reims. Une description succincte de la collection du 
D' Bezançon termine le rapport de M. Lefèvre. Cette collection se compose 
exclusivement d'invertébrés et spécialement de mollusques recueillis dans 
le tertiaire parisien. M. Lefèvre donne une évaluation approximative du 
nombre des espèces et variétés inédites pour la science, ou tout au moins 
nouvelles pour le bassin de Paris, qu'elle renferme et complète ces ren- 
seignements par l'énumération des principales localités d'où proviennent 
les fossiles. La collection du D r Bezançon est très considérable. Tous les 
échantillons dont la dimension ne dépasse pas m 04 de diamètre trans- 
versal sont mis dans des tubes à l'abri de la poussière. 

Parmi les documents qui terminent ce volume, nous signalerons la liste 
des dons reçus pendant l'année 1876. On y remarque le legs de Gustave 
Collin, comprenant une collection de 3,000 espèces et variétés de mol- 
lusques vivants ou fossiles représentés par plus de 27,000 échantillons, 
dont 5,000 au moins appartenant au genre Limnœa, que Collin avait 
étudié d'une manière spéciale. 

Un document intéressant, publié pour la première fois, est la liste des 
institutions correspondantes de la Société malacologique. L'Afrique y 
figure avec 3 sociétés; l'Amérique avec 22; l'Europe avec 150, dont 24 
pour l'Allemagne, 8 pour l'Angleterre, 13 pour l'Autriche, 24 pour la 
Belgique, 1 pour le Danemark, 2 pour l'Espagne, 32 pour la France, 
12 pour l'Italie, 1 pour le Luxembourg, 6 pour la Néerlande, 3 pour la 
Norwège, 9 pour la Russie, 5 pour la Suède et 10 pour la Suisse, 
L'Océanie y figure enfin avec une société. 

Dans la liste des membres, on trouve, à la suite des noms, quelques 
indications relatives à leurs études spéciales et à leurs collections. 

Les mémoires insérés dans le tome XI des Annales sont : 

I. Description de la faune de l'oligocène inférieur de Belgique {terrain 
tongrien inférieur de Bumont), par A. Rutot. — Avec quatre planches. 
(Séance du 6 février 1876.) 



218 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

II. Note sur l'argile des polders suivie d'une liste des fossiles qui y ont 
été observés dans la Flandre occidentale, par Julien Deby. (Séance du 
5 mars 1870.) 

III. Notice sur les Foraminif ères vivants et fossiles de la Jamaïque, par 
T. Rupert, Jones et W. K. Parker, membres de la Société royale de Lon- 
dres, etc. , suivie de la description d'une espèce nouvelle des couches 
miocènes de la Jamaïque, par H. B. Brady, membre de la Société royale de 
Londres, etc. — Avec deux figures dans le texte. (Séance du 2 avril 1876.) 

IV. Description de la Rostellariarobusta, Rutot, fossile de l'argile de 
Londres et de l'étage bruxéllien des environs de Bruxelles, par 
A. Rutot. — Avec une planche. (Séance du 2 avril 1876.) 

V. Description de la faune de l'étage landenien inférieur de Belgique, 
par G. Vincent. — Avec cinq planches. (Séance du 5 novembre 1876.) 

Le tome XI des Annales de la Société malacologique, formant le premier 
volume de la deuxième série, sort des presses de la maison Weissenbruch. 

Les tomes I-IV avaient été imprimés par M. J. Nys et les tomes V-X 
par M 9 V e Nys. 

Tome XII. — Année 1877. 

Le 7 janvier M. Roffiaen, se faisant l'interprète des sentiments des 
membres de la Société malacologique, félicite M. le D r Crocq de sa nomi- 
nation de sénateur. M. Crocq, remerciant la Société, dit que c'est à son 
travail scientifique seul qu'il doit le mandat qui vient de lui être confié. 
Il représentera et défendra au Sénat les intérêts scientifiques et l'ensei- 
gnement des sciences. 

Le Secrétaire effectue le dépôt du tome X, année 1875, des Annales de 
la Société. 

L'assemblée entend la lecture du Rapport de M. Van den Broeck sur le 
travail de M . Craven : Sur le genre Sinusigera ('). M. Craven a retrouvé 
quatre des huit espèces précédemment décrites et ajoute à ce nombre 
douze nouvelles espèces qu'il a recueillies à la surface des flots dans 
l'océan Indien, dans l'océan Atlantique méridional et dans le Pacifique. 
Ces nombres donnent une idée de l'importance du mémoire dans lequel 
M. Craven décrit ses découvertes. M. Van den Broeck rappelle que la 
question de savoir si le3 Sinusigera sont des coquilles pélagiennes adultes 
formant un groupe distinct dans la classe des Hétéropodes ou bien repré- 
sentent l'état larvaire de certains gastéropodes prosobranches, divise 
encore les malacologistes les plus autorisés. Il pense que les observations 
de M. Craven ne laissent plus de doute bien sérieux sur l'exactitude de 

(') Dans les renseignements donnés à diverses reprises sur les voyages de M. Craven, ce 
genre est désigné sous le nom de Cheletropis. 



MÉMOIRES 249 

la première de ces interprétations. Il demande que l'auteur ajoute à son 
travail la description des espèces non rencontrées par lui, de sorte que le 
mémoire présenté devienne la monographie du genre. M. Craven entrera 
pour une part considérable dans les frais de publication des quatre 
planches qui accompagnent son travail. 

Colbeau, dans son rapport, se joint à M. Van den Broeck pour faire 
ressortir le mérite des recherches de M. Craven. L'assemblée adopte les 
conclusions de ses rapporteurs pour cette publication. 

M. De la Fontaine et plusieurs autres membres pensent que, lorsque les 
rapports sont très développés, ils devraient accompagner le mémoire 
auquel ils se rapportent et ne pas figurer dans les procès-verbaux. Leur 
publication anticipée pourrait présenter des inconvénients. 

M. Rutot donne lecture d'une note ayant pour titre : Quelques observa- 
tions relatives aux conclusions de M. Lefèvre dans son rapport sur mon 
travail intitulé : « Description de la Rostellaria roiusta, Rutot. » 

D'après M. Rutot, M. Lefèvre n'a égard qu'à des différences basées sur 
des caractères secondaires et laisse dans l'oubli certains caractères de 
premier ordre sur lesquels les espèces sont différenciées et dont l'exis- 
tence a été constatée sur des exemplaires complets et adultes. 

Pour assimiler les deux espèces de Rostellaires, M. Lefèvre se base sur 
les caractères suivants : 1° même nombre de tours de spire; 2° même pro- 
portion dans la hauteur du dernier tour ; 3° aile également demi-circu- 
laire ; 4° même épaisseur de la coquille ; 5° surface également lisse avec 
stries d'accroissement. 

M. Rutot examine successivement ces divers caractères. Les carac- 
tères 1, 2 et 4 sont communs au groupe et non pas seulement aux 
coquilles en question. Au sujet du caractère 3, M. Rutot dit qu'il a entre- 
pris, depuis la publication du rapport de M. Lefèvre, de nouvelles études 
qui lui permettent de communiquer à la Société des faits intéressants. 
Il conclut que la forme de l'aile suffit pour établir la distinction de la 
Rostellaria ampla et de la Rostellaire du bruxellien. Chez la première, 
l'aile est toujours relativement restreinte comme longueur et largeur. Ses 
contours sont toujours parfaitement distincts et constants. Arrivée au 
maximum de largeur, elle se réduit subitement et il n'en reste qu'une 
lame effilée qui se raccorde au dos de la spire en se recourbant longtemps 
avant d'en avoir atteint l'extrémité. Enfin, dans les derniers temps de sa 
croissance, l'aile s'élargit très peu mais tend continuellement à s'épaissir. 

Chez la seconde, au contraire, l'aile est toujours relativement très 
grande comme largeur et comme longueur. Ses contours sont très va- 
riables, surtout en ce qui concerne le bord gauche. Loin de se réduire vers 
le haut, elle s'étale largement en suivant une courbe assez régulière qui 



$50 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

passe par dessus l'extrémité de la spire pour aller redescendre de l'autre 
côté. Enfin, pendant toute sa croissance, l'aile ne tend nullement à s'épais- 
sir, mais bien à s'élargir et à s'étaler sur la coquille de manière à recou- 
vrir une grande surface. 

M. Rutot dénierait toute valeur au caractère 5, si le fait était exact, 
mais il existe dans certaines espèces des stries transverses qui manquent 
dans d'autres. C'est précisément le cas pour les espèces en question. 
« La Rostellaire du tongrien offre toujours une série de stries très visibles 
et assez espacées, alors qu'il n'y en a que peu ou point chez la Rostellaire 
du bruxellien.» Enfin, sur toutes les spires des échantillons adultes de la 
Rostellaria ampla du tongrien, on observe un « aplatissement résultant de 
l'usure du sommet de la spire par suite de la marche de l'animal » , ce qui 
ne se remarque jamais sur les spires des spécimens provenant du bruxel- 
lien. La comparaison de coquilles d'individus jeunes démontre qu'il « n'est 
pas possible de confondre en une même espèce et sous le même nom les 
deux formes mises en présence » . 

M. Rutot ne croit pas non plus qu'on puisse les considérer comme deux 
variétés différentes d'une même espèce. Il discute ensuite la valeur de 
certains renseignements relatifs à des gisements situés en Angleterre, 
cités par M. Lefèvre, et passe à l'examen des faits géologiques et paléon- 
tologiques. Il trouve que la forme à laquelle il a donoé le nom de Rostel- 
laria rclusta caractérise la partie supérieure de l'éocène inférieur et la 
partie inférieure de l'éocèue moyen , tandis que la Rostellaria ampla 
a caractérise la partie inférieure de l'éocène moyen (ou du moins considéré 
jusqu'ici comme tel) et la partie inférieure de l'oligocène inférieur» , d'où il 
résulte qu'une lacune représentée en Belgique par le laekenien inférieur 
ou couche à Ditrupa, existe entre les gisements des deux formes. Toutefois 
a cette lacune est beaucoup plus petite comme temps et moins variable 
comme circonstances extérieures que les périodes que chacune des deux 
formes caractérise » . Cette même lacune existe également en Angle- 
terre. 

Au point de vue de la paléontologie, on ne constate pas de différences 
dans les coquilles de la Rostellaria robusta ni dans celles de la Rostella- 
ria ampla pendant la longue période de temps que ces espèces ont existé. 
M. Rutot conclut « que la constance de chacune des deux formes dans le 
temps et leurs différences conchyliologiques considérables font positive- 
ment croire à l'existence de deux espèces bien distinctes » . 

M. Lefèvre répond qu'il n'a pu se baser dans son rapport que sur 
le premier travail de M. Rutot. Celui dont il vient d'être donné lecture 
est plus développé. M. Lefèvre en attendra la publication avant de se 
prononcer. 



MÉMOIRES 251 

M. Deby rend compte des résultats scientifiques qu'il a obtenus dans un 
récent voyage aux États-Unis. Il lit ensuite une notice intitulée : Relation 
succincte d'un voyage fait aux bords de l'Oostanaula en Géorgie {États- 
Unis). Les détails rapportés par M. Deby sont bien faits pour engager le 
naturaliste à visiter ce pays, où l'on trouve une végétation luxuriante et 
une faune terrestre et fluviatile très ricbe. M. Deby promet que l'on 
rapportera de ce voyage souvenirs agréables, santé florissante et col- 
lections à envier. Ses observations constituent un excellent témoignage 
en faveur de cette dernière assertion; mais, comme s'il craignait d'avoir 
excité un dangereux enthousiasme, il finit son exposé par une liste 
de serpents, comprenant le serpent à sonnettes et des Tropinodontes, 
les plus dangereux reptiles de la contrée, ce qui n'est pas sans assom- 
brir quelque peu le brillant tableau qu'il vient de tracer du pays visité 
par lui. 

Le 4 février, l'assemblée entend la lecture du Rapport de M. Th. Lefèvre 
sur le travail de M. Vincent, intitulé : « Description de la faune de l'étage 
landenien inférieur de la Belgique. » 

M. Lefèvre ne partage pas entièrement l'opinion de l'auteur sur les 
publications monographiques ; il croit que le système de listes cri- 
tiques, préconisé par lui-même ( x ), est préférable. Les monographies ne 
dispensent pas les naturalistes de consulter les travaux des auteurs qui les 
ont précédés. Il retrace ensuite les traits principaux du Mémoire de 
M. Vincent et fait remarquer combien les recherches de l'auteur ont con- 
tribué à faire connaître la faune de l'étage inférieur du système lande- 
nien. Au lieu de 10 genres, dans lesquels il n'y avait jamais eu au delà 
de 8 espèces déterminées , M. Vincent ne cite pas moins de 25 genres 
représentés par 45 espèces. La plupart des fossiles étant réduits à l'état 
d'empreintes, M. Vincent les a contremoulés et est arrivé ainsi à des 
résultats remarquables. M. Lefèvre donne la liste des espèces décrites 
dans le Mémoire, comprenant 5 poissons, 2 crustacés, 2 céphalopodes et 
38 gastéropodes. 

Le secrétaire lit une notice intitulée : Nécrologie. David Forbes, 
membre honoraire de la Société malacologiqiie de Belgique, par Julien 
Deby. 

Dans cette notice, M. Deby retrace la trop courte carrière de l'un des 
membres honoraires les plus distingués de la Société malacologique, 
M. David Forbes, membre de la Société royale de Londres, secrétaire 
honoraire de la Société géologique d'Angleterre, etc., né dans l'île de Man 
le 6 septembre 1828, mort le 5 décembre 1876. D. Forbes était frère 

(') Voir séance du 7 mai 1876. 



252 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

d'Edward Forbes, dont tous les naturalistes connaissent le nom. S'occu- 
pant spécialement de métallurgie, il habita longtemps la Norvège, puis 
l'Amérique méridionale, visita la plus grande partie de l'Europe et 
voyagea aux Indes, en Australie et en Afrique. Pendant le cours d'une 
existence si active, D. Forbes recueillit des quantités de matériaux d'étude 
intéressants et fît de nombreuses communications aux Sociétés savantes. 
Il s'était occupé de paléontologie, mais l'étude des minéraux, au point de 
vue des circonstances qui en avaient causé l'apparition, l'avait pour ainsi 
dire absorbé, et il avait réuni dans ce but une collection des plus pré- 
cieuses destinée à appuyer ses théories relatives au métamorphisme et à 
la structure des roches. M. Deby montre D. Forbes, qu'il a particulière- 
ment connu, voyageant et travaillant toujours, et paie à sa mémoire un 
tribut de justes regrets. 

A l'ordre du jour de la séance figure la question relative au Projet 
d'exploration scientifique de l'Afrique centrale et à Yappui des Sociétés 
scientifiques. M. Lefèvre voudrait que la Société malacologique affirmât 
son adhésion par une souscription pécuniaire. Colbeau est partisan d'une 
adresse d'adhésion. L'assemblée adopte une proposition de M. De la Fon- 
taine qui pense qu'une souscription en argent doit accompagner l'adresse, 
mais que cette souscription doit être faite par les membres eux-mêmes et 
remise au nom de la Société. 

Le président ayant résumé les réponses qui sont parvenues à ce sujet 
de la part des Sociétés faisant partie de la Fédération, on décide que 
la Société malacologique participera à une adresse collective d'adhésion 
au projet d'exploration de l'Afrique et que les sociétés fédérées offriront 
leurs services au comité directeur pour lui fournir les indications et les 
renseignements scientifiques qu'il pourrait demander. 

Le 4 mars, la Société reçoit communication d'une lettre annonçant la 
fondation à Vienne d'un Club scientifique et engageant les membres de 
la Société malacologique à visiter le Club comme invités et comme parti- 
cipants étrangers. 

M. Rutot donne lecture de son Rapport sur le travail de M. G. Vincent, 
intitulé: « Description de la faune de l'étage landenieniuférieur. Impartie : 
Massif du Brabant (*). » M. Rutot a suivi de près les recherches de l'au- 
teur et peut en attester le caractère consciencieux et le mérite. Depuis la 
confection des planches, plusieurs espèces ont encore été découvertes. 
M. Vincent renseigne maintenant plus de 80 espèces pour le massif du 
landenien inférieur du Brabant. Par son importance et son étendue, ce 
travail est de ceux qui s'imposent dans la science. « Avec de pareils 

(!) Pour le rapport de M. Lefèvre, voir séance du 4 février 1877. 



MÉMOIRES 253 

éléments, dit M. Eutot, la Société doit prospérer; il ne sera plus loisible 
aux personnes s'occupant de sciences de lire ou de ne pas lire nos 
Annales ; elles seront non seulement obligées de les lire, mais encore d'en 
tenir compte, de les citer dans leurs ouvrages, et pour cela, il faut 
qu'elles possèdent nos Annales. » La conclusion de M. Rutot est que les 
sociétés scientifiques ont tout intérêt à faire des sacrifices pour assurer la 
publication de pareils travaux. 

Le 8 avril, M. Van den Broeck donne lecture d'une Note sur une ano- 
malie de la LimnjEa limosa, par J. Purves. Cette coquille, que M. Van den 
Broeck avait déjà présentée à la séance du 4 mars, a été découverte en 
Angleterre, dans le Northumberland et porte une carène régulière et 
bien accentuée, partant du deuxième tour et continuant jusqu'au dernier, 
dont l'ouverture est ainsi modifiée. Deux figures insérées dans le texte 
reproduisent cette difformité. La mare où cette coquille a été recueillie, 
avec quelques autres jeunes exemplaires de forme normale de la même 
espèce, ne reçoit aucun cours d'eau. La carrière où elle se trouve est 
creusée sur la crête de partage de deux bassins hydrographiques, et les 
eaux s'écoulent en sens contraire des deux côtés du plateau. M. Purves 
attribue l'introduction des coquilles et des plantes dans cette mare à 
une circonstance fortuite telle que le transport par les oiseaux aqua- 
tiques. 

M. Van den Broeck communique un extrait d'une lettre de M. le D r Brot 
de Genève. M. Brot a observé diverses anomalies affectant des mollusques 
récoltés en Suisse. Il a rencontré : Hélix incarnata, coquille subscalaire; 
H. hispida, à suture canaliculée jusqu'au sommet; H. lapicida, albinos; 
If. pomatia, albinos; H. nemoralis, albinos; H. sylvatica, avec sa variété 
alpicola, toutes deux albinos; Vitrina pellucida, sénestre; Limnœa 
peregra, ayant la base de la col u m elle déformée. Avec cette dernière 
espèce, M. Brot a recueilli une grande quantité à'Ifydra niridis. Un an 
plus tard, Hydra viridis ayant complètement disparu, il n'y avait plus 
un seul exemplaire de Limnée anormal, alors que précédemment les neuf 
dixièmes des individus étaient déformés. 

A la séance du 6 mai, M. Craven annonce son prochain départ pour 
l'Afrique. 

M. Van den Broeck donne lecture, tant en son nom qu'en celui de M. Rutot, 
d'une proposition tendant à modifier le nom de la Société, qui deviendrait 
la Société malacologique et paléontologique de Belgique. Pendant les huit 
ou neuf premières années de l'existence de la Société, l'étude de la faune 
malacologique a constitué le principal objet des investigations de nos 
collègues, dit M. Van den Broeck. A partir de 1871, les travaux paléon- 
tologiques commencent à paraître et prennent rapidement une impor- 



254 SOCIÉTÉ MALÀCOLOGIQUE DE BELGIQUE 

tance toujours croissante. Les volumes de 1874 et de 1875 leur sont 
presque entièrement consacrés. De 1863 à 1870, la Société a publié trois 
planches de paléontologie; de 1871 à 1875, elle en a publié vingt ; enfin, 
le premier volume de la deuxième série des Annales contient à lui seul dix 
planches de fossiles tertiaires. « Les recherches que la Société entreprend 
dans cette direction seront d'autant plus fructueuses et plus utiles pour les 
progrès de la science qu'elles ne peuvent manquer de s'unir aux résultats 
des études stratigraphiques auxquelles la Société géologique de Belgique, 
fondée depuis quelques années, est chargée de donner une impulsion nou- 
velle. La paléontologie et la géologie stratigraphique se complètent mutuel- 
lement et sont nécessaires l'une à l'autre pour retracer fidèlement l'histoire 
de la terre. » 

Avec la deuxième série de ses publications , la Société est donc entrée 
dans une voie nouvelle. A l'étranger, les personnes qui s'occupent de 
malacologie ont suivi avec intérêt les travaux de la Société malacologique, 
mais le nombre des personnes qui s'occupent de géologie et de paléonto- 
logie est bien plus considérable, et il est regrettable que, par suite de leur 
titre, nos publications, longtemps consacrées exclusivement à la malaco- 
logie, passent inaperçues de ce groupe de naturalistes. Pour modifier cet 
état de choses, il faut un titre plus explicite. M. Van den Broeck demande 
en conséquence de faire porter à l'ordre du jour de la prochaine assemblée 
générale une proposition tendant à compléter le titre de la Société en lui 
adjoignant le qualificatif de paléontologique. 

Colbeau combat la proposition de MM. Van den Broeck et Rutot.Le nom 
actuel de la Société n'a pas entravé le développement des études paléon- 
tologiques. Il ne sait pas si les avantages que la proposition laisse entre- 
voir seraient bien réels et s'il n'en résulterait pas des désavantages équi- 
valents. Toutefois comme, dans la pensée des auteurs, elle ne doit point 
porter atteinte aux statuts de la Société, il ne combattra pas sa mise à 
l'ordre du jour de l'assemblée générale. 

Le 3 juin la Société reçoit de M. le ministre de l'intérieur l'annonce 
qu'une somme de 1,000 francs lui est allouée à titre d'abonnement à. 
trente-cinq exemplaires de ses Annales. 

Le président rappelle que le congrès de la Fédération des Sociétés 
scientifiques doit avoir lieu à Mons au mois de juillet. L'assemblée approuve 
un projet d'adresse de la Fédération au comité directeur de l'œuvre de 
l'exploration de l'Afrique centrale conformément à l'avis exprimé par la 
Société en la séance du 7 février. 

A l'assemblée générale du l or juillet, M. Denis donne, au nom de 
M. Crocq, président, lecture du rapport sur la situation de la Société et 
sur ses travaux pendant l'année sociale 1876-1877. 



MÉMOIRES 255 

La Société compte 104 membres effectifs, 10 honoraires et 36 corres- 
pondants. Elle a repris son ancien local, qu'elle avait dû quitter à la 
suite d'un incendie, mais comme le Jardin zoologique a été vendu à la 
ville de Bruxelles et à l'État, il est probable qu'elle sera obligée de l'aban- 
donner dans un temps peu éloigné. Les meubles détériorés dans l'incendie 
ont été réparés aux frais de la Société zoologique. 

La bibliothèque et les collections se sont considérablement accrues. 

Le président rappelle aux membres que la dernière page des procès- 
verbaux mensuels leur est réservée pour des avis et des demandes qui sont 
insérés gratuitement. Il y a là une publicité importante dont les avan- 
tages sont trop négligés. 

Le tome X des Annales (1875) a paru dans le courant de l'année sociale. 
Le tome XI (1876) sera bientôt achevé. Un fascicule de la seconde partie 
du tome IX (1874) a paru. Le tome XII est à l'impression. Une dizaine de 
sociétés sont entrées en relation avec la Société malacologique. M. Deby 
a largement contribué à étendre nos relations pendant son voyage en 
Amérique. Le président rappelle ensuite les principaux épisodes de 
l'année sociale : ses excursions, ses relations avec les Sociétés similaires, 
l'obtention d'un subside de 2,000 francs de la part du gouvernement à 
l'occasion de l'incendie du local, l'élévation à 1,000 francs du taux de 
l'abonnement du gouvernement au tome XI des Annales, etc., enfin 
la réunion du congrès de la Fédération des sociétés scientifiques à 
Bruxelles. 

M. Fologne présente ensuite le projet de budget pour l'année 1877- 
1878 prévoyant en recettes et en dépenses la somme de fr. 7,714.96, qui 
permet de ramener la cotisation des membres à 15 francs. 

Sur la proposition de Colbeau, l'assemblée choisit Hervé et Battice pour 
but de son excursion de cette année. La date en est fixée au 16 septembre 
et jours suivants. 

Trois membres effectifs n'ayant donné aucune réponse aux lettres qui 
leur ont été écrites sont rayés de la liste des membres pour défaut de 
payement de la cotisation depuis plusieurs années. 

MM. Colbeau, De la Fontaine, Lefèvre, Rutot et le président de la 
Société sont ensuite délégués au congrès de la Fédération qui doit se 
tenir à Mons. L'assemblée décide que les propositions suivantes seront 
soumises aux délibérations du congrès : De l'utilité d'instituer des clubs 
scientifiques dans les principales villes du pays. — Démarches à faire vis- 
à-vis du comité des échanges internationaux dans le hit d'étendre, pour les 
sociétés scientifiques et pour leurs membres, les avantages qui peuvent 
résulter de cette institution. 

Ces questions ont respectivement pour auteur MM. Crocq et Colbeau. 



256 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Une proposition, émanant de MM. Van den Broeck et Rutot, était 
portée à l'ordre du jour de l'assemblée. Voici comment elle était for- 
mulée : Examen des résolutions qu'il y aurait lieu de prendre dans le 
but de mettre mieux en lumière dans le monde scientifique les travaux 
paléontologiques de la Société et compléter le titre de celle-ci en lui adjoi- 
gnant le qualificatif de « paléontologique » . 

M. Van den Broeck, reconnaissant que la rigueur des statuts empêche 
tout changement du titre de la Société, demande que l'on modifie celui 
des Annales en les intitulant : Annales malacologiques et paléontologiques 
de la Société malacologique de Belgique. Cette mesure est utile et oppor- 
tune. On ignore qu'à la Société malacologique on publie des travaux rela- 
tifs à la paléontologie et à la géologie. Il faut compléter le titre des 
Annales de manière à attirer également sur les publications de la Société 
l'attention de tous les travailleurs auxquelles elles s'adressent. 

Colbeau combat la proposition de MM. Van den Broeck et Rutot, même 
avec la portée réduite que lui donne sa nouvelle rédaction. Il ne croit pas 
que la modification demandée doive amener pour la Société une ère de 
prospérité supérieure à celle atteinte à ce jour. Le titre actuel des Annales, 
bien qu'incomplet selon les auteurs de la proposition, n'a nullement con- 
trarié le développement des travaux paléontologiques parmi nos membres. 
De nombreuses sociétés scientifiques s'occupant de géologie et de paléon- 
tologie ont été les premières à demander l'échange de publications, ce qui 
prouve bien que le contenu et la valeur de nos travaux sont connus de 
leurs nombreux membres. Colbeau souhaiterait de voir MM. Van den 
Broeck et Rutot retirer leur proposition. 

Le Secrétaire communique ensuite diverses lettres relatives au même 
sujet. 

M. Roffiaen est partisan d'une extension du titre des Annales de la 
Société. M. Lefèvre est contraire à une modification des statuts et 
n'approuve pas le titre proposé pour les Annales. M. Dewalque trouve la 
proposition inopportune et expose les motifs de sa manière de voir. 
M. Lambotte propose d'intituler les Annales : Annales de la Société mala- 
cologique de Belgique (malacologie et paléontologie). 

Après une longue discussion, ni l'une ni l'autre de ces propositions n'est 
adoptée. 

Aux élections, qui terminent la séance, M. Briart est élu président de 
la Société pour les années 1877-1878 et 1878-1879; MM. Rofîîaen, Col- 
beau et Denis sont nommés membres du conseil pour le même temps, et 
MM. de Bullemont, Lefèvre et Seghers membres de la commission des 
comptes pour l'année sociale 1877-1878. 

Le 5 août, Colbeau rend compte de la seconde session de la Fédération 



MÉMOIRES 257 

des sociétés scientifiques de Belgique, qui a eu lieu à Mons les 21, 22 et 
23 juillet. Le congrès s'est tenu dans la salle des séances de la Société des 
sciences du Hainaut sous la présidence de M. E. de Puydt, président de 
cette société. Une quarantaine de membres de diverses sociétés fédérées 
y ont pris part. Il a été décidé que les questions générales proposées par la 
Société malacologique seraient mises à l'ordre du jour de la session 
de 1878, qui se tiendra à Liège. Hasselt a été désigné comme lieu de 
réunion du congrès de 1879. L'excursion à Angre et Montignies-sur-Roc 
a été très suivie et très intéressante. 

MM. Lefèvre et Denis parlent de la question du local. Il serait avanta- 
geux pour les Sociétés scientifiques d'être logées dans un bâtiment com- 
mun. Le moment est venu de faire une démarche auprès du gouvernement. 

L'assemblée décide que MM. Crocq et Lefèvre seront adjoints au conseil 
pour préparer cette demande. 

A la séance du 2 septembre, la Société est informée que M. le ministre 
de l'intérieur l'a fait porter sur la liste des institutions qui reçoivent, à 
titre de don, un exemplaire des Annales du Musée royal d'histoire natu- 
relle. 

Lecture est ensuite donnée du Rapport de M. Lefèvre sur le travail de 
M. Dollfus : Valvata disjuncta, espèce nouvelle des meulières supérieures 
des environs de Paris. M. Lefèvre partage l'opinion de M. Dollfus que la 
coquille en question est bien une Valvée et qu'elle doit constituer une 
espèce nouvelle. Il regrette seulement que l'auteur ne donne pas la des- 
cription comparative des espèces du bassin de Paris appartenant au sous- 
genre Gyrorbis. 

Les conclusions du rapport de M. Colbeau étant également favorables, 
l'impression du travail de M. Dollfus dans les Annales est décidée. 

L'assemblée entend la lecture d'une notice intitulée : Observations sur 
les couches quaternaires et pliocènes de Merxem, près d'Anvers, par 
Ernest Van den Broeck et Paul Cogels. Ce travail consiste dans la 
description et dans l'interprétation de deux coupes géologiques levées 
au fort de Merxem. Sous un dépôt de sable meuble, non stratifié, ayant 
à la base un lit de graviers, les auteurs signalent un dépôt argileux 
stratifié avec zones sableuses et graveleuses. Ils font ressortir le con- 
traste des caractères que présentent ces couches et, adoptant l'opinion 
d'autres observateurs, ils considèrent les couches supérieures « comme 
un sable de dunes recouvrant le littoral indiqué par les cailloux et les 
graviers de la base du dépôt ». Les couches inférieures étant stratifiées 
se sont déposées sous les eaux et dénotent, « par conséquent, l'existence 
d'une phase distincte dans le dépôt du campinien » . Cette division des 
dépôts campiniens n'est pas spéciale à Merxem, elle se reproduit en beau- 

188Q J7 



258 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

coup d'autres localités fort distantes dans la région d'Anvers. Pour le 
moment, les auteurs se bornent à signaler cette division du système en 
deux sous- étages très nettement délimités. Le contact du campinien et 
du sable tertiaire n'a pu être observé d'une manière suffisante; mais, 
d'après certains vestiges, il est probable que la limite est marquée par 
une zone graveleuse. 

MM. Van den Broeck et Cogels décrivent en détail le dépôt tertiaire mis 
à nu par les travaux. Ils en donnent les caractères minéralogiques et la 
faune. La partie supérieure du dépôt est devenue rougeâtre par suite de 
l'altération de la glauconie ; la partie inférieure, « incontestablement 
identique dans ses éléments minéralogiques et paléontologiques à la zone 
supérieure rougeâtre » , est restée d'un gris cendré très pur. Les fossiles 
bien conservés sont rares, mais suffisent pour déterminer l'âge de la 
coucbe. La Corbula striata y est si abondante que les auteurs la consi- 
dèrent comme caractérisant les sables de Merxem, bien qu'elle se retrouve 
à Anvers à presque tous les niveaux. Une trentaine d'espèces de forami- 
nifères confirment les données fournies par les autres fossiles. « Les 
sables à Corbula striata de Merxem représentent un faciès particulier de 
l'borizon des sables supérieurs d'Anvers » et « se relient latéralement 
aux sables à Trophon antiqimm d'Austruweel » . Comme ceux-ci, ils 
constituent « un dépôt littoral bien caractérisé, mais qui fut probable- 
ment plus exposé à l'agitation des eaux ». Les observations faites à 
Merxem prouvent une fois de plus qu'il est nécessaire de renoncer aux 
noms de couleurs pour désigner une coucbe; en effet, nulle part dans la 
division nommée « Crag gris », on ne trouve de sédiments ayant une 
couleur grise aussi caractérisée que celle des sables à Corbula striata. 
De plus, la réunion en un seul dépôt des deux borizons du « système 
scaldisien » doit être abandonnée. Tous les faits nouveaux prouvent la 
nécessité de maintenir dans le « Crag d'Anvers » deux grandes divi- 
sions. En faisant abstraction de la coloration des sédiments, on peut se 
convaincre de l'inexactitude des vues généralement adoptées sur la com- 
position des dépôts du bassin pliocène d'Anvers. A Merxem, la conserva- 
tion de la coloration des sables tertiaires est due au développement des 
lits argileux du campinien qui les recouvrent. 

M. Van den Broeck annonce ensuite qu'il a découvert à Burgbt, près 
d'Anvers, dans l'argile rupelienne, plusieurs exemplaires de crustacés du 
genre Canceridœ. Ce sont les premiers crustacés signalés dans les coucbes 
oligocènes de la Belgique. 

A Austruweel, M. Van den Broeck a récolté, dans les « sables supé- 
rieurs d'Anvers» , environ quatre-vingt-dix espèces de fossiles appartenant 
& la faune de la zone des sables à Trophon antiqwwm. Il fait observer 



MÉMOIRES 259 

qu'en certains points très localisés, les sédiments ont conservé leur 
coloration grisâtre primitive. 

Le 7 octobre, M. de Cossigny présente quelques observations au sujet 
de son tableau des terrains tertiaires de la France septentrionale et des 
rapports faits sur ce travail. L'assemblée décide la publication du 
tableau et des rapports après qu'une entente sera survenue entre les 
auteurs. 

M. Roffiaen communique une Note sur des mollusques terrestres et 
fluviatiles recueillis à Waulsort (1877). Il a récolté, au bas du ravin de 
Falmignoul, une trentaine de Clausilia laminata (albinos) d'une transpa- 
rence toute cristalline, et un exemplaire, également albinos, de YHelix 
rotundata; près du fond de Ranle , une dizaine de Bulimus montanus, 
espèce non citée pour la vallée de la Meuse, une quarantaine de Bulimus 
Jifenkeanus, un exemplaire de très grande taille de Gyclostoma elegans et 
des exemplaires extrêmement petits XHelix obvoluta. Près de ce point, 
dans une flaque d'eau, au bord de la Meuse, ont été découverts un exem- 
plaire géant de Bithyriia tentaculata, mesurant 16 1/2 millimètres de 
longueur sur une largeur de 8 1/2 millimètres dans son dernier tour, et 
une Limnea auricularia, dont le sommet de la spire détachée présente 
une monstruosité scalariforme. Sur la rive gauche de la Meuse, entre 
Waulsort et Hastière, deux Hélix ericetorum, présentant un aspect sca- 
lariforme, ont été trouvées au milieu d'un certain nombre d'exemplaires 
normaux. Enfin, une Hélix Jdspida senestre a été découverte près du 
fameux gîte de fossiles du carbonifère. La liste générale que donne 
M. Roffiaen à la fin de sa notice renseigne quarante-huit espèces ou 
variétés. 

Le procès-verbal de la séance du 4 novembre contient une notice sur le 
D r Louis Pfeiffer, l'illustre malacologiste de Cassel, décédé le 2 octobre, 
extraite de la Nachrichtsblatt der Deutschen Malahozoologischen Gesell- 
scliaft. 

La question du local occupe cette séance, au procès-verbal de laquelle 
ne figure aucune communication d'ordre scientifique. 

Le 2 décembre, M. Lefèvre donne lecture de sa réponse aux observa- 
tions présentées par M. Rutot ( l ) au sujet de son rapport ( 2 ) sur le mémoire 
intitulé : Note sur la Rostellaria robusta ( 3 ). On se souviendra que 
M. Lefèvre avait conclu qu'il ne pouvait admettre de distinction entre la 
Rostellaria ampla du Limbourg et l'espèce proposée par M. Rutot pour les 
environs de Bruxelles. Après avoir rappelé les objections de M. Rutot, 

(!) Séance du 7 janvier 1877. 

(*) Séanoe du 3 décembre 1876. 

( 3 ) Description de la Rostellaria robusta {Mémoires, t. XI, pp. 105-109). 



260 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

M. Lefèvre déclare ne pas vouloir entamer une polémique et renonce à 
discuter le travail de M. Rutot, mais il maintient les conclusions de son 
rapport. Ayant l'intention de publier un travail d'ensemble sur les Ros- 
tellaires, il se bornera à communiquer à la Société quelques faits relatifs 
aux Rostellaria ampla de l'oligocène et à ceux de Barton. De la compa- 
raison des exemplaires de ces provenances, il conclut que si l'on veut éta- 
blir une variété ou des variétés parmi les grandes Rostellaires en question, 
« on ne peut jamais identifier la coquille du Limbourg belge avec celle 
des argiles de Barton, qui est plutôt un passage entre la première que 
nous venons de citer, dit-il, et la coquille de l'éocène moyen des environs 
de Bruxelles » . 

Pour trouver en Angleterre le type exact de l'aile de la coquille figurée 
par M. Rutot, on doit prendre les échantillons qui proviennent des couches 
de Brockenhurst, qui sont supérieures à celles de Barton. Mais si la 
forme est semblable, certains détails diffèrent. 

Après avoir parlé de la grande Rostellaire de l'oligocène inférieur de 
Sangonini, dans le Vicentin, M. Lefèvre fait remarquer que, dans la série 
des couches anglaises, il n'y a pas de lacune, la Rostellaria ampla ayant 
été trouvée à Bracklesham-Bay. De même pour la Belgique, on ne peut 
admettre que la coquille n'ait jamais existé dans le laekeuien inférieur, 
et on le peut d'autant moins quand on se souvient qu'il y a quelques 
années à peine, on ne connaissait pas encore de grandes Rostellaires dans 
le système tongrien de la Belgique. 

M. Van den Broeck annonce que, par suite des démarches faites par 
M. Lefèvre et par lui-même pendant leur voyage en Italie, la Société 
pourra probablement entrer en relation avec sept ou huit sociétés 
savantes italiennes. 

M. Lefèvre, complétant ces renseignements, fait part des résultats 
suivants : Le Musée d'histoire naturelle de Gênes, le journal de la Société 
des lectures et causeries scientifiques de la même ville, la Société toscane 
d'histoire naturelle, l'Accademia reale dei Nuovi Lincei de Rome, la Société 
Veneto-Trentina de Padoue, l'Académie royale des sciences de Turin 
enverront leurs publications à la Société malacologique, ainsi que la 
Société des lettres, sciences et arts des Alpes-Maritimes et celle des 
sciences naturelles de Cannes. M rao la marquise Paulucci se propose 
d'adresser à la Société une série de coquilles terrestres et fluviatiles' 
d'Italie, M. Foresti fera parvenir des fossiles pliocènes et M. Trois une 
sériede préparations anatomiques de mollusques. 

Le bulletin bibliographique, la liste des dons reçus pour les collections 
pendant l'année 1877, la liste des académies, instituts, sociétés savantes, 
musées, revues et journaux, etc., en relation d'échange de publications 



MÉMOIRES m 

avec la Société malacologique de Belgique au 31 décembre 1877 et enfin 
la liste générale des membres terminent le douzième volume des Annales. 
Dans le recueil des mémoires, on trouve les travaux suivants : 

I. Considérations nouvelles sur les systèmes boldérien et dieslien, par 
Paul Cogels. (Séance du 4 février 1877.) 

II. Valvata dùfuncta, G. Dollf. Espèce nouvelle des meulières supé- 
rieures des environs de Paris, par Gustave Dollfus. — Avec figures dans 
le texte. (Séance du 5 août 1877.) 

III. Additions à la faune tertiaire du bassin de Paris. — Description 
de deux Solens nouveaux, par T. Lefèvre et A. Watelet. — Avec une 
planche. (Séance du 7 octobre 1877.) 

IV. Tableau des terrains tertiaires de la France septentrionale, par 
J.de Cossigny. Note explicative. (Séances du 7janvier et du 7 octobre 1877.) 

Ce travail est accompagné des rapports de M. A. Rutot, de M. G. Dollfus et 
de M. J.Ortlieb, ainsi que d'un extrait d'une lettre de M. de Cossigny. 

V. Liste des principaux ouvrages, mémoires ou notices qui traitent 
directement ou indirectement des Brachiopodes vivants et fossiles, par 
Th. Davidson. (Séance du 2 avril 1876.) 

VI. Monographie du genre Sinusigera, d'Orb, par Alfred-E. Craven. 
— Avec trois planches coloriées. (Séance du 7 mai 1876.) 

Tome XIII. — Année 1878. 

Le procès-verbal de la séance du 6 janvier mentionne l'annonce de la 
remise, faite parla famille, des manuscrits de Gustave Collin, comprenant 
plus de 600 feuillets, avec nombreuses notes sur le genre Limnœa, ainsi 
qu'une cinquantaine de dessins originaux d'espèces et de variétés du même 
genre. Une commission, composée de MM. Roffiaen, Van den Broeck et 
Colbeau est chargée d'examiner ces documents. 

M. Lefèvre communique une Note sur le calcaire de Ludes, par 
André Eck. 

M. Eck, rendant compte de la composition de la montagne de Reims, 
dit que si l'on se dirige de Ludes vers le sommet du plateau, on observe 
sept couches, depuis la craie blanche à Belemnitella quadrata jusqu'à une 
série de lits de calcaires crayeux et de bancs d'argile verdâtre, qu'il rap- 
porte aux Caillasses ou époque lacustre du calcaire grossier supérieur, 
puis que l'on trouve l'étage du calcaire de Saint-Ouen, l'étag-e du calcaire 
de Ludes et l'étage des meulières et calcaire de Brie comprenant chacun 
plusieurs couches distinctes. Il fait remarquer que le calcaire de Ludes a 
recouvert le calcaire de Saint-Ouen sous des eaux tellement tranquilles 
qu'il lui est arrivé de trouver des Limnées sur une face d'un échantillon 
de pierre et des Pholadomyes sur l'autre. Certaines espèces du calcaire 



?6Î SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

de Saiut-Ouen passent dans le calcaire de Ludes, mais on ne rencontre 
aucune des espèces de ce dernier dans le calcaire de Saint-Ouen. Cette 
circonstance cûnfiime les idées émises par Deshayes, qui voyait une récur- 
rence des sables de Beauchamps dans un dépôt à faune marine observé à 
Argenteuil au-dessus du calcaire de Saint-Ouen et connu sous le nom de 
sables et grès infra-gypseux. Desbayes a décrit plus de trente espèces pro- 
venant de cette coucbe. On voit souvent de pareilles récurrences marines 
se renouveler, et, dans les bancs de marne et d'argile séparant les masses 
de gypse, on retrouve à plusieurs hauteurs des faunes marines à Phola- 
domya hidensis. C'est à une de ces récurrences que l'on doit le dépôt de 
Ludes. La rudesse et le grain grossier de ce calcaire rendent l'extraction 
des fossiles fort difficile. La Société géologique de France, dans une de ses 
excursions, n'avait pu recueillir que des moules qui permirent de constater 
la présence de vingt et un genres de mollusques. Deux espèces purent 
seulement être déterminées. De son côté, M. Rondot avait fait connaître 
huit genres de fossiles. M. Eck ayant relevé, au moyen de mastic, les 
empreintes laissées par les fossiles dans la rocbe, donne une liste de 
cinquante-six espèces dont la plupart sont déterminées spécifiquement. 
Malgré quelques déterminations restées douteuses, « il est facile de 
reconnaître, dit-il, que cette faune offre la plus grande analogie avec celle 
des sables moyens. Nous voyons qu'il y a simplement mélange des eaux 
lacustres en voie de former le travertin de Saint-Ouen avec les eaux 
marines de la mer de Beauchamps ; que, sur cette portion du bassin nord- 
est de Paris, cette mer s'étendit bien plus loin que la première fois, car 
nous n'avons jamais rencontré, malgré nos recherches, les sables moyens, 
soit fossilifères, soit azoïques; de même que le gypse, ces deux terrains 
font complètement défaut dans toute la montagne de Reims; aussi voyons- 
nous le calcaire de Saint-Ouen reposer directement sur le calcaire 
grossier supérieur, et les meulières de Brie recouvrir immédiatement le 
calcaire de Ludes » . Cette dernière formation , loin d'être localisée, a 
déjà été reconnue à Verzenay, Mailly, Rilly, Montchenot et Berru. 

M. Carez vient de découvrir à Blesme, près de Château-Thierry, a une 
coupe montrant le même phénomène qu'à Argenteuil, c'est-à-dire la 
couche à Pholadomya ludensis et autres espèces marines intercalée à 
l'étage gypseux, ce qui tend bien à prouver, comme nous l'avons supposé, 
que le calcaire de Ludes n'est pas synchronique des sables moyens des 
environs de Paris, mais bien du même temps que ces divers dépôts sau- 
mâtres, postérieurs au calcaire de Saint-Ouen et dus aux récurrences de 
la mer des sables moyens, et intercalés aux gypses, quand ces terrains 
existent, et formant des couches à part quand ces derniers manquent » . 

Aucune communication scientifique ne figure au procès-verbal de la 



MÉMOIRES 263 

séance du 3 février. On décide de reporter la publication de la monogra- 
phie 4u genre Sinusigera du tome XI au tome XII des Annales pour 
permettre le prompt achèvement du premier de ces volumes. 

A la séance du 3 mars, Colbeau donne lecture de son Rapport sur les 
manuscrits laissés par Gustave Collin à la Société malacologique de Bel- 
gique. Ces manuscrits se composent d'extraits d'ouvrages de divers 
auteurs, texte et figures, ayant rapport au genre Limnœa,de dessins et de 
notes inédites sur le même genre, propres à G. Collin, ainsi que d'une 
copie de ses travaux publiés dans les Annales de la Société. On remarque : 
1° une série d'environ 475 feuillets uniformes portant chacun le nom d'une 
espèce ou d'une variété de Limnœa, avec la mention de l'auteur qui l'a 
décrite pour la première fois, avec celle de sa patrie et quelques synony- 
mies; 2° une série d'environ 135 feuillets, d'un format un peu plus petit, 
portant en tête le nom d'un auteur qui s'est occupé du genre, avec l'indi- 
cation de ses ouvrages; 3° une série d'environ 45 dessins, la plupart ori- 
ginaux et bien exécutés, représentant des Limnœa, avec indication de la 
localité d'où l'échantillon provient, mais généralement sans nom spéci- 
fique. Ces dessins, exécutés sur des cartons uniformes, portent chacun 
en tête : Matériaux pour la monographie du genre Limnœa. Dans cha- 
cune de ces séries, on trouve, çà et là, des notes de G. Collin, mais elles 
ne sont pas rattachées entre elles et sont tout à fait préparatoires. On ne 
saurait donc les publier, mais elles pourraient être d'un grand secours 
à celui qui entreprendrait l'étude du genre Limnœa et lui épargneraient 
de longues recherches dans une quantité d'ouvrages. 

MM. Roffiaen et Van den Broeck se rallient aux conclusions du rapport 
de Colbeau, qui demande le dépôt aux archives de la Société. 

M. Lefèvre pense que la granle espèce d'Ovule du bruxellien de Saint- 
Gilles doit être rapportée à YOvula gigantea (Munster) et non à YO. Gisor- 
tiana, comme on l'admet généralement. M. Briart vient de trouver la 
même espèce dans le bruxellien de Mariemont. Colbeau rappelle que le 
capitaine Seghers ( l ) a également rapporté cette même espèce au Strombus 
gigantens (Munster), mais que cette détermination a été combattue par 
plusieurs membres en raison du manque de concordance des niveaux 
géologiques. 

M. É. Colbeau a observé, le 1 er mars, dans un jardin d'Ixelles, Hélix 
nemoralis, H. liortensis et H. arbustorum (ces dernières hélices rapportées 
d'Hastière deux ou trois ans auparavant) en mouvement par une tempé- 
rature de 13 degrés. 

A la séance du 7 avril, le secrétaire doune lecture d'une communication 

(') Séances du 6 août et du 5 novembre 1865. 



Ml SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

de M. le pasteur J.-H. Kawall, membre correspondant de la Société, atti- 
rant l'attention sur divers ouvrages dans lesquels il est question du para- 
sitisme des mollusques. Des poissons même mettent à profit des coquilles, 
des anodontes, etc., pour y déposer leurs œufs. Les ouvrages renseignés 
par M. Kawall sont : les Parasites du règne animal, par M. Van Be- 
neden ; Introduction to ConcJiology, par George Johnston, et un travail 
du docteur Noll, publié dans la revue der Zoologische Garten, Francfort, 
1869. 

A la séance du 5 mai, l'assemblée reçoit communication d'une lettre 
du secrétaire de l'Université libre de Bruxelles annonçant que le conseil 
d'administration de cet établissement a favorablement accueilli la demande 
de la Société malacologique tendant à obtenir une salle dépendante de 
l'Université. 

Le comité d'organisation de la fête en l'honneur de M. B.-C. Du 
Mortier invite la Société à s'associer à cette manifestation en adressant 
nne lettre de félicitations à l'illustre botaniste belge. 

Le conseil propose à l'assemblée d'y joindre le diplôme de membre 
honoraire de la Société, en souvenir des premiers travaux de M. Du Mor- 
tier qui ont été consacrés à l'étude des mollusques. Cette proposition du 
conseil est unanimement adoptée. 

A la séance du 2 juin, M. Van den Broeck demande la mise à l'ordre du 
jour de l'assemblée générale d'un projet d'exposition malacologique coïn- 
cidant avec les fêtes nationales en 1880. M. Lefèvre désire que la 
même assemblée s'occupe des questions relatives à la bibliothèque de la 
Société. 

M. Lefèvre annonce que M. Crocq vient de découvrir dans le bruxellien 
des coquilles lithophages, probablement des Lithodomes, genre qu'il croit 
n'avoir pas encore été cité dans les listes des fossiles de ce système. 

Le rapport de M. Briart, président de la Société, lu à l'assemblée géné- 
rale du 7 juillet, donne, entre autres, les renseignements suivants : 

Membres. — Le nombre des membres effectifs est de 99. Il était de 104 
l'année précédente. 

Local. — Par suite de la dissolution de la Société zoologique, la Société 
a dû chercher un autre local. Une commission, composée de MM. Crocq, 
Denis et Lefèvre, s'est mise en rapport avec les autorités universitaires, 
qui ont consenti à mettre à la disposition de la Société malacologique une 
des salles de l'Université de Bruxelles. Les collections resteront au local 
qu'elles occupent au Jardin zoologique, mais la bibliothèque sera trans- 
portée à l'Université. Une convention avec cet établissement en réglera 
l'usage, tout en réservant les droits de la Société malacologique. 

Réunions. — M. Briart demande s'il n'y aurait pas avantage à choisir 



MÉMOIRES 265 

pour les séances le premier samedi de chaque mois, jour des séances de 
l'Académie des sciences, au lieu de les reporter au lendemain. L'excur- 
sion annuelle qui devait avoir lieu à Battice n'a pu se faire, à cause du 
temps. 

Collections. — Elles se sont accrues par suite de dons faits par 
MM. Denis, Ressmann, Andrews et surtout par M. Foresti, qui a envoyé 
plus de deux cents espèces de fossiles pliocènes d'Italie. 

Bibliothèque. — Les échanges et les dons l'ont 'jonsidérablement 
enrichie. Le cercle des relations avec les sociétés savantes s'étend tous les 
jours. 

Publications. — Le tome XI des Annales et la fin du tome IX ont 
paru dans le courant de l'année. Le tome XIII (1878) est déjà à l'im- 
pression. 

L'assemblée adopte ensuite le projet de budget prévoyant en recettes et 
en dépenses la somme de 8,902 fr. 77 c. ; elle décide que, pendant les mois 
d'été (avril à septembre), les séances auront lieu au local du Jardin zoolo- 
gique, le premier dimanche de chaque mois, à 2 heures de relevée, et 
pendant les mois d'hiver (octobre à mars), au local de l'Université, le 
premier samedi de chaque mois, à 6 heures du soir; enfin, elle décide que 
l'excursion annuelle se fera à Renaix, Audenarde et environs le premier 
dimanche du mois de mai 1879 et jours suivants. L'assemblée mensuelle 
se tiendra dans une de ces localités. 

M. Van den Broeck donne lecture d'une proposition relative à l'orga- 
nisation d'une exposition malacologique en 1880, coïncidant avec les 
fêtes nationales projetées pour cette année. Il fait valoir en faveur de 
ce projet des considérations que lui inspirent le sentiment patriotique et 
national, l'intérêt scientifique et celui de la Société. Il développe sa pro- 
position en se plaçant à chacun de ces points de vue et rappelle que lui- 
même doit à l'exposition organisée par la Société malacologique, en 1866, 
la révélation du charme des études scientifiques. Après avoir exposé la 
marche qui lui semble devoir être suivie, il résume sa proposition en 
demandant à l'assemblée de voter, en principe, l'organisation d'une expo- 
sition malacologique coïncidant avec les fêtes nationales de 1880, de 
nommer une commission chargée, conjointement avec le conseil, de faire 
les démarches préliminaires pour s'assurer le concours du Gouvernement 
et des membres, enfin de déléguer à une assemblée de la Société le droit 
de statuer sur le rapport que ferait la commission précitée et de décider, 
le cas échéant, que l'exposition serait résolue et organisée directement 
sous les auspices de la Société. 

M. Lefèvre donne lecture de ses propositions concernant le service de 
la bibliothèque de la Société. N'ayant commencé ses fonctions de biblio- 



266 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

thécaire qu'au mois de mars, il ne peut encore annoncer que les livres sont 
à la disposition des sociétaires. Le grand nombre des volumes, l'absence de 
catalogue, l'installation nouvelle sont la cause de ce retard. Il expose les 
mesures prises pour faire face aux exigeuces de ce service et pour par- 
venir à l'évaluation exacte des dégâts causés par l'incendie de 1874. Le 
catalogue préliminaire, qu'il a dressé, renseigne 242 publications pério- 
diques (1,512 volumes), fournies par 174 sociétés ou institutions corres- 
pondantes, et 920 mémoires ou brochures offerts par 291 donateurs. 
M. Lefèvre soumet à l'assemblée un projet de règlement et en propose 
la discussion immédiate. 

M. Denis voudrait voir reviser l'article 13 des statuts. Le conseil de la 
Société devrait être complété par l'adjonction d'un trésorier, d'un biliothé- 
caire et d'un conservateur des collections choisis parmi les membres du 
conseil. Le nombre de ces derniers devrait être porté à sept. 

Les propositions de MM. Van den Broeck, Lefèvre et Denis seront 
mises à Tordre du jour d'une assemblée générale extraordinaire à la date 
du 4 août. 

L'assemblée du 7 juillet se termine par l'élection de MM. Fologne, 
Rutot et Van den Broeck en qualité de membres du conseil pour les années 
sociales 1878-1879 et 1879-1880, et par celle de MM. de Bullemont, 
Lefèvre et J. Cornet en qualité de membres de la commission des comptes 
pour l'année sociale 1878-1879. 

Le 4 août, alieu l'assemblée générale extraordinaire dont il vient d'être 
question. 

Le principe de l'organisation d'une exposition malacologique en 1880 
est adopté conformément à la proposition faite par M. Van den Broeck; 
mais ce projet ne pourra être mis à exécution qu'à l'aide du concours 
pécuniaire du Gouvernement. S'il est acquis à la Société, le conseil pourra 
s'adresser à d'autres sociétés belges qui seraient à même de l'aider à 
atteindre le but proposé. 

Relativement à la bibliothèque de la Société, le conseil communiquera 
à l'une des prochaines séances le règlement qu'il aura élaboré. 

La proposition de M. Denis de modifier l'article 13 des statuts est com- 
battue par Colbeau. M. RoSiaen propose l'amendement suivant, auquel 
se rallie M. Denis et qui est adopté : Dans le cas où le trésorier ou le 
bibliothécaire ne feraient pas partie du conseil, ils seront convoqués à ses 
séances et auront voix consultative dans les questions qui ont rapport à 
leurs fonctions . 

La troisième proposition qui se trouvait à l'ordre du jour de l'assemblée 
n'ayant pas été adoptée, il n'y eut pas lieu de s'occuper de l'élection éven- 
tuelle d'un septième membre du conseil. 



MÉMOIRES 267 

A la réunion mensuelle du même jour, le secrétaire effectue le dépôt du 
dernier fascicule du tome IX des Annales (1874) et celui du volume des 
Annales pour 1876 (tome XI ou 1 er volume de la seconde série). L'assem- 
blée apprend avec un vif regret la mort de M. Du Mortier, récemment élu 
membre honoraire. Elle nomme membres honoraires M. F.-V. Hayden, 
géologue des États-Unis, et M. Alf. E.-C. Selwyn, directeur du Qeolo- 
gical Survey du Canada. 

Colbeau annonce que M. Pire a trouvé à Saint- Gilles un Planorbis corn- 
planatus, scalaire, dans un fossé qui ne contenait pas de Lemna, mais 
seulement des conferves et des callitriches. 

Le 1 er septembre, les livres de la Société, qui se trouvaient au Jardin 
zoologique, sont transportés au local de l'Université et placés dans leurs 
rayons. Les dégâts causés par l'incendie sont plus considérables qu'on ne 
l'a cru d'abord. 

La séance du 5 octobre se tient dans le local mis à la disposition de la 
Société par l'Université libre. M. Roffiaen, présidant la séance en l'ab- 
sence de M. Briart, rend hommage à la sollicitude bienveillante du con- 
seil d'administration de cet établissement et le remercie du service signalé 
qu'il rend à la Société malacologique. Il remercie également MM. Crocq 
et Denis pour avoir puissamment contribué à faire obtenir ce résultat, et 
MM. Fologne et Lefèvre pour avoir donné tous leurs soins à la nouvelle 
installation et à l'aménagement de la bibliothèque. 

Dans la correspondance lue en cette séance, figure une lettre émanant 
de l'Administration communale de Bruxelles, devenue propriétaire du 
Jardin zoologique, et inforrnant la Société malacologique de la nécessité 
où elle se trouve de dénoncer la convention conclue avec la Société zoolo- 
gique , aujourd'hui dissoute, relativement à la concession d'un local. 
L'Administration communale ajoute qu'elle sera toujours heureuse de 
lui offrir l'hospitalité. L'assemblée accepte cette offre et charge le conseil 
de remercier l'Administration de la ville. 

Colbeau lit un court rapport sur le travail de M. le docteur 
Tiberi, intitulé : I Moïlusclii marini d'Itâlia. Cefalopodi, Pteropodi, 
Eteropodi viventi nel Mediterraneo e fossili nel terreno terziario Ita- 
liano, dont l'assemblée vote l'impression dans les Mémoires. 

M. Vincent montre des fossiles recueillis aux environs de Louvain et 
donne lecture de la communication suivante : Quelques nouvelles observa- 
tions relatives au système wemmelien. Cette communication est faite 
également au nom de M. Rutot. 

Les auteurs ont été amenés à classer dans le système wemmelien qu'ils 
ont récemment établi des couches rapportées par Dumont aux systèmes 
laekenien supérieur, tongrien, rupelien et diestien. Les rivages de la mer 



268 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

wemmelienne a peuvent être représentés par une ligne passant entre Lille 
et Cassel, à Mouscron, au sud de Renaix, au sud de Grammont, au sud 
de Bruxelles, au sud de Louvain, puis tournant brusquement par l'est de 
Louvain, vers le nord, se continuant vers l'est de Malines, puis vers la 
Hollande, les contours ne pouvant plus être suivis à partir de Malines, à 
cause de la présence des dépôts superficiels » . 

Les salles chamois, Yargile glauconifère et les sables de Wemmel ont été 
rencontrés dans un forage exécuté à Aertselaer, au sud d'Anvers, par 
M. 0. van Ertborn. Les auteurs donnent l'épaisseur de ces assises de 
même que celle qu'ils leur ont reconnue au nord-ouest de Bruxelles où 
elles sont surmontées de grès ferrugineux provenant de l'altération de la 
partie supérieure glauconifère et grossière des sables chamois. 

Dans une excursion récente, les auteurs ont longé une partie du rivage 
de l'ancienne mer wemmelienne. Partant d'un point situé entre Bruxelles 
etNinove où le wemmelien est bien visible, ils se sont dirigés sur Wemmel, 
puis sur Cortenberg, où l'ancien rivage passe non loin vers le sud. Ils ont 
pu reconnaître de cette façon la diversité des sédiments déposés par la 
mer suivant l'ordre naturel de poids et de volume. A Dilbeek, par exemple, 
où la mer était assez profonde, les sables de Wemmel sont sensiblement 
argileux et les lamellibranches sont plus abondants qu'ailleurs. En se 
rapprochant de Wemmel, on voit le sable devenir de moins en moins 
argileux ; les couches commencent à présenter les superpositions consta- 
tées dans le nouveau système ( 1 ). Dans une tranchée creusée à l'intersec- 
tion de la chaussée romaine et de la route de Merchtem, on voit les grès 
ferrugineux que tout le monde croyait d'origine diestienne, c'est-à- 
dire pliocène, se rattacher insensiblement au sable éocène sous-jacent. 
On peut suivre le wemmelien jusqu'à Over-Hembeek, où les coupes sont 
interrompues par la vallée de la Senne, et on le retrouve sur l'autre ver- 
sant dans la grande tranchée du chemin de fer de Bruxelles à Louvain, 
en face de Nosseghem. Le voisinage de la côte a exercé son influence sur 
la nature des dépôts; mais, grâce à des points de repère, on parvient à 
les déterminer. Dans les sablonnières, on observe, en effet, le gravier, base 
du wemmelien, reposant sur le bruxellien. Au-dessus du gravier, viennent 
des sables blanchâtres vers le bas, qui se chargent bientôt de glauconie, 
prennent une teinte rousse et sont alors traversés par des lits de pla- 
quettes ferrugineuses, dont les proportions s'accroissent au point de 
former des bancs cohérents de plusieurs décimètres d'épaisseur. Au milieu 
de cette masse, dont la puissance est d'environ 5 mètres, se rencontre un 

(•) Il serait difficile de dire actuellement à quel étage se rapportent toutes les couches 
renseignées par les auteurs dont les opinions se sont modifiées dans la suite en plus d'un 
point. 



MÉMOIRES 269 

banc continu, horizontal, siliceux, assez dur, composé uniquement de 
Nummulites planulata, var. minor, silicifiées et renfermant également 
des coquilles dont les auteurs donnent une liste comprenant seize 
espèces. 

Ce banc dur est la continuation du banc à Nummulites de Wemmel qui 
se trouve vers le bas de l'argile glauconifère. Plus haut se présentent de 
nouveau des sables ocreux contenant un ou deux bancs ferrugineux, puis 
des lignes de plaquettes ferrugineuses. Dans l'une de celles-ci, toute la 
faune de Wemmel a été retrouvée. MM. Vincent et Rutot citent les noms 
de quarante-deux espèces qu'ils y ont recueillies. Plus haut encore, ils 
ont trouvé une couche d'argile sableuse représentant l'argile glauconifëre, 
et au-dessus, dans un trou creusé au sommet de la colline, les sables 
chamois, encore très argileux, ravinés par le diluvium caillouteux, épais 
d'un mètre en ce point. 

Les auteurs font remarquer que le faciès côtier ou sableux s'est remar- 
quablement développé en se rapprochant du rivage. L'aspect des fossiles 
recueillis dans le lit ferrugineux qui recouvre le banc de Nummulites 
indique très clairement, comme le fait d'ailleurs la faune, l'existence d'un 
cordon littoral en cet endroit. Aux environs d'Everberg, la transformation 
est complète. « Au-dessus des sables bruxelliens, repose le gravier, base 
du wemmelien, avec ses fossiles ordinaires, puis on voit se développer une 
assise entièrement sableuse, de 15 à 20 mètres d'épaisseur, dont les 
grains, d'abord assez 6ns, deviennent de plus en plus gros et plus glau- 
conifères en montant et se changent finalement, au sommet, en masses 
de grès ferrugineux assez durs, qui constituent ce que Dumont prenait 
pour son système diestien. » Le passage ou plutôt la fusion des sables de 
Wemmel avec les sables chamois et les sables et grès ferrugineux supé- 
rieurs doit être cherché, disent les auteurs, dans le biseau formé par 
l'extrême bord des dépôts. 

M. Van den Broeck, ayant assisté avec M. Rutot à l'excursion organisée 
par la Société géologique dans le Limbourg, désire attirer l'attention de 
la Société sur le résultat des explorations paléontologiques faites à cette 
occasion dans les couches oligocènes et quaternaires de cette région. Le 
gîte classique de Vieux- Jonc, près de Tongres, a fourni à M. Vau den 
Broeck, deux espèces de Planorbis dont l'une au moins n'avait pas été 
signalée dans les sables du Limbourg, et un Pupa, admirablement con- 
servé, qui est la première coquille de ce genre qui soit mentionnée fossile 
en Belgique. 

Dans un dépôt de diluvium observé à Neerepen, ils ont découvert une 
variété voisine de Cerithium trochleare, Desh., espèce caractéristique de 
l'horizon de Morigny (sables de Fontainebleau), auquel correspondent 



270 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

précisément nos sables fluvio-marins et qui n'avait pas encore été recueillie 
en Belgique. 

La tranchée du chemin de fer de Tongres à Saint-Trond a fourni des 
données précieuses pour l'étude du terrain quaternaire. Sous un limon 
friable et tendre contenant Hélix hispida en très grande abondance et 
Succinea ollonga, limon surmonté d'autres dépôts quaternaires, ils ont 
trouvé dans des poches « représentant le diluvium ancien, de petits lits 
argileux localisés renfermant en abondance plusieurs espèces de coquilles 
terrestres et fiuviatiles qui manquent dans le limon à Hélix » et qui appar- 
tiennent aux genres Hélix, Pupa, Vertigo, Succinea et Limnœa. 

M. Crépin fait voir quelques coquilles de Wemmel, solidifiées par le 
vernis Ruidant, et remet une Note sur le vernis nilrificateur de Ruidant, 
propre à la conservation des fossiles. Ce vernis, qui sert spécialement pour 
les meubles, les voitures, s'emploie également pour les métaux et solidifie 
les pierres tendres. Appliqué sur des empreintes végétales du terrain 
houiller, il rend plus distinctes les impressions charbonneuses , sans 
encrasser les reliefs ou les creux de la nervation. Il ne laisse aucun luisant 
aux parties des pièces non recouvertes de charbon et empêchera proba- 
blement les efflorescences pyriteuses de se produire ; en tout cas, les 
pièces qui en sont imprégnées peuvent être lavées sans inconvénient. 
Les mêmes avantages ont été constatés pour la conservation des coquilles 
fragiles de Wemmel, c'est-à-dire solidification des objets, absence de 
luisant et conservation de la couleur naturelle. L'imbibifion du vernis est 
très rapide et les fossiles ainsi traités n'adhèrent pas à la plaque de verre 
ou au papier sur lequel ils reposent. 

M. Lefèvre rend compte des démarches qu'il a faites, au nom de la 
Société, pendant son séjour à Paris à l'occasion du Congrès de géologie, 
auprès des institutions étrangères qui étaient représentées à cette réunion 
et avec lesquelles la Société malacologique ne se trouvait pas encore en 
relation. La Commission géologique du Portugal, l'Institut géologique de 
la Hongrie, la Société d'histoire naturelle de Zurich, la Société des 
sciences physiques et naturelles de Naples, l'Institut I.-R. géologique 
d'Autriche enverront leurs publications. La Société obtiendra également 
le recueil intitulé : tlie American naturalist Journal et, par l'entremise 
de M. Van den Broeck, la série complète des Transactions of tîie New- 
Zealand Institute. 

Le 2 novembre, M. Van den Broeck annonce, au nom de M. Rutot et 
au sien, la continuation de leurs recherches dans le Limbourg ('). 

Dans une première tranchée, qui s'étend depuis Tongres jusqu'à la ren- 

Q) Voir séance du 5 octobre. 



MÉMOIRES 274 

contre de la route de Bilsen, dans la direction de Looz, on trouve la suc- 
cession suivante de dépôts quaternaires ravinant l'argile de Hénis et 
l'assise sableuse sous-jacente des sables de Neerepen : 

I. A la base, un lit de gros galets de silex roulés accompagné d'argiles 
et de sables tertiaires remaniés et stratifiés, et de coquilles marines d'ori- 
gine tertiaire. Ce dépôt est localisé dans les dépressions les plus profondes 
formées par ravinement dans le terrain tertiaire. 

IL Un limon jaunâtre calcarifère, nettement stratifié, contenant aux 
points où il est limoneux une quantité considérable à" Hélix Mspida et de 
Succinea oblonga. 

A la base, il présente un mince lit argileux avec Pupa, Vertigo, Suc- 
cinea, Hélix et Limnœa qui se trouvent accompagnés de coquilles ter- 
tiaires remaniées. Cette argile n'est pas toujours fossilifère et passe insen- 
siblement, au limon jaunâtre à Hélix dont elle ne peut être stratigraphi- 
quement séparée. 

III. Zone sableuse stratifiée ayant parfois à la base des graviers de 
silex roulés et de nombreuses coquilles tertiaires remaniées. En certains 
points, elle paraît se confondre avec le limon à Hélix, mais elle forme 
néanmoins un dépôt distinct. 

IV. Limon argileux généralement décalcifié et présentant à la base un 
lit continu de galets roulés. 

Les coucbes I et II sont rapportées par les auteurs au diluvium ancien, 
« les alternances argileuses et sableuses dénotant les variations de vitesse 
des eaux quaternaires, entraînant tantôt des galets et des sables, déposant 
tantôt des limons et des argiles » ; la couche IV est rapportée au loess ou 
limon quaternaire; elle se retrouve vers Looz avec tous les caractères de 
l'ergeron. 

« Non loin de la rencontre de la première tranchée avec la route de 
Bilsen » , MM. Van den Broeck et Rutot ont pu « observer en place, vers 
la partie supérieure, de l'argile de Hénis, le lit coquillier à CytJierea, qui 
a été si souvent déjà signalé dans le Limbourg, mais dont la position stra- 
tigraphique n'était pas encore nettement établie, d'autant plus que cette 
couche a été souvent remaniée par le quaternaire » . 

En un autre point de la voie, à Kerniel, le lit coquillier à Cytherea 
constitue la partie supérieure de la glaise verte de Hénis et se trouve 
recouvert parles sables fluvio-marins du Limbourg. 

« On voit à Kerniel, disent MM. Van den Broeck et Rutot, l'argile à 
Nucules, recouverte par un puissant dépôt de sables boldériens; le contact 
est visible sur plus d'un kilomètre, et nous avons pu nous assurer, de la 
manière la plus certaine, qu 'entre l'argile à Nucules et le sable boldérien, 
il existe, au point de vue stratigraphique et litliologique, un passage gra~ 



272 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

duel et insensible, constant sur tous les points de contact. Il n'existe ni 
galets, ni graviers, ni aucune ligne de séparation entre les deux dépôts. » 

Cette observation confirme l'opinion exprimée par MM. Dollfus et Ort- 
lieb et par M. Van den Broeck, « d'après laquelle le sable boldérien de 
Dumont ne serait autre cbose que le terme le plus élevé de la série oligo- 
cène. Ce sable meuble et sans fossiles, loin de constituer un système 
distinct dans la série tertiaire, représente simplement la pbase d'émer- 
gence, la plage sableuse et la dune des couches marines (argile de Boom 
et argile à Nucules) qui terminèrent dans nos régions la sédimentation 
oligocène (') » . 

La découverte de Pétoncles et de Pecten ffoeninghausi h Kerniel à la 
base du dépôt fluvio-marin n'est guère favorable à la manière de voir des 
auteurs qui considèrent l'horizon des sables à Pétoncles de Bergh comme 
postérieur à celui de Vieux-Jonc ou de Klein-Spauwen. MM. Van den 
Broeck et Rutot les regardent comme contemporains « le premier représen- 
tant simplement un faciès d'eau plus profonde que le second » . 

L'horizon coquillier de Vieux-Jonc exploré à Kerniel leur a fourni une 
petite Auricula, probablement nouvelle pour la faune du Limbourg, et une 
seconde espèce de Pupa différente de celle qui a été découverte à Vieux- 
Jonc. 

A la séance du 7 décembre, le secrétaire communique les réponses 
reçues à la circulaire relative à l'exposition de 1880. MM. Fr. Berchem, 
C. Blanchart, A. Briart, P. Cogels, É. Colbeau, J. Colbeau, F.-L. Cornet, 
F.-J. Cornet, Ph. Dautzenberg, A. Delacre, J. De la Fontaine, comte G. 
de Looz-Corswarem, G. Dewalque, P. Hallez, Ed. Lanzweert, Th. Le- 
fèvre, C. Malaise, Aug. Neissen, L. Pire, J.-C. Purves, Fr. Roffiaen, 
A. Rutot, M. Schepman, Ern. Van den Broeck et G. Vincent promettent 
leur concours et indiquent les collections qu'ils pourront exposer. 

M. Roflaaen rend compte d'une entrevue qui a eu lieu entre M. De 
Vergnies, remplaçant l'échevin des finances de la ville de Bruxelles, et les 
délégués de la Société au sujet du retrait du local concédé à la Société 
malacologique par la Société royale de zoologie dans un bâtiment devenu 
propriété de la ville. La ville de Bruxelles interviendra dans les frais 
d'installation de la Société à l'Université. 

Colbeau lit un court rapport sur la description, par M. Bryce Wright, 
d'un Murex remarquable de la Nouvelle-Calédonie M. Huttoniœ. Ce tra- 
vail sera iuséré dans les Annales. 

M. Vincent donne lecture, au nom de M. Rutot et au sien, d'une Note 



(!) MM. Van den Broeck et Rutot durent renoncer plus tard à leur manière de voir 
relativement à la réunion du boldérien au rupelien. Ces deux étages sont bien distincts. 



MEMOIRES 273 

sur quelques observations géologiques et paléontologiques faites aux envi- 
rons de Loiivain, par G. Vincent et A. Rutot. Les auteurs ont reconnu 
leur système wemraelien à Terbank et à Termunck, ainsi que dans les 
collines du Predikherenberg, le long de la route de Tirlemont. Partant 
d'une ancienne tranchée de chemin de fer abandonnée, creusée dans les 
sables bruxelliens, on constate, « en se dirigeant vers la route de Ter- 
vueren, le contact du gravier, base du wemmelien, sur les sables bruxel- 
liens; puis, on voit se développer les sables de Wemmel, surmontés de 
l'argile glauconifère non directement observable, mais dont la présence 
n'est pas douteuse, à cause de l'inclinaison du chemin et de la boue con- 
stante qui le recouvre ». A un niveau supérieur apparaissent « des sables 
blancs, fins, à bandes ocreuses, qui passent vers le haut à des sables de 
couleur orangée, recouverts eux-mêmes par les sables verts, grossiers, à 
lits de plaquettes ferrugineuses, qui constituent le système diestien de 
Dumont ( 1 ). Ces sables verts, grossiers, sont nettement séparés des sables 
orangés sous-jacents par un lit épais de gros silex roulés, ovoïdes, iden- 
tiques à ceux de la base du diluvium ancien » . 

Le long de la chaussée de Tirlemont, la série se présente d'une manière 
encore plus complète. Au pied de la colline, on voit dans une excavation 
le bruxellien surmonté du gravier, base du wemmelien, puis dans une 
autre excavation les sables de Wemmel jusqu'à leur passage à l'argile 
glauconifère, ensuite dans une grande briqueterie « la masse de l'argile 
glauconifère, passant insensiblement aux sables chamois, surmontés eux- 
mêmes, par transitions insensibles, de sables de plus en plus grossiers, 
blancs, avec petites lignes ferrugineuses et ressemblant à s'y méprendre 
aux sables blancs du bruxellien inférieur » . Immédiatement au-dessus, on 
trouvait « une ligne de gravier, épaisse de 40 à 50 centimètres, composée 
de galets de silex ronds, noirs et plats, de grains quartzeux très roulés et 
translucides et d'assez nombreux fragments, moins roulés, de roches appar- 
tenant à des calcaires dévoniens et carbonifères. Enfin, ce lit de galets 
était surmonté de sables jaunâtres meubles, se transformant vers le haut 
en une argile grise avec concrétions calcaires, peu épaisse et passant 
insensiblement à un sable à grain assez fin, ferrugineux, devenant de plus 
en plus grossier, jusqu'au sommet, où il est agglutiné en bancs ferrugi- 
neux, durs, encore signalés comme diestien par Dumont ( 2 ) » . Par suite 
de l'absence de fossiles, les auteurs s'abstiennent de discuter l'âge de cette 
formation. Ils ont été plus heureux pour le bruxellien et pour le wemtne- 
lien. A Terbanck (à la traversée de la tranchée de chemin de fer aban- 

(') Dumont a rapporté avec raison cette formation au diestien. 

(*) L'existence, en ce point, de l'étage rupelien représenté par ses deux sous-étages 
et celle de l'étage diestien ne paraissent pas douteuses. 

1880 18 



274 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

donnée), à Termunck (chemin creux) et le long de la route de Tirlemont 
(dans une excavation de peu d'étendue), ils ont trouvé le bruxellien 
fossilifère. Enfin, en un quatrième point, situé dans la grande tranchée 
creusée au pied du mont César, ils ont trouvé des fossiles bruxelliens 
remaniés; ces fossiles consistant principalement en dents de poissons alté- 
rées et réduites à l'émail « se rencontrent à la superficie des sables du 
bruxellien inférieur, dans le lit de cailloux roulés dont Dumont a fait la 
base de son système diestien, représenté en ce point par environ 12 mètres 
de sables grossiers stratifiés, traversés par des bancs de grès ferru- 
gineux ». 

Les auteurs contestent l'opinion « qui fait de cette masse sableuse — 
dont la base est formée d'un gravier de silex roulés identiques à ceux de 
la base du dÀlumum ancien, mêlés à des silex ronds, noirs et plats et à 
des dents de poissons dont l'origine n'est pas douteuse — un dépôt d'âge 
pliocène (') » . 

Sans vouloir pour le moment développer leurs idées et leurs preuves, 
ils disent que, pour eux, «ces sables représentent le quaternaire ancien, 
formé au détriment des couches sous-jacentes » . 

Le wemmelien fossilifère a été rencontré dans un chemin creux à 
Termunck. « Au-dessus de plusieurs mètres de bruxellien calcareux avec 
lits de grès fossilifères, on remarque une ligne plus ou moins régulière de 
blocs de grès très durs, blancs, que l'on prendrait à première vue pour le 
dernier banc de grès du bruxellien. Au-dessus de ces grès et entre eux, 
lorsque la ligne est interrompue, on aperçoit un gravier fin surmonté de 
sables ocreux, qui ne sont autres que la base du wemmelien, surmontée 
des sables de Wemmel. » Ces blocs solides sont remplis d'empreintes « de 
coquilles enlevées au laekenien ou sable à Ditrupa strangulata, qui devait 
primitivement exister dans ces régions et qui a été, presque partout, 
entièrement enlevé et détruit lors de l'arrivée des eaux de la mer Wemme- 
lienne » . D'après les observations des auteurs, « il a dû exister des couches 
laekeniennes, à la partie supérieure des sables à Ditrupa, qui étaient 
caractérisées par de nombreuses coquilles du calcaire grossier moyen » 
que l'on ne retrouve plus dans les lambeaux de laekenien qui ont échappé 
à la dénudation wemmelienne. 

Ces coquilles trouvées dans le gravier base du 'wemmelien à Forest, à 
Laeken et à Melsbroeck sont des Chames,des Cardites, des Crassatelles, de 
grandes Lucines, etc. Les auteurs donnent, en conséquence, la liste des 
espèces qu'ils ont recueillies dans le gravier de Termunck. En note, nous 
trouvons cependant que de très petites parties de ces couches laekeniennes 

( l ) L'âge pliocène du dépôt a été reconnu définitivement plus tard, 



MÉMOIRES 275 

contenant des Chaînes, des Crassatelles, des Corbis ont été reconnues à 
Bruxelles, près de la plaine des manœuvres, et à Forest. 

En la séance du 7 décembre, il est encore question du projet d'exposition 
et M. Rutot fait une communication relative à un ver phosphorescent 
trouvé dans une huître. 

A la suite du Bulletin des séances, est insérée une notice par MM. L. Pire 
et Th. Lefèvre, intitulée : la Malacologie à l'exposition universelle de 
Paris (J878.) Dans ce simple compte rendu, les auteurs ne pouvaient 
avoir pour but de donner une analyse détaillée des richesses scientifiques 
réunies à Paris. Ils se sont bornés à rappeler le souvenir de ce qu'ils ont 
vu sans même citer toutes les collections paléontologiques. Pour leur énu- 
mération, ils ont adopté le système de classement par pays et par ordre 
alphabétique. On trouvera dans leur travail des détails sur les pays 
suivants : Algérie (commerce du corail; fossiles : collection de Clypeaster 
du miocèue moyen). — Australie. — Canada (eozoon). — Ceylan (huîtres 
perlières). — Cochinchine (nacre). — Espagne (fossiles néocomieus). — 
France (collection de fossiles formée par MM. Hébert et Munier-Chalmas 
pendant leurs missions en Allemagne, en Suisse, en Italie et en Hongrie; 
collection de fossiles de MM. Tournouër, Rivière, Royer, etc.; exposition 
ostréicole). — Guadeloupe (camées sur coquilles; éponges; collection de 
coquilles comprenant 781 espèces). — Guatemala. — Hongrie (numinu- 
lites). — Italie (collection des coquilles terrestres et fluviales de l'Italie 
exposée par la marquise Paulucci). — Ile Maurice. — Nouvelle-Calédonie 
(fossiles et espèces vivantes). — Nouvelle-Galles du Sud (fossiles), — 
République Argentine (fossiles). — République de Saint-Marin (fossiles). 

— Saint-Pierre et Miquelon (encornets). — Sénégal. — Suède (fossiles). 

— Tahiti (nacres). 

Le volume se termine par le bulletin bibliographique, la liste des dons 
reçus, celle des institutions correspondantes et celle des membres. 
Le recueil des Mémoires contient les travaux suivants : 

I. De quelques mollusques terrestres napolitains ,ou nouveaux, ou peu 
connus, par leD v N.Tiberi {Mémoire inédit traduit de l'italien par Jules 
Colbeau. — Avec deux planches coloriées. (Séance du 3 février 1878.) 

II. Recherches paléontologiques. — Les grandes espèces d'Ovules des 
terrains éocènes. — Description de l'Ovule des environs de Bruxelles. — 
Ovula (Strombus) gigantea, Mùnst. sp. } par Th. Lefèvre. — Avec six 
planches. (Séance du 2 juin 1878.) 

III. Mollusques marins d'Italie. — Céphalopodes, Ptéropodes, EètèrO' 
podes vivants de la Méditerranée et fossiles du terrain tertiaire d'Italie, 
par le D T N. Tiberi (Mémoire inédit traduit de l'italien par Jules 
Colbeau). (Séance du 4 août 1878.) 



276 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

IV. Murex Huttonice, par Bryce Wright. — Avec une planche coloriée. 
(Séance du 2 novembre 1878.) 

V. Description de quelques coquilles fossiles des argililes de Mor- 
lanioelz, par Alph. Briart et F.-L. Cornet. — Avec une planche. (Séance 
du 7 décembre 1878.) 

Tome XIV. — Année 1879. 

Le 4 janvier 1879, M. Rutot donne lecture de son rapport sur le travail 
de MM. Briart et Cornet intitulé : Description de quelques coquilles fossiles 
des argilites de Morlanroelz. 

Cette couche, après avoir été rapportée au paniselien, est généralement 
rangée dans l'ypresien inférieur. 

M. Rutot attire l'attention sur l'étude de la Nucula fragilis à laquelle 
les auteurs du mémoire se sont livrés et fait remarquer « qu'en Belgique 
cette espèce n'est pas confinée comme en France dans l'éocène inférieur; 
chez nous, elle monte jusque dans la partie inférieure de l'éocèue moyen, 
c'est-à-dire jusque dans le bruxellien supérieur, ainsi que nous l'avons 
reconnu, dit-il, avec M. Vincent... j MM. Vincent et Rutot ont également 
retrouvé Nucula fragilis dans l'ypresien supérieur, dans les psammites du 
Mont-Panisel, de Renaix, etc., et dans les sables à Cardita planicosta, 
dAeltre et de Gand dont la faune indique nettement lage éocène inférieur 
ou des sables de Cuise et qu'ils ont rangé dans l'étage paniselien. 

M. Rutot lit ensuite une Note sur des fossiles du tongrien inférieur. 
Cette communication a trait à des fossiles recueillis dans le célèbre gîte 
de Grimmertingen par M. le comte G. de Looz. 

M. Rutot mentionne deux exemplaires de Cyprœa, un Terebellum 
presque complet, un exemplaire de Xenophora extensa? des pleurotomes 
rares tels que Pleurotoma Volgeri et de nombreuses autres coquilles de 
gastéropodes et de lamellibranches. Au sujet d'un magnifique exemplaire 
de Cassidaria oiodosa, Brand., M. Rutot fait remarquer que si le type de 
cette coquille se trouve uniquement dans le wemmelien ou dans l'éocène 
supérieur et le type désigné sous le nom de Cassidaria BucTii dans l'argile 
de Boom ou oligocène moyen, on constate que, dans le tongrien inférieur 
ou oligocène inférieur, « presque toutes les coquilles présentent des 
caractères communs aux deux types et constituent un cas de nomenclature 
des plus embarrassants » . 

« A l'exemple de quelques auteurs allemands qui avaient déjà reconnu 
le fait » , M. Rutot fera donc « lors de la description de l'espèce, un groupe 
du Cassidaria nodosa » dans lequel il rapportera C. DucM, Boll., à 
titre de variété à C. nodosa, Brand., et dans lequel la forme intermé- 
diaire qui be rencontre dans l'oligocène inférieur sera désignée sous le nom 



MÉMOIRES 277 

de C. nodosa, var. intermedia, Rutot, les exemplaires des C. nodosa, 
Brand., et G. JBucJii, Boll., étant classés avec l'une ou l'autre de ces 
coquilles, suivant les cas. 

Une question importante se trouvait à l'ordre du jour de la session du 
4 janvier, celle de Y exposition malacologique . MM. Dewalque, de Looz 
Corswarem, Schepraan, Cogels, Briart, Lauzweert, Delacre, Malaise, 
Hallez, Rutot, Vincent, Roffiaen, Lefèvre , É. Colbeau, F.-L. Cornet, 
Van den Broeck et J. Colbeau ont fait connaître l'espace qu'ils désirent se 
voir réserver. L'ensemble de leurs collections couvrirait une surface 
d'environ 400 mètres carrés. 

L'idée d'une exposition de spécimens exclusivement belges est aban- 
donnée de môme que celle d'une exhibition collective. « Le but de l'expo- 
sition ne peut pas être de montrer uniquement le produit du sol belge 
depuis des temps immémoriaux, mais surtout de montrer le produit du 
travail des Belges depuis 1830, quelle que soit l'origine des matériaux sur 
lesquels ce travail s'est exercé. » 

Le 1 er février, la Société reçoit communication d'un arrêté royal en 
date du 30 décembre 1878, lui allouant un subside de 750 francs, à l'occa- 
sion de la publication du second fascicule du tome IX des Annales. 

M. Rutot donne lecture d'une notice intitulée : Observations nouvelles 
relatives à la faune du système Iruxellien et à celle de l'ancien laekenien 
supérieur, actuellement système wemmelien, par G. Vincent et A. Rutot. 
En effectuant la revision des listes de fossiles du système bruxellien et de 
l'ancien étage laekenien supérieur devenu le système wemmelien les 
auteurs ont découvert de très graves erreurs de détermination qu'ils 
s'empressent de faire connaître. En ce qui concerne le bruxellien, la 
coquille connue sous le nom de Cytherea suberycinoides n'est autre chose 
que Cytherea proxima, commune dans les sables de Cuise; Cardita ele- 
gans est O. Prevosti également de Cuise; la plupart des petits Pétoncles 
rapportés au Pectunculus pulvinatus doivent l'être au P. dispar, du 
calcaire grossier inférieur; Arca barbatula est A. condita; Voluta mixta 
est V. torulosa, etc. 

Pour les coquilles du laekenien supérieur ou des sables de Wemmel, 
les erreurs ont été plus nombreuses encore et, par conséquent, plus 
« nuisibles aux géologues, pour l'appréciation de l'âge relatif des 
couches de terrain » . 

Presque toutes les espèces qui n'ont pas été reconnues comme nouvelles 
pour la science se trouvent être des espèces abondantes dans les sables 
moyens, en France, et dans l'argile de Barton, en Angleterre. 

Les auteurs donnent ensuite une Liste des espèces fossiles communes au 
système wemmelien, aux sables moyens de France et à l'argile de Barton, 



?78 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

en Angleterre, liste dans laquelle ils renseignent les noms figurant dans 
les anciennes listes. 

Comme résultat général de leurs recherches, les auteurs exposent 
qu'ayant pu déterminer avec certitude cent quarante espèces de mol- 
lusques sur les cent cinquante-deux qu'ils ont recueillies, ils ont trouvé 
trente-huit espèces entièrement nouvelles, soixante-cinq espèces com- 
munes au wemmelien, aux sables moyens et à l'argile de Barton , c'est- 
à-dire un total de cent trois espèces pouvant servir à caractériser le 
nouveau système. 

La Société vote ensuite des remerciements à M. E. Fologne pour les 
dessins, qu'il a bien voulu exécuter, du mobilier nécessaire à l'exposition 
malacologique, et M. Van den Broeck fait verbalement une communica- 
tion préliminaire sur le mémoire de M. Winkler intitulé : Considéra- 
tions géologiques sur l'origine du Zand-Diluvium. 

A la séance du 1 er mars, M. Van den Broeck donne lecture d'une note 
intitulée : Diluvium et campinien. Réponse à M. le D' Winkler, par 
Ernest Van den Broeck et Paul Cogels. Dans ce travail, les auteurs 
répondent à la critique faite par le savant néerlandais de leurs Observa- 
tions sur les couches quaternaires etpliocènes de Merxem,à^x\& son mémoire 
intitulé : Considérations géologiques sur l'origine du Zand-Diluvium, du 
sable campinien et des dîmes maritimes des Pays-Bas; ils l'analysent en 
détail et arrivent à formuler, en quelque sorte, une théorie du quaternaire. 
Après avoir rappelé que M. Winkler divise le diluvium des Pays-Bas en 
cinq grandes masses ou dépôts qu'il nomme diluvium septentrional, dilu- 
vium oriental, diluvium méridional, diluvium entremêlé et diluvium 
remanié, les auteurs résument ce qu'il en dit et combattent l'identification 
du diluvium oriental néerlandais avec le diluvium belge à cailloux roulés 
venu de l'Ardenne et du Condroz, que Dumont désigne sous le nom de 
« silex et cailloux » , et d'autres géologues sous celui de « diluvium cail- 
louteux ». 

Après avoir développé leur opinion, ils la résument de la manière sui- 
vante : « On voit, disent-ils, dans le dépôt du diluvium septentrional, une 
première phase, commencée pendant la période glaciaire proprement dite 
et ayant d'ailleurs pu se continuer plus tard, mais en s'amoindrissant; 
dans le diluvium ancien des plaines et des collines belges, la trace d'un 
phénomène général, mais de durée rapide : la fonte des glaciers à la fin 
de la période des grands froids; dans le diluvium alluvial des vallées et 
dans son prolongement marin : le diluvium oriental et méridional néer- 
landais, une phase d'alluvionnement opérée entre le dépôt du diluvium 
ancien et la fin du creusement des vallées; enfin, dans le diluvium rema- 
nié ou sable campinien, la dernière phase de sédimentation quaternaire 



MÉMOIRES 279 

ayant précédé le retrait définitif de la mer dans ses limites actuelles. » 
Ils ajoutent que c'est pendant la « phase d'alluvionnement dans les vallées 
que doit venir se placer le phénomène fluvial, d'origine encore peu 
connue, qui paraît avoir submergé sous les flots d'une vaste inondation 
nos plaines et nos collines belges et qui les a recouvertes d'un mince 
manteau de limon, dont la précipitation sur toutes les inégalités du sol en 
a moulé exactement tous les contours. Le limon hesbayen, postérieur au 
diluvium caillouteux ancien, est, d'autre part, incontestablement anté- 
rieur à la formation des dépôts campiniens » . 

Un autre point important que les auteurs mettent en relief, « c'est que, 
dans le diluvium méridional tel que l'entend M. Winkler, il y a deux 
dépôts bien distincts comme âge et comme mode de formation : le dilu- 
vium, caillouteux ancien, formé par les eaux torrentielles et générales 
résultant de la fonte des glaciers, et le diluvium alluvial des vallées, 
déposé par les cours d'eau locaux et persistants qui, pendant longtemps, 
ont opéré le creusement des vallées. De plus, c'est dans ce dépôt fluvial 
des vallées, et non dans son prolongement localisé marin, qu'il faut 
rechercher le type normal du diluvium méridional » . 

Les auteurs combattent ensuite l'interprétation donnée par M. Winkler 
des vues de M. Godwin-Austen sur l'origine aérienne du sable campinien 
et montrent que leurs observations et l'application qu'ils ont faite des 
idées du géologue anglais précité ne tombent pas sous les critiques que 
leur adresse M. Winkler. Ils exposent les raisons qui ne leur permettent 
pas de regarder, avec le savant néerlandais, les couches inférieures strati- 
fiées et graveleuses de Merxem et les couches argileuses de cette localité 
comme se rattachant au diluvium méridional de la Hollande et comme 
représentant, par conséquent, le diluvium ancien, les silex et cailloux de 
Dumont. Les raisons qu'ils en donnent sont la différence de ces couches 
de Merxem avec le diluvium ancien des environs d'Anvers. Le lit cail- 
louteux qui le constitue renferme généralement des fossiles remaniés et 
triturés, notamment des dents de poissons, des débris coquilliers, etc., 
arrachés aux strates tertiaires sous-jacentes. 

Nulle part non plus, on n'a observé dans le diluvium ardennais des 
plaines belges des lits d'argile, surtout sous les cailloux, comme l'argile 
se présente à Merxem. Celle-ci ne peut représenter que le campinien 
marin. Les auteurs entrent alors dans des considérations étendues pour 
justifier le maintien de leur opinion contre les attaques dont ils ont été 
l'objet, et terminent leur travail en reproduisant les conclusions du 
mémoire de M. Winkler, qu'ils accompagnent toutefois de remarques 
basées soit sur des considérations théoriques, soit sur la connaissance 
qu'ils ont acquise des formations quaternaires belges. Cette discussion a 



î«0 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

pour but de préciser en quoi leur manière de voir concorde avec celle du 
savant géologue néerlandais ou bien en diffère. Ils concluent que, « quelle 
que soit l'interprétation donnée aux lits limoneux du diluvium remanié 
ou sable campinien de la Néerlande, rien, dans les rapports de ces lits 
avec le sable campinien, ne peut conduire à faire synchroniser ce dernier 
avec le limon hesbayen. 

« Les lits d'argile signalés au sud-est de Berg-op-Zoom, ceux des 

environs de Calmpthout et de Cappellen paraissent relier intimement les 
dépôts argileux de la Néerlande aux couches argileuses de Merxem et 
des environs d'Anvers. 

« D'autres masses représentent vraisemblablement soit des ves- 
tiges en place ou remaniés du dépôt primitif besbayen, recouvert par les 
sédiments de la mer campinienne, soit le résultat de la précipitation des 
particules limoneuses alluviales rejetées dans la mer par les fleuves et les 
courants quaternaires. C'est sans doute à cette dernière origine qu'il faut 
rapporter les lentilles et les lits de limon intercalés en Hollande dans la 
masse du diluvium remanié ou sable campinien. » 

Une question particulièrement intéressante à étudier est celle du « syn- 
chronisme probable d'une partie au moins de ces lits argileux avec les 
couches stratifiées de Merxem ». Si cette thèse se vérifiait, il en résulte- 
rait que « les conclusions fournies par l'étude du campinien du fort de 
Merxem s'étendraient à une aire extrêmement vaste, et la division du 
campinien en deux étages serait ainsi générale et définitivement établie » . 

La séance du 5 avril n'offre rien à mentionner ici. 

A la séance du 3 mai, M. Rutot donne, en son nom et en celui de 
MM. Vincent et Van den Broeck, quelques détails sur une coupe située à 
Saint-Gilles, sur les terrains du Parc royal. « Cette coupe présente, dit-il, 
la série presque complète des terrains de la rive droite de la Senne, sous 
ses deux faciès : normal et altéré; enfin, on peut y reconnaître tous les 
niveaux à Nummulites existants dans nos couches éocènes. » 

A la base, on voit la partie supérieure de l'ypresien présentant le lit de 
Ditrupa plana, le banc à Nummulites plamdata, ensuite des sables et des 
grès très fossilifères, la partie supérieure de la formation étant complète- 
ment argileuse ; puis le bruxellien avec ses trois zones fossilifères, le 
laekenien constitué par le gravier à Nummulites lœnigata et N. scabra 
roulées et par la couche à Ditrupa renfermant de nombreuses Nummu- 
lites Heberli, le wemmelien constitué par le gravier pétri de Nummulites 
variolaria, etc., surmonté de sables fossilifères. 

Au point de vue des altérations, l'étude de cette coupe est très intéres- 
sante : les poches d'altération pénètrent à travers le wemmelien et le laeke- 
nien jusque dans le bruxellien, et présentent toutes les particularités qui 
peuvent affecter les couches sableuses des environs de Bruxelles. 



MÉMOIRES 281 

Le 7 juin, la Société reçoit avis que le ministre de l'intérieur met à sa 
disposition, pour y déposer ses collections, les grandes armoires hors 
d'usage de la Bibliothèque de Bourgogne. Le conseil a obtenu de l'Uni- 
versité une salle pour en placer quatre. Une cinquième pourrait être 
placée dans le local de notre bibliothèque. 

La commission de l'exposition nationale ayant invité la Société à délé- 
guer l'un de ses membres auprès du comité du groupe de l'enseignement, 
l'assemblée désigne à cet effet J. Colbeau. Elle s'occupe ensuite des me- 
sures à prendre en vue de cette exposition. 

A l'assemblée générale du 6 juillet, M. Briart, président, rend compte 
des travaux et de la situation de la Société pendant l'année sociale 
1878-1879. 

Membres. — Le nombre des membres effectifs est de 99, comme l'année 
précédente. Un membre honoraire, M. Du Mortier, un membre correspon- 
dant, M. l'abbé Bourgeois, et un membre effectif, M. Allport, sont morts. 
Cinq membres effectifs ont donné leur démission et deux ont été rayés de 
la liste, par suite de manque de nouvelles depuis plusieurs années; mais 
huit membres effectifs ont été admis dans le courant de l'année. M. Hay- 
den, géologue des États-Unis, et M. Selwyn, directeur du Geological 
Suney du Canada, ont été élus membres honoraires. 

L'album compte 114 portraits. 

Local, mobilier. — La ville de Bruxelles a dû nous accorder un délai 
de deux mois pour quitter le Jardin zoologique. Le local où la séance se 
tient, à l'Université, a été approprié aux frais de la Société et convient 
pour la bibliothèque. Les cinq grandes armoires offertes par le ministre 
de l'intérieur sont placées dans un local que l'Université vient d'accorder 
à la Société et dont on peut espérer que la ville de Bruxelles prendra 
l'appropriation à sa charge. 

Réunions. — L'excursion a eu lieu à Renaix. M. Rutot en publiera le 
compte rendu. Les assemblées mensuelles ont été plus fréquentées, évi- 
demment, par suite de la situation plus centrale du local. 

Le Président rend ensuite compte de l'accroissement des collections 
malacologiques et de la bibliothèque, de l'état des relations de la Société 
avec les institutions similaires, des publications et des finances. Il 
termine par quelques considérations sur l'exposition de 1880, qui ne 
doit pas seulement être artistique et industrielle, mais également scien- 
tifique. 

M. Lefèvre, bibliothécaire, donne lecture de son rapport sur la biblio- 
thèque ; des difficultés matérielles empêchent le classement des livres. Le 
manque de rayons et l'état des livres qui réclament une reliure sont 
cause de cette situation fâcheuse. Mais il y a lieu d'espérer qu'elle ne se 



282 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

prolongera pas. La bibliothèque reçoit onze publications périodiques en 
plus que l'année précédente. Le chiffre total des publications de cet ordre 
reçues en échange des Annales est de 253. La collection des Bulletins de 
l'Académie a été complétée par voie d'échange pour les volumes antérieurs 
à 1864. 

Le bibliothécaire insiste ensuite sur l'opportunité de l'adoption d'un 
règlement pour la bibliothèque. 

M. Fologne, trésorier, expose que les comptes de l'année sociale 
écoulée se soldent par une encaisse de 923 fr. 61 c. Nous avons à recevoir 
5,090 fr. 08 c. et à payer 4,725 fr. 70 c, de sorte que la situation est ras- 
surante. 

L'assemblée approuve un projet de budget soldant en recettes et en 
dépenses par la somme de 8,218 fr. 19 c. Elle décide que les réunions 
mensuelles continueront à .se tenir le premier samedi de chaque mois, à 
six heures du soir, sauf l'assemblée générale, qui se tiendra le premier 
dimanche de juillet, à une heure, et enfin elle choisit, sur la proposition 
de MM. Van den Broeck et Cogels, les environs d'Anvers comme but de 
l'excursion de 1879. 

Les élections terminent la séance. 

M. le D r Crocq est élu président pour les années sociales 1879-1880 et 
1880-1881. M. Roffiaen ayant, par lettre, exprimé le désir de voir 
ses confrères reporter les suffrages qu'ils auraient eu l'intention de lui 
accorder sur M. Lefèvre, bibliothécaire, dont la présence est utile au 
sein du conseil, MM. Denis, Colbeau et Lefèvre sont élus membres du 
conseil pour les années 1879-1880 et 1880-1881 ; enfin, MM. Bauwens, 
de Bullemont et Roffiaen sont élus membres de la commission des 
comptes pour l'année 1879-1880. 

Le procès-verbal de la séance du 2 août donne la composition du 
bureau. Président, M. le D r Crocq; vice-président, M. Denis; secré- 
taire, M. Colbeau; trésorier, M. Fologne; bibliothécaire, M. Lefèvre; 
membres, MM. Rutot et Van den Broeck. 

A la séance du 2 août, la Société est informée que l'État ayant pris 
possession du grand bâtiment du Jardin zoologique, les salles qu'elle y 
occupe devront être libres dans un délai de deux mois. D'autre part, le 
Conseil d'administration de l'Université de Bruxelles accorde à la Société 
les locaux qu'elle a demandés pour y installer ses collections. 

M. Van den Broeck donne lecture de son Compte rendu de l'excursion 

faite à Anvers les 27 et 28 juillet 4879 par la Société malacologique de 

Belgique. Il n'entrera pas dans de longs détails pour ne pas faire double 

emploi avec le travail qu'il compte présenter avec M. Cogels sur le même 

sujet. 



MÉMOIRES 283 

La Société visite d'abord le bassin de batelage creusé sur l'emplace- 
ment des terrains de l'ancienne citadelle du Sud et occupant parallèlement 
à l'Escaut une longueur de 700 à 800 mètres. Elle y étudie des coupes 
relevées par MM. Rutot, Van den Broeck et Cogels, et présentant « les 
sables noirs et glauconieux à Peciunculus pilosus, surmontés de dépôts 
quaternaires » . Le sable à Pétoncles est altéré par suite de l'infiltration 
des eaux superficielles. Il est peu fossilifère, mais en quelques points on 
peut cependant noter la présence du banc coquillier caractéristique. La 
masse du sable a fourni de nombreux Pecten Lamalli, Nyst, des Nucula 
HaesendoncH, Nyst, Cardita intermedia, Broc. , un Isocardia lunulata, 
Nyst, quelques Astartes, un polypier, des dents de squales, des osse- 
ments, etc. 

« Vers l'extrémité sud du bassin , le dépôt paraît se modifier un peu 
au point de vue lithologique. Nous nous trouvons certainement ici dans 
une région littorale ou, pour mieux préciser, sur une plage de l'ancienne 
mer des sables inférieurs. » Les sables a Pétoncles font défaut à 200 mètres 
plus au sud et se trouvent remplacés en ce point « par les sables à 
Panopœa Menardi (horizon d'Edegbem), lesquels, d'après les renseigne- 
ments que nous communique M. van Ertborn, passeraient probablement, 
au bassin de batelage et aux environs, par-dessous les sables à Pectun- 
culus pilosus, qu'ils sépareraient ainsi de l'argile de Boom » . 

Les Scalaires et les groupes de Balanes trouvés dans ces sables glau- 
conifères confirment bien les vues exprimées sur la nature littorale du 
dépôt. 

De plus, dans toute la moitié sud du bassin, on peut « constater la pré- 
sence des sables graveleux, tantôt en place, tantôt à l'état d'éléments rema- 
niés à la base du quaternaire » . 

M. Van den Broeck rappelle, à ce propos, que « les sables graveleux 
forment une zone spéciale représentant la phase d'émersion des sables 
inférieurs d'Anvers : leur présence à la partie supérieure de ceux-ci (') 
vers l'extrémité sud du bassin de batelage est donc un indice de la nature 
déjà très littorale des sédiments immédiatement sous-jacents s . 

Dans la partie nord du bassin, les dépôts quaternaires ravinent profon- 
dément le sable à Pétoncles. Vers le bas, ils sont constitués « par des sables 
quartzeux blanchâtres, reposant généralement sur un lit très épais de gros 
éléments roulés » , où l'on trouve des ossements roulés de cétacés pliocènes 
et de vertébrés quaternaires dans une accumulation de « coquilles brisées 
et triturées appartenant aux faunes des sables moyens et des sables supé- 
rieurs d'Anvers, et entraînés par dénudation et transport fluvial. 

(*) Le texte porte évidemment par erreur h celle-ci ». 



284 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

« Des zones tourbeuses et argileuses s'observent également à ce niveau. 
Les sables, qui forment la masse principale du dépôt, se présentent en 
stratification oblique et croisée, indiquant une sédimentation fluviale 
opérée dans des eaux rapides. » On y trouve des quantités considérables 
de coquilles des genres Limnœa, Succinea, Planorbis, Pupa, Hélix, 
Vahata, Pisidium, Cyclas, etc., qui, tout en représentant des espèces 
encore vivantes, « montrent des caractères particuliers et doivent appar- 
tenir à des variétés spéciales éteintes actuellement dans toute la région 
environnante » , ce qui confirme l'opinion de MM. Rutot, Van den Broeck 
et Cogels « que ces sables quaternaires représentent l'une des pbases les 
plus anciennes de la période quaternaire dans la région » dont il s'agit. 

Au-dessus des sables stratifiés, se présentent des argiles grises conte- 
nant, mais en petit nombre, les mêmes coquilles fluviatiles. a Parmi les 
amas tourbeux qui s'observent à divers niveaux dans cet ensemble de 
sédiments quaternaires » , il s'en trouve « qui contiennent des éléments de 
nature et d'aspect ligneux et d'autres uniquement composés de mousses 
et de sphaignes dont la texture est admirablement conservée. Parmi les 
amas tourbeux de la dernière catégorie, il en est qui contiennent des 
Limnœa palustris de très grande taille, des PlanooMs nautileus et d'autres 
coquilles indiquant des eaux plus tranquilles que celles qui ont déposé 
les sables stratifiés » . 

Au-dessus des argiles grises et paraissant s'y relier intimement, on voit 
enfin des sables argileux stratifiés. 

D'accord avec M. Rutot, M. Van den Broeck considère toutes ces 
couches comme formant un ensemble dans lequel il n'est pas possible de 
découvrir d'autres subdivisions que celles de la nature minéralogique des 
sédiments, et ces géologues y voient a le lit d'un ancien courant fluvial 
quaternaire d'âge très ancien et certainement antérieur à la sédimenta- 
tion campinienne » . 

M. Van den Broeck rapporte alors que c'est à ce dernier système que 
M. van Ertborn tend à rapporter des sables stratifiés jaunâtres « loca- 
lisés vers l'extrémité sud du bassin et reposant sur le sable à Pétoncles, 
par l'intermédiaire d'un lit de petits graviers » . Les sables campiniens 
auraient été enlevés par dénudation dans la partie nord du bassin où 
l'argile des polders recouvre directement le dépôt quaternaire. Cette 
détermination de l'exactitude de laquelle M. Van den Broeck doutait 
lors de la rédaction du compte rendu de l'excursion, bien qu'elle lui parût 
assez justifiable, fut reconnue exacte par lui, dans une note ajoutée à la 
fin de ce document (*). 

( l ) Voir également le Texte explicatif du levé géologique de la planchette d'Anvers, par 
M. le baron 0. van Ertborn, avec la collaboration de M. P. Cogels. Bruxelles, 1880. 



MÉMOIRES 285 

M. Van den Broeck donne ensuite quelques renseignements sur le 
déblai du Canal des Espagnols, qui se rattachait, dit-il, aux remparts de 
l'ancienne esplanade et qui a été comblé vers l'an 1572, au plus tard. Sur 
les parois maçonnées de ce canal, les excursionnistes purent recueillir, 
« outre de nombreuses Balanes, adhérant encore aux pierres qui for- 
maient autrefois le revêtement vertical du mur de quai, des colonies de 
coquilles de Dreissena polymorplia. C'est là, fait remarquer M. Van den 
Broeck, un fait très intéressant à noter au point de vue des migrations 
de ce mollusque en Europe, où il n'existait guère auparavant et qu'il a 
fini par envahir presque entièrement » . 

Sur le fond déblayé du canal se trouvaient encore des Unios, des Ano- 
dontes et diverses espèces d'Hélices. 

Avant de quitter le bassin de batelage, les excursionnistes visitèrent, 
grâce à l'extrême obligeance de M. Coiseau, directeur des travaux de 
l'entreprise Couvreux et Hersent, les travaux de construction des nouveaux 
murs de quai de l'Escaut. M. Van den Broeck seul ayant résisté à la pres- 
sion de l'appareil à air comprimé, descendit au fond du caisson et constata 
que le sol dont les ouvriers effectuaient le déblai était constitué par les 
sables à Panopaa Menardi. Il recueillit une certaine quantité de fossiles 
de ce niveau et reconnut à des déblais que le caisson, avant d'arriver à la 
cote — 13, où il se trouvait au moment de son exploration, avait traversé 
des sables à Pectunculus pilosus. Cette observation directe engage M. Van 
den Broeck à se rallier à l'opinion des géologues qui voient, dans les 
sables à Panopéeset dans les sables à Pétoncles, deux dépôts successifs et 
complètement distincts. 

La seconde partie de la première journée fut consacrée à la visite des 
nouvelles cales sèches et du prolongement du bassin du Kattendyk. 
Les terrains qui s'y observent ayant été décrits très en détail dans les 
Annales de la Société, analysées dans la seconde partie de ce travail, 
nous pouvons passer rapidement ici sur tout ce qui n'est pas spécialement 
personnel à M. Van den Broeck. 

En résumé, les terrains présentent la succession suivante : 

Sables à Isocardia cor de l'étage des sables moyens d'Anvers ; 

Sables à Troplion constitués à la base par un banc coquillier à éléments 
remaniés, puis par des sables argileux qui n'avaient pas encore été 
observés, et que MM. Van den Broeck et Cogels nomment sables inter- 
médiaires, enfin, par un banc coquillier où les fossiles sont en grande 
partie in situ. Ce dernier banc ou banc supérieur est lui-même surmonté 
de sables très argileux renfermant comme les sables intermédiaires des 
coquilles éparses. M. Van den Broeck fait remarquer que jamais l'on 
n'avait pu « observer en superposition directe le banc remanié de la base 



286 SOCIÉTÉ MALACOLOCIQUE DE BELGIQUE 

et le banc normal avec coquilles en place. La zone des sables intermé- 
diaires n'avait pas encore été signalée, pas plus que le dépôt de sable argi- 
leux recouvrant le bauc coquillier » . 11 attire également l'attention sur 
le fait des altérations et sur le manque de valeur du caractère de coloration 
des sédiments. La description des dépôts quaternaires vient ensuite. Ils 
consistent en sables fins jaunâtres de stratification variable avec petits 
lits argilo-sableux. Ces sables deviennent plus grossiers vers la partie 
inférieure de la coucbe à la base de laquelle existe un lit d'éléments 
remaniés , graviers, ossements, coquilles brisées, enlevés aux sables à 
Trophon. 

a Des lentilles et des lits discontinus d'argile verdâtre, ainsi que des 
galets et des blocs tourbeux roulés s'observent vers la partie inférieure 
du dépôt au-dessus de la couche remaniée de la base. Au-dessous de 
l'argile, le sable est parfois coloré également en vert par infiltration. De 
nombreuses coquilles iiuviatiles s'observent dans la masse du sable, 
surtout vers la base, ainsi qu'au contact des matières tourbeuses. Dans 
cette tourbe en bancs, on remarque en certains endroits des accumula- 
tions de grands troncs d'arbres disposés horizontalement et suffisamment 
conservés pour qu'on puisse en reconnaître l'espèce. Les chênes paraissent 
assez nombreux. Au Kattendyk, un dépôt local d'entomostracés a été 
observé vers le bas de la tourbe. La tourbe compacte à troncs d'arbres 
forme, dans les sables stratifiés, des lentilles très étendues, parfois 
épaisses de plus d'un mètre et localisées tantôt vers le haut, tantôt vers 
le bas des sables. » 

M. Van den Jiroeck continue sa description en disant qu'une « série de 
dépôts plus récents parait, en certains points du moins, reposer en légère 
discordance sur les sables stratifiés quaternaires » . Cette série se compose 
d'un dépôt de limon noir argileux, contenant des coquilles fluviatiles et 
surtout des valvées, limon occupant les dépressions des sables stratifiés et 
se rattachant intimement au dépôt moderne de l'argile des polders. Cette 
dernière contient des coquilles fluviatiles au sujet de la répartition des- 
quelles il est à remarquer que, « tandis que la moitié inférieure de l'ar- 
gile des polders contient uniquement des coquilles fluviatiles et môme 
terrestres, il existe au-dessus et à environ 50 centimètres de la surface, un 
niveau saumâtre, très mince, non continu, mais se prolongeant sur au 
moins les deux ou trois hectares du terre-plein intérieur de la partie nou- 
velle du bassin du Kattendyk. Ce niveau saumâtre est indiqué par un lit 
de Cardium edule très petits et d'une forme particulière, accompagnés 
d'une immense quantité tiHydrobia iilva » . 

Relativement a l'âge des dépôts constituant la série inférieure, M. Van 
den B roec k dit que, d'accord avec MM. Rutot et Cogels, il croit « pouvoir 



MÉMOIRES 287 

affirmer sans hésitation que toute la série quaternaire des cales sèches et 
du Kattendyk est d'une antiquité bien moins grande que celle des dépôts 
du bassin de batelage ( J ) » . 

La comparaison des coquilles en fournit la preuve. M. Van den Broeck 
est « fort disposé à croire que le dépôt marin du campinien tout entier 
sépare ces deux phases fluviales, mais la question, dit-il, n'est que simple- 
ment posée » . 

A propos de cette relation de la visite de la Société malacologique aux 
travaux de creusement des bassins, nous devons signaler une innovation : 
la distribution, avec le procès-verbal, d'une planche représentant une 
coupe géologique. Jusqu'alors, les planches avaient toujours accompagné 
les travaux publiés dans les Mémoires. 

La seconde journée de l'excursion aux environs d'Anvers fut consacrée 
à l'étude des coupes du fort de Zwyndrecht et à celles des briqueteries de 
Burght. Guidés par M. le major Bech, commandant du génie du camp 
retranché de la rive gauche, à la bienveillante entremise duquel était due 
l'autorisation de visiter le fort de Zwyndrecht, les membres de la Société 
malacologique peuvent constater qu'à Zwyndrecht comme aux cales 
sèches, le fond de la fouille est constitué par les sables à Isocardia cor. 
Plus haut se présentent les sables à Trophon antiquum, mais avec un 
seul niveau fossilifère au lieu de deux, comme au Kattendyk et aux cales 
sèches. « Les sables à Trophon de Zwyndrecht formaient incontestable- 
ment, pendant la sédimentation pliocène, la région littorale de la mer des 
sables supérieurs d'Anvers. Ils correspondent aux bancs reconstruits du 
Crag anglais, dépôts de plage sous-marine, dont la présence à Anvers a 
déjà été signalée par moi, dit M. Van den Broeck, dans YEsquisse. » 

A Burght, les excursionnistes observent au-dessus de l'argile de Boom, 
très pauvre eu fossiles, les sables fossilifères à Panopœa Menardi. A la 
ligne de contact des deux formations, se voit « une ligne de débris roulés, 
très nette , avec septaria remaniés, arrondis et souvent criblés de trou 
de Pholades, etc. A ce niveau, on remarque aussi des galets noirs assez 
nombreux et des débris d'ossements de vertébrés marins. Nous sommes 
ici en présence de la puissante ligne de dénudation qui sépare partout en 
Belgique la base du pliocène des couches de la série oligocène sous- 
jacente ( 2 ) » . La faune de ces sables et la grande abondance des Balanes 



(') Nous croyons devoir dire ici que M. Cogels n'a jamais considéré comme quater- 
naires tous les dépôts que M. Van den Broeck regardait primitivement comme tels. 
Voir, à ce sujet, le travail publié par M. Cogels dans le tome IX des Annales. 

( 2 ) M. Van den Broeck a reconnu plus tard que les sables à Panopées sont miocènes. 
La ligne de dénudation observée sous ces derniers sables ne correspond pas au banc de 
cailloux de la base du diestien. 



288 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

que l'on trouve vers le haut de la zone fossilifère indiquent clairement que 
l'on n'est pas loin du rivage, t En effet, dans une seconde brique- 
terie située à 200 mètres de là, en aval, nous trouvons, au-dessus 
de l'argile de Boom, un sable glauconieux foncé, non fossilifère, plus 
grossier et plus riche en grains quartzeux que le sable à Panopées de la 
première briqueterie. Si les fossiles tertiaires ont ici disparu, on observe, 
par contre, à la base du dépôt glauconieux, un grand nombre de concré- 
tions, de galets et d'ossements de vertébrés marins. Plus baut apparaissent 
quelques graviers, d'abord rares, puis de plus en plus abondants et for- 
mant un banc continu. Celui-ci s'étend d'ailleurs, mais moins bien carac- 
térisé, jusqu'au-dessus des sables fossilifères de la première carrière. » 

M. Van den Broeck regarde ce banc comme « analogue à celui qui 
recouvre généralement partout les sables à Pétoncles et qui constitue le 
terme le plus élevé de la série des sables inférieurs d'Anvers » . 

o II nous paraît à M. Rutot et à moi, dit M. Van den Broeck, que les 
sables grossiers sans fossiles et avec ossements, etc., de la seconde car- 
rière, représentent les bords de la plage, dont les sables fossilifères avec 
colonies de balanes de la première carrière indiquent la région littorale 
sous-marine. Le relèvement ultérieur du bassin tout entier serait alors 
indiqué par la présence au-dessus des sables glauconifères, du banc gra- 
veleux littoral. » 

Passant aux dépôts quaternaires qu'il ne décrit toutefois que superfi- 
ciellement, M. Van den Broeck s'occupe d'une sorte de poche remplie de 
sable et d'argile avec quelques graviers à la base, située vers la partie 
supérieure des sables à Panopées de la première briqueterie ('). M. van 
Ertborn, qui a signalé cette particularité aux excursionnistes, y voit la 
coupe transversale du lit d'un ancien ruisseau quaternaire. Au-dessus 
s'étend dans toute la briqueterie le manteau d'argiles et de sables strati- 
fiés du campinien. « Nous aurions donc ici, suivant M. van Ertborn, 
un dépôt quaternaire ancien de môme âge que celui du bassin de bate- 
lage, et les relations de ce dernier avec les couches campiniennes seraient 
démontrées par la superposition constatée à Burght ( 2 ) » . 

Cette opinion ne tarda pas à être partagée par M. Van den Broeck. 
De nouvelles explorations faites pendant l'impression de son rapport lui 



(!) MM. van Ertborn et Cogels en ont donné la coupe dans le texte explicatif des plan- 
chettes d'Hoboken et de Contich, à propos de l'établissement de la division du quater- 
naire fluviatile. Voir aussi le texte explicatif de la planchette d'Anvers. 

( 2 ) MM. van Ertborn et Cogels ne rangent pas le dépôt de Burght et les dépôts simi- 
laires dans le « quaternaire ancien », mais dans le « quaternaire fluviatile », et c'est l'en- 
semble de leurs observations et non pas le seul fait constaté à Burght qui leur a démontré 
que ces dépôts fluviatiles sont antérieurs au campinien, 



MEMOIRES 289 

permirent de reconnaître, à la date du 4 septembre, l'exactitude de 
l'appréciation émise par M. van Ertborn. 

M. Rutot communique les résultats des recherches entreprises par 
M. G. de Looz dans le tongrien inférieur du Limbourg. Ayant exploré, à 
Neerrepen, les restes d'un cordon littoral situé « entre la masse des sables 
argileux avec fossiles en place ou sables de Grimmertivgen, et les sables 
d'émersion, sans fossiles, qui surmontent les précédents et qui portent le 
nom de sables de Neerrepen » , M. de Looz a trouvé, outre la faune ordi- 
naire du tongrien inférieur, une quantité de Gastéropodes, habitants des 
côtes, un nombre énorme de serpules, une espèce d'Argiope qui paraît 
nouvelle et qui diffère en tout cas de celle que M. Lefèvre a découverte 
dans le wemmelien, enfin, de « petites sphères, formées de courbes con- 
centriques, d'une matière nacrée » que M. Rutot croit ne pouvoir rap- 
porter qu'à des perles d'huîtres et très probablement à des perles de 
YOstrea ventilabrum. 

Quelques nummulites wemmeliennes, provenant par remaniement de 
la base de l'argile glauconifère, ont été recueillies par M. de Looz dans 
le gisement de Neerrepen. Elles sont roulées et très frustes à l'extérieur, 
tandis que les foraminifères contemporains du dépôt sont d'une conser- 
vation parfaite. 

A la séance du 6 septembre, M. Van den Broeck fait, au sujet du cam- 
pinien du bassin de batelage à Anvers, une communication dont nous 
avons déjà eu l'occasion de parler précédemment. « M. Van den Broeck, 
d'accord avec MM. Cogels et van Ertborn, qui avaient attiré son atten- 
tion sur ce point, a reconnu que, dans la partie sud des travaux, le cam- 
pinien, avec graviers à la base, reposait en discordance sur des poches 
quaternaires plus anciennes, ravinant elles-mêmes les dépôts pliocènes 
sous-jacents et remplies d'un sable blanc, avec zones tourbeuses et 
argileuses, et qui, incontestablement, correspond aux sables quater- 
naires inférieurs ('), avec coquilles fluviatiles de l'autre extrémité du 
bassin » . 

Le 4 octobre, M. Lefèvre montre un spécimen de Y Ovula Coombii, Sow. 
et expose les caractères qui distinguent cette espèce de Y Ovula tubercu- 
losa à laquelle Edwards l'a réunie. 

Le 8 novembre, le Secrétaire effectue le dépôt du catalogue ( 2 ) des 
ouvrages périodiques entrés à la bibliothèque de la Société de 1863 à 
1877. 

L'assemblée entend ensuite une communication intitulée : Mollusques 
recueillis en Suisse en 1879, par Fr. Roffiaen. On y trouve énumérées 

(') Quaternaire fluviatile de MM. van Ertborn et Cogels. 
(*) Autographié. 

1880 19 



290 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

26 espèces ou variétés découvertes à Servoz et dans les gorges de la 
Diosaz (vallée de Chamonix, du 1 er au 26 juillet, 15 espèces et une variété 
découvertes à Argentière (vallée de Chamonix), du 27 juillet au 13 août, 
et 34 espèces ou variétés recueillies à Chillon, au Lord du lac de Genève 
et dans la gorge du Chaudron, du 15 août au 2 septembre. 

M. Roffiaen cite un Pomatias seplemspirale, Razoum, var. albinum, 
dont la coquille est entièrement blanche, à demi transparente, saus tache. 
Il ne sait si cette variété a déjà été citée. 

A la suite de cette communication, en figure une qui porte le même 
titre de Mollusques recueillis en Suisse en 1879, par Alfred Craven. 
M. Craven cite d'abord 34 espèces recueillies à Frûtigen, dans la vallée 
de la Kander, h une élévation de 800 à 1,000 mètres au-dessus du niveau 
de la mer. Il fait remarquer que Y Hélix ruderala a toujours présenté une 
coloration très pâle, presque blanche, et que pas une seule n'a la couleur 
du type; que les exemplaires à' Hélix Mspida diffèrent beaucoup de celles 
de Belgique et semblent aussi proches de YHelix sericea que de YHelix 
Mspida, enfin que, parmi les Clausilia gracilis, se trouvait un magnifique 
exemplaire tout à fait blanc et presque transparent. 

Il énumère ensuite 14 espèces récoltées dans la vallée de Gasteren, à 
1,600 mètres environ d'altitude. Les Hélix syhatica trouvées au-dessus 
de la limite des sapins sont plus calcareuses et à bandes bien moins mar- 
quées que celles qui proviennent d'une localité moins élevée. 

En passant à la Wengern Alp, où il avait trouvé, en 1870, YHelix 
Jioloserica, M. Craven n'a pu découvrir que quelques mauvais échantil- 
lons mort3, peut-être à cause de la sécheresse de la saison. 

Dans le même ordre d'idées, il avait dit au commencement de sa notice 
que YHelix villosa et le Bulimus montanus, communs dans la première 
partie de l'été, avaient presque entièrement disparu vers la fin du mois 
d'août, tandis que YHelix ruderala et YHelix personata, très rares aux 
mois de juin et de juillet, devenaient assez communes en septembre et en 
octobre. 

MM. Rutot et Van den Broeck entretiennent l'assemblée d'une excur- 
sion qu'ils ont faite dans le bassin de Paris, et M. Van den Broeck annonce 
qu'il prépare avec M. de la Harpe, de Lausanne, une monographie des 
Nummulites belges. 

Colbeau parle du transfert du mobilier de la Société, du Jardin zoolo- 
gique à l'Université, et des dispositions prises pour l'installation des col- 
lections. 

A la séance du 6 décembre, M. Lefèvre montre un exemplaire adulte 
de grande taille du bulimus cllipticus, fossile de l'île de Wight ( l ). 
(') Voir Mémoires, t. XIV, 1879. 



MEMOIRES 291 

L'assemblée confie à MM. Rutot et Van den Broeck le soin de classer 
la collection paléontologique générale dans les nouvelles armoires. 

Colbeau, en sa qualité de délégué de la Société auprès du comité d'or- 
ganisation de l'Exposition nationale, rend compte de ce qui a été fait jus- 
qu'à ce jour pour la partie malacologique. Une surface de trois cent 
soixante mètres carrés est mise à la disposition de la Société et de ses 
membres. Le transport des collections et les frais que nécessitera leur 
installation, pour autant qu'ils ne dépassent pas cent francs par mètre, 
seront à la charge de la commission de l'Exposition. 

Les documents habituels terminent le volume. 

Les Mémoires publiés sont : 

I. Compte rendu au point de vue paléontologique de l'excursion de la 
Société malacologique de Belgique aux environs de Renaix, en 1879. 

Élude sur la constitution géologique du mont de la Musique, par 
A. Rutot. — Avec une planche coloriée. (Séance du 7 juin 1879.) 

II. Tableau dichotomique des genres de mollusques terrestres et fluvia- 
tiles de Belgique, suivi d'un catalogue des espèces, par Louis Pire. — 
Avec une planche. (Séance du 7 décembre 1878.) 

III. Observations géologiques faites à Anvers à l'occasion des travaux 
de creusement des nouvelles cales sèches et de prolongement du bassin 
du Kaltendyk, par P. Cogels et E. Van den Broeck. — Avec 4 planches, 
dont deux planches de coupes géologiques coloriées, une planche de coupes 
géologiques teintée et un plan. (Séance du 6 décembre 1879.) 

IV. Nouvelles déformations du Planorbis complanatus, par Louis Pire. 
— Avec figures dans le texte. (Séance du 6 décembre 1879.) 

V. Note sur le Bulimus ellipticus, Soie, fossile des calcaires de Bem- 
bridge, île de Wight, par Th. Lefèvre. — Avec une planche. (Séance du 
6 décembre 1879.) 

Tome XV. — Année 1880. 

Les terrains du fort de Merxem, étudiés une première fois par MM. E. Van 
den Broeck et P. Cogels (*), font, en la séance du 10 janvier 1880,1e sujet 
d'une communication intitulée Nouvelles observations sur les couches qua- 
ternaires et pliocènes de Merxem, par P. Cogels et 0. van Ertborn. Les 
recherches entreprises pour le levé de la carte géologique ont permis 
aux auteurs de reconnaître dans le quaternaire des environs d'Anvers les 
divisions suivantes : 1° Le campinien supérieur; 2° le campinien infé- 
rieur; 3" le quaternaire JluviatiU; 4° le quaternaire inférieur. Ils ont pu 
déterminer sans difficulté les couches rencontrées dans la plupart des 

(•) Observations sur les couches quaternaires et pliocènes de Merxem. (Voir séance du 
2 septembre 1877.) 



292 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

fouilles précédentes, de sorte que les observations faites à Merxem four- 
nissent un exemple de plus à l'appui de la manière de voir adoptée par 
eux. MM. Cogels et van Ertborn décrivent une coupe constituée à la 
partie supérieure par de la terre végétale (A) très sableuse, avec graviers 
épars et reposant sur des dépôts fluviatiles (B et B') qui ravinent le 
sable argileux ou leeni bigarré (C). Ce dernier, d'apparence massive, 
repose sur du sable gris avec strates de sable légèrement argileux (D), 
sous lequel on trouve du sable gris bleuâtre (E) présentant des graviers 
au contact avec le sable à Trophon antîquum représenté à Merxem par 
le sous-étage à Corhila striata. 

Eeprenant alors l'examen de chacun des termes énumérés ci-dessus et 
comparant leurs observations avec celles qu'ils ont faites en d'autres 
points, MM. Cogels et van Ertborn expliquent les différences de cette 
coupe et de celles qui ont été publiées antérieurement. Ces différences 
sont toutes locales. L'étude attentive des éléments de la nouvelle coupe 
démontre le bien fondé des interprétations auxquelles les dépôts ont 
donné lieu et permet d'établir sans peine la concordance des diverses 
coupes. C'est au mode de formation du campinien supérieur, qui est un 
dépôt des dunes, qu'il convient d'attribuer la différence d'épaisseur de 
cette couche et la présence ou l'absence de graviers. Le sable qui contient 
ceux-ci indique l'ancienne ligne de rivage restée à découvert. 

La couche B, constituée par des dépôts divers sableux et tourbeux, 
n'avait pas encore été rencontrée. Sa position sous le niveau graveleux 
existant à la base de la couche A doit en faire rapporter l'origine à un 
ruisseau et faire rejeter l'hypothèse d'un dépôt moderne. 

La composition de la couche C donne lieu à d'intéressantes observa- 
tions. « Tandis que le campinien inférieur possédait, au point où nous 
avons levé notre coupe, disent les auteurs, le caractère bigarré qui lui 
donne le même aspect massif qu'à Zwyndrecht, qu'à Burghtet que dans un 
grand nombre d'autres localités, il se présentait dans la partie occidentale 
du fort sous forme de strates plus ou moins argileuses, disposées suivant 
le relief primitif du terrain. En certains points cependant, la stratification 
perdait complètement sa netteté, et l'on voyait l'argile grise disséminée 
dans le sable donner au dépôt l'apparence nuageuse du leem bigarré. 
La partie massive du campinien inférieur n'est donc qu'une altération 
de la masse stratifiée et ne doit pas en être distinguée au point de vue 
géologique. » 

Bien que le niveau graveleux de la base du campinien ne fût pas riche, 
il a fourni, outre des fragments informes de Septaria(?), de gros cailloux 
de quartz et de silex, et des fragments de silex ayant les cassures très 
nettes. Certaines d'entre elles ont même les arêtes fort aiguës. « La pré- 



MÉMOIRES 893 

sence de ces gros matériaux isolés dans une couche dont l'allure est très 
régulière ne peut s'expliquer que par un transporta l'aide de glaces flot- 
tantes. » 

Les auteurs out vu, en deux endroits à Merxera, le campinieu séparé du 
sable à Corbules par des dépôts qui se rapportent au quaternaire fluvia- 
tile. « Ces lambeaux s'étaient conservés dans des dépressions des sables à 
Corbules. Il est probable que ces dépôts ont eu une bien plus grande exten- 
sion et qu'ils ont été balayés lors de l'invasion de la mer Campinieune. » 
En un point, ils consistaient en une argile grise violacée et, sur un autre 
point, en de la tourbe contenant des élytres de coléoptères. 

Le sable à Corbules, altéré et rougi à la partie supérieure, passe au 
sable gris sans changement de faune. Les auteurs émettent l'opinion que 
cette altération s'est produite pendant l'époque du quaternaire fluviatile et 
ajoutent quelques espèces à la liste des fossiles connus de la localité. Nous 
signalerons à ce titre un fragment perforé et roulé de Venericardia pla- 
nicosta, fossile éocène. 

Cette notice est accompagnée d'une planche qui fut distribuée avec le 
procès-verbal de la séance. 

M. Lefèvre montre une remarquable série de Voluta hixtatrix, fossile 
spécial aux argiles de Barton et ne se présentant pas dans les couches 
immédiatement inférieures ou de Bracklesham. 

M. 0. van Ertborn annonce qu'il a reconnu d'une manière certaine, 
avec M. P. Cogels, que le limon hesbayen est antérieur au sable campi- 
pinien ( l ). 

A la séance du 7 février, le secrétaire renseigne les membres de la 
Société sur les dispositions prises pour l'exposition nationale et M. Lefèvre 
montre une série de 45 échantillons de Limnœa tertiaires provenant de la 
partie supérieure ou d'eau douce des couches de Headon, dans l'île de 
Wight. M. Lefèvre, se basant sur l'étude des coquilles de Limnœa sta- 
gnalis, croit que, parmi ces fossiles, distingués sous les noms de Limnœa 
catidata, longiscata, suhquadrata, pyramidalis, fusiformis, gibbosula, 
cincta, etc., il en est plusieurs qui ne présentent pas de différences assez 
considérables pour être maintenus au rang d'espèce et que la revision de 
ces déterminations est nécessaire à ce titre. 

A la séance du 6 mars, l'assemblée est informée que le ministre de l'in- 
struction publique accorde à la Société une allocation de 500 francs pour 
la mettre à môme de faire exécuter des cartes malacologiques et des coupes 
géologiques destinées à l'ornementation de la salle qui lui est réservée à 
l'Exposition nationale. Un vote de reconnaissance est adressé à M. le 

(') Voir Mélanges géologiques, premier fascicule, 



29i SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

ministre ainsi qu'à MM. Crocq etRoffiaen, dont les démarches ont particu- 
lièrement contribué à amener cet heureux résultat. L'exposition consti- 
tuait, et on le comprend aisément, la grande préoccupation des membres 
de la Société malacologique, mais les détails qui se trouvent consignés 
dans les procès- verbaux n'ont généralement que la valeur de renseigne- 
ments d'un intérêt passager, de sorte que nous pouvons nous abstenir 
d'en faire chaque fois mention. Un symptôme manifeste de l'occupa- 
tion des membres de la Société est, quoique cela puisse paraître un peu 
paradoxal, le petit nombre de communications insérées dans les Bulle- 
tins. 

M. Lefèvre montre, à la séance du 6 mars, un bel exemplaire de 
Y Ovula tuberculosa, Duclos, et fait quelques observations sur ce sujet, 
puis il annonce que, conformément au désir exprimé par M me V e Watelet, 
il reprendra et achèvera le travail commencé par notre regretté collègue 
sur trois nouveaux ptéropodes des sables inférieurs du Soissonnais. Ces 
fossiles, probablement des Spirialis, porteront les noms de S. subangu- 
losus, S. Mercinensis et S. Parisiensis. 

Le 3 avril, M. Lefèvre communique à l'assemblée un moule de YOvula 
gigantea provenant de la montagne de Laon, département de l'Aisne. Il 
donne lecture d'une note démontrant que les Ovules de cette provenance 
ne peuvent être rapportées, comme le croyait Deshayes, à Y Ovula Gisor- 
tiana. 

Le procès-verbal de la séance du 1 er mai contient le rapport de 
M. van Ertborn sur le mémoire de MM. Cogels et Van den Broeck inti- 
tulé : Observations géologiques faites à Anvers à l'occasion des travaux de 
creusement des nouvelles cales sèches et de prolongement du bassin du Kat- 
tendyh ('). On y trouve aussi le rapport de MM. Colbeau et Le Comte sur 
le mémoire de M. Tapparone-Canefri : Glanures dans la faune malacolo- 
gique de l'île Maurice. Catalogue de la famille des Muricidès. 

M. Van den Broeck rend compte en cette séance des fêtes qui ont eu 
lieu à l'occasion de la célébration du cinquantième anniversaire de la 
fondation de la Société géologique de France, et M. Deby donne quelques 
détails qu'il est regrettable de ne pas voir reproduits sur la faune mala- 
cologique des environs de Huelva (Andalousie) et sur les fossiles qu'il a 
recueillis dans cette localité. 

Le 5 juin, M. Malaise dit quelques mots do son travail intitulé : 
Description de gîtes fossilifères devoniens et d'affleurements du terrain 
crétacé, publié par la Commission de la carte géologique de Belgique. 

(') Le texte du Bulletin porte par inadvertance : » Nouvelles observations sur les couches 
quaternaires et pliocônes de Merxem », ce qui est le titre d'une notice de MM. Cogels et 
van Ertborn insérée dans le Bulletin de la séance du 10 janvier 1880. 



MÉMOIRES 295 

Ces gîtes, au nombre de 173, se répartissent dans les divisions suivantes, 
qui résument la constitution du terrain devonien de la Belgique : Psam- 
mites du Condroz — Schistes de la Faraenne — Schistes à Cardium 
palmatum — Schistes et calcaires de Frasnes — Calcaire à Stringocé- 
phales — Schistes et calcaires à Calcéoles — Schistes à Spirifer cultri- 
jugatus — Poudingue de Burnot — Grès et schistes de Vireux — Schistes 
de Houffalize — Grès d'Anor — Schistes de Gedinne. 

M. Van den Broeck annonce la publication du premier volume de la 
Géologie de la Belgique, par M. Mourlon, ouvrage constituant, dit-il, 
par le soin que l'auteur a mis à reproduire fidèlement les faits qui sem- 
blent définitivement acquis et dont l'étude a été abordée dans les Annales 
de la Société malacologique, une consécration très honorable de la valeur 
scientifique des travaux de notre association. 

Le rapport que M. Crocq, président, lut à l'assemblée du 4 juillet 
accuse une progression constante du nombre des membres de la Société. 
Les membres effectifs sont actuellement au nombre de 108. Un membre 
honoraire, M. Michaud, est mort, ainsi qu'un membre correspondant, 
M. Watelet. Le transfert du local à l'Université s'est effectué. La ville de 
Bruxelles a fait approprier à notre usage la salle où nous tenons nos 
séances. La bibliothèque a reçu de nombreux accroissements. Le cata- 
logue des ouvrages qui la composent a été dressé en partie. Malheureu- 
sement, la publication des Annales est en retard. Deux volumes arriérés 
sont cependant sur le point d'être terminés. 

M. Fologne, trésorier, donne ensuite lecture de son rapport sur la 
situation financière de la Société. Les comptes se soldent, en recettes, par 
lasommede2,261 fr.36 cet, en dépenses, par la somme de 1,708 fr. 15 c, 
laissant ainsi une encaisse de 553 fr. 21 c. Cette situation provient du retard 
apporté dans la publication des Annales, qui empêche de toucher les sub- 
sides de l'État et aussi de l'impossibilité de porter aux recettes les coti- 
sations arriérées et irrécouvrables. Il faut agir et publier sans attendre 
davantage. 

L'assemblée arrête le projet de budget pour l'année 1880-1881, en 
recettes et en dépenses, à la somme de 9,080 fr. 31 c. et prononce la 
radiation de membres en retard de payement depuis cinq années. 

Le choix de la localité et de l'époque de l'excursion est remis à la séance 
suivante. 

MM. H. Crosse et P. Fischer, directeurs du Journal de Conchyliologie, 
à Paris, sont nommés membres honoraires. Enfin, MM. Fologne, Rutot et 
Van den Broeck sont élus membres du Conseil pour les années 1880-1881 
et 1881-1882. MM. Bauwens et de Bullemont, ainsi que M. J.-D. Steveus, 
ce dernier en remplacement de M. Eoffiaen qui n'a pas accepté de nou- 



296 SOCIÉTÉ MA LACOLOG IQUli; DE BELGIQUE 

veau mandat, sont élus membres de la commission des comptes pour 
l'année 1880-1881. 

Le procès-verbal de la séance du 7 août ne contient aucune communi- 
cation scientifique. On y trouve l'annonce de la souscription par le 
ministère de l'instruction publique à un abonnement de 20 exemplaires 
des Annales à partir de la seconde série, et à un abonnement de 
10 exemplaires à partir de l'année 1880, et, de plus, celle de l'acquisi- 
tion par le môme département d'une collection de la première série. 

L'assemblée décide que l'excursion annuelle aura lieu à Bruxelles et à 
Anvers, le 5 septembre, de manière à coïncider avec celle de la Société 
géologique, qui a choisi les mêmes localités. Le Conseil est chargé des 
mesures à prendre pour la réception de la Société géologique, etc. 

« Le secrétaire rend compte de la visite faite par le Roi, le 17 juillet, 
à la section de l'enseignement de l'Exposition nationale. Sa Majesté, 
reçue à l'entrée de notre salle par le Conseil de la Société et par les 
membres exposants, a examiné avec intérêt les diverses collections expo- 
sées et s'est fait présenter les membres exposants présents, avec chacun 
desquels Elle s'est entretenue. Elle les a félicités sur la réussite de l'expo- 
sition organisée par la Société et leur a dit qu'Elle comptait bien y faire 
une seconde visite. » 

M. Denis voudrait voir donner des conférences à l'Exposition par les 
membres de la Société, près de leurs collections. Cette proposition est 
adoptée. 

La séance du 7 août fut la dernière à laquelle Colbeau assista. 
A partir du 4 septembre, M. Lefôvre remplit à titre provisoire les fonc- 
tions de secrétaire. 

La séance du 4 septembre est consacrée à la discussion des mesures à 
prendre pour la réception de la Société géologique. Celle du 2 octobre est 
plus remplie. 

M. Fischer, remerciant pour sa nomination de membre honoraire, entre 
dans quelques détails sur les résultats de son voyage scientifique à bord 
du Travailleur. M. Lefèvre donne lecture d'une notice biographique sur 
M. Ad. Watelet, membre correspondant de la Société. Nous la résume- 
rons à grands traits : Jean-François-Adolphe Watelet, né à Paris le 
24 septembre 1811, voulut d'abord suivre la carrière des arts, puis se 
voua avec un complet dévouement à l'enseignement, dont il ne se retira 
qu'en 1878. Esprit observateur, il fit faire de sérieux progrès à la paléon- 
tologie des terrains tertiaires du bassin de Paris et contribua puissam- 
ment à augmenter les collections de Deshayes, qui le tenait en haute 
estime. Le premier travail de Watelet fut publié sous le titre de 
Recherches dans les salles tertiaires, dans les Annales de la Société 



MÉMOIRES 297 

historique, archéologique et scientifique de Soissons, ville où il était 
venu se fixer définitivement dès 1836. M. Lefèvre donne une analyse 
de ce mémoire qui permet d'en bien apprécier l'importance, renseigne 
sommairement quelques notices scientifiques, puis s'occupe du principal 
ouvrage de notre regretté confrère, intitulé : Description des plantes 
fossiles du lassin de Paris. La notice de M. Lefèvre traite ensuite d'un 
mémoire relatif à l'âge delà pierre dans le département de l'Aisne, publié 
avec le concours de MM. de Saint-Marceaux et Papillon, et enfin, d'un 
recueil ayant pour titre : Le Bassin de Paris, qu'il voulait consacrer à la 
malacologie fossile, mais que la mort ne lui permit pas d'achever. 
M. Lefèvre termine sa notice par la liste des publications de M. Watelet. 

L'assemblée décide que des photographies de la salle d'exposition de la 
Société seront faites a bref délai, et qu'un rapport sur les collections 
exposées sera publié dans les Annales. Chaque exposant enverra sa notice 
au secrétaire, d'après un plan d'eusemble à déterminer par le Conseil. 

M. Hennequin annonce, au nom de M. Velge, ingénieur à Lennick- 
Saint-Quentin, la découverte faite par ce géologue près de Bruxelles, à 
1,200 mètres à l'ouest du clocher d'Assche ('), d'une faune incontestable- 
ment éocène supérieure, dans des sables un peu inférieurs aux sables 
chamois du système wemmelien de MM. Rutot et Vincent, et qui se trou- 
vent renseignés comme rupeliens inférieurs sur les cartes géologiques de 
Dumont. A la date du 23 septembre, on pouvait observer ces fossiles 
dans une sablonnière, à l'état de moules ou d'empreintes, localisés dans 
une lentille ferrugineuse, située à la cote 66, à 2 mètres environ au- 
dessus de la masse principale de l'argile glauconifère wemmelienne qui 
se présente un peu à l'ouest du point observé. Après avoir fait connaître 
la liste des fossiles recueillis, M. Hennequin annonce qu'un afïïeurement 
de psammites paniseliens fossilifères a été reconnu par M. Velge à 
125 mètres environ de l'origine du chemin d'Asbeek, près de la borne 
n° 1 de la route d'Assche à Ternath. Il donne la liste des fossiles, déter- 
minés comme ceux de la liste précédente par M. E. Vincent, et complète 
cette communication en disant qu'il a reconnu, dans une excursion faite 
avec MM. G. et E. Vincent et M. Putzeys, un deuxième gîte fossilifère 
analogue h celui dont il a parlé en premier lieu. Il est situé à 1,100 mètres 
environ au nord d'Esschene et à 3,800 mètres du plateau d'Assche, dans 
une excavation du talus de la route d'Esscheue à AfEighem, en un point 
« où se reproduit exactement, d'après les cartes de Dumont, la série des 
terrains que couronne le plateau d'Assche » . M. Hennequin pense que 
des couches de môme espèce pourront se retrouver à l'ouest de Bruxelles 

(') Planchette 31,1 de la carte topographique au 20,000», 



298 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

au-dessus de la cote 70 et considère la découverte de fossiles d'âge éocène 
supérieur dans des sables un peu inférieurs aux sables chamois comme 
justifiant l'introduction faite par MM. Rutot et Vincent du système wem- 
melien dans la série des terrains belges. 

M. Stevens fait remarquer que l'on trouve fréquemment à Anvers, 
dans l'étage scaldisien, le Pecten opcrcularis, Linné, et le Pecten lineatus, 
Da Costa. « De cette dernière espèce, dit-il, M. Nyst a cru devoir faire 
une variété du P. opcrcularis, et c'est sous cette dénomination qu'elle 
est exposée dans les galeries du Musée royal d'histoire naturelle. » 
M. Stevens ayant été assez heureux pour recueillir trois exemplaires 
bivalves de P. opercularis, a pu s'assurer que l'espèce de Da Costa, admise 
par M. Nyst comme variété du Pecten précité, n'en est autre chose que 
la valve supérieure. Le fait constaté par M. Stevens explique en môme 
temps pourquoi l'on ne trouvait jamais que des valves inférieures de 
Pecten opercuïaris. 

M. Pelseneer montre des coquilles recueillies par lui sur le littoral 
belge. Plusieurs membres pensant y reconnaître des espèces fossiles, 
M. Vincent est prié de les déterminer pour la séance suivante. 

M. Van den Broeck donne une liste de coquilles récoltées par M. Craven 
dans l'Usambara (Afrique orientale) et dans l'île de Nossi-Bé, près de 
Madagascar, et dont il publie actuellement la description accompagnée 
de figures dans les Bulletins de la Société zoologique de Londres. 

A la séance du 6 novembre 1880, le secrétaire effectue le dépôt du 
tome XII, 1877, des Annales. « Le président fait connaître les résolu- 
tions adoptées par le Conseil concernant les notes à fournir par les expo- 
sants pour le rapport sur l'Exposition nationale qui sera publié dans les 
Annales. » Il ne sera pas nécessaire de donner des listes complètes des 
coquilles exposées, sauf en certains cas spéciaux et d'un intérêt incon- 
testable. Il suffira d'en indiquer le nombre et de signaler les espèces et les 
échantillons rares ou curieux. « L'historique des collections et leur but 
spécial, la classification adoptée, sont des documents qu'il importe de 
réunir et de publier. » Les espèces nouvelles devront être simplement 
accompagnées d'une courte diagnose, les descriptions détaillées et les 
figures étant réservées pour les Annales. Enfin, les notices seront 
publiées en suivant l'ordre alphabétique des noms des exposants. Elles 
devront être remises au secrétaire avant le 1 er mars 1881. 

Sur la proposition de MM. Hennequin et Lefèvre, la forme imperson- 
nelle sera adoptée pour la rédaction de ces notices ; enfin, sur la propo- 
sition de M. H. Roffiaen ('), le compte rendu de l'exposition sera a pré- 

(') C'est par erreur que cette proposition a été attribuée à M. Fr. RofBaen dans les pre- 
mières lignes du présent travail. 



MÉMOIRES $99 

cédé d'un historique rappelant la fondation de la Société et son dévelop- 
pement » . C'est en exécution du vote émis par la Société, le 6 novem- 
bre 1880, que le présent travail voit le jour. 

L'assemblée s'occupe ensuite des photographies de la salle de la 
Société à l'Exposition nationale, et décide d'en offrir un exemplaire à 
M. Eug. Rombaut, commissaire et secrétaire de notre groupe, en recon- 
naissance de la bienveillance et de l'obligeance qu'il a montrées à la 
Société pendant tout le cours de l'Exposition. 

M. Hennequin donne lecture de Notes d'excursions relatives à la fixa- 
tion de la position stratigraphique de nouveaux gîtes fossilifères du 
système wemmelien, travail dans lequel il rend compte de quatre journées 
d'excursions entreprises aux environs de Bruxelles. Il y décrit l'itinéraire 
suivi par les excursionnistes, itinéraire que le lecteur trouve tracé sur 
une carte gracieusement offerte à la Société par l'auteur. 

Le premier jour (23 septembre 1880), on visita les environs de Ter- 
nath et d'Assche. Voici les principaux faits constatés : 

La zone sableuse de la vallée du Bellebeek, qui présente en de nom- 
breux endroits des cailloux à la surface du sol se prolonge sans inter- 
ruption, d'après les constatations faites par M. Velge, jusqu'aux régions 
que Dumont a renseignées comme positivement carapiniennes. 

Le paniselien affleure au nord-ouest de Dryhoek, à la cote 35 environ. 
Dans ces parages, l'argile paniselienne n'est pas bien visible, mais mani- 
nifeste sa présence par l'humidité du sol. 

Plus au nord encore, un talus montre les sables de Wemmel, que 
Dumont rapportait au laekenieu. Ces sables présentent deux divisions, 
d'après M. Velge. La division inférieure, constituée par des sables gris, 
très fins, meubles, peu glauconifères; la division supérieure, constituée 
par des sables à grains fort irréguliers, mêlés de grains de glauconie, aisé- 
ment visibles à l'œil nu. Elle est aussi un peu plus argileuse que la précé- 
dente. M. Velge fait voir ensuite aux explorateurs, « au-dessus d'une ligne 
de sources indiquant la présence de l'argile glauconifère wemmelienne 
(tongrienne inférieure, t' de Dumont), des sables jaunâtres » rappe- 
lant certains sables de la coupe du couvent de Jette que Dumont a 
généralement renseignés comme rupeliens inférieurs dans ses cartes au 
160,000». 

Des blocs paniseliens fossilifères se rencontrent en place, à peu de dis- 
tance du hameau d'Asbeek. 

En face des maisons situées à 100 mètres environ du camp romain, 
entre les cotes 63 et 44, les sables wemmeliens présentent une zone ferru- 
gineuse avec empreintes de fossiles. Cette découverte donna lieu à une 
excursion spéciale qui eut lieu peu de jours après. 



300 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Enfin, à 300 mètres environ de la borne 4, vers Ternath, une sablon- 
nière montre du sable cumpinien. 

La deuxième journée fut consacrée au gîte fossilifère du camp 
romain d'Asscbe. L'itinéraire comprenant une partie de celui suivi 
dans l'excursion précédente, M. Hennequin donne à ce propos quelques 
détails complémentaires et notamment des renseignements dus à l'obli- 
geance de M. Vincent sur les fossiles découverts. Les sommets des bau- 
teurs situées au nord-ouest du village d'Esscbene furent ensuite explo- 
rés et amenèrent la découverte d'un nouveau gisement « de plaquettes 
ferrugineuses fossilifères » dans le sable wemmelien. 

Une troisième excursion fut entreprise le 3 octobre pour reconnaître 
s'il n'existe pas au nord-ouest de Bruxelles, en un certain nombre de 
points situés au-dessus de la cote 70, des gîtes fossilifères wemmeliens 
analogues à ceux d'Asscbe et d'Esscbene. Elle eut pour résultat de démon- 
trer la non-existence dans cette région d'une zone fossilifère wemmelienne 
supérieure à la masse principale de l'argile glauconifère. 

Une quatrième excursion, le 19 octobre 1880, eut pour but d'explorer 
la colline du moulin de Boukbout, où M. Velge a signalé une récurrence 
d'argile au-dessus de certains sables supérieurs à l'argile glauconifère 
wemmelienne, de reconnaître le niveau auquel il convient de rapporter les 
gîtes fossilifères wemmeliens nouvellement découverts et enfin d'exa- 
miner la zone sableuse rapportée par M. Velge au campinien. 

Ces divers points sont examinés dans le compte rendu de l'excursion 
avec indication précise des endroits où les observations furent faites. 

Il en résulte que le gîte du camp romain se trouverait « entre la masse 
principale de l'argile et sa récurrence ; tandis que le gîte d'Esscbene se trou- 
verait, au contraire, au-dessus de cette dernière» . Quant aux sables fossili- 
fères d'Esscbene et d'Asscbe, ils sont antérieurs aux sables cbamois qui 
a se sont déposés dans une période plus avancée de la sédimentation, en 
quelque sorte typique, du système wemmelien » . 

D'intéressants détails sont ensuite donnés sur le campinien observé dans 
une sablonnière située à 300 mètres environ en deçà de la borne n° 4 de 
la route de Ternatb. « Sous une faible épaisseur de terre végétale, en 
dessous de laquelle nous remarquons, dit l'auteur, deux lignes de cail- 
loux, distantes d'un mètre environ et dont la seconde est discontinue, se 
présentent des sables à stratification sensiblement borizontale. Nous y 
relevons un niveau horizontal de cailloux, à 2 m 50 environ de la deuxième 
ligne susmentionnée; quelques cailloux se trouvent épars dans la masse. 
« L'borizontalité de la stratification et des lignes de cailloux indique 
une sédimentation régulière et marine. Le sable en question n'est donc 
pas du quaternaire ancien ; il est possible, d'après MM. Eutot et Van den 



MÉMOIRES 301 

Broeck que ce soit du campinien. » Des considérations diverses puisées 
dans l'étude de la région viennent, de plus, à l'appui de l'opinion qui 
considère le limon hesbayen comme antérieur au campinien. 

M. Rutot donne ensuite lecture de son Compte rendu fait à la Société 
malacologique de Belgique de l'excursion entreprise par la Société géolo- 
gique de France dans le Boulonnais (9-18 septembre 1880). Cette excur- 
sion comprenait huit journées, plus deux jours consacrés aux discussions 
et aux affaires diverses. M. Rutot décrit le littoral de Calais à Boulogne 
aussi bien au point de vue de la nature des sédiments et de la localisation 
des êtres marins qu'à celui de la constitution géologique du rivage. Il 
renseigne l'existence au delà du village de Sangatte d'une ancienne 
plage quaternaire, puis il décrit la constitution de la falaise crétacée com- 
prise entre Sangatte et Wissant et la t série jurassique dont les strates 
deviennent assez sensiblement horizontales jusque Wimereux, où elles 
sont subitement enfoncées par une faille, puis ressortent bientôt avec 
une inclinaison nord pour décrire la magnifique ondulation qui étale sa 
courbe imposante entre la pointe de la Crèche et la ville de Boulogne ». 

Résumant la constitution géologique de la région, M. Rutot exprime 
l'opinion que la division du jurassique supérieur telle qu'elle a été établie 
par les géologues du Boulonnais ne pourra plus subsister longtemps, parce 
qu'elle est entièrement empirique et toute de convention. Il y trouve la 
succession naturelle des sédiments déposés pendant une oscillation com- 
plète du sol et pense que les subdivisions rationnelles n'y seront pas 
plus difficiles à établir que dans le tertiaire de Belgique, mais il n'insiste 
pas sur ce sujet, considérant la discussion comme inopportune. 

Il passe alors à la description de la partie inférieure du jurassique des 
environs de Boulogne. A la base des dépôts qui le constituent se trouve un 
« amas de sables, d'argiles et de lignite, sans fossiles, comblant les inéga- 
lités des roches paléozoïques sous-jacentes» dont M. Cornet a fait remar- 
quer « ce que l'on pourrait appeler le faciès « aachénien » , par comparai- 
son avec les roches de même nature qui recouvrent en Belgique les 
terrains paléozoïques, en paraissant former la base du crétacé » . M. Rutot 
donne ensuite un tableau de la succession des couches du terrain crétacé 
et du terrain jurassique avec les divisions provisoirement admises par les 
géologues français, et termine son travail par un court exposé des par- 
ticularités que présentent dans le Boulonnais les terrains houiller, carbo- 
nifère, devonien et silurien. 

M. Van den Broeck parle des résultats d'une série d'explorations qu'il 
a entreprisas et dont le compte rendu figure au procès-verbal sous le 
titre à' Observations nouvelles sur les sables diestiens et sur les dépôts du, 
Bolderberg. 



302 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

L'auteur commence par exposer l'état delà question et par rappeler que 
l'étude des phénomènes d'altération qui se sont produits dans les sables 
glauconifères lui ont permis, ainsi qu'à MM. Vincent et Rutot, d'éliminer 
« de l'ensemble hétérogène, constituant le système diestien de Dumont, 
divers termes devant se rapporter aux terrains éocène et oligocène ainsi 
qu'au quaternaire diluvien (par remaniement des couches précédentes) ». 
Il rappelle que les sables glauconifères à Panopées et à Pétoncles doi- 
vent, eux aussi, être détachés du système diestien comme M. Gosselet 
l'avait exposé en 1876 et comme M. Cogels l'a démontré en 1877. La 
détermination de l'âge exact de la masse principale et typique des sables 
de Diest et de Louvain n'avait pu se faire de manière à rallier l'unanimité 
des géologues qui s'étaient occupés de cette question. « Telle était la situa- 
tion, dit M. Van den Broeck, lorsque, il y a peu de temps, pendant le 
cours d'explorations géologiques aux environs de Louvain, MM. Cogels et 
van Ertborn firent la découverte, dans les sables diestiens du Pellenberg, 
de vestiges de fossiles consistant en empreintes reconnaissables de Terebra- 
tula grandis. 

Plus récemment encore, M. Cogels et quelques confrères, revoyant le 
même point, y observèrent, en outre, des bryozoaires. » 

Ces observations furent le point de départ des recherches que M. Van den 
Broeck entreprit avec M. Rutot et qui amenèrent la découverte d'une 
série de fossiles représentés par de simples moulages, mais pouvant être 
déterminés avec certitude. Un examen sommaire permet de considérer 
cette faune diestienne comme très voisine de celle des sables à Isocardia, 
cor et comme étant probablement un peu plus ancienne. 

M. Van den Broeck annonce ensuite qu'il a retrouvé le gisement fossi- 
lifère de Steenrots, où Dumont a signalé jadis des Térébratules. Il vient 
d'y recueillir de nombreux moulages de Terebrakda grandis bivalves et 
entières, des polypiers et quelques coquilles, le tout appartenant à la même 
faune que celle du Pellenberg. 

Cette faune a également été observée par M. Van den Broeck au Bol- 
derberg, où elle présente une richesse d'éléments plus grande encore. 
Elle s'y trouve « localisée dans les parties inférieures et parfois à la base 
même des sables diestiens constituant la masse principale de la col- 
line ». 

Exposant alors le résultat principal de ses recherches, M. Van den Broeck 
annonce que « l'horizon fossilifère diestien du Bolderberg est complète- 
ment indépendant du niveau classique de coquilles brisées et triturées. 
Celui-ci s'observe plus bas, mais il se trouve parfois confondu avec le 
premier par dédoublement ou plutôt par affouillemeut dû à la sédimenta- 
tion diestienne. » 



MÉMOIRES 303 

M. Van den Broeck s'occupe de la portée qu'il faut attribuer, à son avis, 
aux travaux de divers géologues et rappelle l'interprétation qu'il a 
donnée, avec M. Rutot, des dépôts diestiens des environs de Louvain; 
ces derniers présentent, dit-il, dans certains côtés de leurs allures, des 
contrastes encore inexpliqués avec le diestien des environs de Diest et qui 
avaient engagé MM. Rutot et Van den Broeck « à se demander si ces 
dépôts diestiens, ainsi que ceux du Bulderberg, n'étaient pas les témoins 
d'une phase de sédimentation marine remontant au commencement de 
l'époque quaternaire » . 

M. Van den Broeck reconnaît que t la découverte de la Terebratula 
grandis, faite par Dumont et Nyst, il y a une trentaine d'années, ayant été 
confirmée par les observations de M. Cogels, ainsi que par les recherches 
de M. Van den Broeck», écarte ces vues et que l'opinion, faisant du système 
diestien un terme distinct entre les sables glauconifères à Panopées et à 
Pétoncles et les dépôts représentant le système scaldisien de Dumont, peut 
être considérée comme définitivement démontrée. 

Il n'hésite d'ailleurs pas à reconnaître que, dans leurs travaux récents, 
MM. Cogels et van Ertborn ont assigné au diestien t dans la série 
sédimentaire, une position conforme à la réalité des faits ». 

M. Van den Broeck annonce qu'il revient plus ou moins vers l'opinion 
exprimée par lui, en 1876, que les sables de Diest se relient latéralement 
aux sables graveleux d'Anvers « qui représentent une phase de relèvement 
et d'immersion séparant les sables inférieurs à Pétoncles, des sables moyens 
à Isocardia cor » . 

M. Van den Broeck fait ensuite voir en quoi les idées de M. Gosselet et 
de M. Cogels sur la constitution de la colline du Bolderberg concordent 
avec la réalité des faits et il arrive alors au résultat principal de ses 
propres investigations, qui le conduisent d'une manière certaine à 
« admettre dans la série des dépôts du Bolderberg, l'existence des repré- 
sentants de trois systèmes distincts » . On peut, dit-il, résumer comme 
suit la succession des couches du Bolderberg : 

1° En bas, un sable blanc quartzeux, sans aucune trace de fossiles, 
représentant la dune ayant terminé l'émersion de la série oligocène en 
Belgique ; 

2° Un cordon littoral composé de cailloux de silex, de graviers quart- 
zeux et de nombreuses coquilles silicifiées, souvent brisées, représentant 
les vestiges d'une faune non in situ antérieure, sans doute, à la sédimen- 
tation dessables à Panopées et à Pétoncles d'Anvers ; 

3" Des vestiges très réduits d'un dépôt de sable grossier, mais chargé 
de limon et qui représente le sommet de la couche n 8 2 ; 

4° Un lit de galets roulés constituant la base du diestien et présentant, 



304 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

lorsqu'il a atteint par affouillement la couche n" 2, les coquilles siliciflées 
de ce dépôt fossilifère. « En d'autres points, il contient une faune différente 
avec coquilles non brisées ni roulées, et manifestement plus récentes que 
celles de la couche inférieure. Parfois ces éléments divers se trouvent 
confondus. » Aussi n'a-t-ou pas distingué pendant longtemps les deux 
niveaux; 

5" Un dépôt très développé de sables glauconifères, appartenant au 
système diestien. « Vers sa base, dit M. Van den Broeck, le sable dies- 
tien renferme, localisés dans les bancs durcis, des lits fossilifères repré- 
sentés par des empreintes bien conservées de coquilles entières et non 
roulées. On y reconnaît nettement une faune pliocène plus récente que 
celle des sables glauconieux inférieurs des environs d'Anvers. » 

M. Pelseneer remet une liste de coquilles qu'il a recueillies dans le 
cours de diverses excursions faites sur le littoral, en 1880. M. Vincent a 
bien voulu se charger de la détermination de ces coquilles, parmi les- 
quelles se trouvent trois espèces nouvelles pour la faune belge : Ndtica 
Islandica, ïurton; Cerithium wlgatum, Brug. ; Qastrana fragilis , Linné, 
et divers fossiles provenant de terrains qui viennent affleurer à l'ouest du 
littoral belge. Ces dernières sont : Cyrena çuneiformis, Fér., du lande- 
nien ; diverses espèces du paniselien (sables d'Aeltre), parmi lesquelles : 
Turritella édita, Sow. ; Cardila planicosta, Lmk. ; Cardita acuticosta? 
Desh. ; Ostrea submissa,Desh. ; enfin, quelques exemplaires d'une coquille 
du pliocène, Turritella incrassala (?), Sow. M. Pelseneer donne, en 
outre, une liste de seize espèces peu communes que ses recherches lui ont 
procurées. 

Le 4 décembre 1880, le secrétaire effectue le dépôt du tome XIII (1878) 
des Annales de la Société. 

L'assemblée entend la lecture d'une notice intitulée : Une journée 
malacologique à Colombo (Ceylan), par Alfred-E. Craven. Ce travail 
constitue une première liste, principalement de gastéropodes recueillis 
par M. Craven en une journée d'exploration. Les petites espèces n'y 
sont pas mentionnées et les bivalves ne s'y trouvent non plus cités qu'en 
très petit nombre. Quoi qu'il en soit, cette liste contient quarante-six 
noms, parfois accompagnés d'observations, auxquels il faut ajouter 
celui d'une espèce nouvelle, Alaba rectangulata, dont l'auteur publie la 
description. 

Le procès-verbal donne ensuite le Compte rendu des excursions faites en 
commun par les Sociétés géologique et malacologique de Belgique, aux envi- 
rons de Bruxelles (5-7 septembre 1880), par M. A. Rutot. 

Le programme comportait, pour le premier jour, l'étude des couches 
constituant la rive gauche de la vallée de la Senne. 



MEMOIRES 305 

La colline de Scheut-Veld, au nord du village d'Anderlecht, montre, 
sous le limon hesbayen, trois couches appartenant au système paniselien 
et deux couches appartenant au système ypresien dont elles représentent 
la partie supérieure. 

Dans l'une des couches paniseliennes, constituée par de l'argilite avec 
psammites grenus verdâtres, M. G. Vincent a découvert une magnifique 
faune qui a permis de préciser l'âge des couches paniseliennes belges. 
Le résultat des recherches et des déterminations de MM. G. et E. Vin- 
cent est inséré dans le compte rendu de l'excursion. Il renseigne un 
crustacé, deux céphalopodes, vingt-six gastéropodes, trente et un lamel- 
libranches et un polypier. 

Les coupes étudiées pendant l'excursion sont décrites avec soin dans 
le compte rendu. En donner une analyse reviendrait à reproduire ce docu- 
ment presque en entier ; aussi nous bornerons-nous à citer « de belles 
coupes de sables de Wemmel altérés et des superpositions nettes du limon 
hesbayen sur le diluvium ancien » dans les talus du chemin creux mon- 
tant au moulin dans les environs de la ferme de Mortebeek, au delà de la 
chaussée de Ninove, — une sablière située non loin de Berchem-Sainte- 
Agathe et présentant le limon hesbayen, le sable de Wemmel, le sable 
laekenien et le sable paniselien, — enfin, dans la montée du chemin creux 
à la droite du Laerdbeek-Bosch, le sable de Wemmel passant à l'argile 
glauconifère, et le passage insensible de celle-ci aux sables chamois. 
M. Eutot fait remarquer que la nature de plus en plus grossière de ces 
sables à mesure que l'on monte, l'apparition des plaquettes ferrugineuses 
et enfin le passage à des sables de plus en plus grossiers, rouges et agglu- 
tinés par de l'oxyde ferrique, donnent à ces sédiments l'apparence des 
sables grossiers diestiens des environs de Louvain, « avec lesquels, dit-il, 
Dumont les avait confondus » . 

La description de la coupe du chemin dit du Couvent, de Jette, termine 
la relation de la course effectuée pendant la première journée d'excur- 
sion. 

La deuxième journée avait pour but l'étude des couches constituant la 
rive droite de la Senne. L'un des principaux points, situé dans le parc de 
Saint-Gilles, n'offrant plus une coupe aussi nette que précédemment, 
M. Rutot insère une coupe levée par lui lorsque les observations pouvaient 
se faire d'une manière complète. Il y distingue vingt-deux couches ou lits 
se répartissant dans le quaternaire et dans les systèmes wemmelien, 
laekenien, bruxellien, paniselien et ypresien. 

Les excursionnistes observent encore, dans les fondations d'une maison 
en construction une coupe, « montrant l'une des nombreuses petites failles 
produites par affaissement, parallèlement à la vallée de la Senne, et qui 

1880 20 






306 SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE 

offrait un contact latéral des sables ypresiens à numraulites avec l'argile 
paniselienne, épaisse de l'"20 en cet endroit » . 

Après avoir visité l'Institut cartographique militaire de la Cambre sur 
l'invitation de M. le colonel Adan, directeur de cet important établisse- 
ment, les excursionnistes se dirigent vers Uccle et de là vers la station 
de Calevoet, près de laquelle existe un « lambeau de littoral paniselien 
échappé à la dénudation bruxellienne et signalé depuis longtemps par 
M. Vincent ». 

Le compte rendu de la troisième journée, consacrée à l'étude des couches 
quaternaires mises à découvert entre la chaussée de Louvain et le Champ- 
des-Manoeuvres, sert à M. Ru tôt pour exposer le résultat des recherches 
qu'il a entreprises avec M. Van den Broeck sur le quaternaire de la 
Belgique moyenne méridionale. 

Les coupes du Wyngaerdberg montrent que la ligne onduleuse qui 
semble séparer le limon hesbayen en deux masses n'a aucuue valeur 
stratigraphique, la partie argileuse supérieure du dépôt, décalcarisée et 
oxydée par suite de l'infiltration des eaux atmosphériques, prenant « une 
teinte et une texture différentes de celles de la masse sableuse inférieure, 
qui reste intacte, c'est-à-dire qui conserve ses éléments calcaires et fer- 
reux ». Ce limon présente à la base un petit lit de cailloux et ravine un 
dépôt de composition hétérogène et d'épaisseur variable qui constitue le 
diluvium ancien. 

Ce dernier ravine à son tour fortement les assises tertiaires sous- 
jacentes. Il commence par un lit de cailloux roulés au-dessus duquel 
« viennent des sables grossiers irrégulièrement stratifiés, en partie rem- 
placés, dans quelques coupes du Wyngaerdberg, par une couche homogène 
d'argile verte » . 

La manière dont se sont stratifiés les cailloux et les sables, surtout dans 
le fond des poches de ravinement, indique très clairement, selon M. Rutot, 
que ces dépôts ont été abandonnés « pendant la première période de l'état 
fluvial, qu'à l'exemple d'autres géologues, nous avons appelée, dit-il, 
période des eaux sauvages » . Suivant M. Rutot, la masse des eaux douces 
venant du massif rocheux des Ardennes ne pouvant, lors de l'émersion du 
sol au commencement de l'époque quaternaire, être contenue dans les 
faibles dépressions qui existaient alors, occasionna une dénudation presque 
générale du niveau de la plaine et accumula, principalement dans les 
dépressions causées par les eaux, les cailloux roulés amoncelés pendant 
toute la période tertiaire au pied de l'Ardenne. 

L'argile verte dont il a été question plus haut n'est autre chose que le 
résultat de la dénudation de la série wemmelienne. 

Les eaux quaternaires déterminant des éboulements de talus « ont 



MEMOIRES 307 

amené, au niveau du lit du courant, des plaques d'argile glauconifère qui 
s'abattaient d'une douzaine de mètres plus haut et venaient ainsi recou- 
vrir les cailloux et sables grossiers déjà déposés » . 

L'excursion se termina par une visite des collections exposées par les 
membres de la Société malacologique à l'Exposition nationale. 

Un catalogue des points observés pendant les excursions des 5, 6 et 
7 septembre 1880, complète le compte rendu de M. Rutot. 

Ils portent un numéro qui se trouve reproduit sur la carte jointe au 
compte rendu, et pour chacun d'eux M. Rutot renseigne les superpositions 
ou les particularités géologiques que l'on peut y observer. 

A la fin du volume, se trouvent les documents habituels, le bulletin 
bibliographique et les renseignements sur l'accroissement des collections 
malacologiques ; une liste des institutions correspondantes, celle des 
membres, etc. 

Rien ne peut mieux faire ressortir l'immense chemin parcouru par la 
Société malacologique que de récapituler les institutions avec lesquelles 
elle échange ses publications. Quinze années lui ont suffi pour se mettre, 
avec les modestes ressources dont elle dispose, en relations avec quatre 
sociétés africaines, dont deux en Algérie, une dans l'île de la Réunion et 
une dans l'île Maurice; trente-six sociétés américaines, dont une pour la 
République Argentine, deux pour le Brésil, deux pour le Canada, vingt- 
neuf pour les États-Unis, une pour le Guatemala et une pour le Mexique ; 
cent quatre-vingt-onze pour l'Europe, dont vingt-neuf pour l'Allemagne, 
douze pour l'Angleterre, dix-huit pour l' Autriche-Hongrie, trente et une 
pour la Belgique, une pour le Danemark, trois pour l'Espagne, qua- 
rante et une pour la France, dix-huit pour l'Italie, une pour le Luxem- 
bourg, huit pour la Néerlande, trois pour la Norvège, une pour le 
Portugal, neuf pour la Russie, cinq pour la Suède, onze pour la Suisse; 
enfin quatre pour l'Océanie, dont deux pour la Nouvelle-Galles du Sud, 
une pour la Nouvelle-Zélande et une pour la Tasmanie. 

Un tableau indicatif des présidents de la Société, depuis sa fondation, 
précède les listes des membres. Celles-ci renseignent treize membres 
honoraires, trente-six membres correspondants, cent et dix-sept membres 
effectifs, parmi lesquels deux membres effectifs à vie. Dans ce nombre ne 
figurent plus que sept membres fondateurs : MM. Charlier, Cocheteux, 
de Sélys Longchamps, Dewalque, Fologne, Roffiaen et Weyers, auxquels 
il faut ajouter Colbeau, nommé membre honoraire, mais qui devait 
à peine voir entrer la Société malacologique, son œuvre, dans la seconde 
période de son existence. 



308 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Les mémoires insérés dans le tome XV des Annales sont les sui- 
vants : 

I. Glanures dans la faune malacologique de l'île Maurice. — Catalogue 
de la famille des Muricidès (Woodwaard), par C. Tapparone Canefri. 
— Avec deux planches coloriées. (Séance du 3 avril 1880.) 

II. Notes sur des ptéropodes du genre Spirialis, découverts dans le 
bassin de Paris, par A. Watelet et Th. Lefèvre. — Avec une planche. 
(Séance du 6 novembre 1880.) 

III. La Société malacologique à V Exposition nationale de 1880. 

Ce dernier mémoire comprend, outre le présent travail, consacré à une 
Notice historique sur la Société malacologique de Belgique, 1863-1880, 
un compte rendu de la part prise par les membres de la Société à l'Expo- 
sition nationale. Il est accompagné de deux vues photographiées de 
l'exposition de la Société malacologique et d'un plan général de la salle 
où les collections se trouvaient réunies. 

Le premier fascicule du tome XV, comprenant les Bulletins des séances 
et les Mémoires jusqu'à la page 112, fut distribué le l or août 1885. 

La publication du second fascicule, comprenant la fin du présent tra- 
vail et le compte rendu de l'exposition dut être remise à l'année 1886. 

Le lecteur qui nous aura suivi dans l'exposé des travaux de la Société 
malacologique pourra se faire une idée de l'activité déployée de 1863 
à 1880, pendant la première période de l'existence de la Société. 
A partir de cette date, s'ouvre, à tous les points de vue, une ère nouvelle. 
L'Exposition nationale, qui avait concentré les efforts des membres de la 
Société, vient de se fermer. La Société malacologique reçoit le titre de 
Société royale, et le 11 avril 1881, Jules Colbeau, son principal fon- 
dateur, meurt. La date de 1881 marque donc le début d'une ère nouvelle, 
et c'est l'une des principales considérations qui nous ont engagé à 
mener notre travail, non jusqu'à l'année de l'Exposition, mais jusqu'à 
l'année 1881, afin qu'il présentât l'histoire complète de la Société mala- 
cologique de Belgique. 

Jusqu'ici, nous n'avons parcouru que les travaux insérés dans les Bulle- 
tins. Il nous reste une partie très importante à examiner, c'est-à-dire les 
travaux publiés dans le recueil des Mémoires et dont nous avons cité les 
titres à la fin de l'analyse de chaque volume. 



II 



Dans la revue du Bulletin des séances, qui fait l'objet de la première 
partie de ce travail, nous avons été obligé de suivre l'ordre chronologique. 
Dans cette seconde partie, consacrée aux mémoires publiés par la Société 
malacologique, nous adopterons l'ordre alphabétique des noms d'auteurs, 
afin de rendre les recherches plus faciles. Toutefois, en ce qui concerne 
leurs travaux, nous les énumérerons d'après leur date de publication, 
et non d'après Tordre alphabétique des titres. Cette méthode nous a semblé 
préférable à tout essai de classement. Nous ne ferons d'exception que 
pour la notice biographique d'Henri Lambotte, par M. Hector Denis, qui 
se trouve insérée en tête du tome VIII des Annales et dont nous publierons 
un court résumé avant de commencer l'examen de la série des mémoires 
scientifiques. Nous rappellerons également le souvenir de Jules 
d'Udekem, de J.-B.-E. Lebœuf, du capitaine Seghers et d'ALBERT 
Toilliez, auxquels des notices sont consacrées dans les premiers volumes 
du Bulletin des séances que nous avons analysés d'une manière moins 
étendue que les suivants. Pour compléter cette partie nécrologique, il 
nous reste à mentionner le tribut de regrets payé par M. le comte de 
Eobiano, président de la Société, h la mémoire de Pu. Vander Maelen, 
bien qu'il ne fût pas membre de la Société malacologique (séance du 
6 juin 1869, t. IV, p. xli), et les notices dont nous avons rendu compte 
dans la première partie de notre travail et relatives à Gustave Collin 
(séance du 7 mai 1876), à David Forbes (séance du 4 février 1877), au 
D r Pfeiffer (séance du 4 novembre 1877) et à Ad. Watelet (séance 
du 4 septembre 1880). 

NOTICES BIOGRAPHIQUES 

Henri Lambotte. Notice biographique par H. Denis. ANNALES, 
tome VIII, 1873, pp. i-xxiv. — Avec portrait photographié. 

Dans le but de rendre hommage à l'un des fondateurs de la Société 
malacologique, M. Denis s'est imposé la tâche ardue d'analyser ses 
œuvres publiées ou restées manuscrites, de retrouver la pensée qui gui- 
dait l'auteur dans ses recherches, et il est arrivé à montrer ce qu'aurait pu 



310 SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE 

être Henri Lambotte, si des circonstances fatales n'étaient venues briser sa 
carrière. Nous ne pouvons suivre M. Denis dans tous les détails, quelque 
intéressants qu'ils soient, sur les publications de Lambotte, sur ses idées 
pbilosopbiques, sur l'étude qu'il avait faite du monde organique et du 
monde inorganique. Il n'y a rien à élaguer dans la notice que lui a con- 
sacrée son savant biographe. Nous devons nous borner à citer quelques 
dates et les faits les plus en rapport avec les études de la Société. 

Henri -Antoine-Joseph Lambotte était né en 1816 et mourut le 17 oc- 
tobre 1873. Après avoir fait ses études humanitaires au collège de Namur, 
il vint suivre les cours de l'université de Liège, où le professeur Fohmann 
se l'attacha. Il travailla avec le savant anatomiste jusqu'à la mort de 
celui-ci, et c'est ainsi qu'il prépara plus de trois cents pièces anatomiques 
pour l'université de Liège. En 1837, il obtint le grade de docteur en 
sciences naturelles; en 1841, il fut chargé provisoirement à l'université 
de Liège du cours d'anatomie comparée, mais il ne tarda pas à quitter 
l'université et revint en 1842 à Namur, pour y remplacer Cauchy dans 
ses cours de minéralogie, géologie et métallurgie. S'appliquant avec 
ardeur aux recherches en rapport avec son enseignement, il n'abandonna 
pas celles qui concernaient les êtres organisés, et préparait, comme le dit 
son biographe, « des travaux d'anatomie et de géologie considérables, 
lorsque la suppression de l'école des mines de Namur vint le surprendre 
en 1851. La suppression de cette école devait l'éloigner du professorat 
pour de longues années, car le gouvernement qui lui retirait son emploi 
ne l'appela plus à d'autres fonctions ». Onze ans après, en 1863, le conseil 
d'administration de l'université libre de Bruxelles le rendit à l'enseigne- 
ment en le chargeant des cours de zoologie, d'anatomie comparée, de 
minéralogie et de géologie; mais, dans ce long intervalle, le découra- 
gement s'était emparé de lui et il ne livra plus au public que de rares 
travaux. 

En 1836, il avait envoyé à l'Académie une Note sur une roche feld- 
spathique découverte à Grand-Manil près de Gembloux. En 1837, l'Aca- 
démie couronne un mémoire de lui en réponse à cette question : Déter- 
miner les modifications que subissent les appareils sanguins et respiratoires 
dans les métamorphoses des batraciens anoures, puis on le voit publier 
successivement ses recherches sur une araignée d'Italie, le Theridion 
malmignatte, une nouvelle note sur les globules du sang, sa Nouvelle 
théorie de chimie organique (1840), une Note sur l'organisation des mem- 
branes séreuses et des recherches Sur un système de canalicules dans les 
plantes. Pour son enseignement à Namur, il avait publié un Traité de 
minéralogie pratique. Les recherches qu'il fit dans cette direction l'ame- 
nèrent à s'occuper de géologie. 



MÉMOIRES 311 

En 1843, il envoie à l'Académie une note Sur des roches d'origine ignée 
intercalées dans le calcaire de transition de la Belgique. « Cette étude 
partielle des roches plutoniennes se rattachait à un travail plus considé- 
rable sur les terrains primaires de la Belgique, dont il a annoncé la publi- 
cation sous ce titre : Études sur les terrains primordiaux de la Belgique. 
Observations faites de 1832 à 1842. Ce travail n'a point paru, mais on en 
retrouve une partie dans ses manuscrits. Il s'y occupe surtout du terrain 
houiller des environs de Namur. » 

En 1856, il publie une étude sur V Influence des fabriques de produits 
chimiques et, en 1870, des Considérations sur le corps thyroïde. « Deux 
années avant sa mort, nous l'avons vu, dit M. Denis, corriger les épreuves 
d'une Classification des animaux d'après la méthode dichotomique de 
Lamarck, mais cet ouvrage ne vit jamais le jour » ; de môme, les leçons 
publiques qu'il donna à l'université sur la géologie dans ses applications 
à l'agriculture, et que plusieurs de ses élèves ont recueillies, restèrent 
inédites. 

Au point de vue spécial de la malacologie, M. Denis rapporte que Henri 
Lambotte se proposait, vers 1837, de publier des observations sur les 
céphalopodes, que l'on n'a pas retrouvées dans ses notes manuscrites, et 
qu'il s'occupa avec son frère, pendant les dix premières années de son 
séjour à Namur, de réunir une collection de fossiles primaires qui est 
restée et qui est particulièrement intéressante par suite de la disparition 
de certains gîtes explorés par lui. 

M. Denis rappelle ensuite la part qu'il a prise à la fondation de la 
Société malacologique et parle des travaux qu'il lui destinait. Le plus 
important d'entre eux, intitulé : le Système nerveux des mollusques com- 
paré à celui des articulés et des vertébrés, lui procure l'occasion de 
donner un résumé de divers travaux relatifs à l'organisation des animaux 
vertébrés et des articulés. Voici comment il termine son exposé : o Si l'on 
me demande maintenant à quel ensemble d'idées, ou même plutôt à quelle 
idée générale se rattachent tous les travaux d'Henri Lambotte, quelle est 
celle qui le guida dans ses investigations, celle dont il voulait poursuivre 
la démonstration complète, je répondrai sans crainte de me tromper : 
cette idée, empruntée à la philosophie des sciences biologiques, n'est autre 
que le principe de Yunité de composition des êtres organisés et, sous un 
autre aspect, leur loi d'évolution se dégageant de la variabilité même des 
espèces. » Il examine quelle influence eurent sur lui les écrits de Geoffroy 
Saint-Hilaire et de Lamarck, et reproduit un éloquent fragment d'autobio- 
graphie de Lambotte, montrant l'évolution de sa pensée. Sa Nouvelle 
théorie de chimie organique n'est elle-même, dit M. Denis, qu'un rayonne- 
ment du principe de Yunité de composition. « S'élevant à des idées de plus 



349 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQl-'K DE BELGIQUE 

en plus générales, ou plutôt généralisant de plus en plus l'idée mère qui 
le guidait, et s'enivrant même de cette idée, il avait conçu le projet d'une 
philosophie scientifique sous le titre : Histoire générale de la nature réunie 
en corps de doctrine » , mais il n'en rédigea que quelques chapitres. La 
bibliographie des travaux de H. Lambotte montre de combien de sujets, 
grâce à son activité scientifique, il avait abordé l'étude, et fait vivement 
regretter que les circonstances ne lui aient pas permis de réaliser le plan 
qu'il avait conçu dès sa jeunesse et vers lequel convergeaient toutes ses 
recherches. 

D'Udekem (Gérard-/L 7 Z, j E'S-Marie-Ghislain), docteur en sciences natu- 
relles, docteur en médecine, etc., professeur agrégé à l'université de Liège, 
professeur à l'université de Bruxelles, membre de l'Académie royale des 
sciences, etc., né à Louvain, mort à Bruxelles, le 10 décembre 1864, à l'âge 
de quarante ans. 

M. d'Udekem était membre fondateur de la Société malacologique. Les 
lignes que lui a consacrées Colbeau dans le procès-verbal de la séance du 
5 février 1865 sont plutôt un témoignage de regrets des membres de la 
Société qu'une notice nécrologique. 

BULLETINS, tome I er , pp. lxxiii-lxxiv. 

Lebœuf (Jean-Baptiste-Emile), né à Alost, le 20 mai 1811, d'une famille 
d'origine française, prit une part active à la révolution de 1830, puis 
visita le théâtre de la guerre d'Afrique. De retour en Belgique, il obtint 
un emploi dans les bureaux de l'administration communale de Bruxelles 
et s'occupa particulièrement des questions relatives à l'enseignement. 
On lui doit l'introduction de la gymnastique dans les écoles de la ville. 
Depuis 1851, il s'était consacré à la direction générale de l'établissement 
de la Société royale de zoologie, fonctions qui le mirent dès le principe 
en rapport avec les fondateurs de la Société malacologique, dont il fut l'un 
des premiers membres honoraires. 

(Extrait d'une notice lue par M. Rosart, à la séance du 4 août 1869. — BULLETINS, 
tome IV, pp. xrx-xxin.) 

Seghers (Alexandre), né à Bruxelles le 3 août 1803, mort à Ixelles le 
3 octobre 1866. 

Membre d'une réunion d'amateurs qui, sous le nom de : Curieux de la 
nature, eut une influence réelle sur le développement de la science dans 
le pays, il contribua beaucoup à la formation du Musée d'histoire natu- 
relle de Bruxelles. Il consacrait à rassembler des collections entomolo- 
giques le peu de loisirs que lui laissaient ses devoirs de militaire, puis, 
lorsqu'il eut pris sa retraite, il joignit la malacologie à l'entomologie et 
montra à l'exposition malacologique de 1866 une série remarquable de 



MÉMOIRES 313 

fossiles bruxelliens presque tous recueillis par lui-môme. Il était l'un des 
fondateurs et l'un des membres les plus dévoués de la Société malacolo- 
gique. Il était également membre de la Société entomologique. Dans les 
derniers temps, il s'occupait d'un projet de défrichement de la Campine 
et de travaux d'embellissement de la ville de Bruxelles. Le capitaine 
Seghers fut l'une des victimes du choléra de 1866. 

(Extrait d'une notice de M. Rosart, insérée dans le procès-verbal de la séance du 
3 février 1867. — BULLETINS, tome II, pp. xl-xui.) 

Toilliez (Albert), né à Mons le 3 avril 1816, mort le 4 septembre 1865. 

Entré dans l'administration des mines à la suite d'un concours en 1835, 
promu au grade d'ingénieur de l re classe en 1859, il dut surtout à ses 
études privées la grande variété de connaissances qu'il possédait. La géo- 
logie et l'archéologie étaient le but de ses recherches de prédilection. 
Il a publié une série de notices dans les Annales de la Société des sciences, 
des arts et des lettres du Hainaut, ainsi que dans celles du Cercle archéo- 
logique montois. On lui doit aussi une traduction de l'ouvrage de Lyell 
sur les terrains tertiaires de la Belgique. 

A. Toilliez était membre fondateur de la Société malacologique. 

(Extrait d'une notice de M. l'abbé Michot, insérée dans le procès-verbal de la séance du 
3 décembre 1865. — BULLETINS, tome [*, pp. xctv-xcvi.) 

MÉMOIRES 

Brady (H.-B.), voir : Jones (Rupert) et Parker. — Notice sur les 
foraminifères vivants et fossiles de la Jamaïque, suivi de la Description 
d'une espèce nouvelle des couches miocènes de la Jamaïque, par 
H.-B. Brady. — MÉMOIRES, tome XI, 1876. 

Briart (Alph.), voir : Cornet (F.-L.). — Compte rendu de V excursion 
faite aux environs de Giply par la Société malacologique de Belgique, le 
20 avril 1873. — MÉMOIRES, tome VIII, 1873. 

Briart (Alph.) et Cornet (F.-L.). — Description de quelques coquilles 
fossiles des argilites de Morlanwelz. — Séance du 7 décembre 1878. — 
MÉMOIRES, tome XIII, 1878, pp. 87-99 (planche X). 

Siliqua parallela, Br. et C. Dimensions, description. Remarque sur 
le genre Siliqua. Il est probable que l'espèce décrite, voisine des S. papy- 
racea, Desh. et Solemya angusta, Desh., est celle qui est signalée sous 
le nom de Solemya Guvievi, Desh. dans la liste des fossiles paniseliens 
du Prodrome d'une description géologique de la Belgique par M. Dewalque 
et dans la liste des fossiles des argilites de Morlanwelz par M. Mourlon 
(Palria belgica) . 



314 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Modiot-a depressa, J. Sow. Dimensions, synonymie, description. 
Remarques sur les deux modioles des terrains tertiaires inférieurs de 
l'Angleterre décrites par Sowerby, M. depressa et M. simplex, coquilles 
très voisines et qui pourraient bien n'être que des variétés d'une même 
espèce. M. Morris les considère comme distinctes. M. Vincent a trouvé 
M. simple® dans l'étage supérieur du système ypresien. Les auteurs 
pensent que l'espèce de l'ypresien pourrait être celle des argilites, mais 
ils ajoutent, en note, que M. Rutot maintient la détermination de l'espèce 
ypresieune. 

Mytilus inflatus, Br.et C. Dimensions, description. Coquille du groupe 
du M. ecliilis et voisine des M. affinis, J. Sow. et M. lœvigatus, Desh. 
Cette espèce est probablement celle qui a été citée par M. Dewalque et 
par M. Mourlon sous le nom de M. rimosus, Lamk. 

Nuculafragilis, Desh. Dimensions, synonymie, description. Remarques 
sur les caractères de la charnière; distinction d'avec N. lunulata, Nyst; 
considérations sur le gisement en Belgique et en France. Observations 
sur la confusion en une seule liste des espèces des argilites de Morlanwelz 
et de celles du mont Panisel, qui ne contiennent que peu d'espèces 
communes. Observations sur l'absence de N.fragilisen Angleterre. 

Pecten decemcostatus, Br. et C. Dimensions, description. Coquille 
voisine de P. squamula, Sow., du bassin de Londres. 

Limopsis concentricus, Br. et C. Dimensions, description. L'espèce la 
plus voisine est le L. aller, Desh., des sables inférieurs. 

Brusina (Spiridion). — Monographie des CAMPYLjEA de la Dalmatie 
et de la Croatie. — Traduit de l'italien, sur l'original, par Théophile 
Le Comte. — Séance du 6 juin 1869. — MÉMOIRES, tome IV, 1869, 
pp. 37-79. 

Sans discuter la question desavoir s'il faut élever les Campylœa au rang 
de genre ou bien s'il convient de les classer avec le rang de sous-genre 
parmi les Hélix, M. Brusina adopte cette dernière manière de voir, qui est 
celle d'Adams. La synonymie des Campylœa de la Dalmatie a été telle- 
ment embrouillée que trois espèces seulement : les G. cœrulans, Ponzolzi 
et Hoffmanni, n'ont pas prêté à confusion. M. Brusina donne lui-même 
une analyse de son travail : « J'ai non seulement distingué, dit-il, les 
espèces d'une manière critique, mais je l'ai fait aussi pour les variétés, en 
leur apposant le nom d'après l'auteur dont la publication a paru la pre- 
mière ; j'indique toujours les motifs qui m'ont empêché d'accepter beau- 
coup d'autres variétés; les variations qui sont de peu d'intérêt pour la 
science, je les ai complètement omises. Pour la synonymie, je cite d'abord 
l'auteur qui, le premier, a publié l'espèce, puis quelques-uns des plus 
importants tels que Rossmâssler, Pfeiffer, etc.. J'ajoute ensuite toutes les 



MÉMOIRES 315 

synonymies des auteurs et des ouvrages qui me sont connus. Les diagnoses 
en sont corrigées et mieux détaillées et la distribution géographique en est 
mieux établie quelle ne l'a été jusqu'aujourd'hui; enfin, outre la partie 
critique, je n'ai pas omis de signaler les anomalies qui ont été observées. » 

M. Brusina a dressé deux tableaux: «Dans le premier, les espèces sont 
partagées en groupes, d'après les caractères qui leur sont communs. Elles 
sont d'abord subdivisées en trois, d'après l'ouverture petite ou grande de 
l'ombilic, puis en deux, selon qu'elles sont nues ou poilues, et les poilues 
sont de nouveau subdivisées en celles qui ont les poils courts et denses et 
celles qui les ont longs et rares. En quatrième lieu, elles sont partagées 
d'après leur opacité ou leur pellucidité, cinquièmement d'après la couleur 
et enfin d'après les bandes. 

« Dans le second tableau, ce sont les mêmes groupements, mais d'après 
des caractères qui, en admettant la connaissance du caractère générique 
des Hélix et du caractère sous-générique des Campylacea, suffisent seuls 
pour faire reconnaître les espèces... » 

En ce qui concerne les noms propres, M. Brusina déclare que personne 
n'ayant le droit de changer l'orthographe des noms personnels, il adoptera, 
pour les noms slaves-bohêmes et serbes-croates, celle des pays précités, et 
non la forme allemande ou italienne. 

Relativement à la partie spéciale ou descriptive du travail de M. Bru- 
sina, nous n'avons rien à ajouter à ce qui est dit plus haut, sinon qu'il y 
est fait mention de douze espèces de Campylœa, savoir : les G. carulans, 
stenomphala, Pouzolzi, denudata, insolida, wmbilicaris, Sadleriana, hirta, 
Hqfmanni, setigera, setosa, crinita. 

A la fin du mémoire, se trouve une liste des espèces à exclure de la 
faune de la Dalmatie et une table des espèces et des variétés de Campylœa 
décrites. 

Cogels (Paul). — Observations géologiques et paléonlologiques sur les 
différents dépôts rencontrés à A nvers, lors du creusement des nouveaux 
bassins. — Séances du 7 décembre 1873 et du 11 janvier 1874. — MÉ- 
MOIRES, tome IX, 1874, pp. 7-32. 

Après avoir fait remarquer combien les terrains d'Anvers sont encore 
peu connus, l'auteur rappelle les publications relatives à la zone qu'il 
étudie. 

Il rapporte au diestien les sables à Pectunculus pilosus rencontrés, à 
la cote — 4.78, sous le pont du chenal de jonction des bassins et donne la 
liste des fossiles qu'il y a recueillis. On y remarque Ancillaria obsoleta, 
Conus Noœ, Ostrea codilear, Hinnites, Trochocyathus pyramidalis . Cer- 
taines coquilles étaient si exactement closes qu'elles ne contenaient pas un 
grain de sable. A la surface du banc eoquillier, se trouvaient des concré- 



31 G SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

tions argilo-caleaires et des moules internes de coquilles. L'eau que four- 
nissaient les sables à Pétoncles avait une odeur sulfureuse et recouvrait 
rapidement les coquilles d'un épais enduit ferrugineux. 

Le lit de Pétoncles était surmonté de sables de couleur foncée, contenant 
des vertèbres et des dents de Carcharodon, des dents à'Oxyrhina, de 
Lamna, etc., et des ossements de cétacés que M. Cogels n'a pas observés 
dans les sables sous-jacents. Ces sables constituent une zone intermédiaire 
entre les sablesnoirs hPectunculus pilosns et le «craggris» qui les recouvre, 
zone artificielle, dit l'auteur, mais établie pour servir de point de repère 
dans la description. On y trouve YOstrea cochlear, le Turbinolia et la Car- 
dit a intermedia des sables noirs, associés à des espèces exclusivement 
scaldisiennes, telles que Cyprina rustica, Isocardia cor, etc. Cette zone est 
caractérisée par la présence de petits graviers et contient des coquilles 
d'abord éparses, puis plus abondantes et formant une espèce de coucbe 
que l'on ne peut, toutefois, comparer au lit de Pétoncles. L'épaisseur de 
cette zone est d'environ deux pieds. Plus baut, les sables sont à grain 
fin, de couleur grisâtre, sauf à la partie supérieure, où ils ont parfois 
une teinte ferrugineuse. « Partout où je l'ai trouvée, dit M. Cogels, cette 
zone brunâtre recouvre les sables verdâtre-s qui sont restés purs de tout 
mélange, et la ligne de démarcation en est très nette, quoiqu'elle soit fort 
irrégulière. Il n'y a d'ailleurs pas d'autres différences pour la composi- 
tion minéralogique des sables de ces deux nuances. » Dans la partie 
moyenne, et surtout vers le baut de la masse sableuse, se présentent par- 
fois de minces strates de marne irrégulièrement distribuées et ne conte- 
nant pas de débris de grosses coquilles. L'absence des dents de poissons, 
qui sont localisées vers le bas de la couche, et la présence d'ossements de 
cétacés en place et non roulés distinguent ces sables du « crag moyen », 
auquel l'abondance de la Cyprina tumida aurait pu les faire rapporter. 
Pour éviter toute confusion, résultat infaillible de l'emploi des noms de 
couleur, l'auteur propose de désigner ces sables sous le nom de sables à 
Isocardia cor. Il donne un petit tableau des zones qu'il y a distinguées, 
puis une liste des fossiles qu'il a recueillis dans l'ensemble de la masse 
sableuse à partir du lit de Pétoncles. On y remarque une valve de Terebra- 
tula grandis et une valve d'un fossile éocène, la Venericardia planicosta, 
trouvée dans la partie supérieure du dépôt. 

Les sables à Isocardia cor sont recouverts, aux bassins, par une coucbe 
dont l'aspect et la nature varient et que caractérise une immense quantité 
de coquilles brisées de Cyprines, d'Astartes, de Peignes, etc. Il arrive 
qu'elle ravine les sables sous-jacents. Souvent elle est imprégnée 
d'une argile verdâtre, distribuée d'une manière fort irrégulière et péné- 
trant même parfois dans les sables à Isocardia. Dans le voisinage des 



MUMUIHËS 317 

anciens bassius, l'argile, plus compacte et plus foncée, renfermait plus de 
galets, mais beaucoup moins de coquilles. Très souvent on trouvait au 
milieu de la zone argileuse un lit de marne blanchâtre avec coquilles bri- 
sées et coquilles entières. Des restes de plantes marines y ont été égale- 
ment observés. 

L'auteur décrit les variations de composition de cette couche, qui est 
tantôt imprégnée d'argile verte, tantôt constituée par des sables gris ana- 
logues aux sables sous-jacents ou par des sables marneux, ou encore par 
des sables colorés par l'oxyde de fer. L'argile verte et la marne coquillière 
contenaient des cailloux et des silex et, par places, des os roulés et des débris 
divers. Au milieu des débris, se présentaient des coquilles entières quelque- 
fois bivalves. Le Pecten Oerardi y formait de véritables amas. 

M. Cogels fait remarquer qu'à ce niveau apparaissent « des espèces qui 
ne se trouvent jamais dans le sable gris à Isocardia cor sous-jacent et 
qui servent à le faire distinguer de ce dernier, alors qu'en l'absence des 
coquilles brisées, le sable des deux couches aurait les mêmes caractères 
minéralogiques, comme le cas s'est présenté au bassin au Bois. Ces espèces 
sont les Trophon antiquum {Fîmes contrarius), Troplion gracile (Fusus 
corn eus), Purpura lapïllus, Purpura tetragona et Pecten complanatus ». 
11 donne ensuite la liste des fossiles en signalant, pour les lamellibranches, 
l'état dans lequel ils ont été recueillis, brisés, entiers ou bivalves. 

« La couche à coquilles brisées des bassins se relie à celle des environs 
d'Anvers qu'on a désignée tantôt sous le nom de crag gris, tantôt sous 
celui de crag rouge. » 

Ces noms de couleur sont mauvais, dit M. Cogels, qui rappelle les obser- 
vations consignées par M. Dewalque dans son Prodrome d'une description 
géologique de la Belgique, sur les altérations provenant de la décomposi- 
tion de la glauconie. Aussi M. Cogels propose-t-il de désigner la division 
supérieure des sables scaldisiens sous le nom de crag à Trophon antiquum 
ou à Fusus antiquus ou contrarius, suivant le nom que l'espèce est appe- 
lée à porter. 

La couche à Troplion antiquum est recouverte de sables imprégnés de 
la même argile verte qui pénètre jusque dans les sables à Isocardia. Il les 
considère comme une formation distincte, venant se ranger entre le der- 
nier dépôt tertiaire et les premiers dépôts campiniens. 

M. Cogels rapporte au campinien des sables fins d'un blanc jaunâtre, 
légèrement teintés en verdâtre par une faible proportion d'argile verte et 
contenant de petits cailloux de quartz et de silex, qui les limitent à la 
base. Vers le haut, ces sables sont dépourvus de graviers, prennent une 
légère teinte un peu brune, qui devient graduellement plus foncée au 
contact de la tourbe qui les surmonte. Ils contiennent de nombreuses 



318 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

racines de végétaux et, vers le sommet, des ossements de sangliers, de 
cerfs et de bœufs. 

M. Cogels décrit ensuite la couche de tourbe qui renfermait des troncs 
d'arbres, des morceaux de bois, des noisettes, des feuilles, des roseaux et 
des ossements semblables à ceux du sable sous-jacent, mais en moindre 
quantité. Il signale, aux travaux de jonction des bassins, une souche encore 
fixée dans le sol à la cote + 1. Il mentionne également la présence très 
fréquente du phosphate de fer. 

En contact avec la tourbe, se trouvait une argile noirâtre, qui lui était 
le plus souvent juxtaposée, mais qui y formait de petites strates et, excep- 
tionnellement, occupait un niveau inférieur. Cette argile noire contenait 
de petits lits de coquilles remaniées des sables sous-jacents à Trophon et à 
Isocardia et des coquilles fluviatiles au nombre de treize espèces. A la base 
de la couche, on trouvait les mêmes ossements que sous la tourbe. Le Bos 
primigenius a été recueilli à ce niveau. 

Après quelques mots sur l'argile des polders et sur les coquilles qu'elle 
contient (coquilles terrestres, d'eau douce, d'eau saumâtre et, accidentelle- 
ment, coquilles marines), M. Cogels attire l'attention sur le mauvais état 
de conservation des nombreux ossements découverts dans ce dépôt, état 
qui ferait croire, dit-il, à la présence d'agents chimiques destructeurs. 
Les coquilles étaient également très abîmées. De même que la tourbe, 
l'argile du polder contenait du phosphate de fer. 

M. Cogels termine son mémoire par quelques détails sur les remanie- 
ments dont il a pu constater l'existence. 

Il signale, à l'écluse maritime du bassin du Kattendijk, le crag à 
Tropïion réduit à œ 08 d'épaisseur et la tourbe reposant même sur les 
sables h Isocardia. Il a vu la couche d'argile verte recouverte par l'argile 
noire à laquelle succédait la tourbe. Dans la partie ajoutée au bassin du 
Kattendijk, on observait l'argile des polders, — la tourbe, — du sable 
marin blanc avec petits cailloux et débris coquilliers de la couche à Tro- 
phon, — de la tourbe et de l'argile noirâtre au même niveau, — du sable 
avec coquilles brisées et un bloc d'argile verte, — du sable jaunâtre et 
enfin les sables à Isocardia. 

Le bassin de la Campine a présenté en un point la succession suivante : 
argile des polders, — sable blanc avec débris coquilliers du crag à Tro- 
plwn, — tourbe, — sables à Isocardia. La couche de sable blanc a fourni 
des coquilles fluviatiles énumérées par M. Van den Broeck dans sa note 
sur les excursions faites en Belgique pendant l'année 1870 (') et un 
Cyclostoma elegans, découvert par M. Purves. Les Neritina jlnmalilis 

(') Mémoires, t. V, p. 27. 



MEMOIRES 319 

recueillies dans cette couche présentaient encore des traces de colora- 
tion. 

Cogels (Paul). — Considérations nouvelles sur les systèmes boldèrien 
et diestien. — Séance du 4 février 1877. — MÉMOIRES, tome XII, 
1877, pp. 7-26. 

L'auteur cite en préambule des passages de notices dues à M. Mourlon 
et à M. Gosselet. Le premier de ces géologues se demande si les sables 
diestiens avec Térébratules en place, du Pellenberg, près de Louvain, ne 
se rapporteraient pas aux sables à Hétérocètes d'Anvers. Le second, se 
basant sur l'absence de fossiles contemporains du dépôt dans les sables 
diestiens du Bolderberg, pense qu'il faut rapprocher les sables noirs d'An- 
vers du système boldèrien et non du système diestien. « Le système 
diestien tout entier, dit M. Gosselet en rappelant une opinion émise par 
M. Nyst en 1861, est donc postérieur aux sables d'Edeghem à Panopœa 
Menarcli. » M. Cogels constate que le terme de système diestien a subi 
tant de modifications depuis le moment de sa création qu'il est devenu 
nécessaire d'en opérer la revision. Il en fait l'historique depuis son établis- 
sement par Dumont en 1839, et rappelle les découvertes paléontologiques 
que M. Van Beneden y fit près de Louvain. Il analyse ensuite le rapport 
présenté par Dumont à l'Académie, en 1849, et les publications de d'Oma- 
lius, de Staring, de Nyst, de Lyell et, finalement, celles de MM. Dewalque, 
Mourlon et Van den Broeck. 

M. Cogels fait remarquer toutes les conséquences de l'erreur commise 
par Dumont en plaçant le sable noir à la partie supérieure fossilifère du 
système diestien des environs de Louvain. Cette erreur fit commettre à 
Staring de graves interversions dans son tableau des couches géologiques. 
M. Nyst ne la redressa pas en 1860, lors de la découverte des sables 
d'Edeghem et se borna a émettre la supposition que le système boldèrien 
était la base du système diestien de Dumont. « De cette époque, croyons- 
nous, dit M. Cogels, date l'introduction de la faune boldérienne de 
Dumont dans le diestien. L'erreur devient ainsi moins sensible, puisque 
les divers dépôts en question se trouvent réunis dans un même système ; 
mais, leurs relations avec les sables de Diest de Dumont, c'est-à-dire avec 
le type du système, ne sont pas définies. Aussi, devant le vague de cette 
classification, ne faut-il pas s'étonner de voir les géologues se montrer 
d'opinions très diverses. » M. Cogels expose alors comment Lyell est 
amené à mettre les sables de Diest avec Tereôratula grandis au-dessous 
du crag noir, et d'Omalius le groupe entier des sables d'Anvers, com- 
prenant le sable noir et les sables d'Edeghem, au-dessus des sables de 
Diest, interversions manifestes qui, jusqu'alors, ne paraissaient pas avoir 
été soupçonnées. Il rappelle que, pour M. Dewalque, la couche fossilifère 



320 SOCIÉTÉ MALACOLÔGIQUE DE BELGIQUE 

du Bolderberg appartient au diestien, système dans lequel ce géologue 
comprend les sables diestieus de Dumont, les sables noirs d'Anvers, les 
sables d'Edeghem, tous dépôts regardés comme appartenant au commen- 
cement de la période pliocène. Pour M. Mourlon, la couche fossilifère du 
Bolderberg appartenant au boldérien et les sables d'Edeghem ainsi que 
les sables noirs d'Anvers au diestien, il se fait que des formations voisines 
sont rangées dans des systèmes différents. Pour M. Van den Broeck, tous 
ces dépôts étant diestiens, quoique un peu plus anciens les uns que les 
autres, il en résulte que l'on trouve réunies des formations appartenant 
en réalité à deux systèmes. 

Tel était l'état de la question quand M. Gosselet et M. Mourlon publiè- 
rent les notes dont un extrait a été donné par M. Cogels en tête de son 
travail. Il développe ensuite les raisons qui lui font considérer l'opinion de 
M. Gosselet comme fondée. 

Partant de ce point sur lequel tous les observateurs sont d'accord, que 
la couche de cailloux roulés constitue la base du diestien, M. Cogels con- 
state que ces cailloux sont mélangés avec les fossiles du Bolderberg, de 
telle manière qu'il faut considérer ces fossiles comme étant dans le dies- 
tien; mais, d'autre part, il insiste sur leur mauvais état de conservation, qui 
lui fait dire qu'il est étonnant qu'on ne se soit pas demandé, de tout temps, 
si ces fossiles sont en place. On s'accorde en effet, dit-il, pour considérer 
la démarcation stratigraphique qui sépare le système diestien des forma- 
tions précédentes comme la plus tranchée qui s'observe dans notre ter- 
rain tertiaire. 

Dumont a dit — et les observations ultérieures de M. Dewalque à Ede- 
ghem, en 1861, et à Burght, en 1876, ainsi que celles de MM. Van den 
Broeck et Butot, au Kiel, en 1875 ( 1 ), n'ont pu que confirmer l'opinion 
émise par l'éminent stratigraphe, — que les sables glauconifères de Diest, 
de Louvain, etc., s'étaient déposés sur des terrains mis à sec, puis recou- 
verts de nouveau par la mer. 

M. Cogels établit ensuite, â l'aide des chiffres mêmes cités par M. Van 
den Broeck, l'antériorité du dépôt des sables d'Edeghem relativement aux 
sables à Pétoncles. Cette différence « donne, du reste, dans le cas présent, 
dit-il, l'explication la plus naturelle de leurs différences fauniques et 
minéralogiques que l'extrême rapprochement des gisements rend difficile 
d'attribuer exclusivement aux- influences locales ». 

Un long espace de temps sépare donc l'époque du dépôt des sables de la 
zone littorale du Kiel et celle de la formation du conglomérat littoral 
du Bolderberg. Or, loin d'être moindre au Bolderberg qu'aux environs 

(') Séance du 7 novembre. 



MEMOIRES 3il 

d'Anvers l'élément faunique miocène y est, au contraire, plus considé- 
rable. M. Cogels explique cette anomalie par le retour de la mer signalé 
par Du mont. Ces fossiles miocènes ont été enlevés par les eaux aux 
dépôts précédemment émergés qu'elles envahissaient de nouveau et dont 
elles répar tissaient les éléments dans les cordons littoraux. 

« Or, entre le mouvement du sol, qui est la cause directe de l'arrivée des 
cailloux, et le remaniement des fossiles à caractère miocène, la corréla- 
tion est évidente ; l'état de débris dans lequel on retrouve ces coquilles et 
leur mélange avec les cailloux, premier dépôt du notiveau système, sont, 
à nos yeux, dit M. Cogels, une raison décisive pour faire considérer la 
faune à laquelle elles appartiennent comme bien antérieure aie mouvement 
qui a amené les cailloux, c'est-à-dire comme antérieure à t'époque dies- 
tienne. Nous partageons donc complètement, en ce point, l'opinion de 
M. Gosselet. » 

M. Cogels explique ensuite pourquoi il s'éloigne de la manière de voir 
adoptée par M. Van den Broeck relativement à la conte rnporanéité de la 
couche fossilifère du Bolderberg avec les sables inférieurs d'Anvers, puis 
il examine les idées de M. Gosselet sur l'existence au Bolderberg de deux 
couches fossilifères distinctes, l'une étant une formation littorale con- 
tenant les fossiles contemporains du dépôt, l'autre les contenant remaniés 
et constituant la base du diestien. M. Cogels admet la possibilité de cette 
manière de voir et, abordant un ordre d'idées nouveau, fait remarquer 
que l'analyse des matériaux fauniques recueillis dans le conglomérat 
tend à démontrer que toutes les espèces ne sont pas contemporaines. 

« Eu effet, dit-il, avec des espèces indiquant une ancienneté plus grande 
que celle de la zone à Panopées, il y en a quelques autres qui manquent 
dans la zone plus récente à Pétoncles, mais qui se présentent soit dans 
le système scaldisien, soit dans le crag anglais ou les mers actuelles. » 

La CUycimcris angusta et le Diplodonta trigonula ont, à ce point de 
vue, une valeur toute spéciale et la constatation du niveau exact qu'ils 
occupent au Bolderberg permettra de résoudre la question soulevée par 
M. Gosselet de la réunion ou de la séparation des deux zones du con- 
glomérat. 

Au point de vue paléontologique, on ne peut maintenir dans le système 
diestien des gisements contenant des fossiles qui ne se présentent qu'à 
l'état remanié à sa base, « car, aux divers points où l'on a découvert des 
fossiles, dans des gisements appartenant sans conteste au système dies- 
tieu, c'est-à-dire dans les formations mêmes pour lesquelles Dumont a 
établi cette division, ce sont des espèces qui n'appartiennent pas à la 
taune boldérienne » . Tel est le cas pour la Terebratula grandis, qui a été 
recueillie au Pellenberg, près de Louvain, et au Bolderberg même, dans 

1880 21 



322 SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE 

les sables diestiens. o Au Bolderberg, cette Térébratule se trouve donc 
séparée de la faune boldérienne, au point de vue du temps écoulé, par 
toute la durée de l'éniersion suivie de l'immersion des giseuienls de ces 
fossiles boldériens et, au point de vue géologique, par une révolution 
bien marquée dans la localité en question. » 

M. Cogels fait remarquer ensuite que, si l'on maintient les sables à 
Pétoncles et les sables glauconifères sous-jacents dans le diestien, on fait 
passer à la formation antérieure au dépôt delà coucbede cailloux, regardée 
comme la base du système diestien, la dénomination créée pour la for- 
mation qui les recouvre. « 11 ne faut pas perdre de vue, en effet, que les 
deux formations glauconifères, dont l'une se trouve sous la couche de 
Pétoncles à Anvers et l'autre au-dessus du conglomérat du Bolderberg, 
sont entièrement distinctes. » Ce qui le prouve, du reste, d'une manière 
péremptoire, c'est la découverte de fossiles particuliers dans les sables de 
Diest de Dumont. 

L'auteur fait voir alors comment on peut établir, pour les environs 
d'Anvers, les mômes divisions que pour les autres localités où les systèmes 
boldérien et diestien ont été rencontrés. Il rappelle ses observations sur les 
gisements de Térébratules et sur l'importance du niveau occupé par les 
Ihirbinolia. Les sables à Pétoncles appartiennent au boldérien, la coucbe 
à Térébratules au diestien. « Seulement, h cause de l'éloignement du 
rivage, qui était transporté à cette époque dans l'intérieur des terres 
actuelles, on ne trouve pas, à Anvers, la couche de cailloux qui marque 
d'une manière si caractéristique, sur l'ancien littoral, la base du système. 
Il ne faut pas confondre avec cette couche de cailloux diestienne les gra- 
viers qui ont été introduits plus tard dans la partie supérieure des sables 
verts et qui appartiennent au commencement de l'époque scaldisienne. » 

M. Cogels s'occupe ensuite de l'interprétation au point de vue géogé- 
nique des documents qu'il a étudiés. Dans le cours de cette étude, il dit 
que, bien que l'on soit encore réduit aux hypothèses sur la position de la 
glauconie inférieure par rapport aux sables à Panopées, on possède cepen- 
dant quelques données à cet égard. Ainsi, le sondage exécuté en 1834 
à l'établissement industriel le Phœoiix, à Borgerhout, a présenté, sous les 
sables inférieurs aux sables à Pétoncles, des sables fossilifères ayant tout 
à fait l'aspect des sables à Panopées. 

Résumant son argumentation, M. Cogels pense que, pour classer les 
couches rangées dans le système diestien par les auteurs, il faut accorder 
une grande importance à la paléontologie, et que, pour trouver le point de 
départ du système diestien, il faut s'arrêter au caractère de violence 
acquis à un moment donné par le mouvement du sol et concordant avec 
le changement de faune. Cette manière de voir maintient, dit-il, eutre les 



MEMOIRES 323 

données paléontologiques et stratigraphiques un accord complet, auquel 
on ne saurait arriver d'une manière différente. Pour la même raison, il 
préfère placer encore dans le miocène la faune des sables à Panopées et 
celle des sables à Pétoncles. 

Cogels (Paul) et Van den Broeck (Ernest). — Observations géologiques 
faites à Anvers, à l'occasion des travaux de creusement des nouvelles 
cales sèches et de prolongement du bassin du Kallendyk. — Séance du 
6 décembre 1879. — MÉMOIRES, tome XIV, pp. 29-79. — Avec quatre 
planches dont deux planches de coupes géologiques coloriées, une planche 
de coupes géologiques teintée et un plan. 

Les auteurs insistent, dans l'introduction de leur travail, sur la néces- 
sité de profiter des rares occasions qui se présentent pour étudier les sables 
à Isocardia cor. Ils donnent quelques détails préliminaires sur les couches 
qu'ils vont décrire, notamment sur les sables à Troplion antiquum, qui se 
présentent avec une complexité de caractères qui les fait connaître sous 
un jour nouveau, sur les dépôts post-campiniens considérés parfois à tort 
comme quaternaires, enfin sur les dépôts modernes constitués par une 
succession de couches variées. 

Ils préviennent, en outre, le lecteur que l'une des planches jointes à 
leur mémoire, publiée avant l'achèvement des travaux, ne rend pas bien 
compte des relations de certaines couches et doit être interprétée à l'aide 
d'un diagramme rectificatif qui a été dressé par son auteur, M. Van den 
Broeck, à la demande de M. Mourlon, pour sa Géologie de la Belgique. 

La première partie du mémoire de MM. Cogels et Van den Broeck est 
consacrée à la description générale des terrains rencontrés. Elle se divise 
en trois chapitres, savoir : 

I. — Sables a Isocardia. — Sables glauconifères, à grain fin, de 
couleur gris verdâtre pâle, n'ayant pas offert, par suite de leur situa- 
tion h un niveau toujours immergé, les traces d'altérations constatées 
lors des travaux de jonction des bassins ainsi qu'au fort de Zwyndrecht. 

Des ossements de cétacés et quelques rares ossements de phoques y ont 
été découverts. On y a trouvé, en fait de nouveautés pour la faune mala- 
cologique belge, Fossarus sulcalus, S. Wood, Lima Loscomli, Sow., As- 
tarte cxcurrens, Wood, Teredo norvegica? Spengl., et, en fait d'espèces 
rares ou nouvelles pour cet horizon : Plenrotoma modiola, Jan, Voluta 
Lamberti? J. Sow., var., Mitra, sp., Cyprœa Europœa, Mont., Pyrami- 
della plicosa, Bronn, Troclms formosus, Forbes, Poromya grannlata, Nyst 
et West., Psammobia Ferroensis, Chemn., Nucula lœvigata, J. Sow. 
Quelques détails sur les caractères des sables à Isocardia observés aux 
points où ils avaient été entamés plus profondément, ainsi que des consi- 
dérations sur leur inflexion vers le nord et sur l'individualité de la for- 



334 SOCIÉTÉ MALAC0L0G16UE DE BELGIQUE 

mation terminent ce chapitre. Les auteurs insistent beaucoup sur le 
dernier point, afin de réagir contre les tendances de M. Nyst, qu'ils 
craignent de voir confondre, dans son étude de la faune scaldisienue, 
les divers horizons qui constituent ce système. 

IL — Saules a TuoruoN anïiquum, se subdivisant en : 

1° Banc inférieur, constitué par un lit de sable argileux, grisâtre, 
calcarifère, contenant des ossements brisés ou roulés, des cailloux, des 
graviers, des coquilles brisées ou entières, pressées les unes contre 
les autres et formant une masse très compacte. Épaisseur, 30 cen- 
timètres ; 

2" Sables à grain moyen glauconifères, plus ou moins argileux, de 
couleur gris ardoise à l'état normal, mais souvent altérés à la partie 
supérieure, par suite d'actions météorologiques anciennes. Très peu fos- 
silifères, ils n'ont fourni qu'un Buccinum undatum, des Peclen com- 
planatus, des Tellina Benedeni et de rares Cyprina rustica. Ces sables, 
auxquels les auteurs donnent le nom de salles intermédiaires, ne s'étaient 
pas encore présentés à l'observation. Leur épaisseur est de l m 50 à 2 mètres; 

3° Banc supérieur. Sable très argileux, légèrement glauconifère, à 
grain moyen, de couleur grisâtre à l'état normal, mais fréquemment 
altéré sur toute l'épaisseur de la couche. Agglutiné par un ciment cal- 
caire, il forme souvent des concrétions très dures, qui ont empâté des 
coquilles. Il contient une faune très pure. Les coquilles les plus fragiles 
y sont encore souvent bien conservées, mais la couche a subi des tasse- 
ments, dont la preuve est fournie par l'aplatissement de coquilles bivalves 
et par le changement de place des morceaux de coquilles ainsi brisées. 
En fait de fossiles intéressants, les auteurs citent des boucles de raies, 
encore munies de leur aiguillon, et un moule d'échinide, dans lequel 
M. Cotteau a reconnu le Scldzaster Scillœ, Des Moulins. Cette couche a 
une épaisseur presque constante de 50 centimètres ; 

4° Salles argileux. Ces sables sont gris verdâtre ou rougeâtre. Peu ou 
point coquilliers, ils ne diffèrent des sables intermédiaires que par une 
plus forte proportion d'argile. Ils représentent, aux bassins, le dernier 
terme de la sédimentation tertiaire. En certains points, ils sont « com- 
plètement oxydés et décalcifiés vers le haut, c'est-à-dire changés en un 
sable rougeâtre, concrétionné, dur, presque ferrugineux et dépourvu 
d'éléments calcaires. 

« Les dépôts alluviaux qui se montrent au dessus ne présentant pas les 
mêmes phénomènes d'altération, il faut en conclure que c'est pendant 
une phase d'émersion antérieure à la sédimentation de ces derniers que 
les phénomènes d'altération ont dû se produire. » 

La partie supérieure de ces sables montre parfois des zones d'une colo- 



MEMOIRES 325 

ration verte qui provient de réactions chimiques et n'a aucun rapport 
avec la sédimentation du dépôt. 

Cette couche a été fréquemment ravinée et parfois môme entièrement 
dénudée. 

On y trouve en abondance de la vivianite, substance qui se rencontre 
moins fréquemment dans les sables intermédiaires. 

A un point de vue général, les auteurs font remarquer que la justesse 
de l'opinion relative à la détermination de l'âge des dépôts d'après la 
quantité des débris remaniés qu'ils contiennent s'est trouvée démontrée 
par leurs observations. 

III. — DÉPOTS ALLUVIAUX POST-CAMPINIENS ET MODERNES. — Les 

auteurs rangent sous la première de ces dénominations certains dépôts 
regardés comme quaternaires dans le rapport de 1879 ( 1 ). 

Les dépôts post-campiniens débutent par une couche de sables grossiers 
lavés, avec coquilles triturées, enlevées aux couches sous-jacentes, osse- 
ments remaniés, graviers et cailloux. Plus haut, viennent des sables quart- 
zeux plus ou moins grossiers, imprégnés d'une matière argileuse verte, 
qui s'y trouve distribuée d'une manière fort irrégulière et qui est parfois 
assez abondante pour rendre toute la masse plastique. Ces sables purs ou 
argileux, passent insensiblement à un dépôt quartzeux fin, pur, grisâtre, 
parfois blanc, nettement stratifié, souvent teinté en violet vers le haut, au 
contact de la tourbe. 

Celle-ci contient de nombreux troncs d'arbres couchés horizontale- 
ment, paraissant amenés par flottaison. Au dessus, se présente le dépôt 
argileux avec coquilles fluviatiles, connu sous le nom d'argile des polders. 
Ce dernier dépôt a présenté à un niveau médio-supérieur une mince 
strate avec Hydrobies et Cardium, qui annoncent la présence d'eaux sau- 
mâtres. 

Telle est la succession normale des dépôts; mais souvent ils ont été 
ravinés et plusieurs couches manquent. On trouve alors la succession sui- 
vante : 

A la base, un sable meuble, grossier, souvent mélangé de tourbe et con- 
tenant des coquilles pliocènes lavées et de nombreuses coquilles fluviatiles 
à faciès très moderne. Plus haut, ce sable devient très fin et limoneux. Il 
est nettement stratifié et alterne avec des lits tourbeux et limoneux très 
variables. De grandes lentilles de limon noir le recouvrent. Ce limon, qui 
contient beaucoup de Valvées, forme parfois une couche compacte de l m 70 
d'épaisseur, parfois se trouve réduit h l'état de strates dispersées dans le 
sable sous-jacent et ne constitue pas de terme distinct. Il passe a l'argile des 

(') Voir séance du 2 août 1879. 



326 SOCIÉTÉ MALACOLOGïQUE DE BELGIQUE 

polders. Celle-ci recouvre la tourbe aussi bien que le« sables et les limons 
stratifiés, qui constituent une série plus localisée et plus moderne. 

Les sables sous-jacents à la tourbe peuvent atteindre 2'"50 d'épaisseur, 
la tourbe 1 mètre, l'argile des polders 2 mètres, en certains points des tra- 
vaux. 

La deuxième partie du mémoire est consacrée à l'exploration détaillée 
des cales et du prolongement du bassin du Kattendyk. 

Dans cette partie, les auteurs décrivent les coupes qu'ils ont relevées et 
dont ils ont indiqué l'emplacement sur un plan joint a leur travail. Les 
sables a Isocardia ont été rencontrés aux trois nouvelles cales. Dans le 
prolongement du Kattendyk, le fond de la fouille n'a atteint que les 
sables intermédiaires à Troplion. D'un côté comme de l'autre, on voyait 
des témoins de la série normale des couches post-campiniennes et 
modernes ravinées par les dépôts de la seconde série moderne. 

La troisième partie est consacrée aux considérations géogéniques. L'en- 
semble des caractères des sables à Isocardia doit y faire voir un dépôt 
côtier ou peu profond, mais non littoral, effectué dans des eaux tran- 
quilles ou peu agitées. 

Les sables à 2'rophon n'ont pas succédé immédiatement aux sables à 
Isocardia. Un exhaussement du sol, amenant l'émersion de ces derniers 
ou les rapprochant du niveau auquel les courants se faisaient sentir, 
explique facilement l'absence de couches de cette période intermédiaire 
ainsi que le caractère littoral du nouveau dépôt. Celui-ci, comme on l'a vu 
plus haut.se subdivise en quatre couches dont la seconde atteste un chan- 
gement dans le régime des eaux, changement attribuable soit à la dimi- 
nution de la force des courants qui auraient laissé déposer plus de sable, 
soit à des conditions défavorables pour l'existence des mollusques. Exces- 
sivement rares aux cales, ils étaient représentés assez abondamment, au 
point de vue numérique, par certaines espèces, comme la Tellina Benedcni 
et le Pecten cûmpAanatus, au bassin du Kattendyk. Le régime des eaux se 
rapprocha ensuite de ce qu'il était au début de la période de sédimentation 
des sables à Troplion, puis il devint semblable de nouveau à ce qu'il était 
lors du dépôt des sables intermédiaires. Toutefois, il faut ajouter que, les 
sédiments étant altérés, le test de nombreuses coquilles a pu être dissous. 
M. Van den Broeck, dans son Mémoire sur les phénomènes d'altération 
des dépôts superficiels par l'infiltration des eaux météoriques, a expliqué 
que l'argile verte que l'on trouve à ce niveau provient de l'action des 
hydrocarbures dégagés par les racines tourbeuses en décomposition qui 
pénétraient dans le dépôt pliocène, sur les éléments ferrugineux prove- 
nant de l'altération de la glauconie et imprégnant tout le dépôt. 

Les sables à Isocardia s'infléchissent vers le nord, Au chenal de jonc- 



MEMOIRES 327 

tion, leur base se trouvait à la cote — 4.78; les travaux des cales, qui ont 
atteint la cote — 4.75, n'y ont pas pénétré profondément et un sondage 
poussé jusqu'à la cote — 6 n'en a pas atteint la base. 

Le banc inférieur à Trophon, qui paraissait horizontal dans les cales, 
s'inclinait en réalité vers le Kattendyk. La partie supérieure des sables à 
Tropl/on a probablement été dénudée, car il est impossible d'admettre que 
la région ait été émergée pendant tout le temps « où s'effectuait le dépôt 
des diverses formations quaternaires si bien représentées au sud d'Anvers 
et pendant le temps de la sédimentation uniforme du sable campinien ». 
En certains points, le terrain présentait cependant « à la surface des sables 
argileux supérieurs, une zone altérée et durcie qui attestait l'influence des 
agents météoriques et qui fournissait ainsi la preuve d'une émersion du 
sol » , mais ces traces paraissaient se rapporter à l'époque moderne. 

La région au nord d'Anvers a dû participer à l'émersion qui a suivi le 
dépôt du campinien, mais les sables de ce dernier système ont dû être 
enlevés par les cours d'eau qui ont creusé leur lit jusque dans les 
couches tertiaires, et c'est alors que « les points les plus élevés du terrain, 
restant exposés au contact de l'air, auront été le siège d'un phénomène 
analogue à celui qui produit la limonite des prairies » . 

Le mouvement d'exhaussement du sol, après avoir amené la dénudatjon 
locale du campinien par les cours d'eau, perd graduellement de son inten- 
sité. Les courants déposent des sédiments grossiers, puis une couebe uni- 
forme de sable blanc dans laquelle il est difficile de ne pas voir l'indice 
d'un léger affaissement du sol. Ce sable ne tarde cependant pas à émerger 
et se recouvre d'une épaisse vég'étation au milieu de laquelle vivent les 
animaux sauvages dont on retrouve les restes à la base de la tourbe. 

Celle-ci, dont les conditions de formation sont connues, apporte la preuve 
d'un affaissement général du sol dont le premier effet a été d'amener la 
destruction des forêts. La tourbe des Flandres est antérieure à la domina- 
tion romaine. 

Les auteurs hésitent à recourir à un nouveau soulèvement du sol pour 
expliquer la formation de la seconde série de dépôts modernes qui ravinent 
la tourbe et les sables sous-jacents. « Une recrudescence momentanée 
des cours d'eau, nous semble, disent-ils, pouvoir produire les mêmes 
effets. L'obstruction de leur lit peut aussi avoir amené ce résultat en les 
obligeant h se frayer de nouvelles issues. » 

En tout cas, a l'affaissement du sol amena l'élargissement des bouches 
de l'Escaut, l'établissement du jeu des marées et le dépôt de l'argile 
des polders, qui marque une phase nouvelle dans l'histoire géologique, de 
la Belgique. On sait que ces alluvions se continuent encore de nos jours 
et que l'endiguement seul y a mis fin aux envirops d'Anvers » . 



:J28 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Los autours terminent leur travail ou donnant les listes des fossiles 
qu'ils ont récoltés. Pour les sables h Isocardia cor, ils ont dressé un 
tableau donnant également la liste des fossiles recueillis aux nouveaux 
bassins et h Zwyndrecbt, et renseignant les nouveautés pour cet horizon, 
les dénominations antérieurement employées et le degré d'abondance ou 
de rareté des fossiles. 

Pour les sables h Trojrfion, ils donnent successivement rémunération 
des espèces rencontrées dans le banc coquillier inférieur, dans les sables 
intermédiaires et dans le banc coquillier supérieur. 

Enfin, dans le tableau des coquilles des dépôts post-campiniens et 
modernes, ils distinguent celles des trois niveaux suivants : argile des 
polders, limon noir à Valvées, gravier coquillier et sables remaniés, et 
renseignent leur degré d'abondance ou de rareté. 

Colbeau (Jules), voir : Tiberi (D v N.). — De quelques mollusques 
terrestres napolitains ou nouveaux ou peu connus. {Mémoire inédit, 
traduit de l'italien par—). — MÉMOIRES, tome XIII, 1878. 

Colbeau (Jules), voir : Tiberi (D r N.). — Mollusques marins d'Italie. 
Céphalopodes, Plèropodes, Hétéropodes vivants de la Méditerranée et fos- 
siles du terrain tertiaire d'Italie. {Mémoire inédit, traduit de l'italien 
par — ). — MÉMOIRES, tome XIII, 1878. 

Colbeau (Jules). — Description d'une espèce fossile de la famille des 
Vermcls {SIPHONIUM INGENS). — (Planche I.) — Séance du 3 avril 
1864. — MÉMOIRES, tome 1, 1863-1865, pp. 9-13. — Avec une planche. 

Déplorant de voir un nombre considérable de fossiles découverts lors des 
grands travaux d'Anvers rester inédits, Colbeau veut, dans la limite 
de ses moyens, remédier à ce fâcheux état de choses. Le manque de 
matériaux les plus nécessaires pour cette entreprise — plusieurs ouvrages 
traitant des fossiles tertiaires faisant défaut dans les bibliothèques — l'a 
toutefois empêché de travailler activement à la réalisation de son projet. 
Il ne résiste cependant pas à la tentation, dit-il, de faire connaître une 
coquille « assurément peu connue chez nous, sinon nouvelle », et qui pro- 
vient « du crag noir de la briqueterie d'Edeghem, près d'Anvers » , où 
elle a été recueillie par M. Weyers, de la générosité duquel il tient le seul 
exemplaire connu. Colbeau lui donne le nom de Siphonium ingens, le 
décrit avec soin et signale les rapports qu'il présente avec le SipJwnium 
gigas, Bivon et le S. angidatum. 

Colbeau (Jules). — Excursions et découvertes malacologiques faites 
en quelques localités de la Belgique pendant les années 18(50-1865. — 
(Planche IL) — Séance du 3 décembre 1865. — MÉMOIRES, tome I, 
1863-1865, pp. 23-120. — Avec une planche coloriée. 

Sous ce titre modeste, Colbeau a condensé tous les renseignements 



MÉMOIRES 329 

publiés par les auteurs qui ont traité do la Belgique au point de vue 
de la malacologie, comme Waaïdenburg, Vanden Ende, Kickx, Car- 
lier, Hécart, ainsi que Van Beneden et Tuerlinckx. Il a complété ce tra- 
vail par ses propres observations et par celles de MM. de Malzine, de 
Ryckbolt, Nyst, Parys, Seghers, Stappaerts et Weyers, pour la province 
d'Anvers; Fondu, Nyst et Thielens, pour le Brabant; Bouillon, de la Fon- 
taine, de Ryckholt, Lanzweert, Le Comte, Le Hon, Nyst, Parys etWallays, 
pour la Flandre occidentale; de Borre, de la Fontaine, de Malzine, d'Ude- 
kem, Le Hon, Sauveur et Weyers, pour la Flandre orientale; de Malzine, 
Drouet, Fondu, Fontaine, Le Comte, l'abbé Michot et Nyst, pour le Hai- 
naut; de Borre, Nyst, Parys, Roffîaen et Sauveur pour la province de 
Liège; Nyst et Roffîaen, pour le Limbourg; Parys et Sauveur, pour le 
Luxembourg; Bellynck, Bouché, Deby, Nyst, Sizaire et Thielens, pour 
la province de Namur. 

Colbeau admet six régions malacologiqnes en Belgique : 

1" Région maritime; 

2° — de la Campine; 

3° — des plaines; 

4° — calcaire ; 

5° — des Ardennes; 

6° — de la Lorraine. 

I. — La région maritime « constitue les terrains modernes de d'Oma- 
lius; elle longe en bande l'ouest de la Flandre occidentale et remonte au 
nord pour occuper une petite portion de la Flandre orientale et de la pro- 
vince d'Anvers » . Au point de vue malacologïque, on pourrait lui donner 
plus d'étendue et « lui assigner comme limite la ligne où prennent leur 
source tous les petits cours d'eau se rendant directement à la mer et ne 
faisant pas à proprement parler partie du bassin de l'Escaut » . 

Colbeau y comprend le littoral, plage et dunes, et les polders. 

II. — Région de la Campine. — « Cette région est composée de plaines 
de sable parsemées de tourbières et d'étangs d'eau douce, couvertes de 

bruyères et de bois de sapins et aussi d'anciennes dunes stériles La 

Campine fait partie du bassin de l'Escaut et comprend la partie nord-est 
de la pronvice d'Anvers et presque tout le Limbourg. » Limitée zoologi- 
quement, elle n'occupe qu'une partie des sables de la Campine de 
d'Omalius. Colbeau cite comme particulières à cette région les Hélix can- 
tiana, Cargchium myosotis, Bithynia acuta et Baltliica et Dreisseva 
cocldeata. Le genre Clausilia semble y manquer. 

III. — Région, des plaines. — Cette région est généralement constituée 
par les terrains tertiaires recouverts de limon et par une assez grande 
étendue des sables de la Campine de d'Omalius (parties sud et ouest de 



330 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

ce dépôt). Colheau y range non seulement toutes les plaines découvertes, 
mais les collines du Brabant, du Hainaut et les parties montueuses île la 
province de Liège. Ça et là, quelques lambeaux de terrains plus anciens 
y sont enclavés. 

Les mollusques terrestres y sont rares. Les operculés y manquent. 
Le Planorbis Rojfiaeni peut seul être cité comme espèce ou variété 
particulière. Très basse vers l'ouest, cette région atteint graduellement 
une centaine de mètres d'altitude. C'est la véritable rég-ion des espèces 
flnviatiles. 

IV. — Région calcaire ou région des montagnes. — Constituée par le 
terrain boniller et dévonien de d'Omalius, elle comprend presque toule la 
province de Namur et une partie de celles de Hainaut et de Liège. Elle 
est très riche en espèces terrestres. « Plusieurs espèces paraissent lui être 
propres ou ne se rencontrer ailleurs qu'accidentellement, comme les Hélix 
obvoluta, rupestris, etc.; Clausilia parvula; les Pupa avenacea et secale; 
Cycolstoma elegans, etc. Quant aux flnviatiles, on y trouve la Bilhynia 
abbreviata; les Ancylus jluvialilis, Nerila fluviatilis et Unio batavus 
sont les espèces les plus abondantes dans la Meuse ; la Vahata jriscinalis, 
variété Jluvialilis, y est également commune. Je n'y ai encore vu ni 
Y Hélix aspersa, ni la Paludina contecla. » 

V. — Région des Ardennes. — Comprenant les terrains rhénan et 
silurien de d'Omalius, elle appartient au bassin de la Meuse, sauf une 
petite bande, située sur le versant est de la ebaîne des Ardennes, qui 
dépend du bassin du Rhin. Elle occupe une grande partie de la province 
de Luxembourg avec quelques parties des provinces de Namur et de 
Liège. En certains endroits, elle atteint l'altitude de G50 mètres. On peut 
regarder comme caractéristique YUnio margaritifer. La Limnœa peregra 
y est très répandue. Les operculés n'y sont représentés que par la Bithynia 
viridis. L'Hélix aspersa y manque. 

VI. — Région de la Lorraine. — Formée par les terrains jurassique et 
triasique de la partie sud du Luxembourg, elle est élevée et accidentée. 
Elle appartient au bassin de la Meuse, sauf une partie située à l'est qui 
dépend du bassin du Rhin. Hélix sericea est l'espèce la plus particulière. 
Hélix aspersa et Paludina contecta semblent y manquer. 

Colbeau convient que ces régions ne peuvent être nettement délimitées 
et adopte, en conséquence, dans son travail, la division par provinces. 
Il y retrace avec une grande sincérité l'état des connaissnees que l'on 
possédait en 1865 sur la faune malacologique. On trouve d'abord une 
description des espèces et variétés mentionnées comme nouvelles dans les 
diverses listes particulières des mollusques de chacune des provinces de 
Belgique. 



MÉMOIRES 331 

Ce sont : Arion ru/us, L., var. lividus; — Succinea putris, L., var. 
curta; — Succinca oblonga, Drap., var. major; — Hélix Saureuri ; — 
H. horlensis, Mûll., var. minima; — H. canliana, Montg., var. alba; — 
H. sericea, Mûll., var. Fontainei; — H. unifasciala, Poir., varr. major, 
hjpergramma, albocinctella et namurcensis ; — II. ericetorum, var. gri- 
sescens; — Vertigo pygmœa, Drap., var. cylindrica; — C ar y chium mini- 
mum, Mûll., var. curtnm; — Planorbis Roffiaeni; — Limnœa auricn- 
laria, L., var. crassa; — L. peregra, Mûll., var. minor; — L. slagnalis, L., 
varr. arenaria et aqnarii; — L. palustris, Mûll., var. erosa; — L. glabra, 
Mûll., var. bulimoiàes; — Ancyhts Jluviatilis , Mûll., var. albus; — ■ 
Paludina contecta, Millet, var. SegJiersi; — Anodonta fallax et Dreissena 
polymorplia, Pall., var. dilatala. 

Il fait suivre ces descriptions du « relevé des quelques monstruosités 
citées dans les mêmes listes » et affectant les espèces suivantes : Ilclix 
nemoralis,L., sinistrorsa; — H. liortensis, Mûll., scalaris; — H.cantiana, 
Montag; — H. Mspida, L.; — H. unifasciala, Poir., difformes; — 
H. ericetorum, Mûll., sinistrorsa; — Planorbis complanatus, L. (deux 
cas de difformités) ; — P. albus, Mûll. (idem) ; — Limnœa auricularia, L.; 
— L. limosa, L.; ■ — L. stagnalis, L.; — Ancylus Jluviatilis, Mûll., dif- 
formes; — Valvata piscinalis, Mûll. (deux cas de difformités). 

Dans le travail lui-môme, Colbeau suit l'ordre alphabétique des pro- 
vinces en faisant précéder chaque chapitre de considérations sur le sol et 
de renseignements divers. Les observations spéciales sont reportées à l'ar- 
ticle consacré a chaque espèce de mollusque avec mention du nom des 
naturalistes dont il cite les observations. 

Il faut tenir compte des détails qu'il donne au sujet des espèces sui- 
vantes, savoir, pour la province d'Anvers : Limax g agates, Vitrina dia- 
phana, Zonites slriatulus? Hélix canliana, Ilclix rufesccns, II. AUenana 
(H. ru/cscens), II. unifasciata, Bulimus détritus, Clausilia parvula, 
G. ventricosa, C. plicatula, Pupa cylindracea, Planorbis complanatus, 
P. spirorbis, Limnœa peregra, L. palustris, var. fusca, Anodonta cygnea, 
A. ponderosa, Unio margarilifer, U. elongatus. 

Pour le Brabant : 

Limax gagates, L. agrestis, L. arborum, Vitrina diaphana, Succinea 
putris, Zonites striatulus, Hélix arbustorum, H. nemoralis, H. hortcn- 
sis, H. aspersa, H. pomalia, H. cantiana, II. cartusianella, II. ruf es- 
cens, H. AUenana, H. Mspida, II. unifasciata, II. conspurcata, Il.fascio- 
lata, H. acuta, Bulimus détritus, Clausilia bidens, G. nigricans, G. bipli- 
cata, Pupa secale, P. multidentata, GarycMum minimum, Planorbis 
nitidus, P. complanatus, P. norlex, P. rolundalus, P. albus, P. corneus, 
var. similis, Physa hypnorum, Ph. scaturiginum, Limnœa auricularia, 



:132 SOCIÉTÉ MALACOLOGfQUE DE BELGIQUE 

L. limosa, L. pcregra, L. staçnalis, var. aquarii, L. Iruncalula. L. palus- 
tris, L. svbulala, Bylldnia similis, B. tentacvlala, Palndina collecta, 
Id., vaf. ÏÏcgltcrsii, Valvata minuta, Anodonla cygnœa, var. Cellensis, 
A. rariabilis, A. Avonensis, A. Kiclixii, Unio margaritifer, Pisidium 
cazertanum, P. nitidum. Cyclas cornea, Id., var. nucleus. 

Pour la Flandre occidentale (') : 

Succinea elegans, S. oblonga, Hélix nemoralis, II. Sauveuri, II. horlen- 
sis, II. cantiana, II. Mspida. II. unifasciata, II. fasciolala, II. ericelo- 
vwm, Pupa muscorum, Planorbis complanatus. Phjsa Mjpnorum, Limnœa 
limosa, Bithynia acuta. 

Pour le Hainaut : 

Vilrina elongata, Ilelix sericea, var. Fontaine?', Planorbis corncus. var. 
microstoma, Limnœa truncatnla, var. minima. 

Pour la province de Liège : 

Arion rufus, Zonites nilidus, Ilelix nemoralis, II. Sauveuri, II. Jtor- 
tensis, II. pomatia, II. rufesccns. II. Altenana, II. carthisiana, II. uni- 
fasciata, H. conspurcuta . II. ericelorum, Limnœa limosa. L. pcregra. 
L. truncatnla, L. palustris, Id., var. fusca, Paludina contecla, P. viri- 
para, Nerita flurialilis, var. Lcodica, Anodonla cygnœa, A. anatina, 
Unio margaritifer. 

Pour le Limbourg : 

Succinca oblonga, Zonites fuhms, Z. nilidns, Z. strialulns. Ilelix 
nemoralis, II. aculeata, Planorbis Rofîaeni, Limnœa limosa, L. trunca- 
tnla. L. palustris, L. glabra, var. bulinioides. 

Pour le Luxembourg : 

Ilelix unifasciata, var. alba, CarycMum minimum, var. curlum, Lim- 
nœa limosa, L. truncatnla, Unio margaritifer. 

Pour la province de Namur : 

Arion rufus, Testacella haliotidea, Succinea pulris, S. elegans, Ilelix 
nemoralis, II. Sauveuri, H. horlensis, II. pomatia, Id., var. quinque- 
fasciata, H. fruticum, II. rufesccns, II. Altenana, II. Mspida, II. uni- 
fasciala, Id., var. namtcrcensis, II. ericelorum. var. grisescens, II. conoi- 
dea, Clausilia nigricans, Pupa perversa, var. simplcx, P. arenacea, 
Planorbis albus, Pliysa Mjpnorum, Limnœa auricularia, L. limosa, 
L. slagnalis, L. truncatnla, Acme fusca, Valvala piscinalis, Id., var. 
fnviatilis, Ncrita fluviatïlis, Anodonla cygnœa, A. anatina, A. compla- 
nala, A . Kiclixii, A . fallax, Unio batarus, U. piclorum, U. lumidvs, 
var. lacuslris, Pisidium amnicum. 

(') Les mollusques fie la Flandre orientale n'ont été l'objet d'aucune recherche de la 
part de Colbeau, qui en cite seulement quatorze espèces, d'après les auteurs, sans accom- 
pagner cette liste d'observations. 



MÉMOIRES 333 

Colbeau (Jules). — Rapport sur les coquilles du dépôt lufacè de 
Marche-les- Dam es.— Séance du 7 janvier 1866. — ME MOI RE 'S, tome II, 
1866-1867, pp. 9-12. 

Le dépôt de Marche- les-Dames et les dépôts analogues de Roly et de 
Bouillon sont d'origine récente, mais leur puissance a nécessité une 
longue suite de siècles. Treize espèces de coquilles terrestres ou fluvia- 
tiles ont été recueillies à Marche-les-Dames et n'ont pas présenté de diffé- 
rences sensibles avec celles qui vivent dans les environs. Le dépôt a dû 
se former « dans un réservoir tranquille alimenté par une fontaine, alors 
que le ravin où il se trouve n'était pas en communication avec la Meuse...» , 
comme l'absence dans le tuf des Unio batavus et Neritina jiuviatilis si 
abondamment répandues aujourd'hui dans la rivière le donne à penser. 

Le polypier marin de Roly dont parle H. Lambotte (') doit être d'âge 
différent ou remanié. 

Colbeau (Jules). — Observations sur les époques d'hibernation et d'ac- 
couplement de quelques mollusques terrestres en Belgique. — Séances 
des 3 mars, 7 avril et 5 mai 1867. — MÉMOIRES, tome II, 1866-1867, 
pp. 29-37. 

Notice ayant trait surtout à l'hibernation des mollusques. L'auteur a 
consigné dans son journal des observations relatives aux espèces sui- 
vantes : Arion fusais, var. fasciatus, A. glaucus, Limax agrestis, 
L. arborum, L. variegatus, L. maximns, V Urina pelhccida, Succinea 
elegans, S. oblonga, Zoniles fulvus, Z. nitidus, Z. cellarius, Z. nilidulus, 
Z. cryslallinus, Ilelix pggmcea, II. rotundata, II. costala, II. nemoralis, 
II. hortensis, II. aspersa, H. pomatia, II. fruticum, II. incarnala, 
H. hispida, II. fasciolata, H. acuta, Bulimus obscurus, B. subcylin- 
dricus, Clansilia nigricans, Cl. biplicata, Cl. Rolphii, Pupa doliolum, 
Vcrligo pygmœa, Carychium minimum. 

Il donne également les dates auxquelles il a observé l'accouplement 
et la ponte des Arion fusais, var. fasciahis, Zoniles cellarius, Hélix 
nemoralis, H. hortensis, H. aspersa, II. pomatia, H. fruticum, II. 
fasciolata. 

(') A la séance du 3 décembre 1835 (*), H. Lambotte avait parlé des dépôts de tuf de la 
province de Namur. Il fait remonter leur origine à une époque très reculée à cause de 
leur altitude, qui s'élève, pour le dépôt de Rouillon, par exemple, de 10 à 15 mètres au- 
dessus du niveau actuel de la Meuse. « Ces différents dépôts renferment, dit-il, les mêmes 
fossiles; les feuilles de végétaux, surtout celles de noisetier et d'une espèce mauve, y sont 
très abondantes, de même que les ostéocolles, contenant souvent encore les écorces des 
branches qui leur ont donné naissance. » Il a découvert, dans le dépôt de Roly, un polypier 
analogue aux espèces marines, dit-il, qui a été déposé dans le cabinet de minéralogie de 
Namur. 

[*) Annale*, tome 1, 1863-1S65. Bulletin des séances, pp. xcvi-xcvn. 



331 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Colbeao (Jules). — Liste générale des mollusques vivants de la 

Belgique dressée d'après les documents publiés par les auteurs. — 
(Planches II, III , IV.) — Séance du G décembre 1808. — MÉMOIRES, 
tome III, 1868, pp. 85-111. — Avec trois planches. 

L'auteur ne prétend pas donner une idée complète de la faune malaco- 
logique belge, mais seulement présenter le résumé des travaux dont elle a 
été l'objet. Les recherches sont encore trop peu nombreuses, dit-il, pour 
que l'on puisse se faire une idée de la faune marine, et, d'autre part, il n'a 
pu consulter tous les ouvrages où se trouvent éparpillés les matériaux 
d'étude. La liste qu'il publie, tout eu étant plus complète que les précé- 
dentes, ne doit être considérée que comme les préliminaires d'un catalogue 
général. Il y a cependant joint en note les observations que ses lectures 
et ses recherches personnelles lui ont suggérées, et ce n'est pas là, malgré 
la défiance de l'auteur, la partie la moins intéressante de son travail. Les 
indications qui accompagnent les noms des mollusques sont données en 
abrégé et se rapportent à la liste des auteurs cités, de sorte que, sous une 
forme très concise, on trouve beaucoup de renseignements. 

Outre les publications de la Société malacologique et les siennes propres, 
Colbeau a mis à profit les ouvrages de Bellynck, Carlier, de Malzine, 
de Sélys Longchamps, Drouet, Gronovius, Hécart, Kickx, Nyst, Van 
Beneden et Tuerlinckx, Vanden Ende et Waardenburg. 

11 cite pour la première fois Odostomia acuta, espèce provenant du 
Hinder-Banck. 

Il décrit Verligo cylindrica; — Carychium minimum, var. curtum; 

— Physa fonlinalis, var. apdexoidcs; — Anodonta Kickxi, var. inlerro- 
gationis; — et figure Hélix 6'auvcuri ; — H. hortensis, var. minima; — 
H. cantiana, var. pyramidata ; — H. sericea, var. Fontainei; — H. uni- 

fasciala, varr. albocinctella et namurcensis; — Verligo cylindrica; — 
Carychium minimum, var. curtum; — Planorbis corneus, varr. bicolor et 
microsloma; — Physa fonlinalis, var. aplexoides; — Ancylus Jluvialilis, 
varr. dimidialus, rivularis, lepidus et depressus; — Valvala Jluvialilis ; 

— Anodonta Iviclixi avec variété intcrrogalionis ; — A.fallax; — Unio 
lumidus, var. IlccJdngi; — U. batavus, varr. incurvalus et bclgicus; — 
Cyclas caliculata, var. Tcnnstedti; — Preissena polymorpha, varr. dila- 
tata et angusla. 

Colbeau (Jules). — Liste des mollusques terrestres et fluviatiles 
vivants observés pendant l'excursion de la Société malacologique de Bel- 
gique à Couvin, les 7,8 et 9 septembre 1873 (')• — Séance du 7 décembre 
1873. — MÉMOIRES, tome VIII, 1873, pp. 84-90. 

(') Pour la partie paléontologique, voir Dewalque (G.), Rapport sur l'excursion de la 
Société malacologique de Belgique à Couvin. — Mémoires, t. VIII, pp. 77-83. 



MEMOIRES 335 

Les localités explorées qui ont leur sol constitué par les terrains dévo- 
niens, schistes et calcaires ne paraissent pas présenter des différences de 
faune bien établies, sauf dans Les Fonds-de-l'Eau et à Pernelle, situés sur 
la lisière du massif des terrains rhénans de Dûment, et à Dourbes, situé sur 
le calcaire de Givet, qui paraît avoir une faune malacologique plus riche 
que celle des autres localités des environs de Couvin. 

Les renseignements concernant Dourbes sont dus à M. Van den Broeck. 

Colbeau signale particulièrement, dans sou rapport, une Ilelix hortensis 
recueillie par M. Van den Broeck. Cette coquille, appartenant par ses 
bandes à la variété n° 10, présente des bandes rouges transparentes sur 
un fond d'un jaune orange. Il mentionne comme nouvelle pour le pays 
une Hélix costulata, Zgl., espèce à laquelle il y a lieu de croire que Kickx 
rapportait les Ilelix fasciolala des environs de Bruxelles; puis il signale 
la découverte faite à Frasne, par M. Van den Broeck, $ Ilelix ericetorum 
à coquille très mince, un peu translucide, d'une couleur blanc jaunâtre, 
sans bandes, que ce naturaliste désigne sous le nom de variété albinos. 
Il est à remarquer que plusieurs des espèces citées ont présenté, soit la 
variété albinos, soit des coquilles de coloration pâle. 

Collin (Gustave). — Sur la Limn^ea stagnalis, Linnée, et sur ses 
variétés observées en Belgique. — (Planche IV.) — Séance du I er décembre 
1872. - MÉMOIRES, tome VII, 1872, pp. 81-94. — Avec une planche 
en partie coloriée. 

Travail divisé en trois parties, traitant : 1° des anomalies de l'animal 
au point de vue de sa forme et de sa couleur ; 2° des variations de forme 
et de couleur de la coquille ; 3" des faits concernant l'hérédité de certaines 
anomalies. 

Dans le premier chapitre, l'auteur décrit : 1° uu cas de dédoublement 
de tentacule observé chez un animal pris dans les étangs d'Ixelles ; 2° un 
cas de sinistrorsité observé non pas sur un individu isolé, mais sur une 
vingtaine d'exemplaires recueillis aux environs d'Aerschot; 3° une variété 
de coloration dans laquelle l'animal est d'un beau jaune d'or, presque 
jaune orange, tandis que la coquille présente sur presque toute sa surface 
« une teinte rouge carmin qui s'accentue de plus en plus à mesure que l'on 
arrive plus près de la bouche (var. rosea, Gass.) » . M. Collin lui donne le 
nom de var. lutea. 

Cette variété a été également observée à Saint-Josse-ten-Noode par 
M. Vincent. A Ixelles, plusieurs exemplaires de Limnœa limosa avaient la 
môme couleur orangée. L'auteur décrit succinctement en note un Ento- 
zoaire trouvé dans le canal intestinal d'une Limucea stagnalis jeune. 

Dans son deuxième chapitre, consacré à la description des anomalies de 
la coquille, il prévient qu'il s'est servi du mot de variété a pour désigner 



336 SOCIETE MALACOLOUIQUE DE BELGIQUE 

toutes les différences de forme, bien que certaines d'entre elles ne soient 
que des déformations purement accidentelles. J'entends donc ici, dit-il, pat 
variété toute modification du type, soit variation ou déviation constante 
et héréditaire, soit anomalie ou monstruosité temporaire ou non » . Il donne 
ensuite la description de ving't-quatre variétés, dont un certain nombre de 
nouvelles, qu'il désigne « par des noms indiquant par eux-mêmes la nature 
de la déformation de la coquille » . 

Ce sont les variétés : 1° maxima, atteignant jusqu'à huit centimètres 
de longueur et plus ; 2° cxpansa, ayant la bouche identique à celle de 
Limncea auricularia ; 3° quadrangulala, à ouverture quadrangulaire; 
4° alba; 5° erosa, à test épaissi, corrodé ; 6° regularis, sans dépression aux 
sutures; 7° clistorùa à spire recourbée; 8° apcrla, ayant le bord du péris- 
tome « si ouvert à la columelle que l'on distingue parfaitement jusqu'à 
l'extrême sommet de la spire intérieure » ; 9° Mplicata, ayant deux plis à 
la columelle; 10° coslulala, couvertes de côtes; 11° minima, J. Colb. 
(coll.), longue d'un centimètre; 12° gibbosa, J. Colb. (coll.); 13° illa- 
qucata, J. Colb. (coll.), de forme ramassée, ayant des côtes irrégulières, 
mais bien accentuées sur le dernier tour; 14° scalaris, Van den Broeck; 
15" aquarii, J. Colb.; 16° arenaria, J. Colb.; 17° producta, J, Colb.; 
18" rosea, Gass.; 19° subfusca, Moq.; 20° major, Moq.; 21° pumila, Moq.; 
22° tîirgida; 23° roseo-labiata, Wolf (Moq.); 24° fragilis, L. (Moq.). 

Dans le troisième chapitre, l'auteur entre dans quelques considérations 
sur l'hérédité et rapporte au sujet des causes de la modification des carac- 
tères l'accouplement de deux espèces distinctes. Il a observé l'accouplement 
de Limnœa auricularia avec L. limosa et de L. limosa avec L. paluslris. 
De nombreuses causes « tendent à rendre plus rare le type et à faire appa- 
raître temporairement certaines variétés » . Il peut affirmer que certaines 
variétés se reproduisent. A l'appui de son dire, il cite les Limnœa slagnalis , 
var. sinistrorsa trouvée, à Aerschot par M. De Bullemont. Trois généra- 
tions ont été constatées chez cette variété, et comme nulle Limnée dextre 
ne pourrait s'accoupler avec une Limnée sénestre, il en résulte que la pre- 
mière ponte qui a donné naissance aux Limnées sénestres comprenait plu- 
sieurs individus affectés de cette anomalie. 

Le deuxième fait de reproduction héréditaire de variété est celui qui 
concerne la var. lutea. « Généralement, dit-il, elle tend à perdre peu à 
peu sa brillante couleur d'or pour devenir d'un blanc de lait, mais parfois 
aussi elle se reproduit de couleur aussi vive. » 

La variété maxima a donné lieu à la troisième observation citée par 
M. Collin. Des Limnées de taille ordinaire prises dans les étangs d'Ixelles 
et placées dans le petit bassin de la Cambre, situé à proximité des pre- 
miers, s'accrurent d'une manière sensible sous l'influence des conditions 






MEMOIRES 337 

nouvelles dans lesquelles elles se trouvaient. Les générations suivantes 
placées dans le même milieu ont continué à s'accroître et, le milieu ne chan- 
geant pas, la variété est devenue héréditaire. Dans l'aquarium de l'auteur, 
au contraire, les jeunes Limnées sont restées de dimensions très réduites. 
A la deuxième génération, leur taille était moindre encore et elles sont 
arrivées finalement à produire la variété aquarii. 

L'influence des milieux est manifeste ici, puisque l'espèce « se modifie 
en deux sens opposés selon les milieux où elle vit et où elle se propage » . 

Cornet (F.-L.), voir : Briart (Alph.) et Cornet (F.-L.). — Description 
de quelques coquilles fossiles des argilites de Morlanwelz. — ME- 
MOIRES, tome XIII, 1878. 

Cornet (F.-L.) et Briart (A.). — Compte rendu de l'excursion faite 
aux environs de Ciply par la Société malacologique de Belgique, le 
20 avril 1873. — MÉMOIRES, tome VIII, 1873, pp. 21-35. 

« Le but principal de l'excursion, disent les auteurs, était l'étude des 
assises supérieures du terrain crétacé. Cependant, les excursionnistes ont 
eu l'occasion d'étudier quelques couches tertiaires et d'explorer un gise- 
ment de coquilles dans le limon inférieur du terrain quaternaire. » 

Voici les points principaux qui attirèrent l'attention et que les auteurs 
décrivent en détail : 

La colline de YEribus constituée par les systèmes ypresien et lande- 
nien, tous deux sans fossiles. Leur superposition fut observée le long 
de la route de Maubeuge, à peu de distance au nord-ouest de la station 
d'Hyon-Ciply. 

Le mont Panisel, sur la constitution géologique duquel les auteurs 
donnent quelques renseignements, bien qu'il n'ait pu être visité. 

Une carrière située au sud de la station d'Hyon-Ciply près de la route 
de Mons à Bavay, à 700 mètres du chemin de fer, où l'on observe sous un 
dépôt caillouteux quaternaire, une épaisseur de 2 m 50 à 3 mètres de sable 
argileux très glauconifère, constituant la partie inférieure du système 
landenien, qui correspond au tufeau de Lincent. On n'a recueilli en cet 
endroit que quelques exemplaires de PJwladomya Konincki, Nyst, fossile 
qui « abonde dans le prolongement de l'assise vers l'ouest, à Jemappes, 
Quaregnon et principalement à Angres, où il est associé à un grand 
nombre d'espèces » . 

Les auteurs exposent alors qu'au nord-est de Mons, le landenien est 
séparé du terrain crétacé par un système tertiaire, le calcaire grossier de 
Mons, tandis qu'à Ciply il repose sur les couches crétacées les plus récentes 
qui sont connues sous le nom de tufeau de Ciply. Ce dernier qui corres- 
pond au tufeau de Macstriclit, présente à la base un conglomérat fossili- 

1SS0 22 



338 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

fère auquel on a donné le nom de poudingue de la Malogne et qui repose 
sur une craie grise grossière, très friable, connue sous le nom de craie grise 
de Ciply. Les auteurs renseignent les points où l'on peut observer ces 
diverses formations et décrivent ensuite une coupe intéressante levée, dans 
le cbemin de Nouvelles à 250 mètres de Bélian. On y observe : 

Limon supérieur (terre à briques). Terrain quaternaire. 

— inférieur (ergeron) ... — — 

Sable argileux très glauconifère . Partie inf. du système landenien. 

t Le limon inférieur quaternaire de la coupe dont nous venons de 
parler a des caractères minéralogiques identiques à ceux que possède 
l'ergeron dans la plupart des localités aux environs de Mons; mais il 
renferme de nombreuses coquilles fossiles appartenant à des espèces 
vivant encore dans les environs. » Ces coquilles sont : Succinea oblonga, 
Hélix concinna et Pupa mvscorun. Les auteurs font remarquer, au sujet 
de cette dernière espèce que, dans les notices lues au congrès d'anthropo- 
logie et d'archéologie préhistoriques de Bruxelles, ils ont cité par erreur 
Pupa avena au lieu de Pupa muscorum. 

Ils abordent ensuite l'examen de la faune crétacée de Ciply en se 
bornant à citer les espèces qu'ils possèdent et dont les déterminations sont 
certaines. Les animaux dont les restes ont été recueillis appartiennent 
aux cinq embranchements : Vertébrés, Articulés, Mollusques, Rayonnes et 
Protozoaires. 

Les auteurs pensent avec M. de Ryckholt que le Dentalium Mosœ 
appartient au genre Ditrupa, mais ils ne peuvent identifier le fossile de 
Ciply avec celui de Maestricht. 

Les Gastéropodes n'ont laissé que des moulages internes et des em- 
preintes qui ne sont déterminables que génériquement. Parmi les coquilles 
du tufeau, se trouve un cérithe de la taille du Cerithium giganteum du 
calcaire grossier de Paris. 

Les Lamellibranches de l'ordre des Pleuroconques ont seuls conservé 
leur test. Les Orthoconques n'ont laissé que des moulages internes et des 
empreintes de leurs coquilles. 

L'abondance des Brachiopodes donne un caractère remarquable aux 
couches crétacées de Ciply. La craie grise et le poudingue de la Malogne 
les contiennent en abondance, mais le tufeau n'en renferme qu'à la partie 
inférieure de l'assise au voisinage du poudingue. 

Les Bryozoaires, rares dans la craie grise, abondent dans le poudingue 
et dans le tufeau. 

Les échinodermes sont assez nombreux ; les polypiers sont rares et 
difficilement déterminables. Des spongiaires transformés en phosphate de 



MEMOIRES 339 

:haux sont communs dans le poudingue de la Malogne, mais ils pré- 
lentent de même de très grandes difficultés pour leur détermination. Les 
? oraminifères sont très rares dans le poudingue et dans la craie grise, mais 
e tufeau en contient en abondance. 

Craven (Alfred-E.). — Observations sur VHELIX LIGULATA, Fér. 
le Madras. — (Planche III.) — MÉMOIRES, tome IV, 1869, pp. 93-95. 

Description accompagnée de synonymie de la coquille et de l'animal 
l'une Hélix ligulata rapportée vivante d'Adyar, faubourg de Madras. 
Ranimai, trouvé à l'état d'engourdissement et épiphragmé, est resté 
leux cent soixante-dix-sept jours sans sortir de sa coquille- M. Craven 
;roit que l'animal n'a jamais été décrit ni figuré. 

Craven (Alfred-E.). — Quelques observations sur le HYALŒA TRI- 
DENT AT A, Lamarck. — MÉMOIRES, tome VIII, 1873, pp. 70-72. 

Frappé de la différence existant entre le Hyalœa tridentata observé à 
.'état vivant et les figures données par le D r S.-P.Wood\vard ainsi que par 
MM. Rang et Souleyet, M. Craven se décide à publier ses observations. 
[1 a remarqué « un appendice bien singulier attaché à la partie inférieure 
du dorsale de l'ouverture de la coquille » qu'il ne croit pas avoir été 
signalé jusqu'ici. «Cet appendice se compose d'une substance transpa- 
rente et gélatineuse tellement tenace » , qu'il a fallu souvent une forte 
maleur pour la dessécher. M. Craven se demande à quoi sert cet appa- 
reil; « peut-être est-ce un muscle aidant à la natation, peut-être sert-il à 
protéger l'animal du bord aigu de sa coquille, lorsqu'il nage » . 

MM. Rang et Souleyet signalent ceptéropode dans l'océan Atlantique, 
la Méditerranée, l'océan Pacifique, l'océan Indien et le golfe du Bengale, 
mais M. Craven, malgré des recherches faites dans toutes ces mers, sauf 
dans l'océan Pacifique, ne l'a rencontré que dans l'océan Austral. 

Craven (Alfred-E.). — Monographie du genre SINUSIGERA. — 
{Planches II, III, IV.) — Séance du 7 mai 1876. - MÉMOIRES, tome XII, 
1877, pp. 105-127. — Avec trois planches coloriées. 

L'auteur commence par retracer l'histoire du genre Siomsigera créé par 
d'Orbigny en 1846 pour une coquille qui reçut le nom de S. cancellata. 
Il rappelle les découvertes successives de coquilles voisines de celle-ci, 
coquilles pour lesquelles furent créés le genre Cheletropis par Forbes en 
1852, puis la famille des Macgillivmyidœ par H. et A. Adams en 1853, 
destinée à recevoir les genres Sinitsigera et Macgillivrayia. Il rappelle les 
travaux de J. Mac Donald, du D r Gray, de Woodward, du D r Chenu 
ainsi que les opinions qu'ils ont émises sur ces mollusques. 

Forbes considère le Sinusigem comme étant probablement un ptéro- 
pode; pour M. Mac Donald, c'est un gastéropode; pour A. Adams, il 



340 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

diffère assez des autres Hétéropodes pour constituer un sous-ordre spécial 
et distinct; pour M. Woodward, il représente l'état jeune de mollusques 
gastéropodes appartenant à la famille des Muricidœ; pour M. Chenu, 
c'est un Hétéropode, mais cette classification n'est que provisoire. 

M. Craven ayant recueilli, pendant ses voyages en mer, seize espèces 
distinctes de Sinusigera, dont douze entièrement nouvellles, s'est proposé 
non seulement de décrire celles-ci, mais de réunir toutes les observations 
relatives au genre, afin de constituer un travail d'ensemble, une mono- 
graphie du groupe. En même temps, il se propose de démontrer que ces 
coquilles sont bien adultes et non l'état embryonnaire d'autres formes 
connues. 

Après avoir rappelé les caractères du genre, il passe à la description des 
espèces suivantes : 

Sinusigera Huxleyi, Forbes. 

— reticulata, Craven, rencontré dans l'océan Indien, près du 

cap de Bonne-Espérance ainsi que près d'Allippey et de 
Cochin sur la côte occidentale de l'Hindoustan. 

— yertersa, Craven, rencontré dans la mer des Indes et près 

d'Allippey et de Cochin sur la côte occidentale de l'Hin- 
doustan. 

— minima, Craven, recueilli près de Mangaloe sur la côte occi- 

dentale de l'Hindoustan ainsi que dans la mer des Indes. 

— microscopica, Gray. 

— cancellata, d'Orb. 

— Braziliensis, Craven, trouvé près de la côte du Brésil. 

— fusiformis, Craven, unique exemplaire trouvé dans l'océan 

Indien. 

— Broeckiana, Craven, rencontré dans la mer des Indes. 

— striala, Craven, recueilli près d'Allippey et de Cochin sur 

la côte occidentale de l'Hindoustan et dans l'océan Indien. 

— dubia, Craven, rencontré dans l'océan Indien. 

— — var. costata, Craven, recueilli près de la côte du 

Malabar. 
« Le Sinusigera dubia est la seule espèce, dit M. Craven, 
dont l'appareil aliforme est si fragile et si mince qu'il 
semble ne pas être une partie d'une coquille adulte et être 
d'une autre composition que la coquille elle-même. » 

— Nysti, Craven, rencontré une seule fois dans l'océan Indien. 

— d'Orbignyi, A. Adams. 

— tecturina, Craven, rencontré dans la mer des Indes. 



MÉMOIRES 341 

Sinusigerà Colbeauiana, Craven, rencontré une seule fois sur la côte du 
Malabar. 
— rosea, Craven, trouvé sur la côte occidentale de l'Hindoustan 
près d'AUippey et de Cochin et aussi en mer. 

Les quatre espèces connues de Sinusigerà que M. Craven n'a pas 
rencontrées sont : 

Sinusigerà vitrea, A. Adams. 

— trochoides, A. Adams. 

— fusoides, A. Adams. 

— bicarinata, A. Adams. 

En ce qui concerne la question de savoir si les Sinusigerà sont des 
coquilles adultes ou bien des coquilles embryonnaires, l'auteur penche 
manifestement vers la première de ces opinions. 

Les Sinusigerà se rencontrent à des distances considérables des côtes. 
On n'en a pas trouvé dans les mers du Nord et ils sont rares dans l'Atlan- 
tique, même dans sa partie méridionale, bien que sur les côtes de cet 
océan existent de nombreux Muricidés au jeune âge desquels on croit 
pouvoir les rapporter. 

De plus, on n'a pas trouvé de passage entre cet état embryonnaire et 
une forme plus adulte. 

Les Sinusigerà n'ont pas la forme de coquilles embryonnaires. Les 
coquilles embryonnaires, toutes de la taille des coquilles en question, 
ont un moindre nombre de tours, des formes peu élégantes et lourdes, 
et surtout un nucléus plus ou moins volumineux qui termine la spire. Le 
Sinusigerà perversa espèce sénestre, ne peut être le jeune âge d'aucune 
coquille connue. Les détails anatomiques éloignent ces mollusques des 
Muricidés. La même conclusion résulte de l'examen de l'opercule. La 
rencontre de nombreux Sinusigerà le long des côtes de l'Hindoustan tient 
à des causes particulières et ne doit pas empêcher de les considérer comme 
des êtres essentiellement pélagiens, attendu qu'ils y étaient accompagnés 
d'une quantité de Ptéropodes et d'autres animaux qui habitent la haute 
mer. 

« Jusqu'à preuve du contraire, dit M. Craven, je regarde le groupe 
des Sinusigerà comme nettement caractérisé et appartenant à une classe 
bien distincte de celle des gastéropodes. » 

Au début de son étude, il avait dit : « En admettant même que les 
Sinusigerà fussent l'état embryonnaire d'autres mollusques, il est utile 
de bien connaître cet état et nos planches serviraient alors à élucider les 
rapports de l'état embryonnaire avec la forme adulte » . 



342 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Comme on le sait, c'est à cette dernière manière de voir que l'auteur 
devait s'arrêter plus tard ('), de sorte que son travail, pour reprendre 
toute sa valeur, demanderait actuellement à être complété par une syno- 
nymie établissant la concordance des formes larvaires et des formes 
adultes. 

Davidson (Th.). — Qu'est-ce qu'un Brachiopode ? (Mémoire inédit, tra- 
duit de l'anglais par Th. Lefèvre.) — (Planches III, IV, V, VI.) — 
Séance du 9 mai 1875. — MÉMOIRES, tome X, 1875, pp. 36-86. — Avec 
quatre planches et un Tableau indiquant la distribution géologique des 
brachiopodes dans le temps. 

L'auteur commeuce par rappeler, dans l'introduction de son travail, qu'il 
est souvent beaucoup plus facile de poser une question que d'obtenir une 
réponse entièrement satisfaisante. C'est ainsi, dit-il, que les zoologistes 
qui s'occupent d'anatomie comparée ne sont pas encore tout à fait d'accord 
sur la position exacte que la classe des Brachiopodes doit occuper parmi 
les animaux invertébrés. Ne pouvant songer à exposer dans le présent 
mémoire l'histoire et les progrès de la science en ce qui concerne les 
Brachiopodes, à l'étude desquels il a consacré sa vie, l'auteur se borne à 
citer les noms d'un certain nombre de naturalistes anciens en y joignant 
quelques détails fort sommaires sur leurs écrits. 

M. Davidson rappelle que le nom de Brachiopodes a été proposé par 
Cuvier en 1805 et que le professeur King reproche à cette dénomination 
de désigner comme bras ou pieds des appendices qui ne remplissent pas 
les fonctions d'organes locomoteurs. 

11 résume ensuite les caractères de la coquille des Brachiopodes, puis il 
s'occupe de leur structure, qui est généralement distincte de celle de la 
coquille des Lamellibranches et de celle des Gastéropodes. Il mentionne 
à ce propos les recherches du D r C arpenter, du professeur King et du 
D r Gratiolet, qui a spécialement étudié la structure de la coquille des 
Lingules et des Discines. 

En ce qui concerne les parties molles de l'animal, il y a un accord 
presque général entre les nombreux savants qui les ont étudiées, mais 
quelques divergences d'opinion subsistent au sujet des véritables fonc- 
tions de certaines d'entre elles. Les auteurs qu'il cite sont Bronn, King, 
Morse, Lacaze-Duthiers, Huxley, Hancock et Semper. Il décrit ensuite le 
manteau d'après M. E. Deslongschamps et rapporte les observations faites 
par Oscar Schmidt, Hancock et Deslongschamps sur les spicules qui 
garnissent certaines parties de la surface du manteau et qui sont destinés, 
sans doute, à consolider la portion qui les supporte. 

(') Séance du 4 février 1883. 



MÉMOIRES 343 

Il passe alors à l'étude des appendices brachiaux ou labiaux, comme on les 
appelle souvent d'une manière plus correcte, parce que chacun d'eux n'est 
que la prolongation de la portion latérale des lèvres ou bords de la bouche. 
S'occupant de la faculté d'extension de ces bras dans les différents genres 
de Brachiopodes, il dit qu'il sera toujours douteux pour lui « si l'animal 
pouvait projeter ses appendices labiaux au delà des valves dans les genres 
éteints, Spirifer, Atrypa et autres, où les bras charnus et roulés en 
spirale étaient supportés dans toute leur longueur par un squelette 
calcaire ». Il est quasi certain que ces organes ne servent pas seulement 
à apporter à la bouche des particules nutritives au moyen des cirrhes et 
des cils dont ils sont garnis, mais qu'ils sont affectés en même temps aux 
fonctions de la respiration, comme les observations de M. Hancock le font 
présumer. 

M. Davidson s'occupe d'une manière spéciale des muscles, dont le 
nombre et la position varient notablement dans les deux grandes divisions 
créées parmi les Brachiopodes. Dans les Clistenterata, division pour 
laquelle le genre Térébratule peut servir d'exemple, il note les muscles 
adducteurs ou occluseurs servant à fermer les valves, les muscles divari- 
cateurs ou cardinaux servant à l'ouverture des valves et se divisant en 
divaricafeurs proprement dits et en divaricateurs accessoires, puis les 
muscles ajusteurs dorsaux et les ajusteurs ventraux apparemment rela- 
tifs au pédoncule et à ses mouvements limités. 

L'auteur reproduit brièvement les principales opinions des natu- 
ralistes, tâche qu'il dit être peu aisée par suite de la différence 
des noms qu'ils ont proposés et qui a introduit une regrettable confu- 
sion. 

Dans les Tretenterata, dont les Lingules sont le type, la myologie est 
plus compliquée et les auteurs diffèrent dans leurs vues relativement à 
l'usage de plusieurs muscles. M. Davidson a adopté les vues de King.qui 
sont les plus vraisemblables. « D'après lui, dit-il, les muscles de la 
coquille ou valvulaires sont au nombre de cinq paires, plus un muscle 
impair et il individualise leurs fonctions respectives comme suit : trois 
paires sont latérales, ayant leurs extrémités placées près des bords de la 
coquille; une paire est transmédiane chaque extrémité passant au travers 
du milieu du revers de la coquille; la cinquième paire a ses extrémités 
limitées à peu près à la portion centrale de la coquille, tandis que le 
muscle impair occupe la cavité umbonale. Les muscles centraux et 
umbonaux sont directement affectés à l'ouverture et à la fermeture de la 
coquille, les latéraux permettent aux valves de se mouvoir en avant et 
en arrière l'une de l'autre, et les transmèdians permettent aux mêmes 
extrémités (rostrales) des valves de se tourner l'une et l'autre à la droite 



344 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

ou à la gauche d'un axe situé en dessous du centre, qui est dans la région 
médio-transverse de la valve dorsale. » 

L'action glissante ou la séparation latérale des valves des Lingules a 
été mise hors de doute par les observations de Semper, de Morse et de 
King. 

Dans les Trimerellidœ^ groupe éteint qui semble intermédiaire entre les 
Tretenterata et les Clistenterata, il existe des cicatrices paraissant avoir 
été produites par des muscles latéraux rudimentaires, mais ces coquilles 
étant garnies de dents, quoique faiblement développées, il est douteux 
que ces muscles aient pu permettre aux valves de se mouvoir l'une sur 
l'autre, en avant et en arrière, comme celles des Lingules. 

L'auteur s'occupe ensuite des zones de profondeur auxquelles habitent 
les Brachiopodes. Il parle à ce propos des Lingules et spécialement de la 
Lingula pyramidata, des Discines, des Cranies, et pour ce qui concerne 
les Clistenterata, d'un Brachiopode rapporté par l'expédition du « Chal- 
lenger », puis il traite spécialement des Terebratulina septentrionalis, 
Terebratella ruMcmda, Kraussina mira, Terebratulina cajput serpentis, 
Waldhemia cranium. 

Après avoir parlé des caractères les plus saillants de la coquille et de 
l'animal des Brachiopodes, il s'occupe de leur classification. 

S'en référant à son grand ouvrage publié en 1853 et à divers mémoires, 
il résume son opinion de la manière suivante : « Il sera, pensons-nous, 
nécessaire de maintenir, dans tous les systèmes de classification, les deux 
grandes divisions des Tretenterata et des Clistenterata, qui ont déjà été 
établies, quoiqu'il soit impossible de dire si tous les genres éteints étaient 
munis d'une ouverture anale » . 

Les Tretenterata comprennent les familles des Lingulidœ, Discinidœ, 
Craniadœ, Trimerellidœ, chacune se subdivisant en plusieurs genres. 

Les Clistenterata comprennent les Terebratulidœ, Spiriferidœ, Rhyn- 
cJionellidœ, StropJwmenidœ. M. King propose de distinguer dans les 
Terebratulidœ une nouvelle famille pour les Thecidœidœ. 

Relativement aux affinités des Brachiopodes, l'auteur se borne à faire 
un exposé de la question en rappelant la classification de Milne Edwards 
et les observations de Steenstrup, Morse, Kowalevsky et Agassiz tendant 
à démontrer les affinités des Brachiopodes et des Bryozoaires avec les 
vers, celles de M. Gratiolet et de M. Hancock, tendant à éloigner les 
Brachiopodes des Tuniciers. Il cite ensuite quelques passages de l'analyse 
faite par M. Agassiz d'un mémoire de M. Kowalevsky sur le développe- 
ment des Brachiopodes et arrive à conclure avec le professeur Verrill que 
« presque chaque groupe invertébré peut être rendu annélide en exagé- 
rant certains points de ses affinités ». Il lui semble « que l'on ne doit pas 



MÉMOIRES 345 

avoir une entière confiance dans une classification qui est presque entière- 
ment basée sur les caractères embryologiques, quoiqu'il puisse être vrai 
que les Bracbiopodes constituent réellement une division des Annélides » . 
Pour M. Morse, les Bracbiopodes peuvent être regardés comme « d'anciens 
Cbœtopodes cépbalisés, tandis que les Serpula, les Ampbitrites, les 
Sabella, les Protula et autres peuvent être regardés comme des Cbœto- 
podes cépbalisés plus récents » . M. Dali est fortement opposé à l'idée 
de placer les Bracbiopodes près des Annélides et M. Stoliczka, d'accord 
avec M. Dali, ajoute : « Il ne peut y avoir grand doute par rapport aux 
vrais caractères mollusques des Bracbiopodes, ni quant à la position qui 
leur est propre entre les Ànomiida, et les Pelecypoda, les Saccopoda et la 
section des Ciliopodes munie de bras ». Au milieu d'opinions si contra- 
dictoires, M. Davidson est d'avis qu'il serait prématuré de se prononcer 
d'une manière définitive sur les affinités des Brachiopodes, mais il trouve 
qu'ils « doivent être localisés dans un groupe spécial voisin des Mol- 
lusques ou des Annélides; ils possèdent des caractères suffisants pour 
constituer une classe bien définie » . 

En note, M. Davidson insère quelques observations qui lui ont été 
communiquées par le professeur W.King. En déterminant les affinités du 
groupe des Palliobrancliiata, on est arrêté par une difficulté, c'est-à-dire 
par la constatation de l'apparition des Tretenterata avant les Clistentc- 
rata. « Toutefois, cette difficulté peut être surmontée en supposant que 
les Tretenterata dégénérèrent dans les Clis tenter ata. » Il cite des exemples 
analogues de dégénérescence et regarde, en conséquence, les Tretenterata 
comme le type initial ou le plus ancien. C'est dans le système cambrien 
que l'on constate la première apparition des Palliobrancbes. 

Tous les genres que l'on y a observés paraissent, sauf une exception 
(Orthis Hicksiï), plus ou moins rapprochés des Lingnla et des Discina. 
Il donne un tableau des genres de fossiles cambriens en indiquant les 
groupes auxquels ils appartiennent et fait remarquer que les Pallio- 
branches ont souvent été réunis aux Polyzoa, mais que Morse a essayé 
de démontrer leurs affinités avec les Annélides. Il ne pense pas que cette 
opinion prévaudra. 

Les observations de Jean Muller sur l'état larvaire des Étoiles de mer 
lui font trouver de si grandes analogies, spécialement entre la larve de la 
Bipinnaria asterigera et le plan général des Lingnla, qu'il préfère 
« associer les Trétentérés aux larves des Etoiles de mer plutôt qu'aux 
Annélides d'un même degré ou qu'aux formes adultes des Polyzoaires » . 

Malgré les affinités des Palliobrancbes avec les Annélides, les Poly- 
zoaires et les Astérides, il les croit cependant plus rapprochés des Mol- 
lusques et, à défaut de caractères distinctifs suffisants pour les classer à 



346 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

part, il préférerait, « plutôt que de les associer avec l'un des trois pre- 
miers groupes mentionnés ci-dessus, leur laisser leur ancienne position 
dans le sous-règne des Mollusques, tel que l'a défini Cuvier » . 

Les Brachiopodes se trouvant représentés dans les plus anciens dépôts 
fossilifères connus ( l ) et occupant, après les Trilobites, la place la plus 
importante dans la faune primordiale, l'auteur consacre un important 
chapitre à leur distribution dans le temps. Toutefois, il prévient qu'il ne 
pourra, pour le moment, faire plus qu'une comparaison numérique appro- 
ximative des espèces et des genres connus à l'état fossile. Il cite Lyell, qui 
fait remarquer le contraste entre la faune du silurien inférieur où les 
Brachiopodes atteignant leur maximum sont représentés par plus du 
double d'espèces que les Lamellibranches, et la faune actuelle, où ils ne 
forment environ que la quarante-quatrième partie de la faune bivalve. 

Frappé des changements qui se sont opérés dans la série des temps 
géologiques à travers lesquels quelques genres seulement se sont per- 
pétués, il est amené à s'occuper de la théorie de Darwin. Il donne à ce 
sujet un curieux extrait d'une lettre, en date du 26 avril 1861, où son 
illustre compatriote attire son attention sur l'importance qu'il y aurait à 
connaître les résultats de l'étude des Brachiopodes pour la théorie de la 
descendance par modification. Darwin craint toutefois que les Brachio- 
podes ne se soient pas suffisamment modifiés pour fournir un exemple 
concluant. Il prévient cependant que l'antiquité d'un groupe n'est pas en 
réalité diminuée, comme quelques-uns paraissent le croire, parce qu'il a 
transmis à l'époque actuelle des formes étroitement alliées. M. Davidson, 
désireux de donner satisfaction au vœu qui lui était exprimé, ne le perdit 
pas de vue, mais avoue qu'il a trouvé sa réalisation entourée de tant de 
difficultés, en apparence inexplicables, que des années se sont passées 
sans qu'il soit capable de tracer la descendance par modification, parmi 
les Brachiopodes, telle que le demande la doctrine darwinienne. 

Il attribue ce résultat dans beaucoup de cas au manque de connais- 
sances géologiques relativement au synchronisme exact des couches. 
A cet égard, il admet la possibilité, comme Huxley le prétend, qu'une flore 
dévonienne dans les îles Britanniques peut avoir été contemporaine d'une 
flore et d'une faune carbonifères en Afrique. Il ne doute pas de la conti- 
nuité de la vie depuis son apparition sur la terre et rejette la manière de 
voir de Deshayes et autres auteurs qui croient à une extinction totale de 
la création animale à certaines époques déterminées. 

il sait aussi que presque partout les roches de la période carbonifère 

(') Sans vouloir se prononcer, M. Davidson penche vers la manière de voir de MM. Kiug 
et Rowney, qui considèrent YEozoon canadense comme une production minérale. 



MEMOIRES 347 

présentent quelques espèces qui leur sont communes, mais il n'arrive pas 
à formuler une opinion précise. Il rappelle que pour Tyndall, s'il est vrai 
que la matière possède un pouvoir organisateur, comme le prouve la cris- 
tallisation, il reste impossible de démontrer par des preuves expérimentales 
concluantes que la vie puisse se développer sans le concours d'une vie 
antérieure. 

M. Davidson regarde la théorie de la descendance avec modification 
comme une conception bien plus élevée que l'idée d'une création constante 
indépendante. Dans l'état actuel des connaissances, dit-il, elle est tout au 
plus la moitié seulement de la vérité. Elle est suffisante entre espèces et 
espèces pour expliquer des formes soi-disant spécifiques qui peuvent 
n'être que des modifications produites par la descendance; les variations 
accidentelles, les genres étroitement alliés peuvent aussi s'expliquer de 
cette façon ; mais elle paraît incompatible avec la persistance géologique 
de certains types, tels que les Lingula, les Discinà, les Nautilus. 

Il cite à l'appui de sa conclusion l'opinion de Barrande, qui soutient que 
les faits sont en opposition avec les prévisions théoriques. M. Davidson 
se demande comment il peut se faire que des genres tels que les Lingida, 
Discina, Cranta, Rhynchonella aient continué à être représentés et pour- 
quoi ils n'ont pas changé pendant ces époques d'une durée incalculable. 
Si les genres conservent leurs caractères distinctifs depuis leur première 
apparition jusqu'à leur extinction, les espèces entre lesquelles il y a sou- 
vent de grandes variations donnent lieu à croire « que de pareils groupes 
ne furent pas d'origine indépendante, ainsi qu'on le croyait généralement 
avant que Darwin publiât son grand ouvrage sur l'origine des espèces. 
Mais sous ce rapport, les Brachiopodes ne révèlent rien de plus que les 
autres groupes du règne organique » . Depuis la période cambrienne, les 
deux divisions des Brachiopodes, dit M. Davidson, « continuent à être 
représentées sans jamais montrer de tendance à passer l'une dans l'autre» . 
Certains genres se perpétuent, tandis que d'autres ont apparu très soudai- 
nement et ont disparu de même sans que l'on puisse montrer o entre eux 
et les genres voisins aucune preuve qu'ils soient ou des modifications les 
uns des autres ou qu'ils soient le résultat de la descendance avec modifi- 
cation » . Sans pouvoir affirmer que les Brachiopodes soient d'une grande 
utilité pour appuyer la théorie de Darwin, M. Davidson invite les hommes 
de science à appliquer aux recherches scientifiques l'intelligence et la 
raison qu'ils ont reçues du Créateur. 

Le tableau qui accompagne le mémoire de M. Davidson indique la 
distribution géologique de 122 genres de Brachiopodes dans le temps. 
Mais certains de ces genres, comme il a soin d'en prévenir, devront 
peut-être se trouver reportés plus tard eu synonymie et les familles 



348 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

auxquelles plusieurs appartiennent n'ont pu encore être exactement 
déterminées. 

Ce tableau renseigne les noms des genres, leurs auteurs, la date de la 
description, les noms des familles, et ensuite les formations géologiques : 
cambrien, silurien, dévonien, carbonifère, permien, triasique, jurassique, 
crétacé, tertiaire, récent ou contemporain. Une colonne est réservée au 
laurentien, où figure seul Y Bozoon Canadcnsc. 

L'examen de ce tableau montre « qu'environ 9 genres apparaissent 
pour la première fois dans le système cambrien, 52 dans le silurien, 
21 dans le dévonien, 7 dans le carbonifère, 2 dans le permien, 2 dans le 
triasique, 10 dans le jurassique, 5 dans le crétacé, 2 dans le tertiaire, 
et 9 dans la période récente » ; mais il est dit en note que ces cbiffres 
doivent naturellement être regardés comme provisoires. 

Davidson (Th.). — Liste des principaux ouvrages, mémoires ou 
notices qui traitent directement ou indirectement des Brachiopodes 
rivants et fossiles. — Séance du 2 avril 1876. — MÉMOIRES, tome XII, 
1877, pp. 55-104. 

Le travail de M. Davidson est un catalogue des ouvrages anciens ou 
récents traitant des Brachiopodes, soit spécialement, soit, comme le dit le 
titre, d'une manière indirecte. Il est rédigé suivant l'ordre alphabétique 
des noms d'auteurs, mais les ouvrages sont énumérés pour chacun d'eux 
suivant leur date de publication. Il est regrettable qu'en transcrivant les 
titres et en indiquant les publications dans lesquelles les travaux ont été 
insérés, l'auteur n'ait pas songé à indiquer les villes dans lesquelles ils 
sont édités. 

Voici les noms des auteurs avec le nombre de leurs ouvrages : 

Abich, 1; Adams, 3; Adams et Eeeves, 1; Agassiz, 1; Alberti, 1; 
Aider, 1; Allois, 1; Andreee, 1; Angas, 2; Annone (J. d'), 1; Anton, 1; 
Aradas, 1; Aradas et Benoît, 1; d'Archiac, 3; d'Archiac et de Verneuil, 1; 
d'Argenville, 1; Asbjôrnsen, 1; Godwin-Austen, 3; Baïer, 1; Baily, 3; 
Uarrande, 5; Barrett, 1; Barrois, 2; Baudon, 1; Baumer, 2; Bayan, 2; 
Bayle, 1; Bell, 3; Belt, 1; Benecke, Schloenbach et Waagen, 1; Benoit, 1; 
Beuth, 1; Beyrich, 2; Bigsby, 2; Billings, 13; Binney, 1; de Blain- 
ville, 3; Blake, 1; Blumenbach, 1; Bull, 2; Bonanni, 1; Born,2; Borne- 
mann, 1; Bosquet, 4; Bouchard-Chantereaux, 1; Bourguet, 1; Braun, 2; 
Brauns, 6; Brocchi, 1; Broderip, 1; Brodie, 1; Brôgger, 1; Brongniart, 1; 
Bronn, 4; Bronn et Rœmer, 1; Brown,2; Brùckmann, 1; Brugmans, 1; 
Bruguière, 1; Bruuner, 1; Brusina, 1; Bucaille, 1; von Buch, 9; Buck- 
man,2; deBurtin.l; Buvignier, 2; Caillaud,l; de Calonne, 1; Canefri, 1; 
Carpenter (P. -P.), 3; Carpenter (W.-B.), 8; Carrington, 2; Caruana, 1; 
de Castelnau, 1; Catullo, 6; Chapman, 2; Chapuis et Dewalque, 1; Char- 



MEMOIRES 349 

leswortb, I; Chemnitz, 1; Chenu, 3; Chevalier, 1; Clark, 1; Clarke, 1 
Cleve, 1; Cogels, 1; Colorma, 2; Conrad, 2; Contejean, 1; Cooper, 1 
Coquand, 2; da Costa, 2; Costa, 1; Cotteau, 1; Couthouy, 1; Cox, 1 
Craig, 1; Credner, 2; Crosse et Fischer, 1; Crouch, 1; Cunnington, 1 
Cuvier, 5 ; Cuvier et Brongniart, 1 ; Dali, 6 ; Dalman , 1 ; Dana, 1 ; Daniels- 
sen, 1; Darwin, 2; Davidson, 53; Davidson et King, 1; Davies, 2; 
Davila, 1; Davreux, 1; Dawson, 2; Day, 1; Defrance, 2; Derby, 1; Des- 
hayes, 8; Deshayes et Maillard, 1; Deslongchamps, 22; Dewalque, 8; 
Dillwyn, 2; Dittmar, 1; Dixon (F.), 1; Dixon (G.), 1; Donovan, 1; Dou- 
villé et Jourdy, 1; Dowker, 1; Ducret, 1; Dujardin, 1; Duméril, 1; 
Dumortier, 3; Dunker et Meyer, 1; Dupont, 3; Eaton, 1; Eichwald, 7; 
Emerson, 1; Emmons, 1; Emory, 1; Etheridge (R.)> 5; Etheridge 
(R., j r ), 1; Fahrenkohl, 2; Faujas de Saint-Fond, 1; Favanne, 2; de Fé- 
russac, 1; Fischer, 3; Fischer de Waldheim, 4; Fitton, 1; Fleming, 3 
Forbes, 4; Forbes et Hanley, 1; Forster et Whitney, 1; Fraas, 1; Friele, 1 
Galeotti, 1; Gay, 1; Geikie, 2; Geinitz, 16; Gemmellaro, 2; Giebel, 3 
Gill, 2; Glocker, 1; Gmelin, 1; Goldfuss, 3; Gosse, 1; Gosselet, 1 
Gould, 2; Gouroff, 1; Grange, 1; Gratiolet, 3; Gray (J.), 1; Gray 
(J.-E.), 6; Gray (M"), 1; Grifîith, 3; von Gross, 1; Grube, 1; von Grue- 
newaldt, 2; Grûndler, 1; Gualtieri, 1; Guéranger, 1; Guppy, 1; von 
Hagenow, 1; Haime, 1; Hall, 20; HalletMeek, 1; Hall et Whitfield, 2; 
Hall (T.), 1; Hancock, 2; Hanley, 2; Harkness et Hicks, 1; Hartt, 1; 
Haswell, 1; von Hauer, 1; Hébert, 8; Heller, 1; von Helmersen, 7; Her- 
mannsen, 1; Hicks, 2; Hicks et Salter, 1; Hidalgo, 1; Hinds, 1; Hisin- 
ger, 3; Hoeninghaus, 2; van der Hoeven, 2; Holl, 3; Holl (F.), 1; 
d'Hombre Firmas, 3; Hoppe, 1; Howse, 2; Hull, 2; Humphreys, 1; 
Hunt et Logan, 1; Hunter, 1; Hiipsch, 1; Hutton, 1; Huxley, 3; Hynd- 
man, 1; Ives, 1; Gwyn Jeffreys, 8; Jeremejew, 1; Jones, 1; Rupert 
Jones, 1; Judd, 3, Jukes, 4; Jukes Browne, 1; Kade, 1; Kayser, 3; 
Keeping, 1; Kelly, 4; Ketley, 1; Keyserling, 4; King, 14; King et 
Davidson, 1; Kirkby, 4; Klecak, 1; Klein, 2; von Klipstein, 1; Kloe- 
dens, 1; Kner, 1; Knorr, 1; Koch et Dunker, 1; Koechlin Schlumber- 
ger, 1; von Koenen, 1; Kônig, 1; de Koninck, 14; Kowalevsky, 1; 
Krantz, 1; Krauss, 1; Krûger, 1; Kurtze, 1; Kùster, 1; Kutorga, 4; 
Lacaze-Duthiers, 1; Lachmund, 1; de Lamanon, 1; Lamarck, 5; Lan- 
gius, 1; Lankester, 2; Latreille, 1; Laube, 1; Lea, 2; Leach, 2; Lefèvre 
et Vincent, 1; Le Hon, 1; Leibnitz, 1; Leonhard et Bronn, 1; Leuchten- 
berg, 1; L'Eveillé, 1; Leymerie, 3; Liebknecht, 1; Liljeborg, 1; Linck- 
laen, 1; Lindstrom, 3; Link, 1; Linnseus, 4; Linnarsson, 6; Lischke, 1; 
Lister, 2; Lhwyd, 1; Lobley, 2; Longuemar, 1; de Loriol, 7; Lory, 2; 
Loven, 1; Lowe, 1; Lundgren, 2; Lyell, 2; Lyon, 1; Mac Andrew, 2; Mac 



350 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Chesney, 1; Mac Coy, 5; Mac Crady, 2; Macdonald, 2; Macé, 1; Mac 
gillivray, 1; Macquardt, 1; Malacological and Conchological Magazine 
Malaise, 3; Malakozoologische Blâtter; Malm, 1; de Malzine, 1; Man 
tell, 4; Maravigna, 1; Marcou, 5;Marcy, 1; Martin, 1; Martin (W.), 2 
Martini et Chemnitz, 1; Massalongo, 1; Matter, 1; Mawe, 1; Meek, 11 
Meek et Hayden, 1; Meek et Worthen, 1; Megerle von Mûhlfeldt, 3 
Meglitzky et Antipoff, 1; Meneghini, 1; Menke, 1; Metzger, 1; Meyer, 6 
Miall, 1; Michelotti, 1; Middendorff, 1; von Môller, 6; Montagna, 1 
Montagu, 3; Monterosato, 3; Moore, 7; Môrch, 3; Morris, 5; Morris et 
Sharpe, 1; Morse, 7; de Mortillet, 1; Morton, 1; Morton (S. G.), 1; Mour- 
lon, 1; Mùller (F.), 1; Mùller (O.-F.), 2; Munster (G. zu), 4; Murchi- 
son, 5; Nicholson, 5; Nilsson, 2; Norman, 1; Norwood et Pratten, 2; 
Nyst, 1; Nyst et Westendorp, 1; Ooster, 1; Oppel, 5; d'Orbigny, 7; 
Owen (D.), 3; Owen (R.), 7; Packard (A. S., jun r ), 1; Paillette et de 
Verneuil, 1; Pallas, 1; Pander, 2; Parfitt, 1; Parkinson, 4; Payrau- 
deau, 1; Pengelly, 1; Pennant, 1; Petit de la Saussaye, 1; Petzholdt, 1 
Philippi, 4; Philipson, 1; Phillips, 3; Pictet, 6; Piette, 1; Pilla, 1; Plot, 1 
Poli, 1; Portlock, 1; Potiez, 1; de Pourtalès, 1; de Pourtalès et Dali, 1 
Prestwich, 1; Prout, 1; Puggaard, 1; Pusch, 1; Quenstedt, 5; Quoy et 
Gaimard, 1; Rafinesque, 3; Sander Rang, 1; Rathbum, 1; Reeves, 5 
Renevier, 3; Requien, 1; Retz, 1; Retzius, 1; Reuss, 1; Reynès, 1 
Ribeiro, 1; Richard, 1; Richter, 1; Rigaux, 1; Rigaux et Sauvage, 2 
Rink, 1; Risso, 1; Ritter, 1; Robert, 1; Roemer, 3; Roemer et Degen 
hardt, 1; Roemer (C.-F.), 1; Roemer (F.), 5; Roemer (F.-A.), 2 
Rogers, 1; Rouault (Marie), 2; Rouillier et Vossinsky, 2; Rumphius, 1 
de Ryckholt, 2; Sœman et Triger, 1; Salter, 6; Salter et Aveline, 4 
Salter et Blanford, 1; Salter et Hicks, 3; Sandberger (G.), 3; Sandber 
ger (G.) et Sandberger (F.), 1; Sars (0.), 1; Scacchi, 1; Schauroth, 7 
Scheuchz'er, 3; Schloenbach, 5; von Schlotheim, 8; Schlûter, 1 
Schmidt, 4; Schnur, 1; von Schrenck, 1; Schrenk, 1; Schroeter, 2 
Schrôter, 1; Schumacher, 1; Schweigger, 1; Scilla, 1; Sedgwick, 1 
Sedgwick et Murchison, 1; Seebach, 1; Seguenza, 8; Semenow, 1; Semé 
now et vonMùller, 1; Semper, 1; Shaler,2; Sharpe (D.),7; Sharpe (S.), 2 
Shumard, 5; Shumardet Swallow, 1; Sismonda, 1; Sjôgren, 1; Smith, 1 
Soldani.l; Sowerby, 8 ; Sowerby etLea, 1; Sowerby j r , 1; Sowerby (J.), 1 
Stearns, 1; Steenstrup, 1; Steininger, 2; Stimpson, 1; Stobœus, 1; Sto 
liczka, 1; Stossich, 1; Strombeck, 6 ; Strzelecki, 1; Studer, 1; Sturt, 1 
Suess, 11; Swainson, 1; Swallow, 2 ; Swallow et Hawn, 1; Taslé, 1 
Tate (G.), 3; Tate (Ralph), 6; Tawney, 2; de Tchihatchef, 1; Teall, 1 
Tenison Woods, 1; Tennant, 1; Terquem, 2; Terquem et Piette, 1 
Thielens, 1; Thomson, 1; Thomson (T.), 1; Thorpe, 1; Tietze, 1; Top 



MÉMOIRES 351 

rell, 1; Torvubia, 2; Toula, 5; Trautschold, 1; Trenkner, 1; Turton, 1; 
Ure, 1; Val, 1; Velain, 1; Verani, 1; de Verneuil, 7; de Verneuil et 
Barrande, 1; de Verneuil et Colomb, 1; de Verneuil et d'Archiac, 1; de 
Verneuil et de Lorière, 1; de Verneuil, Keyserling et d'Orbigny, 1 
Vicary, 1; Vicary (W.) et Salter, 1; Vogt, 2; Volbohrt, 1; Volkman, 1 
Waagen, 1; Wagener, 1; Wablenberg, 1; Walcb, 3; Walch et Knorr, 1 
Walcott, 1; Walker (D.), 1; Walker (T.-F.), 3; Waller, 1; Wardle, 1 
Weinkauff, 1; Wetherell, 1; Wbite (C), 2; White et Saint-Jobn, 1 
White (C. A.), 1; Wilkens, 1; Wiltshire, 2; Wincbell et Marcy, 5 
Winkler, 1; Wood (S.), 2; Wood, 1; Woodward, 2; Woodward (S. P.), 2 
Worms, 1; Wrigbt (T.), 4; Wulfens, 1; Yandell et Sbumard, 1; Young, 1 
Young et Armstrong, 1; Young et Bird, 1; Zejszner, 1; Zeuschner, 5 
Zieten, 1; Zittel (K. A.), Hower etSuess, 2. 

Le plus ancien ouvrage est celui de Colonna, publié en 1606; puis 
viennent, ceux de Worms (1655), de Lacbmund (1669), de Plot (1677), 
de Lister (1687), de Lhwyd (1699). De 1700 à 1750, 14 auteurs ont 
publié 15 ouvrages; de 1751 à la fin du siècle, 49 auteurs ont publié 
64 ouvrages; de 1800 à 1825, 34 auteurs ont publié 57 ouvrages; de 
1826 à 1850, 129 auteurs ont publié 283 ouvrages; de 1851 à 1875, 
148 auteurs en ont publié 732. Au point de vue de l'bistoire de la science, 
il est à regretter que ce catalogue ne soit pas disposé d'après la date de 
publication des travaux. Ils seraient groupés de manière que l'on vît 
le lien qui les unit; on saurait à peu près comment ils procèdent les uns 
des autres et la lecture du catalogue ainsi rédigé montrerait souvent le 
but des recbercbes successives des naturalistes. Ce serait, en quelque sorte, 
la table d'une bistoire des Brachiopodes. 

Le peu de statistique que nous avons fait pour arriver aux résultats 
consignés plus haut nous a montré qu'à certaines dates, en 1825, par 
exemple, l'attention des naturalistes se portait tout spécialement sur les 
Brachiopodes. L'adoption de l'ordre de date eût montré ce qui a précédé 
comme ce qui a suivi ce mouvement et eût mis en relief des données bien 
plus intéressantes que ne peut le faire l'ordre alphabétique. Entre les 
deux systèmes, il y a la même différence d'intérêt pour le lecteur qu'entre 
des questions d'intérêt privé et des questions d'intérêt général. 

Deby (Julien). — Note sur V argile des polders, suivie d'une liste de 
fossiles qui y ont été observés dans la Flandre occidentale. — Séance du 
5 mars 1876. — MÉMOIRES, tome XI, 1876, pp. 69-90. 

L'auteur déplore le minime profit que l'on peut tirer de l'ouvrage de 
M. Harting pour les recherches qu'il a entreprises et le manque de ren- 
seignements géologiques sur les travaux exécutés à Ostende, à Blanken- 
berghe et jusque dans les environs de Bruges. 



352 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Il signale dans l'argile marneuse des polders de la Flandre occidentale la 
présence de fragments de cristaux de labradorite et d'olivine « qui n'ont 
pu provenir ni des matériaux déposés par l'Escaut, ni par ceux de la 
Meuse, ni môme par ceux du Rhin », et au sujet desquels il se propos^ 
d'expliquer sa manière de voir dans un travail ultérieur. Le présent 
mémoire doit son origine à la communication qui lui fut faite, par 
M. Rutot, de Diatomées découvertes à Liège dans le sable employé dans 
les trémies des locomotives et provenant d'Ostende. 

Des recherches entreprises à Ostende et aux environs de Bruges ont 
permis à M. Deby de dresser les listes suivantes de ses récoltes, que nous 
donnons ici très en abrégé : 

Mollusques : Buccinum undalum, Natica monilifem, Liltorina lit- 
torea, Hydrobia ulvœ, Bithynia teoitdculata, Limnœa palustris, Hemi- 
mactra subtmncata, Tellina solidiila, Scrobicnlaria piper ata, Cardium 
edîtle, et var. rusticum, Hemicardium norvegicum, Vola onaxima, Ostrca 
edîilis. 

Foraminifères. — Parmi les 24 espèces ou variétés reconnues par 
M. E. Van den Broeck, 7 n'ont pas encore été signalées dans la faune 
actuelle belge, qui comprend 86 numéros. 

Ce sont : Quinquelocîdina subrotunda, Trochammina injîata, var. 
macrescens, Lagena apiculata, Textularia globulosa, Bolivina punclata, 
Virgulina squamosa, Nonionina asterizans. 

a II est bon de noter, dit M. Deby, que la plupart des Diatomées signa- 
lées plus loin proviennent d'un niveau inférieur et qu'il existe sur nos 
côtes plusieurs bancs de tourbe superposés et séparés entre eux par des 
couches d'argile poldérienne d'âges divers. » 

Les Diatomées recueillies sont : 

AcJmantes brevipes, Actinocyclus Ehrenbergii, Actinoptyclius splendens, 
rencontré dans le sous-sol d'Amsterdam et mentionné par M. Harting 
sous les noms à.' A. aquila et à' A. vicenarkis; A. undulatus, rencontré à 
Amsterdam dans la couche n° IX et décrit comme espèce nouvelle sous 
le nom à' A. imdatus par M. Harting; Amphiprora nitzschoides ; Auliscvs 
sculptus; Biddulphia rliombus; B. SmitMi; B. turgida; Campylodiscus M- 
costatus; G. echineis décrit par M. Harting sous le nom de C. Amsteleda- 
mensis; C. noricus; Chœtoceros barbatum, rare espèce « indiquée par 
Janisch du guano péruvien et par Ehrenberg des couches in fusoriales de la 
Virginie »; Cocconemalanceolatum; Cocconeis placenUtla; C. vexans; Cos~ 
cinodiscus excentriciis; C. fasciculatus ; C. concams; C. omlis iridis; 
C. radiatus; Cymalopleura elliptica; Dictyoclia gracilis; Doryphora 
ampliiceros; Epithemiasorex; Eupodiscws Argus; E . crassus; E.fuhus; 
E. Ralfsii; Grammatoplora marina; G. serpentina; Melosira Westii; 



MÉMOIRES 353 

Navicula angulosa; N- aspera; N. califomica, décrite du Japou, de 
l'Amérique centrale, baie de Campêche, du guano de l'Afrique méridio- 
nale et du guano de la Californie, excessivement rare dans l'argile des 
polders; N. clidyma; N. elliptica; N.fusca; N. gemina; N. Hennedyi; 
N. latissima, peut-être N. acacia de Harting (bodem onder Amsterdam} ; 
N. nobilis; N. major; N . permagna, signalée seulement aux États-Unis; 
N. peregrina; N. quadrata; N. Smitliii, décrite par Harting sous le 
nom de N. ellips; N. splendida; N. tumens; NitzcJda lanceolata; 
N. sigma; Paralia sulcata, citée par M. Harting comme très abondante 
dans le sous-sol à Amsterdam ; Plcurosigma acuminatum; P. attenuatum ; 
P. balticum; P. Jiippocampus ; Podosaria maculata; Rluibdoncma mime- 
tîcm; Rliaphoneis fasciolata; R. pretosia; R. rhombus.; Slauroneis acuta; 
Suricella biseriata ; S. fastuosa ; /S'. striaUUa ; Syncdra cymbelliformis ; 
S. fulgens; Triceratium altemans; T. favus-, T. membranaceum ; 
T. obtusîim; Tryblionella constricta-, T. marginata; T. scutellum. 

De Cossigny (J.). — Tableau des terrains tertiaires de la France sep- 
tentrionale. Note explicative 0). — Séances du 7 janvier et du 7 octobre 
1877. - MÉMOIRES, tome XII, 1877, pp. 37-39. — Avec tableau. 

L'auteur fait remarquer qu'il a placé les sables et les calcaires lacustres 
de Rilly au-dessus, et non au-dessous des sables de BracJieux. 

Il croit que les silex que l'on trouve à la surface de la craie sont les der- 
niers témoins des assises supérieures de cette formation, qui aurait subi 
des dénudations considérables. Ces dépôts de silex, dont il a fait connaître 
un type qu'il nomme argile à silex d'Allogny, sont évidemment connexes, 
dit-il, du pbénomène quel qu'il soit qui a mis fin à la période crétacée et a 
produit la première dénudation de la craie. Pour les convenances de la 
classification, on peut les considérer comme le premier terme de la série 
éocène. Le calcaire de Mous s'est déposé ensuite pendant une période de 
calme, mais a dû être détruit en grande partie par de nouvelles dénuda- 
tions qu'attestent les argiles à silex plus ou moins remaniés et à silex, 
généralement altérés, ainsi que des conglomérats de nature variée. La 
sédimentation de la série éocène s'est ensuite effectuée avec plus de 
calme. « Si une coupure rationnelle devait être faite dans l'éocène infé- 
rieur, c'est entre le calcaire de lions et les poudingues de Nemours qu'elle 
semblerait devoir être placée, ces poudingues étant la base des étages 
subséquents au même titre que Y argile à silex d'Allogny est la base de 

(') Le tome XII des Mémoires contient les documents suivants que nous avons analysés 
dans l'ordre où ils sont insérés dans le volume : note explicative par M. de Cossigny, 
rapports de MM. Rutot, Dollfus et Ortlieb, extrait d'une lettre de M. de Cossigny, enfin 
le tableau géologique. 

1880 23 



354 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

l'étage que représente le calcaire de Mon s. Quant à la ligne séparative 
établie par Dumont entre les systèmes heersien et landenien, on peut la 
conserver comme repère local; mais, ainsi que la remarque en a déjà été 
faite, elle me paraît avoir peu de valeur, dit M. de Cossigny, au point 
de vue d'une classification générale. » 

Rapports sur le travail de M. de Cossigny, intitulé : Tableau des ter- 
rains tertiaires de la France septentrionale. 

Rapport de M. A. Rutot. — MÉMOIRES, tome XII, 1877, pp. 40-43. 

M. Rutot voudrait que le terme supérieur de l'éocène inférieur, Sables 
de Cuise, Sables supérieurs du Soissonnais, fût plus détaillé dans le 
tableau. Ses subdivisions sont très importantes au point de vue belge. La 
partie inférieure des sables de Cuise, comprenant l'horizon d'Aizy, cor- 
respond à l'ypresien inférieur de Dumont; l'horizon fossilifère moyen de 
Cuise-la-Motte ou de Mercin correspond à l'ypresien supérieur, et l'ho- 
rizon de Visigneux, au paniselien, « ce qui maintient, dit M. Rutot, le 
paniselien dans l'éocène inférieur et ne permet pas de le synchroniser 
avec le bruxellien, qui doit entrer dans l'éocène moyen ». De même, 
pour les sables de Bracheux, M. Rutot reproche à l'auteur de prendre le 
type de leurs subdivisions dans des couches non fossilifères, comme les 
argiles de Louvil et de Clary. 

M. Rutot s'occupe ensuite de la place de la ligne de séparation entre 
l'éocène et le miocène, ligne que M. de Cossigny, à l'exemple de Lyell et 
de beaucoup d'auteurs français, trace entre le gypse et les marnes et cal- 
caires de Brie. Il rappelle que l'ensemble de couches comprises entre 
l'éocène et les faluns à faune typique du miocène a été désigné sous le 
nom d'oligocène par M. Beyrich, puis il fait voir que les sables de Fon- 
tainebleau correspondent au Septarien ilion des Allemands, c'est-à-dire à 
l'argile de Boom et aux sables à faune marine de Bergh, en un mot, à l'oli- 
gocène moyen et il arrive ainsi à mettre dans l'oligocène inférieur tout ce 
qui se trouve sous les sables de Fontainebleau, c'est-à-dire la formation 
gypseuse. L'étude des terrains belges démontre qn'entre le laekenien supé- 
rieur, qui correspond aux couches de Beauchamp, et le tongrien inférieur, 
il y a eu un mouvement important du sol « pendant lequel le bassin du 
nord de la France s'est soulevé, puis émergé, pendant que les eaux se 
jetaient à l'est et envahissaient tout le nord de l'Allemagne jusqu'à la 
frontière de Russie et y déposaient l'oligocène inférieur » . 

Il y a donc lieu « de séparer nettement la période marine qui finit en 
France par les sables de Beauchamp et les marnes à Pholadomya 
Ludensis, de la période d'oscillations émergeant et immergeant successi- 
vement la côte, qui se continue pendant une longue suite de siècles, 



MEMOIRES 355 

jusqu'au retour des eaux de la mer dans le bassin de Paris, où se sont 
déposés les sables de Fontainebleau » . 

M. Eutot convient, d'ailleurs, que ses remarques sont du domaine de la 
discussion, et n'insiste pas davantage à leur égard. 

Rapport de M. Gustave Dollpus. — Ibid., pp. 43-47. 
Nous ne citerons que les principales observations de ce rapport. 
Les argiles à silex d'Allogny et les sables à silex d'Allogny ne sont 
vraisemblablement que des produits d'altération de la craie par les eaux 
atmosphériques. 

Le poudingue de Nemours, le conglomérat de Meudon à Coryphodon et 
le conglomérat de Cernay, près Reims, ne sont pas les dépôts tertiaires les 
plus inférieurs du bassin de Paris. 

Les calcaires de Rilly n'ont aucune analogie avec les lignites d'Ostri- 
court et de Landen. 
Les fausses glaises d'Auteuil sont inférieures à l'argile plastique. 
Le travertin de Sézanne, la marne de Dormans, le grès de Belleu, les 
sables à rognons et les sables de Sinceny sont omis. 

M. Dollfus donne ensuite un tableau du calcaire grossier comprenant 
dix termes et un tableau de l'éocène supérieur (sables moyens — parisien 
supérieur) se divisant à partir de la base en horizons d'Auvers, de Beau- 
champ, de Mortefontaine, en calcaire de Saint-Ouen et en système marin 
infragypseux, comprenant chacun plusieurs subdivisions. 

M. Dollfus est d'avis de placer la limite supérieure des sables moyens 
au milieu du gypse, avant les marnes bleues, dont la liaison est évidente 
avec les marnes blanches à Lymnœa strigosa, horizon où apparaît déjà 
fixée la faune oligocène. 

L'espèce indiquée par M. de Cossigny comme Ceritldum Lamarcki est 
le C. deperditnm. 

Les marnes vertes ou plutôt brunes à Ostrect Cyatlmla, base de la 
molasse marine de Fontainebleau, sont supérieures et non inférieures au 
calcaire de Brie. 

M. Dollfus retrace alors les divisions des sables de Fontainebleau 
(oligocène) et fait remarquer que c'est entre les calcaires de Beauce et 
la molasse du Gâtinais que vient se placer une limite de premier ordre, 
celle entre l'oligocène supérieur et le miocène. On trouve là deux faunes 
continentales très différentes en contact. 

Le tableau de M. de Cossigny devrait s'arrêter au niveau supé- 
rieur du calcaire de Beauce. Les couches suivantes font franchement 
partie du miocène. Les dernières observations de M. Dollfus ont trait 
à la dénomination de divers niveaux dont la concordance n'est pas 



356 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

établie et à la mention de couches qui ne rentrent pas dans le cadre du 
tableau. 

Rapport de M. J. Ortlieb. — Ibid., pp. 48-53. 

M. Ortlieb regrette l'omission dans le tableau dressé par M. de Cossigny 
d'une évaluation de l'épaisseur des formations ainsi que de leur altitude 
par rapport à la mer. 

Il s'attache surtout au parallélisme des assises tertiaires du bassin de 
Paris et de celles du département du Nord, mais fait remarquer combien 
il y a d'inconvénients à les ranger dans une même colonne. Il regrette que 
l'auteur n'emploie pas les termes usités de tu/eau de Tournai, d'Aii- 
gres, etc., l'omission de la marne de Heers et de l'argile d'Ypres, alors 
qu'il cite l'argile de Louvil, l'argile du Favril, l'argile de Clary, qui 
désignent simplement des niveaux de l'argile landenienne. 

Ce qu'il reproche surtout à l'auteur, c'est de ne pas dépasser, dans son 
énutnération des différents degrés du suessonien supérieur du départe- 
ment du Nord, les sables de Mons-en-Pevelle, alors qu'il y existe d'autres 
couches tertiaires plus récentes. Il éuumère ces formations, qui s'observent 
à Cassel, au mont des Chats et au mont des Récollets, et donne un tableau 
des couches qu'on observe en ce dernier point et qui résument tout l'étage 
éocène moyen du bassin flamand. Après avoir ajouté quelques indications 
relatives au synchronisme de ces couches avec les systèmes géologiques 
établis par Dumont, il donne à entendre que l'éocène supérieur est 
représenté au mont des Chats et aborde alors l'époque oligocène. Il 
s'attache à retrouver l'état de la Belgique pendant cette période et arrive 
à parler du diestien de Dumont, qu'il retrouve à Cassel, au mont des 
Récollets, au mont des Chats et au mont Noir. Il ne sait s'il faut en faire 
du falunien ou du subapennin et rappelle à ce propos une opinion qu'il 
a émise et d'après laquelle le diestien serait un dépôt de transport dû. à un 
grand fleuve « un diluvium particulier, glaciaire peut-être, mais en tous 
les cas étranger et bien différent des sables du même nom, si riches en 
fossiles, des environs d'Anvers (sables d'Edeghem), auxquels il a été 
assimilé » . 

De Cossigny. — Extrait d'une lettre de M. — . — Ibid., pp. 53-54. 

M. de Cossigny, auquel les rapports précédents avaient été communi- 
qués, reconnut, sans les préciser, que certaines observations étaient 
fondées, mais soutint que sur d'autres points ses opinions étaient défen- 
dables. Ne pouvant cependant modifier son tableau sans études, il se 
déclarait prêt à le considérer comme non avenu; mais cette résolution, 
entraînant la non-publication des rapports, lui paraissait regrettable. 

La Société prit alors la résolution de publier les rapports et le tableau. 



MÉMOIRES 357 

Nous avons sommairement analysé les rapports; nous donnerons de même 
une idée du travail de M. de Cossigny. 

De Cossigny. — Tableau des terrains tertiaires de la France septen- 
trionale. — Inséré à la suite des rapports de MM. Rutot, Dollfus et 
Ortijeb dans le tome XV des MÉMOIRES, 1877. 

Le tableau donne deux grandes divisions : IVocène et le miocène. 
I/éocène comprend deux étages, le suessonien et le parisien. 

Le suessonien se subdivise de la manière suivante à partir de la 
base : 

Argile à silex anguleux d'Allogny (Cher). — Conglomérats à silex 
anguleux de Louviers (Normandie). Probablement partie des argiles à 
silex du département du Nord. 

En Belgique : calcaire de Mons. 

Poudingues de Nemours. — Conglomérat à Corypïwdon des environs 
de Paris. — Conglomérat h rognons calcaires et débris de coquilles de 
Cernay, près Reims. — Sables à silex d'Allogny (département du Cher). 
— Argiles à silex de Favril (Hainaut français). 

Sables de Bracheux (près Beauvais) avec glaucome comprenant trois 
divisions : argile de Louvil ; — argile de Clary (Cambraisis), Cyprina 
Desliayesi, Hébert, Cyprina scutellaria (PJtoladomya KonincM); — 
sables inférieurs glauconieux d'Ostricourt. 

Sables blancs de Rilly-la-Montagne. — Sables de Laon. — Sables 
supérieurs (blancs) d'Ostricourt (Nord). 

Marnes et calcaires lacustres de Rilly-la-Montagne (près Reims) à 
Pliysa gigantea et autres fossiles d'eau douce, avec lits de lignites. — 
Couches à lignites d'Ostricourt (Nord). — Grès à végétaux terrestres do 
l'Artois. 

Argile plastique de Meudon (près Paris). 

Argiles et lignites du Soissonnais. — Fausses glaises d'Auteuil (près 
Paris) avec lignites et coquilles d'eau douce et marines. — Argile d'Or- 
chies (Cerithium variabile, Cyrena cuneiformis) . 

Sables de Cuise (près Compiègne). — Sables supérieurs du Soisson- 
nais. — Sables de Mons-en-Pévèle. ■ — Argile de Roubaix {Nwmmulites 
planulata). 

M. de Cossigny divise de la manière suivante l'étage parisien : 

A la base, le calcaire grossier, comprenant un étage inférieur glauco- 
nieux qui se subdivise en couches à Cerithium giganteum et en couches à 
Ifiliolithes, contenant, toutes deux, Nummuliles Icevigata, et un étage 
supérieur qui se subdivise en calcaire à Cèritlies et en Caillasses (marnes 
cariées quartzifères). 

Plus haut, les formations suivantes' : sables et grès de Beauchamp 



358 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

(Seine-et-Oise) à nombreuses coquilles marines (Cerithium Lamarckii, 
C. tuberculosum, etc.). 

Calcaire d'eau douce de Saint-Ouen (près Paris) (Limnœa longiscata, 
Planorbis rotundatus, Cyclostoma mumia, etc.). 

Marnes et calcaires à Pholadomya Ludensis. 

Gypses et marnes à Paleotherium. Travertin de Champigny (près 
Paris). 

Marnes à Limnées de Pantin (près Paris). 

Dans le miocène, M. de Cossigny signale les étages tongrien (d'Or- 
bigny) et falunien (d'Orbigny). 

Dans le tongrien, il range le lit marneux à Cytbérées des environs de 
Paris. 

Les marnes vertes à Ostrea cyathula et 0. longirostris . 

Les calcaires d'eau douce, marnes et meulières de Brie. — Calcaire de 
Château-Landon et de Briare. 

Les sables de Fontainebleau, se subdivisent en sables coquilliers de 
Jeurre et de Marigny (près Étampes). Très nombreux fossiles marins 
parmi lesquels Cardita Bazini, Desb., Cytherea incrassata, Desh., 
Lucina Heberti, Desb., Cerithium plicatum, C. terebellum, Buccinum 
Gossardi, etc. ; — en une masse principale des sables et des grès, géné- 
ralement peu fossilifères, — et en sables marins d'Ormoy (près Étampes), 
pour lesquels M. de Cossigny cite les trois premiers fossiles mentionnés 
ci-dessus. 

Calcaire d'eau douce et meulière de Beauce, se subdivisant de la 
manière suivante : 

Calcaire inférieur de Beauce. — Meulières de Meudon et de Montmo- 
rency (près Paris), Potamides Lamarckii, Bvong.,Paîudina Pubuissoni, 
Bouillet, Limnées, Planorbes, etc. 

Molasse du Gatinais. — Calcaire supérieur de Beauce. 

Sables de l'Orléanais. 

Marnes de l'Orléanais. 

Sables argileux de la Sologne non fossilifères. 

L'étage falunien est représenté par les Faluns de la Touraine et les 
argiles à meulières du Sannois. 

Enfin, le pliocène est représenté par l'étage subapennin avec le crag 
du Cotentin. 

De la Fontaine (Jules). — Peux anomalies aie coquilles marines 
(STROMBUS LUHUANUS, L., et TURBINELLA NAPUS, Lk.) — 
(Planche II.) - Séance du 7 mars 1875. — MÉMOIRES, tome X, 1875, 
pp. 21-22. — Avec une planche. 

Anomalies appartenant toutes deux à la seconde classe des hémitériea 



MÉMOIRES 359 

ou anomalies simples, d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, c'est-à-dire aux 
anomalies de forme. La première coquille affecte une forme scalaire ; la 
seconde, plutôt une forme globuleuse ou planorbaire. Mieux qu'une des- 
cription ne saurait le faire, la planche qui accompagne ce travail donne 
une idée de ces curieuses déviations. 

De Malzine (Firmin). — Description de trois coquilles fossiles nou- 
velles. — (Planche II.) — Séance du 2 juin 1867. —MÉMOIRES, tome II, 
1866-1867, pp. 45-48. — Avec une planche teintée. 

Description de Crania Adanii, trouvée remaniée à Saint-Gilles; de 
Pileopsis DesJtayesii, du « crag gris » d'Anvers et de Buccinum Dejaeri, 
également du « crag gris » d'Anvers ( l ). 

Dewalque (Gustave). — Rapport sur l'excursion de la Société malaco- 
logique de Belgique à Couvin (partie paléontologique) ( 2 ). — Séance du 
7 décembre 1873. - MÉMOIRES, tome VIII, 1873, pp. 77-83. 

Les points explorés sont : 

Un ravin situé à 500 mètres à l'ouest-nord-ouest de Couvin (clocher), 
dans lequel « affleurent les couches de la partie moyenne de l'étage à 
calcéoles. Ce sont des schistes plus ou moins grossiers, gris, souvent cal- 
carifères et renfermant quelques bancs minces de calcaire argileux ». 

M. Dewalque énumère les fossiles dont il a noté la présence et signale 
la découverte par M. Houzeau d'un calice en bon état de Cupressocrinus 
abbreviatus, Goldf. 

Se dirigeant d'abord vers le nord, la Société traverse, avant de rejoindre 
la route, une bande mince de calcschiste et de calcaire argileux, où l'on 
recueille de beaux échantillons de Phacops latifrons, puis se dirigeant 
vers le nord-ouest, elle rejoint la montée du chemin de Couvin à 
Boussu-en-Fagne. « Un peu plus haut, les schistes sont plus quartzeux et 
passent au psammite. » M. Dewalque y note une dizaine de fossiles. 

A 1,050 mètres au nord -nord-ouest de Couvin, sur le plateau, des 
excavations montrent « un calcaire noirâtre, compact, assez fragile, à 
cassure largement conchoïde, en bancs minces, séparés par des lits de 
calcschiste noir devenant gris de fumée par les influences météoriques. 
La faune de cette petite assise forme le passage à celle des couches à 
stringocéphales proprement dites » . Celles-ci se présentent à deux cents 
mètres plus au nord. « Après avoir traversé ce plateau de calcaire de 
Givet, la Société a rencontré, sur les bords du ruisseau de l'Haine, une 

( J ) Crania Adanii est une coquille du gravier base du laekenien. Les deux autres 
coquilles proviennent évidemment des sables à Fusus contrarius, non altérés. 

( 2 ) Pour la partie malacologique, voir : Colbeau (Jules), Liste des mollusques terrestres 
et fluviatiles vivants observés pendant l'excursion de la Société malacologique de Belgique 
à Couvin. Tome VIII, pp. 84-90. 



3GI) SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

selle de schistes à calcéoles, qui pousse une pointe au nord-est dans le 
calcaire. » M. Houzeau y découvre un spongiaire récemment décrit sous 
le nom d' ' Astrœospongium meniscoides par M. Dewalque, et provenant 
des environs de Priïm (Eifel), dans Je môme étage. On remonte la colline 
que forme le calcaire de Givet et, « après avoir dépassé l'Hermitage, on 
trouve les schistes plus fins de l'étage de Frasne, partie inférieure du 
système famennien ou dévonien supérieur »; enfin, avant d'arriver au 
village de Boussu-en-Fagne, « on traverse la pointe d'un îlot calcaire 
appartenant à l'assise supérieure de cet étage » . M. Malaise y découvre 
un fragment d'une écaille osseuse de poisson, probablement à."Astero- 
lejns ornata. 

Le lendemain, malgré le mauvais temps, on visite les « curieux gîtes 
de sable avec cailloux roulés de quartz et de grès stratifié, ainsi que de 
limonite, qui sont exploités dans le calcaire à calcéoles à environ 
1 1/4 kilomètre à l'est-sud-est de Couvin ». Revenant vers le sud-ouest, on 
traverse « une bande assez étroite de schiste brun grisâtre avec quelques 
psammites et accidentellement un peu de calcaire » appartenant à l'étage 
à Spirifer cultrijugatns . puis, continuant vers le sud, on jette un coup 
d'œil sur les schistes et les psammites de l'étage de Burnot, et l'on arrive 
« aux schistes noirs avec grès noir verdâtre, à côté des anciennes forges 
de Pernelle d, roches que Dumont rapportait à son système ahrien. 
A 600 mètres au sud de Pernelle, on finit par découvrir dans les schistes 
noirs hundsruckiens « un ou deux bancs criblés d'empreintes de fossiles 
en mauvais état » . 

Le troisième jour, on convient de se rendre à Dourbes. Sans s'attarder 
à chercher des fossiles dans les schistes à calcéoles le long de la route de 
Couvin à Pétigny, on y trouve Merista plebeia et Spirifer subcuspidatus, 
que la Société n'avait pas encore recueillis, et un individu incomplet de 
Leptœna caudata? espèce qui n'avait pas encore été signalée dans le pays. 
A la descente vers Pétigny, on rencontre une bande étroite de calcaire 
argileux et de calcschiste, puis on observe à Nismes, au four à chaux 
situé un peu au sud du village, « la base du calcaire de Givet formée de 
calcaire noir compact avec lits de calcschiste de même couleur » . Un 
fossile paraissant constituer une espèce nouvelle y fut découvert. M. De- 
walque propose de lui donner le nom de Penlamerus costatus. 

La Société se rend ensuite à l'endroit où l'Eau Noire sort de dessous 
des rochers à pic formés par la partie supérieure du calcaire de Givet. 
A côté, elle observe des schistes fins de l'étage de Frasne, puis elle se 
dirige vers Dourbes par le plateau calcaire. Les minières, qui paraissent 
abandonnées depuis longtemps, sont situées un peu à l'est du tunnel. « Ce 
sont de vastes poches en entonnoirs, ouvertes dans la dolomie du calcaire 



MÉMOIRES 361 

à stringocéphales. » La roche étant friable, permet quelquefois l'extrac- 
tion de fossiles en très bon état. 

L'excursion de 1873, qui eut lieu sous la direction de M. Purves, fut 
l'une de celles que le mauvais temps contraria le plus. 

Dollfus (Gustave), voir : de Cossigny. — Tableau des terrains ter- 
tiaires de la France septentrionale. — {Rapport sur le travail de M. de 
Cossigny.) - MÉMOIRES, tome XII, 1877. 

Dollfus (Gustave), voir : Mourlon. — Observations sur le classement 
des couches tertiaires moyennes dans le Limbourg belge, à propos du 
mémoire de MM. Ortlieb et — , intitulé : Compte rendu de géologie 
stratigraphique de F excursion de la Société malacologique de Belgique 
dans le Limbourg belge, les 18 el\9 mai 1873. — MÉMOIRES, tome VIII, 
1873. 

Dollfus (Gustave), voir : Ortlieb. — Compte rendu de géologie stra- 
tigraphique de V excursion de la Société malacologique de Belgique dans 
le Limbourg belge, les 18 et 19 mai 1873, par J. Ortlieb et — . — MÉ- 
MOIRES, tome VIII, 1873. 

Dollfus (Gustave).— VALVATA D1SJUNCTA, G. Dollf., espèce 
nouvelle des meulières supérieures des environs de Paris. — Séance du 
5 août 1877. — MÉMOIRES, tome XII, 1877, pp. 27-28. — Avec figures 
dans le texte. 

Description d'une coquille de très petite taille (2 millimètres environ), 
trouvée à Bessancourt (Seine-et-Oise) dans les meulières supérieures (oli- 
gocène supérieur). 

Une seule plaque silicieuse en présentait une centaine d'échantillons. 
Le dernier tour de spire de la coquille est disjoint, disposition nouvelle si 
l'on considère que la coquille n'a pas une spire élevée, quoiqu'elle ne soit 
pas absolument plane. Aucune Valvée n'était connue de l'étage géolo- 
gique où elle a été découverte. Des figures donnant la grandeur naturelle 
de cette espèce et la représentant grossie quinze fois accompagnent la 
description faite par M. Dollfus. 

Dubreuil (E.). — Note relative à une collection de coquilles exposée au 
palais du Champ-de-Mars par la commission des colonies françaises. — 
Séance du 2 juin 1867. — MÉMOIRES, tome II, 1866-1867, pp. 39-43. 

Listes de coquilles avec indication de celles qui se trouvent dans la 
Méditerranée. 

Dubreuil (E.). — Description d'une nouvelle espèce d'Hélix. — 
(Planche III.) — Séance du 1 er juillet 1867. — MÉMOIRES, tome II, 
1866-1867, pp, 39-43. — Avec une planche coloriée. 

Description de X Hélix Gervaisii, renseignée sous toutes réserves 



362 SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE 

comme provenant des Philippines. L'Hélix qui s'en rapproche le plus est 
YH. buplitalmus, Fér. [H. Stolephora, Val.). 

Grégoire (Edouard). — Notice sur les coquilles de la tourbe de Uccle 
lez-Bruxelles. - Séance du 6 août 1871. — MÉMOIRES, tome VI, 1871, 
pp. 19-22. 

Description d'un gîte de coquilles « situé entre les communes d'Uccle 
et de Calevoet, à peu de distance de la grande route qui relie ces deux 
localités et à environ 200 mètres du croisement du nouveau chemin de 
fer de Bruxelles à Luttre et de ladite route, dans le fond d'une petite 
vallée où coule le petit affluent de la Senne nommé Geleysbeek » . 

Le terrain a présenté la coupe suivante : 1° terre végétale; 2° tourbe, 
2 à 3 mètres; 3° argile marneuse grisâtre, très sablonneuse, avec nom- 
breuses coquilles calcaires, épaisse de 2 à 3 mètres; 4° tourbe. 

Des débris de nature diverse ont été recueillis dans l'argile et dans la 
tourbe qui la renferme, ce sont des dents et des ossements de grands 
animaux, une tête entière de cerf garnie de ses bois, des branches, des 
racines d'arbres, des noisettes, des glands, enfin «quelques débris d'écaillés 
de moule [Mytihis ednlis, L.), peut-être tout à fait récentes ; enfin, un 
objet travaillé grossièrement de main d'homme et paraissant être un 
bouton de vêtement » . 

M. Grégoire donne une « Liste des coquilles de la tourbe de Uccle-lez- 
Bruxelles» .Cette liste renseigne quarante-huit espèces dont quelques-unes 
ont disparu des environs de Bruxelles et ne se retrouvent, sauf en 
quelques points exceptionnels ('), que dans les provinces montagneuses, 
notamment dans celles de Namur et de Liège. « Ce sont particulièrement 
les suivantes : Hélix obvohUa, H. lapicida, H.fruticum, Clausilia lami- 
nata, G. ventricosa, Pupa cylindracea, Cyclostoma elegans. » D'autres 
espèces même paraissent ne plus vivre en Belgique ; ce sont : Hélix 
ruâerata, H. lamellata, Acme fusca. 

Houzeau de Lehaie (A.). — Liste des bryozoaires du poudingue de 
Ciply. — Séance du 3 août 1873. — MÉMOIRES, tome VIII, 1873, 
pp. 36-38. 

Dans cette liste, qui ne comprend pas moins de 111 espèces déterminées, 
M. Houzeau signale, sans lui imposer de nom, un genre nouveau qui 
« différerait des Biflustra principalement en ce que les cellules sont 
groupées autour d'un axe solide, plein, cylindrique ou aplati » . 

Il renseigne également la présence d'une espèce nouvelle de Meandfo- 
pora, genre qui n'avait été rencontré jusqu'ici que dans les terrains ter- 

(•) Par exemple, à Forest, dans le parc de la maison de campagne de M. Mosselman. 
Voir séances des 6 décembre 1863, 5 avril et 3 mai 1868, et 7 octobre 1869. 



MEMOIRES 363 

tiaires. « Le Meandropora ciplyana forme, dit-il, de grandes colonies de 
8 à 10 centimètres, à lames verticales plissées, comme froncées, s'anasto- 
mosant à larges mailles. » 

Hodzeau de Lehaie (A.)- — Note sur les allumons de la Trouille dans 
les environs de Mons. — Séance du 4 avril 1875. — MÉMOIRES, tome X, 
1875, pp. 33-35. 

Description d'une coupe relevée dans l'excavation creusée pour les 
fondations du pont de l'avenue d'Hyon, à 900 mètres sud-sud-est du 
château de Mons, lors des travaux effectués pour la dérivation de la 
Trouille. 

Voici cette coupe : 

1 . Terre végétale m 60 

2. Limon avec quelques parties tourbeuses à la base. . 5 m 20 

3. Tourbe m 40 

4. Sable grisâtre grossier, avec galets de craie . . . m 50 

L'auteur donne une double liste de coquilles trouvées dans le sable 
au-dessous de la tourbe et dans le limon qui la recouvre. Il interprète 
ensuite les divers éléments géologiques et paléontologiques. L'élévation 
successive des obstacles que les gués ont mis à l'écoulement des eaux 
aurait provoqué le ralentissement du cours d'eau et la formation d'une 
suite de marais tourbeux. On rencontre fréquemment dans la tourbe des 
outils de l'âge de la pierre polie et des fragments de bois de cerf travaillés 
qui offrent avec ceux de Spiennes la plus frappante analogie et permettent 
de rapporter à l'âge de la pierre polie l'époque de la formation du dépôt 
tourbeux. 

Jones (T.-Rupert) et Parker (W.-K.). — Notice sur les Foraminifères 
vivants et fossiles de la Jamaïque, par — , membres de la Société royale 
de Londres, etc., suivie de la description d'une espèce nouvelle des 
couches miocènes de la Jamaïque, par H.-B. Brady, membre de la Société 
royale de Londres, etc. — Séance du 2 avril 1876. — MÉMOIRES, 
tome XI, 1876, pp. 91-103. — Avec deux figures dans le texte. 

Les auteurs commencent par rappeler la structure géologique de la 
Jamaïque, où les couches secondaires et tertiaires sont généralement 
parallèles, mais assez inclinées, et plongent dans la mer vers l'est et 
l'ouest, direction de la rangée des principaux plis anticlinaux. 

Le crétacé occupe les parties élevées du pays. Il y est constitué par un 
puissant dépôt connu sous le nom de « calcaire à Hippurites », qui con- 
tient en abondance des Foraminifères du groupe des Orbitoïdes. 

Les Foraminifères sont rares dans les dépôts éocènes qui les recouvrent, 
mais dans les dépôts miocènes qui se présentent ensuite, on les trouve en 



304 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DK BELGIQUE 

abondance. La couche qui les contient a été nommée « calcaire nodu- 
leux à Orbitoïdes » . 

Les Nummulina, les Orbitoides et les Ueterostegina de cette couche se 
retrouvent dans le sud de l'Europe et dans l'Inde, « tandis que, aux 
environs, dans le continent américain, les Numinulites paraissent man- 
quer complètement et que le genre Orbitoïdes n'y est représenté (dans 
l'Alabama) que par une seule espèce : Y Orbitoides Mantelli, Morton, qui, 
d'après les observations de M. H.-J. Carter, s'observe aussi dans les Indes 
orientales » . 

L'étude des fossiles de la Jamaïque et, en général, de ceux de l'archipel 
des Caraïbes établit l'existence d'étroites affinités entre la faune de cette 
partie du globe et celle des couches miocènes de Malte, du bassin de 
Vienne, etc. 

D'après M. Guppy, il devait exister pendant le commencement et vers 
le milieu de la période tertiaire « certaines connexions entre les côtes 
orientale et occidentale de l'Atlantique permettant la migration des êtres 
organisés d'une région vers l'autre. Cette connexion n'implique cependant 
pas nécessairement la réunion totale des deux continents » . Le professeur 
Duncan pense « que la migration des espèces s'est opérée ou plutôt s'est 
trouvée facilitée au moyen d'une succession d'îles » . Les grandes profon- 
deurs de l'océan n'existaient donc pas encore à cette époque. 

M. Brady pense que le mouvement de migration s'est effectué de l'ouest 
vers l'est. M. H. -M. Jenkins est d'avis que la faune miocène européenne 
a émigré, au contraire, à l'est vers le Japon et Java; mais cette manière 
de voir ne se trouve pas confirmée par l'étude de la distribution des 
Nummulites. 

L'examen de divers spécimens de roches de la Jamaïque permet aux 
auteurs d'avancer que, contrairement h ce qui se voit généralement en 
Europe, les Orbitoides et les Nummulina se trouvent réunies dans les 
mêmes couches tertiaires. Il en est do même à la Trinité, à Antigoa, 
ainsi que dans les dépôts tertiaires de l'Inde et dans ceux de Bornéo et de 
Sumatra. Dans ces cas, les Nummulines, rares et faiblement développées 
ne peuvent, comme en Europe, servir de fossiles caractéristiques. 

Les auteurs donnent ensuite, en l'accompagnant de détails, une liste de 
Foraminifères fossiles de la Jamaïque recueillis par MM. G. -P. Wall et 
Chiltyard, puis une liste des Foraminifères de la Jamaïque recueillis par 
M. Lucas Barrett, indiquant le degré d'abondance ou de rareté des repré- 
sentants de chaque espèce, ainsi que la plus grande dimension en hauteur 
ou en diamètre des échantillons récoltés, liste dans laquelle il distingue 
les échantillons des dépôts tertiaires et les espèces vivantes. 

Parmi ces dernières, se trouve une espèce nouvelle que les auteurs 



MÉMOIRES 365 

dédient à M.Bavrett et qu'ils figurent : la Textularia Bareltii. L'étude des 
matériaux qu'il leur a été donné d'examiner permet de « reconnaître les 
relations étroites qui existent entre la faune des dépôts actuels de profon- 
deur moyenne et celle de la couche tertiaire ( x ) indiquée sous le nom de 
« marnes à Ptéropodes » . Cette dernière contient seize espèces de mol- 
lusques qui se retrouvent dans les mers environnantes, trois genres de 
Ptéropodes et treize espèces de Foraminifères indiquant une profondeur 
d'au moins 100 brasses. Il résulte de ces diverses observations « qu'un 
relèvement de 600 à 1,000 pieds a dû s'opérer à la Jamaïque à une époque 
relativement récente et, en tous cas, postérieure au dépôt de couches 
pliocènes » . 

En appendice, on trouve une liste des mollusques, etc., miocènes de la 
Jamaïque, d'après M. R.-J.-L.Guppy, comprenant 71 espèces de Gastéro- 
podes, 1 Ptéropode, 27 Conchyfères, 1 Polyzoaire, 1 Articulé et 2 Échi- 
nodermes, puis une liste de 21 coraux miocènes de la Jamaïque, d'après 
M. R. Etheridge. 

En annexe, figure la Description d'une nouvelle espèce de Foraminifère 
de la Jamaïque, par H.-B. Brady. Le Tinoporus pilaris découvert dans 
le calcaire miocène, à quelques milles à l'est de Kingston, dans la gorge 
de la rivière Hope. 

Kroyer (D 1 ' H.), voir : Môrch (O.-A.-L.). — Catalogue des mollusques 
du Spitzberg recueillis par le — , pendant le voyage de la corvette la 
Recherche en juin 1838. — MÉMOIRES, tome IV, 1869. 

Lallemant (Charles). — Acclimatation constatée des HELIX VER- 
MICULA TA et CANDIDISSIMA dans le nord de la France. — Séance 
du 7 janvier 1866. — MÉMOIRES, tome II, 1866-1867, pp. 13-14. 

L'auteur rapporte qu'il a déposé à Jaulyonne sur les bords de la Marne, 
au mois de juillet 1859, des Hélix candidissima, d'Alger, et des Ilelix 
vermiciùlata, de Marseille, et qu'il a constaté dans le courant de l'année 
1865 l'existence de centaines d'échantillons de ces espèces vivant en 
compagnie de Y Hélix aspersa dans les anfractuosités des rochers et sur 
les plantes. La différence de l'air de la région méditerranéenne et de 
celui des bords de la Marne, jointe à la différence de climat, donne de 
l'intérêt à ce fait d'acclimatation et engage l'auteur à attribuer au choix 
du milieu une grande importance pour la réussite des expériences de ce 
genre. 

Lallemant (Charles). — Malacologie des environs d'Alger. — Séances 
du !<* décembre 1867 et du 6 décembre 1863. - MÉMOIRES, tome III, 
1868, pp. 15-61. 

(') Pliocène. 



366 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Résultat d'explorations faites à toutes les époques de l'année pendant 
un séjour de treize ans à Alger. 

M. Lallemant commence par un aperçu géologique, très concis et très 
intéressant, sur Alger et ses environs; il consacre un court chapitre à la 
climatologie et prévient qu'au point de vue bibliographique, il passera 
sous silence les notes et observations publiées dans des recueils pério- 
diques, mais qu'il indiquera pour chaque espèce les auteurs et les obser- 
vations utiles. Il cite cependant une liste de naturalistes qui ont spécia- 
lement exploré Alger et ses environs. 

La liste qu'il donne des mollusques de cette provenance est enrichie 
d'observations curieuses sur l'habitat, les mœurs, etc., des espèces sui- 
vantes : Limax gagates, Testacelïa Fischeriana, Succinea debilis, Zonites 
aclilyopliilus, Z. candidissimus, Hélix aperta, H. aspersa, H. zapharina, 
H. lactea, H. psara, H. lineata, H. lauta, H. pisana, H. explanaia, 
H. barbara, H. acata, Bulimus decollatus, Ferussacia Vescoi, F. eremio- 
pliila, Pupa Brondeli, Glandina Algira, Physa conforta, Limnœa trun- 
catula, Hydrobia nana, Melanopsis prmmorsa, Neritina fluviatilis. 

M. Lallemant termine son travail par l'indication des localités qu'il n'a 
pu explorer suffisamment et qui permettent d'espérer que des recherches 
y seraient fructueuses. 

Lanzwbert (Edouard). — Liste de zoophites et de mollusques inférieurs 
(tuniciers et bryozoaires) du littoral belge. — Séance du 6 décembre 1868. 
— MÉMOIRES, tome III, 1868, pp. 113-126. 

Le travail de M. Lanzweert est le résultat de quinze années de 
recherches. Les ouvrages consultés sont ceux d'EUis (1756), de Westen- 
dorp (1843), de Van Beneden et du D r Herklots. Les recherches de Kickx, 
du D r Ch. Van Bambeke et de Mac Leod ont été également mises à profit. 
La classification suivie est celle de Claus. 

M. Lanzweert cite 5 Tuniciers, 31 Bryozoaires, 3 Holothurides, 7 Échi- 
nides, 5 Astérides, 4 Cténophores, 61 Hydroméduses, 12 Anthozoaires, 
3 Éponges, 1 Rhizopode. 

Le Comte (Théophile), voir : Brusina (Spiridion). — Monographie des 
CAMPYL/EA de la Balmatie et de la Croatie. {Traduit de V italien, sur 
V original, par -.) - MEMOIRES, tome IV, 1869. 

Le Comte (Théophile). — Notice sur un dépôt moderne de coquilles 
terrestres et fluviatiles dans la vallée de la Dendre. — Séance du 5 mars 
1871. — MÉMOIRES, tome VI, 1871, pp. 7-10. 

L'auteur commence par rappeler diverses découvertes faites le long de 
la Dendre: 

1° A Denderleeuw, à quelques centaines de mètres du lit de la Dendre, 



MEMOIRES 367 

sur la rive gauche de la rivière, on a trouvé entre 4 et 5 mètres de pro- 
fondeur, d'immenses troncs d'arbres d'un mètre de diamètre; des cornes 
de cerf, des quantités de coquilles terrestres et fluviatiles telles que Hélix 
nemoralis, Limnœa stagnalis, L. miricidaria, L. limosa; 

2" A Rebaix, à plus d'un kilomètre de la rivière, on a découvert, à 
5 mètres environ de profondeur, tout un buisson bien conservé au pied 
duquel se trouvait une quantité de mollusques, les mêmes qu'à Dender- 
leeuw ; 

3° A Papignies, au fond des fossés creusés dans les prairies le long' de 
la Dendre, M. Fontaine a constaté la présence de dépôts semblables; 

4° En février 1869, des fouilles entreprises par MM. Fontaine et 
Le Comte dans une prairie à Papignies, à 200 mètres environ de la 
Dendre, ont atteint, à 2 mètres de profondeur, la couche de coquilles 
subfossiles. Reprises au mois d'octobre avec M. Colbeau, les recherches 
ont permis de lever la coupe suivante : 1° alluvion, 1 1/2 à 2 mètres; 
2° couche d'une couleur blanc de chaux, composée presque entièrement 
de coquilles et de débris de coquilles, 80 centimètres; 3° tourbe ou débris 
de végétaux, 20 à 25 centimètres. Quarante-six espèces de mollusques, 
dont M. Le Comte donne la liste, ont été extraites de la couche n° 2. 
Vertigo Moulinsiana n'avait pas encore été observée en Belgique. Clau- 
silia plicatula est peu répandue dans le pays. Valvata piscinalis diffère 
des individus qui vivent actuellement dans les mêmes localités et qui 
sont de taille plus petite et à spire plus élevée. 

Lefèvre (Théodore), voir : Davidson (Th.). — Qu'est-ce qu'un Bra- 
chiopode? (Mémoire inédit traduit de l'anglais par — .) — MÉMOIRES, 
tome X, 1875. 

Lefèvre (Théodore), voir : Vincent (Gérard). — Note sur la faune 
laekenienne (') de Laeken, de Jette et de Wemmel par G. Vincent et — . 
— MÉMOIRES, tome VII, 1872. 

Lefèvre (Théodore), voir Watelet (Adolphe). — Note sur des Ptéro- 
podes du genre SPIRIALIS découverts dans le bassin de Paris par 
A. Watelet et — . - MÉMOIRES, tome XV, 1880. 

Lefèvre (Théodore). — Une anomalie observée chez le PECTEN 
CORN EUS, Sow. - (Planche IV.) — Séance du 7 décembre 1873. — 
MÉMOIRES, tome VIII, 1873, pp. 73-76. — Avec une planche. 

Description de coquilles recueillies dans les sables laekeniens de 
Wemmel (*) et se distinguant du type en ce que « la surface extérieure des 
valves est sillonnée par un cercle ordinairement régulier qui sépare la 
coquille en deux parties inégales, dont l'une, normale, se rapporte à la 

(') Actuellement wemmelienne. — ( 2 ) Actuellement wemmelieu. 



368 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

description des auteurs..., l'autre, la partie inférieure, montrant, de 
nombreuses petites squammes irrégulièrement rayonnantes en partant de 
la direction du sommet pour aboutir au bord de la coquille » . 

Sans vouloir rechercher les causes de cette anomalie, l'auteur tend a 
l'attribuer à une maladie du manteau. Jetant alors un coup d'oeil sur la 
répartition des Pecten dans les formations géologiques et sur leurs carac- 
tères spécifiques, il constate que la plupart des espèces de ce genre sont 
ornées de côtes, et conclut que l'anomalie signalée par lui « pourrait être 
considérée comme une tendance au retour vers un des caractères primor- 
diaux et presque constants du genre » . 

Lefèvre (Théodore). — Recherches pcdèonlologiques. — Les grandes 
espèces d'Ovules des terrains éocènes. — Description de l'Ovule des envi- 
rons de Bruxelles. — OVULA (Strombus) GIGANTEA, Mûnst, sp. — 
(Planches III-VI1I.) — Séance du 2 juin 1878. — MÉMOIRES, tome XIII, 
1878, pp. 22-51. — Avec six planches. 

Le but que M. Lefèvre avait premièrement en vue était de démontrer 
que la coquille appartenant au genre Ovule et provenant des sables calca- 
rifères du système bruxellien de Dumont a été identifiée à tort avec 
Y Ovula Gisortia.ua, Val., du calcaire grossier inférieur de Chaumont et 
de Gisors dans le bassin de Paris. 

Mais s'étant aperçu dans le cours de ses recherches que YO. gigantea, 
n'avait jamais été décrite d'une façon complète et que les figures qui 
en ont été publiées étaient inexactes et insuffisantes, M. Lefèvre s'est 
appliqué à combler cette lacune. Il a même joint à son travail des dessins 
d'espèces connues et d'une espèce récemment décrite par MM. Hébert et 
Munier-Chalmas, afin de donner une monographie du genre. Les indi- 
vidus décrits jusqu'à présent sont peu nombreux, dit-il, et ont été rap- 
portés aux espèces suivantes : Ovula Oisortiana, 0. tubercidosa, 0. Combii, 
0. Bellardii. M. Lefèvre donne un court résumé de l'historique du genre 
et fait observer, à ce titre, que les coquilles qui le composent sont classées 
parmi les Cyprées dans le Musée de l'École des mines à Paris. 

M. Lefèvre aborde ensuite l'étude de Y Ovula (Strombus) gigantea, 
Mûnst, sp. Après eu avoir dressé une synonymie qui montre que ce fos- 
sile a été classé parmi les Cônes et les Strombes, et qu'il a été confondu 
avec les Ovtda tuberculosa et Gisortiana, M. Lefèvre expose au lecteur 
ses recherches bibliographiques. Elles nous apprennent, chose curieuse, 
que ni Burton, ni Galeotti, ni M. Nyst en 1843, n'ont eu connaissance de 
l'existence de cette espèce en Belgique. Sa découverte est due au capitaine 
Seghers, qui explora l'un des premiers le gisement de Forest et la signala 
à la Société malacologique en 1865 sous le nom de Strombus giganteus. 

Dans les listes publiées par M. Nyst dans la géologie de d'Omalius et 



MEMOIRES 369 

dans le Prodrome d'une description géologique de la Belgique, par M. De- 
walque, elle figure sous le nom à! Ovula Gisortiana. 

MM. Ortlieb, Vincent et Rutot ont commis la même erreur. 
Sans pouvoir entrer ici dans tous les détails que donne M. Lefèvre sur 
la découverte de cette espèce à l'étranger, nous dirons que M. Fuchs, 
en 1869, dans son catalogue détaillé de la faune éocène de Kalinowka, 
en Crimée, a renseigné et figuré un moule de coquille identique à 
celui des environs de Bruxelles et qu'il l'a rapporté à YOvula gigantea, 
Munster, sp. 

M. Lefèvre a eu soin de faire reproduire ces dessins et de les joindre à 
son mémoire. 

Il donne ensuite la description des individus recueillis à Forest, et de 
ceux du Kressenberg, en Allemagne, en s'occupant spécialement de leurs 
dimensions ainsi que des rapports et des différences de l'espèce avec 
YO. Gisortiana et YO. Coombii, puis il traite la question du gisement. 

En Belgique, on ne connaît que deux gîtes (YOvula gigantea, h Forest 
et à Mariemont, où M. Briart vient d'en faire la découverte. L'un et l'autre 
appartiennent au système bruxellien. 

En France, on la trouve « dans le calcaire grossier de Compiègne et de 
Laon, où elle a été jusqu'ici assimilée h YOvula Gisorliana, et citée ainsi, 
par erreur, d'un grand nombre de points différents du bassin de Paris » ; 
dans le département du Nord, dans le bruxellien et aussi dans le laeke- 
nien, suivant M. Ortlieb, ce qui demande confirmation; en Russie, dans 
les couches éocènes; dans la haute Bavière, parmi les fossiles du Kressen- 
berg, que M. Renevier rapporte à la faune bruxellienne; en Italie, à Bren- 
dola, dans les couches de Priabona, et h Lonigo, dans le Vicentin. 

« En résumé, dit M. Lefèvre, nous basant sur les connaissances 
acquises, nous pouvons conclure que, dans les régions de l'Europe cen- 
trale, YOvula gigantea est propre à l'éocène moyeu, époque à la fin de 
laquelle elle a émigré vers le sud, où elle est représentée dans l'éocène 
supérieur par une variété que nous désignons sous le nom de var. 
Hôrnesi. » 

A la suite de considérations sur les migrations des êtres organisés, sur 
les conditions d'existence et de milieu et sur les causes de la difficulté de 
classement de certains gisements, l'auteur expose de la manière suivante 
son opinion sur l'évolution des grandes ovules. 

« Les grandes espèces du genre Ovula sont, dans une grande partie 
de l'Europe, propres à l'éocène inférieur et à l'éocène moyen; pendant 
l'époque suivante ou de 1 eocèno supérieur, elles sont reléguées dans le 
Vicentin; après quoi, elles semblent avoir totalement disparu de notre 
continent. » 

1880 24 



370 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Ovula gigantea, var. Hôrnesi. 

Sous ce nom, l'auteur décrit une coquille que MM. Hébert et Munier- 
Chalmas considèrent comme une espèce distincte sous le nom de 0. H'ôr- 
nesi, mais dont ils n'ont donné ni description ni figure. 

Cette variété a été trouvée dans le Vicentin à Lonigo et à Vito-di- 
Brendola, dans l'éocène supérieur (couches de Priabona). 

Ovula Gisortiana, Valenc. 

Espèce trouvée à Cbaumont, à Gisors, au Vivray dans le calcaire 
grossier mov en (éocène inférieur). Diagnose latine et description. 

Ovula tuberculosa, Duclos. 

Diagnose latine. Références. Les localités indiquées sont : Rétheuil, 
La Versine, Cuise, Saint-Gobain-Laon. 

Le gisement est dans les sables inférieurs. Horizon de Cuise-Lamotte 
(Watelet). 

Espèce fort rare dans le bassin de Paris, où elle est propre aux sables 
inférieurs du Soissonnais. Reproduction des descriptions de Deshayes et 
de Duclos avec observations critiques. 

M. Lefèvre joint à son travail les dessins des spécimens figurés par ces 
auteurs, afin de montrer que l'espèce varie considérablement d'un échan- 
tillon à l'autre. 

Ovula Coombii, Sow. 

Diagnose latine, d'après Edwards. — Synonymie. 

Cette espèce a été trouvée à Bracklesham, dans l'éocène moyen. Pri- 
mitivement rapportée à YOvula (cyprœa) tuierctdosa, elle en a été 
séparée par Sowerby en 1850. M. Lefèvre reproduit la description donnée 
par Sowerby et celle qui a été donnée par Edwards, et qui en est un peu 
différente. En attendant que l'on trouve des passages reliant YO. Coombii 
des couches de Bracklesham à YO. tulerculosa des sables inférieurs, 
M. Lefèvre déclare partager l'opinion de Sowerby et de Deshayes, qui 
séparent nettement les deux coquilles. 

Ovula Hantkeni. 

Espèce découverte par M. Munier-Chalmas dans les calcaires de Monte- 
Postale et dans les lignites de Monte-Pulli, gisement appartenant à 
l'éocène moyen. 

La description que M. Lefèvre donne de ce fossile lui est propre. Les 
figures qui accompagnent son travail lui ont été communiquées par 
M. Munier-Chalmas et représentent l'un des spécimens des collections de 
la Sorbonne qui étaient exposés à l'Exposition universelle. 
Ovula Bellardii, Desh. 

Espèce trouvée à La Palarea (comté de Nice) dans le calcaire nummu- 
litique à Nummulites perforata, et décrite par Deshayes dans le catalogue 



MÉMOIRES 37 1 

raisonné des fossiles nummulitiques du comté de Nice par le professeur 
Bellardi. 

Lefèvre (Théodore). — Note sur le BULIMUS ELLIPTICUS, Sow., 
fossile des calcaires de Bembridge, île de Wight. — (Planche VII.) — 
Séance du 6 décembre 1879. — MÉMOIRES, tome XIV, 1879, pp. 32-37. 
— Avec une planche. 

Après quelques considérations sur le genre Bulime et sur sa répartition 
dans les diverses couches du terrain tertiaire qu'il ne dépasse pas, 
M. Lefèvre reproduit d'après Edwards la liste des pulmonés terrestres et 
fluviatiles du calcaire de Bembridge. L'étude des fossiles de ce niveau lui 
a fait reconnaître que la description du Bulimus elliplicus rédigée par 
l'auteur précité ne pouvait convenir au magnifique échantillon qui fait le 
sujet de sa note. Cet exemplaire est parfaitement adulte, tandis que les 
figures données par Edwards représentent des individus jeunes ou n'ayant 
pas atteint leur complet développement. La description due à Sowerby 
étant encore plus insuffisante que celle d'Edwards, M. Lefèvre croit utile 
de remplir la lacune laissée par les deux paléontologistes anglais. 

Après une synonymie renseignant les ouvrages publiés de 1822 à 1856, 
il indique les localités, appartenant toutes à l'oligocène moyen, où l'espèce 
a été recueillie, puis les caractères spécifiques constants, les caractères 
spécifiques variables dans le jeune âge et dans l'état adulte, et enfin les 
dimensions de la coquille. Il finit en reproduisant la traduction de la 
description originale d'Edwards. 

Lefèvre (Théodore) et "Watelet (Ad.). — Additions à la faune ter- 
tiaire du bassin de Paris. Description de deux Solens nouveaux. — 
(Planche I.) — Séance du 7 octobre 1877. — MÉMOIRES, tome XII. 
1877, pp. 29-36. — Avec une planche. 

Après une dissertation sur l'époque de l'apparition du genre Solen, les 
auteurs donnent un tableau des Solens tertiaires du bassin de Londres, 
extrait d'un grand travail de M. Etheridge, et le font suivre d'un tableau 
des espèces tertiaires de Belgique. Ils émettent ensuite des doutes sur 
l'existence de Solen ensis dans les marnes de Hénis, d'où ce fossile est 
cité par Bosquet, et font remarquer que le genre même n'existe pas dans 
le rupélien. Le système bruxellien en renferme deux espèces. MM. Vin- 
cent et Lefèvre possèdent de beaux exemplaires provenant de Wemmel. 
Sauf le Solen oMiquus, décrit par Sowerby, ces espèces se rapportent 
toutes à des espèces du bassin de Paris décrites par Deshayes. 

Les auteurs décrivent ensuite le Solen Laversinensis, Lef. et Wat., 
découvert à Laversine (Aisne) dans les sables inférieurs, horizon de 
Cuise, qu'ils considèrent comme l'ancêtre du Solen oMiquus du calcaire 
grossier, et le Solen Laubrierei, Wat. et Lef., d'Essomes (Aisne), décou- 



372 SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE 

vert dans le calcaire grossier. Un tableau des espèces du genre Solen du 
bassin de Paris termine ce travail. 

Le Hon (Le major H.)- — Description de deux espèces de coquilles 
fossiles du système laekenien ('). — (Planche I.) — Séance du 4 décembre 
1870. — MÉMOIRES, tome V, 1870, pp. 7-11. — Avec une planche. 

Description du Cardium Honii, Nyst, de Laeken et de Jette. Note 
sur la Panopœa intermedia, Sow., de Laeken, précédemment décrite par 
M. Nyst comme nouvelle sous le nom de P. Honii, et rapprochée alors 
de la P. corrugata, Dixon, à laquelle elle se rapporte réellement ( 2 ), 
dit-il, et de la P. inler média, Sow. 

A ce travail se trouve joint le Rapport de M.. H. Nyst sur la notice de 
M. Le Hon, intitulée : Description de deux espèces de coquilles fossiles du 
système laekenien. 

M. Nyst y rappelle que les coquilles en question ont déjà été décrites 
en 1862 par M. Le Hon et par lui-même dans leurs Descriptions suc- 
cinctes de quelques nouvelles espèces animales et végétales fossiles des 
terrains éocènes des environs de Bruxelles. 

Malaise (Constantin). — Excursion annuelle de la Société malacolo- 
gique de Belgique. Rapport sur V excursion dans les environs de Virton 
(province de Luxembourg) du 15 au 17 septembre 1872. — Séance du 
1 er décembre 1872. — MÉMOIRES, tome VII, 1872, pp. 95-107. 

M. Malaise commence par donner les divisions du terrain jurassique 
admises par d'Omalius dans son Précis élémentaire de géologie (1868), 
et celles admises par M. Dewalque dans son Prodrome d'une descrip- 
tion géologique de la Belgique (1868). Il relate ensuite l'exploration 
des schistes d'Ethe; des grès de Virton, dans la tranchée située au 
nord de l'église d'Ethe ; des grès de Luxembourg, près des Forges de 
la Claire-Eau et celle des grès de Virton étudiés en retournant d'Ethe 
à Virton. Pour chacune des assises observées, il énumère les fossiles 
recueillis pendant l'excursion. 

Le 16, la Société se rend à Ruette et explore la colline située au sud- 
est de cette localité. Le schiste et la marne de Grand-Cour y contiennent de 
nombreux fossiles. On explore ensuite le macigno d'Aubange, également 
très fossilifère, et l'on constate qu'il est recouvert par le schiste et par la 
marne de Grand-Cour. La superposition s'observe dans le chemin de Saint- 
Remy à Grand-Cour. 

Les remarques suivantes portent sur la limonite oolithique de Mont- 
Saint-Martin, sur le calcaire deLongwy, qui contient de nombreux fossiles, 

( 1 ) Ces fossiles proviennent du système xjoemmelien. 

( 2 ) Cette espèce paraît se rapporter à la P. Heberti, Bosq. 



MÉMOIRES 373 

malheureusement incrustés pour la plupart, et sur le schiste et la marne 
de Grand-Cour, dont il a été question déjà plusieurs fois. 

Le troisième jour, les excursionnistes se rendent à Orval. Ils étudient 
les grès de Luxembourg, près des forges de Berchiwez, puis les grès de 
Virton, en remontant la côte vers Nichampsart. Entre Gérouville et Limes, 
ils observent quelques fossiles dans des carrières de grès de Luxembourg, 
puis ayant dépassé les magnifiques ruines d'Orval, ils recueillent divers 
fossiles dans des carrières situées au nord de Villers-devant-Orval,où l'on 
exploite le grès de Luxembourg. 

t Nous avons eu l'occasion, dans la présente excursion, dit M. Malaise, 
de voir une partie du terrain jurassique que Ton trouve en Belgique. Dans 
le système liasique, nous avons partiellement exploré les grès de Luxem- 
bourg, dans le lias inférieur ; tout le lias moyen (grès de Virton, schiste 
d'Ethe, macigno d'Aubange) et supérieur (marne et schiste de Grand- 
Cour). Dans le système bathonien, nous avons observé le calcaire de Lon- 
gwy de l'étage bajocien. Nous avons pu récolter les fossiles caractéris- 
tiques de ces diverses assises. » M. Malaise prévient qu'il n'a mentionné 
que les espèces recueillies pendant l'excursion et engage à se méfier des 
indications relatives à la provenance des fossiles achetés. 

Matthew (G. -F.). — Note sur les mollusques de la formation post- 
pliocène de VAcadie. {Traduction du manuscrit anglais par Armand 
Thielens.) — (Planche I.) — Séance du 12 avril 1874. — MÉMOIRES, 
tome IX, 1874, pp. 33-50. — Avec une planche en partie coloriée. 

Le but de ce travail est de suppléer à ce que deux savants géologues, 
le D r Dawson et le D r Packart, ont dit des dépôts post-pliocènes de 
l'Acadie. « L'histoire de cette période dans le nord-est-nord de l'Amé- 
rique du Nord commence avec la translation d'énormes masses de 
glaces recouvrant la surface de la contrée du nord au sud. A chaque 
point où les roches solides ont été mises à nu, des stries ou entailles 
profondes et régulières attestent la puissance et l'universalité de cette 
force de frottement. » Pour M. Dawson, ces rainures et le èoulder 
clay (argile àblocaux) qui forme la base du dépôt sont dus à l'action de 
glaces transportées par les eaux, tandis que M. Packart y voit le résultat 
du mouvement d'un énorme glacier continental qui descendait vers le 
midi à travers le Canada et la Nouvelle-Angleterre. M. Matthew pense 
que l'une et l'autre de ces causes se sont produites en Acadie. Il décrit 
ensuite les dépôts qui se sont effectués dans la contrée, savoir : le bovlder 
clay et le « dépôt remanié (modificd drift) » qui le recouvre. Ce dernier 
a été étudié par M. Dawson dans la vallée du Saint-Laurent et divisé en 
Leda clay (argile à Leda) et en Saxicava sand (sable à Saxicava). En 
Acadie, ce dépôt présente trois termes. Le Leda clay y est séparé du boni- 



374 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

der clay par des sables graveleux stratifiés et des cailloux polis. Ces sables 
contiennent à la partie inférieure des bandes irrégulières de boulder clay 
alternant avec des couches sableuses, mais l'ensemble de ce groupe se dis- 
tingue du boulder clay type par l'absence d'argile et par son caractère 
stratifié. M. Matthew voudrait leur donner le nom de couches syrten- 
siennes. Elles sont sans fossiles et passent, vers le haut, aux couches du 
Leda clay lorsque ce dernier est présent. Celui-ci est fossilifère le long des 
côtes de la baie de Fundy et en quelques autres points. 

M. Matthew énumère les espèces que Ton y a observées et indique les 
zones de profondeur auxquelles ces espèces appartiennent et les localités 
d'où elles proviennent. Cette liste fait mention des espèces suivantes : 
JVeptunea tornata, Sipho Kroyeri, Buccinum undatum, B. tenue, 
B. glaciale, B. Groenlandicum, B. Donovani, Lacuna neritôïdea, Lunatia 
héros, L. héros, var. Chalmersi, variété nouvelle décrite ici par 
M. Matthew ; Natica affinis, Bêla turricula, B. harpularia, Pecten Islan- 
dicus, P. tenuicostatus, P. tenuicostatus var. ? Yoldia sapotilla, Port- 
landia glacialis, Leda minuta, L. permuta, Nucula tennis, N. expansa, 
Modiolaria discors? Mytilus edulis, Oryptodon sp. ? (voisin du 
C.Jlexuosus), Kellia suborbiculata, Serripes Oroenlandica, Cardium pin- 
nnlatum, Astarte arctica, var. lactea, A. compressa, A. Banksii, Spisula 
solidissima, Macoma fusca et var. Groenlandica, M. calcarea, Pandora 
glacialis, Lyonsia arenosa, L. Norvegica, Mya truncata et var. Uddeva- 
lensis, M. arenaria et var. acuta, Saxicava rugosa et var. arctica, 
Lepralia hyalina, Membranipora pilosa, Cellepora pumicosa. M. Matthew 
s'applique, à l'aide des données fournies par l'étude de cette liste, à 
rechercher l'état ancien de la contrée et les transformations qu'elle a 
subies, et arrive, à l'aide des indications fournies par les localités des 
fossiles, à les diviser, au point de vue géographique, en deux groupes dont 
l'un possède un caractère plus arctique que l'autre. 

Comme conclusion, il finit par donner le résumé suivant de la vie 
marine pendant la formation post-pliocène en Acadie : 

« Boulder -clay [argile à blocaux). — Dépression sous l'océan d'environ 
2,500 à 1,000 pieds. Faune chétive et entièrement composée de formes 
arctiques. 

« Syrtensian Beds (couches syrtensiennes). — Dépression de 1,000 à 
500 pieds. Vie probablement très limitée. — Courant océanique puissant. 

« Loiver Leda clay (argile à Leda inférieure). — Dépression de l'argile 
compacte (inférieure) de 500 à 200 pieds; de l'argile foncée (supérieure) 
de 200 à 100 pieds. Les couches les plus anciennes renferment quelques 
espèces des eaux profondes; les couches les plus récentes dénotent une vie 
marine abondante. 



MÉMOIRES 375 

« Upper Leda clay (argile à Leda supérieure). — Dépression de 100 à 
60 pieds. Vie moins développée que dans les eaux de l'argile inférieure, 
les eaux étant sujettes à de plus grands troubles. 

« Saxicava sand {sables à Saxicava). — Dépression de 60 à 40 pieds 
au moins. Toutes les espèces de mollusques sont littorales. » 

Le mémoire est accompagné d'une planche donnant deux coupes géolo- 
giques : 1° Dépôts post-pliocènes des vallées de Nerepis et de Douglas, 
Nouveau-Brunswick; 2° dépôts post-pliocènes de Saint-John, Nouveau- 
Brunswick. Les figures des coquilles suivantes s'y trouvent également 
représentées : Buccinum Groenlandicum? Lunatia héros, var. Ghalmersi; 
Spisula solidissima, var. Acadica; Cryptodon sp.? 

Miller (Henry). — Considérations sur rétablissement des aquariums. 
— (Planche 1). — Séance du 7 janvier 1866. — MÉMOIRES, tome II, 
1866-1867, pp. 15-27. — Avec une planche coloriée. 

L'auteur rappelle la loi dont la découverte a fait naître l'idée de cons- 
truire des aquariums et pose le problème qu'ils sont appelés à résoudre. 

Théodore de Saussure, Priestley et d'autres, ayant étudié la respiration 
des végétaux, ont constaté les faits suivants : absorption par la plante de 
l'acide carbonique, décomposition par la lumière solaire de l'acide carbo- 
nique, et, comme conséquence de cette réduction, fixation du carbone et 
expiration d'une grande partie de l'oxygène : « On connaissait déjà la loi 
analogue, mais en sens inverse, qui préside à la respiration des animaux ; 
ils absorbent de l'oxygène et expirent de l'acide carbonique. Lorsque, de 
ces deux vérités réunies, combinées, on vit jaillir comme un trait de 
lumière la grande loi qui régit l'hygiène du monde entier, il y eut comme 
une explosion d'admiration. » On voulut la vérifier, et arriver, en mettant 
en contact des végétaux et des animaux aquatiques, à produire le phéno- 
mène éternel dont il vient d'être parlé. Mais pour que ce phénomène 
s'accomplisse, il faut certaines conditions dont l'absence amènerait inévi- 
tablement la disette d'oxygène et l'accumulation de l'acide carbonique, 
entraînant la maladie des animaux, puis leur mort. L'emploi d'appareils 
d'aération fort coûteux est resté inefficace, car ils n'enlèvent pas la moindre 
parcelle d'acide carbonique. 

La disette d'oxygène dans les aquariums est bien connue, dit M. Miller, 
« mais on n'a pas signalé l'accumulation simultanée de l'acide carbonique; 
or, cette accumulation n'est que le corollaire de la disette d'oxygène. Ce 
sont les résultats naturels, inévitables, de la respiration imparfaite des 
végétaux » . S'attachant alors à l'étude des conditions nécessaires pour 
l'existence des végétaux, d'après les expériences récentes de MM. Garreau, 
Ch. Mène et Edm. Robin, il constate que non seulement à l'obscurité, mais 
encore à la lumière diffuse, qui est précisément celle des aquariums, les 



376 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

plantes absorbent de l'oxygène et expirent de l'acide carbonique, et 
deviennent ainsi « impuissantes à rétablir l'équilibre des deux gaz, dont 
dépend en grande partie l'hygiène de l'ensemble » . M. Miller fait 
voir combien la lumière est nécessaire aux plantes, par suite de son 
influence sur les éléments qui entrent dans leur composition. Il rappelle 
combien l'importance de leur rôle « est grande dans la nature, puisqu'elles 
ne se bornent pas h absorber l'acide carbonique exhalé par les animaux, 
mais encore à détruire, par suite de l'exhalaison de l'oxygène constitué à 
l'état d'ozone sous l'action de la lumière directe, les exhalaisons fétides 
provenant des matières en décomposition » . 

Des machines ne peuvent amener ce résultat dans un aquarium, quoique 
l'on ait fait de grands efforts pour arriver à ce but. Dans les grands 
aquariums de Paris et de Hambourg, les principaux appareils sont la 
citerne souterraine et le filtre, puis en seconde ligne, les pompes, les 
tuyaux, etc., destinés à les faire fonctionner. « On donne à la citerne 
souterraine, dit M. Miller, de grandes dimensions (celle de Hambourg 
contient 45,000 litres), afin que l'eau puisse y séjourner un temps assez 
considérable avant que son tour arrive d'être repoussée et ramenée dans 
le réservoir. En s'échappant de ce dernier par des trop-pleins, elle passe, 
par des litres interposés sur sa route, vers la citerne. Tels sont les appa- 
reils et leurs fonctions. » Le système est mauvais, suivant l'auteur, car il 
a pour premier résultat de détruire les animalcules qui se trouvent à 
foison dans toutes les eaux exposées à l'action du soleil et d'épuiser de sa 
partie substantielle et nutritive l'eau de l'aquarium. 

On devra donc nourrir ses habitants ; mais comment nourrir des 
bivalves? Or, les filtres mécaniques sont inutiles, car les moules, les 
huîtres, les anodontes, les unios, les cyclas, dont l'action ressemble à 
celle d'une pompe aspirante et foulante, sont précisément autant de filtres. 
En résumé, les machines font plus de tort que de bien dans un aquarium. 
Passant alors à l'examen des conditions nécessaires pour assurer l'équi- 
libre indispensable à l'existence des animaux et des végétaux, M. Miller 
dit que la première condition est d'exposer l'aquarium en plein air aux 
rayons directs du soleil pour assurer la parfaite aération de l'eau, mais il 
en résulte que, pour empêcher la température de celle-ci de s'échauffer 
trop aux rayons ardents du soleil et de devenir trop basse pendant la nuit, 
il faudra entourer l'aquarium avec de la terre. M. Miller envisage, en 
effet, la terre comme un foyer de calorique et d'électricité et comme ayant 
à ce titre un rôle important pour la conservation de la vie des êtres orga- 
nisés, mais il n'insiste pas sur ces hypothèses. L'aquarium même 
consiste en un réservoir assez spacieux ayant trois côtés et le fond faits 
en briques cimentées, en dalles de pierre bleue ou d'ardoise. Le quatrième 



MEMOIRES 377 

côté est garni d'uùe glace par laquelle la lumière pénètre dans l'apparte- 
ment où se tiennent les observateurs. Le réservoir, placé à une hauteur 
convenable, a le fond de forme concave, il est garni de rocailles dont les 
interstices sont destiués à dissimuler les détritus. 

Ces derniers, qui nuisaient tant aux anciens aquariums, deviennent ici 
un élément de succès, car, sous l'influence de la lumière, ils se recouvriront 
de végétation. Les animaux microscopiques se développeront aussi en 
grande abondance. 

M. Miller aborde ensuite un côté spécial de la question qu'il traite. Il 
veut que l'aquarium à construire soit pittoresque et en rapport avec le 
goût qui a présidé aux embellissements du jardin zoologique, et montre 
comment la Société peut atteindre ce résultat. Nous n'avons pas à suivre 
l'auteur dans cette partie de sa description, mais avant de le quitter, nous 
noterons ce détail qu'il recommande, pour les réservoirs à eau de mer, 
l'interposition de vitres vertes, afin de mesurer les rayons du soleil aux 
êtres organisés qui se rencontrent, dans l'océan, à différentes profon- 
deurs. 

Miller (Henry). — Notice sur les ACINETINESet en particulier sur 
VAC1NETA MYSTAOINA,Ehr. - (Planche I.) — Séance du 2 mai 1869. 
— MÉMOIRES, tome IV, 1869, pp. 33-38. — Avec une planche. 

M. Miller combat l'opinion qui tend à faire regarder les Acineta comme 
correspondant à une phase intermédiaire de développement de certains 
Vorticelles. Il confirme l'assertion de Lachmann qui dit que les Acineta 
sont remarquablement carnivores. 

L' 'Acineta mystacina, qui, d'après la théorie de Stein, dérive du Vagi- 
nicola crystallina, est très vorace. M. Miller décrit avec beaucoup de soin 
ces animaux prenant leur nourriture. Celle-ci passe par les tentacules, 
pour arriver dans le corps de Y Acineta. Il s'occupe ensuite du phéno- 
mène de la conjugaison, qu'il a observé dans Y Acineta mystacina. 

« Avant l'acte, dit-il, les tentacules sont complètement retirés et les 
corps, poussés en avant hors de leurs capsules respectives, se cherchent 
l'un l'autre, se fondent en un seul, excepté les vésicules contractiles, qui 
restent distinctes. Finalement, l'un des deux abandonne sa propre capsule, 
et l'union est complète. Alors paraissent des rudiments de tentacules. » 

M. Miller n'admet pas que les observations de Stein et de Lieberkûhn 
sur la conjugaison des Actinophrys et des PodopTirya s'appliquent à 
YAcineta dont il s'occupe, et il se borne à conclure « que si l'on accepte 
désormais encore la théorie de Stein sur la transformation et que l'on con- 
sidère YAcineta mystacina et le Vaginicola crystallina comme deux 
formes d'un cycle de transformation d'un même animal, on devra du 
moins admettre que Y Acineta constitue la forme la plus parfaite... » 



378 SOCIÉTÉ MALACOLOG1QUE DE BELGIQUE 

Miller (Henry- J.). — PODOPHRYA MOBILIS (Nob.), espèce nou- 
velle appartenant à l'ordre des Suceurs (Robin). — (Planche I.) — 
Séance du 6 août 1871. — MÉMOIRES, tome VI, 1871, pp. 11-18. - 
Avec une planche. 

Description d'une espèce rencontrée parmi les Conferves et les Lemna 
dans les fossés des prairies à Saint-Gilles, près de Bruxelles. 

« L'hypothèse de M. Dujardin sur les rayons (tentacules) des Actino- 
phryens, à savoir que ce sont des expansions variables qui deviennent sou- 
vent globuleuses aux extrémités par le fait de la contraction, ne s'applique 
pas » à des organes contractiles disséminés sur tout le corps de l'animal 
et lui servant d'organes préhenseurs. M. Miller a constaté que ces der- 
niers n'ont jamais pris la forme de suçoirs, pas plus que ceux-ci n'ont pris 
la forme de préhenseurs. On admet généralement que les extrémités ren- 
flées des tentacules sont enduites d'une substance glutineuse. M. Miller a 
pu s'assurer, au contraire, que lorsqu'il y a une adhésion, elle semble tou- 
jours être motivée et dépendante de la volonté de l'animal. Il décrit 
ensuite le passage de l'état immobile du Podophrya mobilis à l'état errant, 
puis sa propagation par division spontanée, ses affinités et ses différences 
avec les Podophrya libéra, Perty et P. fixa, Ebr. Il termine par quelques 
considérations sur le nombre des espèces à éliminer du groupe hétérogène 
des Actinophryens. La place des P. mobilis et fixa lui paraît nette- 
ment indiquée parmi les ciliés et « comme M. Dujardin n'a pas retenu 
dans sa nomenclature le nom de Podophrya, je ne vois pas de sérieux 
inconvénients, dit M. Miller, à le rétablir sous une autre définition et à 
créer parmi les ciliés un groupe des Podophryens caractérisés par des ten- 
tacules à l'état immobile de chasse et par des cils vibratiles à l'état errant. 
Le type du genre sera le Podophrya mobilis. » 

Miller (Henry-J.) et Van den Broeck (Ernest). — Les Foraminifères 
vivants et fossiles de la Belgique. — Séance du 6 octobre 1872. — MÉ- 
MOIRES, tome VII, 1872, pp. 15-46. — Avec deux tableaux. 

Dans l'introduction, les auteurs jettent un rapide coup d'oeil sur la 
marche des connaissances relatives aux foraminifères, depuis Plancus, 
Gualtieri, etc., jusqu'à Rupert Jones, Parker, Brady et le docteur Car- 
penter. Ils rappellent qu'au point de vue spécial de la Belgique, on ne 
possède qu'un seul travail sur le sujet, c'est-à-dire le mémoire de M. Reuss 
sur les Foraminifères du crag d'Anvers, publié en 1862 dans les Bulletins 
de l'Académie. 

Les espèces citées par M. Bosquet dans le Prodrome d'une description 
géologique de la Belgiquepar M. Dewalque, pour les étages maestrichtien, 
senonien et hervien, ont été mentionnées d'après des recherches exécutées 
dans des localités étrangères mais fort voisines du pays, de sorte qu'on 



MÉMOIRES 379 

peut également les considérer comme appartenant à la faune belge. 
« Afin de donner une idée approximative de l'état actuel de nos connais- 
sances sur le nombre et la répartition des espèces observées dans nos 
divers terrains, » les auteurs ont dressé un « tableau donnant pour cha- 
cun d'eux le relevé du nombre d'espèces signalées jusqu'à ce jour ». 
Ce tableau est « divisé en sept colonnes; dans les deux premières, se 
trouvent les dénominations des divers systèmes et terrains; dans la troi- 
sième, nous avons indiqué, disent MM. Miller et Van den Broeck, le 
nombre total d'espèces rencontrées dans chacun d'eux jusqu'à ce jour, et 
dans la quatrième sont les résultats partiels, c'est-à-dire ceux de chaque 
auteur consulté ou bien ceux des diverses listes publiées pour les étages 
successifs d'un même système » . 

La cinquième colonne renseigne les noms des auteurs consultés. « Enfin, 
la sixième colonne précise la localité et les indications géologiques néces- 
saires, tandis que dans la septième sont cités les auteurs d'après lesquels 
MM. d'Omalius et Dewalque ont établi leurs listes, ainsi que les spécia- 
listes qui ont fait les déterminations des espèces observées. » 

Il résulte de ce tableau que l'on ne possède aucun renseignement sur la 
faune récente et que l'on connaît 100 espèces pour le terrain tertiaire, 133 
pour le terrain crétacé et 11 pour le jurassique en Belgique. Les forami- 
nifères cités pour la faune belge sont ainsi au nombre de 244. 

Les auteurs insistent d'une manière spéciale sur l'utilité de l'étude des 
foraminifères pour la détermination des terrains, surtout dans les cas où 
les autres fossiles ont disparu. 

Le travail de MM. Miller et Van den Broeck se composera d'une série de 
mémoires ou de listes consacrées aux divers terrains fossilifères de la 
Belgique, puis pour chaque terrain un « travail monographique compre- 
nant la description détaillée des diverses espèces observées, indiquant leurs 
relations avec les espèces voisines, précisant autant que possible les loca- 
lités au double point de vue géologique et géographique, et accompagné 
de planches représentant indistinctement toutes les formes spécifiques 
recueillies, ainsi que les variations remarquables observées pour chacune 
d'elles » . 

Après avoir donné leur tableau synoptique, les auteurs s'occupent des 
espèces recueillies à Sluys-Kill, à Ostende et à Nieuport, espèces assez 
nombreuses pour permettre d'en dresser un tableau, malgré l'insuffisance 
des moyens d'investigation et le manque de documents pour la détermi- 
nation d'un certain nombre d'espèces, circonstauces qui bien certaine- 
ment rendent ce tableau incomplet. Ils décrivent ensuite la localité de 
Sluys-Kill, avec l'ancien chenal qui la relie à l'Escaut. Le point où les 
foraminifères ont été récoltés est situé à 32 kilomètres de la mer. Les 



380 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

foraminifères vivants se trouvent en quantité dans le limon brunâtre qui 
recouvre le fond des flaques d'eau du chenal, à marée basse. Le bord de 
ces flaques est très riche en débris de tonte espèce, parmi lesquels on 
observe une quantité de foraminifères morts, amenés en ces points de 
diverses profondeurs du cbenal. Les foraminifères de Nieuport ont été 
recueillis par M. de Bullemont sur la plage, non loin du chenal. Ceux 
d'Ostende ont été obtenus par le lavage d'une masse considérable de 
racines d'algues, etc., mais ils paraissent moins nombreux qu'à Nieuport. 

Les auteurs s'occupent ensuite du danger que peut présenter, pour la 
confection d'une liste, le mélange de certaines espèces fossiles avec les 
espèces vivantes. Ils garantissent l'exactitude de la liste qu'ils publient, 
attendu qu'elle ne renseigne aucun nom d'espèce qui n'ait été recueillie 
vivante à Sluys-Kill. Quant aux espèces fossiles recueillies dans cette 
localité, elles se rapportent presque toutes au scaldisien ('), et tout parti- 
culièrement au système diestien ( 2 ); quelques-unes seulement proviennent 
des terrains éocènes et crétacés. Toutes ont été entraînées par l'Escaut, 
qui traverse ces terrains. Il est cependant assez facile de distinguer des 
foraminifères récents les espèces diestiennes ( 3 ) et scaldisiennes, en ce 
que ces dernières « ont une taille moyenne généralement plus forte que 
celle des espèces vivantes, et en second lieu qu'une même espèce, qui se 
trouve à la fois vivante à Sluys-Kill et fossile dans le diestien ( 4 J ou le 
scaldisien, présente le plus souvent, outre les différences de taille dont 
nous venons de parler, d'autres différences dans la forme et le faciès 
général de la coquille » . Les auteurs donnent alors la liste des vingt-sept 
espèces fossiles qu'ils ont reconnues. 

La faune des foraminifères présente deux divisions bien tranchées : 
« 1° la faune de la zone limoneuse ; 2° celle de la zone des sables grossiers 
ou simplement de la zone des sables » . 

La zone limoneuse est admirablement caractérisée à Sluys-Kill, dans le 
chenal; la zone dessables est représentée par le littoral. L'aspect des 
foraminifères diffère suivant la zone : ainsi, dans la zone des sables, ils 
sont plus grands, plus épais et plus robustes, mais ils sont moins nom- 
breux que dans la zone limoneuse. Le genre Lagena n'est représenté à 
Nieuport que par deux espèces; il manque à Ostende, tandis qu'à Sluys- 
Kill il compte huit espèces. Les auteurs font ressortir les différences pré- 
sentées par les faunes des deux zones. Un des résultats curieux de leurs 
recherches est la découverte faite à Sluys-Kill de Lagena crenata, qui n'a 

(') Comprenant les sables à Fusus contrarius et les sables à Isocardia cor. 

( 2 ) Anversien, sables à Panopœa Menardi et sables à Pectunculus pilosus. 

( 3 ) Anversiennes. 

( 4 ) Anversien. 



MEMOIRES 381 

été observée vivante qu'en Australie. Ils entrent ensuite dans des détails sur 
la variation des foraminifères, sur le sens qu'il convient d'attribuer aux 
mots de génome et espèce. Le protéisme des foraminifères est si grand que les 
divisions en tribus, genres et espèces expriment mal, disent les auteurs, 
les relations de ces êtres entre eux. « Aussi ne faut-il considérer ces divi- 
sions, ainsi que la nomenclature binaire, qui en est en quelque sorte la 
synthèse, que comme de simples conventions, assez peu fondées, mais 
dont malheureusement on ne peut se passer dans l'état actuel de la 
science. » 

Ils constatent cependant « que les diverses espèces de foraminifères 
semblent rayonner autour d'un nombre relativement restreint de formes 
caractéristiques, types de genres, qu'elles relient les uns aux autres, soit 
directement, soit indirectement » . Pour arriver à de bons résultats dans le 
choix de ces types, ils ont adopté les types choisis par MM. Carpenter, 
Parker et Rupert Jones. Un tableau renseigne quatre-vingt-six espèces 
avec indications relatives à leur distribution et avec références à la mono- 
graphie du professeur "Williamsou. 

Môrch (C.-A.-L.). — Catalogue des mollusques du Spitzberg recueillis 
par le D r H. Kroyer pendant le voyage de la corvette la Recherche en 
juin 1838, par le D r — . — Séance du 3 janvier 1869. — MÉMOIRES, 
tome IV, 1869, pp. 7-32. 

M. Môrch rend compte des découvertes malacologiques faites au Spitz- 
berg depuis Frederick Martens, qui donna les premiers renseignements en 
1675, jusqu'à nos jours. 

Successivement, il passe ainsi en revue ce qui est dû. à Linnée, à Const. 
John Phipps, depuis lord Mulgrave, à David Buchan, à Leach, à Scoresby, 
Jun. et à W. Ed. Parry. Il rappelle que les Voyages de la, Commission 
scientifique du Nord sur la corvette « la Recherche » , commandée par 
M. Fabvre, ont été publiés sous la direction de M. Gaimard, mais que cet 
ouvrage, arrêté par les événements de 1848, ne renferme pas les mol- 
lusques. Le D r Kroyer était l'un des zoologistes de l'expédition, et la col- 
lection de mollusques dragués par lui dans le Bellsound fut achetée, 
pour la plus grande partie, par le roi Chrétien VIII. M. Môrch donne 
quelques brefs détails sur les récoltes de M. Kroyer et renseigne le voyage 
de Loven au Spitzberg en 1839, les publications de R. Mac Andrew, de 
Woodward, de Sutherland, le catalogue de la collection Thienensan et 
les publications de M. Torell. 

« Les coquilles univalves du Spitzberg* diffèrent presque toutes des 
individus du Groenland et de la côte d'Islande parles caractères suivants», 
savoir : le peu d'épaisseur de la coquille, le manque de côtes longitudinales, 
la taille plus grande, la présence fréquente de lignes spirales élevées. 



382 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

L'auteur cite des exemples pour chacun de ces cas et donne une liste 
des espèces particulières au Spitzberg. 

« Les coquilles bivalves sont, en général, d'une taille moins grande que 
les individus du Groenland et de l'Islande. 

« La minceur de la coquille paraît dépendre du plus grand froid de la 

mer du Spitzberg La taille de la coquille semble dépendre d'une mer 

plus ouverte et dont les eaux sont plus salées > 

Dans sa liste, M. Môrcb énumère les espèces mentionnées par les auteurs 
en ayant soin de signaler celles qui n'ont pas été rencontrées par 
M. Kroyer. Cette liste comprend quatre-vingts espèces. 

Mourlon (Michel), voir : Nyst (H.). — Note sur le gîte fossilifère 
d'Aeltre (Flandre orientale), par H. Nyst et — . — MEMOIRES, 
tome VI, 1871. 

Mourlon (Michel). — Relation de l'excursion faite par la Société à 
Eeyst le 2 octobre 1870. — Séance du 5 décembre 1870. — MÉMOIRES, 
tome V, 1870, pp. 65-73. 

L'échec de l'excursion effectuée à Nieuport au mois de mars 1869 avait 
engagé la Société à tenter une nouvelle exploration pour son excursion 
annuelle. 

M. Mourlon insiste sur l'intérêt que présente à de multiples points de 
vue l'étude du littoral avec ses dunes, ses alluvions, ses tourbes et ses 
argiles sableuses et grisâtres qui les recouvrent. 

Il rapporte que Belpaire a le premier attiré l'attention sur ces dernières 
argiles, mais il ne partage pas l'opinion de ce savant, qui y voyait 
un dépôt marin. « On comprend difficilement, dit-il, comment la mer, 
avec son fond sableux, aurait pu produire, à un moment donné, sur toute 
la côte, un dépôt argileux ; au contraire, si l'argile dont il s'agit forme 
bien, comme cela paraît établi, des filons augmentant en largeur avec la 
profondeur, on serait plutôt porté à considérer ce dépôt comme étant le 
produit d'une véritable éjaculation geysérienne ayant pris naissance 
durant la période moderne et antérieurement à la formation des dunes. » 
C'était déjà l'idée de d'Omalius, en 1831, et M. Mourlon la rappelle en 
constatant que « l'âge de ces argiles et des tourbes qu'elles ont traver- 
sées » ainsi que « l'influence que dut exercer sur la marche des courants 
sous-marins, et partant sur notre littoral, la rupture de l'isthme devenu 
aujourd'hui le détroit du Pas-de-Calais » constituent « encore là autant 
de questions sur lesquelles la science n'a pu se prononcer jusqu'à ce jour». 

En ce qui concerne le compte rendu de l'excursion même, M. Mourlon 
relate que deux reconnaissances furent faites durant le séjour de la 
Société à Heyst, l'une sur la plage et dans les dunes à l'ouest, l'autre 
dans la direction opposée, jusqu'à Knocke. 



MÉMOIRES 383 

Une tentative de dragage effectuée à Blankenberghe par quelques-uns 
des membres avec une embarcation munie de dragues appartenant à 
M. de Eotsaert ne réussit pas. Enfin, l'un des excursionnistes ayant, pour- 
suivi ses recherches jusqu'à Ostende, fit, en compagnie de M. Lanzweert, 
une excursion sur la plage ouest, où il observa un curieux gisement de 
tourbe recouverte de glaise dans laquelle se trouvait implantée une quan- 
tité considérable de Scrobicularia piperata. La constatation de l'existence 
de nombreux Cardium edtcle de petite taille, voisins du G. MHcum,~Reeve, 
variété non encore mentionnée en Belgique, fut aussi l'un des résultats 
de cette dernière exploration. 

M. Mourlon termine par la liste des espèces recueillies à Heyst et à 
Knocke, au nombre de cent environ, et il renseigne leur état de conser- 
vation ainsi que les particularités qu'elles présentent. 

Nous signalerons Lacuna puteolus, trouvé pour la première fois vivant 
en Belgique, et trois exemplaires de Limnœa limosa ayant les tours plus 
ou moins détachés, scalariformes. 

Mourlon (Michel). — Observations sur le classement des couches ter- 
tiaires moyennes dans le Limbourg belge, à propos du mémoire de 
MM. Ortlieb et Dollfus intitulé : Compte rendu de géologie strali- 
graphique de l'excursion de la Société malacologique de Belgique dans 
le Limbourg belge, les 18 et 19 mai 1873. — Séance du 7 décembre 1873. 
— MEMOIRES, tome VIII, 1873, pp. 91-98. 

Après avoir insisté sur l'importance du mémoire de MM. Ortlieb 
et Dollfus, M. Mourlon expose l'état de la question. Il rappelle à cet 
effet le classement adopté par Dumont, et fait remarquer au sujet du 
système boldérien, que l'on rapporte actuellement au « système diestien 
ou falunien » pour des raisons empruntées à la paléontologie, « la couche 
(conglomérat) qui renferme cette faune du Bolderberg, sans toutefois 
pouvoir assigner la place qu'occupent dans la série miocène les sables 
fins, pailletés, sans fossiles qui se montrent immédiatement sous le con- 
glomérat fossilifère » . Il rappelle ensuite le classement de Lyell, auquel 
MM. Ortlieb et Dollfus se rallient. Sans vouloir porter un jugement sur 
les considérations géogéniques qui semblent avoir guidé les derniers géo- 
logues, il déclare leurs vues ingénieuses et se borne à présenter les 
réflexions que lui suggère la réunion en un seul groupe, dans le 
nouveau classement, du tongrien supérieur et du rupélien inférieur. 
A cette occasion, il rappelle également combien d'importance Dumont 
accordait aux considérations stratigraphiques. Cette importance était si 
grande « que de son système tongrien, qu'il rapportait, de même que ses 
systèmes rupélien et boldérien, au miocène dans son dernier rapport 
académique, il fait, au contraire, de l'éocène supérieur dans ses publica- 



384 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

tions ultérieures, tout en laissant, avec doute cependant, le rupélien 
dans le miocène inférieur i. 

Dans la légende de sa carte ('), il attribue un caractère fluvio-marin 
au tongrien supérieur, mais non au rupélien inférieur. Il ne semble 
pas avoir connu le caractère de cette dernière faune, mais il est permis de 
croire que, l'eût-il connue, il n'aurait pas changé sa classification. Il accor- 
dait, en effet, une importance prépondérante à la stratigraphie. Actuelle- 
ment, elle est donnée à la paléontologie, « par la raison capitale que l'ac- 
cident stratigraphique ne s'étend qu'à des espaces plus limités que les 
modifications de la faune » . M. Mourlon fait voir que, « dans la question 
en litige, il y a désaccord entre la stratigraphie et la paléontologie » . 
Lyell, puis MM. Ortlieb et Dollfus réunissent, à cause de leurs fossiles, 
des dépôts séparés par Dumont pour des considérations stratigraphiques. 
Or, M. Nyst ayant démontré que, sur quarante-neuf espèces des marnes 
de Hénis, quarante-six se retrouvent dans les sables du rupélien infé- 
rieur, il faut en conclure qu'il n'y a pas, t entre ces dépôts, une lacune 
paléontologique comparable à celle qui sépare, par exemple, nos 
couches diestiennes ( 2 ) de nos couches pliocènes scaldisiennes » . Les 
accidents stratigraphiques, tels que la dénudation et le dépôt caillouteux, 
signalés par Dumont acquièrent dans ces conditions une importance secon- 
daire et permettent seulement d'établir la séparation entre le dépôt infé- 
rieur argileux et le dépôt supérieur sablonneux de notre formation fluvio- 
marine miocène ( 3 ). Précédemment, M. Mourlon avait fait remarquer 
qu'il n'était pas à sa connaissance que le dépôt de graviers et de cailloux 
existant à la base des sables rupéliens, se présentât quand ces sables 
reposent sur l'argile. Se basant encore sur le cas de la réunion de la faune 
du Bolderberg à la faune diestienne, alors que Dumont avait établi entre 
ce dernier système sa ligne de démarcation entre le pliocène et le mio- 
cène, il croit pouvoir se rallier aux conclusions de MM. Ortlieb et Dollfus 
et « regarder avec ceux-ci les dépôts fluvio-marins du Limbourg belge 
comme ne représentant qu'un même étage, dans lequel peuvent être dis- 
tinguées avec netteté une assise inférieure argileuse et une assise supé- 
rieure sableuse » . 

ÎNyst (Henri). — Rapport sur la notice de M. Le Hon, intitulée : 
Description de deux espèces de coquilles fossiles du système laekenien, 
voir : Le Hon, Description de deux espèces de coquilles, etc. — 
MÉMOIRES, tome V, 1870. 

(') M. Mourlon rapporte sa publication à Tannée 1852. 

(*) Les sables anver6iens étaient à cette époque compris dans le diestien. 

( 3 ) Oligocène. 



MÉMOIRES 386 

Nyst (Henri). — Faune maeslrichtienne. — Description d'une Serpule 
fossile nouvelle (SERPULA THIELE NSI) provenait de Folx-les-Caves, 
près de Jodoigne {Bradant). — (Planche IV, figg. 1, 2, 3.) — Séance du 
3 décembre 1871. — MÉMOIRES, tome VI, 1871, p. 73. — Avec trois 
figures. 

Description d'une espèce de Serpule planorbiforme « formée de deux à 
trois tours convexes, dont le dernier est caréné au milieu de sa partie 
dorsale. » 

Nyst (Henri). — Faune maeslrichtienne. — Description d'une Huître 
fossile nouvelle (OSTREA PODOPSIDEA) de la craie de Ciply, de Folx- 
les-Caves et de Wansin. — (Planche IV, figg. 4, 5, 6, 7.) — Séance du 
3 décembre 1871. — MÉMOIRES, tome VI, 1871, pp. 74-75. — Avec 
quatre figures. 

Description d'une Huître découverte à Ciply par le comte F. du Chastel 
et à Wansin par M. Thielens. L'auteur la possède de Folx-les-Caves. 

Nyst (Henri). — Tableau synoptique et synonymique des espèces 
vivantes et fossiles du genre SG AL ARIA décrites par les auteurs, avec 
V indication des pays de provenance ainsi que des dépôts dans lesquels les 
espèces fossiles ont été recueillies. — (Planche V.) — Séance du 3 dé- 
cembre 1871. - MÉMOIRES, tome VI, 1871, pp. 77-147. ~ Avec une 
planche. 

Considérations générales sur le genre Scalaire. — Description des 
Scalaria Bruxellensis, de l'assise bruxellienne ; S. DucJiasteli ( l ), de 
l'assise maestrichtienne de Ciply; S. Oorisseni, Nyst et Le Hon, 1882, 
de l'assise laekenienne ; S. Hennei (S. Woodiana, Nyst), de l'assise scal- 
disienne ; S. Honii, de l'assise laekenienne; S. pertusa, de l'assise dies- 
tienne( 2 ); S. Vincenti, de l'assise laekenienne et S. Weyersi (J.Colb. coll.), 
de l'assise diestienne ( 3 ). 

Synonymie du genre Scalaria, 1801, Lamarck. 

Tableau donnant les noms de trois cent cinquante-sept Scalaires avec 
les noms des auteurs, la date de la description, les titres des ouvrages 
dans lesquels les espèces ont été décrites et figurées et indiquant de plus 
les espèces vivantes, l'étage dans lequel les espèces fossiles se présentent, 
enfin, les localités où chacune d'elles a été recueillie. Les dépôts tertiaire, 
crétacé et jurassique, sont chacun divisés en supérieur, moyen et infé- 
rieur. Enfin, une colonne spéciale est réservée aux observations. 

On remarquera dans cette revision du genre Scalaire plusieurs change- 
ments de nom que l'auteur se borne à introduire dans la nomenclature 

0) L'auteur écrit aussi <S. Du Chasteli, dans le même article. 

( 2 ) Anversienne. Il s'agit ici des sables à Panopœa Menardi d'Edeghem et des sables à 
Pectunculus pilosus de Deurne (lire Borgerhout). 

( 3 ) Anversienne. Assise des sables à Panopœa Menardi d'Edeghem. 

1880 25 



386 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE HELGIQUE 

sans les justifier. Ce qui est plus regrettable, c'est le manque de ren- 
seignements sur certaines espèces citées en synonymie, comme c'est le 
cas, par exemple, pour la Scalaria cancellala, Wood, mentionnée à 
propos de la >S*. Woodi, Desh . 

Nyst (Henri). — Faune paniselienne. Description de deux coquilles 
fossiles du terrain cocène de Belgique (LEDA CORNET1 et A RCA 
BRIARTI).— (Planche I, figg. Ia,b,cei2 a, b.) - Séance du 4 mai 1873. 
— MEMOIRES, tome VIII, 1873, pp. 10-18. — Avec cinq figures. 

Coquilles provenant toutes deux de l'assise paniselienne ('). La première 
a été recueillie à Morlanwelz, par M. Cornet, et à Trazegnies et à Bascoup, 
par M. Briart. Elle est voisine de la Lccla Deshayesiana. La seconde a été 
découverte à Bascoup, par M. Briart. 

L'auteur fait remarquer que M. Mourlon considère les dépôts d'où ces 
fossiles proviennent « comme représentant ce que l'on pourrait appeler 
le paniselien oriental, c'est-à-dire une zone paniselienne distincte de celle 
du mont Panisel et quelque peu plus ancienne que celle-ci. » 

Nyst (Henri).— Faune laekenienne{*). Description d'une coquille fossile 
du terrain éocène de Belgique {CYPRIN A ROFF1AENI). — (Planche I, 
fig. 3). — Séance du 4 mai 1873. — MÉMOIRES, tome VIII, 1873, 
pp. 19-20. — Avec trois figures. 

Coquille découverte à Wemmel, près de Laeken, par MM. Lefèvre et 
Vincent, et signalée, en 1872, M. par Lefèvre ( 3 ). Elle se rapproche de la 
C. 2)lanata, Sow. 

Nyst (Henri) et Mourlon (Michel).— Note sur le gîte fossilifère d'Aellre 
(Flandre orientale). — Séance du 5 novembre 1871. — MÉMOIRES, 
tome VI, 1871, pp. 29-37. 

Description d'un gîte intéressant de la base de l'assise bruxellienne qui 
manque aux environs de Bruxelles. L'assise paniselienne, qui fait égale- 
ment défaut aux environs de Bruxelles et qui occupe dans la série la 
place immédiatement en dessous des sables d'Aeltre, paraît exister dans 
cette dernière localité. Les auteurs entrent dans quelques considérations 
géologiques et donnent, en mettant à profit les collections de divers ama- 
teurs tels que M. le capitaine Henné et M. C. Van Volxem, une liste de 
cent vingt espèces d'animaux invertébrés se répartissant de la manière 



(') Ces coquilles proviennent de l'assise ypresienne. 

( 2 ) Actuellement wemmelienne. 

( 3 ) Note sur la faune laehenienne (*) de Laeken, de Jette et de Wemmel, par G. Vincent 
et Th. Lefèvre. — Mémoires, t. VII, 1872. 

(*) Actuellement wemmelienne. 



MEMOIRES 387 

suivante : Céphalopodes, 1; Gastéropodes, 43; Lamellibranches, 66; 
Bryozoaires, 3; Annélides, 2; Échinodermes, 1 ; Anthozoaires, 2; Fora- 
minifères, 2. Il ne faut pas oublier des débris de Chéloniens et les restes 
de huit espèces de poissons. Les espèces nouvelles pour la faune belge 
sont : 

Parmi les Poissons : Lamna compressa, Ag. 

Parmi les Gastéropodes : Fusus costuosus, Desh.; Natica acuta, Pesh.; 
N . grignonensis , d'Orb.;iV. Willemeti, Desh.; Odostomia pyramidellata, 
Desh.; Turbonilla hordeola, Lk. ; Geritldum commune, Desh.; G. qua- 
dristùlcatîim, Lk.; G. triliraUim, Desh.; Turritella mtdtisulcata, Lk.; 
Solarium Hennei, Nyst, nov. sp.; Lacuna sigaretina, Desh.; Rissoa, 
nov., sp.? Teinostoma (Hclicina) dubia, Defr.; T. rolellœformis, Desh.; 
DelpMnula, nov. sp.; Àdeorbis bicarinata, Desh., A. paucicoslata, Desh.; 
Tornalella turgida, Desh.; Llamine a {Bullà) semistriata, Desh.; Volvula 
(Butta) redacta, Desh.; V. lanccolata, J. Sow. 

Parmi les Lamellibranches : Anomia Hennei, Nyst, nov. sp.; Modiola 
pectinata? 'Lk.; M. stdcata, Lk.; Nucula, nov. sp.?; Cardium porulosum, 
Brand., var. obliquiore, Desh.; Lucina Grateloupi, Nyst, nov. sp.; 
L. indcliella, Ag\, var. depressa, Nyst, nov. var.; L. seminulum, Desh.; 
L. squamula, Desh., var. costata, Nyst, nov. var.; Lucina, nov. sp.; 
Biplodonta striatula, Nyst, nov. pp.; Erycina pellucida? Lk.; E. dona- 
ci/ormis? Desh.; CrassaleUa plicata, Sow., var. anglica, S. Wood ; Car- 
dita {Vencricardia) asperula? Desh.; G. elegans, Lk., var. latesulcata, 
Nyst, nov. var.; Id., var. depressa, Nyst, nov. var.; Cardita, nov. sp.; 
Cytlierea circularis, Desh.; G. Hennei, Nyst, nov. sp.; G. lucida? J. 
Sow.; G. nitidula, Lk., var. b, Desh.; G. proxima? Desh.; Tellina ele- 
gans, Desh.; T. rostralis? Lk. (non Nyst); Scrobicularia, nov. sp.; Solcn 
obliquus? Sow.; Solcn, nov. sp. ; Gultellus (Solen) fragilis, Lk.; G. gri- 
gnonensis? Desh.; Gorbida striata, Lk. 

Parmi les Bryozoaires : Escîiara clamœcomis? Mich.; Vincularia? 
Hennei, Nyst, nov. sp. Enfin, parmi les Anthozoaires : Dendrophyllia? 
nov. sp. 

Ortlieb (Jean), voir : Mourlon. — Observations sur le classement des 
couches tertiaires moyennes dans le Limbourg belge, à propos du 
mémoire de MM. — et Dollpus, intitulé : Compte rendu de géologie 
stratigraphique de l'excursion de la Société malacologique de Belgique 
dans le 'Limbourg belge, les 18 et 19 mai 1873.— MÉMOIRES, tome VIII, 
1873. 

Ortlieb (Jean), voir : de Cossigny. — Tableau des terrains tertiaires 
de la France septentrionale. — {Rapports sur le travail de M. de Cossi- 
gny). - MÉMOIRES, tome XII, 1877. 



388 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

Ortlieb (Jean) et Dollfus (Gustave). — Compte rendu de géologie 
siratigraphique de l'eœcursion de la Société malacologique de Belgique 
dans le Limbourg belge. —(Planche II.) — Séance du 3 août 1873. — 
MEMOIRES, tome VIII, 1873, pp. 39-57. — Avec une coupe géologique 
dans le texte et une planche de coupes géologiques coloriées. 

Ce travail consiste moins dans une relation de l'excursion que dans la 
description des coupes observées et dans la recherche d'une classification 
« mieux en rapport avec les exigences scientifiques actuelles que celle de 
Dumont, qui est encore généralement adoptée en Belgique » . Après avoir 
cité les titres des ouvrages dans lesquels ils ont puisé des renseignements, 
les auteurs donnent une coupe prise dans le chemin creux qui va de 
Grimmertingen à Vliermael. Cette coupe présente trois termes qu'ils 
décrivent successivement en détail. 

1. Limon et diluvium 2 m 00 

2. Sable blanc grisâtre sans fossiles (sable de Neerrepen) . . l' n 50 

3. Sable argileux jaune, fin, glauconieux et fossilifère (sable h 

Ostrea ventilabmm, sable de Vliermael). . Visible sur 3 ,n 00 

A la partie supérieure de la couche 3, existe une bande concrétionnée, 
épaisse de 20 centimètres, qui présente un lit d'Ostrea ventilabmm en 
place. Sous cette zone, le sable contient principalement des Gastéropodes 
sur une épaisseur d'un mètre environ, puis il devient argileux et renferme 
eu ] articulier Arca appendicidata, Pectunculus lunulatus, Ostrea Queleleti, 
Pecten lellicostatus , Pecten Hœninghausi. 

La coupe 2 relevée du bois de Schabosch au château de Neerrepen, 
présente : 

1. Limon 3 m 00 

2. Sable blanc à Pétoncles Épaisseur ? 

3. Partie boisée invisible, peut-être occupée par les sables sans 

fossiles deBerghet ceux fossilifères de Vieux-Jonc. Environ 8"00 

4. Sable remanié fossilifère, visible dans le chemin creux situé 

derrière la ferme du château de Neerrepen. 
Ce dépôt, « formé de sables impurs irréguliers, blancs, jaunes 
ou gris, en lits peu continus, alternant avec des cailloux 
roulés et des fossiles remaniés » , ne peut guère être séparé 
du diluvium. On y trouve à la fois des espèces des sables 
de Vieux-Jonc et des sables de Bergh . . . Épaisseur, 4 m 00 

5. Sable de Neerrepen, occupant la position du dépôt n° 2 de 

la première coupe, derrière la ferme attenante au château 
et dans la sablière du parc, où il repose sur les sables 
fossilifères de Vliermael; ces derniers forment le fond 
du bassin du lac. 



MÉMOIRES 389 

Entre le château de Neerrepen et Hénis, ou rencontre, dans le bois de 
Haselbosch, à mi-côte de la colline, des sables renfermant la faune des 
sables de Vieux-Jonc. 

La coupe 3 est celle de la briqueterie de Hénis : 

1. Limon et diluvium 2 m 00 

2. Sable impur, argileux, fossilifère, contenant Cytherea 

incrassata et appartenant à l'assise de Vieux-Jonc. « C'est 
une zone de contact qui remanie et ravine la couche 
argileuse suivante, à laquelle elle passe insensiblement. » m 20 

3. Argïle verte compacte non fossilifère. (Argile de Hénis.) 

«C'est une masse sans fissures, plastique, fine et compacte, 
verte ou bleuâtre, brunâtre par altération au contact de 
l'air. . . » Lyell ayant vu , « dans sa masse, des lits de sables 
fossilifères de même nature que ceux supérieurs à ce 
dépôt » , les auteurs font remarquer que si la présence de 
ces lits fossilifères était démontrée à nouveau, elle « aide- 
rait à prouver que cette couche n'est qu'un accident du 
dépôt de lagunes côtières, si bien caractérisé dans le Lim- 
bourg » Épaisseur, 6 m 00 

4. Sable de Neerrepen Visible sur 2 m 00 

La coupe 4, relevée dans le chemin creux qui mène de Hoesselt au 
château de Vieux-Jonc, offre un exemple du terrain quaternaire dans le 
Limbourg. Une figure insérée dans le texte montre : 

1 . Terre végétale m 20 

2. Limon, terre à briques, un peu sableux à la base, non stra- 

tifié 3'"50 

3. « Diluvium, sable irrégulier et lits de cailloux roulés et de 

coquilles remaniées.» Silex noirs ou blonds de la craie . m 40 

4. « Sable argileux avec coquilles remaniées » m 20 

5. Sable de Vliermael à Ostrea ventilabrnm . . Visible sur l m 00 

La coupe 5, prise dans le haut du parc du château de Vieux-Jonc, 
montre, sous environ 2 mètres de limon, les sables de Vieux-Jonc, 
épais de 3 mètres, reposant sur l'argile de Hénis, épaisse de 4 mètres. 

Le contact des sables et de l'argile n'est pas visible. 

Les auteurs donnent la liste des espèces recueillies dans les sables et 
font remarquer que Mytilus siibfragïlis et Neritina pseudoconcava leur 
semblent caractéristiques, attendu qu'ils ne paraissent pas passer dans 
les sables de Bergh. 



390 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

La coupe 6 relevée à Bergh, du bas de la colline au chemin de 
Lethen, présente : 

1. Limon sableux l ,n 50 

2. Tufeau argileux, très glauconeux, calcarifère, sans fossiles 

mais ressemblant « en tous points à la couche de Klein- 
Spauwen qui en renferme ». (Voir coupe 7, zone 2.) . . 2'"00 

3. Sable grisâtre à Pétoncles, type du sable supérieur de 

Bergh. Sa faune « paraît surtout remarquable par une 
addition d'espèces ordinairement roulées de Vieux-Jonc, 
avec espèces marines spéciales à Bergh ; c'est un faciès qui, 
a priori, dut être géograpbiquement variable dans sa 
composition » Visible sur 2"'50 

4. Sable blanc sans fossiles Visible sur l' n 00 

— Lacune 2"'00 

5. Sable et argile mêlés. Couche de contact avec Cérithes et 

Cyrènes roulés et brisés, en tout semblable à la zone 2 de 

la coupe 3 , m 20 

6. Argile de Hénis l m 80 

A une petite distance, à Lethen, existe un très beau gisement de sable 
de Vliermael. Celui-ci, «par la diminution graduelle de l'épaisseur des 
assises sableuses, tend à se réunir au tufeau supérieur qui, en grandis- 
sant, semble peu à peu se fusionner lui-même à l'argile de Boom ». 

La coupe 7, prise à la colline de Klein-Spauwen sous l'église, montre : 

1. Limon épais argileux. 

2. Tufeau à Nucules Visible sur 5 m 00 

3. Sables de Bergh Environ 1"'00 

4. Sable blanc sans fossiles Confus. l n, 50 

5. Sable de Vieux-Jonc Bien net. ,u 75 

6. Marne de Hénis Affleurement supérieur. 

Le caractère le plus frappant de cette coupe « est la diminution sensible 
de la masse des sables. Les couches de Bergh et de Vieux-Jonc doivent 
finir peu au nord, où ces dépôts spéciaux vont laisser la place aux grands 
fonds » . 

Après avoir reproduit et discuté la coupe des sables de Bergh, prise à 
Bergh et donnée par Lyell, les auteurs disent y voir « la marque évidente 
que le dépôt, d'abord saumâtre, redevient après de plus en pins marin 
par suite d'un affaissement lent, mais continu, du sol et que, stratigrapbi- 
quement, on ne peut séparer Vieux-Jonc et Klein-Spauwen de Bergh». 

Pour bien faire comprendre les coupes de G-immertingen à Tongres et 



MEMOIRES 



391 



de Hoesselt à Klein-Spauwen qui accompagnent leur mémoire, les 
auteurs passent rapidement en revue les couches rencontrées un certain 
nombre de fois : 

I. — Le sable de Vliermael, auquel ils joignent le sable de Neerrepen, 
« qui en forme, en quelques localités, la partie supérieure et qui n'en est 
qu'un cas particulier d'étendue restreinte, à l'état de dune tamisée par le 
vent » . 

II. — Groupe de trois couches, formant un tout bien net : 

Sables de Bergh, au sommet. 

Id. de Vieux-Jonc. 
Marne de Hénis, à la base. 

La marne de Hénis se lie « par son origine à la nature fluvio-marine de 
l'ensemble ; elle reste isolée suffisamment des sables de Neerrepen par une 
étendue géographique et une composition minéralogique différentes » . 
Les auteurs disent qu'ils admettraient sans difficulté que ce groupe «pou- 
vait être, au moins partiellement, contemporain latéral du groupe 
suivant » . 

Une formation fluvio-marine est, en effet, accidentelle et, par suite, tout 
à fait locale. Pendant le dépôt du groupe II, « le fond de la mer s'est peu 
à peu soulevé, Klein-Spauwen, Vieux-Jonc, Bergh (base), pour s'enfoncer 
ensuite (Bergh supérieur). » 

III. — Une couche nouvelle apparaissant au sommet des collines nord, 
possédant une faune franchement marine. 

Cette couche, comme Lyell l'a exprimé, « se fond au nord avec l'argile 
de Boom, dont elle n'est qu'un faciès, moins profond et de nature 
sableuse » . 

Le travail de MM. Ortlieb et Dollfus se termine par des tableaux établis- 
sant la concordance de leur classification avec celles de Dumont et de Lyell, 
ainsi que le synchronisme des diverses couches avec celles de la vallée du 
Rhin, du bassin de Paris et du bassin de Hampshire. 

Nous devons nous borner à reproduire les tableaux suivants. 

Voici la comparaison de la classification de Dumont avec la classifica- 
tion nouvelle : 



Groupe 



supérieur. 

moyen. 

inférieur. 



Argile de Boom . 
Tufeau à Nucules. 
Sables de Bergh . 

— de Vieux-Jonc . 
Argile de Hénis . 
Sables de Neerrepen . 

— de Vliermael . 



Rupélien supérieur. 
— inférieur (pars) 

Rupélien inférieur (pars) 

Tongrien supérieur. 

Tongrien inférieur. 



392 



SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUK DE KELGIQUE 



Voici maintenant la classification de Lyell, avec laquelle les auteurs 
reconnaissent se rencontrer de bien près : 



Classification de Lyell. 
Groupe supérieur. | Argile à Nucules 

Groupe moyen 



Classification de MM. Ortlieb et Dollfcs. 



g ( Groupe inférieur. 
•W 



Sables de Bergh. 

— jaunâtres. 
Marnes vertes. 
Argile sableuse et glau- 

conieuse. 



Tuf'eau à Nucules . . 
Sables de Pergh . 

— de Vieux-Jonc. 
Marnes de Hénis . 
Sables de Neerrepen . ) Oligocène infé- 

— arg. deVliermael. rieur. 



Oligocène su- 
périeur 
et moyen. 



On pourrait encore, disent les auteurs, disposer ce tableau ainsi : 



DUNE. 



' supérieur, 
et 
moyen. 



Sables du Rupel? 

Sables divers sans 
fossiles. 



littoral. 

Argiles à Nucules. 

Sables de Bergh. 

Sables de Vieux-Jonc. 

Marne de Hénis. 



MER PROFONDE. 

Argile de Boom. 
Idem? 



oscillation. 
inférieur. | Sables de Neerrepen. | Sable et argile de Vliermael. 

Parker (W.-K.), voir : Jones (T. Rupert). — Notice sur les foramini- 
fer es vivants et fossiles de la Jamaïque, par T. Rupert Jones et — , 
'membres de la Société royale de Londres, etc. — MÉMOIRES, tome XI, 
1876. 

Pire (Louis). — Recherches malacologiques. Notice sur le PLANORBIS 
COMPLANATUS (forme scalaire). — (Planches II, III.)— Séance du 
5 novembre 1871. - MÉMOIRES, tome VI, 1871, pp. 23-27. — Avec deux 
planches coloriées. 

Les Planorbes que décrit M. Pire ont été trouvés à Magnée, non loin 
de Chaudfontaine, dans une mare ayant environ 3 mètres à sa plus 
grande profondeur et pouvant mesurer 60 mètres de circonférence. C'est 
le premier exemple d'une pareille réunion de coquilles en un même point. 
L'exploration de la mare procura, en effet, à MM. Pire, Strail, Colbeau, 
Roffiaen et Van den Broeck plus d'un millier de coquilles de Planorbes 
anormaux, à divers degrés de développement. Un individu adulte, 
mort, de l'année précédente, ayant été trouvé dans la vase, M. Pire se 
demande si la transformation du type s'est transmise par hérédité. 

Dans certaines coquilles, « le quatrième tour de spire, au lieu de suivre 
la direction des trois autres, est redescendu au niveau du premier » ; d'au- 
tres fois, le deuxième tour de spire de la coquille a atteint un développe- 
ment plus grand que les autres. On voit aussi dans certains exemplaires le 



MÉMOIRES 393 

premier tour de spire complètement détaché et dressé presque perpendicu- 
lairement. Dans les échantillons discoïdes, s beaucoup d'individus adultes 
ont le dernier tour de spire en partie détaché des autres... » Nous ne pou- 
vons citer tous les cas rapportés par M. Pire, mais nous mentionnerons le 
résultat auquel ses observations conduisent, c'est-à-dire à prouver que 
les Planorbes sont dextres. 

Pire (Louis). — Tableau dichotomique des genres de mollusques terres- 
tres et fluviatiles de Belgique suivi d'un catalogue des espèces. — 
(Planche II.) — Séance du 7 décembre 1878. — MÉMOIRES, tome XIV, 
1879, pp. 18-28. — Avec une planche. 

Dans l'avant-propos, l'auteur annonce que son travail ne contient 
aucun fait nouveau, mais qu'il le présente comme un travail de vulgarisa- 
tion. Colbeau l'a complété à l'aide des découvertes faites depuis la 
publication de sa liste générale des mollusques vivants de Belgique (1868.) 
M. Pire y a joint un tableau dichotomique des genres et une planche 
dessinée par son beau-frère, M. Dautzenberg, et représentant les princi- 
paux types des genres cités. Quelques détails sur l'organisation des mol- 
lusques et une diagnose des genres complètent le travail. Pour cette partie, 
l'auteur a mis en œuvre des matériaux empruntés au résumé du cours de 
zoologie de Bellynck et au Manuel de conchyliologie de Woodward. 

Le catalogue des espèces trouvées en Belgique comprend vingt-sept 
genres, savoir : Avion (6 esp.), Limace (8 esp.), Vitrina (4 esp.), Suc- 
cinea (4 esp.), Zonites (11 esp.), Hélix (26 esp.), Bulimus (6 esp.), 
Clausilia (8 esp.), Baie a (1 esp.), Pupa (5 esp.), Vertigo (5 esp.), Cyclos- 
toma (1 esp.), Cwychium (2 esp.), Planorbis (12 esp.), Pliysa (3 esp.), 
Limnœa (8 esp.), Ancylus (2 esp.), Hydrobia (2 esp.), Paludina (2 esp.), 
BytMnia (5 esp.), Valxata (4 esp.), Neritina (1 esp.), Anodonta (7 esp.), 
Unio (5 esp.), Pisidium (6 esp.), Gyclas (6 esp.), Breissena (2 esp.). 

Dans son énumération, M. Pire distingue par un astérisque les espèces 
considérées par certains auteurs comme de simples variétés. Ce sont : 
Arion albus, A. leucoplwus, Limax cinereo-niger, Succinea arenaria, 
Zonites excavatus, Clausilia lineolata, Anodonta cellensis. 

Ajoutons que de nombreuses formes distinguées par certains malaco- 
logistes n'ont pas été introduites par l'auteur dans sa liste. 

Pire (Louis). — Nouvelles déformations du PLANORBIS COMPLA- 
NATUS. — Séance du 6 décembre 1879. — MÉMOIRES, tome XIV, 
1879, pp. 80-81. — Avec trois figures dans le texte. 

L'auteur rappelle le travail qu'il a publié dans le tome VI des Annales 
sur les formes anormales du Planorlis complanatus de Magnée et 
annonce que les Planorbes scalaires ont complètement disparu de la mare 



394 SOCIÉTÉ MALACOLOGIQUE DE BELGIQUE 

où ils étaient si abondants. 11 donne la figure de l'un des derniers échan- 
tillons recueillis, qui présente la forme scalaire, mais dont tous les tours 
sont libres, puis celle d'un Planorbe scalaire assez régulier découvert à 
Forest dans un fossé recouvert, comme à Magnée, par une épaisse couche 
de Lemna, enfin celle d'un Planorbe déformé, trouvé par M. Léon Coomans 
dans son aquarium. Ce dernier Planorbe pourrait être nommé P. magïli- 
formis, car il rappelle tout à fait le tube irrégulier du Magile. M. Pire 
termine sa notice par quelques considérations sur la cause de ces diffor- 
mités. Dans l'aquarium de M. Coomans, il n'y avait pas de Lemna, mais 
une épaisse couche de Riccia Jiuitans occupait la surface de l'eau, ce qui 
donnerait lieu de croire qu'elles proviendraient des efforts faits par le mol- 
lusque pour arriver à respirer librement. Il faut noter que la disparition 
des Planorbes scalaires de Magnée a coïncidé avec la disparition des 
Lemna. 

Plateau (F.) — Excursion de la Société malacologique de Belgique à 
Namur. {Mollusques vivants.) — Séance du 3 octobre 1875. — ME- 
MOIRES, tome X, 1875, pp. 97-102. 

L'auteur commence par citer quelques espèces recueillies la veille de 
l'excursion par MM. J. et E. Colbeau au faubourg de La Plante, sur les 
murs de la citadelle et à la fontaine Sainte-Croix, près de la Sambre. Le 
dimanche 1 er août, avant l'arrivée des excursionnistes venant de Bruxelles, 
les membres de la Société, réunis à Namur, explorent les Fonds d'Arquet, 
où ils récoltent un assez grand nombre de mollusques, puis, lorsque leurs 
confrères les ont rejoints, ils se rendent au faubourg de Jambes, où ils 
recueillent quelques espèces terrestres et fluviatiles dans un ancien bras de 
la Meuse en partie desséché. Passant alors par la montagne Sainte-Barbe, 
ils suivent la route de Liège sur la rive droite de la Meuse et trouvent à 
Lives, parmi les déchets des carrières, au pied des rochers et sur les côtes 
boisées le long de la route, ainsi que dans les fossés et sur les bords de la 
Meuse à Lives, un grand nombre de mollusques terrestres et fluviatiles 
qui ne donnent cependant lieu à aucune observation. 

L'itinéraire parcouru comporte encore Brumagne et Marche-les-Dames, 
d'où le retour à Namur s'effectue par chemin de fer. 

Le deuxième jour, lundi 2 août, la Société visite le Musée archéolo- 
gique, puis, sous la direction de M. Malaise, elle parcourt l'itinéraire 
suivant : La Plante, La Pairelle, la route du bois de Villers, les hauteurs 
de Wépion vers Berlin fosse et, après avoir rejoint la Meuse, elle explore la 
carrière du bois du Collet, Fooz, Wépion, la rive droite de la Meuse le 
long du bois de Dave, Dave et revient à Namur par le chemin de fer. 

M. Plateau donne la liste des mollusques récoltés : dans la Meuse près 
du pont de Namur — sur les hauteurs de Wépion, localité pour laquelle 



MÉMOIRES 395 

il mentionne la découverte d'un individu à'Helix arbustorum, jaunâtre 
avec une bande très peu indiquée et accompagnée d'une zone pâle, et celle 
d'une Hélix Jiortensis ayant les bandes 1, 2, 4, 5, d'un violet pâle; — le 
long- de la route de Dinant à Wépion ; — dans un bois humide le long- de 
la route de Dinant à Fooz, où l'on observe le Zoniles glaber? Stud., 
semblable à l'espèce récoltée à Hastières en 1872; — dans un bras de la 
Meuse, isolé, à côté de l'écluse, eu face de Wépion. 

L'après-midi, quelques membres explorent les rochers des Grands- 
Malades, et le mardi 3 août, MM. J. et E. Colbeau, Rutot et Van den 
Broeck, s'étant rendus à Marches-les-Dames dans le but de faire des 
recherches paléontologiques ('), y récoltent encore un certain nombre 
d'espèces vivantes. 

En résumé, l'excursion a fourni un contingent de cinquante-deux 
espèces de la faune appartenant à la zone parcourue. 

Roffiaen (François), voir : Senoner. — Notes conchyliologiques, par le 
D v A. Senoner, traduites de l'italien par — . — Séances du 3 septembre 
et du 5 novembre 1865. — MÉMOIRES, tome I, 1863-1865, pp. 15-21. 

Roffiaen (François). — Mollusques terrestres et fluvialiles recueillis 
en Suisse. — (Planche I.) — Séance du 8 novembre 1868. — MÉMOIRES, 
tome III, 1868, pp. 65-84. — Avec une planche. 

Résultat de recherches effectuées pendant de nombreux voyages faits 
en Suisse pour des études artistiques. L'auteur a suivi le Catalogue des 
mollusques terrestres et jîuviatiles de la Suisse, par J. de Charpentier, 
publié en 1837, et il a joint aux renseignements recueillis par lui-même 
ceux qu'il doit à l'obligeance de J. Colbeau, du major Le Hon et de 
M. Huet du Pavillon. Ces renseignements concernent l'altitude, l'habitat, 
les localités, les particularités présentées par les échantillons récoltés, la 
taille, les variations de forme ou de couleur. M. Roffiaen décrit une 
variété viridana de Y Hélix ruderata; trois variétés, troclioidalis, marmo- 
rata et icterica de Y H. arbustorum ; une variété elongata de la Clausilia 
plicata, et une variété albinos de la Cl. plicatula; une variété pulcltella 
de la Zimnœa peregra; une variété productissima de la L. stagnalis; 
une variété subangulata de la L. truncatula; deux variété